Posts Tagged ‘Mohamed Morsi’

Égypte : l’ancien président Mohamed Morsi meurt en plein procès

juin 17, 2019

L’ancien président égyptien, lors d’une audience de son procès, en mai 2016 (Archives). © Amr Nabil/AP/SIPA

Mohamed Morsi est mort ce lundi des suites d’un malaise après une audition devant le tribunal du Caire où se déroulait son procès. Il était âgé de 67 ans.

L’ex-président égyptien Mohamed Morsi est mort après une audition au tribunal au Caire à la suite d’un malaise, a annoncé ce lundi la télévision d’Etat égyptienne. L’ex-dirigeant avait été élu en 2012 après la révolte qui avait provoqué le départ d’Hosni Moubarak dans le cadre du printemps arabe. Il avait ensuite été renversé en 2013 par Abdel Fattah al-Sissi, l’actuel président.

Selon des sources sécuritaires et judiciaires, l’ancien président en détention depuis 2013 s’était exprimé devant le tribunal avant de s’effondrer, puis d’être conduit à l’hôpital où il est décédé. Il comparaissait dans une affaire d’espionnage en raison de contacts considérés comme suspects avec le Hamas palestinien, une émanation des Frères musulmans, et le Qatar, qui héberge le guide spirituel de la confrérie.

Erdogan salue un « martyr »

Mohamed Morsi, l’ex-président égyptien, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, le 30 septembre 2012 à Ankara. © Kayhan Ozer/AP/SIPA

Peu après l’annonce de sa mort, le président turc Recep Tayyip Erdogan a rendu hommage à l’ancien président égyptien, issu des Frères musulmans, qu’il a qualifié de « martyr ».

Mohamed Morsi, incarcéré depuis 2013, purgeait une peine de prison pour falsification de documents produits en vue de sa candidature à la présidentielle en 2012. Il avait été jugé dans plusieurs affaires, dont un dossier d’espionnage pour l’Iran, le Qatar et des groupes militants comme le Hamas à Gaza. Il a également été accusé de fomenter des actes de terrorisme.

Depuis sa destitution, son ancien ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi, a mené une répression sans merci contre l’opposition islamiste, et en particulier les Frères musulmans. Des milliers de membres du mouvement islamiste ont été emprisonnés.

Les années qui ont suivi le coup de force de l’armée ont vu une succession d’attaques visant les forces de l’ordre, avec des centaines de policiers et militaires tués, et une véritable insurrection jihadiste localisée dans le nord-Sinaï, région devenue un bastion du groupe État islamique.

« La marionnette des Frères musulmans »

Une manifestante pro-Morsi, au Caire en juin 2015 (archives). © Amr Sayed/AP/SIPA

Ingénieur de 67 ans, Mohamed Morsi fut le premier civil élu à la tête de l’Égypte. Issu d’une famille d’agriculteurs, il s’était affiché lors de la présidentielle de 2012 comme le garant des idéaux démocratiques de la révolte de 2011 déclenchée par la jeunesse libérale et laïque, mais à laquelle les Frères musulmans s’étaient ralliés, par opportunisme selon leurs détracteurs.

Il avait été surnommé « la roue de secours », remplaçant de dernière minute du premier choix des Frères musulmans, l’homme d’affaires Khairat al-Chater, inéligible, mais avait remporté le scrutin, de justesse, face à un cacique du régime de Hosni Moubarak.

Élu député « indépendant » de 2000 à 2005, ce technocrate a gravi les échelons des Frères musulmans sans se faire particulièrement remarquer. Emprisonné en 2006 pendant sept mois, il est brièvement incarcéré durant le soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011. Après la révolte, il prend la tête du parti de la Liberté et de la Justice, vitrine politique des Frères.

Les manières simples et l’air affable de Morsi, marié et père de cinq enfants, avaient contribué à un certain état de grâce durant ses premiers mois de présidence. Puis il s’est rapidement attiré les foudres d’une grande partie de la population qui l’accusait d’être une « marionnette » aux mains des Frères en les aidant à accaparer tous les pouvoirs, tout en étant incapable de rétablir la sécurité ou de relancer une économie à genoux. Ses détracteurs retiennent également ses discours interminables souvent inintelligibles et ses maladresses et gaffes protocolaires lors des rencontres avec des chefs d’Etat.

Dans un pays sous la férule de l’armée depuis des décennies, les pro-Morsi soulignent qu’il a tenté d’évincer les militaires des principaux rouages de l’État, ce qui a causé sa perte. « Il était perçu comme la marionnette des Frères, dont il a placé des éléments à des postes-clés de l’administration, ce qui a irrité la bureaucratie au sommet et la population », estime Moustapha Kamel al-Sayyid, politologue.

La répression sanglante de 2013

Un policier lors de la répression des maniferstations pro-Morsi, en 2013 au Caire (archive). © Heba Khamis/AP/SIPA

Les crises se sont succédé, et un an après son élection, le 30 juin 2013, des millions d’Égyptiens sont descendus dans la rue pour réclamer son départ. Son tombeur, l’ex-chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, a invoqué ce mouvement pour justifier la destitution de Morsi trois jours plus tard et lancer une sanglante répression contre ses partisans.

Policiers et soldats ont tué plus de 1 400 manifestants pro-Morsi en quelques mois. Des centaines ont été condamnés à mort, dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’Histoire récente » du monde.

Depuis sa destitution par l’armée dirigée alors par Abdel Fattah al-Sissi, élu ensuite président, Mohammed Morsi a été condamné à un total de 45 ans de prison dans deux affaires – incitation à la violence contre des manifestants fin 2012 et espionnage au profit du Qatar. Il était par ailleurs jugé dans deux autres procès après l’annulation de deux verdicts prononcés contre lui – une condamnation à mort et une réclusion à perpétuité.

Au cours de ses procès, il apparaissait dans le box des accusés derrière des parois en verre insonorisées pour empêcher ses diatribes et ne cessait, prenant un air martial un peu forcé, de se présenter comme le président victime d’un « coup d’État » militaire.

Jeuneafrique.com avec AFP

Égypte: une condamnation à vie contre l’ex-président Morsi confirmé

septembre 16, 2017

Le Caire – Une haute cour égyptienne a maintenu samedi une condamnation à vie contre l’ex-président égyptien islamiste Mohamed Morsi, dans le cadre d’un procès pour espionnage au profit du Qatar, ont indiqué une source judiciaire et son avocat.

Le verdict de la cour de Cassation, qui est final, confirme une peine de prison à vie (25 ans en Egypte) prononcée en 2016 contre M. Morsi pour avoir dirigé une « organisation illégale », a déclaré à l’AFP son avocat Abdel Moneim Abdel Maqsud.

Les autorités égyptiennes ont classé « groupe terroriste » la confrérie des Frères musulmans de M. Morsi.

Dans le cadre de la même affaire, concernant des documents secrets livrés au Qatar, la cour de Cassation a en revanche annulé la peine de 15 ans de prison dont le président déchu avait écopé pour subtilisation de documents d’Etat.

Doha, allié de M. Morsi, avait dénoncé sa destitution à l’été 2013.

Le verdict de la cour intervient alors que Le Caire a rompu début juin, à l’instar de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de Bahreïn, ses relations diplomatiques avec le Qatar qu’ils accusent notamment de soutenir des groupes extrémistes, dont la confrérie des Frères musulmans. Doha nie ces allégations.

L’ancien président islamiste et ses partisans ont été la cible d’une répression sanglante après sa destitution en juillet 2013 par l’ex-chef de l’armée Abdel Fattah Al-Sissi, devenu président et qui dirige aujourd’hui le pays d’une main de fer.

Des centaines de partisans de M. Morsi, premier président démocratiquement élu d’Egypte, ont été tués dans des manifestations et des milliers d’autres ont été arrêtés.

L’an dernier, la Cour de cassation avait confirmé une peine de 20 ans de prison contre M. Morsi pour incitation à la violence contre des manifestants en 2012. Il s’agissait du premier verdict définitif pour l’ex-chef de l’Etat condamné dans plusieurs procès.

Romandie.com avec(©AFP / 16 septembre 2017 17h31)                                            

L’ex-président égyptien condamné pour la 4ème fois

juin 18, 2016

Un tribunal égyptien a condamné samedi à la prison à vie l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, selon un journaliste de l’AFP présent au jugement. L’homme était jugé dans une affaire d’espionnage au profit du Qatar.

L’ex-président, destitué en juillet 2013 par l’armée et déjà condamné à la peine capitale et à la perpétuité dans d’autres affaires, comparaissait avec 10 co-accusés pour la livraison présumée de « documents relevant de la sécurité nationale » au Qatar, selon l’acte d’accusation.

Il a été condamné à la prison à vie, qui équivaut à 25 années de détention en Egypte, pour avoir dirigé une « organisation illégale ». Il a également été reconnu coupable d’avoir « subtilisé des documents secrets concernant la sécurité de l’Etat », a indiqué à l’AFP son avocat Abdel Moneim Abdel Maqsoud.

M. Morsi a en revanche été acquitté de l’accusation d’espionnage. La peine de mort a par ailleurs été retenue samedi à l’encontre de six autres prévenus, dont trois journalistes jugés par contumace, et deux anciens collaborateurs de Mohamed Morsi ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Toutes ces condamnations peuvent être contestées devant la Cour de cassation.

Quatrième procès et condamnation
Il s’agit du quatrième procès contre M. Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans, classée organisation « terroriste » par les autorités. L’ex-président a déjà été condamné à mort, à la prison à vie et à 20 années d’incarcération dans trois procès distincts.

Depuis l’éviction de M. Morsi par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, ses partisans sont la cible d’une répression sanglante en Egypte

Romandie.com

Egypte: Morsi échappe à la peine capitale dans un procès pour espionnage

mai 7, 2016

Le Caire – Un tribunal égyptien a condamné à mort samedi six co-accusés de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi mais a épargné la potence à ce dernier, ajournant au 18 juin son verdict final dans ce procès pour espionnage.

L’ex-président, destitué en juillet 2013 et déjà condamné à mort dans une affaire distincte, est jugé avec 10 co-accusés pour la livraison présumée de documents relevant de la sécurité nationale au Qatar, selon l’acte d’accusation.

Le président du tribunal a sollicité samedi l’avis du mufti – l’interprète officiel de la loi islamique dans le pays – comme le veut la loi pour les condamnations à mort. L’avis de cette autorité religieuse n’est pas contraignant mais il est généralement suivi.

Le 18 juin, la cour confirmera ou infirmera les peines de mort et prononcera son verdict à l’égard des cinq derniers accusés, dont M. Morsi.

Présent à l’audience, M. Morsi a salué les avocats et les journalistes à son entrée dans le box des accusés, sourire aux lèvres.

Il s’agit du quatrième procès contre l’ex-président, issu de la confrérie des Frères musulmans, classée organisation terroriste par les autorités. Il a déjà été condamné à mort en première instance, à la prison à vie et à 20 années d’incarcération dans trois autres affaires.

Le Qatar, riche émirat gazier du Golfe, était l’un des principaux soutiens de M. Morsi et avait dénoncé sa destitution par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi. Doha a condamné à plusieurs reprises la répression lancée par le régime de M. Sissi contre les pro-Morsi, notamment par le biais de la chaîne d’information al-Jazeera.

Parmi les six personnes condamnées à mort samedi figurent d’ailleurs trois journalistes jugés par contumace et accusés d’avoir servi d’intermédiaires.

Parmi eux, Ibrahim Mohamed Hilal, présenté par le parquet comme un rédacteur en chef de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera, ainsi que Alaa Omar Mohamed Sablan, présenté comme un journaliste de nationalité jordanienne de la chaîne.

Un responsable d’Al-Jazeera a indiqué à l’AFP que M. Hilal était un conseiller du président de la chaîne.

La troisième journaliste, Asmaa Mohamed al-Khatib, travaillerait pour le site d’information pro-islamistes Rassd.

Les condamnés peuvent interjeter appel du verdict et ceux qui sont jugés par contumace bénéficient automatiquement d’un nouveau jugement après leur arrestation.

Dans les semaines qui ont suivi la destitution du président islamiste, des centaines de manifestants pro-Morsi ont été tués. Des milliers ont été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l’ONU de sans précédent dans l’Histoire récente du monde.

La Cour de cassation a cependant annulé des dizaines de ces peines capitales.

Romandie.com avec(©AFP / 07 mai 2016 14h45)

L’ex-président islamiste Mohamed Morsi condamné à mort

mai 16, 2015

L’ex-président islamiste égyptien Mohamed Morsi, destitué par l’armée en 2013, a été condamné à mort en première instance samedi pour des évasions de prison et des violences durant la révolte populaire de 2011. Il peut encore faire appel.

Le guide suprême de sa confrérie des Frères musulmans, Mohamed Badie, ainsi que son numéro deux Khaïart al-Chater, figurent parmi les dizaines de personnes ayant écopé de la peine capitale. Celle-ci doit, pour tous les condamnés, recueillir l’avis, non contraignant, du mufti d’Egypte avant d’être confirmée ou infirmée le 2 juin.

M. Morsi, premier président jamais élu démocratiquement en Egypte, peut faire appel. Il avait déjà été condamné à 20 ans de prison il y a trois semaines dans un premier procès pour des violences contre des manifestants durant sa courte mandature d’un an.

À Istanbul, un ancien ministre du gouvernement Morsi, Amr Darrag, a dénoncé la décision de la cour et a demandé à la communauté internationale de prendre des mesures pour que l’ancien président échappe à la peine de mort.

« Verdict politique »
« Il s’agit d’un verdict politique, c’est un assassinat que l’on s’apprête à commettre et il faut que la communauté internationale l’empêche », a déclaré Amr Darrag, fondateur du Parti de la justice et de la liberté, aile politique des Frères musulmans.

Le tribunal qui le jugeait au Caire samedi devait prononcer les verdicts dans deux procès. Le premier concernait M. Morsi et 128 co-accusés, dont des membres des Frères musulmans, du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais, pour des évasions massives de prison suivies d’attaques visant la police pendant la révolte de 2011.

Dans le cadre de cette affaire, des dizaines de personnes ont été condamnées à mort, dont M. Morsi, Mohamed Badie et le prédicateur islamiste qatari Youssef al-Qardaoui.

Morsi souriant
Le second procès était relatif à une affaire d’espionnage, entre 2005 et 2013, notamment au profit du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran.

L’ex-président et 35 autres personnes étaient accusées d’avoir fourni « des rapports de sécurité » à l’Iran. Ils répondaient également d’espionnage en faveur du Hamas et du Hezbollah « en vue de mener des attaques terroristes dans le pays pour y semer le chaos et renverser l’Etat ». Seize personnes ont été condamnées à mort, dont une femme. Ceux qui ont échappé à la peine capitale dans cette affaire, comme M. Morsi, connaîtront leur sort le 2 juin.

Sur les 165 accusés au total jugés samedi, seuls 50 étaient présents dans le box des accusés, dont M. Morsi, qui comparaissait souriant dans une cage insonorisée.

Romandie.com

Première pendaison d’un partisan de Morsi condamné pour violences

mars 7, 2015

L’Egypte a exécuté samedi pour la première fois un partisan du président islamiste destitué Mohamed Morsi, a annoncé le ministère de l’Intérieur. L’homme, qui n’appartenait pas officiellement à la confrérie, avait été reconnu coupable de violences à Alexandrie (nord).

Cet islamiste radical a été pendu pour son implication dans un incident lors duquel des enfants ont été jetés depuis un bâtiment, a précisé le ministère. Les faits s’étaient produits lors d’émeutes qui ont suivi l’éviction de Mohamed Morsi.

M. Morsi a été renversé en juillet 2013 par l’armée à la suite de grandes manifestations contre son gouvernement. La justice égyptienne a depuis condamné à mort des centaines de partisans supposés des Frères musulmans.

Romandie.com

Egypte: Sissi remplace le ministre de l’Intérieur

mars 5, 2015

Le Caire – Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a remplacé jeudi son ministre de l’Intérieur Mohamed Ibrahim, qui supervisait la sanglante répression lancée contre les partisans de l’islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée.

M. Ibrahim, nommé sous Morsi en janvier 2013, a été remplacé à l’occasion d’un remaniement ministériel surprise, au moment où les forces de sécurité peinent à enrayer les attentats jihadistes qui secouent régulièrement le pays.

Le dernier de ces attentats a eu lieu lundi en plein coeur du Caire près de la Cour suprême faisant deux morts.

Le général Ibrahim avait échappé en septembre 2013 à une tentative d’assassinat revendiquée par Ansar Beït al-Maqdess, le principal groupe jihadiste du pays qui a fait allégeance au groupe Etat islamique (EI).

Il a été remplacé par Magdy Mohamed Abdel Hamid Abdel Ghaffar, issu des rangs du département de la sécurité nationale.

Lors de ce remaniement, six ministres au total ont été remplacés. Outre, l’Intérieur il s’agit des ministres de l’Agriculture, de l’Education, de la Culture, du Tourisme et des Communications, selon un communiqué de la présidence.

Deux nouveaux ministères ont également vu le jour: celui de la Population, un portefeuille autrefois tenu par le ministre de la Santé, et le ministère de l’Enseignement technique.

Les nouveaux ministres ont prêté serment devant le président Sissi, selon le communiqué.

Romandie.com avec(©AFP / 05 mars 2015 15h33)

Egypte: Sissi reconnaît des « violations » en matière des droits de l’Homme

janvier 20, 2015

Egypte: Sissi reconnaît des 'violations' en matière des droits de l'Homme
Egypte: Sissi reconnaît des « violations » en matière des droits de l’Homme © AFP

Le président Abdel Fattah al-Sissi a défendu mardi le bilan de l’Egypte en matière des droits de l’homme, reconnaissant des « violations » par la police mais les justifiant par « la situation exceptionnelle » du pays, régulièrement secoué par des attentats jihadistes.

Depuis qu’il a destitué l’islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, l’ex-chef de l’armée élu président en mai 2014 est accusé par ses détracteurs d’avoir instauré un régime autoritaire en éliminant tout opposition, islamiste comme laïque.

« Personne n’est contre les droits de l’Homme » mais « je veux dire que l’Egypte vit une situation exceptionnelle, » a déclaré M. Sissi, à l’occasion de la fête de la police, quelques jours avant le quatrième anniversaire de la révolte populaire de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

« Et je dis également aux policiers: se peut-il qu’il n’y ait pas de violations? Il y aura des violations. Mais approuvons-nous ces violations? Non. Les acceptons-nous? Non, » a-t-il ajouté.

Les abus de la police étaient l’une des causes de la révolte de 2011. Les manifestants avaient d’ailleurs choisi le jour de la fête de la police, le 25 janvier, pour descendre dans les rues.

M. Sissi a également défendu les opérations des forces de sécurité dans le nord du Sinaï, théâtre d’attaques principalement revendiquées par des groupes qui disent agir en représailles à la répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi.

Le chef de l’Etat a assuré qu’en plus d’un an, 208 personnes avaient été tuées, pour avoir « levé une arme face à la police ou à l’armée ».

Il a précisé que 955 personnes avaient été arrêtées, mais « plus de la moitié » avaient par la suite été relâchées. « Je donne ces chiffres car ils indiquent que (. . . ) nous faisons attention à ce que des innocents ne tombent pas, » a souligné M. Sissi.

Au moins 1. 400 pro-Morsi ont été tués, pour la plupart des manifestants islamistes, dans la répression lancée par les autorités après l’éviction de M. Morsi. Plus de 15. 000 de ses sympathisants ont été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

Le pouvoir s’en est également pris à l’opposition laïque et de gauche, emprisonnant des dizaines de jeunes militants pour avoir enfreint une loi controversée limitant le droit de manifester.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: HRW dénonce la condamnation à mort de 188 partisans de Mohamed Morsi

décembre 3, 2014

« Les condamnations à mort de masse font perdre rapidement à la justice égyptienne toute réputation d’indépendance qu’elle a pu avoir, » a estimé dans un communiqué Sarah Leah Whitson, la directrice de HRW pour le Moyen-Orient. « Personne ne devrait être envoyé à la potence après des procès si ouvertement injuste.  »

« Au lieu d’examiner les preuves contre chaque personne, les juges condamnent les accusés en masse sans considération pour les normes garantissant un procès équitable, » ajoute le communiqué.

Mardi, 188 personnes ont été condamnées à mort pour le meurtre de 13 policiers lors d’une attaque le 14 août 2013 contre un commissariat de Kerdassa, un village dans la banlieue du Caire.

L’assaut de Kerdassa avait lieu alors que policiers et soldats tuaient plus de 700 personnes dans la capitale dans la dispersion de rassemblements pro-Morsi, faisant du 14 août la journée la plus sanglante de la répression ciblant les partisans du président islamiste.

Depuis que l’armée a destitué M. Morsi en juillet 2013, ses partisans sont la cible d’une sanglante répression qui a fait au moins 1. 400 morts, pour la plupart des manifestants.

Et dans leur lutte contre les pro-Morsi, les autorités sont régulièrement accusées d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire. Des centaines de partisans de l’islamiste déchu ont ainsi été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes, qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’histoire récente ».

Jeuneafrique.com

Égypte: L’ancien président Hosni Moubarak acquitté par un tribunal du Caire

novembre 29, 2014

Un tribunal égyptien a abandonné samedi les accusations de complicité de meurtre qui pesaient contre l’ex-président Hosni Moubarak, soupçonné d’avoir ordonné de tirer sur les manifestants qui réclamaient son départ en 2011. Des centaines de personnes étaient mortes durant cette révolte qui mettait fin à 30 ans de pouvoir.

L’ex-raïs de 86 ans, qui est entré dans la salle d’audience sur un brancard, a aussi été acquitté d’accusations de corruption dans un autre dossier. Il devrait cependant rester en détention, car il purge une peine de prison de trois ans dans le cadre d’une autre affaire de corruption.

Après l’annonce du verdict par le juge Mahmoud Kamel al-Rashidi, la joie a éclaté dans le tribunal et les deux fils de M. Moubarak, eux aussi accusés de corruption, ont embrassé sur le front l’ancien président, qui s’est contenté d’un sourire discret. Les accusations pesant contre Alaa et Gamal Moubarak ont été abandonnées en raison de la prescription des faits.

Une partie des accusations de corruption contre M. Moubarak portait sur une affaire de vente de gaz naturel égyptien à Israël, qui se serait faite en dessous des prix du marché.

Dans le procès pour complicité de meurtre de manifestants, sept hauts responsables de la sécurité, dont l’ex-ministre de l’Intérieur Habib al-Adly, ont également été acquittés par le tribunal.

Eclipsé par Mohamed Morsi
Plus de 846 personnes ont été tuées durant le soulèvement populaire de 2011 qui a duré 18 jours. Les manifestants réclamant le départ de M. Moubarak avaient affronté les forces de l’ordre et brûlé des postes de police, la brutalité et les abus de la police étant l’une des causes de la révolte.

Lors d’un premier procès, M. Moubarak avait été condamné en juin 2012 à la prison à perpétuité. Cette sentence avait été annulée pour des raisons techniques.

Très médiatisés au départ, ces procès sont aujourd’hui éclipsés par ceux de son successeur, l’islamiste Mohamed Morsi. Ce dernier a ét renversé en juillet 2013 par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi.

M. Morsi et la quasi-totalité des dirigeants de sa confrérie des Frères musulmans sont derrière les barreaux et encourent la peine de mort dans divers procès. Ils sont rétroactivement accusés par les médias et une grande partie de l’opinion publique d’être derrière les violences qui ont secoué le pays depuis 2011.

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