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Canada-Québec: La situation est «très critique» dans 10 hôpitaux, avertit le ministre Dubé

décembre 18, 2020

MONTRÉAL — Tandis que le Québec recense environ 1800 cas par jour, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, avertit la population que la situation est «très critique» dans au moins dix centres hospitaliers de la province.

  

© Fournis par La Presse Canadienne

La hausse des hospitalisations exerce une si forte pression sur le réseau et sur le personnel de la santé que le système ne peut se permettre une flambée de cas en revenant des Fêtes.   

Le ministre a indiqué qu’il y avait 2164 lits réservés pour les patients qui sont atteints de la COVID-19, ce qui inclut les lits d’unités de soins intensifs, et qu’actuellement environ 1000 d’entre eux sont occupés.   Christian Dubé a imploré la population de ne pas tenter de contourner les règles.   

«Si les Québécois ne respectent pas les règles pendant les fêtes, malheureusement, nous frapperons un mur en janvier», a-t-il indiqué.   

Le ministre Dubé a expliqué que l’augmentation des hospitalisations entraîne du délestage d’interventions importantes comme des chirurgies et il a énuméré une liste de dix centres hospitaliers qui sont actuellement dans une situation «très critique».   

Il s’agit de l’Hôpital Chicoutimi, du CHUQ à Québec, de l’Hôpital de Trois-Rivières, de l’Hôpital Pierre-Boucher, de l’Hôpital Anna-Laberge, de l’Hôpital du Lakeshore, de l’Hôpital de Verdun, de l’Hôpital de Hull, de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.   M. Dubé a expliqué que des lits avaient été installés dans des sites non traditionnels pour accueillir des patients atteints de la COVID-19.  

«À Québec, on a installé des lits à l’hôtel Le Concorde», a-t-il indiqué. 

Christian Dubé a imploré la population de se présenter à l’urgence ou en clinique seulement «si c’est vraiment nécessaire», et il a invité les personnes malades à communiquer avec leur médecin de famille ou encore à composer le 1 877 644-4545.  

Dénoncer les partys de Noël   

Le ministre de la Santé a indiqué qu’il avait «entendu dire que les commandes d’alcool à la SAQ sont très fortes» et que «ce n’est pas un bon signe».   

Christian Dubé avait un message à transmettre à ceux qui comptent contourner les règles: «Pensez donc aux personnes qui pourraient voir leur chirurgie reportée parce que certains n’ont pas respecté les mesures du temps des fêtes.»  

Questionné à savoir s’il encourageait les Québécois à dénoncer les récalcitrants qui comptent organiser des rassemblements pendant la période des fêtes, le ministre a déclaré: «Ne soyez pas gêné de les dénoncer.»   

Pas de changement dans le déroulement de la vaccination  

Pour la première phase de la campagne de vaccination contre la COVID-19, les aînés et le personnel de CHSLD sont vaccinés en priorité et Québec n’a pas l’intention de modifier l’ordre même si des voix se font entendre pour que les travailleurs de la santé des hôpitaux fassent partie du premier groupe. 

«Pour le moment, avec les prochains vaccins qui sont prévus lundi prochain, nous allons continuer à « focusser » sur le personnel dans les CHSLD et les patients», a précisé le ministre Dubé.  

La campagne de vaccination a été entamée cette semaine dans le Centre d’hébergement Saint-Antoine, à Québec, et au Centre hospitalier gériatrique Maimonides, à Montréal.  

Mais à partir de lundi, la province comptera 21 sites de vaccination. Ils seront répartis dans 14 régions sociosanitaires à travers le Québec. Environ la moitié sont des CHSLD.   

Québec a signalé vendredi 1773 nouveaux cas de COVID-19 et 36 autres décès des suites du virus.   

Le bilan provincial s’élève maintenant à 172 801 infections, dont 7671 se sont avérées mortelles depuis le début de la pandémie.

avec Stéphane Blais, La Presse Canadienne

Canada-Québec: Hausse importante des cas de COVID-19 à Montréal

décembre 17, 2020

La COVID-19 progresse rapidement dans le Grand Montréal et elle s’infiltre dans beaucoup d’hôpitaux de la région. Pas moins d’une trentaine d’éclosions sont en cours dans les centres hospitaliers montréalais. Un problème supplémentaire dans un réseau sous pression et en manque d’effectifs.

La région de Montréal a recensé plus de 4000 nouveaux cas au cours de la dernière semaine.

© Jacques Nadeau Le Devoir La région de Montréal a recensé plus de 4000 nouveaux cas au cours de la dernière semaine.

« La plupart des hôpitaux à Montréal ont des éclosions en ce moment, dit le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec. La transmission communautaire fait excessivement mal. »

À l’hôpital de Verdun, c’est le branle-bas de combat. Quatre unités de soins sont touchées par des éclosions. Selon le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, 33 patients, 16 employés et 3 stagiaires ont jusqu’à présent reçu un diagnostic positif. Pour limiter la propagation, l’hôpital de Verdun mène une opération de dépistage massif auprès des employés et des patients.

Les services s’en ressentent. « On a dû annuler plusieurs chirurgies, plusieurs chirurgies d’un jour », a précisé la présidente-directrice générale du CIUSSS, Sonia Bélanger, lors d’un point de presse avec la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, ainsi que la mairesse Valérie Plante.

Des ambulances ont été détournées mardi vers d’autres hôpitaux. Le taux d’occupation à l’urgence demeure élevé. « Les patients ne peuvent pas monter aux étages, explique le Dr Ivan Pavlov, chef adjoint aux urgences de l’hôpital de Verdun. Ça crée une espèce d’engorgement. »

La population est d’ailleurs invitée à se rendre dans des cliniques plutôt qu’à l’urgence pour des problèmes de santé mineurs. « Le milieu hospitalier est très fragile au niveau des ressources, dit le directeur général adjoint du CIUSSS, Pierre-Paul Milette. On veut s’assurer de bien traiter la clientèle. »

Du « jamais vu »

La région de Montréal a recensé plus de 4000 nouveaux cas au cours de la dernière semaine. Elle a atteint un sommet vendredi, avec 748 infections enregistrées en une seule journée.Du « jamais vu » depuis le début de la pandémie, a souligné en point de presse la Dre Mylène Drouin. « La hausse [des cas] ne semble pas vouloir ralentir », a-t-elle dit.

Et cela se répercute dans les hôpitaux. Selon Sonia Bélanger, 384 patients sont hospitalisés à Montréal, soit une centaine de plus que la semaine dernière. Or, le nombre de travailleurs de la santé atteints de la COVID-19 augmente aussi. Dans la métropole, 429 employés du réseau sont infectés. « 500 [employés] de plus sont en attente d’un résultat de dépistage », a précisé Sonia Bélanger.

À l’hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, l’ensemble des employés, des médecins et des patients sont d’ailleurs appelés à se faire dépister cette semaine. L’établissement est aux prises avec deux éclosions, selon le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. À l’hôpital Jean-Talon, une autre éclosion « touchant deux personnes ou plus » est en cours, mais demeure sous contrôle, indique-t-on.

Le Centre universitaire de santé McGill rapporte pour sa part deux éclosions dans ses murs. Au Centre hospitalier universitaire de Montréal, « moins de cinq patients » ont contracté la COVID-19 dans une unité, indique la direction. L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale dénombrent une éclosion chacun, selon le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

L’Hôpital général de Lakeshore, quant à lui, lutte contre six éclosions, soit trois de plus que la semaine dernière, selon le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

« Le personnel est fatigué »

Pourquoi tant d’éclosions en milieu hospitalier ? Le Dr Hoang Duong avance une hypothèse. « Le personnel [hospitalier] est fatigué, dit-il. Quand on est fatigué, on prend moins de précautions. »

Des employés du réseau sont aussi contaminés par leurs enfants qui fréquentent l’école, rappelle le DGilbert Boucher. « Il y a des visiteurs qui ne disent pas toujours la vérité et qui infectent les patients, dit le médecin. Une fois que c’est rentré [dans l’hôpital], c’est extrêmement contagieux. Le temps qu’on s’en rende compte, c’est rarement en bas de 10 personnes qui sont infectées. »

Le Dr Gilbert Boucher estime que les hôpitaux devraient faire davantage de dépistage auprès des employés. « On teste les travailleurs de la santé aux 48 et 72 heures, mais toujours après les faits [après le début de l’éclosion] », dit-il.

Des tests de salive pourraient être effectués régulièrement de façon préventive, estime-t-il. Une méthode moins désagréable et plus « acceptable » pour les soignants que les prélèvements dans le nez avec les écouvillons.

Avec Le Devoir par Marie-Eve Cousineau

Canada-Québec/Des vaccins au CHSLD Saint-Antoine dès lundi : « Nous sommes choyés »

décembre 8, 2020

Des résidents et employés du Centre d’hébergement Saint-Antoine, à Québec, seront vaccinés dès le début de la semaine prochaine contre la COVID-19. Ce projet pilote jettera les bases d’une campagne de vaccination sans précédent déployée aux quatre coins du Québec au cours des prochaines semaines.

Le Centre d'hébergement Saint-Antoine, à Québec.

© Hadi Hassin/Radio-Canada Le Centre d’hébergement Saint-Antoine, à Québec.

Les 4000 premières doses du vaccin acheminées par l’entreprise Pfizer vont permettre de vacciner 2000 personnes. Les doses seront d’abord distribuées à Québec et à Montréal dans le cadre d’un projet pilote.

L’autre CHSLD ciblé par la santé publique est le Centre hospitalier gériatrique Maimonides, dans l’ouest de l’île de Montréal.

Ces deux CHSLD auraient été choisis en fonction de la disponibilité des considérants logistiques pour accueillir et stocker le vaccin à ultra-basse température (congélateur, espace sécuritaire, etc.) ainsi que de la volonté de Pfizer d’effectuer le projet pilote dans les grands centres urbains.

Les employés ont hâte

Rencontrés mardi matin, des employés du CHLSD Saint-Antoine sont heureux de faire partie intégrante du projet pilote.

«Le vaccin peut nous aider à ne pas donner cela à nos résidents. Ça va les soulager. Quand on entend parler les familles, elles sont en faveur du vaccin pour leurs parents», assure Sabin Côté, infirmier.

Le plan du CIUSSS la Capitale-Nationale

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale se prépare pour sa part à mettre son plan à exécution afin que la toute première séance de vaccination dans la région de Québec se déroule sans anicroche.

«Nous sommes heureux de faire partie, avec Montréal, des premières villes au Québec à recevoir des doses du vaccin de Pfizer. Sans entrer dans les détails pour l’instant, nous sommes à planifier avec nos équipes et celles du MSSS la distribution des premières doses dès la semaine prochaine», a réagi Mélanie Otis, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, mardi matin.

Campagne de vaccination sans précédent

Par la suite, le gouvernement Legault s’attend à pouvoir vacciner jusqu’à 28 000 personnes d’ici le 4 janvier et 650 000 personnes d’ici le 31 mars.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale est optimiste malgré le défi colossal. Des leçons ont été tirées des expériences passées, comme la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2009.

«Dans la Capitale-Nationale, nous serons prêts à procéder à la vaccination dès que les doses de vaccins nous seront acheminées. Nos équipes se préparent et planifient la logistique de cette opération d’envergure, que nous attendons tous. Vous savez, il s’agit de vaccins différents, mais notre grande expérience avec la vaccination de la grippe nous aide grandement», souligne Mélanie Otis.

Par Radio-Canada avec Alain Rochefort et les informations de Hadi Hassin et Jérôme Labbé

La Ville de Montréal tente d’évacuer les campeurs de la rue Notre-Dame

décembre 6, 2020

La Ville de Montréal tente de convaincre les dizaines d’itinérants qui ont installé leur campement depuis l’été sur la rue Notre-Dame à l’est du centre-ville de quitter les lieux.

Campement d’itinérants sur la rue Notre-Dame à Montréal.   NOUVELLES PHOTOS RUE NOTRE DAME MONTREAL CAMPEMENT

© Jean-Claude Taliana/Radio-Canada Campement d’itinérants sur la rue Notre-Dame à Montréal. NOUVELLES PHOTOS RUE NOTRE DAME MONTREAL CAMPEMENT

Munis de l’avis d’éviction, des représentants de la Ville, appuyés par des membres du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) et des agents du Service de police de Montréal (SPVM), qui sont déjà en relation d’aide avec les campeurs, se sont déplacés dimanche matin.

Des agents du SPVM se tiennent prêts avant le début de l’opération.

© Mathieu Wagner/Radio-Canada Des agents du SPVM se tiennent prêts avant le début de l’opération.

Plusieurs véhicules du SPVM ont d’ailleurs pris position non loin du site depuis quelques heures.

Les autorités disent vouloir prendre le temps nécessaire pour convaincre les campeurs de se diriger vers les refuges appropriés.

Elles semblent avoir opté pour une approche «douce», mais intransigeante, notamment après l’incendie qui s’est déclaré samedi dans une des tentes.

S’il l’on ne déplore aucun blessé, cela a sonné l’alerte. On compte faire preuve de plus de fermeté pour assurer la sécurité de ces itinérants.

L’opération pourrait prendre plusieurs heures.

CBC/Radio-Canada

Canada: Quitter Montréal pour venir s’installer en Mauricie

octobre 4, 2020

Avec le télétravail et le confinement, plusieurs Montréalais quittent la métropole pour les régions et Trois-Rivières ne fait pas exception.

Patrick Noita et sa conjointe Aurélia Di Meo ont habité quatre ans à Montréal avant de s'installer en Mauricie.

© /Radio-Canada Patrick Noita et sa conjointe Aurélia Di Meo ont habité quatre ans à Montréal avant de s’installer en Mauricie.

Après quatre années à Montréal, Patrick Noita et sa conjointe Aurélia Di Meo ont eu besoin de changement et ont fait le choix de s’installer dans la région.

Près de la nature, ils ont trouvé un appartement pour tester la vie en région. Puis la pandémie est venue consolider leur choix.

«On a un grand espace autour de nous, on a une belle vue, on une grande terrasse. Donc on a pu profiter tout l’été, même si on était confinés, de l’espace qu’on avait autour de nous. Ça, c’est vraiment vraiment très appréciable. C’est vrai que c’est là où on mesure la différence en fait», se réjouit Aurélia Di Meo.

Aurélia Di Meo et son conjoint Patrick Noita sur le terrain de leur nouvelle résidence en Mauricie.

© /Radio-Canada Aurélia Di Meo et son conjoint Patrick Noita sur le terrain de leur nouvelle résidence en Mauricie.

Selon l’entreprise immobilière duProprio, les résidences se vendent en moyenne 11 jours plus rapidement qu’à la même période l’année dernière. Elle observe aussi plus de surenchères sur les propriétés.

Des jeunes séduits par la région

Le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) de Trois-Rivières, qui accompagne les jeunes dans leur projet de s’établir en région, remarque une hausse des demandes.

«En fait, entre le mois de mars et aujourd’hui, j’ai une cinquantaine de demandes de plus qu’à l’habitude, donc pour un total de 280 quelques personnes qui veulent venir s’établir à Trois-Rivières», explique Anie Lapointe, agente au CJE.

Les effets sur le marché immobilier

Ces nouveaux résidents viennent principalement de Montréal, Québec et Sherbrooke. Conséquence du jeu de l’offre et de la demande, leur arrivée à Trois-Rivières a un effet sur le marché immobilier de la ville et exerce une pression à la hausse sur les prix.

L'entreprise duProprio constate que les résidences se vendent en moyenne 11 jours plus rapidement qu'à la même période l'année dernière.

© /Radio-Canada 
L’entreprise duProprio constate que les résidences se vendent en moyenne 11 jours plus rapidement qu’à la même période l’année dernière.

«Les ventes ont explosé après le déconfinement. Si on regarde du premier juin au 30 d’août, c’est plus de 70% de plus de transactions. Il y a aussi une diminution du nombre de jours nécessaires pour vendre les propriétés. Un délai de vente qui a diminué d’à peu près 11 jours» affirme Martin Desfossés, coach en immobilier chez duProprio.

Avec CBC/Radio-Canada d’après le reportage de Pascale Langlois.

Canada/COVID-19: Montréal se prépare à une deuxième vague

août 7, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
Montréal, qui a été l’épicentre de la première vague de la pandémie de COVID-19 au Québec et au Canada, se prépare maintenant «au pire» pour faire face à une éventuelle deuxième vague.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, ainsi que la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, faisaient le point sur la première vague de la pandémie dans la métropole, vendredi après-midi.

La docteure Drouin a souligné que 76 % des milieux pour personnes âgées avaient vécu une éclosion de COVID-19, et que 88 % des décès provenaient de ces endroits.

De plus, 22 % de tous les cas — soit 6268 — étaient des professionnels de la santé.

La docteure Drouin s’est toutefois réjouie que la transmission communautaire ait été relativement contrôlée.

Pour cette deuxième vague, Montréal a deux priorités: s’assurer d’être prêt pour le dépistage, les enquêtes et la gestion des éclosions, ainsi que protéger les milieux pour les aînés.

Pour ce faire, un centre de commandement régional a été mis en place. Un projet pilote est aussi en cours dans la métropole pour mieux effectuer les enquêtes et communiquer plus rapidement avec les patients.

Une deuxième vague pourrait arriver aussi tôt que cet automne, a signalé Horacio Arruda.

«Maintenant, on a une certaine accalmie, mais il ne faudrait pas penser que la situation est complètement disparue», a-t-il soutenu.

Avec La Presse canadienne

Canada-Montréal: La diaspora libanaise entre inquiétude et désespoir

août 6, 2020
Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
© Jacques Nadeau Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
Partagés entre l’inquiétude, la colère et le désespoir, les membres de la communauté libanaise du Québec étaient toujours sous le choc mercredi, au lendemain des explosions meurtrières qui ont frappé de plein fouet la ville de Beyrouth, faisant plus de 100 morts, des milliers de blessés et des dizaines de disparus.

« L’anxiété m’a envahi hier et depuis elle ne me quitte plus. Je n’ai pas dormi de la nuit. Ça m’a brisé le cœur, ce qui est arrivé », confie Moe Hamandi, originaire du Liban. Si le jeune homme de 30 ans s’est installé depuis une dizaine d’années à Montréal, à des milliers de kilomètres de Beyrouth, il a vécu en direct la détresse de sa famille qui vit toujours dans la capitale libanaise, non loin du port où les explosions ont eu lieu.

« Quand j’ai appelé ma mère mardi, vers 10 h, comme tous les jours depuis le début de la pandémie, j’ai à peine pu lui dire bonjour. J’ai entendu ses cris, des hurlements horribles, et la ligne a coupé. Ça m’a pris 5 minutes pour réussir à la rappeler, car le réseau était coupé. Les 5 minutes les plus longues de ma vie », raconte-t-il, la voix encore tremblante d’émotion.

Paniquée et en pleurs, sa mère lui a raconté comment leur maison est tombée en ruines en une fraction de seconde. Le plafond s’est effondré, les vitres ont volé en éclats, des meubles sont tombés, la porte a été arrachée. « Je n’avais aucune idée si c’était un attentat ou autre [chose]. Chose certaine, elle me décrivait une scène apocalyptique. »

Heureusement, sa mère s’en est sortie indemne. Quelques appels et messages plus tard, Moe Hamandi apprend que son père, sa sœur et les autres membres de sa famille sont également en vie et n’ont pas été blessés. Il a toutefois perdu un ami proche avec qui il a passé ses trois années d’université à Beyrouth.

« C’est la tragédie de trop, dit-il. L’économie libanaise n’allait déjà pas bien, ensuite la pandémie a fait perdre leur job à de nombreux Libanais. Tout ce qu’il leur restait, c’était un toit sur la tête. Les explosions viennent de le leur enlever. »

Le jeune homme craint maintenant pour les jours à venir, se demandant comment sa famille va pouvoir réparer les dégâts matériels monstres, alors que les banques ont limité la quantité d’argent que les Libanais peuvent retirer à quelques centaines de dollars par semaine. Il hésite même à prendre l’avion pour les rejoindre. « J’hésite encore, ça me trotte dans la tête. C’est mon pays qui tombe en ruines, ma famille qui a besoin d’aide. »

La comédienne québécoise d’origine libanaise Raïa Haidar envisage aussi d’aller à Beyrouth pour soutenir ses proches dans cette dure épreuve. « Aujourd’hui, tout le monde est occupé à ramasser les débris, réparer ce qu’il est possible de réparer. Je leur envoie des petits messages, mais je n’ose pas trop les déranger. Sur place, je pourrais tellement faire plus. »

Elle raconte avoir failli perdre sa mère dans le drame, son bureau se situant juste en face du port de Beyrouth. « Elle l’a quitté à peine 10 minutes avant l’explosion. C’est un miracle qu’elle soit encore en vie ». Comme de nombreux Libanais, sa maison a cependant été secouée par les explosions qui ont brisé toutes les vitres.

De son côté, Maryianne Zéhil s’affairait encore à prendre des nouvelles de ses proches mercredi, espérant ne pas apprendre de mauvaise nouvelle. « Beaucoup de gens sont portés disparus. J’angoisse à l’idée de découvrir que quelqu’un que je connais est décédé », indique la cinéaste québécoise née au Liban.

Plusieurs membres de sa famille vivant dans le quartier en face du port ont été blessés lors des explosions. La cousine de sa mère a même disparu après avoir été transférée dans un autre hôpital sans que sa famille en soit avertie. Une autre cousine a vu tout un pan de mur de sa maison s’effondrer.

Colère

« La ville est à moitié détruite, c’est horrible ! », se désole-t-elle, se remémorant l’endroit où elle a grandi et vécu sa jeunesse. « Le quartier d’Achrafieh, en face du port, est un lieu tellement plein de vie d’ordinaire. Il y a une rue avec des pubs, c’est l’endroit où aller pour faire la fête. Tout est à reconstruire. »

Elle s’attriste surtout de voir son pays essuyer tragédie après tragédie. « Si je devais écrire un film sur ce qu’il se passe, ça paraîtrait exagéré, arrangé avec le gars des vues. Les gens ne croiraient pas mon scénario. Et pourtant, c’est la triste réalité. »

Rappelons que Beyrouth a été divisée en deux par la guerre civile de 1975-1990. Elle a également fait les frais de conflits avec le pays voisin, Israël. Sans compter les nombreux bombardements et attaques terroristes qui la visaient.

Si ces explosions ne sont qu’un accident selon les autorités — les déflagrations viendraient des 2750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années dans un entrepôt portuaire —, certains doutent.

« Ce n’est pas un accident. C’est plutôt le résultat d’une crise économique et politique dû à la corruption et la mauvaise gouvernance de la classe politique depuis des années. Trop d’années ! », se révolte Roland Dick, président de l’Union libanaise culturelle de Montréal. Il a perdu un ami de longue date dans l’explosion, l’homme d’affaires Nazar Najarian, qui a vécu pendant plusieurs années à Montréal avant de retourner dans son pays d’origine.

Soutien à la communauté
En signe de soutien à l’importante diaspora libanaise du Québec — plus de 200 000 personnes — le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont mis leurs drapeaux en berne mercredi.
En soirée, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.

Québec offre de plus du soutien psychosocial pour les membres de la communauté qui en sentiraient le besoin par l’entremise du ministère de la Santé et des Services sociaux (811), a-t-on indiqué au cabinet de la ministre des Relations internationales, Nadine Girault.

La députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a demandé à Mme Girault d’octroyer une aide financière d’urgence au Liban pour venir en aide aux sinistrés. Au moment où ces lignes étaient écrites, le cabinet de Mme Girault ne pouvait confirmer si l’option était envisagée.

 

Par Le Devoir avec Mylène Crête et Annabelle Caillou

Canada-Québec: Le mouvement pour régulariser les demandeurs d’asile craint de passer à la trappe

août 1, 2020
MONTRÉAL — Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe, deux mois après que Québec et Ottawa se sont engagés à reconnaître la contribution de ces «anges gardiens».

Un «sit-in» a été organisé dans la nuit de vendredi à samedi devant le bureau de circonscription du premier ministre Justin Trudeau, à Montréal, et devait être suivi d’une manifestation en début d’après-midi, tandis que les militants comptent faire monter la pression pour que les deux ordres de gouvernement passent de la parole aux actes.

Le mois d’août sera «critique» pour leur mobilisation, selon l’organisateur de l’événement, Wilner Cayo. Le président du groupe Debout pour la dignité craint que l’arrivée de la nouvelle cohorte de préposés aux bénéficiaires fasse sombrer dans l’oubli les revendications de ceux qui ont répondu présents au plus fort de la crise de la COVID-19, même si le Québec ne leur avait pas définitivement ouvert les bras.

À la fin mai, François Legault avait annoncé avoir demandé au ministre de l’Immigration de l’époque, Simon Jolin-Barrette, de se pencher sur les dossiers de ces travailleurs du domaine de la santé et vérifier s’il serait possible de les qualifier comme immigrants plutôt que réfugiés. Quelques jours plus tard, Justin Trudeau avait pour sa part laissé savoir que son gouvernement était déjà à l’oeuvre pour récompenser les demandeurs d’asile en première ligne.

Mais ces promesses ne se sont toujours pas matérialisées.

«Les gouvernements peuvent vite changer de priorités, surtout si l’opinion publique change et les gens passent à autre chose, souligne Wilner Cayo. Nous devons intensifier nos actions, faire passer avec le plus de force possible nos messages.»

Le mouvement envisage maintenant des actions plus draconiennes, comme un débrayage ou même une grève de la faim, avance le militant, qui ne compte pas relâcher la pression avant la mise en place d’un véritable programme de régularisation.

Les manifestants réclament que la résidence permanente ne soit pas exclusivement accordée aux demandeurs d’asile venus au secours des personnes âgées dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée, mais bien à tous ceux qui occupent des emplois décrétés comme étant essentiels durant la pandémie, que ce soit dans les champs, les entrepôts ou les épiceries par exemple.

Le gouvernement de François Legault a lui-même dressé la liste des secteurs d’activités indispensables et il devrait s’y tenir, plaide le Dr Cayo.

Il invite les Québécois à «ouvrir leurs yeux et leur coeur» pour reconnaître la contribution de ces travailleurs et les accueillir pour de bon dans la province.

«Ces gens ne demandent pas la charité. Ils ne sont pas venus quémander. Ils sont venus dire:  »Au moment où vous aviez besoin de nous, nous avons répondu présents. Mais maintenant, nous avons besoin de vous. »»

Avec La Presse canadienne

Canada-Québec: Manifestation à Montréal pour la régularisation des personnes migrantes

juillet 26, 2020

Mani

© Valérian Mazataud photo Le Devoir

Des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont manifesté dimanche devant les bureaux d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, dans le Vieux-Montréal.

Plus d’une centaine de personnes ont manifesté à Montréal dimanche pour réclamer la régularisation de toutes les personnes migrantes, sans aucune exception, qui se sentent complètement délaissées depuis le début de la pandémie de coronavirus.

« Statut pour tous » ; « Solidarité avec les sans-papiers » ; « Nous sommes tous essentiels », ont scandé les manifestants en début d’après-midi, rassemblés à l’appel du réseau Solidarité sans frontières, devant les bureaux d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC), dans le Vieux-Montréal.

D’une seule et même voix, des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont interpellé Québec et Ottawa pour que chacun puisse obtenir un statut au Canada, où certains vivent depuis plusieurs années déjà.

« La pandémie est venue remettre les pendules à l’heure et montrer comment nous sommes tous dans le même bateau, peu importe notre statut et notre rang social. Notre combat est le combat de tous, celui de la dignité, l’égalité, la liberté et la justice », a lancé devant la foule Samira, une membre de Solidarité sans frontières et animatrice de l’événement de dimanche.

Elle a ensuite invité ceux qui le souhaitent à prendre la parole publiquement pour « briser le silence, briser la peur ».

Adi, un demandeur d’asile, s’est avancé pour raconter son histoire, soulignant à quel point le lieu choisi pour la manifestation était symbolique puisque c’est dans les bureaux d’IRCC que l’on donne rendez-vous aux migrants qui devront être déportés.

Originaire de Mauritanie, il est arrivé de manière irrégulière au Canada par le chemin Roxham, en Montérégie, il y a plusieurs années, mais n’a toujours pas été reconnu comme réfugié. Rappelons que les demandeurs d’asile risquent l’expulsion s’ils n’arrivent pas à prouver que leur sécurité est menacée dans leur pays d’origine.

« Je vous demande d’aller sur Google pour voir c’est quoi [la Mauritanie]. C’est un des derniers foyers d’esclavage et du racisme », dénonce-t-il.

De son côté, Hamida — d’origine algérienne — a pris la parole au nom de son fils de 20 ans, venu étudier au Québec il y a quatre ans. Son permis d’étude a expiré au mois d’avril, mais le gouvernement fédéral a refusé de lui en livrer un autre pour continuer son DEC. Son fils se retrouve maintenant sans statut. « Les sans-papiers ne sont pas des envahisseurs. Ils cherchent un meilleur monde, une vie meilleure », a-t-elle lancé.

« Ici, c’est devenu chez nous, on est des citoyens du Canada dans notre cœur, mais on ne nous donne pas la chance de le devenir sur papier », a renchéri Mohamed, également demandeur d’asile. Il a raconté les difficultés qu’il a rencontrées pour obtenir un permis de travail lors de son arrivée dans le pays il y a sept ans. Il a également été confronté à la complexité du système de santé en raison de son statut de sans-papiers. « J’ai vécu un accident de travail et j’ai été négligé à l’hôpital à cause de mon statut. J’ai perdu des orteils et sept ans plus tard, je suis encore sous traitement. Heureusement, ç’a été remboursé par la CNESST puisque c’était un accident de travail, mais ça aussi, ç’a a été un cauchemar pour y avoir droit », confie-t-il.

Solidarité sans frontières avait déjà organisé une marche à Montréal le 4 juillet pour défendre cette même cause. Une autre manifestation aura lieu le 8 août prochain dans la métropole, devant le bureau du premier ministre fédéral Justin Trudeau, sur Crémazie Est. L’organisme prévoit également organiser une grande marche de Montréal vers Ottawa plus tard dans l’été.

Avec Le Devoir par Annabelle Caillou

Canada-Québec/Coronavirus: les clients de bars de Montréal appelés à se faire tester

juillet 12, 2020

 

Les autorités de la santé de la ville de Montréal ont appelé samedi les personnes ayant fréquenté les bars de la métropole québécoise depuis le début du mois à se faire dépister contre le nouveau coronavirus.

La direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal a indiqué dans un communiqué que des clients ou employés contagieux ont fréquenté au moins cinq établissements montréalais depuis le 1er juillet, malgré les précautions mises en place. Les autorités sanitaires craignent que le nombre de bars fréquentés par des personnes exposées au virus ne soit en fait plus important, d’où leur appel au dépistage.

«J’ai bien peur que ces observations ne soient que la pointe de l’iceberg», a déclaré le Dr David Kaiser chef médical du service Environnement urbain de la ville. Cette situation dans les bars intervient alors que la région de Montréal, épicentre de l’épidémie au Canada, connaît une augmentation des cas survenant chez les jeunes de moins de 39 ans ces dernières semaines, souligne la DRSP.

Les bars avaient reçu l’autorisation de rouvrir leurs portes le 25 juin à Montréal, après une longue période de fermeture obligatoire. Le non respect des consignes de distanciation dans certains établissements le week-end dernier, a toutefois amené le gouvernement du Québec à resserrer les mesures de précaution: les bars doivent désormais cesser de vendre de l’alcool après minuit et fermer à 1h du matin.

Par Le Figaro avec AFP