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Julian Assange «risque de mourir en prison», alerte son père

novembre 8, 2019

Le père de Julian Assange, accusé d’espionnage par Washington et menacé d’extradition vers les Etats-Unis, a affirmé vendredi à Genève que son fils «risquait de mourir en prison».

John Shipton a déclaré à des journalistes qu’il avait vu son fils deux jours auparavant «pendant les deux heures auxquelles vous avez droit». «Julian risque de mourir en prison après neuf ans de persécution pour avoir révélé la vérité sur des crimes de guerre», a-t-il martelé. Le fondateur de WikiLeaks encourt une peine allant jusqu’à 175 ans d’emprisonnement aux Etats-Unis, qui lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.

La semaine dernière, le Rapporteur de l’ONU sur la torture, Nils Melzer, avait fait part de son inquiétude sur l’état de santé de Julian Assange, affirmant que «sa vie était désormais en danger». Le fondateur australien de WikiLeaks est détenu dans une prison de Londres, depuis son arrestation par la police britannique à l’ambassade d’Equateur où il s’était réfugié en 2012. «Son état d’esprit ne semble pas diminué, mais il est très maigre», a témoigné son père. «Il s’est animé après une heure passée ensemble, mais quand vous arrivez, il a la tête baissée, tout à fait déprimé.»

John Shipton a estimé injuste de condamner quelqu’un pour avoir révélé des crimes. «Dans tous les pays que je connais, en Suède, au Royaume Uni, en Australie et aux Etats-Unis, c’est un crime de dissimuler des crimes», a-t-il dit. «Vous ne pouvez pas être jeté en prison pour les avoir dénoncés (…) C’est vraiment obscène.»

Par Le Figaro avec AFP

La France annonce la mort d’un important chef djihadiste au Sahel

novembre 5, 2019

Le Marocain Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou, était considéré comme le numéro deux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation djihadiste reliée à Al-Qaïda.

Le Marocain Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou, considéré comme le numéro deux et leader religieux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation djihadiste reliée à Al-Qaïda, a été tué par les forces françaises au mali début octobre, a annoncé mardi la ministre française des Armées, Florence Parly.

Le djihadiste a été tué «dans la nuit du 8 au 9 octobre» sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et un soutien américain, a-t-elle précisé dans l’avion qui la ramenait d’une tournée dans plusieurs pays de la région du Sahel, où quelque 4.500 militaires français sont déployés dans le cadre de l’opération anti-djihadiste Barkhane. ce Marocain était «le deuxième terroriste le plus recherché au Sahel – y compris par les Américains», a déclaré la ministre dans l’avion qui la ramenait de Gao, au Mali, vers la France. Il avait rejoint Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en 2012.

Il en était devenu le leader spirituel avant de participer à la fondation du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) en 2017 avec Iyad ag Ghali, le numéro un de l’organisation dont il était le plus proche fidèle (et qui est en tête de la liste des personnes recherchées). Le GSIM a revendiqué les attaques récentes fin septembre début octobre contre les forces maliennes à Boulkessy et Mondoro avec 40 militaires tués. Le groupe a aussi revendiqué l’attentat de Ouagadougou de mars 2018 (8 morts). Les attentats de Ouagadougou de 2016 (30 morts) et 2017 (19 morts) sont également l’oeuvre d’Al-Qaïda.

Cerveau de l’expansion d’Al Qaïda au Sahel, artisan de l’unité des katibas du sud au sein du GSIM, Ali Maychou est le deuxième personnage d’importance du GSIM tué cette année, après la mort de l’Algérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou El Hamame en février. «Il s’agit de la neutralisation d’un personnage très influent», a déclaré Florence Parly, au lendemain de sa visite au Burkina Faso, où elle a rencontré des forces spéciales françaises. «Il est très important de désorganiser ces mouvements en profondeur», a souligné la ministre, «mais cela ne signifie pas que ces mouvements s’autodétruisent en parallèle». «Il faut continuer ce travail de contre terrorisme mais ce n’est qu’un élément» de la tâche à accomplir pour sécuriser les pays du Sahel, a-t-elle rappelé en mentionnant l’importance d’accompagner les forces armées locales pour qu’elles gagnent en autonomie.

Dégradation sécuritaire

«La véritable victoire sera celle des armées sahéliennes», a-t-elle fait valoir alors que la situation sécuritaire dans la zone est fortement dégradée. La nouvelle de cette élimination intervient quelques jours après la mort d’un soldat français dans le nord-est du Mali, tué par un engin explosif. Le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), autre organisation djihadiste active au Mali, a revendiqué cette attaque, de même que celle d’un camp militaire du Nord du pays où 49 soldats ont été tués vendredi (deux autres sont morts samedi tués par une explosion dans le centre).

Malgré la présence des forces française, africaine et onusienne, la dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les doutes sur la capacité de l’armée malienne à faire face aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles cet vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants. Plus largement, l’ensemble des armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d’enrayer la progression des attaques.

La France espère que d’autres pays européens contribueront à la lutte armée contre les djihadistes en envoyant des forces spéciales au Mali en 2020, alors que parallèlement, Paris anime au sein de l’organisation G5 Sahel un volet de développement de ces pays pour lutter aussi par ce biais contre les mouvements djihadistes, en appelant différents pays et institutions à financer des projets.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: Un adolescent poignardé devant un collège des Lilas en Seine-Saint-Denis

octobre 4, 2019

 

Le jeune garçon a succombé à ses blessures. Trois mineurs ont été placés en garde à vue.

Un adolescent de 15 ans a été mortellement blessé après avoir été poignardé vendredi matin 4 octobre devant le collège Pierre et Marie Curie aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, a affirmé une source judiciaire confirmant une information d’Europe 1.

Trois mineurs, dont l’un est blessé, ont été placés en garde à vue, soupçonnés d’être les auteurs des coups de couteau reçus par la victime scolarisée à Aubervilliers. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis.

Il y a un an, un collégien de 13 ans avait été tué dans une rixe entre jeunes des Lilas et de Bagnolet, du Pré-Saint-Gervais et de Romainville, d’autres villes de Seine-Saint-Denis aux portes de Paris. Quatre adolescents âgés de 15 à 16 ans avaient été mis en examen et placés en détention et un cinquième jeune, âgé de 17 ans, avait été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Afrique du Sud : au moins un mort dans de nouvelles violences xénophobes

septembre 8, 2019

 

Au moins une personne a été tuée et cinq blessées ce dimanche dans le centre-ville de Johannesburg, la plus grande ville sud-africaine, lors de nouvelles violences dirigées contre les étrangers, a-t-on appris auprès de la police locale.

En début de semaine, l’Afrique du Sud a connu une vague d’émeutes xénophobes, notamment à Johannesburg, qui s’est soldée par la mort d’au moins 10 personnes, plus de 400 arrestations et des dégâts considérables, selon le dernier bilan de ses autorités. Dimanche à nouveau, une foule de plusieurs centaines de personnes s’est formée dans un quartier défavorisé du centre de la capitale économique du pays et a attaqué des magasins en demandant, selon la presse locale, le départ des étrangers. La police a rapidement dispersé la foule par des tirs de balles en caoutchouc et de grenades paralysantes.

Les émeutes xénophobes des derniers jours ont causé émotion et colère dans toute l’Afrique. Dans certains pays comme le Nigeria, des manifestations ont visé en représailles les intérêts sud-africains. L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%) et la pauvreté qui frappent sa population.

Par Lefigaro.fr avec AFP

France/Maire tué dans le Var : le conducteur de la camionnette mis en examen

août 7, 2019

Mai

Mairie de Signes Google map

Ce maçon de 23 ans a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Il conduisait la camionnette qui a mortellement renversé le maire de Signes venu le verbaliser pour un dépôt de gravats dans une décharge sauvage.

Le conducteur de la camionnette qui a mortellement renversé le maire de Signes (Var) venu le verbaliser pour un dépôt de gravats dans une décharge sauvage a été mis en examen mercredi pour « homicide involontaire », a-t-on appris auprès du parquet de Toulon. Ce maçon de 23 ans a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.

Le parquet de Toulon, qui avait ouvert une information judiciaire pour « homicide involontaire » mercredi matin, avait requis le placement en détention provisoire. Il peut encore faire appel de cette remise en liberté.

Maire de Signes depuis 1983, Jean-Mathieu Michel, 76 ans, est mort lundi après avoir été renversé par la camionnette dont il voulait verbaliser les occupants pour avoir jeté des gravats en bordure d’une route. Le chauffeur de la camionnette, un maçon de 23 ans, qui avait été placé en garde à vue lundi, doit être présenté à un juge d’instruction ce mercredi après-midi, en vue d’une mise en examen, a précisé le parquet qui a demandé son placement en détention provisoire. L’autre occupant de la camionnette, un apprenti de 20 ans, également placé en garde à vue lundi, avait été libéré mardi dans la soirée.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la mort de Jean-Mathieu Michel, qui a ému l’ensemble de la classe politique, serait accidentelle. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron a «salué avec respect le dévouement inlassable» du maire de Signes et adressé une lettre de condoléances à sa famille.

La commission des lois du Sénat va consulter les maires

Ce décès a soulevé l’émotion de la classe politique et provoqué nombre de réactions d’élus locaux. Le mandat de maire est «extrêmement difficile et on doit davantage le soutenir», a abondé ce mercredi sur franceinfo la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, rappelant que le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu prépare pour la rentrée un projet de loi «qui permette de mieux sécuriser les parcours des élus et des maires».

«Leur responsabilité parfois même pénale est engagée et vous avez assez peu de rémunération, de reconnaissance et de moyens, il faut bien le dire», a-t-elle souligné. Elle a aussi jugé «intéressante» la consultation des maires sur les violences auxquelles ils sont confrontés que le Sénat va lancer la semaine prochaine, en liaison avec l’Association des maires de France (AMF). Les réponses serviront à élaborer un «plan d’action» pour des conditions d’exercice de leurs mandats en «sécurité» et dans la «dignité». Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), a appelé sur Europe 1 à «très rapidement trouver des réponses», alertant sur la «dégradation au fil du temps» de l’image des maires.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Hamza, fils d’Oussama Ben Laden, est mort, selon les médias américains

juillet 31, 2019

Hamza

Hamza ben Laden, le fils d’Oussama ben Laden, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, ont annoncé les médias américains, le 31 juillet 2019.FEDERATION FOR DEFENSE OF DEMOCRACIES / AFP

Hamza Ben Laden, l’un des fils d’Oussama Ben Laden, présenté comme son héritier à la tête d’Al-Qaïda, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, selon des informations mercredi du New York Times et de la chaîne NBC.

Premier média à révéler cette possible élimination, NBC a affirmé ce mercredi 31 juillet que Washington disposait d’informations de services de renseignement attestant de la mort de Hamza Ben Laden, s’appuyant sur trois responsables anonymes.

« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus », a répété à deux reprises le président Donald Trump, interrogé mercredi par des journalistes sur cette information de NBC.

Le New York Times affirme de son côté que les États-Unis ont « eu un rôle » dans l’opération au cours de laquelle Hamza ben Laden, considéré comme un dirigeant clé d’al-Qaïda, a été tué. Le quotidien cite deux responsables américains.

Ni NBC ni le New Yok Times n’ont pas de détails sur la date, le lieu ou les circonstances du décès. Selon le New York Times, il serait intervenu dans les deux dernières années, mais les Américains ont mis du temps à le confirmer.

Washington avait offert en février une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour toute information permettant de retrouver Hamza ben Laden. En mars il avait été déchu en mars de sa nationalité saoudienne.

Parmi des archives d’Oussama ben Laden, saisies lors du raid américain de 2011 au cours duquel il a été tué au Pakistan, dévoilées fin 2017 par la CIA, figure une vidéo du mariage de son fils Hamza, apparemment en Iran, dont on a ainsi découvert les premières images à l’âge adulte. Hamza était considéré comme le fils préféré –voire le successeur désigné– d’Oussama Ben Laden

Par Rfi.fr avec AFP

Femme retrouvée dans une valise: le suspect est mort en Italie

mai 10, 2019

 

Un homme soupçonné du meurtre d’une femme dont le corps avait été découvert dans une valise flottant dans l’Oise fin avril a été retrouvé mort en Italie, a appris l’AFP vendredi de sources proches du dossier.

Cet homme, l’ex-compagnon de la victime, était visé par un mandat d’arrêt international, a indiqué l’une de ces sources, qui a évoqué un suicide. Sollicité, le parquet de Pontoise n’a pas souhaité communiquer à ce stade de l’enquête.

Le corps de la victime, une consultante scientifique franco-américaine de 53 ans, avait été découvert dans un bon état de conservation le 22 avril, à l’intérieur d’une valise repérée par un batelier à hauteur de Neuville-sur-Oise (Val-d’Oise). Sa disparition avait été signalée à Puteaux (Hauts-de-Seine) peu de temps avant. L’enquête, ouverte pour homicide, a été confiée à la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Roumanie: décès en prison du commandant de « l’enfer du silence » communiste

novembre 5, 2018

Un ancien chef de prison communiste, Alexandru Visinescu, premier Roumain condamné à 20 ans de réclusion pour « crimes contre l’humanité », est mort derrière les barreaux lundi à l’âge de 93 ans, a annoncé l’administration pénitentiaire.

M. Visinescu avait été reconnu coupable en 2016, plus de 25 ans après la chute du régime communiste et du dictateur Nicolae Ceausescu, d’avoir soumis à un « régime d’extermination » les détenus politiques de l’un des pénitenciers les plus terribles de la Roumanie communiste, à Ramnicu Sarat (est).

Au moins quatorze détenus sont morts pendant qu’il dirigeait l’établissement, entre 1956 et 1963, dans cette prison surnommée l' »enfer du silence », où chaque prisonnier était enfermé seul dans une cellule, soumis à des sanctions cruelles et interdit d’adresser la parole à qui que ce soit.

Décrit comme une « brute » lors du procès, le premier du genre en Roumanie, M. Visinescu n’avait jamais exprimé de regrets ou demandé pardon aux victimes, affirmant avoir simplement « obéi aux ordres » de ses supérieurs et respecté les lois en vigueur.

Un autre ancien tortionnaire communiste, Ioan Ficior, pour sa part condamné en 2017 à 20 ans de réclusion pour « crimes contre l’humanité », est mort en prison en septembre.

La justice roumaine avait longtemps rechigné à se pencher sur les crimes du communisme avant d’accepter les premières plaintes visant des commandants de prison, plus de 20 ans après la chute de ce régime.

Au total, plus de 600.000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques entre 1945 et 1989, selon le Musée mémorial des victimes du communisme de Sighet.

Romandie.com avec(©AFP / (05 novembre 2018 16h36)                                                        

Japon: un gardien de zoo tué par un tigre blanc

octobre 9, 2018

Le tigre blanc qui a tué un gardien de zoo au Japon sera laissé en vie à la demande de la famille de la victime / © AFP/Archives / Dibyangshu SARKAR

Un tigre blanc a attaqué et tué un gardien dans son enclos, dans un zoo du sud du Japon, qui laissera l’animal en vie à la demande de la famille de la victime, ont indiqué mardi la police et le zoo.

Akira Furusho, âgé de 40 ans, « a été retrouvé à terre dans la cage, en sang », a expliqué un représentant des forces de l’ordre à l’AFP. Il a été transporté à l’hôpital, mais les médecins n’ont pu que constater son décès.

L’attaque est survenue lundi soir au parc zoologique de Hirakawa, à Kagoshima (sud), où se trouvent quatre tigres blancs, une espèce menacée.

Les secouristes sont rapidement arrivés sur les lieux et ont neutralisé l’animal, un mâle âgé de cinq ans et prénommé Riku, à l’aide d’un fusil hypodermique permettant d’injecter des tranquillisants à distance, a précisé le zoo.

« Nous n’avons pas l’intention d’abattre Riku et comptons le garder car c’est ce que nous a demandé la famille de la victime », a déclaré à l’AFP Takuro Nagasako, un des responsables du zoo.

Le parc zoologique est resté ouvert mardi mais le secteur des tigres a été isolé car « la police continuait d’enquêter », a précisé M. Nagasako.

Riku, d’environ 1,8 mètre de longueur et qui pèse 170 kg, est né dans ce zoo, de même que deux autres tigres blancs.

Les attaques de tigres sont extrêmement rares au Japon, la dernière datant de 2008, lorsqu’un tigre de Sibérie avait tué un employé de zoo qui essayait de l’encourager à s’accoupler.

En 1997, un couple de Japonais avait été attaqué et tué par des tigres dans un parc de safari du centre du Japon.

Romandie.com avec(©AFP / (09 octobre 2018 12h03)

La vie et la mort dans les escaliers du World Center

octobre 1, 2018

Un pompier new-yorkais réclame un renfort de dix sauveteurs sur les ruines du World trade Center le 15 septembre 2001. / © US NAVY PHOTO/AFP / PRESTON KERES

Dans les escaliers de la tour en flammes, Ciara Linnane a croisé les premiers pompiers montant vers le brasier. Elle a compris qu’ils montaient vers la mort et, dans leurs yeux, a lu qu’ils le savaient aussi.

Les bureaux de cette journaliste de l’agence financière AFX, filiale de l’Agence France Presse, étaient au 52ème étage de la tour Un du World Trade Center. Mardi matin, quelques secondes après l’impact de l’avion au 90ème étage, elle se rue avec deux collègues dans l’issue de secours.

« Vers le 25ème étage, nous avons vu monter les premiers pompiers. Ces gars costauds, avec leurs grosses têtes d’Irlandais rougis par l’effort. Il nous disaient : +Tout va bien tout le monde, c’est bien. Vous allez pouvoir sortir. Quand vous arrivez en bas, suivez les flèches+. Cela nous a vraiment calmés ».

« Ils avaient l’air terrifiés, si effrayés. Jésus ! On lisait la peur dans leurs regards. Ils nous regardaient dans les yeux, disaient +OK, c’est bien+. L’un d’entre eux s’est arrêté quelques secondes, m’a fixée et a dit: +Vous vous en sortez très bien. Assurez-vous que tout le monde continue à descendre, restez sur la droite, allez aussi vite que possible. Vous parviendrez à sortir, ne vous retournez pas, descendez ! »

Des pompiers dans les décombres de l’effondrement d’une des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001. / © AFP / STAN HONDA

Environ trois cents pompiers ont été ensevelis sous les décombres des deux tours de 110 étages, qui se sont effondrées en quelques secondes, une heure après avoir été percutées par deux avions de ligne détournés.

« Je savais depuis la première seconde que le building allait s’écrouler. Ils avaient si peur: je ne peux m’empêcher de penser qu’ils le savaient aussi. C’est ce que je lisais dans leurs yeux. Je n’arrêtais pas de leur dire +Merci ! Merci!+ et je ne pouvais m’empêcher de penser: +s’il vous plaît, ne faites pas çà ! S’il vous plaît, faites demi-tour, descendez avec nous+ Mais je n’ai rien dit, bien sûr ».

« Quand vous pensez à cette scène: nous qui marchions pour sortir du building, pour vivre, et ces gars qui montaient vers la mort. Les gens dans l’escalier les applaudissaient, les remerciaient, leur tapaient dans le dos, leur disaient: +Vous êtes nos héros+. On entendait crier: + Pompiers ! pompiers !+ et tout le monde se poussait vers la droite pour leur libérer le passage ».

Pompiers et sauveteurs à Ground zero le 14 septembre 2001. / © US NAVY PHOTO/AFP / PRESTON KERES

« J’en ai vu passer une cinquantaine. Certains partaient dans les étages, d’autres continuaient à monter. Ils étaient très chargés, en sueur, avec des haches, des tuyaux, des bouteilles d’oxygènes. Ils se criaient des ordres les uns aux autres. Ils n’étaient pas tous jeunes, il y avait des vieux aussi ».

« Ils sont au-delà de l’héroïsme. On devrait décréter un jour de deuil uniquement pour eux et un autre jour pour les autres victimes ».

Quatre jours après le drame, cette belle jeune femme brune de 38 ans sursaute à la moindre sirène dans la rue, allume ses cigarettes d’une main tremblante, interrompt son récit quand des jets de l’armée de l’air rugissent dans le ciel de New York.

Un pompier le 12 septembre 2001 sur les ruines du World Trade Center à New York. / © AFP / STAN HONDA

« J’étais arrivée au bureau à 07H00. J’étais en ligne avec Londres et soudain il y a eu un énorme bruit. Deux explosions. Ce n’était pas tellement le bruit, surtout l’impact: l’ensemble du bâtiment a tremblé. On a pensé que c’était une bombe. Des débris tombaient par les fenêtres, il y avait de la fumée. On s’est regardés, Laura a commencé à hurler et Rudy a dit: +Vite, l’escalier ! On a tout laissé ».

« Les escaliers étaient déjà pleins de monde, mais tout le monde était calme et très gentil. Il y avait des gens qui étaient là lors de l’attentat de 93, ils disaient: +Ca va, on connait la procédure, il faut juste descendre et sortir+. Laura a enlevé ses haut-talons. On marchait, il n’y avait pas moyen de courir. C’était OK, un flot calme et continu ».

Ils restent coincés, immobiles, pendant quinze interminables minutes vers le trentième étage. Soudain, un cri: « Blessés ! Blessés ! Tout le monde sur la droite. Trois femmes sont passées, brûlées. L’une d’elles avait un haut sans manches, la peau de son bras partait en lambeaux. Elle ne pleurait pas, était dans un profond état de choc ».

Marcy Borders, surnommée la « Dust Lady », recouverte de cendres et de poussières après avoir fui l’une des tours du World Trade Center où elle travaillait le 11 septembre 2001. / © AFP / STAN HONDA

« Pendant que nous descendions, nous n’avons pas entendu le deuxième avion frapper la deuxième tour, nous n’avions aucune idée. Heureusement, parce que cela nous aurait rendus fous ! Vers le trentième étage, un gars nous a dit qu’un avion avait heurté notre tour, alors bien sûr nous pensions que c’était un accident. On en parlait entre nous ».

« Les dix derniers étages étaient libres, on a pu courir. Quand on est sortis, il y avait des véhicules de secours partout: ambulances, pompiers, des gens partout, des blessés ».

Ils s’éloignent à grands pas et pour la première fois se retournent et découvrent la tour. « Par l’enfer ! Comment sommes-nous parvenus à sortir de là vivants ? Je pensais toujours qu’elles allaient tomber, nous étions trop près. Il fallait aller plus loin. Je voulais aller dans le New Jersey ! Des gens dans la rue nous ont dit que c’étaient deux avions, que le Pentagone avait été touché ».

Ils descendent la rue Fulton et, alors que ses deux collègues sont entrés dans un bar pour tenter d’appeler leurs familles, Ciara voit son cauchemar se réaliser: la première tour en huit secondes transformée en gravats.

Ils courent avec les autres pour échapper au nuage de poussière. Chinatown est au bout de la rue. Sauvés.

Romandie.com avec(©AFP / (01 octobre 2018 15h11)