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Football : Sénégal, un champion en chantier 

juin 10, 2022

ANALYSE. Sur la route du Mondial 2022, les éliminatoires de la CAN 2023 sont pour le champion d’Afrique une occasion de se recalibrer. Une tâche ardue. 

Le Senegal de Sadio Mane est detenteur de la CAN.
Le Sénégal de Sadio Mané est détenteur de la CAN.© SEYLLOU / AFP

La route vers la CAN 2023 a démarré pour le champion d’Afrique, les deux premières journées de qualification venant clôturer une saison historique. Avec quelques interrogations à résoudre à quelques mois de la Coupe du monde. Fini les célébrations de la CAN et des barrages, place aux prochaines échéances, qui arrivent très vite.

Des victoires sans panache

Alors que le Sénégal met un terme à sa saison 2022-2023 sur une bonne entame de la défense de son titre avec les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2023. Une première victoire sur le score de 3-1 face au Bénin, avec un triplé de Sadio Mané, dont deux buts sur pénalty et une victoire hier face au Rwanda, dans un match qui devait se dérouler à Kigali, qui en raison de stades non conformes aux normes internationales, a délocalisé son match… à Dakar, au Stade Abdoulaye Wade de Diamniadio. Une aubaine donc pour le Sénégal, qui a enchaîné deux matchs à domicile et éviter un long déplacement vers l’Afrique de l’Est. Une victoire dans un match sans relief arraché sur un nouveau pénalty de Sadio Mané au bout du temps additionnel. Trois buts sur pénalty en quatre matchs, dans ce qui est l’un des groupes les plus abordables de ces éliminatoires, de quoi tirer la sonnette d’alarme ? « C’est un match de fin de saison, j’ai senti mes joueurs fatigués, émoussés. C’est bien de savoir gagner dans la difficulté. Les garçons n’ont jamais abdiqué, ils ont continué à travailler. En réalité, on a pu avoir cette occasion-là qui nous permet de gagner 1-0. Nous sommes très satisfaits sur le plan comptable », a déclaré Aliou Cissé en conférence de presse.

Bien évidemment, le fait qu’il s’agisse de la fin de saison a son importance, lorsque l’on prend en compte le lourd calendrier auquel certains joueurs ont été confrontés (dont bien évidemment Sadio Mané). Ceci atténue forcément les circonstances du contenu proposé. Mais n’était-ce donc pas une opportunité de réaliser une rotation afin d’expérimenter de nouvelles options ? La victoire finale à la CAN, suivie du match de barrages pour le Mondial a permis à Aliou Cissé d’être renforcé dans ces certitudes avec une option de jeu en 4-3-3, et une autre en 4-2-3-1, avec Sadio Mané positionné en soutien de l’attaquant de pointe, utilisé lors du match retour du barrage face à l’Égypte. Toutefois, le domaine dans lequel le sélectionneur des Lions doit encore avoir des manques à combler concerne les solutions de rechange, notamment aux postes d’arrière latéral gauche et de milieux offensifs. La dépendance envers l’arrière gauche Saliou Ciss (meilleur latéral de la CAN), Sadio Mané ou Ismaïla Sarr, revenu tout juste de blessure en demi-finale de la CAN (et qui l’a peut-être payé à son retour en club), s’est accentuée et devient une sérieuse interrogation pour les Lions. D’autant plus que le début de la CAN passée, sans relief, rappelle également qu’il y a un travail à accomplir dans ce sens. L’équilibre entre la préservation de la bonne vie de groupe et les performances individuelles de chaque joueur est essentiel, chaque élément doit avoir la capacité de répondre présent si le besoin s’en ressent.

Occasion manquée

Alors que les dates internationales s’étendant du 30 mai au 14 juin, et que ses deux matchs amicaux ont été joués le 4 et le 7 juin, le Sénégal avait l’opportunité d’ajouter un ou deux rencontres amicales afin de pouvoir mieux explorer les différentes options avec, s’il le faut, une équipe remaniée. Pourtant, la Fédération avait pour envie d’organiser un match amical entre les dates du 11 et 13 juin, si possible contre une équipe sud-américaine était envisagée, afin de mieux appréhender l’affrontement à venir face à l’équipe d’Équateur (tombeur du Nigeria 1-0 le vendredi 3 juin passé). Le Brésil, était considéré comme un potentiel adversaire, mais en raison de la tournée asiatique des Auriverde (matchs contre la Corée du Sud et le Japon), il n’était pas possible de dénicher la Seleção pour un match de prestige au stade de Diamniadio. Puis, il a finalement été décidé de ne pas organiser de match amical : « La FSF informe l’opinion publique qu’elle a décidé de surseoir à l’organisation d’un match amical international durant la fenêtre FIFA du 30 mai – 14 juin 2022. […] Cette décision a été prise pour permettre aux joueurs internationaux sénégalais pressentis d’aller en vacances plus tôt que prévu afin de pouvoir bénéficier d’un temps de repos convenable avant de reprendre compétitions en clubs à partir de septembre 2022 puis avec notre équipe nationale pour la préparation et la participation du Sénégal au prochain tournoi final de la Coupe du monde de la Fifa prévu au Qatar. »

D’après le journal local RECORD, la FSF a même été approchée par la Fédération algérienne de football pour un match amical, option qui a été rejetée, car d’après une source le Sénégal n’y voyait pas son intérêt. À défaut d’affronter une équipe sud-américaine, il aurait été possible par exemple, d’utiliser ne serait-ce une équipe africaine pour faire face aux Lions, à l’image de la Gambie qui a reçu le Soudan du Sud au Stade Lat Dior de Thiès (victoire 1-0) en raison de la non-homologation du stade de Banjul, ou du Mali, qui n’a pas réservé de date pour un match amical après les éliminatoires, pour organiser une rencontre amicale de plus. Une liste alternative aurait ainsi pu être confectionnée, permettant à des cadres de partir en vacances, et afin de permettre à certains joueurs d’avoir l’occasion de jouer et donner un aperçu de leurs potentialités, d’autant plus que le prochain regroupement, qui aura lieu en septembre prochain, comptant pour les 3e et 4e journées d’éliminatoires de la CAN sera le dernier avant la Coupe du Monde. « Cette préparation pour la Coupe du monde, on ne l’a pas encore commencée. C’est ça la vérité… La meilleure chose à faire au mois de septembre pour aider les cinq pays africains qui se sont qualifiés, c’est carrément d’arrêter les éliminatoires de la CAN 2023. Et pouvoir donner enfin la possibilité aux pays africains de préparer cette Coupe du monde, sinon on ne pourra jamais la préparer comme il le faut ! » s’est désolé Aliou Cissé à ce sujet.

Un marché des transferts très important à venir

Avec l’ouverture du mercato estival, plusieurs joueurs manquant de temps de jeu en club auront des décisions à prendre en vue de la saison prochaine. En effet, avec une Coupe du monde 2022 se déroulant exceptionnellement en pleine saison, entre la mi-novembre et la fin décembre, les joueurs ne disposeront pas de suffisamment de temps de préparation dont les sélections bénéficient habituellement en fin de saison. Il s’agira donc d’une Coupe du monde où pour être en forme optimale, la préparation de pré-saison ainsi que le temps de jeu dès l’entame de la saison seront des facteurs plus importants que d’habitude pour les joueurs. Les cas d’importants joueurs de la sélection comme Abdou Diallo (PSG), Nampalys Mendy (Leicester) ou encore Bouna Sarr seront essentiels de la quête d’être dans les meilleures conditions possible au mois de novembre. Aux joueurs se retrouvant dans cette situation de trouver l’environnement qui convient pour résoudre ce problème, pour le bien de la sélection.

Avec Le Point avec par Abdoulaye A. Sall

Mondial 2022 au Qatar : Amnesty exhorte la Fifa à indemniser les ouvriers

mai 18, 2022

L’ONG demande à la Fifa de verser 440 millions de dollars aux migrants « maltraités » afin de « réparer les dommages », notamment les accidents de travail.

Le centre d'entrainement du club sportif Al-Shamal, dans la ville portuaire d'Al Ruwais au Qatar, pays hote du Mondial 2022.
Le centre d’entraînement du club sportif Al-Shamal, dans la ville portuaire d’Al Ruwais au Qatar, pays hôte du Mondial 2022. 
 © CHRISTIAN CHARISIUS / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Jeudi 19 mai, l’ONG Amnesty International a demandé à la Fifa de verser une compensation d’au moins 440 millions de dollars aux ouvriers migrants « maltraités » au Qatarpays hôte du Mondial 2022 de football, accusé de ne pas suffisamment respecter leurs droits.

Soutenue par d’autres organisations de défense des droits humains, la demande d’Amnesty intervient à la suite de critiques répétées contre la lenteur de l’instance dirigeante du football à réagir contre les mauvaises conditions de travail des ouvriers qui ont afflué sur les chantiers liés au Mondial dans le riche État du Golfe. « La Fifa devrait consacrer au moins 440 millions de dollars (environ 418 millions d’euros) à la réparation des dommages subis par les centaines de milliers de travailleurs migrants victimes de violations des droits humains au Qatar pendant les préparatifs de la Coupe du monde 2022 », a déclaré l’ONG dans un communiqué.

Selon Amnesty, cette somme, qui correspond à la dotation que se partageront les 32 équipes participantes, est le « minimum nécessaire » pour indemniser les travailleurs et les protéger de futurs abus. L’organisation cite notamment les salaires impayés, le paiement de frais de recrutement « illégaux » et « exorbitants » ainsi que les dommages causés par les accidents du travail. L’ONG basée à Londres a exhorté la Fifa à « travailler avec le Qatar » pour mettre en place un programme de réparation complet avec la participation des ouvriers, des syndicats, de l’Organisation internationale du travail (OIT) et la société civile.

Les réformes sociales du Qatar

Depuis 2010, date à laquelle la Fifa a attribué le Mondial 2022 au Qatar, une « litanie d’abus » entache les préparatifs sans que l’instance n’ait exigé « la moindre amélioration des conditions de travail », selon Amnesty. L’ONG a néanmoins salué les réformes sociales décidées par le Qatar depuis 2018 et l’amélioration des conditions sur les chantiers officiels de la Coupe du monde initiée en 2014. Mais selon l’ONG, ces règles ne sont pas toujours respectées et les abus persistent.

Dans un commentaire envoyé à l’Agence France-Presse, la Fifa a dit « procéder actuellement à l’évaluation de la proposition d’Amnesty » et d’autres ONG, affirmant qu’elle « implique un large éventail d’infrastructures publiques construites (au Qatar) depuis 2010 qui ne sont pas nécessairement liées à la Coupe du monde ». Critiqué depuis qu’il s’est vu attribuer le premier Mondial de football dans un pays arabe, le Qatar a mené d’importantes réformes, abolissant le système de parrainage faisant des salariés des quasi propriétés de leur employeur et instaurant un salaire minimum horaire. Le pays rejette fermement les bilans des morts sur les chantiers avancés par des médias internationaux.

Par Le Point avec AFP

Annonce officielle du décès d’un ouvrier sur un chantier du Mondial

octobre 23, 2016

Les organisateurs du Mondial 2022 au Qatar ont pour la première fois annoncé dimanche la mort d’un ouvrier sur le chantier d’un stade suite à un accident du travail. Le pays est critiqué pour les conditions des travailleurs employés sur ces chantiers.

« C’est avec grand regret que nous annonçons un décès lié au travail sur l’un de nos chantiers », a indiqué dans un communiqué le comité chargé d’organiser le Mondial.

L’accident s’est produit samedi matin sur le chantier du stade Al-Wakra. L’ouvrier n’a pas été identifié, pas plus que sa nationalité précisée. « Une enquête est en cours pour déterminer les facteurs qui ont contribué à la mort de l’un de nos travailleurs », a assuré le comité.

Des organisations affirment que quelque 1200 travailleurs sont déjà morts et que ce nombre peut atteindre les 4000 d’ici 2022, ce que le pays nie catégoriquement.

Le Qatar accueille quelque 1,6 million de travailleurs étrangers, et ceux qui sont employés sur les chantiers du Mondial devraient atteindre les 36’000 en 2018.

Romandie.com avec(ats / 23.10.2016 14h32)

Mondial 2022 : la Ligue arabe dénonce une « campagne haineuse » contre le Qatar

juin 21, 2015

Rénovation du stade Khalifa à Doha en prévision du Mondial de foot 2022, le 13 novembre 2014. © AFP

Rénovation du stade Khalifa à Doha en prévision du Mondial de foot 2022, le 13 novembre 2014. © AFP

La Ligue arabe a dénoncé dimanche une « campagne haineuse » contre le Qatar, qui doit accueillir le Mondial-2022 de football, alors qu’un scandale de corruption à l’échelle planétaire éclabousse la Fifa et les conditions d’attribution de la compétition sportive.

L’organisation pan-arabe basée au Caire a réaffirmé dans un communiqué son « soutien » au Qatar, qui doit devenir « le premier pays arabe à organiser un tel évènement mondial », et qui a récemment bénéficié d’un soutien similaire de la part du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

Le secrétariat général de la Ligue a ainsi dénoncé une « campagne haineuse (…) qui tente de remettre en question le droit du Qatar à accueillir le Mondial-2022 de football ».

Le scandale de corruption qui agite actuellement la Fifa a remis sur la table les accusations de corruption qui ont accompagné l’attribution du Mondial-2022 au Qatar.

La justice américaine affirme que 14 responsables, anciens ou actuels, de la Fifa ou de sociétés de marketing sportifs liées à l’organisme suprême du football mondial, ont été mêlés à des affaires de corruption, pour un montant total de 150 millions de dollars au cours des 20 dernières années.

Dans un communiqué publié jeudi à Jeddah, l’Organisation de la coopération islamique s’était « inquiétée » des « campagnes tendancieuses des médias occidentaux ciblant » le Qatar et a réaffirmé son « soutien total » au « droit » de l’émirat d’organiser le Mondial-2022 de football.

Déjà, le 11 juin, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avaient exprimé leur « solidarité » avec le Qatar et dénoncé une « campagne haineuse » contre ce petit émirat gazier.

Jeuneafrique.com