Posts Tagged ‘Mohamed Ould Abdel Aziz’

Le président mauritanien assume la détention d’un blogueur au-delà de sa peine

juin 21, 2019

 

La justification par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz du maintien en détention au-delà de sa peine de l’auteur d’un billet de blog jugé blasphématoire a indigné son avocate, qui a appelé vendredi son futur successeur à régler en priorité ce «dossier pourri».

L’auteur de ce texte, Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheïtir, taxé de blasphème envers le prophète de l’islam pour cet article et détenu depuis janvier 2014, a vu sa condamnation à mort pour «apostasie» ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017 après avoir exprimé son repentir. Il aurait donc dû être remis en liberté, le pourvoi en cassation du parquet n’étant pas suspensif. Mais il a été placé depuis en détention administrative dans un lieu tenu secret, y compris de ses avocats.

Lors d’une conférence de presse en forme de bilan jeudi soir, peu avant la fin de la campagne pour l’élection présidentielle de samedi à laquelle il ne peut se représenter après deux mandats, Mohamed Ould Abdel Aziz a justifié cette situation par «sa sécurité personnelle aussi bien que celle du pays». «Nous savons que du point de vue de la loi, il doit être libéré, mais pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons mettre en jeu la vie de plus de 4 millions de Mauritaniens», a-t-il répondu à une question sur l’affaire Ould Mkheïtir. «Des millions de Mauritaniens étaient descendus dans la rue pour réclamer son exécution, sa remise en liberté signifierait laisser s’installer la pagaille dans le pays», a-t-il fait valoir.

Une avocate du jeune homme, Fatimata Mbaye, a qualifié de «choquants» les propos du chef de l’Etat, dans une déclaration à l’AFP vendredi. «Ce dossier, c’est lui seul qui le gère. C’est lui qui l’a créé, c’est lui qui le gère», a-t-elle affirmé au sujet du président sortant, soulignant que «ce jeune homme n’est pas détenu dans un lieu connu de la justice». Il s’agit d’un cas de «détention arbitraire», qui constituera pour le prochain président, quel qu’il soit, «un dossier à régler le plus rapidement possible», a estimé Me Mbaye. «On est en train de lui léguer un dossier pourri», en raison du tort qu’il a déjà causé à l’image de la Mauritanie, a-t-elle dit.

Dans une lettre ouverte rendue publique vendredi, Reporters sans frontières (RSF) et 11 autres ONG exhortent le président Ould Abdel Aziz à «utiliser les quelques semaines qui lui restent à la tête du pays pour mettre fin à la détention illégale» du blogueur. Autrement, «son bilan après 11 années au pouvoir s’en trouverait fortement assombri», selon les organisations, qui ne mentionnent pas les déclarations du président sortant jeudi soir.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mauritanie: le président Aziz menace le parti islamiste de « mesures »

septembre 21, 2018

Nouakchott – Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a menacé de prendre des « mesures » contre le principal parti islamiste du pays et affirmé qu’il ne modifierait pas la Constitution qui l’empêche de briguer un troisième mandat, tout en restant vague sur son avenir politique.

« Il n’est pas normal qu’un seul parti utilise et s’accapare l’islam, ce n’est pas acceptable et ce ne sera plus accepté dans l’avenir », a déclaré M. Aziz en commentant tard jeudi les résultats des élections législatives, régionales et communales des 1er et 15 septembre, largement remportées par sa coalition devant les islamistes de Tewassoul.

Interrogé lors d’une longue conférence de presse retransmise en toute fin de soirée à la télévision, le chef de l’Etat a fait allusion à des « mesures qui seront prises le moment venu », sans plus de précisions.

« L’islam politique est dangereux », a jugé le chef de la République islamique de Mauritanie, alors que Tewassoul a remporté 14 sièges sur 157 à l’Assemblée nationale, loin derrière l’UPR de M. Aziz et ses alliés (120 députés).

L’islam politique « a détruit des nations entières et rendu les meilleurs services aux Israéliens qui, au regard des conséquences de son activisme, sont d’ailleurs plus cléments que lui vis-à-vis du monde arabe », a ajouté Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008 puis élu en 2009 et réélu en 2014.

« Les attaques répétées du président contre notre parti entrent dans le cadre du processus devant conduire à un troisième mandat (du président), que nous refusons et qui ne passera pas », a réagi vendredi devant la presse le chef de Tewassoul, Mohamed Mahmoud Ould Seyidi.

« Nous n’acceptons pas de marchander nos principes », a-t-il ajouté. Une éventuelle dissolution du parti « ne nous fait pas peur », a-t-il assuré.

M. Ould Seyidi a également rejeté les « accusations d’extrémisme et de terrorisme », appelant à « juger le parti (Tewassoul) sur ses actes et ses positions, et non sur les expériences (de partis islamistes) ailleurs ».

« Personnellement, je ne toucherai pas à la Constitution, je l’ai dit et répété à plusieurs reprises », avait déclaré jeudi soir le président Aziz, qui n’a jusqu’ici jamais apaisé les soupçons de l’opposition sur ses intentions pour la présidentielle de 2019, alimentés par les déclarations publiques de ses ministres et de ses partisans.

« Comme partout dans le monde, toute la Constitution, non pas seulement un article du texte fondamental, peut être changée », a-t-il toutefois ajouté. « Si je quittais le pouvoir, je ne baliserai pas une autoroute pour les gens qui ont détruit la Mauritanie et qui l’ont déstabilisée », a-t-il prévenu.

Refusant de « dévoiler » plus précisément ses plans pour l’avenir, M. Aziz a estimé que la victoire de son camp aux élections avait « montré l’attachement des Mauritaniens aux options et choix de (son) régime, qui donc sont assurés de continuité ».

Romandie.com avec(©AFP / 21 septembre 2018 16h05)                                                        

La Mauritanie aux urnes pour des élections tests avant la présidentielle

septembre 1, 2018

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz arrivant à un sommet de l’Union africaine à Nouakchott le 2 juillet 2018 / © POOL/AFP/Archives / Ludovic MARIN

Les Mauritaniens ont commencé à se rendre aux urnes samedi pour des élections législatives, régionales et locales qui constituent un test pour le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, à moins d’un an de la présidentielle de la mi-2019.

Après le vote anticipé des militaires vendredi, les bureaux ont ouvert à 07H00 (GMT et locale).

Les bureaux doivent rester ouvert jusqu’à 19H00 à travers ce vaste pays aride d’Afrique de l’Ouest, engagé aux côtés de ses alliés régionaux et de la communauté internationale dans la lutte contre le jihadisme au Sahel. Les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

Contrairement aux précédentes législatives de 2013, l’opposition a cette fois décidé d’y participer, y compris dans ses composantes dites « radicales », ce qui porte au nombre record de 98 les partis politiques en lice à ce premier tour. En cas de second tour, celui-ci se tiendra le 15 septembre.

A Tevregh Zeina, un quartier résidentiel de la capitale Nouakchott, les premiers électeurs étaient peu nombreux, a constaté un journaliste de l’AFP.

« J’ai voté pour des personnes que je soutiens de différents partis, dont certains de la majorité et d’autres de l’opposition », a expliqué à l’AFP Fatimatou, une jeune électrice, après avoir déposé ses bulletins dans cinq urnes réservées aux différents niveaux de pouvoir concernés. « J’ai un peu peiné », a-t-elle ajouté, en expliquant avoir mis « huit minutes » pour remplir son devoir civique.

Alors qu’opposants et ONG dénoncent régulièrement des atteintes aux droits de l’homme, la campagne électorale s’était achevée jeudi soir sur des échanges acerbes entre le pouvoir et l’opposition.

L’opposant historique mauritanien Ahmed Ould Daddah lors d’une conférence de presse le 3 mai 2012 à Nouakchott / © AFP / Mohamed Ould Elhadj

– Démocratie « assassinée » –

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a affirmé que le pays était « en danger » à cause d’une opposition divisée entre, selon lui, « islamistes dangereux, extrémistes racistes et des résidus d’anciens régimes ayant mis le pays à genoux ».

« Nous devons les tenir loin des affaires par un vote massif pour l’UPR », le parti présidentiel, a-t-il lancé à ses partisans. Les islamistes « n’attendent que leur échec politique pour prendre les armes », avait-il déjà déclaré mercredi.

« C’est M. Aziz qui a pris les armes contre un régime élu et assassiné la démocratie », a rétorqué un responsable du parti islamiste Tewassoul, Jemil Ould Mensour.

M. Aziz, un ancien général, est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, avant d’être élu en 2009 et réélu en 2014.

Un autre responsable de l’opposition, Mohamed Ould Moloud, a affirmé que le « régime » était « aux abois » et l’a accusé « de s’acheminer vers une fraude massive ».

La Mauritanie aux urnes pour les élections législatives / © AFP / Mohamed Vall Ahmed

Ces élections constituent un test à moins d’un an de la présidentielle de mi-2019. Bien qu’il se soit engagé à maintes reprises à ne pas tenter de modifier la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, le chef de l’Etat n’est pas parvenu à apaiser les soupçons de l’opposition, alimentés par les déclarations publiques de ses ministres et de ses partisans.

– « Intimidations et harcèlement » –

Amnesty International a fustigé récemment les « arrestations et détentions » de deux opposants et militants antiesclavagistes, estimant qu’il s’agissait des « pires signaux d’intimidation, de harcèlement et de répression par les autorités mauritaniennes des voix dissidentes » à l’approche de ces élections.

Pour convaincre, l’UPR, large vainqueur des législatives de 2013 boycottées par la quasi-totalité de l’opposition radicale, met en avant la révision de la Constitution de 2017 qui a aboli le Sénat et donné au pays un nouvel hymne et un nouveau drapeau évoquant le « sacrifice des martyrs » de la résistance à la colonisation française, qui s’est achevée en 1960.

Sur le plan économique, le pouvoir insiste sur une croissance retrouvée, « de 3% en 2017 », et sur « un indice de pauvreté à 31%, contre plus de 40% en 2008 », dans un pays d’un peu moins de quatre millions d’habitants dont le taux d’alphabétisation reste faible.

L’opposition quant à elle dénonce une forte baisse du pouvoir d’achat et des indices de développement classant la Mauritanie « au bas de l’échelle à tous les niveaux ».

Sur le plan international, Nouakchott, qui a accueilli en juillet un sommet de l’Union africaine, a récemment réchauffé ses relations diplomatiques avec le Maroc, longtemps mises à mal par la question du Sahara occidental, et signé avec le Sénégal des accords sur la pêche et le gaz.

Romandie.com avec(©AFP / (01 septembre 2018 12h54)

Mauritanie: la limitation des mandats présidentiels restera inchangée

octobre 21, 2016

Nouakchott – Le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a annoncé que la limitation des mandats présidentiels à deux resterait inchangée dans la future révision constitutionnelle, au terme du dialogue national qui s’est achevé tard dans la nuit de jeudi à vendredi.

Cette question doit être close, je le dis, la limitation des mandats ne sera pas changée, a martelé le chef de l’Etat lors de la séance de clôture de ce dialogue lancé le 29 septembre, assurant qu’une Constitution ne peut être changée pour des intérêts personnels.

Dans le même esprit, la limite d’âge du candidat à la présidentielle fixée à 75 ans sera maintenue pour contribuer notamment au renouvellement de la classe politique, a-t-il ajouté.

Une controverse avait éclaté entre l’opposition et le pouvoir, soupçonné de vouloir supprimer la limite de deux mandats présidentiels ce qui ouvrirait la voie à un troisième mandat de M. Ould Abdel Aziz.

Le président a promis de soumettre à référendum tous les amendements constitutionnels retenus lors de ces discussions.

Il a mis en garde ceux qui tenteraient de s’opposer à la marche en avant du pays, affirmant que leurs actions de sape seront combattues avec la dernière énergie, en allusion à la majeure partie de l’opposition qui a boycotté ce dialogue et fait voeu de s’opposer au changement de Constitution, annonçant notamment une marche le 29 octobre à Nouakchott.

Les actes du dialogue, intitulés accord politique, prévoient un référendum avant la fin de l’année et des élections municipales et législatives anticipées dont la date reste à fixer.

Parmi ses autres décisions phares figurent la suppression du Sénat, qui serait remplacé par des Conseils régionaux, la suppression de la Haute cour de justice, du médiateur de la République et du Haut conseil islamique.

Personne ne peut prendre le peuple en otage, a averti le président, à l’intention de sénateurs qui envisageraient de faire obstacle au texte lorsqu’il passera devant le Parlement.

Tout projet de révision constitutionnelle doit être approuvé par une majorité des deux tiers des députés et des sénateurs pour être soumis à référendum, selon la Constitution.

Le projet de création d’un poste de vice-président de la République a été abandonné par les participants au dialogue.

Les actes proposent également d’ajouter deux bandes rouges sur le drapeau pour valoriser le sacrifice des martyrs de la Nation et de modifier l’hymne national pour lui ajouter une charge patriotique tout en conservant sa portée religieuse.

AJOUTE:

En réaction à l’annonce par le président Aziz de ne pas chercher un 3ème mandat, le porte-parole de l’APP a estimé que cette position était nécessaire et que son contraire aurait pu être désastreux pour le pays.

Cependant Mohamed Lemine Ould Naty a regretté que la limitation de l’âge des candidats à la présidence de la République n’ait pas été enlevée de la constitution, privant le peuple de l’experience et des capacités d’hommes qui l’ont servi avec abnégation.

Il a également rejeté les changements décidés sur le drapeau et l’hymne national qui ne peuvent être changés dans le contexte particulier que nous vivons.

De son côté le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU, opposition radicale) a affirmé qu’il poursuit son agenda opposé au réfenrendum sur la constitution en dépit des déclarations de Aziz sur le 3ème mandat.

Cela ne change en rien notre programme de lutte, nous continuons à préparer notre marche du 29 octobre a lancé son président Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine au début d’une réunion du forum consacrée aux derniers developpements politiques en relation avec le dialogue.

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2016 20h47)

Mauritanie: Le général-président Mohamed Ould Abdel Aziz va-t-il modifier la constitution pour s’accrocher au pouvoir ?

octobre 12, 2016

S’il est vrai qu’en 1990, le vent de la démocratie avait soufflé sur le continent africain avec plus ou moins de fortune, ici et là, aujourd’hui, c’est, plutôt, la tempête de la modification des constitutions qui ravage l’Afrique. Les uns après les autres, les chefs d’Etat africains rivalisent en laborieuses arguties constitutionnelles.

Le président mauritanien (notre photo où il est en pleine séance de prière), après avoir juré au nom d’Allah sur le Saint Coran, se fonde, aujourd’hui, sur le « droit imprescriptible de la nation de changer sa constitution » pour emboîter le pas à plusieurs de ses homologues africains. Le masque transparent est tombé, après une courte phase d’hésitation et d’ânonnement tactique illustrés par les impairs de ses ministres.

Cependant, la Mauritanie n’est ni le Congo, ni le Tchad et, encore moins, la Côte d’Ivoire… La particularité de la Mauritanie, c’est qu’elle est une République islamique où l’Islam est la religion du peuple et de l’Etat, la Charia la seule source du droit. Cette différence est loin d’être négligeable.

En Mauritanie, lors de son investiture, le président de la République jure par Allah l’Unique et sur le Saint Coran de ne point prendre ni soutenir, directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision » des articles 26 et 28 lesquels stipulent que le président de la République n’est rééligible qu’une seule fois.

Cela n’est, certainement, pas le cas de la plupart des pays africains qu’on voudrait mimer et qui sont, généralement, régis par des lois fondamentales laïques consacrant une séparation totale entre le champ politique et le domaine de la religion. La prestation de serment des chefs d’Etat dans les pays visés relève, strictement, d’un simple engagement républicain pris devant les hommes, dépourvu de toute dimension théologique.

En Mauritanie, par contre, l’exercice du pouvoir est, intimement, lié à l’islam. Les engagements pris par le chef de l’Etat, le sont devant Allah Le Très Haut et les musulmans, sur la base du Saint Coran. Cette forte dimension théologique n’est pas sans conséquences sur le poids et les implications d’un parjure devenu, désormais, effectif.

En effet, selon l’esprit de la Constitution mauritanienne en vigueur, le parjure commence dès lors que le président, lui-même, participe à une initiative visant la révision de la Constitution en ces dispositions se rapportant au statut du chef de l’Etat, à la dévolution, à l’alternance politique, à la prolongation ou non du mandat présidentiel. Or, le président a, personnellement, présidé, solennellement, les travaux du fameux dialogue national. Donc, la violation des articles pertinents est, déjà, établie dans cette démarche. Le parjure est effectif et flagrant dès cet instant. Inutile d’attendre l’issue du dialogue. Aux yeux de tout musulman, il est clair que le parjure, dans les circonstances religieuses décrites plus haut, relève d’un paradigme de complexité sans précédent dans lequel les pratiques d’expiation des parjures de serment réservées au commun des musulmans resteront, moralement, inopérantes pour leur  » guide  ».

A ce niveau, la question consubstantielle, qui se pose est celle très grave des conséquences pour un président musulman, dans une République islamique, qui foule au pied le nom d’Allah le Très Haut et le Saint Coran ? Quelles conséquences pour ceux et celles, qui soutiennent une telle démarche devenue satanique à partir du moment où elle contrevient à un engagement pris devant Allah Le Très Haut dans une République islamique ?

Pour y répondre, il est urgent que les oulémas et autres érudits spécialistes de la loi islamique ayant une certaine indépendance d’esprit, se saisissent de ces questions gravissimes, émettent un avis juridique au regard de la Charia. Peut-être qu’une fatwa de dissuasion à l’intention de la Oumma islamique toute entière serait opportune et elle aurait, sans doute, une portée pédagogique intense, car on peut s’interroger lorsqu’un un chef d’Etat musulman peut, impunément, parjurer et continuer à gouverner dans un pays musulman en foulant au pied le Saint Coran et le nom d’Allah Le Très Haut, alors quel degré de rigueur peut-on opposer à tout autre musulman ordinaire pour le contraindre à respecter ses propres engagements ?

Afriqueeducation.com par Hacen Elkounti

Le président mauritanien Abdel Aziz réélu avec plus de 80% des voix

juin 22, 2014

Le chef de l’État mauritanien sortant Mohamed Ould Abdel Aziz a obtenu plus de 80% des voix à l’élection présidentielle de samedi. Il s’assure ainsi une large victoire devant ses quatre adversaires, selon des résultats complets provisoires publiés par la commission électorale.

Avec 81,89% des suffrages, M. Abdel Aziz arrive loin en tête devant le militant et candidat anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, 8,67% des voix, a déclaré devant la presse le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Abdallahi Ould Soueid Ahmed. Le taux de participation a été 56,46%.

Un taux relativement élevé en Mauritanie: la participation à une présidentielle tourne généralement autour des 40%, contrairement aux élections législatives et locales, où il est beaucoup plus élevé.

Mohamed Ould Abdel Aziz, allié de l’Occident dans la lutte contre les groupuscules proches d’Al Qaïda, dirige le pays depuis sa victoire à la présidentielle de 2009, consécutive au coup d’État par lequel il était arrivé au pouvoir l’année précédente.

Appel au boycott

Il était opposé à la présidentielle de samedi à quatre candidats. Les principaux opposants au président, rassemblés au sein du forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU, opposition radicale), avaient appelé à boycotter le scrutin, d’après eux « une mascarade électorale » organisée de manière « unilatérale ». Ils dénoncent le caractère « dictatorial » de son régime.

La plupart des électeurs interrogés lui sont reconnaissants d’avoir débarrassé leur pays des groupes islamistes armés qui y ont sévi jusqu’en 2010, deux ans après son arrivée au pouvoir par un putsch. L’ex-général de 57 ans s’est ensuite fait élire en 2009 pour un premier mandat de cinq ans.

Outre l’éradication d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en Mauritanie, le président Abdel Aziz se targue d’avoir fait baisser le taux d’inflation à moins de 5% et d’avoir mené une politique d’aide aux plus pauvres.

La Mauritanie, vaste pays désertique de 3,8 millions d’habitants bordant l’Océan Atlantique, riche en minerai de fer, aux eaux poissonneuses et qui exploite du pétrole depuis 2006, a enregistré en 2013 un taux de croissance de 6%.

Romandie.com

Une centaine de manifestants contre « la Françafrique » à Paris

septembre 14, 2011

PARIS – Une centaine de personnes, essentiellement issues de diasporas africaines, ont manifesté mercredi à Paris « contre la corruption » de gouvernements africains et pour dénoncer la persistance des réseaux opaques de « la Françafrique », a constaté une journaliste de l`AFP.

Les manifestants, originaires de plusieurs pays d`Afrique de l`Ouest, s`étaient rassemblés non loin du siège parisien de l`Unesco, où étaient réunis les présidents ivoirien Alassane Ouattara, sénégalais Abdoulaye Wade et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, à l`occasion de la remise d`un prix.

« J`aime la France, j`aime l`Afrique, mais je n`aime pas la France-à-fric », « A bas la Françafrique! », « Wade assassin! Ouattara assassin! Abdel Aziz assassin! », ont scandé les manifestants.

L`avocat Robert Bourgi, un conseiller de l`ombre de l`Elysée pour les affaires africaines, a brisé dimanche le silence entourant habituellement ses activités et évoqué des mallettes de billets remises par des chefs d`Etat africains à l`ancien président français Jacques Chirac.

Il a notamment affirmé que pour la campagne électorale de Jacques Chirac en 2002, « cinq chefs d`Etat africains — Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d`Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) — ont versé environ 10 millions de dollars ».

« Heureusement que des hommes comme Bourgi parlent. Le roi est nu aujourd`hui. Wade doit partir. Et emmener son fils (Karim Wade, qui détient 5 portefeuilles ministériels) avec lui », a déclaré à l`AFP Cheikhna Camara, représentant du Parti socialiste sénégalais en France.

« Wade a donné 5 milliads de francs CFA (environ 7,6 millions d`euros) à Chirac. Avec cet argent, il aurait pu régler les problèmes d`inondations et d`alimentation en électricité de tout Dakar », a affirmé pour sa part Zaccaria Coulibali, représentant du parti d`opposition de l`Alliance pour la République.

De leur côté, les opposants mauritaniens ont dénoncé la « politique raciste » du régime du président Ould Abdel Aziz, dénonçant les conditions de l`organisation d`un recensement de la population qui vise, selon eux, « à priver de leur citoyenneté les Mauritaniens noirs ».

AFP