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Moscou déploie des missiles hypersoniques à Minsk

novembre 2, 2022

Le Kremlin a installé des MiG-31 et leurs missiles Kinjal sur une base biélorusse, un « message adressé à l’Ouest », selon le ministère britannique de la Défense.

Un MiG-31 des forces aerospatiales russes, photo d'illustration.
Un MiG-31 des forces aérospatiales russes, photo d’illustration.© Photo sous licence libre Creative Commons by-nc-nd / Pavel Vanka via Flickr

Moscou a déployé en Biélorussie deux chasseurs MiG-31K, la version la plus moderne d’un avion développé dans les années 1970 pour intercepter les cibles à haute vitesse. Capable de voler à 3 200 km/h, cet appareil biplace est, lorsqu’il emporte un missile hypersonique Kinjal, le vecteur idéal pour frapper n’importe quelle capitale européenne en quelques minutes, y compris avec une tête nucléaire. Le missile Kinjal, qui peut dépasser les 11 000 km/h, est aujourd’hui quasiment impossible à intercepter.

L’apport stratégique de ce déploiement pour Moscou n’est pas évident, dans la mesure où les forces aérospatiales russes (VKS) disposent déjà depuis août 2022 d’une paire de MiG-31K et de missiles Kinjal à Kaliningrad, enclave russe aux portes du territoire européen. Il s’agit ainsi d’une mesure essentiellement symbolique pour le Kremlin, qui marque sa coopération sans faille avec l’allié biélorusse, dont le territoire sert de base arrière à l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine.

Un MiG-31K russe défile au-dessus de Moscou le 7 mai 2022, équipé d’un missile Kinjal (ou d’une réplique).© SEFA KARACAN / Anadolu Agency via AFP

L’intérêt de ce déploiement pour le conflit en Ukraine semble quasiment nul, dans la mesure où le stock de missiles Kinjal est très faible et il est hautement improbable que l’armée russe les « gâche » pour frapper le territoire ukrainien, déjà vulnérable à d’autres armes plus classiques comme les missiles de croisière, ou franchement rustiques comme les bombes lisses et les frappes d’artillerie « à l’aveugle ». « Il s’agit sans doute essentiellement d’un message adressé à l’Ouest », commente ainsi le ministère de la Défense britannique. L’arrivée des MiG-31K aurait d’ailleurs eu lieu dans le cadre de la création d’un groupement militaire régional commun avec Minsk, dans le but de renforcer les frontières face aux Européens et à l’Otan.

Avec Le Point par Guerric Poncet

Moscou prévient d’un risque d’« escalade incontrôlée » du conflit, Kiev dément

octobre 23, 2022
Vladimir Poutine et Sergueï Choïgou.

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, ici en compagnie du président Vladimir Poutine, a laissé entendre que l’Ukraine travaillait à l’utilisation d’une « bombe sale ». Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré dimanche que la situation en Ukraine se dégrade rapidement et a prévenu d’un risque d’« escalade incontrôlée » lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français, Sébastien Lecornu.

Lors de cet entretien, Sergueï Choïgou a dit à Sébastien Lecornu que Moscou redoutait l’usage par l’Ukraine d’une « bombe sale » dans le conflit sans toutefois apporter de preuves pour étayer ses affirmations.

Ils ont discuté de la situation en Ukraine, qui se détériore rapidement, a déclaré le ministère de la Défense dans un compte rendu après l’entretien. Elle se dirige vers une nouvelle escalade incontrôlée.

Une bombe dite sale est composée d’explosifs conventionnels chargés de matériaux radioactifs.

Sébastien Lecornu a rappelé que la France refuse toute forme d’escalade, singulièrement nucléaire, dans le conflit en Ukraine.

Le ministre Choïgou a multiplié les contacts dimanche.

Il s’est également entretenu avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, pour la seconde fois en trois jours. Leur dernier entretien remontait auparavant à mai dernier.

Gros plan de Lloyd Austin.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin Photo : Reuters/Kai Pfaffenbach

Le Pentagone a par la suite fait savoir que le secrétaire à la Défense a dit au ministre Choïgou de rejeter tout prétexte à une escalade russe en Ukraine.

Les déclarations de Moscou, qui a accusé l’Ukraine de se préparer à utiliser une bombe sale contre les forces russes, sont de toute évidence fausses, a de son côté déclaré dimanche la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche.

Les États-Unis rejettent les allégations de toute évidence fausses du ministre Choïgou, selon qui l’Ukraine se prépare à utiliser une bombe sale sur son propre territoire, a affirmé Adrienne Watson dans un communiqué.

Le monde ne serait pas dupe en cas de tentative d’utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade, a-t-elle prévenu.

Kiev dément et fustige

Les affabulations russes à propos de l’Ukraine qui se préparerait à utiliser une « bombe sale » sont aussi absurdes qu’elles sont dangereuses, a réagi dimanche en début de soirée le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, sur les réseaux sociaux.

M. Kouleba a ajouté s’être entretenu avec le secrétaire d’État américain, Anthony Blinken.

Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que la campagne de désinformation russe à propos d’une « bombe sale » pourrait avoir pour but de créer un prétexte pour une opération sous fausse bannière [où des forces russes agiraient en portant des uniformes ukrainiens, NDLR], a ainsi écrit le chef de la diplomatie ukrainienne.

Si la Russie appelle et dit que l’Ukraine serait en train de préparer quelque chose, cela ne peut signifier qu’une seule chose : la Russie a déjà préparé tout cela. Je crois que désormais, le monde doit réagir aussi durement que possible, a pour sa part fustigé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Plusieurs premiers ministres provinciaux sanctionnés par Moscou

septembre 23, 2022
Les deux premiers ministres en conférence de presse.

François Legault et Blaine Higgs font partie des citoyens canadiens qui ne peuvent plus mettre les pieds en Russie. (Archives) Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

En réponse aux sanctions canadiennes, le ministère russe des Affaires étrangères a ajouté jeudi le nom du premier ministre québécois François Legault et ceux de 86 autres personnalités politiques, militaires et d’affaires à une liste de citoyens canadiens ne pouvant mettre les pieds en Russie.

Se retrouvent également sur cette liste le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, son homologue de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, et le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston.

Les premiers ministres des trois territoires (Pauloosie Jamesie Akeeagok du Nunavut, Caroline Cochrane des Territoires du Nord-Ouest et Sandy Silver du Yukon) sont également visés, ainsi que les lieutenants-gouverneurs des dix provinces.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, et les chefs de diverses entreprises qui ont fait ou envisagent de faire des dons à Kiev, qualifié de régime néonazi par la Russie, ont également été sanctionnés.

Selon le document du ministère russe des Affaires étrangères, ces ajouts partent du principe de réciprocité et se veulent une réponse directe aux sanctions périodiques du Canada, que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a promis d’intensifier.

Toutes ces sanctions contre la Russie sont de nature symbolique et incapables d’affecter l’économie russe, et le gouvernement canadien le sait très bien, a déclaré Artem Kalabukhov, conseiller politique de l’ambassade de Russie à Ottawa.

Mélanie Joly.

Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Mélanie Joly a indiqué qu’elle prononcerait un discours national axé sur le soutien canadien à l’Ukraine, lundi.

Le Congrès des Ukrainiens canadiens a appelé le gouvernement fédéral à décréter une interdiction de visa pour les ressortissants russes, arguant que les actions de la Russie constituent un génocide qui devrait empêcher ses citoyens du privilège de voyager à l’étranger. La demande avait été formulée le mois dernier par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, à l’intention des pays de l’Union européenne.

Cette possibilité a été écartée par la cheffe de la diplomatie canadienne, du moins pour le moment. À New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, Mélanie Joly a expliqué que le Canada risquerait de fermer la porte à des dissidents russes cherchant à fuir leur pays s’il allait de l’avant avec une telle interdiction.

Elle a souligné que de nombreux Russes se précipitaient aux frontières depuis le lancement d’une mobilisation partielle des réservistes décrétée par Vladimir Poutine.

Mme Joly a toutefois déclaré qu’il était envisageable que le Canada envoie davantage d’armes à Kiev, une autre demande formulée par le Congrès des Ukrainiens canadiens.

Plus vite les armées russes seront vaincues, plus vite la paix reviendra en Europe , a écrit le président du Congrès, Ihor Michalchyshyn.

Radio-Canada avec des informations de Louis Blouin et de La Presse canadienne

Des milliers de Russes aux funérailles de Gorbatchev, mais pas Poutine

septembre 3, 2022
Des milliers de Russes aux funerailles de Gorbatchev, mais pas Poutine
Des milliers de Russes aux funérailles de Gorbatchev, mais pas Poutine© POOL/AFP/Alexander ZEMLIANICHENKO

Des milliers de Russes ont fait leurs adieux samedi au dernier dirigeant de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev lors de funérailles sans éclat officiel, surtout marquées par l’absence du président Vladimir Poutine.

Mikhaïl Gorbatchev, mort mardi à 91 ans, a été enterré au cimetière de Novodievitchi à Moscou, au côté de son épouse Raïssa, décédée en 1999, pendant qu’un orchestre militaire jouait l’hymne national russe, a constaté l’AFP.

Plus tôt, la dépouille de cette figure politique majeure du XXe siècle avait été exposée dans la Maison des syndicats, un lieu emblématique de Moscou où les funérailles de plusieurs dirigeants de l’URSS ont été célébrées, notamment celles de Joseph Staline en 1953.

« Un grand homme politique s’en va, l’ère Gorbatchev se termine aujourd’hui », a déclaré Evgueni Matveïev, un fraiseur de 44 ans faisant partie des milliers de personnes venues dire adieu à l’ancien dirigeant.

Par petits groupes, des personnes de tous âges sont venues déposer des roses et s’incliner en silence devant le cercueil ouvert de Gorbatchev, encadré par une garde d’honneur et près duquel trônait son portrait en noir et blanc.

Arrivé au pouvoir en 1985, Gorbatchev a marqué l’Histoire en précipitant, malgré lui, la disparition de l’empire soviétique en 1991, alors qu’il essayait de le sauver avec des réformes démocratiques et économiques, mettant ainsi fin à la Guerre froide.

Dans un contexte actuel de répression et de repli croissants en pleine intervention militaire de Moscou en Ukraine, certains Russes présents aux funérailles se souvenaient avec nostalgie de l’ouverture libérale sous Gorbatchev.

« Nous avons eu une bouffée de liberté, il nous a donné la transparence et le pluralisme », a souligné Natalia Leleko, une enseignante de 60 ans.

Ksenia Joupanova, une interprète de 41 ans, retient surtout « l’absence de peur » sous Gorbatchev. « Je suis contre le fait de se couper du reste du monde, je suis pour l’ouverture, le dialogue ».

Pas de deuil national

Mais s’il est salué en Occident et par certains Russes comme un homme de paix, Gorbatchev est aussi vu par beaucoup dans son pays comme le responsable du déclassement géopolitique de Moscou et des années de crise qui ont suivi la chute de l’URSS.

Signe de malaise devant cet héritage ambivalent, ni funérailles officielles, ni jour de deuil national n’ont été annoncés. Surtout, les obsèques se sont déroulées sans Vladimir Poutine, le Kremlin mettant en avant un « emploi du temps » chargé.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche du Kremlin, est le seul dirigeant étranger à s’être rendu à Moscou, où il s’est incliné devant la dépouille de Gorbatchev, a constaté l’AFP.

Gorbatchev a été l’une des raisons ayant permis à l’Europe centrale de « se débarrasser du communisme pacifiquement, sans perte humaine ni effusion de sang », a déclaré M. Orban sur Facebook.

Quelques personnalités russes ont assisté aux funérailles, comme l’ex-président Dmitri Medvedev et le journaliste Dmitri Mouratov, Nobel de la paix 2021.

S’il était absent samedi, M. Poutine s’était discrètement rendu jeudi à l’Hôpital central clinique (TSKB) de Moscou, où est décédé Gorbatchev, pour déposer un bouquet de roses rouges.

Dans un sobre message de condoléances, il avait accordé à Gorbatchev « une grande influence sur l’Histoire du monde ».

Rapprochement Est-Ouest

Par contraste, les capitales occidentales, de Washington à Berlin, en passant par Paris, ont célébré chaleureusement la mémoire de Gorbatchev, salué pour avoir œuvré au rapprochement Est-Ouest et à une réduction des arsenaux nucléaires, ce qui lui avait valu en 1990 le Nobel de la paix.

L’Allemagne, dont la réunification a été permise par la chute du mur de Berlin, a annoncé que les drapeaux seraient en berne dans la capitale allemande samedi.

Mais, en Russie, Gorbatchev est perçu par beaucoup comme le fossoyeur de la grande puissance soviétique qui rivalisait avec l’Amérique et dont la fin, jugée humiliante, a laissé place à une décennie de crises et de violences.

Boris Eltsine, premier président de la Russie au pouvoir lors des années de transition douloureuse vers l’économie de marché, et qui avait désigné Vladimir Poutine comme successeur, avait eu droit, lui, à des honneurs appuyés à sa mort en 2007.

Le Kremlin avait alors décrété un jour de deuil national et organisé des funérailles officielles. En présence de Vladimir Poutine et Mikhaïl Gorbatchev.

Le Point avec AFP

Moscou va obtenir des drones de Téhéran, selon la Maison-Blanche

juillet 12, 2022

Les drones jouent un rôle important dans la guerre en Ukraine. Ils sont utilisés par les deux camps pour des opérations de reconnaissance, des tirs de missiles ou des largages de bombes.

Deux hommes marchent au milieu de ce qui semble être des drones.

En mai 2022, l’armée iranienne a diffusé cette image montrant deux généraux circulant, selon elle, dans une base souterraine de drones dans la région des monts Zagros. Photo : La Presse Canadienne/ AP/Armée Iranienne

Washington croit que Moscou s’est tourné vers l’Iran afin d’obtenir des centaines de drones pour soutenir son effort de guerre en Ukraine, a dévoilé le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan.

Nos renseignements indiquent que le gouvernement iranien s’apprête à livrer à la Russie jusqu’à plusieurs centaines de drones, dont des appareils de combat, dans un délai très court, a-t-il expliqué lundi lors d’un point presse à Washington.

Ces informations indiquent également que l’Iran se prépare à former les forces russes au maniement de ces drones et les premières séances de formation devaient commencer dès début juillet, a ajouté M. Sullivan, soulignant qu’il ignorait si des drones avaient déjà été livrés par Téhéran.

Selon le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden, il s’agit là d’une preuve que les bombardements écrasants de la Russie en Ukraine, qui l’ont amenée à consolider ses gains dans l’est du pays ces dernières semaines, ont un coût pour le maintien de ses propres armes.

M. Sullivan a également souligné que l’Iran avait fourni des drones similaires aux rebelles houthis du Yémen pour attaquer l’Arabie saoudite, avant qu’un cessez-le-feu ne soit conclu plus tôt cette année.

Téhéran a réagi mardi à ces allégations affirmant qu’aucun développement particulier n’était intervenu dans la coopération technologique entre la Russie et l’Iran.

La coopération technologique date d’avant les évènements en Ukraine et il n’y a eu aucun développement particulier dans ce domaine récemment, a déclaré un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, sans mentionner les drones.

Il a rappelé que la position de Téhéran est claire et a été maintes fois exprimée officiellement. L’Iran, a-t-il dit, est contre la guerre en Ukraine et appelle à une solution politique, tout en dénonçant l’origine de cette crise due, selon Téhéran, à la volonté d’expansion des États-Unis et de l’OTAN.

Les drones ont joué un rôle important depuis le début de l’invasion russe le 24 février, pour les opérations de reconnaissance, les tirs de missiles ou les largages de bombes. Tant les Ukrainiens que les Russes en utilisent.

La révélation de M. Sullivan survient à la veille du voyage du président Biden en Israël et en Arabie saoudite, où le programme nucléaire de l’Iran et ses activités jugées malveillantes dans la région seront un sujet de discussion clé.

Les deux alliés américains ont refusé de se joindre aux efforts mondiaux visant à punir la Russie pour son invasion de l’Ukraine en raison de leurs intérêts nationaux.

L’analyste militaire Samuel Bendett du groupe de réflexion CNA a déclaré que le choix de l’Iran par la Russie comme source de drones est logique, car au cours des 20 dernières années, l’Iran a perfectionné sa force de combat de drones. Leurs drones ont participé à plus de combats que ceux des Russes.

Ils sont les pionniers des drones kamikazes, une catégorie de système d’arme aérienne dans laquelle la munition attend autour de la zone cible pendant un certain temps et n’attaque que lorsque la cible est localisée. Il s’agit du même type de drone que le Switchblade, que les États-Unis ont fourni à l’Ukraine.

L’Iran a fait ses preuves en matière de vol de drones sur des centaines de kilomètres et d’atteinte de leurs cibles, a ajouté M. Bendett, notamment en pénétrant les défenses aériennes fournies par les États-Unis et en frappant des raffineries de pétrole saoudiennes.

Il estime que les drones iraniens pourraient être très efficaces pour frapper des centrales électriques ukrainiennes, des raffineries et autres infrastructures importantes.

M. Bendett a souligné qu’avant la guerre en Ukraine, la Russie avait obtenu une licence pour la technologie des drones pour son drone Forpost auprès d’un fournisseur expérimenté : Israël. L’État juif étant resté neutre dans le conflit russo-ukrainien, cette source n’est plus disponible pour Moscou.

Radio-Cnaada avec les informations de Associated Press et Agence France-Presse

Selon Washington, le Canada enverra huit véhicules blindés en Ukraine

avril 26, 2022

L’Allemagne a pour sa part confirmé l’envoi de chars de défense à deux canons antiaériens à l’Ukraine.

Anita Anand, devant une nuée de micros.

La ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, en point de presse, mardi, sur la base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne. Photo: Getty Images/Thomas Lohnes

Le Canada enverra huit véhicules blindés en Ukraine, a annoncé mardi le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, au terme d’une rencontre de pays alliés tenue à la base aérienne américaine de Rammstein, en Allemagne.

La rencontre avait pour objectif d’accélérer les livraisons d’équipements militaires que l’Ukraine réclame pour repousser l’invasion russe, en cours depuis le 24 février.

Nous allons envoyer des véhicules blindés en Ukraine, avait déclaré la ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, avant la rencontre, mais sans en préciser le nombre.

Dans un communiqué publié vendredi, la Défense nationale disait travailler à finaliser des contrats relatifs à un certain nombre de véhicules blindés de marque commerciale qui seront envoyés en Ukraine dès que possible.

Elle avait annoncé par la même occasion l’envoi d’obusiers tractés légers M777 de 155 mmm et de munitions antichars Carl Gustaf.

Mme Anand n’avait pas précisé non plus le nombre d’obusiers envoyés à l’Ukraine. Selon CBC, il y en a quatre. La ministre a toutefois indiqué mardi qu’Ottawa a envoyé des milliers de munitions antichars.

Un possible contrat de service pour l’entretien et la réparation des caméras spécialisées pour drones que le Canada a déjà fait parvenir à l’Ukraine était aussi en voie d’être finalisé.

Selon Mme Anand, le Canada va continuer à envoyer des armes à l’Ukraine, qu’elles proviennent des stocks des Forces armées canadiennes ou de fournisseurs d’armes avec lesquels Ottawa conclura des ententes.

« La situation est volatile, et nous devons continuer, en tant qu’alliés, à faire tout ce que nous pouvons pour soutenir l’Ukraine, sa souveraineté, sa stabilité et sa sécurité. »— Une citation de  Anita Anand, ministre de la Défense du Canada

Un tournant pour l’Allemagne

En matière d’envoi d’armes à l’Ukraine, la principale annonce est toutefois venue du gouvernement allemand, qui a confirmé l’envoi de chars de défense antiaérienne Gepard à l’Ukraine.

Selon plusieurs sources, l’annonce concerne une cinquantaine de ces blindés, équipés de deux radars et de deux canons destinés à abattre les avions ennemis.

Nous avons décidé [lundi] que l’Allemagne allait faciliter la livraison de chars de défense antiaérienne Gepard à l’Ukraine, a déclaré la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, lors de la conférence, selon le texte de son discours.

L’envoi d’armes lourdes est une première pour le gouvernement du chancelier Olaf Scholz, qui a été critiqué ces dernières semaines pour son peu d’empressement à armer l’Ukraine.

La grogne se constatait au sein même de la coalition gouvernementale qu’il dirige, les verts et les libéraux jugeant le soutien allemand apporté à Kiev insuffisant.

Selon l’AFP, qui cite des sources gouvernementales, les chars allemands ne proviendront pas directement de l’armée allemande, mais des stocks détenus par le groupe d’armement Krauss-Maffei Wegmann. Retirés du service il y a 10 ans, ils doivent subir une mise à jour technique, ont précisé ces mêmes sources.

Le secrétaire d’État américain à la Défense Lloyd Austin a salué cette décision particulièrement bienvenue du gouvernement allemand.Gros plan de Lloyd Austin.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, en conférence de presse, mardi, après la rencontre des alliés sur la base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne. Photo: Reuters/Kai Pfaffenbach

La ministre Lambrecht n’a pas exclu que Berlin approuve d’autres livraisons d’armes lourdes que des entreprises allemandes ont proposé de fournir à Kiev.

Le gouvernement néerlandais va aussi envoyer un nombre limité d’obusiers à l’Ukraine, a annoncé l’agence néerlandaise ANP.

Une rencontre désormais mensuelle

Selon Lloyd Austin, la rencontre des quelque 40 alliés se reproduira désormais sur une base mensuelle, que ce soit en personne ou en mode virtuel.

La réunion d’aujourd’hui deviendra un groupe de contact mensuel sur la défense de l’Ukraine, a-t-il expliqué au terme de la réunion.

M. Austin dit vouloir organiser l’action des nations de bonne volonté pour intensifier nos efforts, coordonner notre assistance, et nous concentrer sur la victoire du combat d’aujourd’hui et des combats à venir.

La secrétaire Austin et la ministre Anand tiendront une rencontre bilatérale, jeudi, au Pentagone à Washington. Il s’agira de la première visite officielle de Mme Anand aux États-Unis depuis sa nomination.

Selon son ministère, ils discuteront des relations entre les deux pays sur le plan de la défense, des principales priorités comme la modernisation du NORAD et des efforts du Canada et des États-Unis pour appuyer l’Ukraine.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Moscou coupe le gaz à la Pologne

avril 26, 2022
Un ouvrier grimpe dans une échelle sur un cylindre dans une station de compression de gaz.

Le gazoduc Yamal achemine le gaz russe des champs gaziers de la péninsule de Yamal et de la Sibérie occidentale vers la Pologne et l’Allemagne en passant par le Bélarus, où se trouve la station de compression de gaz près de Nesvizh, au sud-ouest de Minsk, la capitale. Photo: Reuters/Vasily Fedosenko

L’entreprise publique polonaise gazière PGNiG a indiqué mardi que le géant gazier russe Gazprom cessera ses livraisons de gaz naturel dès mercredi.

Dans un communiqué, PGNiG a dénoncé une violation du contrat la liant à Gazprom et a fait savoir qu’elle entendait prendre des mesures pour rétablir ces livraisons de gaz.

Avec Radio-Canada

Moscou s’attaque aux infrastructures ferroviaires en Ukraine

avril 25, 2022

Selon l’état-major ukrainien, des bombardements russes ont lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres dans l’est du pays.

Des travailleurs sont visibles entre deux voies sur lesquelles se trouvent des wagons.

Des travailleurs sont visibles entre deux voies ferroviaires, lundi, près d’un site frappé par l’armée russe à proximité de Lviv. Photo: Getty Images/Leon Neal

Plusieurs infrastructures ferroviaires du centre et de l’ouest de l’Ukraine ont été frappées par l’armée russe au cours des dernières heures, faisant au moins 5 morts et 18 blessés, selon un premier bilan fourni par le parquet de la région de Vinnytsia.

Le communiqué du parquet précise que des tirs de roquettes ont visé dans la matinée des infrastructures de transport près des petites villes de Jmerynka et Koziatyn. Le gouverneur de la région de Vinnytsia, Serhi Borzov, avait confirmé les frappes un peu plus tôt.

Vinnytsia est un important nœud ferroviaire, tant à l’intérieur de l’Ukraine que pour les connexions avec l’étranger. La plupart des trains internationaux qui traversent le pays passent par cette région.

Le patron des Chemins de fer ukrainiens, Oleksander Kamychine, avait annoncé sur Telegram en début de journée que cinq gares du centre et de l’ouest de l’Ukraine avaient été frappées par l’armée russe en l’espace d’une heure. Il n’avait pas identifié les villes visées, mais affirmait que les frappes avaient fait des victimes.

Les troupes russes continuent de détruire systématiquement les infrastructures ferroviaires, a dénoncé M. Kamychine, qui a dit y voir un écho du bombardement de la gare de Kramatorsk, qui a fait 57 morts et plus de 100 blessés le 8 avril.

Il n’était pas clair si l’attaque dans la région de Vinnytsia était incluse dans le bilan livré par le patron des Chemins de fer ukrainiens.

Des attaques sur des voies ferroviaires ont aussi été rapportées lundi par les autorités locales à Jytomyr, à l’est de Kiev, ainsi qu’à Rivne et à Lviv, dans l’ouest du pays. Le gouverneur de Lviv a publié une vidéo montrant une colonne de fumée s’élevant d’une gare à Krasne, à environ une heure de Lviv.Un homme portant un dossard orange traverse un pont en transportant une pièce de métal tordue

Un travailleur transporte une pièce de métal tordue provenant d’une roquette russe près d’une voie ferroviaire située dans les environs de Lviv. Photo: Getty Images/Leon Neal

Des bombardements sur toute la ligne de front

Selon l’état-major de l’armée ukrainienne, des bombardements ont eu lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres entre Kharkiv, dans le nord-est, et la région de Donetsk, dans le sud-est, en passant par la région de Louhansk.

L’armée ukrainienne affirme cependant avoir repoussé une série d’attaques russes dans les régions de Donetsk et de Louhansk, notamment à Roubijne, Popasna, Sievierodonetsk, Marïnka et Avdiivka, ainsi qu’une tentative d’avancée vers les villes de Barvinkove et Sloviansk à partir d »Izioum.

L’ensemble de l’Ukraine est resté lundi matin en état d’alerte aux bombardements aériens pendant deux heures, une période inhabituellement longue pendant laquelle la population doit trouver refuge dans des abris.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général de division Igor Konashenkov, rapporte que la raffinerie de Krementchouk, la plus importante d’Ukraine avant la guerre, et d’autres dépôts de carburant ont été détruits avec des armes à longue portée de haute précision.

Selon le gouverneur de la région de Poltava, l’attaque menée à Krementchouk a fait un mort et sept blessés.

Krementchouk, sur les rives du fleuve Dnipro, est un important centre logistique pour les troupes ukrainiennes qui combattent l’invasion russe dans le Donbass.

Au total, les avions de combat russes ont détruit 56 cibles ukrainiennes dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré le général Konashenkov.Une femme sur un balcon d'un immeuble éventré.

À Hostomel, en banlieue de Kiev, une résidente constate les dégâts subis par son immeuble à logements lors d’une attaque russe perpétrée dans les premiers jours du conflit. Photo: Getty Images/John Moore

La résistance ukrainienne pilonnée à Marioupol

Les bombardements ont aussi continué sur Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov presque entièrement contrôlé par l’armée russe, où seraient encore coincées quelque 100 000 personnes, selon Kiev. Ils visent surtout l’usine Azovstal, où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens, avec, selon eux, des centaines de civils.

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine avait publiquement ordonné à l’armée russe d’assiéger les combattants ukrainiens retranchés dans le complexe métallurgique, mais sans leur donner l’assaut, afin de préserver la vie de soldats russes.

Les derniers défenseurs de Marioupol ont diffusé ces derniers jours des images de femmes et d’enfants disant vivre depuis des semaines dans des dortoirs de fortune du complexe et ont appelé à un cessez-le-feu avec des garanties pour les faire sortir.

Le ministère russe de la Défense avait annoncé lundi matin que ses forces allaient cesser unilatéralement les hostilités sur Azovstal à partir de 14 h, heure locale (7 h, HNE), retirer les unités à une distance sûre et assurer le départ des civils dans la direction de leur choix.

Mais Kiev a balayé cette annonce. Aucun accord n’a été conclu pour instaurer lundi un couloir humanitaire qui permettrait de les évacuer, a déclaré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Le couloir annoncé n’offre aucune sécurité, donc il n’y a pas d’évacuation, a-t-elle ajouté.Un garçon, de dos, près d'un véhicule renversé devant un immeuble endommagé.

À Marioupol, un garçon se tient debout près d’un véhicule renversé devant un immeuble dont toutes les fenêtres ont volé en éclats. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

Plus de 20 000 personnes ont déjà trouvé la mort à Marioupol, selon une estimation de son maire, Vadim Boïtchenko. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de source indépendante.

Incendie majeur dans un dépôt pétrolier russe

Pendant ce temps, un incendie majeur s’est déclaré lundi dans un dépôt pétrolier d’une ville russe située à environ 100 kilomètres de la frontière ukrainienne, a déclaré le ministère russe des Urgences. Aucune cause n’a été donnée pour l’incendie.

Le dépôt pétrolier de Bryansk appartient à une filiale de la société russe Transneft, contrôlée par l’État, qui exploite le pipeline Druzhba qui transporte du brut vers l’ouest, vers d’autres pays européens. Il n’était pas clair si le dépôt faisait partie de l’infrastructure du pipeline et si l’incendie pouvait affecter ces livraisons.

La presse russe rapporte qu’une autre installation de stockage de pétrole à Briansk avait également pris feu tôt lundi, et la cause n’était pas immédiatement connue.

Le mois dernier, deux hélicoptères de combat ukrainiens ont touché un réservoir de pétrole dans la région russe de Belgorod, située à la frontière, provoquant un incendie.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, La Presse canadienne, New York Times et Agence France-Presse

Ukraine: Aucun signe de reddition à Marioupol après l’expiration d’un nouveau délai fixé par Moscou

avril 20, 2022

« Nous n’allons pas déposer nos armes », assure le commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans l’usine d’Azovstal avec les derniers défenseurs de la ville.

Un résident de Marioupol marche devant des immeubles à logements détruits, le 19 avril. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

La plus récent délai fixé par Moscou pour la reddition complète des derniers combattants ukrainiens retranchés dans un complexe métallurgique de Marioupol a expiré mercredi sans qu’aucun signe d’une capitulation massive ne soit détecté. L’ultimatum du ministère russe de la Défense expirait à 14 h, heure locale (7 h, HNE).

Plus tôt en matinée, les autorités de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk, qui appuient militairement les forces russes à Marioupol, avaient annoncé dans un communiqué que cinq militaires ukrainiens ont déposé les armes et ont quitté de leur propre gré l’usine d’Azovstal.

L’absence de reddition, si elle se confirme dans les prochaines heures, ne serait guère étonnante. Dans une entrevue accordée au Washington Post, le commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans l’usine d’Azovstal, a assuré que ses troupes ne vont pas déposer les armes.

Pas question de profiter d’un couloir de sécurité offert par l’armée russe, a-t-il ajouté, en soulignant que ceux qui ont fait l’erreur de faire confiance aux Russes se sont fait tirer dessus. Personne ne croit les Russes, a-t-il laissé tomber.

Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures, a aussi affirmé le major Serguiy Volina dans une vidéo aux accents tragiques transmise à plusieurs grands médias internationaux. L’ennemi est 10 fois plus nombreux que nous.

« Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d’utiliser la procédure d’extraction et de nous emmener sur le territoire d’un pays tiers. »— Une citation de  Serguiy Volina, commandant de la 36ebrigade de la marine nationale

En entrevue au Post, le major Volina s’est plus directement adressé directement au président américain Joe Biden, en lui demandant d’intervenir pour mettre un terme au calvaire de ses troupes, qui se trouvent dans une situation qu’il a qualifiée de tragique et critique.

Nous espérons beaucoup que le président Biden nous entendra et aidera à résoudre notre situation. Nous croyons qu’il est l’une des rares personnes qui peut vraiment influencer et résoudre la situation rapidement, a-t-il lancé à l’intention du chef d’État américain.

Le major Volina a confirmé par la même occasion que des centaines de civils, dont des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans le réseau de tunnels qui se trouve sous les installations d’Azovstal, où ils vivent dans des conditions exécrables. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky estime qu’ils sont un millier.

Les derniers combattants ukrainiens sont retranchés dans le complexe métallurgique Azovstal (en arrière-plan), l’un des plus grands du genre en Europe. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Il a refusé de dire combien de combattants étaient retranchés à Azovstal. Outre ses propres combattants, l’usine abrite des membres du bataillon Azov, dont des dirigeants sont d’allégeance néonazie, des membres de la garde nationale ukrainienne, des gardes-frontières et des policiers, a-t-il dit.

Le major Volina a cependant affirmé que 500 personnes, incluant des civils et des combattants, sont blessés, et vivent dans le sous-sol du complexe, sans accès à des médicaments.

Malgré les bombardements incessants de l’armée russe, le moral des soldats reste bon. Nous sauvons l’eau ensemble, nous nous soutenons, nous tentons de nous aider le plus possible. Tout le monde est prêt à continuer, a-t-il dit.

« Nous sommes conscients de tout, et nous comprenons tout, calmement, et nous continuons à nous acquitter de nos missions de combat.  »— Une citation de  Serguiy Volina, commandant de la 36ebrigade de la marine nationale

La semaine dernière, Moscou a annoncé que 1026 militaires ukrainiens de la 36e brigade marine s’étaient rendus à Marioupol. Ils se trouvaient cependant dans la zone de l’usine métallurgique Ilitch, située au nord du complexe d’Azovstal.

Selon les médias russes, deux citoyens britanniques, Aiden Aslin et Shaun Pinner, se trouvaient parmi eux. Les deux hommes sont apparus lundi dans des enregistrements présentés comme des interviews et diffusés par la télévision publique russe, au grand dam de la famille de M. Aslin.

La vidéo d’Aiden parlant sous la contrainte et ayant clairement subi des blessures physiques est profondément éprouvante. Utiliser des images et des vidéos de prisonniers de guerre est contraire à la Convention de Genève et doit cesser, indique-t-elle dans une déclaration relayée sur Twitter par un député britannique.

J’espère qu’il a été traité avec attention et compassion a quant à lui déclaré le premier ministre britannique Boris Johnson, qui a souligné que sa situation était très différente de celle d’un mercenaire, puisque le jeune homme servait dans l’armée ukrainienne depuis un certain temps.

Un secouriste travaille à proximité d’immeubles lourdement endommagés de Marioupol, en Ukraine, le 19 avril 2022. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Nouvelle tentative d’évacuations de civils

Les autorités municipales légitimes de Marioupol estiment qu’environ 100 000 habitants sont toujours coincés dans la ville, mais un nouvel espoir qu’une partie d’entre eux puissent être évacués a été ravivé lundi, après que la vice-première ministre ukrainienne eut annoncé une entente avec Moscou à ce sujet.

Dans un message publié sur Telegram, Iryna Verechtchouk a annoncé qu’un accord préliminaire pour ouvrir un couloir humanitaire pour que les femmes, les enfants et les personnes âgées quittent Marioupol en direction de Zaporijia, qui est contrôlée par l’Ukraine.

Des résidents de Marioupol marchent devant un immeuble détruit en transportant des effets personnels dans des valises, mardi, à Marioupol. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Le maire Vadym Boïchenko, qui n’est plus à Marioupol, a dit espérer que 6000 résidents profitent de ce couloir à bord des quelques 90 autobus dépêchés dans la ville, assiégée depuis maintenant plus de 50 jours par l’armée russe et des combattants prorusses.

« N’ayez pas peur et évacuez vers Zaporijia, où vous pourrez recevoir toute l’aide dont vous avez besoin – nourriture, médicaments, produits de première nécessité – et le principal est que vous serez en sécurité. »— Une citation de  Vadym Boïchenko, maire de Marioupol

Selon deux témoins de l’agence Reuters, des dizaines de civils ont été vus embarquant dans un petit convoi d’autobus qui a quitté Marioupol à partir d’un point d’embarquement prévu au préalable. L’information n’a pas été confirmée par les autorités ukrainiennes.

Le voyage de 200 kilomètres entre Marioupol et Zaporijia prend parfois plusieurs jours, avec plus d’une dizaine de points de contrôle russes à franchir.

Un résident de Marioupol installe de la marchandise à vendre, lundi, près d’un marché local. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Aucun couloir d’évacuation n’avait été mis en place en Ukraine depuis samedi, faute d’accord avec les Russes qui ont intensifié ces derniers jours leurs frappes dans l’est de l’Ukraine. La dernière évacuation réussie de civils remonte au 5 mars.

La confiance entre les parties est pour le moins fragile. En entrevue à Sky News, le maire adjoint de Marioupol, Sergei Orlov, a déclaré ne croire aucun mot de la Russie. Ce serait bien s’ils autorisaient des civils à quitter le complexe industriel Azovstal, mais ils ne l’ont pas fait pendant 50 jours. Pourquoi le feraient-ils maintenant?

Environ 300 000 Ukrainiens ont été évacués par des couloirs humanitaires depuis le début de la guerre le 24 février, selon un chiffre communiqué par le ministère ukrainien de la Réintégration.

Depuis le début de la guerre, le gouvernement ukrainien a proposé plus de 340 couloirs humanitaires. Les occupants (russes) en ont accepté environ 300 et de facto 176 ont véritablement fonctionné, a précisé le ministère. Il accuse les Russes d’avoir violé le cessez-le-feu ou bloqué les cars d’évacuation à plusieurs reprises, ce que rejette Moscou.

Selon les autorités municipales de Marioupol, plus de 20 000 des quelque 400 000 personnes qui habitaient la ville avant le déclenchement des hostilités seraient mortes en raison de l’offensive russe.

Le président Volodymyr Zelensky dénonce un manque d’armes

Malgré l’annonce par le Canada et les États-Unis d’une nouvelle aide militaire, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé dans un discours mardi soir que si son pays avait eu à sa disposition toutes les armes souhaitées, la guerre avec la Russie serait déjà terminée.

Si nous avions accès à toutes les armes dont nous avons besoin, que nos partenaires possèdent et qui sont comparables aux armes utilisées par la Fédération de Russie, nous aurions déjà mis fin à cette guerre. Nous aurions déjà rétabli la paix et libéré notre territoire des occupants.

Il est injuste que l’Ukraine soit encore obligée de demander ce que ses partenaires ont stocké quelque part depuis des années. S’ils ont les armes dont l’Ukraine a besoin ici et maintenant, s’ils ont les munitions dont nous avons besoin ici et maintenant, il est de leur devoir moral, avant tout, d’aider à protéger la liberté. Aider à sauver la vie de milliers d’Ukrainiens, a-t-il ajouté.

Avec Radio-Canada

Environ 200 000 emplois sont menacés par les sanctions à Moscou

avril 18, 2022

Les sanctions occidentales prises contre la Russie dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine commencent à peser sur les travailleurs russes, notamment ceux à l’emploi d’entreprises étrangères. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Au moins 200 000 emplois sont menacés à Moscou par le départ ou l’arrêt des activités d’entreprises étrangères, dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine, a annoncé lundi le maire de la capitale russe.

Dans un message sur son site, Sergueï Sobianine a indiqué qu’un plan d’aide de 3,6 milliards de roubles (environ 54 millions de dollars canadiens) avait été adopté la semaine dernière pour aider les Moscovites risquant un licenciement.

Ce programme concerne avant tout les employés d’entreprises étrangères qui ont suspendu temporairement leurs activités ou décidé de quitter la Russie. Selon nos estimations, environ 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi, a indiqué le maire.

La mairie va proposer aux employés de sociétés étrangères au chômage technique des emplois temporaires permettant des compléments de revenus comme la gestion des archives ou la réparation d’équipements municipaux.

La municipalité dit aussi prévoir des subventions pour financer des reconversions professionnelles.

Selon la mairie, des aides financières pour les familles devraient être offertes, en vertu d’un récent décret présidentiel, et des mesures prises pour faciliter les emprunts des petites et moyennes entreprises.

Enfin, la Ville de Moscou dit avoir construit, sans préciser de date, trois usines de médicaments pour compenser la suspension des importations pharmaceutiques, dont dépendent fortement les Russes.

Dans ce domaine, un grand travail nous attend, les résultats mettront des années à arriver, a indiqué M. Sobianine.

Soutenir le rouble

Par ailleurs, le Kremlin a déclaré lundi que les pays inamicaux disposent encore de temps pour choisir le paiement en roubles du gaz qu’ils importent de Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a refusé de préciser combien de pays ont jusqu’à maintenant accepté ce changement imposé par Moscou.

À la fin du mois de mars, le président russe a signé un décret exigeant des clients étrangers qu’ils paient leur gaz et leur pétrole en roubles, faute de quoi les livraisons pourraient être interrompues.

Cette décision devait permettre à la Russie de soutenir sa monnaie nationale, malmenée par les sanctions.

Or, plusieurs pays européens ont dénoncé cette initiative. L’Allemagne – largement dépendante du gaz russe – a évoqué un chantage de Vladimir Poutine, dénonçant le changement de modalités de contrats pourtant déjà conclus.

Radio-Canada Aavec les informations de Agence France-Presse et Reuters