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Le monde unanime dans ses hommages à la reine Élisabeth II

septembre 8, 2022
La reine Élisabeth II.

La reine Élisabeth II Photo : Getty Images/Dan Kitwood

Le monde s’est associé jeudi au deuil des Britanniques après la mort d’Élisabeth II, « une reine de cœur » dont « la dignité » et « le sens du devoir inaltérable » ont suscité une pluie d’hommages unanimes.

Adressant leurs pensées à la famille royale et à son peuple, chefs d’État ou de gouvernement se sont dits personnellement affectés par le décès de la souveraine, qui, en 70 ans de règne, a rencontré quasiment tous les grands responsables de la planète.

Minute de silence à l’ONU; drapeaux en berne sur le Capitole, mais aussi dans le sultanat d’Oman; jours de deuil au Brésil ou en Jordanie : les marques de respect se sont multipliées aux quatre coins du globe.

Le drapeau des États-Unis en berne.

Le drapeau des États-Unis est mis en berne à la Maison-Blanche après le décès de la reine Élisabeth II. Photo : Reuters/Evelyn Hockstein

Joe Biden a salué une femme d’État d’une dignité et d’une constance incomparables. Élisabeth II était plus qu’une monarque. Elle incarnait une époque, a ajouté le président américain, qui l’avait vue pour la dernière fois en juin 2021.

Son règne est défini par la grâce, l’élégance et un sens du devoir inaltérable, a renchéri Barack Obama.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lui aussi noté la grâce, la dignité et le dévouement d’Élisabeth II.

« Il n’y a pas de mots pour rendre hommage, même partiellement, à l’importance primordiale de cette reine, à son sens du devoir, à son intégrité morale, à son dévouement et à sa dignité. »— Une citation de  Angela Merkel, ancienne chancelière allemande

La mort d’Élisabeth II a mis d’accord même les pires ennemis

Pendant de nombreuses décennies, Élisabeth II jouissait à juste titre de l’amour et du respect de ses sujets, ainsi que d’une autorité sur la scène mondiale, a commenté le président russe Vladimir Poutine.

Faisant part de sa profonde tristesse, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré une perte irréparable.

Aux États-Unis, l’ancien président républicain Donald Trump a abondé dans le sens des démocrates Joe Biden et Barack Obama, louant une souveraine qui laisse, selon lui, un extraordinaire héritage de paix et de prospérité.

Je garde le souvenir d’une amie de la France, une reine de cœur qui a marqué à jamais son pays et son siècle, a souligné le président français Emmanuel Macron.

Justin Trudeau.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau lors d’une déclaration sur le décès de la reine Élisabeth II. Photo : La Presse Canadienne/Darryl Dyck

Elle était aussi une amie remarquable de l’Irlande, selon son président, Michael D. Higgins, mais aussi une présence constante dans la vie des Canadiens, qui la chériront toujours, a dit le premier ministre Justin Trudeau.

Profondément attristé, le pape François a fait savoir qu’il priait pour Élisabeth II et Charles III.

Le gouvernement argentin a exprimé son chagrin, les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et cubain Miguel Diaz-Canel leur tristesse.

Elle nous manquera terriblement, a souligné la reine du Danemark Margrethe II.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est lui aussi dit profondément attristé par la mort de la souveraine.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué en Élisabeth II un modèle de continuitédont le calme et le dévouement ont donné de la force à beaucoup.

En Inde, le premier ministre Narendra Modi s’est également dit peiné par sa disparition. Le gouvernement argentin a de son côté exprimé son chagrin.

Le roi des Belges Philippe et son épouse ont rendu hommage jeudi à une monarque d’exception qui a profondément marqué l’Histoire avec sa personnalité hors du commun.

Le roi d’Espagne Felipe VI a même jugé qu’elle avait écrit les chapitres les plus pertinents de l’Histoire ces sept dernières décennies.

La reine Élisabeth II a symbolisé la réconciliation avec l’Allemagne, contribuant à panser les plaies de la Seconde Guerre mondiale, a notamment souligné le chef de l’État allemand Frank-Walter Steinmeier.

Sa mort laisse un immense vide dont le souvenir restera gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire mondiale, estime le président du Pakistan, Arif Alvi.

Sa vie et son héritage resteront gravés dans les mémoires partout dans le monde, a renchéri le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué en Élisabeth II un modèle de continuitédont le calme et le dévouement ont donné de la force à beaucoup.

Tout au long de sa riche carrière, elle a été une source d’inspiration et de noblesse, a dit l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Le premier ministre israélien Yaïr Lapid a jugé que cette figure exceptionnelle symbolisait la dévotion et l’amour pour sa patrie.

De Joe Biden, qui l’avait rencontrée pour la première fois en 1982, à Angela Merkel, qui a évoqué l’honneur de la recevoir une dernière fois à la fin de son mandat l’an dernier, plusieurs personnalités ont fait part de leurs souvenirs de la reine, y compris dans des enceintes inattendues.

Le footballeur Pelé a ainsi révélé qu’il était un grand admirateur de la souveraine depuis son séjour au Brésil en 1968, où elle avait assisté à un match dans le stade bondé du Maracana.

Nous nous souviendrons toujours d’elle avec affection, surtout qu’elle a vécu ici quand elle était une petite princesse, a également déclaré sur Twitter le premier ministre de Malte, Robert Abela.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Quels défis attendent le monde en 2022?

janvier 1, 2022
Des militaires marchent en uniforme l'un derrière l'autre.

Des soldats du Bélarus patrouillent le long de la frontière avec la Pologne. Photo: Reuters/Kacper Pempel

Plusieurs régions du monde ont vécu l’année dernière des crises qui risquent de se prolonger. Voici quelques enjeux à surveiller.

Crispations autour de Taïwan

En Asie, la Chine représente le principal défi géopolitique. En cette fin d’année 2021, les hostilités se sont cristallisées autour de Taïwan. Un conflit risque-t-il d’éclater?

Même si ce n’est pas très probable à court terme, on ne peut pas l’exclure, estime J. Michael Cole, chercheur principal à l’Institut Macdonald-Laurier, basé à Taipei.

Si les preneurs de décision agissent de manière rationnelle à Pékin, je ne crois pas qu’on en arrive à une guerre, précise M. Cole. Cependant, ajoute-t-il, s’il y avait de l’instabilité politique en Chine, le régime pourrait tenter de raviver l’appui du peuple et créer une distraction en lançant une attaque contre Taïwan. Il pourrait le faire aussi si l’île faisait une déclaration d’indépendance, qui serait vécue comme une provocation.

« En Chine, des politiques internes peuvent mener à des prises de décisions qui, de l’extérieur, peuvent nous sembler irrationnelles. »— Une citation de  J. Michael Cole, chercheur principal à l’Institut Macdonald-Laurier.Le pont du bateau.

Le destroyer de missiles américain USS Curtis Wilbur effectue des opérations de routine dans le détroit de Taïwan. Photo: Associated Press/Zenaida Roth/US NAVY

Les relations entre la Chine et Taïwan, une démocratie indépendante de la Chine continentale depuis 1949, se sont tendues avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, en 2013, puis l’élection à la présidence taïwanaise, en 2016, de Tsai-Ing Wen, une indépendantiste.

Depuis, Pékin accentue sa pression militaire, diplomatique et économique sur l’île rebelle. En octobre 2021, à l’occasion du 110e anniversaire de la Révolution chinoise, le président chinois a promis une réunification avec Taïwan et réitéré la forte détermination […] du peuple chinois à défendre […] l’intégrité territoriale.

Les États-Unis ne sont liés à l’île par aucun accord, mais maintiennent une ambiguïté stratégique, car ils fournissent à Taïwan du matériel militaire pour se défendre, sans promettre explicitement de l’aide en cas d’attaque chinoise.

Tensions dans l’est de l’Europe

Un soldat portant une arme dans un paysage d'hiver.

Un soldat ukrainien patrouille dans la région de Donetsk. Photo: AFP Via Getty Images/Anatolii Stepanov

En Europe, les tensions ont monté d’un cran autour de l’Ukraine après un renforcement des troupes russes à la frontière à la fin du mois d’octobre. Une invasion est-elle dans les plans?

Difficile à dire, estime Marie Dumoulin, directrice du programme Europe élargie au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), qui pense que Vladimir Poutine fait plutôt monter la pression pour obtenir un dialogue avec les Américains. Le président russe souhaite que ces derniers s’engagent à mettre un frein à l’expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN vers les anciennes républiques soviétiques. Une rencontre est prévue en janvier afin d’en discuter. Les Occidentaux accepteront-ils de donner aux Russes les garanties écrites que ceux-ci réclament?

Le conflit avec des séparatistes prorusses a fait quelque 13 000 morts dans l’est de l’Ukraine depuis 2014.

Dans la même région, le Bélarus est également à surveiller, note la chercheuse. Les Européens accusent le président Loukachenko d’avoir instrumentalisé des migrants, qu’il a laissés entrer dans son pays pour ensuite les pousser vers la Pologne et déstabiliser la frontière extérieure de l’UE, soutient cette dernière. Il aurait ainsi tenté de se venger des sanctions que les Occidentaux lui ont imposées après sa réélection controversée à l’automne 2020 et la répression qui a suivi. Si la crise semble actuellement résorbée, Loukachenko pourrait recommencer n’importe quand, soutient Mme Dumoulin.

« On a affaire à un régime voyou qui veut retrouver une légitimité en tant qu’interlocuteur et qui n’hésitera pas à utiliser tous les moyens à sa disposition pour arriver à ses fins. »— Une citation de  Marie Dumoulin, du Conseil européen pour les relations internationales

Le Moyen-Orient toujours en ébullition

Un enfant tient la main d'une femme couverte d'un tchador.

Des familles détenues dans le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, se préparent à retourner chez elles, dans la région de Raqa. Photo: Getty Images/Delil Souleiman

Au Moyen-Orient, un enjeu négligé qui risque de revenir à l’avant-plan est celui des 60 000 prisonniers du groupe armé État islamique, détenus dans des camps dans le nord-est de la Syrie.

C’est très impopulaire pour un gouvernement de vouloir rapatrier des combattants de l’EI, mais il faudrait en parler, parce que ça pose beaucoup de questions de sécurité, croit Arthur Stein, doctorant à l’Université de Montréal et spécialiste des guerres civiles.

Certains prisonniers, dont on ne connaît pas le degré de radicalité, se sont évadés. En outre, un grand nombre d’enfants et de femmes sont détenus. C’est une situation assez floue en termes juridiques, puisque ces personnes n’ont pas été jugées, précise le chercheur.

Une autre question toujours en suspens est celle du programme nucléaire iranien. Des pourparlers ont débuté à Vienne à la fin de novembre entre Téhéran et les grandes puissances signataires de l’accord de 2015, mais nul ne sait si l’Iran est de bonne foi ou cherche seulement à gagner du temps, note M. Stein.

Se méfiant de l’Iran, Israël s’oppose aux négociations et préférerait une solution militaire. Le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a d’ailleurs appelé les négociateurs à ne pas céder au chantage nucléaire de l’Iran, contre lequel il n’a pas exclu une action unilatérale.

L’influence des milices iraniennes au Moyen-Orient demeure également un enjeu, affirme Arthur Stein.

« L’Iran se vante de contrôler quatre capitales : Damas, Beyrouth, Sanaa et Bagdad. C’est plus ou moins vrai, mais il y a un potentiel de déstabilisation qui est réel. »— Une citation de  Arthur Stein, doctorant à l’Université de Montréal.Un homme armé est debout devant un mur sur lequel on peut voir un crochet dans une case.

Un homme armé monte la garde devant un bureau de la Haute Commission électorale libyenne à Benghazi, le 16 décembre 2021. Photo: Reuters/Esam Omran-Fetori

Enfin, la situation est également à surveiller en Libye, une poudrière qui risque d’exploser, selon le chercheur. Les élections, prévues pour le 24 décembre et qui devaient aider le pays à sortir d’une décennie de chaos, seront finalement reportées. En attendant, les tensions restent vives, alors que les désaccords entre les camps rivaux, soutenus par différentes puissances étrangères, pourraient replonger la Libye dans la guerre.

La démocratie en recul

En Afrique, au-delà des crises ponctuelles, c’est l’état de la démocratie qui préoccupe Marie-Ève Desrosiers, professeure agrégée à l’École de développement international et mondialisation de l’Université d’Ottawa. On entend beaucoup parler de l’ascendance de la Chine ou de la Russie, mais on néglige les formes que la montée de l’autoritarisme et le recul de la démocratie prennent ailleurs dans le monde, remarque-t-elle.

Alors qu’on s’attendait, dans la période post-guerre froide, à une plus grande libéralisation politique, c’est le contraire qui est en train de se produire, pense la chercheuse, avec une consolidation autoritaire un peu partout, malgré un semblant de démocratie dans les institutions et les discours.

Qui plus est, ce recul de la démocratie ne se limite pas exclusivement à l’appareil politique, mais concerne également les populations qui, avant de vouloir des droits politiques, réclament surtout un gouvernement fonctionnel qui leur apporte la sécurité ainsi que la stabilité politique et économique.

« On a été trop longtemps assis sur nos lauriers en pensant que la démocratie libérale serait le modèle que tout citoyen voudrait embrasser. Mais la tendance à se tourner vers des modèles alternatifs, même en contexte autoritaire, est ascendante. Cela, les démocraties libérales n’en sont pas assez conscientes. »— Une citation de  Marie-Ève Desrosiers, professeure à l’Université d’Ottawa

Avec Radio-Canada par Ximena Sampson

Le monde fête un deuxième nouvel An sous l’ombre du Covid

décembre 31, 2021
Le monde fete un deuxieme nouvel An sous l'ombre du Covid
Le monde fête un deuxième nouvel An sous l’ombre du Covid© AFP/STR

Festivités annulées ou sévèrement encadrées, musique interdite, réveillons limités à la « bulle » familiale: le monde s’apprête à entamer en 2022 une troisième année de pandémie, alors que les contaminations explosent mais que de timides signes d’espoir apparaissent.

Ces douze derniers mois ont vu l’arrivée d’un nouveau président américain, des rêves de démocratie s’évanouir de l’Afghanistan à la Birmanie en passant par Hong Kong ou la Russie, et les premiers Jeux olympiques sans spectateurs.

Mais c’est la pandémie qui a de nouveau régi le quotidien de la majeure partie de l’humanité. Plus de 5,4 millions de personnes sont mortes depuis que le virus a été identifié pour la première fois en Chine en décembre 2019.

D’innombrables autres personnes ont été contaminées, soumises à des confinements, des couvre-feu et une panoplie de tests.

L’émergence du variant Omicron, particulièrement contagieux, à la fin de l’année 2021, a fait dépasser le million de cas quotidiens de coronavirus pour la première fois, selon un décompte de l’AFP.

La France a annoncé à son tour jeudi soir qu’Omicron était désormais majoritaire sur son territoire, après une progression fulgurante ces derniers jours.

« Se concentrer sur le positif »

La Grande-Bretagne, les États-Unis et même l’Australie, qui était longtemps restée à l’abri de la pandémie, battent des records de nouveaux cas.

La distribution de vaccins à environ 60 % de la population mondiale laisse pourtant entrevoir une lueur d’espoir, bien que certains pays pauvres n’y aient toujours qu’un accès limité et qu’une frange de la population y reste réticente.

Les îles Kiribati, dans le Pacifique, ont été les premières à célébrer la nouvelle année à partir de 10h00 GMT.

Mais de Séoul à Paris ou San Francisco, les célébrations du Nouvel An ont de nouveau été annulées ou réduites.

A Sydney, ville qui se vante habituellement d’être la « capitale mondiale du Nouvel an », la foule était inhabituellement peu abondante sur le port pour assister au traditionnel feu d’artifice.

Seuls des dizaines de milliers de spectateurs étaient là, alors que l’événement rassemble habituellement plus d’un million de personnes.

« J’essaie juste de me concentrer sur les choses positives survenues cette année plutôt que sur les négatives », disait Melinda Howard, étudiante en médecine de 22 ans qui attendait devant l’Opéra le début du spectacle.

Les célébrations à Rio de Janeiro, qui rassemblent habituellement trois millions de personnes sur la plage de Copacabana, sont également maintenues.

« Célébrer la vie »

Comme à Times Square à New York, les événements officiels seront réduits, mais de grandes foules sont tout de même attendues.

« Les gens n’ont qu’une envie, sortir de chez eux, célébrer la vie après une pandémie qui a obligé tout le monde à s’enfermer », a déclaré Francisco Rodrigues, 45 ans, serveur à Copacabana.

Certains Brésiliens sont plus dubitatifs, dans un pays où la pandémie a tué près de 619.000 personnes, le pire bilan au monde après celui des Etats-Unis.

Le gouvernement tunisien a de son côté annoncé au dernier moment l’annulation des festivités à Tunis « au vu du développement de la situation épidémique ».

Aux Emirats arabes unis, Dubaï prévoit malgré tout un spectacle pyrotechnique à Burj Khalifa, la plus haute tour du monde avec ses 828 mètres, et l’émirat de Ras Al-Khaimah va de nouveau tenter de battre le record mondial du plus grand feu d’artifice.

En Afrique du Sud, premier pays à avoir signalé le nouveau variant fin novembre, le couvre-feu nocturne en vigueur depuis 21 mois et qui s’était réduit aux heures comprises entre minuit et 4 heures du matin a été levé à la veille des célébrations pour le Nouvel an. Le port du masque reste toutefois obligatoire dans l’espace public et les rassemblements restent limités (1.000 personnes à l’extérieur, 2.000 à l’intérieur).

« Tsunami de cas »

Durant l’année écoulée, nombre de pays, en particulier occidentaux, ont hésité à rétablir les mesures drastiques de 2020, afin d’éviter une nouvelle récession économique. Mais 2021 a tout de même vu, en Europe et au-delà, une augmentation des manifestations contre les restrictions, tandis qu’une minorité hésitait encore à se faire vacciner, soulevant des craintes quant à savoir comment la pandémie pourra prendre fin sans progression des taux de vaccination.

Les experts espèrent que l’année 2022 marquera une nouvelle phase, moins meurtrière, de la pandémie. Mais l’Organisation mondiale de la santé prévoit de prochains mois éprouvants.

Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dit redouter « qu’Omicron, plus transmissible, circulant en même temps que Delta, entraîne un tsunami de cas » et « une pression immense sur des soignants épuisés et des systèmes de santé au bord de l’effondrement ».

L’année 2021 s’achève aussi par une montée des tensions géopolitiques, y compris en Europe avec la menace d’une intervention russe en Ukraine.

« Nous avons défendu fermement et constamment nos intérêts nationaux, la sécurité de notre pays et de nos citoyens », a souligné le président Vladimir Poutine dans ses voeux télévisés, déjà diffusés dans l’extrême-orient du pays, plus de 20 ans après s’être livré pour la première fois à l’exercice.

Il a évoqué l’épidémie de Covid, sans citer le chiffre de plus de 600.000 morts établi la veille par l’agence nationale des statistiques – deux fois plus que le chiffre communiqué par le gouvernement -, qui place le pays parmi les plus meurtris au monde.

Enfin, l’annonce au Royaume-Uni, avec plus de 15 degrés Celsius enregistrés dans le nord-est, de la Saint-Sylvestre la plus chaude jamais enregistrée dans le pays, a rappelé une autre préoccupation de 2021, qui persistera dans la nouvelle année: le changement climatique.

Par Le Point avec AFP

Covid: le cap du million de contaminations quotidiennes dépassé

décembre 30, 2021
Covid: le cap du million de contaminations quotidiennes depasse
Covid: le cap du million de contaminations quotidiennes dépassé© AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Le cap symbolique du million de contaminations quotidiennes par le Covid-19 dans le monde a été franchi pour la première fois sur la semaine du 23 au 29 décembre, à quelques heures des festivités de Nouvel An sur lesquelles la pandémie pèsera une fois de plus.

En moyenne, 1.045.000 de nouveaux cas quotidiens ont été détectés sur la période, en hausse de 46 % par rapport à la semaine précédente, selon un comptage jeudi de l’AFP établi à partir des bilans communiqués par chaque pays.

Le précédent record de 817.000 cas quotidiens avait été enregistré entre le 23 et le 29 avril 2021.

Face à ce « tsunami » de contaminations qui met sous pression les systèmes de santé, de nombreuses villes, comme Paris, Athènes ou Barcelone, ont décidé d’encadrer les célébrations du Nouvel An, en sus de mesures prises ces derniers jours pour tenter de réduire la circulation du coronavirus.

Et certaines ont même annulé les festivités prévues, à l’instar de nombreuses villes brésiliennes, dont São Paulo, la plus grande métropole d’Amérique latine.

En France, où un record de plus de 200.000 nouveaux cas en 24 heures a été annoncé mercredi, les discothèques, fermées depuis le 10 décembre, resteront fermées au moins les trois premières semaines de janvier.

À Paris, le masque redevient obligatoire dans les rues vendredi comme dans presque toute la région parisienne, et les débits de boissons ne pourront ouvrir au-delà de 02h00 les 1er et 2 janvier.

En Grèce, les bars et restaurants devront fermer à 02h00 la nuit de la Saint-Sylvestre, mesure exceptionnelle car les autres jours, ils fermeront à minuit. Les tablées dans les restaurants sont limitées à six personnes jusqu’au 16 janvier. Et la musique y est interdite.

En Espagne, les festivités sont annulées dans la plupart des régions, et neuf des dix villes les plus peuplées du pays ne célèbreront pas les « campanadas », les cloches du passage à la nouvelle année. La tradition veut que les Espagnols avalent douze grains de raisin au son des douze coups de minuit.

Seule Madrid a maintenu une cérémonie a minima sur la célèbre place de la Puerta del Sol, avec une jauge limitée à 7.000 personnes -masquées-, contre 18.000 en 2019, en période pré-pandémique.

À Mexico, la mairie a annulé les célébrations du Nouvel An et Chypre a interdit la danse dans les lieux publics.

De son côté, le pape François a renoncé à sa traditionnelle visite du Nouvel An à la crèche de la place Saint-Pierre vendredi, du fait des risques de contamination induits par ce type de rassemblements.

En Allemagne, où les discothèques resteront portes closes pour la Saint-Sylvestre, les réunions privées de plus de dix personnes sont interdites, même pour les vaccinés et les personnes guéries. Pour les non-vaccinés, la limite tombe à deux membres de foyers différents.

Mais le ministre allemand de la Santé Karl Lauterbach a averti que ces nouvelles restrictions ne « suffir(aient) pas » face au variant Omicron.

Morts en baisse

Omicron, qui circule en même temps que son prédécesseur Delta, occasionne actuellement une forte hausse des cas de Covid-19 dans de nombreux pays européens.

Plus de 85 % des contaminations actuelles se concentrent d’ailleurs dans deux régions où Omicron est fortement présent: l’Europe (4.022.000 cas au cours des sept derniers jours) ainsi que les États-Unis et le Canada (2.264.000 cas). Seule l’Asie (268.000 cas, -12 %) a vu la pandémie reculer au cours de la semaine écoulée.

En Europe, plusieurs pays battent des records de contaminations, comme l’Islande ou encore la Finlande (près de 10.000 nouvelles infections en 24 heures), ce qui l’a conduite à suspendre le pass vaccinal pour accéder à certains évènements, le jugeant insuffisant.

Au Danemark, qui compte actuellement le plus grand nombre de nouveaux cas dans le monde par rapport à sa population, celui-ci a de nouveau dépassé jeudi les 20.000 pour la deuxième journée consécutive.

L’Espagne, pourtant un des champions de la vaccination, a aussi battu un record mercredi avec 100.760 nouveaux cas en recensés en 24 heures.

Avec plus de 265.000 cas quotidiens en moyenne depuis une semaine, les États-Unis font également face à un record d’infections.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évoqué mercredi un « tsunami » faisant peser « une immense pression sur un personnel de santé épuisé et des systèmes de santé au bord de l’effondrement », deux ans après le début d’une pandémie aux plus de 5,4 millions de morts.

Les hôpitaux britanniques, « sur le pied de guerre » face à Omicron, vont ainsi mettre en place des structures provisoires permettant d’ouvrir jusqu’à 4.000 lits supplémentaires pour se préparer à une vague d’admissions, ont annoncé jeudi les services de santé. En Angleterre, plus de 10.000 personnes étaient hospitalisées avec le Covid, une première depuis début mars.

En Italie aussi la situation est tendue. « Nous sommes débordés de demandes d’hospitalisations (…) la pression est constante », confie à l’AFP le Dr Marchese, directeur sanitaire de l’hôpital Casalpalocco, dans la banlieue de Rome, qui accueille actuellement 111 patients pour une capacité de 120 lits, dont 35 en réanimation. « Cette situation dure déjà en gros depuis un mois. Nous sommes systématiquement pleins », déplore-t-il.

Jusqu’à présent, l’explosion de la pandémie ne s’est cependant pas traduite par une augmentation du nombre des morts, en baisse au contraire depuis trois semaines dans le monde.

En Chine, qui enregistre une poussée épidémique à moins de 40 jours des JO d’hiver de Pékin, les mesures sont plus radicales.

Après la ville de Xi’an, soumise depuis huit jours à une quarantaine et qui connaît désormais des difficultés d’approvisionnement, plusieurs dizaines de milliers d’habitants d’un arrondissement de l’agglomération de Yan’an, à 300 kilomètres de Xi’an, ont été confinés, eux aussi.

Par Le Point avec AFP

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

octobre 22, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Dimitar DILKOFF

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Le Kremlin blâme les Russes

Le Kremlin a reconnu vendredi l’échec de sa campagne de vaccination anti-Covid en comparaison à l’Europe, mais a pointé du doigt la responsabilité de la population, en pleine vague épidémique meurtrière.

La Russie a enregistré vendredi de nouveaux records quotidiens de décès et de contaminations, avec 1.064 morts et 37.141 infectés recensés.

A peine un tiers des Russes se sont fait vacciner depuis décembre sur fond de méfiance à l’égard des vaccins développés par la Russie.

Record de décès en Ukraine

L’Ukraine a enregistré vendredi un record de nouvelles contaminations et de décès dus au coronavirus, pour la deuxième journée consécutive, alors que la capitale, Kiev, s’apprête à réintroduire des restrictions strictes.

Selon les chiffres du gouvernement, 23.785 nouvelles infections ont été recensées ces dernières 24 heures et 614 personnes sont mortes dans cette ex-république soviétique, dont le système de santé manque cruellement de ressources.

France: près de 600 soignants suspendus en Guadeloupe

En Guadeloupe (Antilles françaises), l’Agence régionale de santé (ARS) a annoncé que la suspension de près de 600 soignants qui refusent l’obligation vaccinale « était en cours ».

Au final, l’ARS se félicite d' »une phase plutôt positive »: environ 66 % des soignants sont désormais vaccinés en Guadeloupe, contre quelque 30 à 40 % dans les semaines précédentes.

Sur l’île, qui a connu une flambée épidémique cet été, les indicateurs sont désormais très en baisse, bien que le virus « continue de circuler », selon les autorités. En conséquence, les restrictions sanitaires devraient s’alléger.

Australie: Melbourne célèbre la fin des confinements

Les habitants de Melbourne ont profité vendredi de la réouverture de la ville après l’une des plus longues séries de confinements au monde pour se rendre dans les bars, restaurants ou chez le coiffeur.

Depuis le début de la pandémie, les cinq millions de Melbournais ont dû rester enfermés chez eux pendant plus de 260 jours au total, en six confinements. Mais maintenant que 70 % des personnes éligibles à Melbourne et dans l’État de Victoria (sud-est) sont entièrement vaccinées, les restrictions qui ont débuté le 5 août sont levées.

La pandémie, aubaine pour le vélo « made in Portugal »

Les commandes de vélos se sont envolées au Portugal, numéro un en Europe pour la fabrication de bicyclettes, avec la crise sanitaire.

Le secteur souffre toutefois des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement mondial, les délais de livraison de composants pouvant aller « jusqu’à deux ou trois ans » de la part des fournisseurs, majoritairement asiatiques, selon le responsable export d’une usine d’assemblage de vélos dans le nord du pays.

En 2020, le Portugal a produit 2,6 millions de bicyclettes, dont la quasi-totalité a été exportée, ce qui le place au premier rang européen devant l’Italie et l’Allemagne, selon Eurostat.

Plus de 4,9 millions de morts

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 4.926.579 morts dans le monde depuis que le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles vendredi à 10H00 GMT.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 733.218 décès pour 45.301.092 cas recensés, selon le comptage de l’université Johns Hopkins.

Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 604.679 morts, l’Inde (453.042 morts), le Mexique (285.669 morts) et la Russie (228.453 morts).

Avec AFP par burx-npk/ber/mba

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

septembre 23, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Frederic J. BROWN

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

-3ème dose pour les plus de 65 ans aux Etats-Unis –

Les Etats-Unis ont autorisé mercredi l’injection d’une troisième dose de vaccin anti-Covid de Pfizer à partir de 65 ans et pour les personnes à « risque », a annoncé l’Agence américaine des médicaments.

La dose de rappel pourra être administrée à partir de six mois après la deuxième injection.

Washington veut mener la riposte mondiale contre la pandémie

Les Etats-Unis vont doubler leurs dons de vaccins contre le Covid-19, portant le total de doses promises à des pays pauvres à plus de 1,1 milliard, a annoncé Joe Biden mercredi, affichant clairement son intention de mener la riposte mondiale contre la pandémie.

« J’ai fait la promesse, et je la tiens, que l’Amérique sera l’arsenal de vaccins du monde, tout comme elle a été l’arsenal de la démocratie pendant la Seconde Guerre mondiale », a-t-il dit depuis la Maison Blanche.

Les Etats-Unis vont acheter et distribuer aux pays en développement 500 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer/BioNTech, ce qui porte leurs promesses de dons à 1,1 milliard de doses, en prenant en compte de précédentes annonces.

Pfizer et BioNTech ont précisé que ces doses, fabriquées aux Etats-Unis, seraient distribuées à 92 pays en voie de développement identifiés par le mécanisme international Covax et aux 55 Etats membres de l’Union africaine.

Un ministre brésilien positif à l’ONU

Le ministre brésilien de la Santé, Marcelo Queiroga, a été « testé positif au Covid-19 » après avoir participé mardi à l’Assemblée générale de l’ONU à New York, inaugurée par le président Jair Bolsonaro.

Jair Bolsonaro, qui s’est montré sans masque à plusieurs reprises au cours du voyage, n’a pas été vacciné contre le Covid-19 et a répété qu’il serait « le dernier » Brésilien à recevoir le vaccin.

M. Queiroga était aux côtés de M. Bolsonaro lors de plusieurs événements, dont une rencontre lundi avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui a été filmé lui serrant la main.

Plus de 6 milliards de doses de vaccin

Plus de six milliards de doses de vaccins ont été administrées dans le monde, selon un décompte réalisé mercredi par l’AFP à 09H30 GMT à partir de sources officielles.

La vaccination reste très inégalitaire: les pays à « revenu élevé » selon le classement de la Banque mondiale ont administré en moyenne 124 doses pour 100 habitants, les pays à « faible revenu » seulement 4.

Amnesty accuse les labos de délaisser les pays pauvres

Amnesty international a accusé les groupes pharmaceutiques qui produisent les vaccins contre le Covid-19 d’alimenter une « crise des droits humains sans précédent », réclamant l’octroi de deux milliards de doses aux pays pauvres.

Les cas repartent à la hausse à Moscou

La capitale russe est confrontée à une nouvelle hausse des cas, a annoncé la mairie de Moscou, quelques semaines seulement après une vague meurtrière provoquée par le variant Delta.

France: le pass sanitaire maintenu

Le pass sanitaire est maintenu pour l’instant dans tous les départements français malgré la décrue de l’épidémie qui se « confirme jour après jour », a annoncé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

L’obligation du port du masque à l’école primaire sera levée à partir du 4 octobre dans les départements les moins touchés.

Le Sri Lanka va demander un prêt à la Banque mondiale

Le Sri Lanka va solliciter un prêt d’urgence de 100 millions de dollars auprès de la Banque mondiale afin de financer sa campagne de vaccination.

Virus proches du SARS-CoV ?2 chez des chauves-souris

Ce pourrait être une « avancée majeure » dans la recherche des origines du Covid-19: des chercheurs de l’Institut Pasteur ont identifié dans le nord du Laos des virus proches du SARS-CoV ?2 chez des chauves-souris, capables d’infecter l’homme.

Les conclusions de ces travaux, en libre accès sur la plateforme scientifique « Research Square », doivent encore faire l’objet d’une évaluation par les pairs en vue d’une publication dans une revue scientifique.

Allemagne: pas de salaire pour les non-vaccinés en quarantaine

Les salaires des personnes non vaccinées ne seront bientôt plus pris en charge en Allemagne durant les périodes de quarantaine, a annoncé le ministre de la Santé.

La décision, négociée avec les régions allemandes, entrera en vigueur le 1er novembre.

Plus de 4,7 millions de morts

La pandémie provoquée par le nouveau coronavirus a fait au moins 4.705.691 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi en milieu de journée.

Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (681.067), devant le Brésil (592.316), l’Inde (445.768), le Mexique (272.580) et la Russie (200.625).

L’Organisation mondiale de la santé estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.

Avec AFP par burx-dth/roc

Premiers vaccinés, les Israéliens ont l’un des plus hauts taux d’infection du monde

septembre 19, 2021

Qu’ont en commun Israël, le Royaume-Uni et l’Alberta? Des taux de vaccination relativement élevés, mais des hausses importantes dans le nombre de cas et d’hospitalisations liés à la COVID-19. Une levée rapide des mesures et des campagnes de vaccination différentes expliquent en partie cette recrudescence des infections.

Le retour à l'école fait craindre une hausse importante des infections chez les jeunes, qui ne sont pas encore éligibles au vaccin contre la COVID-19.

© AMIR COHEN/Reuters Le retour à l’école fait craindre une hausse importante des infections chez les jeunes, qui ne sont pas encore éligibles au vaccin contre la COVID-19.

Plus de 60 % de la population totale en Israël est vaccinée, 65 % au Royaume-Uni et 54 % aux États-Unis. Cela n’a pas empêché ces pays de connaître des niveaux presque records de nouvelles infections.

Israël a en ce moment le plus haut taux d’infection du monde; le taux dans ce pays est deux fois plus élevé qu’au Royaume-Uni et aux États-Unis. Au Royaume-Uni, le nombre d’hospitalisations continue d’augmenter et aux États-Unis, on dénombre actuellement près de 2000 décès par jour.

Selon le professeur Barry Pakes, certains éléments comme le relâchement précoce des mesures sanitaires et la diminution de l’efficacité du vaccin expliquent pourquoi certains endroits sont frappés plus durement. Mais il ne faut pas oublier les particularités de chaque juridiction, dit-il.

«Les comparaisons internationales sont compliquées parce que la COVID-19 est compliquée», dit Barry Pakes, professeur de santé publique et médecine préventive à l’école de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto. Il ajoute que le niveau de dépistage et la démographie peuvent avoir un effet sur le contrôle du virus.

Par exemple, un élément qui explique en partie la hausse importante de cas en Israël est le fait que le pays a une population très jeune, dont plusieurs enfants qui ne sont pas encore admissibles au vaccin.

Il faut rappeler qu’au Canada et ailleurs dans le monde, la majorité des infections sont détectées chez les personnes non vaccinées. Les jeunes, qui ne sont pas admissibles au vaccin, sont parmi les plus touchés lors de cette dernière vague.

Un relâchement des mesures trop rapide

De nombreuses restrictions sanitaires ont été abandonnées au Royaume-Uni.

© HENRY NICHOLLS/Reuters De nombreuses restrictions sanitaires ont été abandonnées au Royaume-Uni.

Plusieurs experts croyaient — à tort — qu’Israël — qui a été l’un des premiers pays à vacciner la majorité de sa population — avait atteint une immunité collective. Toutefois, Israël a réussi à vacciner moins de 65 % de la population.

«Nous avons fait des erreurs parce que nous pensions avoir gagné la guerre, mais nous comprenons maintenant que nous n’avons gagné qu’une seule bataille. La guerre est toujours en cours et nous devons vacciner encore plus de personnes», a récemment déclaré le Pr Salman Zarka, qui conseille le gouvernement israélien dans la lutte contre la COVID-19, dans une entrevue avec le journal Times of Israël.

Selon le Pr Pakes, l’arrivée du variant Delta fait en sorte qu’il est nécessaire de vacciner 90 % de la population, y compris les enfants, pour arriver à contrôler la pandémie. Aucun pays dans le monde n’a atteint ce seuil. Seuls le Portugal, l’Islande et les Émirats arabes unis s’en approchent avec 80 % de leur population vaccinée.

Se croyant protégés par la vaccination, Israël et le Royaume-Uni ont abandonné au début de l’été le port du masque en public. Ils ont éliminé presque toutes les mesures sanitaires (y compris l’obligation de s’isoler après avoir été en contact avec une personne infectée) et ont permis l’ouverture de bars, de clubs et la tenue de grands événements sportifs et culturels. Israël a temporairement abandonné son passeport vaccinal; le Royaume-Uni a renoncé à l’idée d’en imposer un.

La situation est la même dans plusieurs États américains – notamment en Floride – où le taux de vaccination est très bas et où l’on a permis une réouverture complète. Le gouverneur a par ailleurs proscrit le port du masque à l’école.

Le variant Delta — qui est beaucoup plus contagieux — est venu leur prouver qu’ils étaient encore loin d’avoir gagné la bataille contre le coronavirus. Israël a réimposé le port du masque à l’intérieur, limité les rassemblements et intensifié les dépistages.

«Ces pays on fait beaucoup moins attention que nous au niveau des mesures autres que la vaccination. Ils sont allés beaucoup trop vite. Tu regardes l’Alberta, c’est la même chose et maintenant les cas et les hospitalisations augmentent en flèche», dit le Dr André Veillette, immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

En Alberta, ainsi qu’en Colombie-Britannique et en Saskatchewan – où les restrictions ont été largement éliminées cet été – voient désormais des records de cas et d’hospitalisations. «Nous avons eu une expérience naturelle avec l’Alberta et nous voyons les résultats catastrophiques», dit le Pr Pakes.

La médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, Deena Hinshaw, a d’ailleurs fait son mea culpa cette semaine, disant que la levée précoce des mesures avait propulsé l’Alberta dans une nouvelle vague sans précédent.

De plus en plus de pays commencent à imposer une forme de passeport vaccinal pour accéder à certaines activités et à certains lieux publics. Quel sera l’effet de cette mesure? S’il est encore difficile de le dire avec certitude, on peut déjà voir qu’en France, le taux d’infection vient de tomber sous la barre des 100 cas pour 100 000 habitants, pour la première fois depuis mi-juillet.

Rappelons que la France a imposé un passeport sanitaire le 9 août dernier et que le taux de vaccination a par la suite augmenté. De plus, en août, plusieurs régions en France ont réintroduit le port du masque obligatoire dans les lieux publics.

Le professeur Pakes ajoute que la baisse des cas en France est possiblement en partie due au fait que la population est de plus en plus habituée à vivre en temps de pandémie et qu’elle s’autorégule lorsque nécessaire. «Quand les cas augmentent, les gens paniquent et même s’il n’y a pas de confinement, les gens réduisent leurs contacts et font plus attention.»

Diminution de l’immunité vaccinale

À Tel-Aviv, un homme reçoit sa troisième dose du vaccin contre la COVID-19.

© / (Oded Balilty/The Associated Press) À Tel-Aviv, un homme reçoit sa troisième dose du vaccin contre la COVID-19.

En Israël, environ 3 millions de personnes ont déjà reçu une troisième dose du vaccin et le pays parle désormais d’une quatrième dose. Selon les données de ce pays, l’immunité du vaccin diminue après quelques mois et expliquerait en partie l’augmentation des nouvelles infections.

Est-ce que le Canada et les États-Unis, qui ont commencé à vacciner un peu plus tard qu’Israël, pourraient bientôt faire face à une immunité qui diminue avec le temps? Une personne vaccinée en janvier a-t-elle moins de protection qu’une personne vaccinée en juillet?

«Je serais très surpris que les données aux États-Unis [sur la durée de l’immunité] soient différentes de celles provenant d’Israël», a dit le Dr Anthony Fauci en entrevue à Politico.

Il y a toutefois certaines nuances à apporter, précise le Pr Pakes.

D’abord, Israël a adopté une stratégie de vaccination très différente de celle du Canada. En Israël, on a administré la deuxième dose moins d’un mois après la première, le délai d’abord recommandé par les fabricants du vaccin.

Au Canada, les autorités ont opté pour un délai entre les doses entre 8 et 12 semaines. «La décision a été controversée au début au Canada. Mais il semble que cette stratégie était meilleure et offre une meilleure efficacité à long terme et contre le variant Delta», dit le Pr Pakes. La durée exacte de cette immunité n’est toutefois pas connue.

Comme en Israël, les chercheurs britanniques ont également remarqué que l’efficacité du vaccin diminuait avec le temps. Selon des données du Royaume-Uni, le vaccin Pfizer est efficace à 88 %, mais diminue à 74 % après cinq à six mois; le vaccin d’AstraZeneca est d’abord efficace à 77 %, mais diminue à 67 % après quatre à cinq mois.

De plus, au Royaume-Uni, on a majoritairement utilisé le vaccin Vaxzevria d’AstraZeneca, qui est considéré comme étant un peu moins efficace que les vaccins Comirnaty de Pfizer et Spikevax de Moderna.

C’est pour ces raisons que le Royaume-Uni offre une troisième dose aux personnes de 50 ans et plus, aux résidents de centres de soins de longue durée et à tous les adultes avec des comorbidités. Compte tenu de l’efficacité moins élevée du vaccin Vaxzevria, les personnes qui l’ont reçu auront en troisième dose un vaccin à ARN.

Si Israël croyait voir des effets positifs de l’administration d’une troisième dose, cette dernière vague est loin d’être maîtrisée.

Vendredi, aux États-Unis, un comité d’experts du Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) ont recommandé l’administration d’une troisième dose du vaccin aux aînés et aux personnes plus à risque de complications liées à la COVID-19. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) doivent aussi donner leur recommandation à ce sujet, mais sembleraient plus ouverts à offrir une troisième dose à l’ensemble de la population.

Pour plusieurs experts, l’administration d’une troisième dose en ce moment n’est pas la solution magique pour contenir les nouvelles vagues.

D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de demander de ne pas administrer de troisième dose, jugeant que la priorité devrait être de s’assurer qu’une plus grande partie du monde est vaccinée avec une première dose.

Pour le Pr Pakes, il est clair que le Canada doit continuer de suivre ce qui se passe dans les autres pays, particulièrement en Israël et au Royaume-Uni. «Ces pays ont d’excellents systèmes de collecte de données, contrairement au Canada. C’est difficile d’apprendre de nos erreurs sans avoir les données pour comprendre.» Il ajoute que les experts le répètent : pour venir à bout de ce virus, il faudra vacciner 90 % de la population, y compris les enfants. Sans quoi de nouvelles vagues continueront de surgir.

Par Reuters avec Mélanie Meloche-Holubowski 

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

août 1, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Paul ZINKEN

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Allemagne: échauffourées à Berlin

Des milliers de personnes hostiles aux restrictions décidées pour lutter contre le Covid-19 ont bravé dimanche l’interdiction de manifester et se sont rassemblées illégalement dans les rues de Berlin, provoquant des échauffourées avec la police.

Martinique: vaccinodrome et pharmacie incendiés

Un vaccinodrome et une pharmacie ont été incendiés lors d’affrontements entre une centaine de manifestants et les forces de l’ordre samedi soir à Fort-de-France (Martinique, département français d’Outre-mer), au lendemain de l’instauration d’un nouveau couvre-feu, ont indiqué les autorités.

Un hypermarché a été pillé lors de ces heurts au terme desquels les forces de l’ordre ont procédé à trois interpellations.

Vaccin: les Etats-Unis offrent des doses au Nigeria…

Le Nigeria a reçu dimanche des Etats-Unis quatre millions de doses du vaccin Moderna contre le coronavirus, au moment où le géant d’Afrique de l’Ouest traverse une troisième vague.

Cela porte à huit millions le nombre de doses reçues par ce pays de 200 millions d’habitants, après les quatre millions de doses d’AstraZeneca reçues en mars dans le cadre du programme Covax.

-… et l’Italie en donne à la Tunisie –

La Tunisie, en grande difficulté face à un nouveau rebond de l’épidémie, a reçu dimanche 1,5 million de doses de vaccins fournis par l’Italie, a annoncé la présidence de la République.

La Chine dépiste en masse

Des millions de personnes ont subi dimanche un test de dépistage au Covid-19 dans plusieurs grandes villes de Chine pour tenter de juguler une hausse des cas de coronavirus.

Un foyer épidémique apparu à l’aéroport de Nankin (Est) fin juillet s’est désormais propagé à plus d’une vingtaine de villes et plus d’une dizaine de provinces. La Chine fait face à sa pire vague de contaminations depuis plusieurs mois, les autorités mettant cette hausse des cas sur le compte du variant Delta.

Allemagne: rappel pour les plus vulnérables

L’Allemagne compte proposer dès le 1er septembre l’administration d’une dose de rappel de vaccin contre le Covid-19 aux personnes âgées et vulnérables, selon un projet du ministère de la Santé vu dimanche par l’AFP.

Etats-Unis: pas de nouveaux confinements à l’horizon

Le conseiller de la Maison Blanche sur la crise sanitaire, Anthony Fauci, a dit dimanche ne pas penser que les Etats-Unis subiront de nouveaux confinements, même si « la situation va se détériorer » à cause d’une « épidémie des non vaccinés ».

Décès de l’ex-patron de Toyota Europe

Johan van Zyl, l’ex-dirigeant des activités européennes de Toyota, est décédé vendredi en Afrique du Sud à l’âge de 63 ? ans des suites du Covid-19 qu’il avait contracté début juillet, a indiqué dimanche le constructeur automobile japonais.

Deux tigres infectés en Indonésie

Tino et Hari, deux tigres de Sumatra de neuf et douze ans, ont été infectés par le Covid-19 mi-juillet dans un zoo de Jakarta, ont déclaré dimanche les autorités indonésiennes, qui cherchent à savoir comment ces animaux en danger critique d’extinction sont tombés malades.

Les deux mâles, qui ont reçu un traitement, sont déjà en voie de guérison.

– Plus de 4,22 millions de morts

La pandémie a fait plus de 4,22 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP dimanche à 10h00 GMT.

Les Etats-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de décès (613.223), devant le Brésil (556.834) et l’Inde (424.351).

L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Par Le point Avec AFP

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

juillet 21, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Prakash SINGH

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: le point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Inde: plus de 45.000 cas de « champignon noir »

L’Inde a enregistré au cours des deux derniers mois plus de 45.000 cas de « champignon noir », une infection fongique mortelle à 50 % qui se répand parmi les patients atteints du Covid-19.

Plus de 4.200 personnes sont décédées de la mucormycose, maladie rare habituellement, mais qui s’est répandue en Inde parmi les malades du Covid-19 après leur rétablissement, selon le gouvernement.

Cuba : hausse « dramatique » des cas

Cuba connaît une « augmentation dramatique » des cas de Covid-19 dans plusieurs de ses provinces où circule notamment le variant Delta, a indiqué mercredi l’Organisation panaméricaine de la santé. La situation est « particulièrement aiguë » dans la région touristique de Matanzas.

L’OMS veut rassurer les laboratoires sur les brevets

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé, partisan d’une suspension temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid pour augmenter leur production, a assuré mercredi les groupes pharmaceutiques qu’il ne s’agissait pas de « saisir » leur propriété.

JO: pas de pression du CIO, assure Tokyo

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a assuré mercredi n’avoir subi aucune pression du Comité international olympique pour maintenir les Jeux olympiques de Tokyo, qui demeurent impopulaires au Japon face à la recrudescence du Covid-19.

Ouganda: injections de faux vaccin

Près de 800 personnes ont reçu une ou des injections de faux vaccins contre le Covid-19 en Ouganda, une escroquerie montée par des médecins et infirmiers « sans scrupules », ont annoncé les autorités.

USA: chute d’un an et demi de l’espérance de vie

L’espérance de vie des Américains s’est réduite d’un an et demi en 2020, passant de 78,8 à 77,3 ans, soit la plus forte chute depuis la Seconde Guerre mondiale, selon la principale agence fédérale de santé publique qui en attribue grandement la cause à la pandémie de Covid-19.

Vaccin Pfizer produit en Afrique du Sud dès 2022

Les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et BioNTech ont annoncé que le groupe Biovac allait réaliser dès début 2022 une étape de production de leur vaccin en Afrique du Sud, une première sur le continent.

Variant Delta prédominant dans les prochains mois, selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prévoit que le variant Delta, très contagieux et qui est d’ores et déjà à l’origine de plus des trois quarts des nouveaux cas de Covid dans de nombreux grands pays, soit prédominant dans les prochains mois.

L’Inter Milan et Arsenal renoncent à un tournoi

L’Inter Milan a annoncé mercredi qu’il renonçait pour des raisons sanitaires liées au coronavirus à se rendre aux Etats-Unis, où il devait rencontrer lors d’un tournoi amical en Floride le club anglais d’Arsenal, également forfait en raison d' »un petit nombre » de cas positifs au Covid-19 dans sa délégation.

Portugal: vaccination des 12-17 ans d’ici la rentrée

Le Portugal, frappé de plein fouet par le très contagieux variant Delta, souhaite vacciner les 12-17 ans d’ici la prochaine rentrée scolaire, a indiqué le Premier ministre Antonio Costa.

Plus de 4,1 millions de morts

La pandémie a fait au moins 4.119.920 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi en milieu de journée.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec 609.837 décès, suivis du Brésil (545.604 morts), de l’Inde (418.480), du Mexique (236.810) et du Pérou (195.332).

L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Avec Le Point par burx-jba-frd/am/ybl

Dans les profondeurs des entrailles

mai 12, 2021

Depuis les entrailles fermées de ma tombe

Ma musique résonne encore en trombe

Et fait danser les humains à la ronde

Dans un concert à la joie gourmande

Aujourd’hui dans les villes du monde

À Las Vegas, à Rio de Janeiro et Mexico

Malgré la pandémie qui vous inonde

Le déconfinement est un chant de coquerico

Chacun de vous a perdu un être cher

Durant cette crise cruciale et sanitaire

Dur moment de grisaille qui nécessite espoir

Car dans la marche de la vie il faut sourire

Bernard NKOUNKOU