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Ouagadougou: 3 morts dans une opération contre des jihadistes présumés

mai 22, 2018

Ouagadougou – Au moins trois personnes ont été tuées mardi dans une opération contre des jihadistes présumés à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un officier de gendarmerie sur place a déclaré sous couvert d’anonymat que « trois gendarmes ont été blessés au cours de cette opération qui a duré de 3 heures à 7 heures du matin ».

Un journaliste de l’AFP a vu deux corps devant une villa et un troisième dans la cour de la maison criblé de balles.

Cette opération s’est déroulée dans un quartier de la périphérie sud-ouest de Ouagadougou où la procureur du Burkina s’est rendue sur place sans faire de déclarations. Le ministre burkinabé de la Sécurité devait s’exprimer dans une conférence de presse.

Un riverain, Issiaka Ilboudo, dont la maison se situe en face de la villa où étaient logés les jihadistes présumés a fait part de « tirs intenses ».

« C’est autour de trois heures du matin (03H00 GMT)que nous avons entendu des bruits, des personnes couraient sur le toit des maisons. Ensuite, on a entendu des tirs qui duraient parfois 30 à 45 minutes avant de s’arrêter et de reprendre »

Un autre riverain, Pascal Lengani, a déclaré que la villa est « une nouvelle construction qui a été mise en location en juillet dernier », mais personne, selon lui, ne connaît les habitants de la villa.

« On ne connaît pas le nombre de personnes qui habitaient la villa. Personne n’a dormi de la nuit à cause des tirs intenses. Le quartier (Rayongo) a été bouclé donc impossible d’aller au travail », a-t-il dit.

Longtemps épargné par les groupes armés actifs au Sahel, le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières.

Le préfet de Oursi, une localité du Burkina Faso frontalière du Mali, a été abattu à la mi-mai devant sa résidence par des jihadistes présumés. Un bilan officiel a fait état de 133 morts dans 80 attaques dans cette région du nord-ouest. A quoi s’ajoutent trois attaques jihadistes qui ont frappé la capitale, et qui ont fait au total près de 60 morts.

Ces derniers mois, une centaine de personnes ont été interpellées et des engins explosifs découverts au cours d’opérations de ratissage dans l’est et le nord du pays.

Romandie.com avec (©AFP / 22 mai 2018 11h37)                                                        

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Ébola en RDC: mobilisation renforcée face à la menace

mai 18, 2018

Photo fournie par l’Unicef le 13 mai 2018 montrant du personnel sanitaire à l’hôpital de Bikoro en RDC / © UNICEF/AFP/Archives / MARK NAFTALIN

Les agences d’aide internationales et pays voisins de la Républi

que démocratique du Congo étaient mobilisés vendredi contre l’épidémie de la fiévre hémorragique Ebola alors que le bilan des victimes s’alourdit.

Selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de morts dus à Ebola en RDC s’élève à 25 morts, sur un total de 45 cas confirmés ou suspectés.

L’épidémie est apparue au début du mois de mai dans une zone rurale du nord-ouest de la RDC, avant de se propager à Mbandaka, ville d’environ 1,5 million d’habitants située sur le fleuve Congo et reliée à Kinshasa par de nombreuses liaisons fluviales. Ce cas « augmente le risque de propagation en RDC et dans les pays voisins », selon l’OMS.

Plus de trois cents personnes auraient eu des contacts directs ou indirects avec des malades d’Ebola à Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur, a-t-on appris de source médicale.

Un Comité d’urgence de l’OMS doit décider vendredi à Genève si la situation constitue « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

La décision finale sur l’état d’urgence revient au directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui doit s’exprimer devant les médias à Genève.

– « haute alerte » –

Face à la menace, des pays voisins de la RDC se sont déclarés vendredi en état de « haute alerte ».

« Cinq des six États membres de l’EAC (Communauté d’Afrique de l’Est) partagent une frontière avec la RDC et tous entretiennent des échanges commerciaux avec d’importants trafics transfrontaliers », a rappelé cette organisation sous-régionale, soulignant qu’aucun cas d’Ebola « n’a encore été identifié dans la région ».

« Les États membres ont mis en place une série de mesures de sécurité », incluant l’examen rapide de personnes arrivant de la RDC, la mobilisation des personnels de santé, la mise en place et le renforcement des capacités de centres ad hoc, ainsi que la sensibilisation des populations.

L’EAC regroupe le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda et le Burundi. Seul le Kenya n’a pas de frontière avec la RDC.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé vendredi le déploiement d’épidémiologistes et de personnel médical à Kinshasa et sur seize points d’entrée aux frontières de la RDC pour tenter d’empêcher la propagation d’Ebola.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé vendredi avoir aussi mobilisé plus de 200 volontaires dans la lutte contre la propagation d’Ebola.

– « les autorités n’ont rien fait » –

Après l’apparition d’Ebola à Mbandaka, les habitants de cette ville de l’ouest de la RDC exprimaient leur colère contre l’inaction des autorités.

« Je viens de Bikoro (épicentre de la nouvelle épidémie à une centaine de km de Mbandaka), il n’y a que deux points de contrôle sur plus de 100 km de route dans les villages Kalamba et Ndenga. Ce n’est pas efficace parce que de nombreuses personnes qui voyagent par moto et à pied échappent à ce contrôle », a déclaré à l’AFP un Congolais inquiet, Abraham.

« Les autorités n’ont rien fait pour éviter qu’Ebola n’arrive à Mbandaka », a estimé de son côté Claude, un habitant de la ville.

Contactées par l’AFP, les autorités congolaises n’ont pas réagi dans l’immédiat.

« Ici au port fluvial de Mbandaka, nous avons reçu instruction des autorités pour fermer toutes les issues sauf une seule afin de contraindre tout le monde à passer au contrôle », a déclaré à l’AFP un responsable provincial de la société de transport fluvial public.

Au port de Menge, un port fluvial privé, des agents du ministère de la Santé prenaient vendredi systématiquement la température des voyageurs à l’aide de thermomètres laser.

« Mais, les thermomètres ne sont pas en nombre suffisant, d’où l’énervement et des attroupements », a regretté Joseph Dangbele, un agent du port.

Dans les ports, le dispositif de contrôle est constitué des thermomètres laser, de bassines d’eau et de savon liquide, d’un registre sur lesquels les noms et adresses des voyageurs à l’arrivée sont inscrits, a constaté un correspondant de l’AFP.

Face à l’épidémie d’Ebola, de nombreux Congolais se tournent aussi vers les Eglises.

– « Risque très élevé » –

Le pays fait face à sa neuvième épidémie depuis son apparition sur le sol congolais en 1976.

La dernière épidémie en RDC remonte à 2017. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement quatre morts.

Dans l’épidémie actuelle, les cas avaient jusqu’à présent été uniquement recensés dans la région de Bikoro, zone rurale très difficile d’accès à la frontière avec le Congo-Brazzaville.

L’OMS a révisé son évaluation du risque de propagation de l’épidémie, désormais considéré « très élevé » au niveau national et « élevé » pour les pays voisins. Au niveau mondial, le risque de propagation est jusqu’à présent classé « faible ».

L’agence est en train d’envoyer 7.540 doses d’un vaccin expérimental. 4.300 doses sont déjà arrivées à Kinshasa.

L’épidémie d’Ebola la plus violente de l’histoire a frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés, à plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. L’OMS avait alors été vivement critiquée pour la lenteur de sa réaction.

Romanhdie.com avec (©AFP / 18 mai 2018 13h52)                

Indonésie: 11 morts dans des attaques suicide commises par une même famille

mai 13, 2018

Des policiers patrouillent devant une église après les attentats à la bombe qui ont fait au moins 111 morts à Surabaya, en Indonésie, le 13 mai 2018 / © AFP / JUNI KRISWANTO

Au moins 11 personnes ont été tuées et 41 blessées dimanche dans des attentats suicide contre des églises en Indonésie, revendiquées par le groupe Etat islamique et impliquant six membres d’une même famille dont deux enfants.

L’archipel d’Asie du sud-est, le pays musulman le plus peuplé du monde, est en état d’alerte depuis une série d’attentats perpétrés ces dernières années — dont certains par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) — et ses minorités religieuses font face à une intolérance grandissante.

Dimanche, des attaques ont visé vers 07H30 (00H30 GMT) trois églises à Surabaya, deuxième ville d’Indonésie située dans l’est de l’île de Java, faisant onze morts et 41 blessés selon la police.

Selon l’organe de propagande du groupe EI, l’agence Amaq, « trois attaques kamikazes » ont fait des morts et des blessés « parmi les gardiens des églises et des chrétiens dans la ville de Surabaya ».

Une famille de six personnes, dont deux petites filles, est responsable des attaques, a annoncé le chef de la police nationale, Tito Karnavian.

La famille, comprenant la mère et le père ainsi que deux fillettes de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, était liée au mouvement radical Jamaah Ansharut Daulah, un groupe qui soutient l’EI, a-t-il ajouté.

« Nous devons nous unir contre le terrorisme », a réagi le président indonésien Joko Widodo.

Des témoins interrogés par des télévisions avaient affirmé qu’un des attentats avait été commis par une femme voilée accompagnée de deux enfants.

La télévision a également diffusé des images d’une personne conduisant sa moto à proximité d’une église avant qu’une explosion ne se produise.

– Bombes désamorcées –

D’autres images montraient un véhicule en feu d’où s’élevait une colonne de fumée noire ainsi qu’un corps gisant devant une porte de l’église catholique Santa Maria à Surabaya.

« J’étais effrayé. Beaucoup de gens criaient », a raconté à l’AFP Roman, un homme de 23 ans témoin de l’explosion à cette église.

Des démineurs ont par ailleurs désamorcé deux bombes à la Gereja Pantekosta Pusat Surabaya (Eglise pentecôtiste du centre de Surabaya), où a eu lieu l’un des attentats.

La troisième église visée est l’église Kristen Indonesia Diponegoro.

Ces attaques surviennent quelques jours après que cinq policiers et un détenu ont été tués au cours d’affrontements dans une prison de haute sécurité en banlieue de Jakarta. L’EI avait revendiqué les faits mais la police indonésienne avait écarté l’implication de ce groupe.

La police a indiqué dimanche que quatre membres présumés du Jamaah Ansharut Daulah avaient été tués dans des opérations liées à l’émeute dans la prison.

L’intolérance religieuse a augmenté ces dernières années en Indonésie, pays de 260 millions d’habitants dont près de 90% sont de confession musulmane, mais qui compte aussi des minorités comme les chrétiens, hindous et bouddhistes.

D’autres attaques visant des églises se sont produites ces dernières années à travers le pays.

– Attaque à l’épée en février –

En février, la police était parvenue à neutraliser un homme armé d’une épée qui avait attaqué en pleine messe une église à Sleman, sur l’île de Java, blessant quatre personnes dont un prêtre.

En 2016, un adolescent était entré dans une église remplie de fidèles à Medan, sur l’île de Sumatra, s’était approché du prêtre et l’avait légèrement blessé au couteau à un bras. Il avait tenté de faire exploser un objet avant d’être maîtrisé par des fidèles.

Un extrémiste islamiste avait été condamné en septembre dernier à la réclusion criminelle à perpétuité en Indonésie pour une attaque meurtrière au cocktail Molotov perpétrée en 2016 contre une église avec des complices d’un groupe soutenant l’EI.

Les autorités sont en état d’alerte depuis les attentats suicide et attaques armées à Jakarta en janvier 2016, qui avaient coûté la vie à quatre civils. Les quatre assaillants avaient été tués dans ces attaques revendiquées par l’EI.

L’Indonésie avait été précipitée dans sa propre « guerre contre le terrorisme » en 2002 par les attentats de Bali, île la plus touristique du pays où ces attaques avaient fait 202 morts.

Les autorités avaient ensuite lancé une offensive majeure contre les extrémistes islamistes et affaibli les réseaux les plus dangereux, selon des experts. Mais l’EI est parvenue à mobiliser de nouveau la frange extrémiste indonésienne.

Romandie.com avec (©AFP / 13 mai 2018 14h33)                  

Au Nicaragua, trois semaines de colère populaire et 49 morts

mai 12, 2018

Des manifestants protestent contre la montée des prix, à Managua, au Nicaragua, le 11 mai 2018 / © AFP / DIANA ULLOA

Sous tension depuis plus de trois semaines, le Nicaragua continue de vivre au rythme des manifestations, qui ont fait au moins 49 morts, les propositions de dialogue du président Daniel Ortega n’ayant pas apaisé la colère.

Vendredi à l’aube, des affrontements entre la police et des étudiants, sur deux campus de la ville, ont fait deux morts et au moins dix blessés.

Les étudiants ont accusé le gouvernement d’avoir commandité une attaque par les forces de l’ordre et des civils armés contre ces deux campus, pour les déloger, car ils y sont retranchés depuis le début de la vague de contestation, le 18 avril.

Kevin Valle, 18 ans, a été tué par arme à feu, a confirmé le sous-directeur de la police, Francisco Diaz.

Angel Parajon a lui annoncé le décès de son fils Jimmy: « Il est mort à l’Upoli (l’Université polytechnique, bastion des étudiants contestataires, ndlr) d’une balle dans le cœur », a-t-il raconté, en larmes.

Ces nouveaux décès ont ravivé les tensions dans ce pays où des milliers de manifestants dénoncent depuis des semaines le manque de libertés individuelles et la confiscation du pouvoir par le président Ortega, au pouvoir de 1979 à 1990 puis depuis 2007.

Depuis le début des protestations, provoquées par une réforme des retraites (depuis abandonnée) mais désormais un mouvement plus large d’exaspération, le bilan est d’au moins 49 morts, selon les associations de défense des droits de l’homme.

Le chef de l’Etat, leader de la révolution sandiniste en 1979, a cependant fait un premier pas vers l’apaisement vendredi soir, en acceptant les deux conditions « préalables » à tout dialogue, posées par le Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui joue le rôle de médiateur.

La CEN a demandé la fin de la répression des manifestations et que la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) soit autorisée à enquêter sur les circonstances des décès.

« Assez de répression violente contre les étudiants au Nicaragua! », a lancé sur Twitter l’évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez.

« Rien de violent n’est durable. L’intimidation et l’agression ne sont pas le chemin » à suivre, a-t-il ajouté.

– « Qu’Ortega s’en aille » –

Vendredi, les étudiants de l’Université nationale autonome du Nicaragua (Unan) ont érigé des barricades avec des pavés pour empêcher la police d’accéder jusqu’à leur campus, après un assaut mené dans la matinée qui a fait quatre blessés, a raconté à l’AFP Yaritza, une des leaders du mouvement étudiant.

« Nous sommes tous tendus, nous n’avons pas dormi. A l’aube nous avons été attaqués par des groupes de civils avec des armes à feu, mais nous soupçonnons qu’il s’agissait de policiers déguisés en civils », a indiqué la jeune femme.

Des centaines d’étudiants d’autres universités ont manifesté vendredi près de l’Unan en soutien avec leurs camarades et aux cris de « Peuple, unis-toi! ».

Dans le reste du pays, de nombreuses routes restaient bloquées par d’autres groupes contestataires, selon la presse locale.

« Comment envisager un dialogue s’ils sont en train de tuer les gens? », s’offusquait, sur la route de San Pedro de Lovago (centre), un paysan qui s’est identifié comme Nemesio.

« Le gouvernement doit comprendre qu’il doit replier ses brigades anti-émeutes et ses bandes de sandinistes », a-t-il ajouté, avant de trancher: « Qu’Ortega s’en aille, car il ne peut pas gouverner le Nicaragua ».

A Managua, des commerçants du marché Oriental, le plus grand du pays, ont dû saisir des bâtons, des pierres et des machettes pour défendre leurs commerces de groupes armés, qu’ils ont accusés d’être envoyés par la police.

« Nous n’allons pas permettre plus de violence, ils veulent brûler le marché, saccager les magasins », a dénoncé à la télévision locale une commerçante qui s’est identifiée comme Azucena.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a demandé vendredi aux autorités du Nicaragua de lui donner accès au pays afin d’enquêter sur les morts et les violences commises ces dernières semaines.

Romandie.com avec (©AFP / 12 mai 2018 12h39)                

Burundi: au moins 23 morts dans une attaque contre un village

mai 12, 2018

Nairobi – Des inconnus armés ont tué au moins 23 personnes dans la nuit de vendredi à samedi lors d’une attaque contre un village dans le nord-ouest du Burundi, a indiqué samedi un responsable local.

« On a déjà décompté 23 personnes tuées dont des hommes, des femmes et des enfants, mais le bilan pourrait être plus lourd car on continue à chercher s’il n’y a pas d’autres victimes », a déclaré à l’AFP ce responsable qui a demandé à garder l’anonymat.

Selon des témoins, dix personnes ont en outre été blessées dans l’attaque menée par un groupe d’hommes armés de fusils et d’armes blanches qui ont également mis le feu à des édifices dans un village de la province de Cibitoke frontalière avec la République démocratique du Congo et le Rwanda.

« Ces criminels sont allés de maison à maison et ont commis un véritable carnage, certaines des victimes ont été égorgées, d’autres achevées au fusil, (…), il y a même toute une famille qui a été brûlée vive dans sa maison », a expliqué le responsable local.

On ignore pour l’instant les raisons de cette attaque et l’identité des assaillants qui ont, selon des habitants, gagné la RDC après l’attaque.

Cette attaque est survenue alors que le Burundi s’apprête à organiser le 17 mai un référendum constitutionnel contesté qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu’en 2034.

Romandie.com avec(©AFP / 12 mai 2018 10h05)                                                                                                                

Embuscade meurtrière au Niger: le Pentagone admet des erreurs

mai 10, 2018

Le chef du commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM), le général Thomas Waidhauser (G) et le chef d’Etat-major de l’AFRICOM, le général Roger Cloutier, participent à une conférence de presse au Pentagone le 10 mai 2018n / © AFP / JIM WATSON

Manque de préparation, supervision insuffisante: une enquête du Pentagone révélée jeudi a conclu qu’une succession d’erreurs était à l’origine de la mort de soldats américains lors d’une embuscade au Niger en octobre 2017.

Quatre Américains et quatre Nigériens ont été tués lorsqu’une patrouille conjointe de reconnaissance est tombée dans une embuscade à proximité du village de Tongo Tongo, à une centaine de kilomètres de Niamey, près de la frontière avec le Mali.

Les soldats ont été attaqués par des combattants affiliés au groupe Etat islamique (EI) équipés d’armes automatiques, de grenades et de mitrailleuses. Selon le Pentagone, les militaires n’avaient pas suffisamment préparé cette mission qui n’aurait pas dû être approuvée en l’état.

Le rapport de huit pages rendu public est un condensé de l’enquête, restée confidentielle, qui conclut à une combinaison « d’erreurs et faiblesses individuelles, organisationnelles et institutionnelles qui ont contribué aux évènements tragiques ».

Les militaires étaient arrivés à l’automne au Niger pour former l’armée nigérienne et lui fournir une assistance dans la lutte antiterroriste.

Mais au moment du déploiement, seule la moitié de l’unité avait eu un entraînement collectif, note le Pentagone.

La mission d’octobre était de « trouver/surveiller et si possible, capturer » un responsable –non identifié– du groupe jihadiste autoproclamé « Etat islamique dans le Grand Sahara » (EIGS), dirigé par Adnan Abou Walid Sahraoui.

Mais, selon l’enquête, le chef de patrouille a « défini de manière inexacte » la nature de cette mission pour qu’elle soit approuvée au niveau local, alors qu’elle aurait dû recevoir le feu vert au niveau du chef de bataillon, basé au Tchad.

– Intervention française –

De plus, la description de la mission était un copier-coller d’une mission précédente, ce qu’un « manque d’attention dans les détails » n’a pas détecté.

Tous ces éléments « ont contribué à un manque général de prise de conscience de la situation et de supervision de la part du commandement à tous les échelons ».

De plus, l’unité n’a pas fait de répétition ni de simulation de combat avec la patrouille nigérienne avant le départ.

Le général Thomas Waldhauser, patron du commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM), a affirmé lors d’une conférence de presse que l’armée était désormais « beaucoup plus prudente » lors des missions, pour lesquelles les militaires sont mieux équipés et bénéficient d’un soutien aérien renforcé.

Le Pentagone a aussi rendu publique une reconstitution en images de synthèse des dix premières minutes de l’attaque, alors que le convoi quittait le village où il s’était approvisionné en eau.

Les militaires ne portaient pas de gilet pare-balles et ont dû stopper les véhicules pour les mettre.

Le feu ennemi s’est alors rapidement intensifié alors que les assaillants sortaient d’une zone boisée. L’un des véhicules a été isolé des autres et entouré par les jihadistes.

L’intervention d’avions de chasse de l’armée française, qui ont survolé la zone à basse altitude dans une « démonstration de force », a forcé les assaillants à battre en retraite.

Si les chasseurs n’ont pas engagé le combat car ils n’avaient pas la position des Américains, ces rase-mottes « ont sûrement sauvé la vie des membres survivants » de la patrouille, souligne le Pentagone.

Les avions français « ont éloigné les jihadistes » qui avaient rassemblé les corps de trois des militaires tués, a souligné jeudi le général Roger Cloutier, chef d’état-major de l’AFRICOM, qui a dirigé l’enquête.

Le corps du sergent La David Johnson, qui avait été séparé du groupe pendant l’attaque et qui s’était mis à couvert sous un gros arbre, avait été retrouvé 48 heures plus tard.

Sa mort avait provoqué une polémique à cause de commentaires attribués au président Donald Trump par la veuve du militaire lors d’une conversation téléphonique. « Je l’ai entendu dire +Je suis sûr qu’il savait ce pour quoi il s’engageait+ », a-t-elle affirmé.

Les Etats-Unis ont quelque 6.000 militaires déployés en Afrique, des forces spéciales pour la plupart, en parallèle de celles du G5 Sahel (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad et Burkina Faso). Portée par la France, cette force régionale lutte contre les groupes jihadistes ayant multiplié les attaques au Mali, au Burkina Faso et au Niger depuis 2015.

Romandie.com avec (©AFP / 10 mai 2018 21h43)                

Centrafrique: tension à Bangui à l’occasion d’une journée « ville morte »

mai 5, 2018

 

Casques bleus dans le quartier PK5 de Bangui, en février 2016. © Jerome Delay/AP/SIPA

La tension a été vive tout au long de la journée de vendredi à l’occasion d’une journée « ville morte » décrétée par la société civile à Bangui, où la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a été prise à partie, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs barricades ont été érigées à divers endroits de la capitale centrafricaine, dont le quartier musulman du PK5 isolé du reste de la ville. Des habitants en colère ont également bloqué des véhicules et des membres de la Minusca, avec une attitude hostile à leur égard.

Face à la crainte de subir la vindicte populaire, au moins 12 personnes blessées en début de semaine au PK5 ont refusé de sortir du centre de soins de la Croix rouge centrafricaine situé dans ce quartier.

Cette tension est survenue après des violences qui ont fait 24 morts et plus de 170 blessés mardi et qui font craindre une résurgence d’affrontements intercommunautaires à grande échelle.

Au nord de Bangui, des hommes appartenant au groupe armé du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) ont été arrêtés à Dekoa, localité située sur la route menant de Kaga Bandoro à la capitale, a annoncé vendredi le Premier ministre Simplice Sarandji devant l’Assemblée nationale.

Menace d’une offensive sur Bangui

Mi-avril, deux des principaux groupes rebelles armés issus de l’ex-Séléka prétendant défendre les musulmans, dont le FPRC, avaient menacé de lancer une offensive sur Bangui depuis Kaga Bandoro.

Selon une source onusienne, plusieurs véhicules chargés d’éléments du FPRC ont été repérés vendredi matin dans un village non loin de Dekoa.

« On les a vu entrer, ça a semé la panique chez la population », a témoigné un habitant.

Plusieurs postes renforcés constitués de sacs de sable ont récemment été installés sur la route de Bangui à Damara, ville située à 70 km au nord de Bangui, axe menant jusqu’à Kaga Bandoro en passant par Dekoa, à constater l’AFP.

Le spectre d’affrontements entre musulmans et chrétiens ou animistes a resurgi depuis les violences perpétrées à Bangui mardi.

L’élément déclencheur a été l’interpellation par des forces de défense et de sécurité centrafricaines de « Moussa Empereur », un élément d’une milice du PK5.

Attaque d’une Église

Une église a dans la foulée été attaquée par des hommes armés venus du quartier musulman, causant la mort de plusieurs civils et d’un prêtre, l’abbé Albert Tougoumalé-Baba.

Une enquête a été ouverte et une cellule d’investigation mise en place par la justice centrafricaine.

Selon la Minusca, l’attaque de l’église était une « réaction à l’interpellation » de « Moussa Empereur », mais selon le gouvernement, elle était « une action planifiée » depuis plusieurs jours.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP, les miliciens du PK5 n’ont pas ciblé l’église en tant que telle, mais des forces de l’ordre qui s’étaient réfugiées à l’intérieur.

Planifiée ou non, l’attaque de l’église a déclenché une vague de colère à Bangui, et a fait resurgir le spectre des violences communautaires dans le pays, rappelant les années 2013-2014.

Des violences avaient éclaté après la descente sur Bangui de la rébellion de la Séléka, composée de nombreux musulmans, qui avait renversé le président François Bozizé. Des milices « antibalakas », essentiellement chrétiennes et animistes, s’étaient ensuite constituées pour combattre la Séléka qui menait une politique de terreur dans la capitale centrafricaine.

Une intervention internationale, onusienne et française (Sangaris) dans Bangui et en province avait ensuite considérablement réduit le niveau des violences. Lesquelles ont peu à peu repris depuis le départ des soldats français, en octobre 2016.

Jeuneafrique.com

Près de 150 morts dans les tempêtes en Inde, toujours en alerte

mai 4, 2018

Des voisins regardent le plafond qui s’est effondré sur Sunil Kumar, 24 ans, lors d’une tempête à Kheragarh dans les environs d’Agra, en Inde le 4 mai 2018. / © AFP / CHANDAN KHANNA

Dans les décombres de leurs maisons, des milliers de familles indiennes étaient sur le qui-vive vendredi face au risque de nouvelles tempêtes, après que des cieux déchaînés ont fait près de 150 morts cette semaine dans cette nation d’Asie du Sud.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une tempête de sable d’une rare intensité a balayé le nord du pays et coûté la vie à 121 personnes. Principalement concentrée sur l’Uttar Pradesh et le Rajasthan, elle a provoqué une vague de destructions.

Les services météorologiques indiens ont prévenu vendredi que de nouvelles tempêtes pourraient frapper cette même zone au cours des prochains jours, poussant les sinistrés à s’abriter.

Dans un épisode climatique distinct dans le sud, la foudre de violents orages a par ailleurs fait 21 victimes en Andhra Pradesh et au Telangana.

Au nord, des vents soufflant jusqu’à 130 km/h ont déraciné des arbres, abattu des pans de maisons de piètre bâti et renversé des pylônes électriques.

Dans le village de Mahuakhera près de la ville d’Agra, à 170 kilomètres au sud de la capitale New Delhi, Ram Bhorosi est en deuil. Ce père de famille a perdu son fils et un proche dans la destruction de leur habitation.

« Nous avions des invités à la maison et mon fils est allé à l’intérieur pour prendre une couchette lorsque la tempête a frappé. Une grosse pierre lui a fracassé la tête lorsque le toit s’est effondré », raconte-t-il à un journaliste de l’AFP.

« Une demi-douzaine d’hommes nous ont aidé à déblayer les décombres. (Les autorités) n’ont pas eu le temps de donner l’alarme, c’était si soudain. »

Rien que pour le district d’Agra, où se situe le célèbre Taj Mahal de marbre blanc, au moins 43 personnes ont péri dans ces tempêtes de sable d’une violence rarement vue. Vingt-quatre villageois ont été tués pour la seule localité de Kheragarh, a rapporté la presse indienne.

Sur place, des maisons endommagées bordent les routes poussiéreuses. Là où se dressaient des dizaines d’habitations ne restent plus que des tas de briques démolis par les vents.

Piétinant au milieu des décombres, des villageois essayaient de sauver quelques biens.

– « Furie de la nature » –

Dans la commune de Burera, Anil Kumar est encore sous le choc de n’avoir dû la vie qu’à un cheveu.

« Nous étions assis dehors lorsque les vents ont brusquement soufflé. Des débris ont enseveli quatre d’entre nous lorsque le mur est tombé. Mon grand-père est mort et les trois autres ont survécu avec des blessures », relate cet habitant à l’AFP.

Cette tempête résulte de la conjonction d’une dépression, de températures inhabituellement élevées et d’humidité apportée par les vents. Ce type d’événement violent pourrait devenir de plus en plus fréquent avec le changement climatique, d’après la presse indienne.

Les habitants de la région restent sur leurs gardes alors que les prévisions météos annoncent d’éventuelles nouvelles tempêtes jusqu’à mardi.

« Nous n’avons pas pu dormir, nous étions inquiets que la tempête frappe à nouveau. Nous avons pris des précautions et tout placé en sécurité mais rien ne peut résister à la furie de la nature », confie à l’AFP Munna Lal Jha, un résident d’Agra.

Tempêtes et orages font tous les ans des victimes en Inde mais ceux de cette semaine figurent parmi les plus meurtriers de ces dernières décennies.

Les autorités ont ainsi recensé 76 décès dans le grand État pauvre d’Uttar Pradesh, et 39 dans la région touristique voisine du Rajasthan.

La chute de 13.000 poteaux électriques a entraîné des coupures de courant dans de nombreuses zones, un retour à la normale pourrait nécessiter plusieurs jours.

Dans l’État méridional d’Andra Pradesh, où de féroces orages ont tué 14 personnes, 41.000 impacts de foudre ont été recensés pour la seule soirée de mardi.

Romandie.com avec (©AFP / 04 mai 2018 14h46)                  

Libye: 12 morts dans un accident contre la commission électorale

mai 2, 2018

Au moins douze personnes ont été tuées et sept autres blessées mercredi à Tripoli dans un attentat contre le siège de la Haute commission électorale libyenne (HNEC), chargée d’organiser des élections cruciales pour le pays, selon des sources sécuritaire et sanitaire.

Quatre individus armés ont attaqué le bâtiment de la HNEC dans la matinée, selon Mohamad al-Damja, un haut responsable de sécurité à Tripoli.

« Ils ont abattu les gardes avant de tirer sur les personnes présentes sur les lieux », a-t-il déclaré à l’AFP.

Au moins deux assaillants ont ensuite fait détoner leur charge explosive à l’arrivée des forces de sécurité, a-t-il ajouté, précisant que le siège de la HNEC avait pris feu et été gravement endommagé.

Les forces de sécurité maîtrisent désormais la situation, a-t-il souligné.

L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a fait au moins 12 morts et sept blessés, a indiqué le ministère de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon des témoins, des tirs ainsi qu’au moins deux explosions ont été entendus aux abords de la HNEC.

Un périmètre de sécurité a été installé autour des lieux empêchant les journalistes et badauds de s’approcher.

Dans un communiqué, le Gouvernement d’union nationale (GNA) a dénoncé une « attaque terroriste ».

« Cette attaque lâche n’empêchera pas le GNA de continuer à apporter son soutien à la HNEC », a indiqué le cabinet de Fayez al-Sarraj, affirmant son « engagement à (respecter) le processus démocratique pour la tenue des élections afin de mener la Libye à bon port ».

La mission de l’ONU en Libye (Manul) a également condamné l’attentat, « avec la plus grande fermeté ».

« De telles attaques terroristes ne dissuaderont pas les Libyens d’avancer dans le processus de consolidation de l’unité nationale et de construction de l’Etat du droit et des institutions », a ajouté la Manul sur son compte Twitter, appelant « les autorités libyennes à poursuivre et traduire les auteurs (de l’attaque) en justice le plus rapidement possible ».

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Deux autorités s’y disputent aujourd’hui le pouvoir: d’un côté, le GNA reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays, avec le soutien du puissant et controversé maréchal Khalifa Haftar.

La communauté internationale presse les autorités du pays de tenir des élections en 2018, espérant le rétablissement de l’ordre dans ce riche pays pétrolier.

Mais aucune date pour ces élections n’a été encore fixée, alors que leur tenue doit être précédée par un référendum sur un projet de constitution et la rédaction d’une loi électorale.

En attendant, 2,4 millions d’électeurs ont été enregistrés par la HNEC, sur une population de 6 millions.

La HNEC, considérée parmi les rares institutions crédibles et indépendantes du pays, avait organisé les deux premières législatives en 2012 et 2014, réinstaurant cet exercice après 42 ans d’interdiction sous la dictature.

En mars, l’organisation Human Rights Watch (HRW) avait estimé que la situation sécuritaire en Libye ne permettait pas la tenue d’élections libres et transparentes.

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2018 14h52)                                            

Attentats en Afghanistan: des dizaines de morts dont 10 journalistes

avril 30, 2018

Des membres de forces de sécurité afghanes sur les lieux d’un attentat à Kaboul, le 29 janvier 2018 / © AFP / Wakil KOHSAR

Au moins 37 personnes, dont un photographe de l’AFP et neuf autres journalistes, sont mortes lundi en Afghanistan dans une série d’attentats meurtriers à Kaboul et dans le sud du pays.

Un double attentat suicide a frappé la capitale tôt lundi, faisant au moins 25 morts dont le chef photographe de l’AFP à Kaboul, Shah Marai. Huit autres journalistes ont également été tués lors de la deuxième déflagration au milieu des reporters.

Il a été suivi par un autre attentat suicide à Kandahar (sud) qui a tué onze enfants, et par le meurtre par balles d’un reporter afghan de la BBC en langue pachtoue à Khost, dans le sud-est de l’Afghanistan.

Le double attentat de Kaboul a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), qui a dénoncé dans un communiqué les « apostats des forces de sécurité et des médias ». Les deux explosions ont fait au moins 25 morts et 49 blessés selon le ministère de l’Intérieur.

L’organisation Reporters sans Frontières (RSF) et le Centre des journalistes d’Afghanistan (AJC) ont recensé neuf journalistes tués, dont Shah Marai, chef photographe du bureau de l’AFP à Kaboul.

« Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière (contre des journalistes, ndlr) depuis la chute des talibans en décembre 2001 », souligne RSF dans un communiqué. Il « visait sciemment la presse », estime l’ONG.

La première attaque visait apparemment le siège des services de renseignements afghans, le NDS, cible récurrente des insurgés.

Arrivé rapidement sur les lieux pour « couvrir » l’attentat, comme il le faisait lors de chaque attaque, Shah Marai a été tué par la deuxième déflagration, survenue une trentaine de minutes après la première.

Shah Marai, 48 ans, travaillait pour le bureau de l’AFP à Kaboul depuis 1996 et en était devenu un pilier. Grand gaillard mince aux yeux très bleus, il avait largement contribué à la couverture de l’Afghanistan lorsque le pays était sous le régime taliban et à celle de l’invasion américaine de 2001, et à tous les rebondissements qui ont suivi.

« J’ai appris tout seul la photographie, donc je cherche toujours à m’améliorer. Et maintenant mes photos sont publiées dans le monde entier », relevait-il.

Huit autres journalistes présents, selon l’AJC confirmée par RSF, ont été fauchés par cette explosion. Tous travaillaient pour une radio ou des télévisions afghanes, dont un pour la chaîne Tolo News déjà très éprouvée par un attentat revendiqué par les talibans en 2016, qui avait fait sept morts parmi ses employés.

Selon une source sécuritaire, le kamikaze qui a visé la presse s’était glissé parmi les reporters, faussement « muni d’une caméra ».

« Le kamikaze s’est fait exploser parmi les journalistes », a précisé le porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai.

Les deux autres attentats n’ont pas été revendiqués.

– Talibans et EI –

« Cette tragédie nous rappelle le danger auquel nos équipes doivent sans cesse faire face sur le terrain et le rôle essentiel des journalistes pour la démocratie », a réagi Fabrice Fries, PDG de l’AFP.

« Nous sommes anéantis par la mort de notre photographe Shah Marai, qui témoignait depuis plus de quinze ans de la tragédie qui frappe son pays. La direction de l’AFP salue le courage, le professionnalisme et la générosité de ce journaliste qui avait couvert des dizaines d’attentats avant d’être lui-même victime de la barbarie », a déclaré Michèle Léridon, directrice de l’Information de l’AFP.

De nombreux messages de sympathie et de condoléances ont afflué au bureau de l’AFP Kaboul, dont un autre journaliste, Sardar Ahmad, avait été tué en mars 2014 avec toute sa famille dans un attentat taliban. Seul l’un de ses enfants, alors âgé de trois ans, en avait réchappé.

Sardar était un très proche ami de Shah Marai, qui lui-même laisse six enfants dont le dernier âgé d’à peine quelques semaines.

– Attaques à Khost et Kandahar –

En fin de matinée, un nouvel attentat, perpétré par une voiture conduite par un kamikaze, a tué onze enfants qui s’étaient regroupés autour d’un convoi militaire de l’Otan, près de l’aéroport de Kandahar, dans le sud, a rapporté le porte-parole du gouverneur provincial, Said Aziz Ahmad Azizi, à l’AFP.

Seize personnes ont été blessées dont huit soldats roumains et deux policiers afghans dans cette opération, qui n’a pas été revendiquée.

Un reporter afghan de la BBC en pachtou a par ailleurs été tué par balles lundi à Khost dans le sud-est de l’Afghanistan, a annoncé la radio-télévision britannique à Kaboul.

« C’est avec une immense tristesse que la BBC confirme la mort de notre reporter afghan Ahmad Shah à la suite d’un attentat », indique la BBC dans un communiqué.

Ces attaques surviennent alors que les talibans ont officiellement lancé mercredi leur offensive de printemps, rejetant ainsi implicitement de récents appels du gouvernement afghan à entamer des négociations de paix.

Kaboul est devenue selon l’ONU l’endroit le plus dangereux d’Afghanistan pour les civils, avec depuis un an une recrudescence des attentats d’ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués par les talibans ou le groupe Etat islamique.

Ainsi, les attaques visant délibérément les civils ont fait deux fois plus de victimes sur les trois premiers mois de 2018 – 763 tués, 1.495 blessés – que pour la même période de 2017.

La dernière en date dans la capitale, le dimanche 22 avril, a fait près de 60 morts et 20 blessés dans un quartier à majorité chiite.

Romandie.com avec(©AFP / 30 avril 2018 16h07)