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Canada: Le projet de train à grande fréquence Québec-Toronto démarre

juillet 6, 2021

Les Québécois devraient pouvoir monter à bord d’un train à grande fréquence plus rapide en direction de Toronto d’ici 2030, promet le gouvernement fédéral. Le ministre des Transports a annoncé mardi le début de consultations et le lancement d’un appel d’offres cet automne, en vue de construire une toute nouvelle ligne ferroviaire qui reliera Québec et Montréal à la Ville Reine.

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré que le processus d’appel d’offres se mettrait en branle prochainement.

© David Kawai Archives La Presse canadienne

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré que le processus d’appel d’offres se mettrait en branle prochainement.

Le gouvernement de Justin Trudeau avait annoncé un investissement de près de 500 millions de dollars pour faire avancer ce projet, dans son budget du printemps dernier. Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré de passage à la Gare du Palais de Québec mardi que le processus d’appel d’offres se mettrait en branle prochainement.

Le fédéral entamera cet été des consultations avec 36 communautés autochtones dont le territoire sera traversé par le tracé prévu du projet. Une évaluation environnementale sera également menée. Et le gouvernement consultera en outre le secteur privé ainsi que les compagnies ferroviaires qui contrôlent les rails des centres-villes qui seront desservis par ce futur train à grande fréquence.

Aux Québécois et aux Canadiens qui se font promettre ce train rapide depuis des années sans encore l’avoir vu circuler sur les voies ferrées du pays, le ministre Alghabra a assuré que son gouvernement irait bel et bien de l’avant. « Un demi-milliard de dollars [promis dans le dernier budget] en dit beaucoup sur notre engagement envers ce projet », a-t-il insisté, en point de presse aux côtés du maire de Québec Régis Labeaume. Les ministres québécois François-Philippe Champagne et Jean-Yves Duclos de même que l’élu de Québec Joël Lightbound les accompagnaient pour cette conférence aux airs d’annonce préélectorale.

Un départ attendu dans 9 ans

Les consultations et le lancement de l’appel d’offres annoncés mardi ne sont que les premières étapes de cet important projet, dont la construction ne devrait être terminée que d’ici 2030. La facture finale pourrait atteindre entre 6 à 12 milliards de dollars, selon le projet final qui sera retenu a indiqué le ministre Alghabra.

Des voies ferrées dédiées au train à grande fréquence doivent être construites, pour permettre d’éviter de partager les voies existantes avec les trains de marchandise comme à l’heure actuelle. Ce nouveau tracé permettrait de réduire le temps de trajet de 30 minutes entre Québec et Montréal et jusqu’à 90 minutes entre Québec et Toronto, car les trains pourraient ainsi atteindre des vitesses de 177 à 200 km/h ont promis les ministres fédéraux.

L’augmentation de l’offre de trajets au quotidien devrait en outre permettre d’attirer quatre fois plus de voyageurs d’ici 30 ans — l’achalandage de cette ligne de train passant de 4,8 millions de passagers par année à 17 millions en 2059, selon les projections d’Ottawa. Outre Québec, Montréal, Ottawa et Toronto, la nouvelle ligne s’arrêterait en outre à Laval, à Trois-Rivières et Peterborough en Ontario, de même qu’à l’aéroport Jean-Lesage de Québec où une nouvelle gare sera construite.

Un TGV ne serait pas plus rapide

Si le gouvernement fédéral a privilégié une nouvelle ligne de train à grande fréquence, plutôt qu’un train à grande vitesse comme en Europe, c’est qu’un TGV aurait coûté plus cher et aurait mis plus de temps à construire sans pour autant offrir un transport plus rapide. Les distances entre les gares étant relativement courtes, un TGV n’aurait pas eu le temps de rouler à grande vitesse très longtemps avant de devoir ralentir à nouveau à l’approche d’un centre-ville, a expliqué le ministre Alghabra. « Un train à grande fréquence est la meilleure option pour les voyageurs, car il offre une fiabilité, il pourra tout de même rouler jusqu’à 200 km/h et offrira les trajets fréquents dont les Québécois et les Canadiens ont besoin », a-t-il fait valoir, avant de se rendre à Trois-Rivières pour y répéter son annonce. Le ministre reprendra en outre l’exercice mercredi, à la Gare Centrale de Montréal.

Les nouveaux trains seront électriques sur à peu près 90 % du trajet, puis à propulsion diesel dans les espaces urbains puisqu’ils devront y emprunter les voies existantes des compagnies ferroviaires privées qui ne pourront pas fournir l’infrastructure électrique.

Le Parti conservateur n’a pas perdu de temps pour critiquer cette annonce du gouvernement Trudeau, rappelant qu’elle figurait dans le dernier budget. « L’annonce libérale d’aujourd’hui n’était qu’une répétition de l’annonce du processus d’engagement préliminaire pour construire la ligne ferroviaire à grande fréquence décrite dans le budget libéral de 2021 — sans calendrier établi et sans progrès réel vers la fourniture de ce service si nécessaire », a reproché la députée Stephanie Kusie, dans une déclaration écrite fournie par son parti.

Par Marie Vastel avec La Presse canadienne

Canada: Des vaccins contre la COVID-19 produits à Montréal à partir de 2022

juin 22, 2021

Le tout premier laboratoire canadien qui fabriquera des vaccins contre la COVID-19 est inauguré aujourd’hui à Montréal. La nouvelle usine ne fabriquera pas de vaccins avant le printemps 2022, mais le gouvernement fédéral tenait à souligner l’occasion, pour célébrer cette avancée scientifique, mais aussi pour des raisons politiques.

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l'Industrie François-Philippe Champagne salue des employés de Novavax

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie François-Philippe Champagne salue des employés de Novavax

Le libéral François-Philippe Champagne salue tous les ouvriers sur son passage, lors de notre visite exclusive du nouveau laboratoire du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) à Montréal. Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie s’émerveille devant les fioles incassables pour les vaccins. Il s’est presque gelé les doigts dans le congélateur à -80 degrés Celsius où ils seront entreposés.

Il souligne que les investissements de 126 millions de dollars de son gouvernement permettront de fabriquer 24 millions de doses de vaccins par année. C’est ça qu’on n’avait pas au Canada en début de pandémie», lance-t-il. Se tourner vers d’autres pays comportait son lot de problèmes. Vous vous souvenez? Il y a eu des questions de qualité, d’approvisionnement, des questions de délais, certains [observateurs] qui parlaient du nationalisme des vaccins», soutient le ministre.

Le Canada est quatre fois plus dépendant de l’étranger aujourd’hui qu’il y a 40 ans pour ses produits pharmaceutiques comme les vaccins. Le nouveau laboratoire du CNRC à Montréal est censé être un premier pas afin de corriger la situation.

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne

© /Radio-Canada Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne

Le laboratoire a été construit en un temps record, affirme le directeur de projet, André-Pierre Ghys. En général, ça prend entre 30 et 36 mois à construire ce genre de laboratoire, et on l’a fait en 10 mois.»

La production réelle de vaccin ne commencera pas avant le printemps prochain, soit bien après la fin de la vaccination de masse. Les doses de Novavax serviront donc pour les doses de rappel, les variants qui vont être différents qui vont demander un vaccin différent», explique M. Ghys.

Le gouvernement enverra également une partie des vaccins de Novavax dans les pays plus pauvres par l’entremise de l’initiative COVAX.

Bémols de l’opposition

C’est beaucoup d’argent dans un laboratoire pour une technologie qui est déjà dépassée», lance le député bloquiste Mario Simard. Ça me laisse l’impression que c’est une réaction politique et ce n’est jamais bon si on veut en avoir pour notre argent.»

L’autre point de critique pour l’opposition est le fait que le Canada a déjà acheté 52 millions de doses à Novavax, même si les essais cliniques ne sont pas encore terminés.

Est-ce que Novavax va avoir un vaccin qui va être accepté par Santé Canada? demande le député conservateur Pierre Paul-Hus. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Donc, à court et moyen terme, on ne peut pas savoir s’il va y avoir une efficacité directe pour les Canadiens.»

Ottawa assure que la nouvelle usine viendra combler un vide dans la production locale de vaccin. Mais à elle seule, ce ne sera pas suffisant pour repositionner le Canada sur la scène internationale, selon le professeur Alain Lamarre, titulaire de la Chaire de recherche Jeanne et J.-Louis Lévesque en immunovirologie.

Ça prend tout l’écosystème autour de l’usine, précise-t-il. Ça passe par de la main-d’œuvre qualifiée, des infrastructures, les investissements pour la recherche pure, les études cliniques. Il y a tout ça à rebâtir.»

Atout électoral?

Ottawa a également investi des centaines de millions de dollars dans d’autres projets de production de vaccins au Canada, comme celui de Medicago à Québec, de Precision NanoSystems à Vancouver et de VIDO-InterVac en Saskatchewan. Mais la plupart d’entre eux ne seront pas opérationnels avant encore deux ans.

D’où le désir d’Ottawa, et du ministre François-Philippe Champagne, de souligner à grand trait la construction du laboratoire du CNRC de Montréal. Même si l’édifice doit encore obtenir sa certification scientifique, même si le vaccin de Novavax n’est pas encore homologué par Santé Canada et même si la qualité du produit qui se retrouvera dans les fioles doit encore être testée et approuvée.

Le gouvernement a été critiqué pour ses ratés en début de crise sanitaire. Avec cette nouvelle usine, il veut montrer qu’il est mieux préparé à protéger les Canadiens contre une prochaine pandémie. Et c’est également une façon pour les libéraux de se protéger eux-mêmes des attaques de ses adversaires en campagne électorale.

Avec Radio-Canada par Christian Noël 

Québec-Montréal/Hausse des loyers : des propriétaires interdisent illégalement les cessions de bail

juin 21, 2021

La hausse des loyers de la dernière année est la plus importante à survenir depuis près de trois décennies, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Toutefois, quelques outils, comme la cession de bail, de plus en plus populaire, en atténuent l’effet. Mais encore faut-il que ce droit soit respecté par les propriétaires.

Étienne Lapointe a bien l'intention de mener à terme la cession de son bail, malgré les obstacles.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Étienne Lapointe a bien l’intention de mener à terme la cession de son bail, malgré les obstacles.

Étienne Lapointe est un de ces locataires qui a frappé un mur lorsqu’il a voulu céder son bail. Il s’est trouvé un nouvel appartement qui lui convient mieux, il y a quelques semaines, et désire éviter au prochain locataire une hausse de loyer importante.

Puisqu’il a déjà renouvelé son bail pour l’année 2021-2022, deux scénarios s’offrent à lui pour le libérer de ses responsabilités contractuelles.

Le premier est la résiliation de bail, qui rend l’appartement au propriétaire. Celui-ci sera alors libre de choisir un nouveau locataire en débutant un nouveau bail. Le deuxième scénario est la cession de bail, qui permet à un candidat qu’il sélectionne, et qu’approuve le propriétaire, de reprendre son bail actuel aux mêmes conditions et, surtout, au même prix.

Après réflexion, Étienne Lapointe opte pour la cession de bail, même si cela lui demande davantage de démarches.

Je suis conscient des enjeux, je le sais que les loyers montent à Montréal. Donc, il fallait absolument que je fasse ma part pour garder des loyers abordables», explique-t-il.

Mais il rencontre rapidement de la résistance de la part de sa gestionnaire d’immeuble. Après une première tentative d’envoi par lettre recommandée infructueuse, Étienne décide d’avoir recours à un huissier pour s’assurer que l’avis de cession de bail est bien reçu.

C’est sûr que c’est un peu stressant tout ce processus-là. J’aurais préféré que ça se passe plus facilement», avoue l’étudiant en littérature.

Quelques jours après l’envoi de l’huissier, Étienne reçoit une lettre de sa gestionnaire invoquant notamment des réparations majeures nécessaires dans [son] appartement et [son] immeuble» pour refuser sa demande.

On lui offre plutôt trois mois de loyer afin qu’il résilie son bail et on lui donne l’option de sous-louer l’appartement à son candidat, mais pour une seule année, alors qu’il n’a jamais été question de sous-location du côté d’Étienne.

Étienne Lapointe devra aller devant le Tribunal administratif du logement pour défendre son droit à la cession de bail.

© Yves Chartrand/Radio-Canada Étienne Lapointe devra aller devant le Tribunal administratif du logement pour défendre son droit à la cession de bail.

Me Antoine Morneau-Sénéchal, avocat spécialisé en droit du logement, affirme que le refus de faire une cession de bail en raison de travaux n’est pas un motif valable» et que cet argument ne fait pas échec au droit à la cession de bail du locataire».

La cession de bail, un droit pour tous les locataire

Il n’est pas rare de voir des propriétaires refuser des cessions de bail sous de mauvais motifs, surtout qu’on est dans un contexte d’échauffement du marché immobilier», explique Me Morneau-Sénéchal.

Plusieurs propriétaires, voyant les prix du marché locatif augmenter, préfèrent éviter les cessions de bail, qui les empêchent d’augmenter le prix du loyer, ajoute-t-il. D’autres préfèrent les éviter parce que cela les empêche de choisir eux-mêmes leur prochain locataire.

Il est donc important que les locataires connaissent leurs droits en matière de cession de bail, selon l’avocat.

Lorsque les motifs pour refuser la cession n’ont pas trait au candidat lui-même, que le candidat est solide, [le refus du propriétaire] va être rejeté par le tribunal», assure l’auteur de l’ouvrage Le louage résidentiel.

Qu’est-ce qu’une cession de bail?

La cession de bail permet à un locataire de se libérer des obligations liées à son bail en le transférant à une autre personne qui le reprend tel quel, aux mêmes conditions. Une cession de bail est généralement utilisée lorsque le locataire décide de quitter de manière définitive son logement locatif. Le propriétaire ne peut pas refuser une cession de bail sans motifs sérieux.

Qu’est-ce qu’une sous-location?

Une sous-location est le plus souvent temporaire. Un locataire qui sous-loue son appartement à un tiers demeure responsable de son bail. Lorsque le contrat de sous-location est terminé, le locataire peut retourner dans son appartement. Le propriétaire ne peut pas refuser une sous-location sans motifs sérieux.

Qu’est-ce qu’une résiliation de bail?

Une résiliation de bail peut avoir lieu à n’importe quel moment du bail et met fin au contrat de location signé entre le locataire et le propriétaire, avec l’accord de ce dernier.

Mouvement de solidarité des locataires en ligne

Dans la dernière année, le loyer moyen de l’ensemble des appartements locatifs de la région métropolitaine de Montréal a augmenté de 6 %, la plus forte hausse depuis près de 30 ans, selon la SCHL.

Le porte-parole du Regroupement des comités logement et des associations de locataires du Québec (RCLALQ), Maxime Roy-Allard, déplore les impacts de cette hausse des prix sur le marché locatif.

C’est vraiment une situation critique. Je pense qu’on est en train de perdre la bataille du logement abordable, dénonce-t-il. Ce n’est pas normal que les loyers augmentent de 5 %, 6 % par année alors que l’inflation est autour de 1 % à 2 %. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas!»

Comme pour faire front commun contre ce phénomène, Maxime Roy-Allard dit avoir remarqué un intérêt renouvelé des locataires pour la cession de bail.

Maxime Roy-Allard indique d’ailleurs que le RCLALQ a l’intention de lancer l’an prochain une campagne sur le thème « Cède-moi ton bail » dans le but de sensibiliser les locataires à cet outil à leur disposition.

Claudia Leduc, qui est gestionnaire de groupes Facebook d’entraide entre locataires, a elle aussi remarqué un intérêt grandissant pour les cessions de bail.

Claudia Leduc, gestionnaire de plusieurs groupes Facebook d'entraide et de défense des droits des locataires

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Claudia Leduc, gestionnaire de plusieurs groupes Facebook d’entraide et de défense des droits des locataires

C’est un des rares outils, encore trop peu connu, que les locataires ont pour contrer la hausse des loyers et la crise du logement en ce moment», souligne celle qui modère le groupe J’te cède mon bail – dont le nombre de membres, qui s’élève à 17 000, ne cesse d’augmenter.

« Il faut tenir son bout »

Comme Étienne Lapointe, Camille Bardou a rencontré de la résistance lorsqu’elle a indiqué à son propriétaire qu’elle voulait faire une cession de bail après l’achat d’un condo dans un autre quartier.

Il s’opposait farouchement à la cession de bail, explique-t-elle. Moi, ça me causait un stress de procéder alors qu’il n’était pas d’accord.»

Se sentant frustrée et brimée dans ses droits, elle ne savait pas quels étaient ses recours. Et je n’avais pas envie de me lancer dans de grandes démarches, avec des frais et des délais», ajoute-t-elle.

Camille Bardou a beaucoup aimé vivre dans son appartement montréalais. Elle souhaite que le locataire qui la suivra en profite au même prix.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Camille Bardou a beaucoup aimé vivre dans son appartement montréalais. Elle souhaite que le locataire qui la suivra en profite au même prix.

Camille a finalement abandonné l’idée d’entamer un processus de cession de bail.

Elle a toutefois l’intention de protéger le prochain locataire de son appartement d’une hausse abusive de loyer. La solution? Lui laisser une copie de son bail, afin qu’il sache à combien s’élevait son loyer.

Le RCLALQ, qui réclame d’ailleurs auprès du gouvernement l’instauration d’un registre obligatoire des loyers public et gratuit, salue le réflexe de Camille. La campagne Passe-moi ton bail en cours depuis la mi-mai encourage cette pratique.

Étienne, lui, est bien décidé à aller de l’avant avec sa cession de bail, malgré la pression qu’il ressent pour qu’il en fasse autrement. Il dit avoir pris rendez-vous au Tribunal administratif du logement. C’est quelque chose d’important et je veux continuer ce combat-là. Je veux aller jusqu’au bout et je veux faire respecter mes droits», insiste-t-il.

Son dossier sera évalué par le Tribunal le 30 juin prochain.

Selon Me Morneau-Sénéchal, les demandes sont généralement entendues en urgence». En quelques semaines, on va avoir une solution au litige», assure-t-il. La peur des délais ne devrait donc pas décourager un locataire d’entreprendre une cession de bail.

Le droit devrait être précisé, selon la CORPIQ

Hans Brouillette, directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), dénonce ce mouvement de cessions de bail dans le but avoué d’éviter les hausses de loyers.

Cette initiative dénature la cession de bail, qui devrait selon lui être un moyen pour le locataire de se libérer de ses obligations face à son propriétaire en cours de bail sans subir de préjudice financier.

Hans Brouillette, directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Hans Brouillette, directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers

« Forcer une cession de bail » contre le gré du propriétaire est « inacceptable », ajoute-t-il. Il est tout à fait naturel, à son avis, que les propriétaires veuillent éviter les cessions de bail afin de pouvoir augmenter leurs loyers « au prix du marché » alors que les prix de l’immobilier, de la main-d’œuvre et des matériaux augmentent.

Hans Brouillette estime que la cession de bail devrait être interdite lorsque le propriétaire accepte sans pénalité de résilier un bail avant son terme. Le droit doit être précisé. Il y aura assurément une bataille devant les tribunaux un jour ou l’autre là-dessus et la CORPIQ en fera partie», assure-t-il.

Avec Radio-Canada par  Fannie Bussières McNicoll 

Canada-Québec: Des itinérants hébergés à l’Hôtel-Dieu et l’Hôtel Versailles dès juillet

juin 11, 2021

L’Hôtel-Dieu de Montréal et l’Hôtel Versailles accueilleront des itinérants cet été, a annoncé vendredi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Un itinérant dort sur un banc de parc du Vieux-Montréal.

© Jessie St-Cyr/Radio-Canada Un itinérant dort sur un banc de parc du Vieux-Montréal.

Dès le 1er juillet, 100 places pourront être offertes aux personnes en situation d’itinérance à l’Hôtel-Dieu. Des travaux d’aménagement se poursuivront dans les semaines suivantes», indique un communiqué du ministère.

Le site pourrait accueillir plus de personnes au cours des prochains mois, pour une capacité maximale d’environ 200 personnes», est-il précisé.

Pour ce qui est de l’Hôtel Versailles, des travaux sont en cours pour offrir 100 places au cours des prochains mois».

Selon le communiqué, d’autres projets sont en cours avec les partenaires de la région de Montréal» visant des solutions plus pérennes pour les personnes en situation d’itinérance, soit l’entrée en logement».

Même en été, les besoins sont criants», souligne le ministre Carmant.

Le ministère affirme que différents projets ont permis d’accompagner près de 300 personnes en logement depuis le 1er avril 2021».

Le gouvernement fédéral contribue à ces projets. Ceux-ci font en effet partie de la stratégie canadienne de lutte contre l’itinérance Vers un chez soi» qui vise à mettre un terme à l’itinérance chronique d’ici 2030».

Ottawa a investi 2,2 milliards de dollars sur 10 ans pour lutter contre l’itinérance. Les communautés du Québec ont bénéficié de plus de 92 millions de dollars pour 2020-2021.

Avec CBC/Radio-Canada

Canada-Québce: Le ministre Charette est hué lors d’une vigile à Montréal pour les victimes à London

juin 11, 2021

 

MONTRÉAL — Le ministre caquiste responsable de la Lutte contre le racisme Benoit Charette s’est fait huer pendant plusieurs minutes vendredi soir lorsqu’il a pris la parole lors d’une vigile organisée pour rendre hommage à la famille musulmane décimée dans le sud de l’Ontario dimanche dernier. 

© Fournis par La Presse Canadienne

Devant des centaines de personnes réunies dans le quartier Parc-Extension à Montréal, le ministre Charette a été chahuté dès le moment où il a été présenté à la foule, au point où les organisateurs ont repris le microphone pour tenter de calmer l’agitation et le mécontentement dans l’assistance, mais en vain. 

«Chers amis, nous pouvons avoir certains points de divergences, mais n’oublions pas pourquoi nous sommes ici», a lancé le ministre Charette en tentant d’atténuer les tensions. 

Mais les citoyens mécontents ont continué de se faire entendre pendant les six minutes qu’a duré le discours du ministre responsable de la Lutte contre le racisme. 

Dans la foule, certains citoyens brandissaient des messages contre la loi 21 ou «Loi sur la laïcité de l’État», qui semble être la raison de l’animosité des protestataires à l’égard du ministre caquiste. 

La vigile était organisée par le Forum musulman canadien, qui s’oppose farouchement à la loi 21 qui interdit les signes religieux pour certaines personnes qui sont en autorité. 

La mairesse Valérie Plante, le candidat à la mairie Denis Coderre, les ministres fédéraux Pablo Rodriguez et Mélanie Joly étaient également présents. 

La vigile visait à honorer la mémoire de Salman Afzaal, 46 ans, sa femme Madiha Salman, 44 ans, leur fille Yumna Salman, 15 ans, et la grand-mère de l’adolescente, Talat Afzaal, 74 ans. 

La police allègue que ces quatre personnes ont été tuées après avoir été percutées par une voiture lors d’un acte planifié qui visait des musulmans. 

Le fils de neuf ans du couple, Fayez, a été grièvement blessé, mais devrait se rétablir. 

Nathaniel Veltman fait face à quatre chefs d’accusation de meurtre au premier degré et à un chef de tentative de meurtre en lien avec l’attaque. 

Le Centre culturel islamique de Québec organisait également vendredi soir à Québec une veillée à la chandelle en mémoire des victimes.

Avec Stéphane Blais, La Presse Canadienne

Canada-Québec: Un recensement de 1760 revient à Trois-Rivières

juin 7, 2021

Un registre créé en 1760 à Trois-Rivières et conservé depuis 150 ans par la Société historique de Montréal vient de revenir à Trois-Rivières.

Élaine Bérubé, archiviste aux Archives nationales du Québec à Trois-Rivières.

© STÉPHANE LESSARD Élaine Bérubé, archiviste aux Archives nationales du Québec à Trois-Rivières.

Le document, riche en informations historiques précieuses, vient en effet d’être remis par don à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) par la Société historique de Montréal.

Le registre de 138 pages est constitué d’un recensement réalisé en 1760 et mis à jour en 1762 ainsi que de lettres et placards affichés entre 1760 et 1764.

Ces documents témoignent des activités du gouvernement militaire sur le territoire des Trois-Rivières pendant cette période.

Le registre lui-même contient deux documents. Le premier s’intitule Recensement des habitants de la Ville et Gouvernement des Trois-Rivières tel qu’il a été pris au mois de septembre mil sept cent soixante. Le second document s’intitule Lettres et placards affichés dans le gouvernement des Trois-Rivières Mil sept cent soixante, 1761, 1762, 1763 et 1764.

Le recensement concerne la Ville des Trois-Rivières et sa banlieue, Pointe-du-Lac, Machiche (Yamachiche), Rivière du loup (Louiseville), Maskinongé, Yamaska, Saint François, Baie St Antoine (Baie-du-Febvre), Nicolette (Nicolet), Bécancour, Gentilly, Saint Pierre les Becquets, Sainte Anne et Sainte Marie (Sainte-Anne-de-la-Pérade) Rivière Batiscant et Batiscant (Batiscan). Champlain, Cap de la Magdeleine (Cap-de-la-Madeleine) et Forges Saint-Maurice.

Le document a été trouvé par Alfred Garneau le 15 octobre 1870 chez un encanteur de Québec. Il a été vendu quelques jours plus tard au président de la Société historique de Montréal.

Le don fait à BAnQ 150 ans plus tard, fait en sorte que le document se retrouvera dans BAnQ numérique, indique Mario Robert, président de la Société historique de Montréal.

Jean-Louis Roy, président-directeur général de BAnQ estime que «ce document est une source extraordinaire d’informations sur l’état du monde en 1760, avant l’Accord de Paris de 1763. Quel est l’état du Bas-Canada? On ne le sait pas trop. Combien de gens sont partis? Combien de gens sont restés? Qui sont les gens qui sont restés? Il y a plein de questions qui se posent encore sur cette période charnière», dit-il.

«L’état du monde nous est révélé dans ce document», dit-il.

Le document ne recense pas seulement les personnes. C’est aussi «un recensement sur les richesses», indique M. Roy et il touche 12 à 15 % de la population qui vivait au Québec à cette période.

«Ça nous indique aussi comment se fait la transition du régime français au régime britannique. Il y a plein de liens qui peuvent être faits, y compris avec les autochtones auxquels on fait référence dans ces documents», précise le PDG de BAnQ.

«C’est une pièce rare. C’est une pièce unique, une pièce qui sera appréciée de beaucoup de chercheurs», prévoit-il, reconnaissant que BAnQ ait pu en faire l’acquisition.

Avec  Brigitte Trahan – Le Nouvelliste

Plusieurs véhicules incendiés à Montréal

mai 9, 2021

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) enquête sur un incendie suspect qui a lourdement endommagé dimanche matin trois véhicules sur la rue Querbes, dans l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Trois véhicules ont été lourdement endommagés par les flammes sur la rue Querbes dans l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

© Mathieu Wagner/Radio-Canada Trois véhicules ont été lourdement endommagés par les flammes sur la rue Querbes dans l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Les pompiers de Montréal ont rapidement maitrisé l’incendie qui avait été signalé vers 7 h1 5, explique Véronique Contois, porte-parole du SPVM.

On ne fait état d’aucun blessé.

Les pompiers de Montréal ont rapidement maîtrisé l’incendie.

© Mathieu Wagner/Radio-Canada Les pompiers de Montréal ont rapidement maîtrisé l’incendie.

Les spécialistes de la section des incendies criminels du SPVM ont été appelés sur les lieux pour déterminer s’il s’agit d’un véhicule qui a d’abord pris feu avant que les flammes ne gagnent les voitures voisines ou encore s’il s’agit d’un acte volontaire ciblant les trois.

Mme Contois indique qu’il est trop tôt pour s’avancer sur les causes de l’incident.

Elle se garde également d’établir un lien avec un autre incendie survenu tôt samedi matin, qui a endommagé deux véhicules dans le stationnement arrière d’un immeuble de l’avenue Granby, dans l’est de Montréal.

Samedi, un autre incendie a endommagé deux véhicules dans le stationnement d’un immeuble dans l’est de Montréal.

© Mathieu Wagner/Radio-Canada Samedi, un autre incendie a endommagé deux véhicules dans le stationnement d’un immeuble dans l’est de Montréal.

Avec CBC/Radio-Canada 

Canada-Québec: Grève générale illimitée des débardeurs au Port de Montréal dès lundi

avril 23, 2021

Le Syndicat des débardeurs du port de Montréal a fait parvenir à l’Association des employeurs maritimes (AEM) un avis de grève générale illimité à compter de lundi.

Les débardeurs du port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018.

© Ivanoh Demers/Ivanoh Demers Les débardeurs du port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018.

À moins d’une entente de dernière minute avec leur employeur, les 1150 débardeurs, grands-contremaîtres et le personnel d’entretien de la section locale 375 du SCFP cesseront le chargement et le déchargement des bateaux de même que l’amarrage des navires à compter de 7 h, lundi matin. Les activités seront aussi interrompues au terminal de Contrecoeur, en aval.

Le syndicat des 1150 débardeurs du port de Montréal précise dans un communiqué qu’il maintiendra cependant tous les services de débardage aux navires céréaliers ainsi qu’à ceux qui assurent l’approvisionnement de Terre-Neuve-et-Labrador, en vertu des dispositions du Code canadien du travail.

Dans un avis envoyé à ses membres, le président du comité exécutif du syndicat, Martin Lapierre, explique que cet arrêt de travail est devenu nécessaire à la suite de la décision de l’AEM de modifier unilatéralement les horaires de travail des débardeurs à compter de lundi matin. Une décision qui a été reçue comme un acte de provocation par les syndiqués, a expliqué le conseiller syndical Michel Murray vendredi midi.

M. Murray a cependant rappelé que la priorité des syndiqués est «de se trouver à une table de négociation».

En vue d’une reprise rapide des pourparlers, le Syndicat a tendu une ultime perche à l’employeur.

«Ce qu’on offre aujourd’hui à la partie patronale c’est qu’elle lève […] la coupure de la sécurité d’emploi et la modification des horaires. […] Si l’employeur accepte de lever ces mesures, nous on lèverait immédiatement notre grève du temps supplémentaire, notre grève de fin de semaine et notre avis de grève générale illimitée de lundi matin», a déclaré Michel Murray en point de presse.

Depuis des années maintenant, les négociations sont dans l’impasse entre les débardeurs et l’Association des employeurs maritimes.

Les principaux points en litige dans la négociation d’une nouvelle convention collective sont les horaires de travail, la conciliation travail-famille, le droit à la déconnexion et les mesures disciplinaires.

La convention collective qui lie les parties est échue depuis le mois de décembre 2018. Au moins trois médiateurs ont été nommés dans ce dossier par le ministère fédéral du Travail, mais en vain.

Rappelons qu’un débrayage général avait eu lieu l’été dernier pendant 13 jours au port de Montréal. Les débardeurs étaient retournés au travail à la faveur d’une trêve de sept mois avec leur employeur, maintenant échue.

Tous les regards se tournent vers Ottawa

Le déclenchement de cette grève en pleine pandémie serait un coup dur pour des dizaines, voire des centaines d’entreprises qui dépendent du port pour transporter leurs marchandises ou matières premières à travers le monde.

Plusieurs ont d’ailleurs commencé à se tourner vers d’autres installations portuaires, notamment le port d’Halifax, en raison de l’incertitude qui plane sur la poursuite des activités au port de Montréal. Mais de telles mesures font exploser les coûts de transport, selon Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec.

Pour Mme Proulx, cette grève dans le transport maritime ne peut tomber à un pire moment.

«Ça fait plus d’un an qu’on est en pandémie […] Les manufacturiers ont la capacité de ramener l’économie du Québec sur les rails alors vraiment cette grève-là tombe à un très mauvais moment», a-t-elle déploré sur les ondes d’ICI RDI.

Pour elle, seule une intervention rapide d’Ottawa pourrait éviter cet arrêt de travail.

«On demande au gouvernement fédéral et particulièrement au premier ministre Trudeau de s’assurer de la continuité des opérations dès lundi matin. Ça demande une intervention dès maintenant pour s’assurer que lundi il n’y ait pas de grève.»

À Québec, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a lui aussi directement interpellé le gouvernement fédéral qui est responsable des activités portuaires au Canada, pour une sortie rapide de cette impasse.

«Le port de Montréal est un service public stratégique pour la relance de notre économie», a-t-il déclaré sur Twitter.

Avec  Stéphane Bordeleau

Canada: C’est parti pour la vaccination de masse à Montréal

mars 1, 2021

De premiers Montréalais de 80 ans et plus qui vivent à domicile ont commencé lundi à recevoir le très attendu vaccin contre la COVID-19 dans divers lieux de la ville, dont le stade olympique et le Palais des congrès.

Lyette Saucier, 84 ans a été surprise par la piqûre du vaccin, lundi, au stade olympique. Heureusement, la douleur s’est rapidement dissipée.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Lyette Saucier, 84 ans a été surprise par la piqûre du vaccin, lundi, au stade olympique. Heureusement, la douleur s’est rapidement dissipée.

Les premiers vaccinés sont essentiellement des personnes âgées de plus de 85 ans, qui ont été les premières à pouvoir réserver leur place la semaine dernière. La prise de rendez-vous a ensuite été élargie aux 80 ans et plus puisque des places demeuraient disponibles.

Le directeur de la campagne provinciale de vaccination contre la COVID-19, Daniel Paré, a d’ailleurs annoncé lundi en entrevue à l’émission Tout un matin que tous les septuagénaires de Montréal et de Laval peuvent désormais prendre un rendez-vous à leur tour.

«On a concentré des vaccins dans cette région-là pour cette semaine, considérant le nombre de cas de COVID-19. Cette semaine, on voulait vraiment donner un petit « blitz ». C’est pour ça qu’on rouvre ce nouveau groupe prioritaire», a fait valoir M. Paré.

Une file d'attente s'est rapidement formée lundi matin au stade olympique. Le CIUSS de l'Est-de-Montréal affirme que beaucoup de gens se sont présentées jusqu'à 90 minutes avant leur rendez-vous. La distanciation physique n'était pas au rendez-vous.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Une file d’attente s’est rapidement formée lundi matin au stade olympique. Le CIUSS de l’Est-de-Montréal affirme que beaucoup de gens se sont présentées jusqu’à 90 minutes avant leur rendez-vous. La distanciation physique n’était pas au rendez-vous.

La campagne de vaccination de masse, qui s’est mise en branle jeudi dernier à Laval et dans les Laurentides, commence également lundi dans la région de Lanaudière. En Montérégie, elle ne débutera toutefois pas avant le 11 mars.

À Montréal, une quinzaine d’endroits accueillent des aînés, dont le stade olympique et le Palais des congrès, qui sont tous deux en mesure d’immuniser 3000 personnes par jour. Le stationnement à ces deux endroits est gratuit pour quiconque vient se faire vacciner.

Au stade olympique, la campagne de vaccination semble avoir été victime de son succès, et de l’impatience des aînés, lundi matin. Une file d’attente s’est rapidement formée dans la rotonde, de sorte que des employés ont dû offrir des chaises aux gens.

Un employé distribue des chaises aux personnes contraintes d'attendre avant d'entrer. Plusieurs d'entre elles sont mécontentes de la tournure des événements.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Un employé distribue des chaises aux personnes contraintes d’attendre avant d’entrer. Plusieurs d’entre elles sont mécontentes de la tournure des événements.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal affirme que beaucoup de personnes se sont présentées jusqu’à 90 minutes avant leur rendez-vous.

Pour éviter cette situation, les gens sont priés «de se présenter à l’heure de leur rendez-vous, et non pas en avance», a indiqué le CIUSSS dans un communiqué. «Le respect de cette directive est nécessaire pour assurer le respect des consignes sanitaires en vigueur», précise-t-il.

Une fois les chaises distribuées, les gens ont pu s'asseoir dans la rotonde du stade en attendant leur tour.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Une fois les chaises distribuées, les gens ont pu s’asseoir dans la rotonde du stade en attendant leur tour.

Au Patro Villeray, où des vaccins sont aussi offerts, aucune attente considérable n’était toutefois signalée lundi avant-midi. Plusieurs personnes interrogées avant de s’y engouffrer se disaient soulagées devant la perspective d’être enfin vaccinées.

«On se sent heureux d’avoir le vaccin», a déclaré un homme qui arrivait pour son rendez-vous. «Peut-être qu’on va être plus protégés. Alors, ça va nous donner un peu d’assurance, aussi. En tout cas, il faut le faire», a commenté une autre femme.

Une infirmière auxiliaire venue prêter main-forte pour la vaccination, Cera Tofan, abondait dans le même sens. «Il faut passer à cette étape. Le plus rapidement c’est, mieux c’est pour tout le monde», a-t-elle indiqué. «On veut gagner cette immunité collective tellement désirable.»

Il a fallu au moins une heure avant que des mesures visant à assurer le respect de la distanciation physique soient mises en place dans la rotonde du stade.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Il a fallu au moins une heure avant que des mesures visant à assurer le respect de la distanciation physique soient mises en place dans la rotonde du stade.

«On trouve que ça roule bien»

Au Palais des congrès, une bonne affluence pouvait aussi être constatée en milieu de matinée. «On trouve que ça roule bien», a commenté Francine Dupuis, présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

«C’est sûr que, comme c’était la première journée, on a commencé un peu en retard. On n’était pas tout à fait à point. On a eu quelques petits accrocs sur le plan informatique. Mais maintenant, ça roule bien, et on pense que ça va être de plus en plus efficace et que les gens auront moins d’attente», a-t-elle indiqué.

Mme Dupuis invite elle aussi les gens qui ont des rendez-vous à se présenter tout au plus 10 minutes avant l’heure prévue pour recevoir leur vaccin.

«Ça ne sert à rien d’attendre dans la file; ils vont de toute façon être vaccinés. Et ça fait moins d’attente, surtout pour les personnes qui ont des marchettes ou des chaises roulantes», a-t-elle souligné.

Selon Mme Dupuis, le gouvernement a pensé entreprendre la campagne de vaccination de masse auprès des septuagénaires, avant de se raviser, par crainte que cela pose des problèmes de logistique.

Mme Dupuis affirme que les pages horaires offertes pour les prochaines semaines sont actuellement «restreintes», parce que Québec n’a pas pu offrir une «assurance totale» que les doses attendues arriveront. «Mais au fur et à mesure qu’on nous confirme les arrivées [de vaccins], on ajoute des plages de rendez-vous», assure-t-elle.

Le nombre de vaccinateurs suffit à répondre à la demande en ce moment, puisque les centres de vaccination ne fonctionnent pas encore à leur pleine capacité. «Quand tous les sites montréalais vont être à pleine capacité, ça pourrait poser un problème», a-t-elle toutefois convenu.

Au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, une centaine de personnes supplémentaires sont recherchées pour différentes tâches, dit-elle. «C’est très complexe, c’est beaucoup de logistique. Il faut les former ces gens, il faut leur montrer le système informatique; il faut qu’ils s’approprient ça, détaille-t-elle. Donc, il faut de la formation pour ne pas que les gens fassent d’erreurs.»

«C’est la lumière au bout du tunnel»

En entrevue à Tout un matin, Ginette Senez, directrice par intérim de la gestion extrahospitalière de la pandémie au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, a expliqué que les aînés qui se rendent au Palais des congrès doivent se laver les mains avant de s’enregistrer avec leur carte d’assurance-maladie avant d’être dirigés vers la salle de vaccination.

«On a d’abord une évaluation, on donne son consentement, on change de table et on procède à la vaccination comme telle», a-t-elle résumé. «Par la suite, on se rend à la salle d’attente […], on attend 15 minutes, on ressort de la salle, on prend le rendez-vous pour notre deuxième dose et on quitte.»

Les gens qui seront vaccinés aujourd’hui recevront le vaccin de Pfizer-BioNTech, a précisé Mme Senez.

«On vaccine avec le vaccin qui nous est rendu disponible. En ce moment, nous avons beaucoup plus de doses de Pfizer que de Moderna. Concernant AstraZeneca, nous ne l’avons pas encore», ajoute-t-elle en référence à ce vaccin et à sa version indienne, Covishield, qui ont tous deux été approuvés vendredi dernier par Santé Canada.

Selon Mme Senez, le vaccin de Moderna, qui nécessite une manipulation un peu moins délicate que celui de Pfizer-BioNTech, est davantage utilisé dans des situations où le vaccin doit être déplacé. Il est notamment utilisé en ce moment pour vacciner les aînés vivant dans des habitations à loyer modique (HLM).

Daniel Paré a par ailleurs indiqué lundi qu’une aide devrait être bientôt offerte aux personnes âgées qui n’ont pas de moyen de transport pour se rendre aux centres de vaccination, comme le demandait en fin de semaine le Réseau FADOQ.

Les personnes admissibles à un vaccin sont invitées à prendre rendez-vous en ligne à l’adresse Québec.ca/vaccinCOVID ou par téléphone au 1 877 644-4545.

Avec Radio-Canada par  François Messier 

Canada-Montréal: Deuxième éclosion majeure chez les Sœurs de la Providence

février 8, 2021

La résidence des Sœurs de la Providence à Montréal lutte contre une deuxième éclosion massive de COVID-19, qui a déjà fait une dizaine de morts ces derniers jours. Une situation d’autant plus « regrettable », selon ses dirigeants, qu’ils avaient demandé à avoir accès à la vaccination en même temps que les CHSLD au début du mois de janvier.

L’éclosion est loin d’être terminée puisque, malgré certains cas rétablis, il reste encore plus d’une trentaine de cas positifs chez les résidents. 11 résidents sont décédés, dont 10 du côté de l’infirmerie et un du côté des résidents autonomes ou semi-autonomes.

© Marie-France Coallier Le Devoir L’éclosion est loin d’être terminée puisque, malgré certains cas rétablis, il reste encore plus d’une trentaine de cas positifs chez les résidents. 11 résidents sont décédés, dont 10 du côté de l’infirmerie et un du côté des résidents autonomes ou semi-autonomes.

C’est au retour des Fêtes, vers le 6 janvier, que sont survenus les premiers cas de COVID à Carrefour Providence, une résidence privée comptant plus de 300 religieuses et dont la moyenne d’âge est de 89 ans. Rapidement, on a procédé à un dépistage massif, explique la directrice générale Danielle Gaboury. Au fil des jours, le nombre de cas a augmenté de façon exponentielle pour arriver à un total de 81 chez les résidents et de 40 chez les employés, en date de vendredi.

L’éclosion est loin d’être terminée puisque, malgré certains cas rétablis, il reste encore plus d’une trentaine de cas positifs chez les résidents. Seulement 12 membres du personnel sont rétablis et de retour en poste.

Onze résidents sont décédés, dont 10 du côté de l’infirmerie — qui s’apparente à un CHSLD pour les soins de longue durée qui y sont dispensés — et 1 du côté des résidents autonomes ou semi-autonomes.

Le président du syndicat, Farid Larab, dénonce une « gestion catastrophique » de la direction de l’établissement. « Ils ont perdu le contrôle dans les deux premières semaines », affirme-t-il en entrevue au Devoir. « On fait des mises à jour avec l’employeur tous les deux jours et on leur suggère des changements qui tardent à venir. »

Selon lui, le manque de personnel est criant, ce que confirme la direction, qui affirme être en recrutement permanent depuis le début de l’éclosion, puisque non seulement il faut remplacer le personnel malade, mais également ajouter des bras pour faire face à l’éclosion.

Positive pour la deuxième fois

Dans la résidence d’à côté, la résidence Salaberry, gérée aussi par les Sœurs de la Providence, on compte un total de sept cas : quatre chez les résidentes et trois chez le personnel.

L’une d’entre elles, sœur Rita Richard, avait reçu un test positif lors de la première vague, en mai dernier, et été placée en zone rouge avec plusieurs de ses consœurs. Des mois plus tard, à sa grande surprise, elle a à nouveau été déclarée positive et placée en zone rouge. « Je ne me sentais pas malade, je n’avais aucun symptôme, assure-t-elle au Devoir. C’était une grande déception, mais au lieu de rechigner, j’essayais de regarder les bons côtés. J’ai fait mon temps et j’ai pu regagner ma chambre. »

Ce qu’elle a trouvé le plus difficile, c’était l’isolement. « Jamais je n’ai eu peur de mourir, précise-t-elle. Mais je remercie le ciel à tous les jours ! »

Selon elle, le personnel et l’administration ont été « extraordinaires dans leur dévouement » et ont multiplié les petites attentions qui font du bien.

Vaccination tardive

Le Devoir s’était rendu en mai dernier dans les deux résidences des Sœurs de la Providence, qui luttaient alors contre la première vague de COVID. Les sœurs étaient dépassées par les événements et demandaient de l’aide au CIUSSS du Nord-de-l’Île de Montréal. « La différence, cette fois-ci, c’est qu’on a un beau partenariat avec le CIUSSS du Nord, explique la directrice générale, Danielle Gaboury. On peut souligner également que nous avons beaucoup appris de la première vague et que beaucoup de mesures de prévention et de contrôle des infections étaient déjà en place. »

Mais il y a un hic, déplore Marie-Andrée Guillemette, directrice des soins et des services cliniques. « La seule chose qui est regrettable, c’est que le côté infirmerie de l’établissement n’a pas été considéré comme un CHSLD dans la priorisation de la vaccination, ce qui fait que plutôt que d’être vacciné dès le bloc 1, au début janvier, on est vacciné aujourd’hui [mercredi]. »

Selon elle, c’est un problème de nomenclature qui a empêché ses résidentes les plus fragiles d’être vaccinées plus tôt en janvier. « Au niveau administratif, nous sommes inscrits sous le nom de communauté religieuse, ce n’est pas écrit CHSLD privé, par exemple. Donc, malgré le fait que nous avons vraiment identifié que le côté infirmerie, ce sont des soins de longue durée qui sont similaires à ceux donnés dans un CHSLD ; cette catégorisation a été maintenue dans les critères de priorisation. »

Des demandes ont été faites du côté de l’établissement pour tenter de convaincre le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal de revoir la catégorisation de l’infirmerie, mais celles-ci sont restées vaines. « Il faut toujours se battre pour faire reconnaître les droits des résidentes et avoir accès aux mêmes services que les CHSLD », ajoute la directrice générale, Danielle Gaboury.

Si on avait pu vacciner les résidentes de l’aile infirmerie plus tôt, est-ce qu’il y aurait eu moins de dommages ? « Assurément », répond Marie-Andrée Guillemette.

Du côté du CIUSSS, on répond par courriel que « les catégories priorisées ont été déterminées par Québec ». Ainsi, les résidences des Sœurs de la Providence se situent dans la troisième catégorie, soit celle des « personnes autonomes ou en perte d’autonomie qui vivent en résidence privée pour aînés (RPA) ou dans certains milieux fermés hébergeant des personnes âgées ».

On confirme par ailleurs que les équipes se sont déplacées mercredi afin de vacciner 330 usagers.

La directrice de la clinique estime, avec confiance, que la vaccination « va freiner la poursuite de l’éclosion » et « casser la courbe » pour lui permettre de redevenir une « zone froide d’ici trois à quatre semaines ».

Avec Le Devoir par  Jessica Nadeau