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Mort à Paris du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque émérite de Kinshasa

juillet 11, 2021

Il avait été l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC (ex-Zaïre) : ceux du dictateur Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), de Joseph Kabila (2001-2019) puis de Félix Tshisekedi.

Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, Laurent Monsengwo Pasinya – ici le 21 septembre 2016 – avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018.
Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, Laurent Monsengwo Pasinya – ici le 21 septembre 2016 – avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. EDUARDO SOTERAS / AFP

C’est une figure importante de la République démocratique du Congo (RDC) qui s’en va. L’influent archevêque émérite de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, est mort, dimanche 11 juillet, à Paris à l’âge de 81 ans, six jours après son évacuation dans un « état critique ». Les causes de sa mort n’ont pas été révélées.

« Vaillant soldat du Christ, repose en paix. En attendant les dispositions officielles de la chancellerie de Kinshasa, nous prions pour l’âme de notre archevêque émérite de Kinshasa », a écrit sur Twitter l’abbé Jean-Marie Konde, chargé de la communication de l’archidiocèse de Kinshasa.

Sur place, vers 16 h 15, des cloches de la cathédrale Notre-Dame du Congo ont retenti. Un sacristain est venu installer l’effigie du prélat défunt à l’autel alors que des femmes, en pleurs, ont commencé à affluer dans l’enceinte de l’église.

Un rôle majeur pour l’ouverture démocratique de la RDC

Avec la conférence épiscopale et sous l’influence de Laurent Monsengwo, l’Eglise catholique a joué un rôle majeur pour l’ouverture démocratique pendant les dernières années de la dictature du président Mobutu Sese Seko (1965-1997). Mgr Monsengwo avait été l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC (ex-Zaïre) : ceux du dictateur Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), de Joseph Kabila (2001-2019) puis de Félix Tshisekedi.

Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, cette grande figure de l’Eglise catholique africaine avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. L’Eglise catholique en RDC, seule institution réellement présente sur l’ensemble du territoire et dont se revendiquent environ 40 % de la population, jouit d’une audience sur les questions politiques et sociales qui dépasse largement le cercle de ses fidèles.

Par Le Monde avec AFP

RDC : Tshisekedi veut « enlever la peur » des Congolais face à Kabila

novembre 11, 2011

Le candidat à l’élection présidentielle en RDC Étienne Tshisekedi est arrivé jeudi 10 novembre sur le sol congolais. D’où il a pu s’expliquer sur ses propos diffusés dimanche dernier appelant à « casser les portes des prisons », lesquels ont suscité une réprobation internationale.

Étienne Tshisekedi dit qu’il n’a pas appelé à la violence. Il voulait simplement, dit-il, « enlever la peur de la population vis-à-vis de la dictature ». C’est ce qu’il affirmé en atterrissant sur le sol congolais, dans la ville de Kisangani jeudi 10 novembre, en revenant sur des paroles qui avaient suscité une vive polémique dimanche dernier.

Alors que la campagne électorale a démarré le 28 octobre, un mois avant les élections présidentielle et législatives, l’opposant au chef de l’État Joseph Kabila, candidat à sa succession, avait appelé ses partisans à « casser les portes des prisons » si des militants de son parti n’étaient pas libérés dans les « 48 heures ». Des propos condamnés par la Belgique, l’Union européenne, la France et l’ONU.

« Toute dictature est basée sur la peur. Demain avec l’État de droit, le Congolais doit abandonner la peur et avoir confiance en lui-même. Ma manière d’éduquer le peuple congolais c’est de lui enlever la peur dans (sa) tête en se mobilisant pour aller terroriser ceux qui nous ont longtemps terrorisés aussi, pour que demain il [le peuple] soit un véritable sujet de développement. Ce n’était pas un appel à la violence », s’est-il justifié.

Après une tournée en Europe et aux États-Unis, Étienne Tshisekedi avait séjourné quelques jours en Afrique du Sud, pays depuis lequel il avait donné une interview par téléphone à une télévision d’opposition congolaise, RLTV. Suite à cela, le signal de la chaîne a été suspendu par l’autorité de régulation des médias jusqu’au 14 novembre.

Entre « celui qui fait arbitrairement arrêter et tuer les Congolais et moi qui dit au peuple prenez votre responsabilité d’aller libérer (ces) compatriotes qui sont en prison (…), qui viole la Constitution ? », a demandé Étienne Tshisekedi. Le chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’était également déclaré, lors de cette même interview, « président de la République ». « Le souverain dans ce pays c’est le peuple congolais, qui m’a proclamé (président) depuis longtemps, ce n’est pas l’auto-nomination, à moins que vous me prouviez le contraire », a-t-il expliqué.

« On casse et on brûle »

Étienne Tshisekedi devrait tenir un meeting dans la capitale au stade des martyrs ce vendredi 11 novembre 2011. Une date symbolique, puisque le candidat est le dernier, dans l’ordre alphabétique, des 11 prétendants à la magistrature suprême, et s’est donc vu attribué le numéro 11 par la Commission électorale. Ce meeting interviendra dans un contexte tendu, plusieurs personnes ayant été blessées dans des affrontements depuis le début de la campagne, à Kinshasa, à Mbuji-Mayi (centre) et à Lubumbashi (sud-est).

Des violences condamnées par l’archevêque de Kinshasa, Monsengwo Pasinya, qui a appelé jeudi à des « élections apaisées ».

« On se provoque, on s’arme de machettes, parfois de fusils, on casse et on brûle, comme si l’on était en présence d’ennemis rangés en ordre de bataille ou bien que la fin des élections était de détruire le pays plutôt que le bâtir », a fustigé l’ecclésiastique. « Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population ? Comment élire des gouvernants qui ne nous donnent pas de garantie de paix, de justice, de vérité et d’amour du peuple ? », a-t-il interrogé, avant d’appeler les candidats à « rassurer » le peuple.

Jeuneafrique.com avec AFP