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Canada: La santé publique de Montréal était opposée au couvre-feu de Québec

janvier 21, 2022

La directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, s’était opposée, en coulisses, à l’imposition du couvre-feu, mais son avis n’a pas été suivi. Radio-Canada a obtenu les recommandations qu’elle avait fait parvenir à la direction nationale de la santé publique du Québec, au sujet de cette mesure controversée.La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

Dans le cadre des discussions sur le couvre-feu en décembre dernier, la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) avait émis l’avis suivant :

Malgré l’opposition de la santé publique de la métropole, le couvre-feu a tout de même été décrété dans la hâte, la veille du jour de l’An, le 30 décembre et a duré deux semaines, jusqu’au 17 janvier. Il était interdit de sortir entre 22 h et 5 h sous peine de recevoir une amende de 1000 à 6000 $.

Des craintes pour les plus vulnérables

Selon la directrice de la santé publique de Montréal, des décisions alternatives au couvre-feu auraient pu avoir plus d’efficacité à contrôler la transmission» et un potentiel moindre à engendrer des impacts collatéraux affectant disproportionnellement les populations les plus vulnérables».

La DRSP précise que ces recommandations s’appuyaient sur la situation et la réalité dans la région de Montréal, où nous considérions que les impacts collatéraux d’une telle mesure étaient considérables auprès des populations vulnérables de la métropole». On peut penser aux itinérants.

Les directions régionales de santé publique participent régulièrement à une table de discussion avec la direction nationale, au cours desquelles des avis divergents peuvent s’exprimer, mais au final, c’est le national qui tranche.

Lors de la discussion sur le couvre-feu, au moins une autre direction régionale s’est déclarée en faveur de la mesure.

La santé publique du Québec avait-elle obtenu un avis éthique?

Dans sa recommandation, Dre Mylène Drouin ajoutait que si le recours à l’imposition d’un couvre-feu provincial devait être envisagé, elle préconisait que le Comité d’éthique en santé publique ou tout autre service éthique indépendant soit mandaté pour fournir un avis».

Au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été possible de savoir si la santé publique nationale avait obtenu un tel avis.

Dans les dernières heures, le ministère de la Santé a rendu publics plusieurs avis signés par le Dr Horacio Arruda avant sa démission. Celui du 29 décembre concernant le couvre-feu n’est justifié par aucune considération, contrairement aux autres avis.

Un couvre-feu impopulaire et unique au pays

Le gouvernement Legault a annoncé le 13 janvier qu’il levait le couvre-feu. Le jour même, un sondage commandé par L’Actualité rapportait qu’une majorité de Québécois désapprouvait cette mesure et que le Coalition avenir Québec (CAQ) était en baisse dans les intentions de vote.

Le premier ministre a assuré avoir pris cette décision le 12 janvier, avant de connaître les résultats de ce sondage.

Le Québec est la seule province à avoir imposé le couvre-feu durant la pandémie, mais le gouvernement n’a jamais mené d’étude approfondie sur les répercussions de cette mesure.

Le ministère de la Santé avait cité des études menées en Ontario, en France et en Jordanie pour justifier la pertinence du couvre-feu, mais la méthodologie de ces études a été critiquée.

Selon plusieurs sources impliquées dans les discussions qui ont précédé l’imposition du couvre-feu, la mesure n’était pas considérée comme efficace en tant que telle, mais plutôt comme un message à envoyer à la population pour qu’elle prenne au sérieux la situation sanitaire.

Dans un document juridique signé par le conseiller médical stratégique adjoint à la Direction générale de santé publique du Québec, Éric Litvak, en février 2021, on peut lire que si toutes les mesures en vigueur avaient été respectées à la lettre, le couvre-feu aurait eu une valeur ajoutée limitée».

Pas la première divergence de Mylène Drouin

La directrice régionale de la santé publique, qui n‘a pas fermé la porte à l’idée d’être candidate au poste de directrice nationale, n’en est pas à sa première opposition aux décisions de Québec.

Début janvier, la DRSP avait mis sur pause une directive émise pour les services de garde qui mettait fin au complet à l’isolement des enfants en cas de symptômes. Québec avait fini par reculer.

D’autres divergences étaient survenues, comme celles concernant l’isolement rétroactif des voyageurs au début de la première vague ou encore la critique du fait que les décisions aient été prises depuis Québec, au printemps 2020, alors que la crise était dans la région métropolitaine.

Avec Radio-Canada par  Thomas Gerbet 

Canada-Québec: Un événement rare pourrait se produire dans les prochains jours

janvier 19, 2022

Le Québec connaîtra une descente d’air froid particulièrement intense au cours des prochains jours, si bien que Montréal pourrait enregistrer une température de -30 °C pour la première fois depuis presque 30 ans.

Creux très prononcé

Un creux atmosphérique assez prononcé, qui permettra l’incursion d’air arctique jusqu’au cœur du continent nord-américain, est en cause. L’air polaire n’est donc pas loin, et demeure sur le nord de la province. C’est derrière la dépression en provenance de l’ouest mercredi que le froid va avoir le champ libre pour amorcer une descente vers nos latitudes.

© Fournis par MétéoMédia

Poussée de froid

Une brève, mais intense incursion de froid est donc prévue, surtout pour les nuits de jeudi à vendredi et de vendredi à samedi. C’est à ce moment qu’un mercure de -30 °C est possible pour la métropole. Le reste du Québec ne sera pas épargné : des températures glaciales sont également prévues sur l’ensemble du territoire à la fin de la semaine.

© Fournis par MétéoMédia

Une première en 28 ans ?

La dernière fois qu’une température de -30 °C s’est invitée sur le thermomètre à Montréal, c’était le 27 janvier 1994. À ce moment, un mercure de -31,8 °C avait été enregistré. Pour l’instant, il n’est pas prévu que la métropole enregistre des températures inférieures à cette marque. Malgré tout, ce serait la température la plus froide enregistrée depuis près de 28 ans au sein de la métropole. La marque du froid absolu en janvier remonte au 15 janvier 1957 avec -37,8 °C à Montréal. C’est cependant loin du record de froid absolu enregistré au Québec : une glaciale température de -54,4 °C a été observée à Doucet, en Abitibi-Témiscamingue, le 5 février 1923.

© Fournis par MétéoMédia

Avec MétéoMédia

Canada: 9397 nouveaux cas de COVID-19 au Québec

décembre 23, 2021
Plusieurs personnes font la file sur un trottoir, sous la neige.

Une file des gens pour le dépistage contre la COVID-19, mercredi, à Montréal. Photo : La Presse Canadienne/Graham Hughes

Tel qu’annoncé mercredi par le premier ministre François Legault, le Québec vient de franchir le seuil des 9000 nouveaux cas quotidiens de COVID-19 officiellement dépistés.

Selon le bilan publié jeudi par le ministère de la Santé, 9397 nouveaux cas de la maladie ont été recensés dans la province. Six personnes de plus sont décédées et 28 malades supplémentaires sont hospitalisés.

En ce qui concerne le nombre de cas, il s’agit d’un autre record absolu depuis le début de la pandémie, et d’une augmentation impressionnante de 47 % par rapport au précédent bilan record de 6361 cas enregistré la veille.

Cela signifie également qu’un peu plus d’un Québécois sur 1000 a contracté la maladie au cours d’une seule et même période de 24 heures.

Ledit bilan est en outre sous-évalué, étant donné le nombre de Québécois qui ne parviennent pas à se faire dépister, ou qui s’isolent après avoir obtenu un résultat positif à un test rapide, sans que les autorités en soient avisées.

La proportion des personnes non adéquatement vaccinées dans ce bilan ne se dément pas : 42,7 % des nouvelles personnes infectées n’étaient pas vaccinées et 24,8 % n’avaient reçu qu’une dose.

Québec calcule maintenant qu’une personne non vaccinée a 1,7 fois plus de risque qu’une personne qui a reçu deux doses, et que le risque qu’elle soit hospitalisée est 13,6 fois plus élevé.

Au total, le Québec recense officiellement 41 807 cas actifs de COVID-19 à l’heure actuelle, pour un taux de 486,8 cas par 100 000 habitants.

Les régions les plus touchées sont Chaudière-Appalaches (598,5 par 100 000 habitants) l’Estrie (553,7), Montréal (514,8), Lanaudière (417,1) et Laval (403,2)

Le taux de reproduction (Rt) du virus est passé à 1,56, ce qui signifie que deux personnes atteintes en contaminent trois autres. Pour ralentir la progression de la COVID-19, ce taux doit être inférieur à 1.

473 personnes hospitalisées

Le nombre de personnes hospitalisées – l’indicateur clé pour le réseau de la santé – grimpe pour sa part de 28, pour un total de 473. Trois patients de plus ont été admis aux soins intensifs, portant ce bilan à 91.

Parmi les 92 nouvelles personnes admises à l’hôpital (64 autres en sont sorties), 60 n’étaient pas vaccinées et 32 avaient reçu deux doses.

En date du 22 décembre, 52 954 échantillons ont été analysés, soit 2300 de plus que la veille, pour un taux de positivité de 14,6 %. Un taux de positivité supérieur à 5 % indique que l’épidémie n’est pas maîtrisée.

Québec signale en outre que 89 924 personnes ont reçu une dose de vaccin; 81 983 d’entre elles ont en fait reçu une troisième dose, dont 33 492 personnes de 70 ans et plus.

Au moins 4015 enfants de 5 à 11 ans ont pour leur part reçu une première dose, de sorte que 55 % de la population de cette tranche d’âge est partiellement immunisée.

Depuis que la pandémie a atteint le Québec, en mars 2020, plus de 511 000 Québécois ont été contaminés et 11 658 d’entre eux ont succombé à la maladie.

Avec Radio-Canada

Canada-Montréal: La mairesse Valérie Plante en isolement préventif

décembre 18, 2021

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, est en isolement préventif après la découverte d’un cas de COVID-19 dans son entourage.

La mairesse de Montréal Valérie Plante, continuera de travailler de chez elle.

© Paul Chiasson/La Presse canadienne La mairesse de Montréal Valérie Plante, continuera de travailler de chez elle.

Vendredi, la première magistrate de la métropole a fait savoir qu’elle avait subi un test de dépistage. Elle n’a pas, pour l’instant, communiqué les résultats de ce test, mais n’a pas non plus indiqué ressentir quelque symptôme que ce soit de la maladie.

Mme Plante a précisé que comme des milliers d’autres employés de la Ville, je continue de servir nos citoyens à distance».

La mairesse s’ajoute au groupe des politiciens québécois qui ont été affectés par la pandémie depuis l’éclatement de la crise.

Plus tôt cette semaine, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, a ainsi annoncé qu’il était atteint de la COVID-19. Celui-ci a lui aussi indiqué qu’il était en isolement, chez lui.

Avec CBC/Radio-Canada 

Canada-Retour du télétravail: quel impact pour le centre-ville de Montréal?

décembre 16, 2021

Sitôt revenus, sitôt repartis. Avec la montée du variant Omicron, la santé publique recommande le télétravail aux entreprises de la province, y compris le centre-ville de Montréal. Bien que compréhensif, le milieu des affaires de la métropole s’avoue déçu de ce retour à la case départ.Le centre-ville de Montréal

© Fournis par Journal Métro Le centre-ville de Montréal

Le gouvernement a levé de la recommandation de prioriser le télétravail il y a à peine plus d’un mois. Un plan d’action avait même été monté afin que les employés de la fonction publique effectuent graduellement un retour au bureau, au moyen de quelques jours par semaine.

Mais voilà, les infections et les hospitalisations sont en hausse dans la province. Pour l’instant, rien n’indique que le variant Omicron se cache derrière ces augmentations, mais le gouvernement préfère faire preuve de prudence. Deux à trois fois plus transmissible que Delta, Omicron pourrait causer une forte augmentation des cas au Québec.

Un retour à peine entamé

La déception est particulièrement grande pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Depuis des mois, l’organisme tente de favoriser le retour du travail en présentiel. Ils ont notamment lancé la campagne publicitaire «S’entrevivre» et déployé une grande murale à l’effigie du Canadien.

Plus les semaines avancent, plus le président de la CCMM constatait un retour à la normalité au centre-ville. La recommandation de la santé publique viendra freiner cet élan. «C’est certain que c’est très décevant, avoue-t-il. Les entreprises constatent une perte de productivité avec le télétravail, notamment pour intégrer les nouveaux employés.»

Le directeur général de Montréal Centre-Ville, Glenn Castanheira, partage sa déception. Mais les ravages économiques prévus d’une telle annonce demeurent limités puisqu’une grande partie des entreprises, dont certaines du centre-ville allaient opter pour le télétravail d’ici l’arrivée des Fêtes. «Ma réaction serait différente si nous étions en octobre ou en novembre, admet-il. Disons qu’on serait beaucoup plus déçus si on nous avait annoncé d’autres mesures, comme le retour du couvre-feu.»

La question demeure: à force de voir les recommandations relatives au télétravail changer, les entreprises écouteront-elles la santé publique? «Rarement le milieu des affaires n’aura été aussi partagé» devant un enjeu commun, admet le président de la CCMM.

«Certaines entreprises ont établi un plan de retour au travail clair dès septembre dernier, alors que d’autres sont plus frileuses, et ne veulent pas d’un retour au bureau avant mars. Certaines sont très fermes sur leur engagement de poursuivre le télétravail, même si cela amène des difficultés pour la productivité», analyse M. Leblanc.

Il est attendu que le Conseil du trésor annonce le retour en télétravail des fonctionnaires prochainement.

Actions demandées

Désormais, la «pression se retrouve sur le gouvernement», considère M. Leblanc. Il faut accélérer la vaccination des enfants de 5 à 11 ans, de même que celle de la dose de rappel pour permettre de limiter la propagation du virus, et du même coup, permettre le retour au bureau. «Le gouvernement nous demande des sacrifices, et c’est correct. Mais en retour, c’est leur travail d’augmenter la cadence», demande-t-il.

Mardi, le gouvernement provincial a annoncé que des tests de dépistage rapides seraient disponibles gratuitement dans les pharmacies.

Malgré la persistance du télétravail, l’achalandage du centre-ville se maintient comparativement à d’autre grandes métropole. Selon les données de la CCMM, la zone se situe à 55% de sa circulation piétonnière pré-pandémique. Ce qui la situe au deuxième rang en Amérique du Nord, derrière New York.

Même si les chiffres de ventes des détaillants ne seront connus qu’après les Fêtes, l’optimisme règne au centre-ville, assure M. Castanheira. «Les grands détaillants nous parlent d’une année record, s’emballe-t-il. Un fort pourcentage de gens qui entrent dans les magasins achètent. Le marché de Noël est populaire, on voit qu’il y a du tourisme à Montréal.»

La situation pourrait toutefois se gâter une fois l’effervescence passée. Certains détaillants n’attendent que la fin du temps des Fêtes pour fermer leurs portes, prévient M. Leblanc. «Ils se trouvent avec deux années consécutives difficiles, rappelle-t-il. Il va falloir être très attentifs à leur situation.»

Pour soutenir les centre-villes, Ottawa devra fournir une «grande réponse», soutient la CCMM. Une stratégie de financement est demandée pour permettre aux centre urbains d’être plus attractifs à long terme.

Avec Le Journal Métro par Éric Martel 

Canada: Montréal, un paradis fiscal ?

décembre 15, 2021
PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSEPlusieurs riches contribuables français auraient eu recours aux services de la firme montréalaise Blue Bridge pour créer des fiducies qui, selon la loi canadienne, mettent le capital à l’abri de l’impôt.

Montréal serait le refuge fiscal rêvé pour les grandes fortunes de France qui veulent éviter de payer de l’impôt, révèle une enquête de longue haleine du quotidien parisien Libération, qui suscite l’indignation du ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire.

De riches contribuables français auraient eu recours aux services de la firme montréalaise Blue Bridge pour créer des fiducies qui, selon la loi canadienne, mettent le capital à l’abri de l’impôt. Le journal affirme que des milliards d’euros auraient ainsi atterri à la firme fondée par Alain Roch, qui a beaucoup profité de cette manne.

Ce qui est probablement en cause ici, ce sont les fiducies de revenus qui ont été trop populaires au Canada au début des années 2000, explique Alain Denault, philosophe et auteur du livre Paradis fiscaux : la filière canadienne.

Selon lui, quand le ministre des Finances de l’époque, Jim Flaherty, a resserré les règles régissant les fiducies de revenus, il a laissé une porte ouverte aux investisseurs étrangers qui ne détiennent pas d’actifs au Canada.

« Une certaine catégorie d’investisseurs pouvait toujours bénéficier des avantages fiscaux des fiducies de revenus, à condition de ne posséder aucun actif au Canada, explique-t-il, ce qui nous a échappé à l’époque. »

Ce qui démontre, selon lui, que le Canada peut être un paradis fiscal pour certains investisseurs. « On n’est pas un supermarché fiscal comme les Bahamas ou d’autres, mais on a nos spécialités, et chaque pays a les siennes », a-t-il dit.

André Lareau, avocat et fiscaliste, estime qu’il s’agit d’un problème qui découle de la loi française et de l’impôt sur la fortune, qui existe en France mais pas au Canada. « Il me semble qu’il s’agit d’un problème pour les autorités fiscales françaises qui découle davantage de la loi française, et non d’une fiscalité canadienne défaillante », explique-t-il.

D’autres grandes fortunes dans les pays qui ont un impôt sur la fortune, ce qui n’existe pas au Canada, pourraient théoriquement faire la même chose que les riches Français qui veulent éviter l’impôt, selon lui. Il précise toutefois que les revenus de la fiducie créée au Canada sont imposés au Canada puisque les fiduciaires sont canadiens.

Par ailleurs, l’Autorité des marchés financiers continue de s’intéresser à Blue Bridge et suit l’évolution de ce dossier, indique l’organisme de réglementation.

En 2018, Gestion de patrimoine Blue Bridge avait été reconnue coupable par l’AMF d’avoir agi comme société de fiducie sans détenir les autorisations requises. « Blue Bridge a, plus particulièrement, graduellement incorporé à ses opérations des activités de société de fiducie dont le volume est devenu suffisamment important pour nécessiter qu’elle obtienne les autorisations requises », selon l’AMF. Blue Bridge avait dû payer une amende de 180 000 $.

La grande évasion

Les résultats de l’enquête qui ont fait la une de Libération ont été repris par d’autres médias, dont L’Obs, qui titre « Des centaines de millionnaires français profitaient d’un mécanisme d’évasion fiscale massive via le Canada ».

Le texte a eu des échos à l’Assemblée nationale, rapporte l’Agence France-Presse, où le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est indigné de la situation. « Je partage votre indignation sur la question soulignée par l’ISF [Impôt de solidarité sur la fortune] et sur le contentieux que nous avons avec les trusts canadiens », a déclaré le ministre en réponse à une question d’un député.

Selon lui, le gouvernement français tente depuis des années d’obtenir des informations de la part des autorités canadiennes sur l’utilisation des fiducies, que les Français appellent trusts.

Le Journal de Montréal avait déjà fait état des démarches du gouvernement français auprès de l’Agence du revenu du Canada pour obtenir des renseignements sur ces fiducies et sur Blue Bridge, la firme de Montréal qui servait d’intermédiaire. La Cour fédérale avait d’ailleurs jugé que Blue Bridge devait fournir les renseignements demandés sur ses clients.

Selon Libération, l’argent qui a trouvé refuge à Montréal était auparavant placé aux Bermudes, un paradis fiscal notoire qui a conclu en 2009 une entente avec le gouvernement français pour combattre l’évasion fiscale.

Les fiducies créées au Canada, qui laissent le capital à l’abri de l’impôt, sont alors devenues très populaires auprès des riches Français désireux d’éviter l’impôt sur la fortune.

Avec La Presse par

Hélène Baril

Hélène Baril

Canada-Québec: Un enseignant agressé à l’arme blanche par un élève dans une école de Montréal

décembre 9, 2021
Deux ambulanciers en combinaison de protection.

Le professeur a subi des blessures mineures au haut du corps et a été transporté à l’hôpital. Photo: Radio–Canada/SimonI-Marc Charron

Un élève a attaqué un enseignant en classe avec une arme blanche jeudi avant-midi à l’école secondaire John F. Kennedy, dans le quartier Saint-Michel, à Montréal.

L’agression est survenue peu après 10 h à la suite d’une querelle entre un élève et son enseignant. Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on ne craint pas pour la vie de la victime, un homme d’une quarantaine d’années.

Le personnel de l’établissement et les autres élèves ont été confinés dans la foulée de l’attaque par mesure de précaution. Le groupe d’intervention tactique a ensuite fouillé les lieux pour tenter de retrouver le suspect, conformément à la procédure dans ce genre de scénario, affirme le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal SPVM, Jean-Pierre Brabant.

L’adolescent de 16 ans qui aurait commis l’agression avait pris la fuite, mais les policiers l’ont arrêté non loin de l’école dans l’heure qui a suivi.

Les agents du Service de police de la Ville de Montréal SPVM vont rencontrer des témoins, la victime et le suspect pour tenter de faire la lumière sur les circonstances des événements.

Avec Radio-Canada

Canada: agenda musical de Joyce N’Sana

novembre 8, 2021

La révélation Radio-Canada 2021-2022 en « musique métissée » au style d’Afrobluehop déroule la scène d’un mois de novembre bien chargé.

Visuel agenda novembre 2021 Joyce N'Sana

Photo : Visuel agenda novembre 2021 Joyce N’Sana

En plus de participer à une résidence artistique dans le cadre de Vue Sur la Relève et de présenter son spectacle à la vitrine Mundial Montréal, l’artiste congolaise en résidence au Canada donnera des prestations avec quelques dates de concert à noter sur l’agenda.

Le 6 novembre dernier, dans le cadre du Gala Opalescence, les mélomanes ont vécu le premier spectacle à Laval. Juste après, le Centre national des arts à Ottawa vibrera aux sons de Joyce N’Sana.

Elle poursuivra à Montréal avec deux dates : mardi 16 novembre, « les mardis Métissés »au théâtre Outremont et, une semaine plus tard, le 24 novembre, à la Maison de la Culture Claude-Léveillée.

Joyce N’sana est la voix du Afrobluehop. La petite femme à grande voix, connue entre autres pour son reggae, présente une musique qui est un unique et savoureux mélange d’Afro-blues et de Hip-hop. La nouvelle révélation Radio-Canada 2021-2022, qui a grandi dans le contexte des guerres congolaises, livre un message clair et déterminé ; elle propage un art de paix.

On la remarque pour son « intensité incroyable » (Éric Barette, Radio-Canada), pour sa « fougue d’une survivante » (Stéphane Laporte, La Voix) et on dit de son nouvel EP Obosso que c’est « du grand calibre » (Jean-François Côté, Radio-Canada).

Le mini-album, « EP », intitulé « Obosso », de Joyce N’sana est disponible sur toutes les grandes plateformes.

Bandcamp -Spotify – Apple Music -Amazon Music – You TubeMusic

Gérance : holyhills@live.com

Booking : lesproductionszion@gmail.com

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Canada-Montréal: Le deuil mis sur pause le dimanche au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

octobre 20, 2021

La fermeture le dimanche du cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal depuis le début de la pandémie suscite l’incompréhension chez plusieurs personnes endeuillées qui aimeraient pouvoir visiter la tombe de leurs proches.

La fille de Michael Musacchio, décédée il y a quelques mois, repose au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Pancarte à la main, l’homme dénonce le fait que le cimetière ne soit ouvert que de 8h à 17h, et qu’il soit fermé les dimanches.

© Valérian Mazataud Le Devoir La fille de Michael Musacchio, décédée il y a quelques mois, repose au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Pancarte à la main, l’homme dénonce le fait que le cimetière ne soit ouvert que de 8h à 17h, et qu’il soit fermé les dimanches.

« Je ne comprends pas dans quel monde on vit. Un cimetière fermé le dimanche, je n’ai jamais entendu ça », lance Michael Musacchio. Sa fille est décédée il y a quelques mois à l’âge de 26 ans. Depuis, lui et sa femme visitent régulièrement sa tombe. Mais le cimetière Notre-Dame-des-Neiges n’est ouvert que de 8 h à 17 h, et est fermé les dimanches.

« Je travaille maintenant six jours par semaine, sauf le dimanche, donc je ne peux pas visiter ma fille », dit-il. À cela s’ajoute le fait que le cimetière a été fermé pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail. « Je n’accepte pas ça, d’autant plus que nous avons payé un bon montant pour l’enterrer », souligne le père endeuillé.

Eliane Maire, dont le fils repose au cimetière depuis quelques années, estime aussi que cet horaire restreint est incompréhensible. « J’ai fait plusieurs appels, et les autres cimetières sont tous ouverts, lance-t-elle. Il y a des gens qui veulent visiter après leur journée de travail, mais ça ferme à 17 h. »

Michael Musacchio milite depuis plusieurs semaines pour changer les choses. Dimanche dernier, il a manifesté devant les lieux, pancarte à la main. Dimanche prochain, de 10 h à 14 h, l’homme de 56 ans tiendra un rassemblement à l’entrée du cimetière, sur le chemin de la Côte-des-Neiges. « Les gestionnaires du cimetière me répètent “on travaille sur ça” chaque fois que je les interpelle, mais rien ne change », dénonce-t-il.

Contradictions

Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges est géré par la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal. L’organisation n’a pas donné suite à nos multiples demandes de clarification.

Dans un échange de courriels que Le Devoir a pu consulter, un représentant affirme que le cimetière est fermé le dimanche pour permettre la désinfection de ses bureaux et installations, dont ses 10 mausolées et chapelles, aux fins de conformité avec les exigences de la Santé publique. « Nous devons essayer d’éviter toute propagation possible de ce virus en constante évolution, écrit-il. Nous nous excusons pour les inconvénients que cela a pu vous causer, à vous et à votre famille. » Il précise aussi que le cimetière prévoit rouvrir le dimanche « dans un avenir proche ».

La Santé publique de Montréal a toutefois indiqué au Devoir ne pas avoir demandé ou conseillé au cimetière Notre-Dame-des-Neiges de fermer le dimanche.

Le syndicat des employés du cimetière, de son côté, conteste la véracité des raisons avancées par les gestionnaires. « Ils ont pris cette décision pour des raisons purement économiques : ils veulent économiser sur les salaires », commente Patrick Chartrand, vice-président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN. « Nous ne sommes pas d’accord avec cette décision. »

Les membres du syndicat sont sans contrat de travail depuis plus de deux ans, et 23 postes saisonniers ont été abolis en mars dernier. « Ça se reflète sur l’entretien des terrains », note le représentant.

La Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal fait face à d’importantes difficultés financières. Dans une lettre envoyée à ses employés en novembre 2020, elle indiquait notamment que le cimetière Notre-Dame-des-Neiges avait enregistré des pertes totalisant près de 103 millions de dollars entre 2008 et 2019, soit environ 8,6 millions par année.

Dans un communiqué diffusé en juin dernier, la fabrique affirme également que les dépenses du cimetière dépassent ses revenus d’environ 40 % chaque année, et que près de 75 % des sommes récoltées vont à la rémunération du personnel responsable du fonctionnement, de l’entretien et du service à la clientèle. « Toutes les activités doivent être revues », et « plusieurs décisions difficiles » devront être prises, mentionne-t-on.

Le syndicat, quant à lui, réclame un accès aux états financiers du cimetière.

Avec Le Devoir par Anne-Marie Provost 

Canada: Le dépistage rapide serait utile dans les écoles, dit une nouvelle étude

octobre 18, 2021

 

MONTRÉAL — Les tests rapides de dépistage de la COVID-19 qui sont en voie d’être déployés dans les écoles du Québec pourraient à tout le moins permettre d’éviter de renvoyer inutilement à la maison les enfants qui présentent des symptômes inquiétants, démontre une nouvelle étude québécoise.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l’Éducation ont récemment annoncé que ces tests seraient implantés dans les écoles de dix régions de la province, notamment à Montréal, à Laval et en Montérégie.

La docteure Caroline Quach-Thanh, du CHU Sainte-Justine, et ses collègues ont étudié l’utilisation optimale des tests rapides pour contenir les éclosions et évaluer leur efficacité en milieu scolaire.

Ils en viennent à la conclusion que les tests par réaction de polymérisation en chaîne (les tests PCR) demeurent la technique la plus sensible chez les individus symptomatiques, mais que les tests rapides ont un rôle à jouer lorsque les enfants présentent des symptômes.

«Si tu arrives le matin et que tu réalises que l’enfant tousse un peu et peut-être qu’il a un mal de gorge, si le test est négatif, l’enfant peut rester à l’école, a résumé la docteure Quach. Évidemment, si ça perdure, il faudrait aller faire un (test) PCR comme d’habitude, mais on est capable de permettre une fréquentation scolaire autour de ce test-là.»

Il se pourrait que les tests rapides ratent quelques infections au SRAS-CoV-2 comparativement aux tests PCR, mais le risque est moindre chez les patients qui présentent des symptômes. Ces tests rapides sont aussi plus efficaces lorsque la charge virale est élevée, ce qui correspond au moment où la contagion est plus grande.

La docteure Quach en vient donc à la conclusion que les tests rapides devraient être réservés en priorité aux personnes symptomatiques.

Et même s’ils pourraient permettre à certains enfants de rester à l’école ou au service de garde, dit-elle, il faudra quand même faire preuve de discernement, puisque les critères qui existaient avant la COVID pour renvoyer un jeune à la maison demeurent valides.

«Si l’enfant fait de la fièvre, qu’il ne va pas bien, qu’il n’est pas capable de suivre les activités, on devrait encore le renvoyer à la maison, a-t-elle dit. S’il fait 39 de fièvre et que le test est négatif, qu’il est amorphe, qu’il n’est pas capable de suivre ce qui se passe en classe, il y a peut-être une influenza, il y a peut-être d’autres virus qu’on ne veut pas non plus transmettre.» 

Les résultats de cette étude ont été obtenus grâce à la participation de plus de 2000 élèves du secondaire et près de 300 membres du personnel scolaires recrutés dans deux écoles secondaires de Montréal et suivis entre les mois de janvier et juin 2021.

Les chercheurs ont trouvé une plus grande proportion de cas asymptomatiques dans ces écoles participantes, ce qui voudrait dire que plus de cas ont été ratés dans les autres écoles de la province.

De plus, parmi les infections dont la source était connue, 72,5 % découlaient d’une transmission familiale et 25 % d’une transmission scolaire.

Avec Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne