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RDC : la Monusco ordonne une enquête après un incident entre des Casques bleus et un civil

avril 25, 2021
Une patrouille de Casques bleus de la Monusco près de Nyiamilima, dans l’est de la RDC, le 9 avril 2015.

Dans un contexte de défiance croissante envers la force onusienne, un incident a opposé samedi des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) et un civil dans l’est de la RDC.

Des Casques bleus chinois ont interpellé brutalement un chauffeur à l’aéroport de Bukavu (province du Sud-Kivu), qui venait de renverser l’un des leurs, d’après une vidéo partagée sur les réseaux sociaux et les explications de la force onusienne. La vidéo montre deux hommes en train de maîtriser un individu à terre devant un véhicule, en présence de deux Casques bleus debout.

« L’altercation est rude. Plusieurs Casques bleus tentent de maîtriser l’individu », indique la Monusco en commentaire de la vidéo, avant de la contextualiser. « Un chauffeur de la Régie des voies aériennes qui se rendait à Kavumu (l’aéroport de Bukavu) avait renversé un Casque bleu chinois, causant un traumatisme crânien », a expliqué à la presse le cheffe du bureau de la Monusco à Bukavu, Karna Soro. « Le chauffeur ne s’étant pas arrêté, certains éléments du contingent chinois ont décidé de le suivre afin de l’amener eux-mêmes à la police », a poursuivi Karna Soro

Défiance envers la Monusco

La cheffe de la Monusco, Bintou Keïta, a exprimé « son indignation » et ordonné « une enquête immédiate pour établir les faits » qui lui permettra de prendre « les mesures appropriées ». À Bukavu, Karna Soro a précisé avoir « présenté des excuses » lors d’un entretien avec le commandant de l’aéroport et le chauffeur en question « pour cet incident malencontreux ».

Dans la province voisine du Nord-Kivu, un appel à la grève générale a été lancé à Beni le 5 avril contre l’inaction de la Mission des Nations unies face aux massacres de civils.

À Kinshasa, les opposants Martin Fayulu et Adolphe Muzito ont tenté de marcher samedi contre « les tueries récurrentes et en masse des populations civiles congolaises » dans l’Est. Interdite, leur manifestation a été dispersée. Une autre a eu lieu à Kikwit, dans l’Ouest.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC: l’armée congolaise affirme avoir retrouvé le corps d’un Casque bleu

décembre 4, 2019

L’armée congolaise a affirmé ce mercredi avoir retrouvé le corps d’un Casque bleu de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) près de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

«Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont partagé ces informations avec nous et nous allons suivre ce dossier conformément à nos procédures», a indiqué de son côté un porte-parole de la mission de l’ONu (Monusco). L’armée congolaise affirme avoir retrouvé le corps une date non précisée dans la région de Beni, où elle a annoncé le 30 octobre des opérations contre les groupes armés, en particulier les Forces démocratiques alliées (ADF). Les Casques bleus ont annoncé depuis lundi qu’ils s’étaient joints à ses opérations, avec leurs éléments de la brigade d’intervention dans la région (Afrique du Sud, Tanzanie, Malawi).

«Dans un camp des ADF conquis par l’armée, nous avons retrouvé les restes d’un Casque bleu tombé au champ d’honneur», a déclaré le général Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, lors d’une conférence de presse. «On a ramassé sa carte militaire (…) Je ne pourrais pas m’avancer sur sa nationalité. L’ONU elle-même se chargera de la donner». Côté ONU, on indique que «le pays d’origine et la famille doivent être officiellement informés et l’identification va prendre du temps». «Donc on ne va rien confirmer avant longtemps».

1000 civils massacrés par les ADF

D’origine ougandaise, les ADF sont accusées du massacre de plus de 100 civils dans la région de Beni, en représailles des opérations militaires congolaises. Ces massacres ont provoqué des émeutes d’habitants contre les autorités et les Casques bleus, accusés de ne rien faire. Des sources de la société civile ont accusé les ADF d’avoir tué onze personnes, neuf hommes et deux femmes, dans la nuit de lundi à mardi dans le village d’Orototo, dans le territoire de Beni. «Nous avons enterré les 11 cadavres aujourd’hui en brousse vers 11h», a déclaré David Muwaz, président de la société civile de la chefferie de Batalinga. L’armée congolais n’a pas voulu confirmer. Au total les ADF auraient massacré plus de 1000 civils dans la région de Beni depuis 2014.

Quinze casques bleus tanzaniens ont été tués par les ADF en décembre 2017 dans l’attaque de leur base en territoire de Beni. En décembre 2018, sept autres Casques bleus ont été tués dans une embuscade tendue par des ADF.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC : Kinshasa annonce des opérations militaires conjointes avec la Monusco à Beni

novembre 25, 2019

Des casques bleus tanzanien lors d'un entraînement dans le Nord-Kivu, en 2013.

Des casques bleus tanzanien lors d’un entraînement dans le Nord-Kivu, en 2013. © MONUSCO/Sylvain Liechti

 

La présidence de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé lundi des « opérations conjointes entre l’armée nationale et la Monusco (Mission des Nations unies au Congo) » à Beni, dans l’est du pays, « afin d’assurer la paix et la sécurité à la population civile ».

La présidence a également annoncé dans un communiqué « l’installation d’un quartier général avancé des forces armées à Beni », à l’issue d’une réunion urgente d’un « Conseil de sécurité » à Kinshasa présidé par le chef de l’État Félix Tshiskedi, en présence de la cheffe de la Monusco, Leila Zerrougi. Aucune date n’a été précisée pour le lancement de ces opérations conjointes annoncées après un nouveau massacre de huit civils à Beni, dans la nuit de dimanche à lundi, attribué au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF).

La mission onusienne « va renforcer la coopération avec ses partenaires et travailler étroitement avec les autorités pour trouver conjointement des solutions en faveur de la population de Beni », a-t-elle indiqué dans un communiqué après l’annonce de la présidence.

« Indifférence des autorités de Kinshasa »

La nouvelle tuerie attribuée au groupe armé ADF (Forces de défense alliées) a provoqué la colère des habitants de Beni, qui dénoncent l’ »indifférence des autorités de Kinshasa et « l’inaction » des Casques bleus présents sur place. Un bureau de l’ONU a été saccagé et partiellement incendié lundi à Beni par les manifestants, qui ont aussi mis le feu à la mairie de la ville.

Au total, 77 civils ont été tués depuis le 5 novembre à Beni et ses environs, dans le Nord-Kivu, selon un comptage du Groupe d’étude du Congo (GEC) de l’Université de New York. Il s’agit, selon les experts, de représailles des ADF après les opérations militaires annoncées contre leurs bases le 30 octobre par l’armée congolaise.

L’armée congolaise a annoncé son offensive sans la Monusco, qui dispose d’une force de quelque 16 000 hommes en RDC et d’une force d’intervention rapide à Beni. Le mandat de la Monusco doit être renouvelé au Conseil de sécurité des Nations unies d’ici à la fin de l’année.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: le rôle des Casques bleus renforcés en vue d’une élection cruciale

mars 27, 2018

Un camion de la Monusco patrouille autour d’églises catholiques à Kinshasa lors d’une manifestation appelant au départ du président Kabila, le 21 janvier 2018 / © AFP / JOHN WESSELS

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renforcé le rôle du plus grand contingent de Casques bleus du monde, afin de préparer les élections cruciales en République démocratique du Congo, qui devraient marquer le départ du président Joseph Kabila.

Présenté par la France, ce texte adopté à l’unanimité prolonge le mandat de la Monusco jusqu’en mars 2019 et souligne la nécessité de protéger les civils d’ici les élections prévues le 23 décembre pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

« Le défi est historique, dans un contexte délicat. Sans élections crédibles et acceptées par tous, c’est la stabilité du pays et de toute la région qui est en jeu », a souligné l’ambassadeur français aux Nations unies, Francois Delattre.

« La période électorale qui s’ouvre est cruciale pour l’avenir de la RDC mais aussi de la région dans son ensemble », a-t-il martelé devant le Conseil de sécurité après le vote.

L’ambassadeur congolais auprès de l’ONU, Ignace Gata Mavita, a lui critiqué la résolution, soulignant que la mission des Casques bleus devrait être avant tout « de lutter contre les groupes armés pour protéger les civils et restaurer la paix et la sécurité dans la partie Est de notre pays qui en a grandement besoin ».

Il a de nouveau appelé au départ de la Monusco, présente depuis près de 20 ans dans ce pays qui compte plus de quatre millions de déplacés selon l’ONU.

Malgré son vote en faveur du texte, la Russie a insisté sur le fait que ce nouveau mandat ne donnait pas de feu vert pour s’ingérer dans les affaires internes du pays, la Chine soulignant également que la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC) devait être respectée.

« Il est nécessaire d’éviter absolument une situation qui verrait la Monusco soutenir l’un des partis congolais », a déclaré l’ambassadeur adjoint de la Russie auprès des Nation unies, Dmitry Polyanskiy.

La communauté internationale doit aider la RDC à « renforcer ses propres capacités en matière de sécurité afin d’établir une situation stable dans le pays de façon autonome », a ajouté l’ambassadeur adjoint de la Chine, Wu Haitao.

– « Transparence et crédibilité » –

Le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne n’a jamais connu de transition pacifique depuis son accession à l’indépendance en 1960.

Arrivé au pouvoir après l’assassinat de son père Laurent Désiré en 2001, Joseph Kabila restera au pouvoir au moins jusqu’à début 2019, plus de deux ans après la fin de son second mandat, le 20 décembre 2016. Il n’a pas déclaré publiquement qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat.

Toute manifestation de l’opposition est interdite depuis septembre 2016 en RDC, où la répression de marches des catholiques depuis le 31 décembre a fait une quinzaine de morts.

La résolution adoptée mardi appelle « à oeuvrer à la tenue d’élections transparentes, crédibles et ouvertes dans les délais annoncés ».

Le Conseil appelle le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à préparer des plans incluant « toutes les options » d’ici le scrutin, dont l’envoi de renforts.

– Tensions entre Kinshasa et l’ONU –

D’après la résolution, les plus de 16.000 militaires de la Monusco seront chargés d’accompagner le processus électoral, notamment l’inscription des électeurs, le scrutin et la transition au sommet du pouvoir attendue le 12 janvier.

La mission formera aussi la police congolaise pour qu’elle assure la sécurité le jour du vote.

La Monusco relèvera en outre tout atteinte aux droits de l’homme.

Cette nouvelle résolution intervient dans un contexte de tensions entre l’ONU et le président Kabila, qui a déclaré en janvier vouloir « clarifier nos relations avec la Monusco », sur fond de crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Kinshasa a ainsi refusé de participer à une « conférence des donateurs » pour la RDC le 13 avril à Genève co-présidée par l’ONU, estimant que les Nations unies et les ONG exagéraient la crise humanitaire au Congo.

Une précédente résolution, en mars 2017, envisageait déjà une élection présidentielle en décembre 2017, un scrutin finalement reporté d’un an par les autorités congolaises, officiellement pour cause de violences dans le Kasaï (centre).

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 19h23)

RDC: tensions à la veille des manifestations du 15 novembre, la Monusco met en garde Kinshasa

novembre 14, 2017

Des policiers à Kinshasa, en mai 2017, lors des évasions massives de la prison centrale. © John Bompengo/AP/SIPA

À la veille des manifestations annoncées sur toute la RDC pour protester contre le calendrier électoral, les Nations unies ont mis en garde mardi Kinshasa contre une éventuelle répression des manifestants. Au même moment, à Lubumbashi, dans le sud du pays, l’opposition dénonce déjà les « intimidations ».

« Des policiers et des militaires à bord de quatre jeeps ont encerclé ma résidence vers 13 heures [locales] alors que j’avais réuni des cadres du Rassemblement pour préparer les manifestations de ce 15 novembre. » Au bout de fil Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, leader de la principale plateforme de l’opposition congolaise dans l’ex-Katanga, reste « serein » malgré cette énième « intimidation du régime en place » à son encontre.

« Le pouvoir a peur que je rentre en contact avec la population, explique à Jeune Afrique ce vieux briscard de la politique congolaise et ancien président de l’Assemblée provinciale de l’ex-Katanga. Depuis des mois, les forces de l’ordre restreignent mes mouvements et m’empêchent même d’aller à l’église. »

Pas question pour autant d’abdiquer. « Le 15 novembre, le peuple va manifester pacifiquement, sans casse ni brutalité aucune », maintient celui qu’on appelle affectueusement « baba » (père, en swahili) dans la partie méridionale du pays.

En attendant, la réunion du Rassemblement à Kashamata, dans la banlieue lushoise, réputée être le QG du président congolais Joseph Kabila à Lubumbashi, a été interrompue par les forces de l’ordre. « J’ai été exfiltré de chez moi par les Casques bleus », soutient l’opposant Kyungu wa Kumwanza.

« Il n’y a pas eu d’opération d’exfiltration à proprement parler. Notre seule présence a suffi à calmer les esprits », indique à Jeune Afrique au sein de la  Monusco.

La Monusco prête à rapporter d’éventuelles violations

Dans un communiqué publié à Kinshasa ce mardi, Maman Sidikou, patron de la mission onusienne en RDC, met toutefois en garde les autorités congolaises contre une éventuelle répression des manifestations prévues le 15 novembre sur toute l’étendue de la RDC.

« Il est important que toutes les voix puissent s’exprimer dans le calme et de façon pacifique. Conformément à son mandat, la Monusco se réserve le droit d’observer les événements et de rapporter d’éventuelles violations des droits de l’homme », écrit-il.

« La Mission exhorte ainsi les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales telles que stipulées dans la Constitution congolaise, dont la liberté de réunion et de manifestation », ajoute le texte, appelant les autorités à s’abstenir de tout recours à la violence, comme ce fut le cas il y a un mois à Goma, lors de la lourde répression des manifestations qui avaient alors fait plusieurs morts.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

RDC: Une base de la Monusco attaquée dans le Nord-Kivu après des combats entre armée congolaise et rebelles ADF

octobre 9, 2017

Image mise à disposition par la Monusco présentant des Casques bleu du Guatemala en opération à Sake, dans le Nord-Kivu, le 5 juillet 2017. © Photo : MONUSCO

 

Un Casque bleu a été tué ce lundi dans l’attaque d’une base de la Monusco à Beni. L’attaque survient au lendemain de combats ayant opposé dimanche 8 octobre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux Forces démocratiques alliés (Allied Democratic Forces, ADF), accusée par les autorités d’être à l’origine de la disparition, samedi, d’une vingtaine de civils.

Un Casque bleu a été tué et douze autres blessés ce lundi 9 octobre dans l’attaque par les ADF d’une base des Nations unies située dans le territoire de Beni, a fait savoir la Mission des nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

La veille, dimanche 8 octobre, des combats à l’arme lourde et légère ont opposé les Forces armées de la RDC aux Forces démocratiques alliés dans le même territoire de Beni, l’une des entités administratives du Nord-Kivu.

Rebelles islamistes ougandais présents dans l’est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) d’être responsables de tueries qui ont fait plus de 700 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Une vingtaine de disparus

Samedi 7 octobre, les ADF avaient attaqué une dizaine de taxis-motos sur la route entre les localités de Kamango et de Mbau. Une vingtaine de personnes sont depuis portées disparues sans que l’on sache si elles sont décédées ou toujours détenues par les ADF.

Un représentant de la société civile, Teddy Kataliko, évoque précisément le chiffre de 22 personnes portées disparues, plus dix rescapés dont sept femmes et trois hommes sur cet axe Mbau-Kamango. Selon RFI, ces vingt-deux personnes, parmi lesquelles une femme, auraient été égorgées par les ADF.

Jeuneafrique.com

 

RDC : inquiétudes dans le Nord-Kivu après l’annonce de la fermeture de cinq bases de la Monusco

juillet 19, 2017

Les Casques bleus patrouillent à Buniyampuli, dans l’est de la RDC. © Flickr/Monusco

La Monusco a annoncé mercredi la fermeture d’ici fin juillet de cinq de ses bases fixes au Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Une décision commandée par le nouveau mode opérationnel des Casques bleus, mais qui est loin de rassurer tout le monde.

Côté Monusco, on se veut plutôt rassurant. Son nouveau dispositif opérationnel ne serait justifié que pour des raisons d’efficacité. « Il comprend des patrouilles longues distances, des patrouilles de démonstrations de présence, la surveillance aérienne et un déploiement rapidement en cas d’incident de sécurité », explique la mission onusienne dans un communiqué rendu public, le 18 juillet, à Kinshasa.

Mais ce « changement de mode opérationnel » passe aussi par la fermeture à partir du 31 juillet de cinq bases fixes dans les territoires de Walikale (Walikale centre et Bunyapuri), de Masisi (Masisi centre et Nyabiondo) et de Lubero (Luofo). Toutefois, la Monusco « [veille] à continuer à remplir son mandat, c’est-à-dire qu’elle poursuit le soutien aux autorités congolaises dans la protection des civils », assure son représentant, Maman Sidikou.

Risque de recrudescence de l’insécurité ?

Côté société civile, c’est l’inquiétude. « Plusieurs ONG du Nord-Kivu estiment en effet que la Monusco ne devrait pas fermer ses bases fixes dans ces zones », soutient Juvénal Munubo, élu de Walikale, l’un des trois territoires concernés, qui dit « joindre sa voix à celle des militants de la société civile locale ».

« S’il est vrai que les rebelles rwandais des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda, NDLR] ont été repoussés vers le nord-est, il existe encore des groupes armés, surtout des Maï-Maï Guidon ou Sheka, actifs dans cette partie du pays », rappelle le député, membre de la commission en charge de la défense et de la sécurité au sein de l’Assemblée nationale.

« Avec cette fermeture annoncée des cinq bases fixes de la Monusco, je crains une recrudescence de l’insécurité dans le Nord-Kivu, prévient Juvénal Munubo. Il s’observe en effet une absence d’autorité de l’État dans plusieurs endroits de la région et ce sont ces bases qui faisaient offices d’une certaine présence d’une autorité. »

Jeuneafrique.com par

Guterres veut renforcer la présence de l’ONU en RDC

mars 10, 2017

Nations unies (Etats-Unis) – Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a demandé vendredi au Conseil de sécurité d’envoyer 320 Casques bleus supplémentaires en République démocratique du Congo (RDC) par crainte de possibles poussées de violence avant les élections, prévues fin juin.

Dans un rapport consulté par l’AFP, M. Guterres dit être « très inquiet de la forte augmentation des violations des droits de l’homme », et estime que les nouvelles unités de soldats pour la Monusco (la Mission de l’ONU en RDC) aideraient à protéger les civils.

Il a proposé que deux nouvelles unités soient déployées dans les villes de Lubumbashi et de Kananga, « qui risquent d’être des points chauds pour les élections » et où il n’y a pas de police de l’ONU pour le moment.

« De telles forces pouvant intervenir rapidement dans ces centres urbains clés amélioreraient les capacités de la mission à protéger les civils, de même que les personnels des Nations unies et leurs installations, en cas de flambée de violence liée aux élections », indique M. Guterres.

Celui-ci a aussi requis 36 véhicules blindés de transport de troupes supplémentaires pour les Casques bleus.

L’ONU dispose déjà de près de 19.000 soldats déployés en RDC, sa mission de maintien de la paix la plus importante et la plus coûteuse.

« L’année 2017 va être cruciale pour la République démocratique du Congo », ajoute M. Guterres dans le rapport envoyé au Conseil vendredi. « La présence de la Monusco dans le pays reste ainsi essentielle pour maintenir le processus politique sur les rails, préserver les avancées et renforcer les perspectives de stabilité dans le pays ».

L’an dernier le précédent secrétaire général, Ban Ki-moon, avait proposé de réduire de 1.700 soldats la Monusco mais le Conseil de sécurité avait voté contre cette mesure.

Le Conseil doit voter d’éventuels changements à la Monusco le 29 mars.

La demande de M. Guterres intervient alors que l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley a promis une révision de toutes les missions de maintien de la paix, avec pour objectif d’en réduire les coûts et d’en fermer certaines.

Les Etats-Unis ont très peu de Casques bleus sur le terrain mais ils sont le plus gros contributeur financier aux missions de maintien de la paix, apportant 29% du budget total de 7,9 milliards de dollars par an.

La Monusco a relevé 5.190 violations des droits de l’homme en RDC l’an dernier, une hausse de 30% par rapport à 2015.

« La police nationale reste la principale responsable de ces violations, avec un total de 1.553 abus », souligne le rapport de l’ONU.

Le pouvoir et l’opposition ont signé le 31 décembre un accord de cogestion sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Cet accord censé sortir le pays de la crise est resté inappliqué et la mort à Bruxelles d’un opposant historique, Etienne Tshisekedi, est encore venue compliquer les choses.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a demandé mercredi à Genève l’établissement d’une commission d’enquête sur les violences contre les civils en RDC.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2017 20h30)             

Fin du second mandat de Kabila : l’armée de la RD Congo a « tiré pour tuer », selon l’ONU

février 28, 2017

Des soldats congolais à Kinshasa, le 20 septembre 2016. © John bompengo/AP/SIPA

Dans un rapport publié mardi, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) revient sur les événements sanglants ayant marqué la fin constitutionnelle du mandat du président Joseph Kabila. Et accuse l’armée d’avoir délibérément tué des civils en RDC. Ce que Kinshasa conteste.

Le bilan macabre n’a pas changé. En 16 jours, au moins 40 personnes ont été tuées en RD Congo, dont cinq femmes et deux enfants, « dans le contexte des événements du 19 décembre », marquant la fin théorique du second mandat du président Joseph Kabila. C’est ce qui ressort du rapport rendu public, le 28 février, par le BCNUDH et la Monusco.

Le document de 24 pages accable les forces de l’ordre et de sécurité de la RD Congo. S’appuyant sur des « preuves crédibles » collectées sur le terrain, le BCNUDH accuse les soldats congolais, y compris les membres de la Garde républicaine et ceux de la police militaire, d’avoir tué par balle au moins 28 personnes.

La structure onusienne dit également avoir « reçu des informations crédibles selon lesquelles au moins six personnes ont été tuées par des agents de la police nationale congolaise, dont cinq par balle, à Matadi et Lubumbashi, et une [autre] après avoir été renversée par un camion de la police à Kinshasa ».

À bout portant

« Les six autres victimes ont été tuées par balle lors d’opérations conjointes de la police et des Forces armées de la RDC (FARDC), mais le BCNUDH n’a pas été en mesure d’attribuer les responsabilités à une institution spécifique », précise le texte.

L’armée avait une intention délibérée de tirer pour tuer

Et de souligner : « À Boma [dans l’ouest du pays], les 8 personnes tuées ont été abattues par des balles tirées à bout portant dans les parties supérieures de leur corps par des militaires des FARDC du régiment de Boma, des Forces navales et de la Garde républicaine venant de Muanda. » Ce qui démontre, selon le rapport, que l’armée congolaise avait une « intention délibérée de tirer pour tuer ».

Mais aucune mesure n’a été prise, jusqu’ici, par les autorités congolaises pour « enquêter et poursuivre de manière efficace les auteurs de violations des droits de l’homme commises non seulement en décembre 2016, mais également lors d’incidents antérieurs (…) », déplore le Bureau conjoint des Nations unies.

Ce dernier dénonce par ailleurs des violences perpétrées par des manifestants pendant la même période, notamment le meurtre d’un policier à Kinshasa, le 20 décembre. « À Matadi, le 20 décembre 2016, un militaire des FARDC aurait été blessé par des manifestants qui avaient réussi à lui ravir sa machette », peut-on également lire dans le rapport.

Réaction de Kinshasa

De leur côté, les autorités congolaises, qui ont reçu le document avant sa publication, dénoncent un « rapport partisan » et pointent une « partie de l’opposition » d’être les commanditaires des violations des droits de l’homme décriées.

« Cette opposition a donc planifié les violences en ne laissant rien au hasard : des pillages aux tueries, en passant par les viols et les attaques des symboles de l’État », écrit Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits humains, dans une correspondance envoyée au BCNUDH. « Certains leaders de cette opposition ont préparé leurs partisans pour ces sales besognes et leur ont donné un mot d’ordre clair de s’attaquer à la police pour pousser cette dernière à la faute », ajoute-t-elle.

« Le rapport insiste abondamment sur le fait qu’il s’agit du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila. Le gouvernement rappelle que cette question relève de la souveraineté nationale et concerne uniquement le peuple congolais, et non pas les organisations internationales », conclut la ministre.

Arrivé au terme de son second mandat le 19 décembre, Joseph Kabila a pu se maintenir au pouvoir, l’élection de son successeur n’ayant pas été organisée dans les délais. Une prolongation qui pourrait s’étendre au moins jusqu’à fin 2017.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Congo : Le dictateur persona non grata comme facilitateur à Kinshasa

juillet 23, 2016

Denis Sassou Nguesso est-il à la recherche d’un emploi ? On le croyait, pourtant, réélu avec « 60% » des voix, dès le premier tour, pour poursuivre son œuvre de « bâtisseur infatigable », à la tête du Congo-Brazzaville, activement, soutenu par ses amis chinois. Il semble que ce job ne lui suffit guère. Il veut plus de travail. Après la fin de la crise centrafricaine consacrée par la tenue de la présidentielle, où il fut médiateur international, le dictateur, aujourd’hui, sans emploi pour se faire voir et entendre sur le plan international, rêve de reprendre du service, de l’autre côté du fleuve Congo. Il a, donc, tout fait pour (re)nouer avec Joseph Kibila, qui lui a rendu visite, à Oyo, à ce sujet, le 27 juin dernier (notre photo).

A Kigali où il a participé au 27e Sommet de l’Union africaine, en début de semaine, son souhait de devenir médiateur en RDC, a été au centre de ses discussions avec Paul Kagamé, à deux reprises. Au point où les Nations-Unies ont été obligées de sortir de leur légendaire réserve pour stopper sa (très vicieuse) manœuvre. En effet, la Monusco (Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) vient, très officiellement, de lui opposer une fin de non recevoir en récusant, publiquement, son initiative, qui ne va pas dans le bon sens. Si Joseph Kabila, semble-t-il, se serait laissé convaincre par Sassou, tel n’est pas le cas des opposants qui refusent que le dictateur s’occupe des affaires du Congo-Kinshasa. Telle est, en effet, la position du doyen Tshisekedi qui n’a, jamais, varié sur ce point, et qui est rejoint par Katumbi, Kamerhe et quelques autres. C’est donc le flop total.

Le dictateur (qui cherche vraiment à s’occuper) devrait, plutôt, s’atteler à la préparation de son propre dialogue avec l’opposition de son pays, sans quoi, il n’y aura jamais (jamais) d’accord financier entre Brazzaville et le Fonds monétaire international.

Car la solution (la vraie) au problème congolais est dans le retour de la confiance mutuelle entre le pouvoir et l’opposition que seul le dialogue inclusif peut offrir. Même le président chinois, Xi Jinping, le lui a répété, dernièrement, à Pékin, tout en rassurant Sassou de sa « grande amitié ». C’est dire que le recours aux Chinois qui disent ne pas être très rassurés qu’ils seront, intégralement, payés un jour (l’opposition dit ne pas reconnaître les prêts chinois si elle accède au pouvoir), est une mauvaise solution à la résolution du problème congolais.

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