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Mousson meurtrière en Inde: le bilan s’alourdit à 159 morts, des dizaines de disparus

juillet 25, 2021
Mousson meurtriere en Inde: le bilan s'alourdit a 159 morts, des dizaines de disparus
Mousson meurtrière en Inde: le bilan s’alourdit à 159 morts, des dizaines de disparus© AFP/INDRANIL MUKHERJEE

Le bilan des inondations et des glissements de terrain provoqués par les fortes pluies de mousson en Inde s’est alourdi à 159 morts dimanche, selon les autorités, les sauveteurs recherchant toujours des dizaines de disparus.

La côte ouest du pays est arrosée de précipitations torrentielles depuis jeudi et les services météorologiques indiens ont mis en garde contre de nouvelles averses au cours des prochains jours.

Dans le seul État du Maharasthra, 149 personnes ont perdu la vie, dont plus de 40 dans un glissement de terrain qui a frappé jeudi le village de Taliye, au sud de Bombay, la principale place financière du pays.

« De nombreuses personnes ont été emportées par les eaux alors qu’elles tentaient de s’enfuir » lorsque le glissement de terrain s’est produit, a déclaré à l’AFP un villageois, Jayram Mahaske, dont des proches sont restés bloqués.

Un autre habitant, Govind Malusare, a confié que le corps de son neveu avait été retrouvé dans les décombres de la maison familiale qui a été emportée. Mais sa mère, son frère et sa belle-soeur manquent toujours à l’appel.

Record de précipitations

Le glissement de terrain a abattu des dizaines de maisons en quelques minutes, ne laissant debout que deux structures en béton et coupant l’alimentation en électricité, ont indiqué des habitants. Les sauveteurs fouillaient la boue et les débris à la recherche d’une centaine de personnes toujours portées disparues.

Dans le district de Satara, affecté par des inondations et des glissements de terrain, 28 corps ont été découverts, portant à 41 le bilan des morts.

« La pluie, les inondations, l’eau, ce n’est pas nouveau pour la population, mais cette fois ce qui est arrivé était inimaginable, les gens n’ont même pas pu sauver leurs biens en raison de la montée rapide des eaux », a déclaré à la presse le chef du gouvernement de l’Etat du Maharashtra Uddhav Thackeray après avoir visité dimanche la ville de Chiplun, au sud de Bombay.

Dans certaines parties de la ville de Chiplun, le niveau de l’eau a atteint près de six mètres jeudi, après 24 heures de pluies ininterrompues qui ont submergé routes et habitations.

Huit patients d’un hôpital local accueillant des malades du Covid-19 seraient morts suite à un arrêt des respirateurs dû à une coupure de courant.

Quelque 230.000 personnes ont été évacuées dans l’ensemble de l’Etat du Maharashtra.

Dans l’État voisin de Goa, une femme s’est noyée, a déclaré le gouvernement de l’État à l’agence Press Trust of India, dans ce que le ministre en chef Pramod Sawant a qualifié de « pires inondations depuis 1982 ».

Ajit Roy, un responsable du nord de Goa, a indiqué que la décrue s’était amorcée dans cette zone et que les personnes évacuées avaient commencé à revenir.

Dans les plaines côtières du Maharashtra et de Goa, le niveau des eaux est resté cependant élevé après que les rivières sont sorties de leur lit. Des habitants terrifiés sont montés sur les toits et les étages supérieurs pour échapper aux eaux.

Plus au sud, dans l’État du Karnataka, le bilan est passé de trois à neuf morts dans la nuit, et quatre autres personnes sont portées disparues, selon les autorités.

Mer d’Arabie

Inondations et glissements de terrain sont fréquents en Inde pendant la saison de la mousson (juin-septembre), qui voit souvent des bâtiments anciens s’effondrer après des jours de pluie ininterrompue.

Certains experts estiment que sous l’effet du réchauffement climatique, ces précipitations sont de plus en plus intenses.

Le climatologue Roxy Mathew Koll, qui travaille pour l’Institut indien de météorologie tropicale, a expliqué qu’une conséquence des bouleversements climatiques était le réchauffement de la mer d’Arabie.

La hausse des températures de l’eau fait que l’air, plus chaud, retient un taux plus élevé d’humidité, ce qui a tendance à générer des précipitations plus abondantes.

Il a précisé qu’une station météo à Mahabaleshwar, au sud de Bombay, avait enregistré vendredi 594 millimètres de précipitation, un record depuis le début des relevés il y a un siècle.

Par ailleurs, neuf personnes ont été tuées et trois grièvement blessées dimanche par des chutes de rochers sur leur véhicule dans le district montagneux de Kinnaur district dans l’Etat de l’Himachal Pradesh. L’éboulement n’a pas été causé par les pluies de mousson, selon les autorités.

Par Le Point avec AFP

COVID: deux millions d’enfants ont perdu un parent depuis le début de la pandémie

juillet 24, 2021

 

MONTRÉAL — Quelque deux millions d’enfants à travers le monde ont perdu au moins un parent ou un grand-parent qui en avait soin depuis le début de la pandémie de COVID-19, constate une nouvelle étude publiée par le prestigieux journal médical The Lancet.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les chercheurs britanniques et américains calculent qu’un enfant sur cent au Pérou, quatre enfants sur mille en Afrique du Sud et un enfant sur mille aux États-Unis ont perdu un parent depuis le début de la crise sanitaire.

Ils précisent qu’environ 1,5 million d’enfants ont perdu un parent à travers le monde, et que deux millions ont perdu un parent, un grand-parent ou un autre proche qui vivait avec eux et veillait sur eux.

Les auteurs tirent leurs conclusions de données provenant de 21 pays qui, ensemble, représentent près de 80 % de tous les décès mondiaux attribuables à la COVID. Ils préviennent toutefois que leur bilan sous-estime probablement grandement l’ampleur réelle de la situation.

Si on ajoute deux millions de décès au bilan de la COVID en 2021, ajoutent-ils, 600 000 enfants de plus deviendront orphelins et un million d’enfants supplémentaires perdront un parent, un grand-parent ou un proche.

Risques énormes

Avant même la pandémie, rappellent les auteurs, le monde comptait déjà 140 millions d’orphelins qui avaient besoin de soins sociaux et sanitaires.

Les enfants qui ont perdu un parent, voire les deux parents, sont confrontés à une multitude de risques, souligne l’étude. La perte du père les rendra ainsi plus vulnérables à la violence sexuelle, possiblement en raison de l’insécurité économique dans laquelle le ménage aura été plongé.

La participation active d’un grand-parent aux soins d’un enfant est associée à une hausse de la fréquentation et de la réussite scolaire, et à une augmentation de la présence des parents sur le marché du travail. La disparition de ce grand-parent pourra contraindre le parent à laisser son emploi pour s’occuper de l’enfant, ou inversement l’enfant à abandonner ses études.

Les enfants dont un grand-parent avait déjà soin après le décès d’un ou des parent(s) pourront devoir affronter un nouveau deuil.

Les données colligées lors d’épidémies précédentes, peut-on lire dans The Lancet, montrent qu’une réponse inefficace au décès d’un parent ou d’un soignant, même si un autre parent ou soignant survit, peut avoir des répercussions psychosociales, neurocognitives, socioéconomiques et biomédicales délétères pour les enfants. 

Les enfants et les adolescents endeuillés d’un parent ou d’un soignant présentent un risque plus élevé du trouble du stress post-traumatique, de dépression et de tentatives de suicide.

Ils sont plus à risque de violence domestique, sexuelle, émotionnelle ou physique; de voir leur famille se désintégrer; et d’être ensuite confiés à une institution.

Situation complexifiée

L’isolement qui découle de la pandémie, la fermeture des écoles et l’impossibilité de participer aux rites qui entourent normalement un décès pourront venir compliquer le tout, disent les auteurs.

«La pandémie est venue complexifier énormément de choses», a confirmé Josée Masson, une travailleuse sociale de l’organisme Deuil-Jeunesse qui intervient auprès de jeunes endeuillés depuis 25 ans.

Depuis le début de la pandémie, du moins au Québec, on a beaucoup porté d’attention aux décès des aînés et aux deuils vécus par leurs enfants adultes, a-t-elle rappelé, oubliant un peu ce que vivait la génération suivante.

Un jeune qui vit la mort de son père, de sa mère, voire des deux, a besoin de soutien, il a besoin d’être entouré par ses amis et sa famille, ce qui a été rendu presque impossible par les règles sanitaires, a souligné Mme Masson.

«Souvent les enfants vont avoir hâte d’aller à l’école pour pouvoir parler de papa, pour aller se changer les idées, a-t-elle dit. Mais la pandémie a fait qu’ils n’étaient peut-être pas à l’école, peut-être qu’ils n’ont pas pu avoir accès à leur ami qui est dans une autre classe alors que tout est confiné, alors c’est sûr que toute la partie sociale qui aide beaucoup dans la reconstruction a été énormément hypothéquée.»

De plus, parce que les visites à l’hôpital ou à la résidence étaient interdites, les enfants n’ont fréquemment pas été en mesure de constater par eux-mêmes la détérioration de l’état de santé de grand-papa ou de grand-maman, et donc de commencer à apprivoiser ce qui s’en venait, a dit Mme Masson. 

«Ça fait souvent des enfants qui sont dans le flou, dans l’incapacité de reconstituer leur histoire, de comprendre et de saisir que grand-maman est morte», a-t-elle expliqué.

Même le décès d’un arrière-grand-parent, dont certains sont très présents dans la vie des enfants en dépit de leur âge plus avancé, pourra avoir des répercussions importantes, puisque certains jeunes commenceront ensuite à se demander si un parent ou un grand-parent pourrait subir le même sort.

D’autres enfants ont refusé de profiter des occasions qu’ils pouvaient avoir de dire un dernier adieu à un proche, par crainte de les contaminer avec le coronavirus.

«Il s’est créé une certaine anxiété très claire chez les jeunes, qui savaient pouvoir ne pas avoir de symptômes et porter la maladie, et cette crainte-là a fait que des enfants n’ont pas été présents dans les derniers jours de gens importants pour eux, a dit Mme Masson. Ils ne voulaient pas être responsables de ça.»

Pourtant, ajoute-t-elle, «vivre la maladie grave d’un proche, peu importe comment elle est, c’est extrêmement important pour les jeunes pour qu’ils comprennent ce qui se passe, pour apprivoiser la mort».

La première chose à faire pour aider les jeunes endeuillés, a dit Mme Masson, est de ne pas les fuir du regard, de ne pas les prendre en pitié et d’être présents pour eux.

Au lieu de demander à un jeune comment il va, on lui demandera ce dont il a besoin ou comment il se sent aujourd’hui. Les adultes souhaitent plus que tout trouver les bons mots et les belles phrases pour extirper la douleur du corps de l’enfant, ce qui n’est pas possible.

On doit simplement accepter que le jeune a le droit de souffrir et de l’exprimer, dit-elle.

«Plus on est avec le jeune, plus on arrête de se mettre de la pression sur les épaules, plus c’est gagnant et plus les jeunes sont reconnaissants, c’est certain», a conclu Mme Masson.

Avec Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

juillet 21, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Prakash SINGH

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: le point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Inde: plus de 45.000 cas de « champignon noir »

L’Inde a enregistré au cours des deux derniers mois plus de 45.000 cas de « champignon noir », une infection fongique mortelle à 50 % qui se répand parmi les patients atteints du Covid-19.

Plus de 4.200 personnes sont décédées de la mucormycose, maladie rare habituellement, mais qui s’est répandue en Inde parmi les malades du Covid-19 après leur rétablissement, selon le gouvernement.

Cuba : hausse « dramatique » des cas

Cuba connaît une « augmentation dramatique » des cas de Covid-19 dans plusieurs de ses provinces où circule notamment le variant Delta, a indiqué mercredi l’Organisation panaméricaine de la santé. La situation est « particulièrement aiguë » dans la région touristique de Matanzas.

L’OMS veut rassurer les laboratoires sur les brevets

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé, partisan d’une suspension temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid pour augmenter leur production, a assuré mercredi les groupes pharmaceutiques qu’il ne s’agissait pas de « saisir » leur propriété.

JO: pas de pression du CIO, assure Tokyo

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a assuré mercredi n’avoir subi aucune pression du Comité international olympique pour maintenir les Jeux olympiques de Tokyo, qui demeurent impopulaires au Japon face à la recrudescence du Covid-19.

Ouganda: injections de faux vaccin

Près de 800 personnes ont reçu une ou des injections de faux vaccins contre le Covid-19 en Ouganda, une escroquerie montée par des médecins et infirmiers « sans scrupules », ont annoncé les autorités.

USA: chute d’un an et demi de l’espérance de vie

L’espérance de vie des Américains s’est réduite d’un an et demi en 2020, passant de 78,8 à 77,3 ans, soit la plus forte chute depuis la Seconde Guerre mondiale, selon la principale agence fédérale de santé publique qui en attribue grandement la cause à la pandémie de Covid-19.

Vaccin Pfizer produit en Afrique du Sud dès 2022

Les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et BioNTech ont annoncé que le groupe Biovac allait réaliser dès début 2022 une étape de production de leur vaccin en Afrique du Sud, une première sur le continent.

Variant Delta prédominant dans les prochains mois, selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prévoit que le variant Delta, très contagieux et qui est d’ores et déjà à l’origine de plus des trois quarts des nouveaux cas de Covid dans de nombreux grands pays, soit prédominant dans les prochains mois.

L’Inter Milan et Arsenal renoncent à un tournoi

L’Inter Milan a annoncé mercredi qu’il renonçait pour des raisons sanitaires liées au coronavirus à se rendre aux Etats-Unis, où il devait rencontrer lors d’un tournoi amical en Floride le club anglais d’Arsenal, également forfait en raison d' »un petit nombre » de cas positifs au Covid-19 dans sa délégation.

Portugal: vaccination des 12-17 ans d’ici la rentrée

Le Portugal, frappé de plein fouet par le très contagieux variant Delta, souhaite vacciner les 12-17 ans d’ici la prochaine rentrée scolaire, a indiqué le Premier ministre Antonio Costa.

Plus de 4,1 millions de morts

La pandémie a fait au moins 4.119.920 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi en milieu de journée.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec 609.837 décès, suivis du Brésil (545.604 morts), de l’Inde (418.480), du Mexique (236.810) et du Pérou (195.332).

L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Avec Le Point par burx-jba-frd/am/ybl

Intempéries dévastatrices en Europe : au moins 126 morts en Allemagne et en Belgique

juillet 16, 2021

L’Allemagne paie le plus lourd tribut de ces pluies diluviennes, avec au moins 103 morts recensés vendredi à la mi-journée. Le bilan devrait s’alourdir en raison du nombre de personnes toujours portées disparues et d’un glissement de terrain près de Cologne.

A Erftstadt en Allemagne, près de Cologne, un gigantesque glissement de terrain du aux inondations a fait de nombreuses victimes et continue de s’étendre le 16 juillet 2021. Les autorités évacuent la population de la zone.
A Erftstadt en Allemagne, près de Cologne, un gigantesque glissement de terrain du aux inondations a fait de nombreuses victimes et continue de s’étendre le 16 juillet 2021. Les autorités évacuent la population de la zone. RHEIN-ERFT-KREIS / AP

Le bilan des intempéries dévastatrices en Europe s’est alourdi vendredi 16 juillet, il est maintenant de 126 morts, la plupart en Allemagne, où les secours continuent de rechercher de nombreuses personnes portées disparues.

De nombreux villages de l’ouest de l’Allemagne présentent une image de désolation. Dans cette vaste zone affectée par les inondations subites causées par des pluies diluviennes, le nombre de victimes a augmenté à au moins 103 morts, selon les autorités locales. « Je crains que nous ne voyions toute l’étendue de la catastrophe que dans les prochains jours », a prévenu jeudi soir la chancelière Angela Merkel, en visite à Washington.

La Belgique, avec au moins 23 morts selon les médias vendredi, le Luxembourg et les Pays-Bas, où plusieurs quartiers de Maastricht ont dû être évacués, ont également durement été touchés par les intempéries. En Allemagne, le bilan est probablement appelé à grimper en raison du nombre de personnes toujours portées disparues. Une des régions les plus touchées, la Rhénanie-Palatinat, a vu le nombre de décès recensés passer vendredi matin de 28 à 60.

Près de Cologne, dans la commune d’Erftstadt, de nombreuses personnes étaient portées disparues, et « plusieurs morts » dénombrés après un glissement de terrain consécutif aux crues, selon une porte-parole du district. « Les maisons ont été largement emportées par les eaux, et certaines se sont effondrées », selon un tweet de la communauté de communes de Cologne. Les images de la zone sinistrée diffusées par les autorités montraient un vaste cratère dans lequel se déversent des masses de terre, d’eau brune et de débris.

Champ de ruines

En Rhénanie-Palatinat, les autorités ont annoncé qu’elles étaient toujours sans nouvelles de plus de 1 000 personnes dans le canton le plus touché, celui d’Ahrweiler, ce qui pourrait toutefois être lié aux perturbations téléphoniques. « Nous tablons encore sur quarante, cinquante ou soixante disparus, et quand vous avez des personnes qui n’ont pas donné signe de vie depuis tant de temps (…), on doit craindre le pire », a déclaré le ministre de l’intérieur du Land, Roger Lewentz, à la chaîne de télévision SWR. De plus, il doit continuer de pleuvoir dans certaines régions de l’ouest du pays. Et le niveau du Rhin et de plusieurs de ses affluents monte dangereusement.

Près d’un millier de soldats ont été mobilisés pour aider aux opérations de secours et de déblaiement dans les villes et villages, qui tous offrent le même spectacle de désolation : rues et maisons sous les eaux, voitures renversées, arbres arrachés. A Ahrweiler, plusieurs maisons se sont littéralement effondrées. Sous les décombres, la ville donne le sentiment de s’être trouvée sur la route d’un tsunami. Euskirchen, un peu plus au nord, est probablement l’une des villes les plus sinistrées. Le centre-ville ressemble à un champ de ruines, les façades des maisons littéralement arrachées par les crues. Qui plus est, un barrage tout proche menace de céder.

Ces intempéries ont placé la question du réchauffement climatique au centre de la campagne électorale, qui bat son plein en Allemagne en vue du scrutin législatif du 26 septembre, au terme duquel Angela Merkel quittera le pouvoir. Le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, a exhorté, dans une déclaration solennelle, à lutter « résolument » contre le réchauffement climatique, seule alternative à ses yeux face aux phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations meurtrières qui ont frappé son pays. « Nous devons accélérer les mesures de protection du climat, au niveau européen, national et mondial », a clamé Armin Laschet, candidat du parti conservateur de Mme Merkel et favori pour lui succéder au vu des sondages.

« Ces inondations confirment ce que dit la science sur le réchauffement climatique », a dit vendredi à Dublin la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Mes pensées vont aux victimes des intempéries (…). La France est solidaire dans cette épreuve », a, de son côté, assuré le président de la République française, Emmanuel Macron.

Une atmosphère plus chaude retient en effet davantage d’eau et peut provoquer des précipitations d’extrême intensité. Celles-ci peuvent avoir des conséquences particulièrement dévastatrices dans les zones urbaines, en présence de cours d’eau mal drainés et de constructions en zone inondable. Dans les pays les plus touchés, il est tombé en deux jours l’équivalent de deux mois de précipitations, selon l’Organisation météorologique mondiale.

Risques de crues en Suisse

Voisins des régions allemandes les plus touchées, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg sont également affectés. La situation pourrait aussi s’aggraver en Suisse, avec des risques de crues de plusieurs lacs et cours d’eau. En Belgique, les inondations, qui touchent principalement l’est et le sud du pays, ont fait au moins 23 morts, selon les médias locaux. Le président du gouvernement wallon, Elio Di Rupo, a dit craindre une aggravation du bilan : « Hier soir, des centaines de personnes étaient encore bloquées chez elles », a souligné l’ex-premier ministre.

La Wallonie, région francophone du sud de la Belgique, est particulièrement touchée et restait en grande partie en état d’« alerte de crue » selon une carte actualisée vendredi matin par les autorités régionales. Pompiers, forces de l’ordre et armée participaient aux missions de sauvetage et d’évacuation dans les zones inondées.

Plus de 21 000 personnes étaient privées d’électricité dans la région, selon le gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz en Wallonie, faisant état de l’inondation de trois cents cabines de distribution. L’eau courante était par ailleurs jugée non potable en raison des conditions météorologiques dans plusieurs communes de la province de Liège. D’après la police fédérale, des dizaines de tronçons routiers restaient fermés à la circulation, et une majeure partie du trafic ferroviaire était interrompu en Wallonie. Aucun TGV Thalys ne circulera vendredi entre la Belgique et l’Allemagne.

A Liège, quatrième ville la plus peuplée de Belgique, les autorités locales avaient appelé jeudi après-midi des milliers d’habitants des quartiers bordant la Meuse à quitter leur logement, en prévision d’une forte montée du niveau du fleuve. Le niveau de l’eau au centre-ville n’a finalement pas augmenté durant la nuit et commençait à baisser « tout doucement » dans le quartier le plus touché, a annoncé vendredi matin la police liégeoise, qui rappelait que de nombreux axes routiers alentour restaient fermés.

Avec Le Monde avec AFP

Fortes inondations en Allemagne et en Belgique, au moins quarante-huit morts et de nombreux disparus

juillet 15, 2021

L’ouest de l’Allemagne est frappé par des pluies diluviennes, qui ont fait gonfler les rivières, ont arraché des arbres, inondé les routes et les maisons. Au moins six personnes ont également été retrouvées mortes dans l’est de la Belgique.

A Kordel (Rhénanie-Palatinat), en Allemagne, le 15 juillet.
A Kordel (Rhénanie-Palatinat), en Allemagne, le 15 juillet. SEBASTIAN SCHMITT / AP

Pluies diluviennes et inondations ont frappé jeudi 15 juillet plusieurs pays européens, l’Allemagne en particulier, et un nouveau bilan établi par la police et les services de secours des Etats touchés font état d’au moins 48 morts. L’est de la Belgique, où les intempéries ont fait au moins six morts, selon le dernier bilan, le Luxembourg et les Pays-Bas ont aussi subi d’importants dégâts.

  • Très lourd bilan en Allemagne

Mais c’est dans l’ouest de l’Allemagne que la situation était la plus préoccupante jeudi. Les pluies diluviennes ont fait gonfler les rivières, arraché des arbres, inondé routes et maisons, dont certaines se sont effondrées. Les secours tentent d’évacuer les sinistrés, dont beaucoup se sont réfugiés sur le toit des maisons. Mais de nombreux accès sont bloqués, compliquant les opérations. Les autorités ont appelé les habitants à rester chez eux si possible et à « se réfugier dans les étages supérieurs si nécessaire ». L’armée allemande va déployer 300 soldats dans les deux Länder les plus touchés pour participer aux opérations de sauvetage.about:

Le district d’Euskirchen, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est particulièrement touché avec, à lui seul, quinze morts, a précisé la police locale, ajoutant que « tous les corps n’avaient pas encore été retrouvés ». Le district d’Ahrweiler, en Rhénanie-Palatinat, déplore également 18 victimes, a rapporté la police de Coblence sur Twitter.

Le bilan pourrait encore s’alourdir. Ainsi, dans la commune de Schuld, au sud de Bonn, où six maisons en bord de rivière se sont effondrées, la police dénombre entre 50 et 60 disparus. Quatre personnes sont mortes dans cette localité où d’autres maisons menacent de s’écrouler, selon la police de Coblence (Rhénanie-Palatinat).

Angela Merkel s’est dite « bouleversée » par « la catastrophe que doivent endurer tant de personnes dans les zones inondées. Ma sympathie va aux familles des morts et des disparus »a tweeté, au nom de la chancelière allemande, le porte-parole Steffen Seibert« Nous n’avons jamais vu une telle catastrophe, c’est vraiment dévastateur », a déploré de son côté la ministre-présidente de Rhénanie-Palatinat, Malu Dreyer.

Armin Laschet, dirigeant de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et favori pour succéder à l’automne à la chancelière Angela Merkel, a annulé à la hâte une réunion de son parti en Bavière, dans le sud du pays, pour suivre la situation dans son Etat, le plus peuplé d’Allemagne. « La situation est alarmante », a déclaré au quotidien Bild M. Laschet, qui a visité, chaussé de bottes en caoutchouc, des localités inondées. La chef de file des Verts au Bundestag, Katrin Göring-Eckardt, a dit voir dans ce drame « les effets de la catastrophe climatique ». Ces intempéries sont un « appel au réalisme » : « C’est déjà là, c’est déjà là avec nous », a-t-elle regretté, appelant à un « changement urgent ».

  • Au moins six morts en Belgique, Liège en partie évacuée

Dans l’est de la Belgique, quatre corps ont été retrouvés jeudi par les secours venus en aide aux victimes des inondations dans l’arrondissement de Verviers, selon le procureur de cette ville, ce qui porte à au moins six morts le bilan des inondations liées aux pluies diluviennes qui ont frappé ces derniers jours, en particulier la Wallonie, dans le sud et l’est francophone.

Jeudi après-midi, les autorités de Liège (200 000 habitants) ont demandé aux riverains de la Meuse d’évacuer leurs habitations. Les villes de Theux, Pepinster ou encore Spa, situées près de Verviers, ont également été affectées.

Le réseau ferroviaire du pays, Infrabel, a annoncé qu’il suspendait jeudi le trafic dans la moitié sud du pays, compte tenu des risques pour les déplacements. Aucun train Thalys ne circulera entre Bruxelles et l’Allemagne jeudi, a par ailleurs rapporté sur son site la société gestionnaire de ces liaisons internationales.

  • Plan « intempéries » déclenché au Luxembourg

De son côté, le Luxembourg a déclenché le plan « intempéries ». De nombreuses maisons sont inondées partout dans le pays, et leurs habitants ont été évacués, selon les autorités.

Aux Pays-Bas, la province du Limbourg, bordée par l’Allemagne et la Belgique, a également déploré d’importants dégâts. La montée des eaux menace d’isoler la petite ville de Valkenburg, à l’ouest de Maastricht. Plusieurs axes, dont une autoroute très fréquentée, ont été fermés face au risque de crues de fleuves et rivières.

Avec Le Monde avec AFP

Afrique du Sud : 72 morts dans des violences selon un nouveau bilan

juillet 14, 2021
Des pillards devant un centre commercial à Durban, en Afrique du Sud, le 12 juillet 2021.

En dépit de l’appel au calme des autorités et du déploiement de quelque 2 500 soldats, des pilleurs ont continué à attaquer hangars et magasins dans plusieurs villes du pays. Ces violences font suite à l’incarcération de l’ancien président Jacob Zuma.

Le bilan des violences en Afrique du Sud, déclenchées par l’incarcération la semaine dernière de l’ex-président Jacob Zuma et qui se sont intensifiées ces derniers jours, est monté mardi 13 juillet à 72 morts, a annoncé la police. « Le nombre total de personnes arrêtées s’élève à 1 234, tandis que le nombre de décès s’élève à 72 », a annoncé la police dans un communiqué. Un précédent bilan faisait état de 45 morts, principalement dans des bousculades lors de pillages. En dépit de l’appel au calme des autorités et du déploiement de quelque 2 500 soldats, des milliers de Sud-Africains ont continué à affluer mardi pour dépouiller hangars et magasins dans plusieurs villes du pays.

Selon les forces de l’ordre, qui ont été rapidement dépassées par l’ampleur des événements, 27 personnes ont été tuées dans la province du Kwazulu-Natal (Est) et 45 dans le Gauteng, qui compte la plus grande ville du pays, Johannesburg. La plupart des décès sont survenus lors de « bousculades pendant des pillages de magasins et de centres commerciaux », tandis que d’autres morts et blessures sont liées « à des explosions de distributeurs automatiques de billets et à des fusillades », a précisé la police.

L’Union africaine appelle au calme

Les premiers incidents dans le pays, routes bloquées et camions incendiés, ont éclaté vendredi, au lendemain de l’arrivée en prison de Jacob Zuma condamné pour outrage à la justice. Le président Cyril Ramaphosa a affirmé lundi soir que si les « frustrations et la colère » exprimées avaient « des racines politiques », « aucune cause ne peut justifier » ces violences.

Jacob Zuma a été condamné à 15 mois de prison ferme pour « outrage » après avoir, à plusieurs reprises, refusé de témoigner dans le cadre d’enquêtes sur la corruption d’État pendant sa présidence (2009-2018). L’ancien président, 79 ans, a été jugé coupable d’avoir multiplié les prétextes fallacieux pour ne pas comparaître devant la commission qui enquête sur la corruption d’État sous son mandat. Lundi, une audience virtuelle de la Cour constitutionnelle, celle qui a condamné l’ancien président fin juin, a débattu de sa peine pendant dix heures. Elle a mis son jugement en délibéré, sans préciser de date.

Depuis, l’agitation a gagné les quartiers déshérités de Johannesburg où le moteur de la colère est alimentaire et économique. Les restrictions imposées fin juin pour contenir une troisième vague meurtrière de Covid-19 y ont étouffé les petits boulots et les moyens de subsistance des plus pauvres.

Durement touchée par une troisième vague de Covid-19, l’Afrique du Sud, qui a atteint un chômage record à 32,6 % depuis la pandémie, a imposé de nouvelles restrictions sanitaires fin juin. Dans un communiqué L’Union africaine (UA) a condamné avec la plus grande fermeté : « la flambée de violence qui a entraîné la mort de civils et des scènes effroyables de pillage », appelant « à un rétablissement urgent de l’ordre ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada: Quatre morts et un homme disparu à la suite de l’effondrement d’une grue

juillet 14, 2021

KELOWNA, C.-B. — La Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Colombie-Britannique rapporte que quatre personnes ont perdu la vie et qu’une cinquième victime manque à l’appel à la suite de l’effondrement d’une grue, lundi, à Kelowna.

© Fournis par La Presse Canadienne

Selon l’inspecteur Adam MacIntosh, ce sont quatre travailleurs de la construction oeuvrant sur le chantier qui ont été tués quand l’immense grue a basculé.

Un cinquième homme, qui travaillait sur un chantier voisin, est toujours porté disparu.

La partie supérieure de la grue s’est écrasée sur un immeuble voisin, y laissant accrochée une bonne partie de sa structure.

Lundi, le promoteur en charge du projet de construction de la tour résidentielle en cause avait dit ne pas savoir ce qui avait causé l’effondrement de la machinerie lourde.

Jonathan Friesen du Groupe Mission a souligné que son équipe ainsi que ses sous-traitants étaient tous dans un état de choc. Des services d’aide ont été mis à la disposition du personnel qui en ressent le besoin.

L’effondrement de l’imposante grue a provoqué une panne d’électricité dans une bonne partie du centre-ville de Kelowna en plus de forcer l’évacuation du secteur immédiat. Les autorités municipales ont rapidement déclaré un état d’urgence local pour réagir à la catastrophe.

Avec La Presse Canadienne

Afrique du Sud: au moins 45 morts, pillages toujours en cours

juillet 13, 2021
Afrique du Sud: au moins 45 morts, pillages toujours en cours
Afrique du Sud: au moins 45 morts, pillages toujours en cours© AFP/LUCA SOLA

Les violences en Afrique du Sud, initialement déclenchées par l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma, ont déjà tué 45 personnes, notamment dans des bousculades, et les pillages ne marquaient aucune pause mardi, en dépit de l’appel au calme des autorités et du déploiement de militaires.

Déjà 26 morts dans la province du Kwazulu-Natal (KZN, Est), où les premiers incidents ont éclaté vendredi au lendemain de l’incarcération de l’ex-président. Et 19 autres dans l’agglomération de Johannesburg, selon les bilans actualisés des autorités locales.

Glaçant détail, qui n’en est pas un: une bonne partie de ces victimes ont été piégées dans des bousculades qui ont eu lieu lors de pillages lundi dans plusieurs centres commeciaux du pays.

A Soweto, immense township jouxtant Johannesburg, les corps de dix personnes ont été retrouvés dans la soirée, plusieurs heures après qu’une foule pressée ait dévalisé le centre commerciel Ndofaya.

Le Premier ministre du KZN, Sihle Zikalala, avait indiqué dans la matinée que plusieurs personnes ont trouvé la mort « dans des bousculades dans ce contexte d’émeutes », sans autre précision.

Les images des pillages ont montré des foules compactes et désordonnées, chacun se précipitant pour récupérer téléviseurs géants, vélos pour enfant, sièges de bureau, couches ou conserves… Tout ce qui peut être emporté.

Dans les magasins mis à sac, les émeutiers se sont servis en nourriture ou équipements à revendre, dans un contexte économique dégradé par les restrictions mises en place fin juin pour limiter les nouvelles infections par le coronavirus.

Les forces de l’ordre, visiblement en minorité, ont tiré des balles en caoutchouc pour disperser les mouvements de foule, suscitant la course paniquée de fuyards sur les parkings de centres commerciaux ou de hangars.

Ou encore dans les rues des principales villes touchées, aux trottoirs jonchés de bris de verre et déchets, et bordés de bâtiments et voitures en feu.

En robe de chambre

« La police est débordée », a répété face aux caméras le Premier ministre provincial, en venant constater une partie des dégâts à Soweto.

Le président Cyril Ramaphosa, « le coeur lourd », a souligné lundi soir le caractère inédit de ces violences depuis l’avènement de la démocratie post-apartheid.

A ce jour, 757 personnes ont été arrêtées, la majorité à Johannesburg, a précisé le ministre de la Police, Bheki Cele.

Il s’est engagé à ce que la situation « ne se détériore pas davantage », alors que les pillages se poursuivaient à vive allure, notamment à Soweto où des soldats ont commencé à patrouiller selon l’AFP sur place, et à Pietermaritzburg, la capitale de la province de KZN.

Tôt dans la matinée, les chaînes locales ont montré des dizaines de femmes, certaines en robe de chambre, aux côtés d’hommes et d’enfants débarquant dans une boucherie, dans la zone de Diepkloof à Soweto. Ils ont vidé les chambres froides et sont sortis en courant. Un agent de sécurité privé, seul, se tenait debout, impuissant.

La police ne s’est présentée que trois heures plus tard pour disperser et arrêter les derniers pillards.

Dans la nuit, policiers et agents de sécurité privée armés jusqu’aux dents ont longuement affronté des émeutiers dans le quartier dégradé de Jeppe, près du centre de Johannesburg, a constaté l’AFP.

Les premiers incidents dans le pays, routes bloquées et camions incendiés, ont eu lieu vendredi, au lendemain de l’incarcération de Jacob Zuma, condamné à une peine de prison ferme pour outrage à la justice. Pillages et incendies se sont ensuite propagés vers la capitale économique du pays.

Le président Ramaphosa a rappelé, sévère, que si les « frustrations et la colère » exprimées avaient « des racines politiques », « aucune cause ne peut justifier » ces violences.

Par Le Point avec AFP

Au Bangladesh, 52 morts dans l’usine en feu, le propriétaire arrêté

juillet 10, 2021

Le propriétaire d’une usine d’alimentation au Bangladesh, dont l’incendie aura duré plus de 24 heures et tué 52 personnes, a été arrêté pour homicide, et pourrait également être poursuivi pour emploi illégal d’enfants.

Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l'incendie d'une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

© Munir Uz zaman Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l’incendie d’une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021© Munir Uz zaman Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021

La police a annoncé avoir arrêté samedi Abul Hashem et quatre de ses fils, ainsi que trois autres responsables de cette usine de Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, qui fabriquait notamment des bonbons, des nouilles et des jus de fruit.

Les pompiers ont mis plus de 24 heures à venir à bout du feu qui s’était déclaré jeudi dans ce bâtiment où étaient stockés notamment du plastique et des produits chimiques inflammables.

Lorsque les secours sont arrivés au troisième étage, ils ont trouvé 48 cadavres. Les travailleurs n’avaient pu s’enfuir car la porte d’accès à l’escalier principal, qui aurait pu leur permettre de se réfugier sur le toit, était fermée à clé, ont indiqué les pompiers.

Selon le chef de la police locale, Jayedul Alam, non seulement cette porte était verrouillée, mais de nombreux règlements de sécurité n’étaient pas respectés dans l’usine.

« C’est un meurtre délibéré », a-t-il déclaré à l’AFP.

Avant son arrestation, le propriétaire a suggéré que l’incendie pourrait être « le résultat d’une négligence de la part des ouvriers », estimant qu’une cigarette mal éteinte pouvait être à l’origine du feu.

Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l'usine dont l'incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l’usine dont l’incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

– Enfants payés 20 cents/h –

La ministre du Travail Monnujan Sufian a par ailleurs indiqué qu’une enquête avait été lancée sur l’emploi d’enfants dans cette usine.

Elle a dit à l’AFP avoir parlé à l’hôpital à deux survivants de l’incendie âgés de 14 ans, et une femme a expliqué à l’AFP que son enfant de 11 ans, qui travaillait dans l’usine, était porté disparu.

Laizu Begum, après des heures d’attente devant l’usine en flammes, a expliqué à l’AFP être sans nouvelle de son neveu, âgé de 11 ans, qui travaillait au troisième étage.

« Nous avons entendu dire que la porte du troisième étage était verrouillée. Quand nous avons vu comme l’incendie était énorme, nous avons réalisé qu’il était probablement mort », a-t-elle raconté, en pleurs.

Devant la carcasse calcinée de l’usine, l’AFP a parlé à une trentaine de survivants et de parents des victimes, qui ont confirmé que des enfants travaillaient dans cette usine, pour 20 takas (20 centimes d’euro) de l’heure.

Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

Bilal Hossain, père de Mitu Akter, une adolescente de 14 ans qui n’a toujours pas été retrouvée, allait de la police aux médecins devant la morgue, à la recherche des restes de sa fille.

« J’ai envoyé ma petite fille à la mort! Comment vais-je annoncer ça à sa mère? », s’est-il lamenté.

La ministre, parlant des enfants survivants qu’elle a vus à l’hôpital, a indiqué que le plus jeune lui avait dit avoir 14 ans.

La loi au Bangladesh permet aux mineurs de travailler à partir de 14 ans, mais dans des emplois non dangereux, ce qui n’était pas le cas de cette usine, a expliqué Mme Sufian.

« S’il est prouvé qu’il employait des enfants, nous poursuivrons non seulement le propriétaire, mais aussi les inspecteurs du travail », a-t-elle ajouté.

Les incendies et les effondrements de bâtiments sont relativement fréquents au Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud, en particulier dans son importante industrie textile, en raison d’un manque de respect des normes de sécurité. Et les réformes promises dans ce domaine par le gouvernement tardent à se concrétiser.

Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l'incendie de l'usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l'hôpital de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l’incendie de l’usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l’hôpital de Dacca

En 2013, l’effondrement du Rana Plaza, un complexe de neuf étages qui abritait des usines de confection à Dacca, avait fait plus de 1.100 morts.

Ce nouveau drame illustre selon les syndicats combien la législation sur le travail est peu respectée. 

Pour l’Organisation Internationale du Travail, l’incendie « illustre la nécessité urgente » que les autorités et l’industrie du bâtiment du Bangladesh s’assurent que les usines respectent les normes de sécurité.

Le gouvernement doit « régler avec plus de vigueur les manquements à la sécurité sur les lieux de travail à travers le pays », a demandé l’agence onusienne.

Avec AFP par sa/tw/leg/ia/cac/sg

États-Unis/Immeuble effondré en Floride: les chances de retrouver des survivants « proches de zéro »

juillet 5, 2021
Immeuble effondre en Floride: les chances de retrouver des survivants "proches de zero"
Immeuble effondré en Floride: les chances de retrouver des survivants « proches de zéro »© AFP/Giorgio VIERA

Les opérations de recherches, interrompues le temps de la démolition du reste de l’immeuble qui s’était partiellement effondré à Surfside, ont repris lundi matin, même si les chances de retrouver des survivants sont « proches de zéro », selon un responsable.

A l’approche de la tempête Elsa et des vents violents qu’elle pourrait amener avec elle, les autorités avaient choisi d’accélérer la destruction du bâtiment, jugé trop instable.

La destruction « contrôlée » a eu lieu tard dimanche, et les recherches ont repris quelques heures plus tard dans les gravats, selon les médias locaux. La maire du comté de Miami-Dade, Daniella Levine, avait jugé « essentiel de faire tomber le bâtiment » pour « étendre » la zone accessible aux secouristes.

La majeure partie de l’édifice, baptisé Champlain Towers South, s’était écroulée en pleine nuit le 24 juin, faisant au moins 24 morts et 121 disparus, l’une des plus graves catastrophes urbaines de l’histoire des Etats-Unis.

Onze jours après l’effondrement, les chances de retrouver des survivants dans les décombres sont « proches de zéro », a affirmé Golan Vach, expert qui dirige une des équipes de recherche israélienne présentes sur place, à la chaîne Local 10.

« Nous essayons d’être optimistes, mais aussi réalistes », a-t-il ajouté.

« Les circonstances qu’on a vues sont trop difficiles pour dire, de façon professionnelle, qu’on pense avoir de bonnes chances de retrouver quelqu’un vivant », a déclaré M. Vach.

Un seul rescapé – un adolescent – a été extrait des décombres, aux premières heures des opérations de secours. Aucun autre survivant n’a été retrouvé malgré la mobilisation des sauveteurs, venus de partout aux Etats-Unis, et même d’Israël et du Mexique.

Parmi les personnes manquant à l’appel, des dizaines de Latino-Américains originaires d’Argentine, de Colombie, du Paraguay, du Chili et d’Uruguay.

L’effondrement reste encore largement inexpliqué, même s’il y a des questionnements sur l’entretien et la structure du bâtiment, sur des travaux de construction à proximité et sur la montée des eaux.

Un rapport notait dès 2018 des « dommages structurels majeurs », ainsi que des « fissures » dans le sous-sol du bâtiment, selon des documents publiés par la ville de Surfside.

Par Le Point avec AFP