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Canada: Quitter Montréal pour venir s’installer en Mauricie

octobre 4, 2020

Avec le télétravail et le confinement, plusieurs Montréalais quittent la métropole pour les régions et Trois-Rivières ne fait pas exception.

Patrick Noita et sa conjointe Aurélia Di Meo ont habité quatre ans à Montréal avant de s'installer en Mauricie.

© /Radio-Canada Patrick Noita et sa conjointe Aurélia Di Meo ont habité quatre ans à Montréal avant de s’installer en Mauricie.

Après quatre années à Montréal, Patrick Noita et sa conjointe Aurélia Di Meo ont eu besoin de changement et ont fait le choix de s’installer dans la région.

Près de la nature, ils ont trouvé un appartement pour tester la vie en région. Puis la pandémie est venue consolider leur choix.

«On a un grand espace autour de nous, on a une belle vue, on une grande terrasse. Donc on a pu profiter tout l’été, même si on était confinés, de l’espace qu’on avait autour de nous. Ça, c’est vraiment vraiment très appréciable. C’est vrai que c’est là où on mesure la différence en fait», se réjouit Aurélia Di Meo.

Aurélia Di Meo et son conjoint Patrick Noita sur le terrain de leur nouvelle résidence en Mauricie.

© /Radio-Canada Aurélia Di Meo et son conjoint Patrick Noita sur le terrain de leur nouvelle résidence en Mauricie.

Selon l’entreprise immobilière duProprio, les résidences se vendent en moyenne 11 jours plus rapidement qu’à la même période l’année dernière. Elle observe aussi plus de surenchères sur les propriétés.

Des jeunes séduits par la région

Le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) de Trois-Rivières, qui accompagne les jeunes dans leur projet de s’établir en région, remarque une hausse des demandes.

«En fait, entre le mois de mars et aujourd’hui, j’ai une cinquantaine de demandes de plus qu’à l’habitude, donc pour un total de 280 quelques personnes qui veulent venir s’établir à Trois-Rivières», explique Anie Lapointe, agente au CJE.

Les effets sur le marché immobilier

Ces nouveaux résidents viennent principalement de Montréal, Québec et Sherbrooke. Conséquence du jeu de l’offre et de la demande, leur arrivée à Trois-Rivières a un effet sur le marché immobilier de la ville et exerce une pression à la hausse sur les prix.

L'entreprise duProprio constate que les résidences se vendent en moyenne 11 jours plus rapidement qu'à la même période l'année dernière.

© /Radio-Canada 
L’entreprise duProprio constate que les résidences se vendent en moyenne 11 jours plus rapidement qu’à la même période l’année dernière.

«Les ventes ont explosé après le déconfinement. Si on regarde du premier juin au 30 d’août, c’est plus de 70% de plus de transactions. Il y a aussi une diminution du nombre de jours nécessaires pour vendre les propriétés. Un délai de vente qui a diminué d’à peu près 11 jours» affirme Martin Desfossés, coach en immobilier chez duProprio.

Avec CBC/Radio-Canada d’après le reportage de Pascale Langlois.

Canada/COVID-19: Montréal se prépare à une deuxième vague

août 7, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
Montréal, qui a été l’épicentre de la première vague de la pandémie de COVID-19 au Québec et au Canada, se prépare maintenant «au pire» pour faire face à une éventuelle deuxième vague.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, ainsi que la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, faisaient le point sur la première vague de la pandémie dans la métropole, vendredi après-midi.

La docteure Drouin a souligné que 76 % des milieux pour personnes âgées avaient vécu une éclosion de COVID-19, et que 88 % des décès provenaient de ces endroits.

De plus, 22 % de tous les cas — soit 6268 — étaient des professionnels de la santé.

La docteure Drouin s’est toutefois réjouie que la transmission communautaire ait été relativement contrôlée.

Pour cette deuxième vague, Montréal a deux priorités: s’assurer d’être prêt pour le dépistage, les enquêtes et la gestion des éclosions, ainsi que protéger les milieux pour les aînés.

Pour ce faire, un centre de commandement régional a été mis en place. Un projet pilote est aussi en cours dans la métropole pour mieux effectuer les enquêtes et communiquer plus rapidement avec les patients.

Une deuxième vague pourrait arriver aussi tôt que cet automne, a signalé Horacio Arruda.

«Maintenant, on a une certaine accalmie, mais il ne faudrait pas penser que la situation est complètement disparue», a-t-il soutenu.

Avec La Presse canadienne

Canada-Montréal: La diaspora libanaise entre inquiétude et désespoir

août 6, 2020
Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
© Jacques Nadeau Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
Partagés entre l’inquiétude, la colère et le désespoir, les membres de la communauté libanaise du Québec étaient toujours sous le choc mercredi, au lendemain des explosions meurtrières qui ont frappé de plein fouet la ville de Beyrouth, faisant plus de 100 morts, des milliers de blessés et des dizaines de disparus.

« L’anxiété m’a envahi hier et depuis elle ne me quitte plus. Je n’ai pas dormi de la nuit. Ça m’a brisé le cœur, ce qui est arrivé », confie Moe Hamandi, originaire du Liban. Si le jeune homme de 30 ans s’est installé depuis une dizaine d’années à Montréal, à des milliers de kilomètres de Beyrouth, il a vécu en direct la détresse de sa famille qui vit toujours dans la capitale libanaise, non loin du port où les explosions ont eu lieu.

« Quand j’ai appelé ma mère mardi, vers 10 h, comme tous les jours depuis le début de la pandémie, j’ai à peine pu lui dire bonjour. J’ai entendu ses cris, des hurlements horribles, et la ligne a coupé. Ça m’a pris 5 minutes pour réussir à la rappeler, car le réseau était coupé. Les 5 minutes les plus longues de ma vie », raconte-t-il, la voix encore tremblante d’émotion.

Paniquée et en pleurs, sa mère lui a raconté comment leur maison est tombée en ruines en une fraction de seconde. Le plafond s’est effondré, les vitres ont volé en éclats, des meubles sont tombés, la porte a été arrachée. « Je n’avais aucune idée si c’était un attentat ou autre [chose]. Chose certaine, elle me décrivait une scène apocalyptique. »

Heureusement, sa mère s’en est sortie indemne. Quelques appels et messages plus tard, Moe Hamandi apprend que son père, sa sœur et les autres membres de sa famille sont également en vie et n’ont pas été blessés. Il a toutefois perdu un ami proche avec qui il a passé ses trois années d’université à Beyrouth.

« C’est la tragédie de trop, dit-il. L’économie libanaise n’allait déjà pas bien, ensuite la pandémie a fait perdre leur job à de nombreux Libanais. Tout ce qu’il leur restait, c’était un toit sur la tête. Les explosions viennent de le leur enlever. »

Le jeune homme craint maintenant pour les jours à venir, se demandant comment sa famille va pouvoir réparer les dégâts matériels monstres, alors que les banques ont limité la quantité d’argent que les Libanais peuvent retirer à quelques centaines de dollars par semaine. Il hésite même à prendre l’avion pour les rejoindre. « J’hésite encore, ça me trotte dans la tête. C’est mon pays qui tombe en ruines, ma famille qui a besoin d’aide. »

La comédienne québécoise d’origine libanaise Raïa Haidar envisage aussi d’aller à Beyrouth pour soutenir ses proches dans cette dure épreuve. « Aujourd’hui, tout le monde est occupé à ramasser les débris, réparer ce qu’il est possible de réparer. Je leur envoie des petits messages, mais je n’ose pas trop les déranger. Sur place, je pourrais tellement faire plus. »

Elle raconte avoir failli perdre sa mère dans le drame, son bureau se situant juste en face du port de Beyrouth. « Elle l’a quitté à peine 10 minutes avant l’explosion. C’est un miracle qu’elle soit encore en vie ». Comme de nombreux Libanais, sa maison a cependant été secouée par les explosions qui ont brisé toutes les vitres.

De son côté, Maryianne Zéhil s’affairait encore à prendre des nouvelles de ses proches mercredi, espérant ne pas apprendre de mauvaise nouvelle. « Beaucoup de gens sont portés disparus. J’angoisse à l’idée de découvrir que quelqu’un que je connais est décédé », indique la cinéaste québécoise née au Liban.

Plusieurs membres de sa famille vivant dans le quartier en face du port ont été blessés lors des explosions. La cousine de sa mère a même disparu après avoir été transférée dans un autre hôpital sans que sa famille en soit avertie. Une autre cousine a vu tout un pan de mur de sa maison s’effondrer.

Colère

« La ville est à moitié détruite, c’est horrible ! », se désole-t-elle, se remémorant l’endroit où elle a grandi et vécu sa jeunesse. « Le quartier d’Achrafieh, en face du port, est un lieu tellement plein de vie d’ordinaire. Il y a une rue avec des pubs, c’est l’endroit où aller pour faire la fête. Tout est à reconstruire. »

Elle s’attriste surtout de voir son pays essuyer tragédie après tragédie. « Si je devais écrire un film sur ce qu’il se passe, ça paraîtrait exagéré, arrangé avec le gars des vues. Les gens ne croiraient pas mon scénario. Et pourtant, c’est la triste réalité. »

Rappelons que Beyrouth a été divisée en deux par la guerre civile de 1975-1990. Elle a également fait les frais de conflits avec le pays voisin, Israël. Sans compter les nombreux bombardements et attaques terroristes qui la visaient.

Si ces explosions ne sont qu’un accident selon les autorités — les déflagrations viendraient des 2750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années dans un entrepôt portuaire —, certains doutent.

« Ce n’est pas un accident. C’est plutôt le résultat d’une crise économique et politique dû à la corruption et la mauvaise gouvernance de la classe politique depuis des années. Trop d’années ! », se révolte Roland Dick, président de l’Union libanaise culturelle de Montréal. Il a perdu un ami de longue date dans l’explosion, l’homme d’affaires Nazar Najarian, qui a vécu pendant plusieurs années à Montréal avant de retourner dans son pays d’origine.

Soutien à la communauté
En signe de soutien à l’importante diaspora libanaise du Québec — plus de 200 000 personnes — le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont mis leurs drapeaux en berne mercredi.
En soirée, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.

Québec offre de plus du soutien psychosocial pour les membres de la communauté qui en sentiraient le besoin par l’entremise du ministère de la Santé et des Services sociaux (811), a-t-on indiqué au cabinet de la ministre des Relations internationales, Nadine Girault.

La députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a demandé à Mme Girault d’octroyer une aide financière d’urgence au Liban pour venir en aide aux sinistrés. Au moment où ces lignes étaient écrites, le cabinet de Mme Girault ne pouvait confirmer si l’option était envisagée.

 

Par Le Devoir avec Mylène Crête et Annabelle Caillou

Canada-Québec: Le mouvement pour régulariser les demandeurs d’asile craint de passer à la trappe

août 1, 2020
MONTRÉAL — Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe, deux mois après que Québec et Ottawa se sont engagés à reconnaître la contribution de ces «anges gardiens».

Un «sit-in» a été organisé dans la nuit de vendredi à samedi devant le bureau de circonscription du premier ministre Justin Trudeau, à Montréal, et devait être suivi d’une manifestation en début d’après-midi, tandis que les militants comptent faire monter la pression pour que les deux ordres de gouvernement passent de la parole aux actes.

Le mois d’août sera «critique» pour leur mobilisation, selon l’organisateur de l’événement, Wilner Cayo. Le président du groupe Debout pour la dignité craint que l’arrivée de la nouvelle cohorte de préposés aux bénéficiaires fasse sombrer dans l’oubli les revendications de ceux qui ont répondu présents au plus fort de la crise de la COVID-19, même si le Québec ne leur avait pas définitivement ouvert les bras.

À la fin mai, François Legault avait annoncé avoir demandé au ministre de l’Immigration de l’époque, Simon Jolin-Barrette, de se pencher sur les dossiers de ces travailleurs du domaine de la santé et vérifier s’il serait possible de les qualifier comme immigrants plutôt que réfugiés. Quelques jours plus tard, Justin Trudeau avait pour sa part laissé savoir que son gouvernement était déjà à l’oeuvre pour récompenser les demandeurs d’asile en première ligne.

Mais ces promesses ne se sont toujours pas matérialisées.

«Les gouvernements peuvent vite changer de priorités, surtout si l’opinion publique change et les gens passent à autre chose, souligne Wilner Cayo. Nous devons intensifier nos actions, faire passer avec le plus de force possible nos messages.»

Le mouvement envisage maintenant des actions plus draconiennes, comme un débrayage ou même une grève de la faim, avance le militant, qui ne compte pas relâcher la pression avant la mise en place d’un véritable programme de régularisation.

Les manifestants réclament que la résidence permanente ne soit pas exclusivement accordée aux demandeurs d’asile venus au secours des personnes âgées dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée, mais bien à tous ceux qui occupent des emplois décrétés comme étant essentiels durant la pandémie, que ce soit dans les champs, les entrepôts ou les épiceries par exemple.

Le gouvernement de François Legault a lui-même dressé la liste des secteurs d’activités indispensables et il devrait s’y tenir, plaide le Dr Cayo.

Il invite les Québécois à «ouvrir leurs yeux et leur coeur» pour reconnaître la contribution de ces travailleurs et les accueillir pour de bon dans la province.

«Ces gens ne demandent pas la charité. Ils ne sont pas venus quémander. Ils sont venus dire:  »Au moment où vous aviez besoin de nous, nous avons répondu présents. Mais maintenant, nous avons besoin de vous. »»

Avec La Presse canadienne

Canada-Québec: Manifestation à Montréal pour la régularisation des personnes migrantes

juillet 26, 2020

Mani

© Valérian Mazataud photo Le Devoir

Des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont manifesté dimanche devant les bureaux d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, dans le Vieux-Montréal.

Plus d’une centaine de personnes ont manifesté à Montréal dimanche pour réclamer la régularisation de toutes les personnes migrantes, sans aucune exception, qui se sentent complètement délaissées depuis le début de la pandémie de coronavirus.

« Statut pour tous » ; « Solidarité avec les sans-papiers » ; « Nous sommes tous essentiels », ont scandé les manifestants en début d’après-midi, rassemblés à l’appel du réseau Solidarité sans frontières, devant les bureaux d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC), dans le Vieux-Montréal.

D’une seule et même voix, des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont interpellé Québec et Ottawa pour que chacun puisse obtenir un statut au Canada, où certains vivent depuis plusieurs années déjà.

« La pandémie est venue remettre les pendules à l’heure et montrer comment nous sommes tous dans le même bateau, peu importe notre statut et notre rang social. Notre combat est le combat de tous, celui de la dignité, l’égalité, la liberté et la justice », a lancé devant la foule Samira, une membre de Solidarité sans frontières et animatrice de l’événement de dimanche.

Elle a ensuite invité ceux qui le souhaitent à prendre la parole publiquement pour « briser le silence, briser la peur ».

Adi, un demandeur d’asile, s’est avancé pour raconter son histoire, soulignant à quel point le lieu choisi pour la manifestation était symbolique puisque c’est dans les bureaux d’IRCC que l’on donne rendez-vous aux migrants qui devront être déportés.

Originaire de Mauritanie, il est arrivé de manière irrégulière au Canada par le chemin Roxham, en Montérégie, il y a plusieurs années, mais n’a toujours pas été reconnu comme réfugié. Rappelons que les demandeurs d’asile risquent l’expulsion s’ils n’arrivent pas à prouver que leur sécurité est menacée dans leur pays d’origine.

« Je vous demande d’aller sur Google pour voir c’est quoi [la Mauritanie]. C’est un des derniers foyers d’esclavage et du racisme », dénonce-t-il.

De son côté, Hamida — d’origine algérienne — a pris la parole au nom de son fils de 20 ans, venu étudier au Québec il y a quatre ans. Son permis d’étude a expiré au mois d’avril, mais le gouvernement fédéral a refusé de lui en livrer un autre pour continuer son DEC. Son fils se retrouve maintenant sans statut. « Les sans-papiers ne sont pas des envahisseurs. Ils cherchent un meilleur monde, une vie meilleure », a-t-elle lancé.

« Ici, c’est devenu chez nous, on est des citoyens du Canada dans notre cœur, mais on ne nous donne pas la chance de le devenir sur papier », a renchéri Mohamed, également demandeur d’asile. Il a raconté les difficultés qu’il a rencontrées pour obtenir un permis de travail lors de son arrivée dans le pays il y a sept ans. Il a également été confronté à la complexité du système de santé en raison de son statut de sans-papiers. « J’ai vécu un accident de travail et j’ai été négligé à l’hôpital à cause de mon statut. J’ai perdu des orteils et sept ans plus tard, je suis encore sous traitement. Heureusement, ç’a été remboursé par la CNESST puisque c’était un accident de travail, mais ça aussi, ç’a a été un cauchemar pour y avoir droit », confie-t-il.

Solidarité sans frontières avait déjà organisé une marche à Montréal le 4 juillet pour défendre cette même cause. Une autre manifestation aura lieu le 8 août prochain dans la métropole, devant le bureau du premier ministre fédéral Justin Trudeau, sur Crémazie Est. L’organisme prévoit également organiser une grande marche de Montréal vers Ottawa plus tard dans l’été.

Avec Le Devoir par Annabelle Caillou

Canada-Québec/Coronavirus: les clients de bars de Montréal appelés à se faire tester

juillet 12, 2020

 

Les autorités de la santé de la ville de Montréal ont appelé samedi les personnes ayant fréquenté les bars de la métropole québécoise depuis le début du mois à se faire dépister contre le nouveau coronavirus.

La direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal a indiqué dans un communiqué que des clients ou employés contagieux ont fréquenté au moins cinq établissements montréalais depuis le 1er juillet, malgré les précautions mises en place. Les autorités sanitaires craignent que le nombre de bars fréquentés par des personnes exposées au virus ne soit en fait plus important, d’où leur appel au dépistage.

«J’ai bien peur que ces observations ne soient que la pointe de l’iceberg», a déclaré le Dr David Kaiser chef médical du service Environnement urbain de la ville. Cette situation dans les bars intervient alors que la région de Montréal, épicentre de l’épidémie au Canada, connaît une augmentation des cas survenant chez les jeunes de moins de 39 ans ces dernières semaines, souligne la DRSP.

Les bars avaient reçu l’autorisation de rouvrir leurs portes le 25 juin à Montréal, après une longue période de fermeture obligatoire. Le non respect des consignes de distanciation dans certains établissements le week-end dernier, a toutefois amené le gouvernement du Québec à resserrer les mesures de précaution: les bars doivent désormais cesser de vendre de l’alcool après minuit et fermer à 1h du matin.

Par Le Figaro avec AFP

Canada/Québec: chaleur extrême pour la grande région métropolitaine

juillet 2, 2020

Il fera très chaud aujourd’hui dans le sud du Québec. Environnement Canada a émis une alerte météo en ce qui concerne la chaleur extrême pour la grande région métropolitaine. Un patron atmosphérique favorable à une remontée du mercure et un apport important en humidité rendront les conditions dangereuses pour les personnes vulnérables.

© Fournis par MétéoMédia
Depuis le début de l’année, et ce malgré un début de printemps frisquet, des records de chaleur sont battus au Québec. Entre le 1er janvier et le 1er juillet, onze journées de 30 °C et plus ont été enregistrées. Il s’agit d’une nouvelle marque, puisque la première moitié de l’année 2005 en comptait dix.

© Fournis par MétéoMédia
Un contexte atmosphérique de crétage permet à la chaleur et à l’humidité du sud de la frontière de remonter chez nous. Cet épisode de chaleur extrême sera de courte durée, puisque le passage d’un front froid aura pour effet de légèrement faire chuter le mercure d’ici vendredi.

© Fournis par MétéoMédia
Des ressentis avoisinants 40 sont prévus aujourd’hui avec un maximum de 32 pour le sud du Québec. Il s’agit donc de chaleur accablante. La prudence est de mise lors d’épisodes extrêmes : il est nécessaire de bien s’hydrater et de demeurer à l’ombre ou dans un endroit climatisé.

Avec MétéoMédia

Canada-Montréal: Les baleines ne se cachent pas pour mourir

juin 10, 2020

Cette baleine à bosse égarée était un cas inédit pour les scientifiques. Jamais auparavant, un animal de cette espèce n’avait remonté le cours du fleuve Saint-Laurent.© Renaud Philippe Le Devoir Cette baleine à bosse égarée était un cas inédit pour les scientifiques. Jamais auparavant, un animal de cette espèce n’avait remonté le cours du fleuve Saint-Laurent.

Pendant une semaine, elle a attiré les foules sur les rives montréalaises du Saint-Laurent, surtout en raison de la diffusion des images de ses sauts spectaculaires hors de l’eau. Mais la baleine à bosse qui avait parcouru des centaines de kilomètres en dehors de son habitat naturel a finalement été retrouvée morte mardi. Un décès très médiatisé, contrairement aux nombreux cas de cétacés tués chaque année dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, en raison de l’activité humaine.Cette baleine à bosse égarée était un cas inédit pour les scientifiques. Jamais auparavant, un animal de cette espèce n’avait remonté le cours du fleuve Saint-Laurent. Ce jeune cétacé a d’ailleurs suscité une vive émotion dans la région de Montréal, où il a multiplié les comportements très démonstratifs typiques de son espèce.

Pendant une semaine, des centaines de curieux se sont pressés chaque jour au quai de l’Horloge, ou encore sur l’île Sainte-Hélène et l’île Notre-Dame, afin d’observer cette baleine visible très près du rivage. Et beaucoup se demandaient si elle retrouverait un jour le chemin de son habitat estival naturel, qui se trouve dans l’estuaire du Saint-Laurent, distant de plus de 400 kilomètres.

La réponse est venue mardi matin. Cette baleine à bosse âgée de deux ou trois ans a été repérée dérivante, morte, dans le secteur de Varennes, enaval de Montréal.

Samedi soir, tout comme pendant toute la semaine précédente, l’animal semblait toutefois en bonne forme physique, selon les spécialistes des mammifères marins qui ont pu l’observer. Elle ne présentait aucune blessure apparente et était toujours très dynamique. Mais elle n’avait pas été revue depuis dimanche matin.

Qu’est-ce qui a bien pu causer sa mort ? Pour tenter de le savoir, il faudra attendre que l’équipe vétérinaire du Dr Stéphane Lair, spécialiste de ce type d’opération, réalise une nécropsie (autopsie) de l’animal. Pour cela, la baleine doit être tirée jusqu’au rivage, avant l’examen de sa carcasse et la prise d’échantillons.

Cette opération, normalement complexe et délicate, est encore plus compliquée dans le contexte des directives de la Santé publique pour freiner la propagation du coronavirus. La nécropsie devrait être réalisée ce mercredi.

Certaines hypothèses pourraient expliquer ce décès, selon Richard Sears, fondateur de la Station de recherche des îles Mingan. Il est possible que la baleine soit morte d’épuisement, d’une infection ou encore après avoir été frappée par un des nombreux navires commerciaux qui remontent ou descendent le Saint-Laurent. Mais, quelle que soit la cause, cette baleine égarée était loin de son milieu naturel. Elle a donc mis sa survie « à risque » en s’éloignant ainsi de l’estuaire, souligne Lyne Morissette, biologiste et spécialiste des mammifères marins.

Mortalités ignorées

Bien qu’il ait suscité de vives réactions mardi, ce décès est somme toute « anecdotique » par rapport à ce qui se passe dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, insiste Mme Morissette.

« C’est bien de s’émerveiller de la présence d’une baleine à Montréal, mais pendant ce temps, des espèces disparaissent, tandis qu’on ne fait rien pour les protéger adéquatement. Il y a 13 espèces de cétacés qui viennent dans le Saint-Laurent, dont la moitié sont en péril. Ça témoigne de la fragilité de cet écosystème, qui est un milieu dans lequel plusieurs espèces sont menacées en raison de nos choix et de nos décisions politiques. »

« Ce qui est paradoxal, c’est que les humains peuvent mettre énormément d’attention sur un animal qui vient dans un milieu urbain, alors qu’on n’accorde pas autant d’attention aux animaux qui sont plus loin, par exemple dans le golfe du Saint-Laurent », ajoute Richard Sears, qui étudie les grands rorquals depuis plus de 40 ans.

Il rappelle que des cétacés sont tués chaque année dans le Saint-Laurent, principalement en raison d’empêtrements dans des engins de pêche ou parce qu’ils sont frappés par des navires commerciaux. La quasi-totalité de ces cas ne sont jamais médiatisés, voire jamais rapportés. Il y a de cela quelques jours, un rorqual commun a d’ailleurs été retrouvé mort sur le rivage de l’île d’Anticosti.

L’été dernier, un jeune rorqual bleu, une espèce classée « en voie de disparition », a été retrouvé mort dans le golfe, de même que deux jeunes baleines à bosse. Et depuis 2017, pas moins de 20 baleines noires sont mortes dans le golfe, essentiellement en raison d’empêtrements ou de collisions avec des navires. Sans oublier les mortalités constantes de bélugas, la seule espèce de cétacé qui réside à temps plein dans le Saint-Laurent.

Protection déficiente

Malgré cela, et malgré le fait que les baleines rapportent chaque année plusieurs millions de dollars à l’industrie touristique au Québec, on tarde toujours à mieux protéger nos milieux marins, déplore Lyne Morissette. À l’heure actuelle, même si la province s’est engagée sur la scène internationale à protéger 10 % du Saint-Laurent d’ici fin 2020, à peine 1,9 % bénéficie actuellement d’un tel statut.

« Peut-être que la baleine de Montréal va susciter une réflexion sur les risques que nous prenons quotidiennement avec le Saint-Laurent. On dit qu’on veut augmenter le nombre d’aires protégées, mais on n’arrive toujours pas à respecter nos engagements. Et en même temps, on ouvre la porte à des projets d’exploration pétrolière qui sont menés sans évaluation environnementale rigoureuse », fait valoir Lyne Morissette.

Il est vrai que le gouvernement Trudeau a décidé d’abolir le processus normal d’évaluation environnementale pour tous les forages exploratoires menés à l’est de Terre-Neuve. Or, cette zone constitue un habitat pour plusieurs espèces de cétacés menacées, mais aussi pour la baleine à bosse, qui est considérée comme « non en péril » au Canada. Ottawa a également autorisé en 2018 la pétrolière BP à mener des forages au sud de la Nouvelle-Écosse, dans une zone fréquentée par des cétacés en voie de disparition.

« Pour le moment, les baleines meurent dans l’indifférence. Pourtant, ces animaux-là sont beaux, ils sont charismatiques et ils suscitent la curiosité. Ils font aussi partie de notre identité. Et si on vit une sorte de deuil par rapport au cas de la baleine à bosse de Montréal, il faut en tirer des leçons », insiste la spécialiste des mammifères marins.

« Puisque ça nous a émerveillés et qu’on a le goût de mieux protéger les baleines, il faut repenser toute notre relation avec l’écosystème du Saint-Laurent, où tout est interconnecté. Il faut donner à toutes les espèces les meilleures chances de survie. On peut le faire, mais pour cela, il faut prendre des décisions politiques intelligentes. »

Avec Le Devoir par Alexandre Shields

Canada-Québec: La baleine se serait échouée près de Varennes à lest de Montréal

juin 9, 2020
La baleine se trouvait depuis plus d'une semaine dans le fleuve Saint-Laurent, à Montréal.
© Félix Desrosiers La baleine se trouvait depuis plus d’une semaine dans le fleuve Saint-Laurent, à Montréal.
Le rorqual à bosse venu s’offrir en spectacle aux Montréalais depuis plus d’une semaine dans les eaux du fleuve Saint-Laurent aurait été aperçu immobile près de Varennes, à l’est de Montréal.Un pilote membre de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent, Simon Lebrun, a diffusé mardi matin des images de ce qui semble être une carcasse de baleine, inerte, dans le secteur de l’île Beauregard.

Selon le président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, tout indique qu’il s’agit bel et bien de la baleine à bosse et qu’elle est décédée.

«Nous, on rentre en phase évaluation. On envoie une partie de notre équipe pour aller évaluer la situation, observer que c’est bien ça», a-t-il déclaré à l’émission Tout un matin.

Selon M. Michaud, il s’agit maintenant pour son groupe de bien identifier où se trouve la baleine et de déterminer s’il est facile d’y accéder.

Ces opérations s’effectueront en collaboration avec Pêches et Océans Canada et la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

La baleine à bosse, près de Montréal, le 30 mai.

© Réseau Québécois D’Urgences Pour Les Mammifères Marins/Radio-Canada La baleine à bosse, près de Montréal, le 30 mai.
«Si l’animal est véritablement échoué et si la carcasse est accessible, on va devoir passer à l’évaluation, voir ce qui pourrait être fait dans les circonstances», poursuit le patron du GREMM.«C’est un gros animal, ça ne se [déplace] pas facilement, c’est plusieurs tonnes, et on ne veut pas laisser ça à la dérive.»

Une nécropsie devrait normalement être effectuée sur la baleine à bosse, poursuit M. Michaud, mais encore faut-il que cela soit praticable dans les circonstances actuelles.

«On est en période COVID, et ça prend beaucoup de monde pour faire un travail comme ça. On a prévu travailler avec des équipes réduites dans des conditions sécuritaires pour tout le monde, alors on va évaluer ça dans prochaines heures», souligne-t-il.

Le patron du GREMM ne croit pas par ailleurs que le sort vraisemblablement subi par la baleine devrait remettre en question la stratégie des autorités de laisser la nature suivre son cours.

Selon lui, tenter de rediriger vers la baleine vers le golfe du Saint-Laurent n’était pas une option.

«On est très à l’aise avec cette positon, parce que les expériences qui ont été tentées avant nous montrent qu’il y a très très peu de possibilités de dévier un animal de ce type-là de sa course, soit de l’attirer, de le repousser avec des sons», explique-t-il.

«On peut le faire par exemple pour des microdistances, mais pas pour des distances comparables. Pour nous, ça ne remet pas en question cette position.»

La baleine à bosse avait été aperçue pour la dernière fois dans le secteur de Pointe-aux-Trembles, très tôt dimanche matin.

Avec CBC/Radio-Canada

Canada: Manifestations au Québec contre le racisme et les violences policières

juin 7, 2020

 

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Montréal et dans d’autres villes du Québec contre le racisme et les violences policières, dénonçant aussi les discriminations raciales dans la province francophone. Une foule importante – plus de 10.000 personnes selon des estimations non-officielles – a défilé dans le centre de Montréal, en scandant «Black Lives Matter» (les vies noires comptent), «No justice, No peace» (pas de justice, pas de paix), «je ne peux pas respirer», ou «il faut que ça cesse».

La manifestation, la deuxième à Montréal en une semaine, s’inscrivait dans le cadre du vaste mouvement de protestation provoqué par la mort de l’Afro-Américain George Floyd, étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation.

Mais des organisateurs, lors d’allocutions avant le départ du cortège, ainsi que des manifestants, ont aussi reproché au premier ministre du Québec François Legault d’avoir estimé il y a quelques jours qu’il n’y avait pas de «racisme systémique» dans la province. «Il y a du racisme systémique qui existe au Québec (…) toutes les preuves ont été faites», a affirmé un des organisateurs, l’ex-boxeur Ali Nestor.

«Au-delà de la manifestation d’aujourd’hui, au-delà des “plus jamais ça”, il faut qu’il y ait des gestes concrets et cela prend de la volonté politique», a pour sa part lancé Dominique Anglade, nouvelle cheffe du parti libéral du Québec (opposition), dont la famille est d’origine haïtienne.

Les manifestants ont été invités à s’arrêter à plusieurs reprises pour mettre un genou à terre en mémoire de George Floyd et le défilé s’est déroulé dans le calme, alors que la manifestation de dimanche dernier à Montréal avait dégénéré en affrontements dans la soirée.

De nombreux manifestants portaient des masques, mais n’ont guère pu respecter la distanciation physique de deux mètres, en particulier lors du rassemblement qui a précédé le départ du cortège.

Par Le Figaro avec AFP