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Selon Washington, le Canada enverra huit véhicules blindés en Ukraine

avril 26, 2022

L’Allemagne a pour sa part confirmé l’envoi de chars de défense à deux canons antiaériens à l’Ukraine.

Anita Anand, devant une nuée de micros.

La ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, en point de presse, mardi, sur la base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne. Photo: Getty Images/Thomas Lohnes

Le Canada enverra huit véhicules blindés en Ukraine, a annoncé mardi le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, au terme d’une rencontre de pays alliés tenue à la base aérienne américaine de Rammstein, en Allemagne.

La rencontre avait pour objectif d’accélérer les livraisons d’équipements militaires que l’Ukraine réclame pour repousser l’invasion russe, en cours depuis le 24 février.

Nous allons envoyer des véhicules blindés en Ukraine, avait déclaré la ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, avant la rencontre, mais sans en préciser le nombre.

Dans un communiqué publié vendredi, la Défense nationale disait travailler à finaliser des contrats relatifs à un certain nombre de véhicules blindés de marque commerciale qui seront envoyés en Ukraine dès que possible.

Elle avait annoncé par la même occasion l’envoi d’obusiers tractés légers M777 de 155 mmm et de munitions antichars Carl Gustaf.

Mme Anand n’avait pas précisé non plus le nombre d’obusiers envoyés à l’Ukraine. Selon CBC, il y en a quatre. La ministre a toutefois indiqué mardi qu’Ottawa a envoyé des milliers de munitions antichars.

Un possible contrat de service pour l’entretien et la réparation des caméras spécialisées pour drones que le Canada a déjà fait parvenir à l’Ukraine était aussi en voie d’être finalisé.

Selon Mme Anand, le Canada va continuer à envoyer des armes à l’Ukraine, qu’elles proviennent des stocks des Forces armées canadiennes ou de fournisseurs d’armes avec lesquels Ottawa conclura des ententes.

« La situation est volatile, et nous devons continuer, en tant qu’alliés, à faire tout ce que nous pouvons pour soutenir l’Ukraine, sa souveraineté, sa stabilité et sa sécurité. »— Une citation de  Anita Anand, ministre de la Défense du Canada

Un tournant pour l’Allemagne

En matière d’envoi d’armes à l’Ukraine, la principale annonce est toutefois venue du gouvernement allemand, qui a confirmé l’envoi de chars de défense antiaérienne Gepard à l’Ukraine.

Selon plusieurs sources, l’annonce concerne une cinquantaine de ces blindés, équipés de deux radars et de deux canons destinés à abattre les avions ennemis.

Nous avons décidé [lundi] que l’Allemagne allait faciliter la livraison de chars de défense antiaérienne Gepard à l’Ukraine, a déclaré la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, lors de la conférence, selon le texte de son discours.

L’envoi d’armes lourdes est une première pour le gouvernement du chancelier Olaf Scholz, qui a été critiqué ces dernières semaines pour son peu d’empressement à armer l’Ukraine.

La grogne se constatait au sein même de la coalition gouvernementale qu’il dirige, les verts et les libéraux jugeant le soutien allemand apporté à Kiev insuffisant.

Selon l’AFP, qui cite des sources gouvernementales, les chars allemands ne proviendront pas directement de l’armée allemande, mais des stocks détenus par le groupe d’armement Krauss-Maffei Wegmann. Retirés du service il y a 10 ans, ils doivent subir une mise à jour technique, ont précisé ces mêmes sources.

Le secrétaire d’État américain à la Défense Lloyd Austin a salué cette décision particulièrement bienvenue du gouvernement allemand.Gros plan de Lloyd Austin.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, en conférence de presse, mardi, après la rencontre des alliés sur la base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne. Photo: Reuters/Kai Pfaffenbach

La ministre Lambrecht n’a pas exclu que Berlin approuve d’autres livraisons d’armes lourdes que des entreprises allemandes ont proposé de fournir à Kiev.

Le gouvernement néerlandais va aussi envoyer un nombre limité d’obusiers à l’Ukraine, a annoncé l’agence néerlandaise ANP.

Une rencontre désormais mensuelle

Selon Lloyd Austin, la rencontre des quelque 40 alliés se reproduira désormais sur une base mensuelle, que ce soit en personne ou en mode virtuel.

La réunion d’aujourd’hui deviendra un groupe de contact mensuel sur la défense de l’Ukraine, a-t-il expliqué au terme de la réunion.

M. Austin dit vouloir organiser l’action des nations de bonne volonté pour intensifier nos efforts, coordonner notre assistance, et nous concentrer sur la victoire du combat d’aujourd’hui et des combats à venir.

La secrétaire Austin et la ministre Anand tiendront une rencontre bilatérale, jeudi, au Pentagone à Washington. Il s’agira de la première visite officielle de Mme Anand aux États-Unis depuis sa nomination.

Selon son ministère, ils discuteront des relations entre les deux pays sur le plan de la défense, des principales priorités comme la modernisation du NORAD et des efforts du Canada et des États-Unis pour appuyer l’Ukraine.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Moscou coupe le gaz à la Pologne

avril 26, 2022
Un ouvrier grimpe dans une échelle sur un cylindre dans une station de compression de gaz.

Le gazoduc Yamal achemine le gaz russe des champs gaziers de la péninsule de Yamal et de la Sibérie occidentale vers la Pologne et l’Allemagne en passant par le Bélarus, où se trouve la station de compression de gaz près de Nesvizh, au sud-ouest de Minsk, la capitale. Photo: Reuters/Vasily Fedosenko

L’entreprise publique polonaise gazière PGNiG a indiqué mardi que le géant gazier russe Gazprom cessera ses livraisons de gaz naturel dès mercredi.

Dans un communiqué, PGNiG a dénoncé une violation du contrat la liant à Gazprom et a fait savoir qu’elle entendait prendre des mesures pour rétablir ces livraisons de gaz.

Avec Radio-Canada

Moscou s’attaque aux infrastructures ferroviaires en Ukraine

avril 25, 2022

Selon l’état-major ukrainien, des bombardements russes ont lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres dans l’est du pays.

Des travailleurs sont visibles entre deux voies sur lesquelles se trouvent des wagons.

Des travailleurs sont visibles entre deux voies ferroviaires, lundi, près d’un site frappé par l’armée russe à proximité de Lviv. Photo: Getty Images/Leon Neal

Plusieurs infrastructures ferroviaires du centre et de l’ouest de l’Ukraine ont été frappées par l’armée russe au cours des dernières heures, faisant au moins 5 morts et 18 blessés, selon un premier bilan fourni par le parquet de la région de Vinnytsia.

Le communiqué du parquet précise que des tirs de roquettes ont visé dans la matinée des infrastructures de transport près des petites villes de Jmerynka et Koziatyn. Le gouverneur de la région de Vinnytsia, Serhi Borzov, avait confirmé les frappes un peu plus tôt.

Vinnytsia est un important nœud ferroviaire, tant à l’intérieur de l’Ukraine que pour les connexions avec l’étranger. La plupart des trains internationaux qui traversent le pays passent par cette région.

Le patron des Chemins de fer ukrainiens, Oleksander Kamychine, avait annoncé sur Telegram en début de journée que cinq gares du centre et de l’ouest de l’Ukraine avaient été frappées par l’armée russe en l’espace d’une heure. Il n’avait pas identifié les villes visées, mais affirmait que les frappes avaient fait des victimes.

Les troupes russes continuent de détruire systématiquement les infrastructures ferroviaires, a dénoncé M. Kamychine, qui a dit y voir un écho du bombardement de la gare de Kramatorsk, qui a fait 57 morts et plus de 100 blessés le 8 avril.

Il n’était pas clair si l’attaque dans la région de Vinnytsia était incluse dans le bilan livré par le patron des Chemins de fer ukrainiens.

Des attaques sur des voies ferroviaires ont aussi été rapportées lundi par les autorités locales à Jytomyr, à l’est de Kiev, ainsi qu’à Rivne et à Lviv, dans l’ouest du pays. Le gouverneur de Lviv a publié une vidéo montrant une colonne de fumée s’élevant d’une gare à Krasne, à environ une heure de Lviv.Un homme portant un dossard orange traverse un pont en transportant une pièce de métal tordue

Un travailleur transporte une pièce de métal tordue provenant d’une roquette russe près d’une voie ferroviaire située dans les environs de Lviv. Photo: Getty Images/Leon Neal

Des bombardements sur toute la ligne de front

Selon l’état-major de l’armée ukrainienne, des bombardements ont eu lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres entre Kharkiv, dans le nord-est, et la région de Donetsk, dans le sud-est, en passant par la région de Louhansk.

L’armée ukrainienne affirme cependant avoir repoussé une série d’attaques russes dans les régions de Donetsk et de Louhansk, notamment à Roubijne, Popasna, Sievierodonetsk, Marïnka et Avdiivka, ainsi qu’une tentative d’avancée vers les villes de Barvinkove et Sloviansk à partir d »Izioum.

L’ensemble de l’Ukraine est resté lundi matin en état d’alerte aux bombardements aériens pendant deux heures, une période inhabituellement longue pendant laquelle la population doit trouver refuge dans des abris.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général de division Igor Konashenkov, rapporte que la raffinerie de Krementchouk, la plus importante d’Ukraine avant la guerre, et d’autres dépôts de carburant ont été détruits avec des armes à longue portée de haute précision.

Selon le gouverneur de la région de Poltava, l’attaque menée à Krementchouk a fait un mort et sept blessés.

Krementchouk, sur les rives du fleuve Dnipro, est un important centre logistique pour les troupes ukrainiennes qui combattent l’invasion russe dans le Donbass.

Au total, les avions de combat russes ont détruit 56 cibles ukrainiennes dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré le général Konashenkov.Une femme sur un balcon d'un immeuble éventré.

À Hostomel, en banlieue de Kiev, une résidente constate les dégâts subis par son immeuble à logements lors d’une attaque russe perpétrée dans les premiers jours du conflit. Photo: Getty Images/John Moore

La résistance ukrainienne pilonnée à Marioupol

Les bombardements ont aussi continué sur Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov presque entièrement contrôlé par l’armée russe, où seraient encore coincées quelque 100 000 personnes, selon Kiev. Ils visent surtout l’usine Azovstal, où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens, avec, selon eux, des centaines de civils.

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine avait publiquement ordonné à l’armée russe d’assiéger les combattants ukrainiens retranchés dans le complexe métallurgique, mais sans leur donner l’assaut, afin de préserver la vie de soldats russes.

Les derniers défenseurs de Marioupol ont diffusé ces derniers jours des images de femmes et d’enfants disant vivre depuis des semaines dans des dortoirs de fortune du complexe et ont appelé à un cessez-le-feu avec des garanties pour les faire sortir.

Le ministère russe de la Défense avait annoncé lundi matin que ses forces allaient cesser unilatéralement les hostilités sur Azovstal à partir de 14 h, heure locale (7 h, HNE), retirer les unités à une distance sûre et assurer le départ des civils dans la direction de leur choix.

Mais Kiev a balayé cette annonce. Aucun accord n’a été conclu pour instaurer lundi un couloir humanitaire qui permettrait de les évacuer, a déclaré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Le couloir annoncé n’offre aucune sécurité, donc il n’y a pas d’évacuation, a-t-elle ajouté.Un garçon, de dos, près d'un véhicule renversé devant un immeuble endommagé.

À Marioupol, un garçon se tient debout près d’un véhicule renversé devant un immeuble dont toutes les fenêtres ont volé en éclats. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

Plus de 20 000 personnes ont déjà trouvé la mort à Marioupol, selon une estimation de son maire, Vadim Boïtchenko. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de source indépendante.

Incendie majeur dans un dépôt pétrolier russe

Pendant ce temps, un incendie majeur s’est déclaré lundi dans un dépôt pétrolier d’une ville russe située à environ 100 kilomètres de la frontière ukrainienne, a déclaré le ministère russe des Urgences. Aucune cause n’a été donnée pour l’incendie.

Le dépôt pétrolier de Bryansk appartient à une filiale de la société russe Transneft, contrôlée par l’État, qui exploite le pipeline Druzhba qui transporte du brut vers l’ouest, vers d’autres pays européens. Il n’était pas clair si le dépôt faisait partie de l’infrastructure du pipeline et si l’incendie pouvait affecter ces livraisons.

La presse russe rapporte qu’une autre installation de stockage de pétrole à Briansk avait également pris feu tôt lundi, et la cause n’était pas immédiatement connue.

Le mois dernier, deux hélicoptères de combat ukrainiens ont touché un réservoir de pétrole dans la région russe de Belgorod, située à la frontière, provoquant un incendie.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, La Presse canadienne, New York Times et Agence France-Presse

Ukraine: Aucun signe de reddition à Marioupol après l’expiration d’un nouveau délai fixé par Moscou

avril 20, 2022

« Nous n’allons pas déposer nos armes », assure le commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans l’usine d’Azovstal avec les derniers défenseurs de la ville.

Un résident de Marioupol marche devant des immeubles à logements détruits, le 19 avril. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

La plus récent délai fixé par Moscou pour la reddition complète des derniers combattants ukrainiens retranchés dans un complexe métallurgique de Marioupol a expiré mercredi sans qu’aucun signe d’une capitulation massive ne soit détecté. L’ultimatum du ministère russe de la Défense expirait à 14 h, heure locale (7 h, HNE).

Plus tôt en matinée, les autorités de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk, qui appuient militairement les forces russes à Marioupol, avaient annoncé dans un communiqué que cinq militaires ukrainiens ont déposé les armes et ont quitté de leur propre gré l’usine d’Azovstal.

L’absence de reddition, si elle se confirme dans les prochaines heures, ne serait guère étonnante. Dans une entrevue accordée au Washington Post, le commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans l’usine d’Azovstal, a assuré que ses troupes ne vont pas déposer les armes.

Pas question de profiter d’un couloir de sécurité offert par l’armée russe, a-t-il ajouté, en soulignant que ceux qui ont fait l’erreur de faire confiance aux Russes se sont fait tirer dessus. Personne ne croit les Russes, a-t-il laissé tomber.

Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures, a aussi affirmé le major Serguiy Volina dans une vidéo aux accents tragiques transmise à plusieurs grands médias internationaux. L’ennemi est 10 fois plus nombreux que nous.

« Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d’utiliser la procédure d’extraction et de nous emmener sur le territoire d’un pays tiers. »— Une citation de  Serguiy Volina, commandant de la 36ebrigade de la marine nationale

En entrevue au Post, le major Volina s’est plus directement adressé directement au président américain Joe Biden, en lui demandant d’intervenir pour mettre un terme au calvaire de ses troupes, qui se trouvent dans une situation qu’il a qualifiée de tragique et critique.

Nous espérons beaucoup que le président Biden nous entendra et aidera à résoudre notre situation. Nous croyons qu’il est l’une des rares personnes qui peut vraiment influencer et résoudre la situation rapidement, a-t-il lancé à l’intention du chef d’État américain.

Le major Volina a confirmé par la même occasion que des centaines de civils, dont des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans le réseau de tunnels qui se trouve sous les installations d’Azovstal, où ils vivent dans des conditions exécrables. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky estime qu’ils sont un millier.

Les derniers combattants ukrainiens sont retranchés dans le complexe métallurgique Azovstal (en arrière-plan), l’un des plus grands du genre en Europe. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Il a refusé de dire combien de combattants étaient retranchés à Azovstal. Outre ses propres combattants, l’usine abrite des membres du bataillon Azov, dont des dirigeants sont d’allégeance néonazie, des membres de la garde nationale ukrainienne, des gardes-frontières et des policiers, a-t-il dit.

Le major Volina a cependant affirmé que 500 personnes, incluant des civils et des combattants, sont blessés, et vivent dans le sous-sol du complexe, sans accès à des médicaments.

Malgré les bombardements incessants de l’armée russe, le moral des soldats reste bon. Nous sauvons l’eau ensemble, nous nous soutenons, nous tentons de nous aider le plus possible. Tout le monde est prêt à continuer, a-t-il dit.

« Nous sommes conscients de tout, et nous comprenons tout, calmement, et nous continuons à nous acquitter de nos missions de combat.  »— Une citation de  Serguiy Volina, commandant de la 36ebrigade de la marine nationale

La semaine dernière, Moscou a annoncé que 1026 militaires ukrainiens de la 36e brigade marine s’étaient rendus à Marioupol. Ils se trouvaient cependant dans la zone de l’usine métallurgique Ilitch, située au nord du complexe d’Azovstal.

Selon les médias russes, deux citoyens britanniques, Aiden Aslin et Shaun Pinner, se trouvaient parmi eux. Les deux hommes sont apparus lundi dans des enregistrements présentés comme des interviews et diffusés par la télévision publique russe, au grand dam de la famille de M. Aslin.

La vidéo d’Aiden parlant sous la contrainte et ayant clairement subi des blessures physiques est profondément éprouvante. Utiliser des images et des vidéos de prisonniers de guerre est contraire à la Convention de Genève et doit cesser, indique-t-elle dans une déclaration relayée sur Twitter par un député britannique.

J’espère qu’il a été traité avec attention et compassion a quant à lui déclaré le premier ministre britannique Boris Johnson, qui a souligné que sa situation était très différente de celle d’un mercenaire, puisque le jeune homme servait dans l’armée ukrainienne depuis un certain temps.

Un secouriste travaille à proximité d’immeubles lourdement endommagés de Marioupol, en Ukraine, le 19 avril 2022. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Nouvelle tentative d’évacuations de civils

Les autorités municipales légitimes de Marioupol estiment qu’environ 100 000 habitants sont toujours coincés dans la ville, mais un nouvel espoir qu’une partie d’entre eux puissent être évacués a été ravivé lundi, après que la vice-première ministre ukrainienne eut annoncé une entente avec Moscou à ce sujet.

Dans un message publié sur Telegram, Iryna Verechtchouk a annoncé qu’un accord préliminaire pour ouvrir un couloir humanitaire pour que les femmes, les enfants et les personnes âgées quittent Marioupol en direction de Zaporijia, qui est contrôlée par l’Ukraine.

Des résidents de Marioupol marchent devant un immeuble détruit en transportant des effets personnels dans des valises, mardi, à Marioupol. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Le maire Vadym Boïchenko, qui n’est plus à Marioupol, a dit espérer que 6000 résidents profitent de ce couloir à bord des quelques 90 autobus dépêchés dans la ville, assiégée depuis maintenant plus de 50 jours par l’armée russe et des combattants prorusses.

« N’ayez pas peur et évacuez vers Zaporijia, où vous pourrez recevoir toute l’aide dont vous avez besoin – nourriture, médicaments, produits de première nécessité – et le principal est que vous serez en sécurité. »— Une citation de  Vadym Boïchenko, maire de Marioupol

Selon deux témoins de l’agence Reuters, des dizaines de civils ont été vus embarquant dans un petit convoi d’autobus qui a quitté Marioupol à partir d’un point d’embarquement prévu au préalable. L’information n’a pas été confirmée par les autorités ukrainiennes.

Le voyage de 200 kilomètres entre Marioupol et Zaporijia prend parfois plusieurs jours, avec plus d’une dizaine de points de contrôle russes à franchir.

Un résident de Marioupol installe de la marchandise à vendre, lundi, près d’un marché local. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Aucun couloir d’évacuation n’avait été mis en place en Ukraine depuis samedi, faute d’accord avec les Russes qui ont intensifié ces derniers jours leurs frappes dans l’est de l’Ukraine. La dernière évacuation réussie de civils remonte au 5 mars.

La confiance entre les parties est pour le moins fragile. En entrevue à Sky News, le maire adjoint de Marioupol, Sergei Orlov, a déclaré ne croire aucun mot de la Russie. Ce serait bien s’ils autorisaient des civils à quitter le complexe industriel Azovstal, mais ils ne l’ont pas fait pendant 50 jours. Pourquoi le feraient-ils maintenant?

Environ 300 000 Ukrainiens ont été évacués par des couloirs humanitaires depuis le début de la guerre le 24 février, selon un chiffre communiqué par le ministère ukrainien de la Réintégration.

Depuis le début de la guerre, le gouvernement ukrainien a proposé plus de 340 couloirs humanitaires. Les occupants (russes) en ont accepté environ 300 et de facto 176 ont véritablement fonctionné, a précisé le ministère. Il accuse les Russes d’avoir violé le cessez-le-feu ou bloqué les cars d’évacuation à plusieurs reprises, ce que rejette Moscou.

Selon les autorités municipales de Marioupol, plus de 20 000 des quelque 400 000 personnes qui habitaient la ville avant le déclenchement des hostilités seraient mortes en raison de l’offensive russe.

Le président Volodymyr Zelensky dénonce un manque d’armes

Malgré l’annonce par le Canada et les États-Unis d’une nouvelle aide militaire, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé dans un discours mardi soir que si son pays avait eu à sa disposition toutes les armes souhaitées, la guerre avec la Russie serait déjà terminée.

Si nous avions accès à toutes les armes dont nous avons besoin, que nos partenaires possèdent et qui sont comparables aux armes utilisées par la Fédération de Russie, nous aurions déjà mis fin à cette guerre. Nous aurions déjà rétabli la paix et libéré notre territoire des occupants.

Il est injuste que l’Ukraine soit encore obligée de demander ce que ses partenaires ont stocké quelque part depuis des années. S’ils ont les armes dont l’Ukraine a besoin ici et maintenant, s’ils ont les munitions dont nous avons besoin ici et maintenant, il est de leur devoir moral, avant tout, d’aider à protéger la liberté. Aider à sauver la vie de milliers d’Ukrainiens, a-t-il ajouté.

Avec Radio-Canada

Environ 200 000 emplois sont menacés par les sanctions à Moscou

avril 18, 2022

Les sanctions occidentales prises contre la Russie dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine commencent à peser sur les travailleurs russes, notamment ceux à l’emploi d’entreprises étrangères. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Au moins 200 000 emplois sont menacés à Moscou par le départ ou l’arrêt des activités d’entreprises étrangères, dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine, a annoncé lundi le maire de la capitale russe.

Dans un message sur son site, Sergueï Sobianine a indiqué qu’un plan d’aide de 3,6 milliards de roubles (environ 54 millions de dollars canadiens) avait été adopté la semaine dernière pour aider les Moscovites risquant un licenciement.

Ce programme concerne avant tout les employés d’entreprises étrangères qui ont suspendu temporairement leurs activités ou décidé de quitter la Russie. Selon nos estimations, environ 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi, a indiqué le maire.

La mairie va proposer aux employés de sociétés étrangères au chômage technique des emplois temporaires permettant des compléments de revenus comme la gestion des archives ou la réparation d’équipements municipaux.

La municipalité dit aussi prévoir des subventions pour financer des reconversions professionnelles.

Selon la mairie, des aides financières pour les familles devraient être offertes, en vertu d’un récent décret présidentiel, et des mesures prises pour faciliter les emprunts des petites et moyennes entreprises.

Enfin, la Ville de Moscou dit avoir construit, sans préciser de date, trois usines de médicaments pour compenser la suspension des importations pharmaceutiques, dont dépendent fortement les Russes.

Dans ce domaine, un grand travail nous attend, les résultats mettront des années à arriver, a indiqué M. Sobianine.

Soutenir le rouble

Par ailleurs, le Kremlin a déclaré lundi que les pays inamicaux disposent encore de temps pour choisir le paiement en roubles du gaz qu’ils importent de Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a refusé de préciser combien de pays ont jusqu’à maintenant accepté ce changement imposé par Moscou.

À la fin du mois de mars, le président russe a signé un décret exigeant des clients étrangers qu’ils paient leur gaz et leur pétrole en roubles, faute de quoi les livraisons pourraient être interrompues.

Cette décision devait permettre à la Russie de soutenir sa monnaie nationale, malmenée par les sanctions.

Or, plusieurs pays européens ont dénoncé cette initiative. L’Allemagne – largement dépendante du gaz russe – a évoqué un chantage de Vladimir Poutine, dénonçant le changement de modalités de contrats pourtant déjà conclus.

Radio-Canada Aavec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Les objectifs de Moscou en Ukraine sont « nobles », assure Poutine

avril 12, 2022

Le président russe, lors de son allocution télévisée mardi au cosmodrome de Vostochni, près de la petite ville de Tsiolkovski, dans l’est de la Russie Photo : Reuters/Sputnik/Evgeny Biyatov

L’opération militaire russe en Ukraine a pour but d’« assurer la sécurité de la Russie » et d’« aider la population du Donbass », a déclaré mardi Vladimir Poutine, confirmant du coup que la guerre se concentrera dorénavant dans le sud-est ukrainien.

Le président russe a fait ces déclarations au cosmodrome de Vostochni, dans l’extrême-est de son pays, en compagnie du président bélarusse Alexandre Loukachenko, pour le 51e anniversaire du premier vol spatial habité, réalisé par Youri Gagarine.

« Les objectifs sont absolument clairs et nobles. D’un côté, nous aidons et sauvons des gens, et de l’autre, nous prenons simplement des mesures pour garantir la sécurité de la Russie elle-même. C’est clair que nous n’avions pas le choix. C’était la bonne décision. »— Une citation de  Vladimir Poutine, président de la Russie

Depuis ses débuts, le 24 février, la guerre en Ukraine a fait des milliers de victimes, tant parmi les soldats des deux pays que dans la population civile. Le quart de la population ukrainienne a fui son domicile, selon l’Organisation des Nations unies (ONU), et les dommages sont évalués à des centaines de milliards de dollars.

Dans ses commentaires, transmis par la télévision russe, le maître du Kremlin a néanmoins défendu sa décision de lancer la guerre – qualifiée d’opération militaire spéciale – et a dit n’avoir aucun doute que la Russie allait l’emporter.

Il n’a toutefois pas répété que l’objectif de la guerre était de démilitariser et de dénazifier l’Ukraine, comme il l’avait dit au début du conflit. La perspective d’une prise de contrôle militaire de l’Ukraine par la Russie a subi un dur coup depuis que les troupes russes se sont retirées des environs de la capitale, Kiev.

Sans faire référence à ce retrait, considéré comme une sévère défaite par de nombreux analystes militaires occidentaux, M. Poutine a salué la lutte courageuse, professionnelle, efficace des officiers russes qui participent à la guerre.

Depuis le début du conflit, le gouvernement ukrainien a plutôt accusé l’armée russe d’avoir commis plusieurs crimes de guerre, notamment en bombardant une maternité et un théâtre abritant des civils à Marioupol, et en exécutant des civils dans les banlieues de Kiev, notamment à Boutcha.

La détermination affichée mardi par le président Poutine correspond aux impressions transmises lundi par le chancelier autrichien Karl Nehammer, aux termes d’une rencontre avec M. Poutine à Moscou.

Il a admis ne pas avoir une impression optimiste après cette discussion dure et directeUne offensive massive est de toute évidence en préparation dans l’est de l’Ukraine, avait-il laissé tomber.

La visite de M. Poutine au cosmodrome de Vostochni lui a aussi permis de présenter l’image d’une Russie capable de surmonter des défis technologiques, malgré l’imposition de sanctions par les pays occidentaux.

L’Union soviétique a obtenu des succès grandioses dans l’espace malgré son isolement technologique total, a-t-il lancé aux travailleurs du cosmodrome. Moscou ira de l’avant avec son objectif de faire atterrir un module sur la Lune plus tard cette année.

Nous n’allons pas nous isoler nous-mêmes, et il est généralement impossible d’isoler quiconque dans le monde moderne, et encore moins un grand pays comme la Russie, a-t-il fait valoir.

Avant l’allocution, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait de nouveau appelé ses alliés étrangers à lui envoyer davantage d’armes pour résister aux forces russes.

Nous ne recevons pas autant que ce dont nous avons besoin pour mettre fin à cette guerre plus rapidement, a-t-il déclaré.

Avec Radio-Canada

Canada: Moscou va réduire « radicalement » ses activités militaires à Kiev et Tchernihiv

mars 29, 2022

Le Canada, la Pologne, la Turquie et Israël pourraient agir à titre de garants d’un futur accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, avancent les négociateurs ukrainiens après des pourparlers de paix à Istanbul.

Des soldats ukrainiens déployés à un point de contrôle installé en périphérie de Kiev. Photo: Getty Images/AFP/Sergei Supinsky

La Russie va réduire « radicalement » ses activités militaires dans les régions de Kiev et Tchernihiv pour favoriser le dialogue avec l’Ukraine, a annoncé mardi le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, au terme d’une nouvelle ronde de négociations de paix entre les deux pays. Aucune entente formelle n’a cependant été conclue.

Les négociations sur un accord sur la neutralité et le statut non nucléaire de l’Ukraine entrant dans une dimension pratique […], il a été décidé, pour accroître la confiance, de réduire radicalement l’activité militaire en direction de Kiev et Tchernihiv, a-t-il expliqué depuis Istanbul, en Turquie, où les pourparlers ont eu lieu.

Les autorités russes fourniront davantage de précisions sur cette désescalade autour de la capitale ukrainienne et de Tchernihiv, au nord-est de la capitale, une fois que la délégation de négociateurs sera rentrée à Moscou, a encore dit M. Fomine.

Si l’annonce se vérifie sur le terrain, il s’agira d’une première véritable percée en vue d’un règlement pouvant mettre fin à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’attaque, lancée le 24 février, a fait des milliers de morts et de blessés, forcé 10 millions d’Ukrainiens à fuir leur foyer et causé des dégâts de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, a pour sa part fait état de discussions substantielles et a dit que les propositions claires de l’Ukraine en vue d’un accord allaient être étudiées très prochainement et soumises au président russe Vladimir Poutine.

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a prononcé le discours d’ouverture de cette ronde de négociations. Photo: AP/Présidence Turque

Les négociateurs ukrainiens ont confirmé avoir proposé que leur pays devienne neutre – ce qui impliquerait que l’Ukraine ne se joigne à aucune alliance militaire et n’accueille aucune armée étrangère sur son sol – à condition que le tout soit consigné dans un accord international dont seraient signataires plusieurs pays garants.

« Nous insistons pour qu’il s’agisse d’un accord international qui sera signé par tous les garants de la sécurité. Nous voulons un mécanisme international de garanties de sécurité où les pays garants agiront de façon analogue au chapitre 5 de l’OTAN et même de façon plus ferme. »— Une citation de  David Arakhamia, négociateur en chef de la délégation ukrainienne

L’article 5 du Traité de Washington qui a fondé l’alliance militaire transatlantique prévoit qu’une attaque contre l’un des pays membres est une attaque contre tous. Autrement dit, les 30 pays signataires de l’accord doivent obligatoirement se porter à la défense d’un pays agressé.

Le négociateur en chef de l’Ukraine, David Arakhamia (à gauche), accompagné de ses collègues, Mustafa Dzhemilev (au centre) et le conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Podolyak (à droite), après leur rencontre avec la délégation russe. Photo: Reuters/Mehmet Caliskan

Selon M. Arakhamia, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, la Pologne, la Turquie et Israël pourraient agir à titre de garants dans le cadre d’une telle entente. Ottawa et les autres pays cités n’ont pas encore commenté cette information.

L’Ukraine acceptera un statut neutre si le système de garantie de sécurité fonctionne, a résumé M. Arakhamia.

« Nous n’accueillerons pas de bases militaires étrangères sur notre territoire ni le déploiement de contingents militaires sur notre territoire, et nous n’intégrerons pas d’alliances politico-militaires. Les manœuvres militaires sur notre territoire auront lieu avec l’assentiment des pays garants. »— Une citation de  Oleksander Tchaly, membre de la délégation ukrainienne

Le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, après la rencontre avec la délégation ukrainienne. Photo : Reuters/Kemal Aslan

Tout accord de paix devra être approuvé par référendum en Ukraine, ont aussi souligné les négociateurs de Kiev, répétant du coup des propos du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

La Crimée et les républiques autoproclamées du Donbass temporairement exclues de l’entente

Pour que ces garanties puissent prendre effet dans les plus brefs délais, la Crimée, territoire ukrainien annexé par Moscou en 2014, et les territoires du Donbass sous contrôle des séparatistes prorusses, dont l’indépendance a été reconnue par la Russie tout juste avant le début de l’offensive, seraient temporairement exclus de l’accord, a précisé M. Arakhamia.

Kiev réclame en outre que l’accord n’interdise en rien l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne (UE), et que les pays garants s’engagent à contribuer à ce processus. Le négociateur russe Medinski a ultérieurement confirmé que l’Ukraine avait fait cette demande.

Selon ce dernier, une rencontre entre les présidents ukrainien et russe, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, et des représentants des États garants sera possible lorsqu’il y aura un accord […] La rencontre pourrait être multilatérale, avec la participation d’États garants, a-t-il dit.

« Après la discussion substantielle d’aujourd’hui, nous nous sommes entendus et proposons que la rencontre se fasse pour parapher l’accord. À condition d'[effectuer] un travail rapide sur l’accord et de trouver les compromis nécessaires, la possibilité de conclure la paix se rapprochera. »— Une citation de  Vladimir Medinski, chef de la délégation russe

M. Arakhamia a aussi estimé qu’après ces pourparlers, les conditions étaient suffisantes pour une rencontre au sommet entre MM. Poutine et Zelensky.

Au terme des discussions, qui ont duré environ trois heures, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, a salué les progrès les plus significatifs depuis le début de la guerre, lors des pourparlers entre la Russie et l’Ukraine à Istanbul. Il a précisé que les négociations ne reprendraient pas mercredi.

Réaction immédiate sur les marchés boursiers

Les marchés boursiers n’ont pas tardé à se montrer rassurés par ces avancées positives. Dès l’annonce des derniers développements, les bourses européennes sont parties à la hausse et les marchés américains ont suivi ce mouvement à leur ouverture. La Bourse de Toronto évoluait en dents de scie.

Sur le marché du pétrole, le prix des contrats de référence pour les barils de Brent de la mer du Nord et de West Texas Intermediate a rapidement reculé de plus de 5 %. Ces prix avaient été significativement dopés dans la foulée de l’invasion russe de l’Ukraine.

Les pourparlers russo-ukrainiens ont eu lieu dans le palais de Dolmabahçe, dernière résidence sur le Bosphore des sultans et ultime centre administratif de l’Empire ottoman, où la présidence turque dispose de bureaux. Photo: Reuters/Dilara Senkaya

Sur le marché des changes, l’euro a gagné plus de 1 % par rapport au dollar américain, et le rouble, attaqué par des sanctions internationales, s’est apprécié de plus de 10 % par rapport à la devise américaine. L’or, valeur refuge par excellence, a aussi reculé de plus de 1 %.

À la Bourse de Paris, les actions des banques, aux prises avec la mise en œuvre des sanctions occidentales contre la Russie, ont grimpé fortement, tandis que celles des entreprises de la défense perdaient du terrain.

Les bourses sont soutenues par des messages positifs en provenance de Turquie, où l’Ukraine et la Russie pourraient se rapprocher d’un accord de cessez-le-feu, a commenté Craig Erlam, analyste d’Oanda.

Les négociations se sont déroulées sous haute surveillance. Des membres de la sécurité du président turc montaient la garde à l’extérieur du palais de Dolmabahçe, à Istanbul. Photo: Reuters/Dilara Senkaya

Invité à commenter les derniers développements, le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est montré prudent. Je n’ai rien vu qui puisse suggérer qu’il y a un véritable mouvement parce que nous n’avons pas vu de signes de réel sérieux de la part de la Russie, a-t-il commenté lors d’une conférence de presse donnée au Maroc.

Nous jugerons Poutine et son régime sur ses actes, pas ses paroles, a déclaré aux journalistes un porte-parole du premier ministre britannique Boris Johnson aux journalistes.

Il y a eu une certaine réduction des bombardements russes autour de Kiev, en grande partie parce que les forces ukrainiennes ont réussi à repousser les offensives russes au nord-ouest de la ville, a-t-il ajouté. Mais les combats continuent à Marioupol et dans d’autres secteurs. Alors nous ne voulons rien voir de moins qu’un retrait complet des forces russes du territoire ukrainien.

Dans une entrevue subséquente accordée à l’agence russe Tass, le négociateur russe Medinski a d’ailleurs rappelé que la proposition russe de désescalade n’est pas un cessez-le-feu et qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant qu’une entente formelle soit conclue.

Erdogan demande la fin de la tragédie

Les délégations russe et ukrainienne avaient entamé leurs négociations après avoir été accueillies par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui les a exhortées à mettre un terme à la tragédie que constitue l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Moscou.

Les deux parties ont des préoccupations légitimes, il est possible de parvenir à une solution acceptable pour la communauté internationale, a estimé le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan en accueillant les deux délégations.

C’est aux deux parties de mettre un terme à cette tragédie, a-t-il insisté, estimant que la prolongation du conflit n’est dans l’intérêt de personneLe monde entier attend de bonnes nouvelles de votre part, a-t-il encore dit.

L’oligarque russe Roman Abramovitch, qui tente de jouer les médiateurs entre Moscou et Kiev, était également présent à l’ouverture de la rencontre, selon une photo diffusée par la présidence turque qui le montre assistant à l’allocution de M. Erdogan.

L’oligarque russe Roman Abramovitch (en arrière-plan, à gauche) était présent pour les pourparlers. Photo : Reuters/Présidence Turque

Après une réunion dans la capitale ukrainienne courant mars, le milliardaire, dont deux yachts sont depuis la semaine dernière ancrés au large des côtes turques, a montré des signes faisant penser à un empoisonnement. Cette rumeur a toutefois été démentie par un responsable américain

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Moscou utilise son missile hypersonique Kinjal contre l’Ukraine

mars 19, 2022

Un missile hypersonique russe Kinjal monté sous un chasseur MiG-31. Photo : Reuters/Sergei Karpukhin

Au 24e jour de son offensive en Ukraine, l’armée russe a dit samedi avoir tiré des missiles hypersoniques Kinjal, une arme balistique qu’elle n’avait jamais utilisée jusqu’à présent dans les conflits.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov, a précisé que l’attaque a été menée vendredi contre un important entrepôt souterrain de missiles et de munitions de l’aviation de l’armée ukrainienne dans la localité de Deliatine, dans la région d’Ivano-Frankivsk dans l’ouest de l’Ukraine.

Présenté comme invincible par le président russe Vladimir Poutine, le missile hypersonique qui appartient à une famille de nouvelles armes développées par la Russie a été déployé de nombreuses fois lors d’exercices depuis le premier test réussi en 2018.

« Il est probable qu’on voulait utiliser le Kinjal dans des conditions de combat, c’est une première mondiale. »— Une citation de  Vassili Kachine, analyste militaire et directeur d’un centre de recherche de la Haute école d’économie de Moscou

Compte tenu de sa capacité de pénétration et de sa puissance destructrice, un entrepôt souterrain comme cible semble tout indiqué pour les Kinjal, selon M. Kachine.

Moscou le présente comme un véritable cauchemar pour les systèmes de défense antiaérienne. Sa vitesse, qui peut atteindre Mach 10, soit 12 000 km/h – et sa manœuvrabilité le rendent difficile ou impossible à intercepter. Certains experts militaires occidentaux ont cependant estimé que la Russie pouvait exagérer les capacités de cette arme air-sol.

L’expert militaire russe Pavel Felgenhauer affirme pour sa part que le recours à ce missile ne donne pas un avantage stratégique à la Russie en Ukraine, mais son effet psychologique est certain.

« C’est certain que cela a un effet sur le plan de la propagande psychologique, pour faire peur à tout le monde. »— Une citation de  Pavel Felgenhauer, expert militaire russe

La Russie a développé ce type d’armement pour avoir des armes capables d’échapper à des systèmes de défense comme le bouclier antimissile américain en Europe.

L’utilisation alléguée de l’arme hypersonique intervient au moment où l’armée russe ne semble pas encore avoir la maîtrise totale du ciel, la défense antiaérienne ukrainienne parvenant encore à infliger des pertes à Moscou.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Mali-Russie : Sadio Camara et Alou Boï Diarra en mission secrète à Moscou

mars 8, 2022
Le ministre de la Défense Sadio Camara, à Bamako le 19 août 2020. © Malik KONATE / AFP

Selon les informations de Jeune Afrique, le ministre malien de la Défense et le chef d’état-major de l’armée de l’air se sont envolés pour la Russie en pleine guerre avec l’Ukraine.

Le colonel Sadio Camara et le général Alou Boï Diarra ont discrètement décollé de Bamako le 6 mars à destination de Moscou. Le ministre malien de la Défense et le chef d’état-major de l’armée de l’air ont quitté la capitale à bord d’un vol Turkish Airlines via Istanbul. Ils étaient encore tous deux encore en Russie ce 8 mars.

Peu de détails ont filtré sur les objectifs de cette visite, ni sur les personnalités russes qu’ils doivent rencontrer. Les deux officiers sont toutefois les artisans de l’accord conclu entre les autorités de transition maliennes et la nébuleuse russe Wagner de l’oligarque Evgueni Prigojine, qui a commencé à déployer ses mercenaires au Mali depuis fin décembre. Environ 1000 combattants de Wagner sont aujourd’hui actifs dans le pays, principalement dans le Centre, où ils mènent des opérations conjointes avec les Forces armées maliennes (Fama).

Sadio Camara et Alou Boï Diarra avaient déjà effectué plusieurs allers-retours en Russie en 2021. Mais ce nouveau déplacement intervient dans un contexte bien particulier, près de deux semaines après le lancement, le 24 février, de l’invasion russe en Ukraine, qui vaut à Vladimir Poutine et à son régime d’être mis au ban d’une grande partie de la communauté internationale.

Avec Jeune Afrique

Moscou reconnaît l’indépendance des territoires séparatistes de l’Est ukrainien

février 21, 2022

Les accords de paix de Minsk n’ont « absolument aucune perspective » d’être mis en œuvre, affirme le maître du Kremlin.

Le président Vladimir Poutine s’est adressé au peuple russe, lundi, à la télévision.

Photo: Reuters/Sputnik/Kremlin/Alexey Nikolsky

Le président russe Vladimir Poutine reconnaît formellement l’indépendance des républiques prorusses autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, situées dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, une décision qui lui vaut de multiples condamnations sur la scène internationale.

Au terme d’une longue allocution prononcée à la télévision nationale, lundi soir, M. Poutine a signé des décrets formels à ce sujet, selon le Kremlin, ainsi que des accords d’amitié et d’entraide avec les séparatistes prorusses.

De plus, Vladimir Poutine a ordonné à l’armée russe de maintenir la paix dans les territoires séparatistes d’Ukraine. Deux décrets du président demandent au ministère de la Défense que les forces armées de la Russie [assument] les fonctions de maintien de la paix sur le territoire des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk.

Aucun calendrier pour ce déploiement ni de détails sur son ampleur n’ont été annoncés dans ces documents, qui tiennent chacun en une page et ont été publiés sur le site de la base de données russe des textes de droit.

La Russie a déployé depuis des semaines des dizaines de milliers de soldats aux frontières de l’Ukraine qui, selon l’Occident, sont prêts à envahir le pays voisin.

La reconnaissance de l’indépendance des deux républiques constitue une violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et met fin à tout espoir de raviver les accords de Minsk, signés en septembre 2014 dans le but d’apaiser les tensions dans le Donbass. Ces accords n’ont jamais été mis en œuvre.

Réquisitoire contre l’Ukraine

Loin de se concentrer sur le sort des républiques prorusses, le président russe a profité de son allocution pour se livrer à un réquisitoire en règle contre l’Ukraine postsoviétique.

Il l’a notamment accusée d’être une colonie américaine dirigée par un régime de marionnettes. Selon lui, des puissances étrangères gèrent le pays.

Il a aussi estimé que l’Ukraine n’avait jamais eu de véritable tradition d’État, alors qu’elle fait partie de l’histoire de la Russie, et il a reproché à Kiev d’avoir volé du gaz russe par le passé.Vladimir Poutine, de profil, fait un geste de la main.

Le président russe Vladimir Poutine, lors du Conseil de sécurité russe, lundi, au Kremlin. Photo: La Presse Canadienne/AP/Alexei Nikolosky

Il a également déploré que l’Ukraine cherche à obtenir des armes nucléaires et a soutenu que le pays pourrait être le théâtre d’un déploiement rapide de troupes de l’OTAN.

Le maître du Kremlin a déclaré que l’OTAN avait assuré à Moscou que l’alliance ne s’étendrait pas, indiquant que ses infrastructures s’étendaient désormais jusqu’aux frontières de la Russie. Selon lui, les centres d’entraînement de l’Alliance établis en Ukraine équivalent déjà à des bases militaires.

Le président russe a, de surcroît, intimé à l’Ukraine de cesser immédiatement ses opérations militaires contre les séparatistes prorusses.

« Quant à ceux qui ont pris le pouvoir à Kiev et qui le gardent, nous exigeons d’eux l’arrêt immédiat des opérations militaires, autrement toute la responsabilité de la poursuite de l’effusion de sang reposera totalement sur la conscience du régime en territoire ukrainien. »— Une citation de  Vladimir Poutine, président de Russie

Une décision télégraphiée

Plus tôt lundi, le président Poutine avait indiqué qu’il s’apprêtait à prendre une décision à ce sujet lors d’une réunion du Conseil de sécurité russe qui réunissait plusieurs ministres, les chefs de services de renseignement et les dirigeants des deux chambres du Parlement, et qui a été diffusée en différé à la télévision.

J’ai entendu vos opinions, la décision sera prise aujourd’hui, a dit M. Poutine, après que plusieurs des participants, dont le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, et le président de la chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine, eurent soutenu l’idée de reconnaître les deux républiques.

M. Poutine a toutefois précisé que les deux territoires ne seraient pas annexés ni intégrés au territoire russe, comme la Crimée, autre territoire ukrainien, l’a été en 2014.

Les leaders des républiques de Donetsk et de Louhansk, Denis Pouchiline et Léonid Passetchnik, ont formellement demandé lundi au président russe de reconnaître leur indépendance et de mettre en place une coopération en matière de défense.

M. Poutine a par ailleurs fait savoir lors de la réunion de son Conseil de sécurité que les accords de paix de Minsk n’ont aucune chance d’être mis en œuvre, et a accusé Kiev de les saboter. Nous avons bien compris qu’ils n’ont absolument aucune perspective, a-t-il dit.

Cette remarque faisait suite à une présentation de son chargé des négociations de paix en Ukraine, Dmitri Kozak, selon lequel le processus de négociation est au point mort depuis 2019 et que jamais les autorités ukrainiennes ne les mettront en œuvre.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

L’incertitude persiste quant à savoir si une solution diplomatique peut encore survenir entre l’Ukraine et la Russie. Tamara Alteresco est à Rostov, en Russie, près de la frontière.

Discussions entre Kiev et Washington

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la tenue d’un conseil de sécurité. Il doit s’adresser à son pays dans la nuit. Il a déclaré avoir discuté des événements des dernières heures avec le président américain Joe Biden.Joe Biden.

Joe Biden, président des États-Unis. Photo: GettyImages/Chip Somodevilla

Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre les régions séparatistes en Ukraine. Joe Biden compte publier sous peu un décret qui interdira tout nouvel investissement, commerce et financement à destination ou en provenance des régions séparatistes, ou à l’intérieur de celles-ci, a avisé Washington.

Que cela soit clair : ces mesures sont distinctes et s’ajouteraient aux mesures économiques rapides et sévères que nous avons préparées en coordination avec nos alliés et partenaires si la Russie venait à envahir davantage l’Ukraine, a précisé la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

Avec Radio-Canada