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Le Monténégro riposte à Trump: le pays « contribue à la paix »

juillet 19, 2018

Le président du Monténégro Milo Djukanovic à un sommet de l’Otan le 12 juillet 2018 à Bruxelles / © POOL/AFP / Tatyana ZENKOVICH

« Petit pays » peuplé de gens « très agressifs »? Susceptible même de provoquer un conflit mondial? Le Monténégro a riposté jeudi à Donald Trump en vantant sa contribution à « la stabilité et la paix ».

Pays touristique des Balkans en bord d’Adriatique, le Monténégro a rejoint l’Otan au printemps 2017 au grand dam de Moscou, malgré l’hostilité d’une grande partie de ses plus de 600.000 habitants, majoritairement slaves et orthodoxes.

Après un long silence, Podgorica a répondu à la description qu’a fait Donald Trump d’un pays belliqueux pour lequel il ne voit « pas pourquoi il enverrait ses enfants se faire tuer » en vertu des accords de l’Otan.

Doté d’une armée de moins de 2.000 hommes, le Monténégro contribue « à la paix et à la stabilité, non seulement sur le continent européen mais dans le monde entier », notamment « aux côtés des soldats américains en Afghanistan », a rétorqué le gouvernement dans un communiqué publié également en anglais.

Le Monténégro est « un État stabilisateur dans la région », relève le gouvernement, « le seul qui n’a pas été le théâtre de combats pendant la désintégration de l’ex-Yougoslavie ».

– L’amitié ‘forte’ avec les Etats-Unis –

Alors membres de l’armée yougoslave, ses soldats ont toutefois participé aux côtés des Serbes à la guerre d’indépendance de Croatie (1991-95), notamment au siège sanglant de Dubrovnik. Mais à l’instar de la Macédoine (1991), sa propre déclaration d’indépendance de la Serbie en 2006, n’a pas entraîné de guerre.

Au cours de ces conflits dans l’ex-Yougoslavie (quelque 130.000 morts), le pays a « accueilli et protégé 120.000 personnes », a encore relevé Podgorica.

Petit ou grand, « ce qui compte, c’est le niveau auquel vous placez les valeurs de liberté, de solidarité et de démocratie », insiste le Monténégro. Au nom de ces principes, « l’amitié et l’alliance entre le Monténégro et les Etats-Unis sont fortes et inaliénables », conclut le gouvernement monténégrin.

Selon les analystes locaux, les services de renseignement monténégrins entretiennent des liens étroits avec leurs homologues occidentaux.

Cette décision de s’arrimer à l’Occident appartient à Milo Djukanovic, patron du Monténégro quasiment sans interruption depuis 1991. Mi-avril, il a été élu président dès le premier tour, victoire qu’il a commentée comme un plébiscite à son choix atlantiste et pro-UE.

Ce triomphe a confirmé les difficultés de l’opposition prorusse dont plusieurs responsables sont soupçonnés d’être impliqués dans ce que les autorités présentent comme un projet de coup d’Etat déjoué à l’automne 2016.

– ‘La bonne blague’ de Trump –

Dans la capitale Podgorica, les déclarations de Trump ont souvent été accueillies par l’ironie.

« Nous sommes tellement agressifs et forts que nous n’avons pas réussi à changer de pouvoir en 30 ans et encore moins à provoquer un conflit global », dit Sreten Markovic, retraité de 67 ans. « Lorsque j’ai lu la déclaration de Trump sur nous, j’ai pensé que je rêvais encore. Lorsque je me suis bien réveillé cela m’a semblé une bonne blague », renchérit Darko Mandic, vendeur de jouets de 33 ans.

Même les prorusses ne sont guère virulents, un de leurs principaux dirigeants, Andrija Mandic, saluant le « message clair » de Donald Trump, « homme le mieux informé de la planète »: « il ne voit pas pourquoi il enverrait ses enfants (se) faire tuer » pour le Monténégro.

« Je veux croire que M. Trump a mal exprimé ses opinions (…) Je ne veux pas croire que le Monténégro ait été un thème à Helsinki », en Finlande, lors du sommet entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine, dit à l’AFP Ranko Krivokapic, opposant à Milo Djukanovic mais pro-occidental.

« Si Trump pense qu’il ne faut pas défendre le Monténégro, envoie-t-il un message pour que quelqu’un tente quelque chose? », s’inquiète Stevo Vasiljevic, professeur de 46 ans.

L’analyse politique Sergej Sekulovic juge « possible un regain de tension politique » mais « fondamentalement, les conditions pour une déstabilisation ne sont pas là ». Le Monténégro « est stable et rien ne laisse penser que cela pourrait changer », renchérit Ranko Krivokapic.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juillet 2018 15h38)

Polémique après des propos de Trump sur le Monténégro, « petit pays très agressif »

juillet 18, 2018

Washington – Donald Trump faisait face mercredi à une nouvelle polémique pour avoir qualifié le Monténégro de « tout petit pays », dont les habitants sont « très agressifs », et pour avoir semblé remettre en cause le principe de défense mutuelle au sein de l’Otan.

« Si, par exemple, le Monténégro est attaqué, pourquoi mon fils devrait-il aller au Monténégro pour les défendre? », lui a demandé un journaliste de la chaîne américaine Fox News, dans un entretien diffusé mardi soir.

« Je comprends ce que vous dites, j’ai posé la même question », a répondu le président des Etats-Unis. « Le Monténégro est un tout petit pays avec des gens très forts, très agressifs », a-t-il ajouté, allant jusqu’à laisser entendre que cette agressivité pourrait déclencher « la Troisième Guerre mondiale » si les autres membres de l’Alliance atlantique devaient venir prendre sa défense.

Invité à réagir mercredi soir devant le Parlement, à Podgorica, le Premier ministre monténégrin Dusko Markovic a estimé que les déclarations de M. Trump n’intervenaient « pas dans le contexte de justification de l’existence de l’Otan, mais dans celui du financement de l’Otan ».

« Il a répondu à la question et dit que les Monténégrins étaient courageux et qu’il ne voulait pas que des citoyens américains combattent et soient tués pour d’autres membres de l’Otan », a ajouté M. Markovic.

Les propos de M. Trump ont alimenté le tollé suscité jusque dans son propre camp républicain par sa conférence de presse de lundi à Helsinki avec Vladimir Poutine, au cours de laquelle il a été accusé de s’être totalement aligné sur son homologue russe.

« En attaquant le Monténégro et en mettant en doute nos obligations au sein de l’Otan, le président fait exactement le jeu de Poutine », a déploré sur Twitter le sénateur républicain John McCain. « Le peuple du Monténégro a courageusement résisté à la pression de la Russie de Poutine pour adhérer à la démocratie » et « le Sénat a voté à 97 contre 2 en soutien à son entrée dans l’Otan », a rappelé cet élu respecté, après avoir déjà vivement critiqué l’attitude de Donald Trump à Helsinki.

Les relations de Washington avec les alliés de l’Otan viennent d’être mises à rude épreuve lors d’un sommet extrêmement tendu à Bruxelles. Et le président américain est régulièrement soupçonné de vouloir remettre en cause l’article 5 de la charte de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), sa pierre angulaire, qui stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous.

Cet article n’a été invoqué qu’une fois: après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

« Trump laisse à nouveau planer le doute sur le fait que les Etats-Unis, sous sa présidence, viendraient au secours de nos alliés. Un autre cadeau à Poutine », a commenté sur Twitter l’ex-diplomate Nicholas Burns, qui était ambassadeur américain à l’Otan lors du 11-Septembre.

« J’aime dire que Trump est prévisible, mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse présenter le Monténégro comme une menace majeure pour la paix dans le monde », a ironisé pour sa part l’expert Thomas Wright, du think tank Brookings.

La porte-parole du département d’Etat américain Heather Nauert n’a pas souhaité commenter directement les propos de Donald Trump, mais elle a rappelé que le président avait « réitéré la semaine dernière notre engagement à toute épreuve en faveur de la défense collective au sein de l’Otan ».

La déclaration publiée à l’issue du sommet de Bruxelles « affirme clairement que toute attaque contre un allié serait considérée comme une attaque contre tous », a-t-elle insisté.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juillet 2018 23h39)                                                        

Attaque à la grenade contre l’ambassade des États-Unis au Monténégro

février 22, 2018

Un policier garde l’entrée de l’ambassade des Etats-Unis à Podgorica, au Monténégro, le 22 février 2018 / © AFP / SAVO PRELEVIC

Un Monténégrin de 43 ans s’est fait exploser dans la nuit de jeudi à vendredi devant l’ambassade des Etats-Unis à Podgorica après avoir jeté une grenade à l’intérieur de l’enceinte du bâtiment.

« A l’heure actuelle, nous n’avons pas trouvé d’éléments nous permettant de parler de terrorisme », a commenté la procureure Lepa Medenica, sans plus de précisions sur le mobile de cet homme.

Petit pays balkanique de 660.000 habitants, le Monténégro a rejoint l’Otan au printemps, malgré l’opposition d’une grande partie de sa population, majoritairement orthodoxe. Selon des chiffres récents, 23 de ses ressortissants ont par ailleurs rejoint les rangs jihadistes en Syrie et en Irak.

L’auteur de l’attaque n’a a priori pas le profil d’un militant islamiste. Inconnu de la justice, il n’a été identifié par les enquêteurs que par ses initiales, D.J. Il est né en Serbie.

– Réseaux sociaux –

Les enquêteurs, « en coopération avec le FBI, examinent les activités sur les réseaux sociaux » de l’assaillant afin de déterminer « ses motivations et s’il a agi seul ou avec des complices », a précisé un haut responsable du ministère de l’Intérieur, Enis Bakovi?.

Le principal quotidien du pays, Vijesti, a diffusé des éléments de sa page Facebook, notamment la photo d’un diplôme, signé de l’ancien président de la Serbie Slobodan Milosevic : celui-ci fait état d’une décoration que cet homme avait obtenue pour son engagement au sein de l’armée yougoslave en 1999, année des frappes de l’Otan sur la Serbie pour mettre un terme à la guerre du Kosovo.

A cette époque, le Monténégro et la Serbie étaient unis au sein de ce qui restait de la République fédérale de Yougoslavie. Le Monténégro a proclamé son indépendance en 2006 et suit depuis résolument une politique pro-occidentale.

« L’assaillant a jeté une grenade de type M-75 dans la cour de l’ambassade et s’est fait exploser avec un engin du même type », a déclaré Mme Medenica. A l’exception d’un petit cratère dans une cour de l’ambassade, l’explosion n’a pas fait d’autres dégâts.

« J’ai entendu deux explosions, l’une après l’autre. La police est arrivée très vite et a emporté le corps d’un homme », a raconté à l’AFP sous couvert d’anonymat le gardien de nuit d’un centre sportif proche de l’ambassade.

Très sécurisé, le bâtiment est en proche périphérie de Podgorica, près du bâtiment de la police secrète et de la rivière Moraca. Un témoin a raconté que l’homme était arrivé à pied par un pont.

L’ambassade des Etats-Unis à Podgorica a quant à elle confirmé « une petite explosion près de l’ambassade ».

La mission diplomatique américaine, qui restera fermée jeudi, a demandé aux ressortissants américains d' »éviter jusqu’à nouvel ordre l’ambassade à Podgorica », tout en précisant que l’ensemble de son personnel était indemne.

– Opposition à l’Otan –

L’annonce de l’adhésion à l’Otan du Monténégro avait entraîné de violentes manifestations en 2015.

En octobre 2016, les autorités monténégrines avaient dit avoir empêché un putsch préparé par un groupe de militants prorusses, dont une majorité de Serbes, qui auraient projeté de renverser le gouvernement le soir des législatives.

Selon le parquet, les putschistes avaient prévu d’envahir le Parlement pour y proclamer leur victoire. Le but aurait été de faire pièce à l’intégration à l’Otan.

Pendant l’enquête, les autorités ont également évoqué un projet d’assassinat du Premier ministre de l’époque, Milo Djukanovic.

Quinze personnes sont jugées pour cette tentative, parmi lesquelles deux Russes et deux Serbes qui sont en fuite.

L’opposition prorusse avait dénoncé un « procès politique monté de toutes pièces » par le pouvoir.

A la suite de cette attaque, les autorités ont renforcé la sécurité autour de l’ensemble des représentations diplomatiques du Monténégro.

Dans la région des Balkans, l’ambassade des Etats-Unis à Sarajevo avait été visée en octobre 2011 par une attaque, cette fois de nature islamiste. Mevlid Jasarevic avait tiré à l’arme automatique sur le bâtiment pendant près d’une heure. Il avait blessé un policier, avant d’être lui-même blessé par un tireur d’élite et arrêté. Il a été condamné à 15 ans de prison.

Romandie.com avec(©AFP / 22 février 2018 16h40)