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Conversion en mosquée de Sainte-Sophie : le pape François se dit «très affligé»

juillet 12, 2020

 

«Ma pensée va à Istanbul, je pense à Sainte-Sophie», a-t-il dit brièvement, sortant du discours prévu.

Le pape François s’est dit «très affligé» dimanche par la conversion décidée par la Turquie de l’ex-basilique Sainte-Sophie en mosquée, à l’issue de la prière de l’Angélus. «Ma pensée va à Istanbul, je pense à Sainte-Sophie. Je suis très affligé», a dit brièvement le pape argentin, sortant du discours prévu.

Les paroles du pape représentent le premier commentaire du Vatican à la décision turque. L’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, avait rapporté la veille de manière factuelle les événements, citant les principales réactions internationales, mais sans commenter.

Oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle par les Byzantins qui y couronnaient leurs empereurs, Sainte-Sophie est un site classé au patrimoine mondial par l’Unesco, et l’une des principales attractions touristiques d’Istanbul avec quelque 3,8 millions de visiteurs en 2019.

Convertie en mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, elle a été transformée en musée en 1934 par le dirigeant de la jeune République turque, Mustafa Kemal, soucieux de «l’offrir à l’humanité».

Plusieurs pays, notamment la Russie et la Grèce, qui suivent de près le sort du patrimoine byzantin en Turquie, ainsi que les États-Unis et la France, avaient notamment mis en garde Ankara contre la transformation de Sainte-Sophie en lieu de culte musulman, une mesure pour laquelle le président turc Recep Tayyip Erdogan, issu d’un parti islamo-conservateur, milite depuis des années.

Par Le Figaro avec AFP

Sainte-Sophie: Erdogan rejette en bloc les condamnations internationales

juillet 11, 2020

 

Vendredi, Erdogan a annoncé que l’ex-basilique byzantine de l’ancienne Constantinople serait ouverte aux prières musulmanes en tant que mosquée le vendredi 24 juillet.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rejeté en bloc samedi les condamnations internationales de la transformation de la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en mosquée, arguant que cela relevait des «droits souverains» de son pays.

«Ceux qui ne bronchent pas contre l’islamophobie dans leurs propres pays (…) attaquent la volonté de la Turquie d’user de ses droits souverains», a déclaré Erdogan au cours d’une cérémonie en visio-conférence. «Nous avons pris cette décision non pas par rapport à ce que les autres disent mais par rapport à nos droits, comme nous l’avons fait en Syrie, en Libye et ailleurs», a-t-il ajouté.

Le Conseil d’Etat, le plus haut tribunal administratif de Turquie, a accédé vendredi à la requête de plusieurs associations en révoquant une mesure gouvernementale de 1934 conférant à Sainte-Sophie le statut de musée. Peu après, Erdogan a annoncé que l’ex-basilique byzantine de l’ancienne Constantinople serait ouverte aux prières musulmanes en tant que mosquée le vendredi 24 juillet.

Oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle par les Byzantins qui y couronnaient leurs empereurs, Sainte-Sophie est un site classé au patrimoine mondial par l’Unesco, et l’une des principales attractions touristiques d’Istanbul avec quelque 3,8 millions de visiteurs en 2019. Convertie en mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, elle a été transformée en musée en 1934 par le dirigeant de la jeune République turque, Mustafa Kemal, soucieux de «l’offrir à l’humanité».

Plusieurs pays, notamment la Russie et la Grèce, qui suivent de près le sort du patrimoine byzantin en Turquie, ainsi que les Etats-Unis et la France, avaient notamment mis en garde Ankara contre la transformation de Sainte-Sophie en lieu de culte musulman, une mesure pour laquelle M. Erdogan, issu d’un parti islamo-conservateur, milite depuis des années.

«Provocation»

Les réactions n’ont pas tardé: Athènes a condamné «avec la plus grande fermeté» la décision, Washington s’en est dit «déçu» et Paris la «déplore». La Grèce, par la voix de sa ministre de la Culture Lina Mendoni, a estimé qu’il s’agissait d’une «provocation envers le monde civilisé»: «Le nationalisme dont fait preuve le président Erdogan ramène son pays six siècles en arrière».

L’Eglise orthodoxe russe a regretté que l’«inquiétude» de «millions de Chrétiens» n’ait pas été entendue par le tribunal turc. Le Conseil oecuménique des Eglises, qui réunit environ 350 églises chrétiennes, notamment protestantes et orthodoxes, a quant à lui fait part de son «chagrin» et de sa «consternation».

Depuis l’ arrivée au pouvoir en 2003 d’Erdogan, les activités liées à l’islam se sont multipliées à l’intérieur de Sainte-Sophie, avec notamment des séances de lecture du Coran ou des prières collectives sur le parvis du monument.

Samedi, la basilique était fermée, la police ayant installée des barrières autour du monument. «Nous voulions (…) visiter le musée Sainte-Sophie, malheureusement nous avons réalisé qu’il est fermé à partir d’aujourd’hui», a réagi Renato Daeo, un touriste italien.

Accompagnée de sa fille de 16 mois et de son mari, Ksennia Bessonova, Russe vivant en Turquie, a subi la même déconvenue: «c’était notre petit rêve car depuis la naissance de notre fille, nous n’avions pu venir (visiter la basilique), en un sens je me sens triste».

Même si une reconversion de Sainte-Sophie en mosquée n’empêchera pas les touristes de toutes les croyances de s’y rendre –ils sont nombreux à visiter chaque jour la Mosquée bleue voisine–, il était prévisible que modifier le statut d’un lieu aussi emblématique dans l’histoire du christianisme suscite des tensions à l’étranger.

Mais Erdogan, un nostalgique de l’Empire ottoman, cherche aujourd’hui à rallier l’électorat conservateur sur fond de crise économique due à la pandémie de nouveau coronavirus et un contexte régional difficile. «C’est une décision que j’attends depuis des années. C’est une honte qu’elle ne soit pas intervenue auparavant, c’est pour cela que je suis très heureux», assurait ainsi dès vendredi soit Umut Cagri, un habitant d’Istanbul.

Ozgur Unluhisarcikli, directeur du bureau d’Ankara de l’organisme German Marshall Fund, relevait d’ailleurs samedi auprès de l’AFP que cette décision pourrait valoir à M. Erdogan le soutien de bon nombre de ses compatriotes «pour des sentiments religieux et nationalistes (…) C’est un débat que le président Erdogan ne peut pas perdre et que l’opposition ne peut pas gagner».

Par Le Figaro avec AFP

 

Un homme poignardé dans une mosquée à Londres, un suspect arrêté

février 20, 2020

La victime est un septuagénaire. Son pronostic vital n’est pas engagé. L’homme arrêté est soupçonné de tentative de meurtre, selon la police.

La mosquée de Regent's Park.
La mosquée de Regent’s Park. ISABEL INFANTES / AFP

Un homme a été arrêté après une attaque jeudi à l’arme blanche dans la Mosquée centrale de Londres qui a fait un blessé, a annoncé la police, pour laquelle il ne s’agit pas d’un acte de «nature terroriste». «Un homme de 29 ans, dont on pense qu’il assistait à la prière, a été arrêté à la mosquée, soupçonné de tentative de meurtre», a déclaré Scotland Yard. «L’incident n’est pas considéré à ce stade comme étant de nature terroriste», a-t-on ajouté de même source.

Un septuagénaire a été blessé dans cette attaque survenue près de Regent’s Park, dans le centre de la capitale britannique. La victime a été hospitalisée et ses jours ne sont pas en danger, a précisé la police. Il s’agit du muezzin, l’homme chargé d’appeler à la prière, qui a été attaqué pendant la prière d’Asr, vers 15H00 heures locale et GMT, a fait savoir la Mosquée centrale de Londres dans un communiqué posté son site internet. «L’assaillant a été appréhendé par les fidèles jusqu’à ce que la police arrive et l’arrête», a ajouté la mosquée.

«Je suis profondément attristé», a réagi sur Twitter le premier ministre conservateur Boris Johnson. «C’est vraiment horrible que cela puisse se produire, surtout dans un lieu de culte. Mes pensées vont à la victime et à toutes les personnes touchées».

«Choqués»

Des photos et des vidéos montrant un jeune homme qui porte un pull à capuche rouge, pieds nus, maintenu à terre par des policiers, ont circulé sur les réseaux sociaux. Un témoin de l’attaque a déclaré que le suspect avait été un habitué de la mosquée et qu’il avait été vu au moins six mois auparavant. «Nous avons été choqués, nous ne savions pas ce qui était en train de se passer, on a vu le type au sol, du sang sur son épaule et le couteau au sol», a dit ce témoin, Abi Watik, 59 ans, cité par l’agence de presse britannique PA.

Il a raconté que la victime avait été blessée à l’épaule juste après le début des prières. Le suspect était «derrière lui, puis il l’a poignardé», a-t-il poursuivi, soulignant que le suspect était resté «silencieux tout le temps» de l’attaque. Il y a eu «un coup de couteau, une frappe, au niveau du cou», a déclaré à des journalistes devant la mosquée Mustafa Fiel, le directeur du Faith Forums de Londres, une association interreligieuse.

Le maire de la capitale, Sadiq Khan, qui est musulman, s’est dit «profondément préoccupé» par l’incident. «Chaque Londonien a le droit de se sentir en sécurité dans son lieu de culte et je veux rassurer les communautés de Londres que les actes de violence dans notre ville ne seront pas tolérés», a-t-il écrit sur Twitter.

Par Le Figaro avec AFP

Fusillade dans une mosquée en Norvège

août 10, 2019

 

Une personne a été blessée dans une fusillade dans une mosquée près d’Oslo, et un suspect arrêté, a annoncé samedi la police de la capitale norvégienne. «Une personne a été touchée. Nous ne connaissons pas le niveau de gravité de ses blessures. Un suspect a été arrêté. La police est sur place», a déclaré la police sur Twitter. Selon un porte-parole des forces de l’ordre, cité par Reuters, la victime est un homme de 75 ans.

La fusillade a eu lieu dans le centre islamique al-Nour à Baerum, ville de la banlieue d’Oslo. La police a précisé ne pas avoir d’informations sur la présence d’autres assaillants, ni sur le suspect arrêté qui est «blanc». «Un des nôtres a été touché par balles par un homme blanc avec un casque et un uniforme», a déclaré de son côté le responsable de la mosquée, Irfan Mushtaq, à un journal local Budstikka. Il a ensuite précisé à la chaine TV2 que l’homme portait plusieurs armes sur lui. «Un homme de type norvégien avec un fusil à pompe et des pistolets est entré dans la mosquée (…). Il a commencé à tirer autour de lui», a-t-il raconté.

Selon la chaîne publique NRK, la police a trouvé plusieurs armes dans la mosquée, et une personne qui s’y trouvait est parvenue à maîtriser l’assaillant avant l’arrivée des forces de l’ordre. Les services de sécurité de la police norvégienne (PST) ont indiqué «suivre les évènements». «Il est trop tôt pour tirer des conclusions», a déclaré à NRK le responsable de l’information des PST, Martin Bernsen.

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters

Jérusalem: heurts sur l’esplanade des Mosquées après la visite de nationalistes juifs

juin 2, 2019

 

Des affrontements ont opposé dimanche Palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées, après la visite de nationalistes juifs sur ce site ultrasensible, alors que l’Etat hébreu célèbre la prise en 1967 de Jérusalem-Est par son armée. Troisième lieu saint de l’islam, également révéré par les juifs comme leur site le plus sacré, l’esplanade des Mosquées se trouve à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée depuis 1967 par Israël, qui l’a ensuite annexée. Les forces israéliennes contrôlent tous ses accès et y pénètrent en cas de troubles.

Les juifs sont autorisés à venir sur le site pendant des heures précises, mais ne peuvent pas y prier, pour éviter d’attiser les tensions. Quelque 1.200 nationalistes juifs s’y sont rendus dimanche matin, selon le directeur de la mosquée d’Al-Aqsa et une organisation juive gérant ces visites. La police israélienne, qui interdit d’ordinaire les visites aux juifs sur l’esplanade durant les dix derniers jours du mois de jeûne musulman de ramadan, les a exceptionnellement autorisées dimanche.

Cela a provoqué la colère de fidèles palestiniens, qui se sont barricadés dans la mosquée Al-Aqsa, d’où ils ont jeté des chaises et des pierres sur les forces de l’ordre, avant d’être dispersés, a rapporté la police israélienne dans un communiqué. Les Israéliens célèbrent dimanche la «journée de Jérusalem», commémorant la prise par leur armée lors de la guerre des Six Jours en 1967, de la Vieille ville, alors sous contrôle jordanien.

45 personnes blessées

Selon le Waqf, la fondation musulmane sous contrôle jordanien qui administre l’esplanade des Mosquées, la police a utilisé des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. D’après le directeur de la mosquée Al-Aqsa, Omar Kaswani, 45 personnes ont été blessées, dont une grièvement, et sept arrêtées. «C’est une violation du statu quo» a-t-il dénoncé à l’AFP, parlant des visites.

Le calme est revenu, a déclaré le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld à l’AFP. Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a assuré dans un communiqué que les autorités avaient tout fait pour laisser le site ouvert «à tous ceux qui souhaiteraient le visiter, notamment lors d’un jour spécial comme aujourd’hui».

Les Israéliens célèbrent dimanche la «réunification» de Jérusalem, capitale «indivisible» d’Israël. L’annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale, qui considère Jérusalem-Est comme occupée. Les Palestiniens veulent faire de la partie orientale de la ville la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Des dizaines de milliers de nationalistes israéliens défilent dimanche après-midi dans le quartier musulman de la Vieille ville pour aller devant le mur des Lamentations, haut lieu du judaïsme, situé dans le quartier juif, sous l’enceinte de l’esplanade.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Indonésie: une femme en prison après s’être plainte du bruit de la mosquée

août 21, 2018

Medan (Indonésie) – Une femme indonésienne a été condamnée mardi à 18 mois de prison après s’être plainte du bruit de la mosquée de son quartier au moment de l’appel à la prière, dernière condamnation en date en vertu d’une loi controversée sur le blasphème.

Meiliana, bouddhiste d’origine chinoise habitant dans ce pays à majorité musulmane, a été reconnue coupable d’insulte à l’Islam pour avoir demandé à la mosquée locale de baisser le volume des haut-parleurs diffusant l’appel à la prière car ceux-ci étaient trop bruyants et « faisaient mal » à ses oreilles.

Le tribunal de la ville de Medan, sur l’île de Sumatra, a estimé que les commentaires de celle-ci il y a deux ans avaient déclenché des émeutes qui ont mené au pillage de plusieurs temples bouddhistes. Certaines personnes d’origine chinoise avaient alors fui la zone.

La défense a indiqué vouloir faire appel de la décision, et Amnesty International a exhorté les tribunaux de plus haute instance à annuler la décision.

« Condamner quelqu’un à 18 mois de prison pour quelque chose de si trivial est une flagrante démonstration de l’application de plus en plus arbitraire et répressive de la loi sur le blasphème », a estimé le directeur de la branche indonésienne de l’organisation non-gouvernementale, Usman Hamid, précisant que ce verdict est « une violation flagrante de la liberté d’expression ».

Quelque 800.000 mosquées diffusent l’appel à la prière cinq fois par jour dans les plus grandes villes comme les plus petits villages de l’archipel, qui abrite la plus importante population de musulmans au monde.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2018 15h12)                                                        

Arabie Saoudite: un Français se suicide en se jetant du haut de la Grande mosquée à la Mecque

juin 9, 2018

Un homme de nationalité française s’est suicidé en se jetant du toit de la Grande mosquée à La Mecque, un acte rare dans le premier lieu saint de l’islam en Arabie saoudite.

Samedi, l’agence de presse officielle saoudienne Spa, citant la police, a rapporté qu’un « ressortissant étranger » s’était suicidé vendredi soir dans cette ville de l’ouest du royaume, sans préciser sa nationalité.

Interrogé par l’AFP à Paris, le ministère français des Affaires étrangères a précisé que le ressortissant était Français, sans donner d’autres détails sur les circonstances de son décès.

« Un ressortissant étranger s’est jeté hier (vendredi) soir du toit de la Grande mosquée à La Mecque. Il est mort sur le coup », avait indiqué plus tôt la police saoudienne.

Le corps a été transporté à l’hôpital en attendant les résultats de l’enquête « pour connaître l’identité de la victime, les raisons de son acte et comprendre comment il a pu le commettre malgré l’existence d’une clôture métallique de protection installée autour du toit », selon la même source.

Si de tels actes sont rares, ce n’est pas le premier cas de suicide à La Mecque, berceau de l’islam, qui comme les autres religions monothéistes interdit de se donner la mort.

L’an dernier, un Saoudien a tenté de s’immoler par le feu devant la Kaaba à La Mecque, avant d’en être empêché par les forces de sécurité.

Chaque année, des millions de musulmans du monde entier se rendent à La Mecque et à Médine, le deuxième lieu saint de l’islam, pour effectuer le grand pèlerinage (hajj) qui se tient à des dates spécifiques ou le petit pèlerinage (Omra), qui peut être accompli à n’importe quel moment de l’année.

Romandie.com avec (©AFP / 09 juin 2018 17h19)                                                               

L’Égypte pleure les 305 morts dans l’attentat contre une mosquée

novembre 25, 2017

Des proches des victimes de l’attentat contre une mosquée qui a fait 235 morts et 109 blessés vendredi, attendent devant l’hôpital d’Ismaïlia le 25 novembre 2017 / © AFP / MOHAMED EL-SHAHED

Funérailles, prières, bandeaux noirs dans les médias: l’Egypte pleurait samedi les 305 personnes tuées la veille dans une mosquée, dont 27 enfants, l’attentat le plus sanglant dans l’histoire récente du pays.

Le Parquet égyptien a indiqué samedi qu’une trentaine d’hommes armés (EI) portant la bannière noire du groupe jihadiste Etat islamique (EI) avaient pris part au massacre des fidèles.

Toutes les victimes de l’attaque, l’une des plus meurtrières dans le monde depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ont été inhumées samedi conformément à la tradition musulmane.

Quelques heures après la promesse du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de « venger les martyrs », l’armée a procédé dans la nuit à des frappes aériennes dans la zone de l’attaque, où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne de l’EI.

Les avions ont visé « des véhicules utilisés dans l’attaque terroriste, tuant leurs occupants », a indiqué un porte-parole.

Encore non revendiqué, l’attentat survenu lors de la prière du vendredi dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abd, à 40km à l’ouest d’Al-Arich, capitale de la province du Nord-Sinaï, s’est soldé par au moins 305 tués et 128 blessés, selon un nouveau bilan fourni samedi par le Parquet égyptien.

Les assaillants, au nombre de 25 à 30, ont fait exploser une bombe avant de tirer à l’arme automatique sur les fidèles, a indiqué le Parquet. Cette attaque, rarissime dans une mosquée égyptienne, a laissé le pays en état de choc.

– ‘Terrorisme dans la maison de Dieu’ –

A l’aube, des milliers d’habitants de Mit Habib, un village voisin du lieu de l’attaque, ont assisté aux funérailles du directeur de l’école de Bir al-Abd, Al-Said Abou Eitta, et de son fils Ahmed, tous deux tués dans la mosquée.

Les corps portés sur les épaules, ils ont scandé en larmes: « Il n’y a de Dieu qu’Allah, le martyr est l’aimé de Dieu ». Des funérailles ont eu lieu dans toute la région.

A Ismaïlia, ville proche du canal de Suez dans le nord-est du pays, où les blessés ont été transportés pour être soignés, les proches se pressaient samedi aux abords de l’hôpital, attendant désespérément des nouvelles, a constaté une équipe de l’AFP.

« Le terrorisme dans la maison de Dieu », déploraient samedi les médias qui arboraient des bandeaux noirs en signe de deuil.

En fin de matinée, toutes les mosquées du pays ont dédié la prière aux « martyrs » de cet attentat et certaines devraient faire de même dans la soirée.

Le président Sissi a appelé les forces armées à édifier un mémorial en hommage aux victimes, rapportent les médias d’Etat.

Vendredi, des témoins ont déclaré que les assaillants avaient encerclé la mosquée avec des véhicules tout-terrain et qu’ils avaient ensuite posé une bombe à l’extérieur du bâtiment.

Après qu’elle a explosé, les hommes armés ont tiré sur les fidèles paniqués qui tentaient de fuir et mis le feu aux véhicules de ces derniers afin de bloquer les routes menant à la mosquée.

– Menaces –

Les hommes armés « sont entrés dans la mosquée, ils ont tué plus de personnes qu’ils n’en ont blessées », a raconté à l’AFP Magdy Rizk, blessé dans l’attaque.

« Ils portaient des masques et des uniformes militaires », a ajouté M. Rizk, précisant que les familles vivant dans cette zone majoritairement soufie avaient déjà subi des menaces de groupes extrémistes.

La mosquée al-Rawda est notamment fréquentée par des adeptes du soufisme, un courant mystique de l’islam honni par l’EI qui considère les soufis comme des hérétiques et polythéistes, le plus grand péché de l’islam.

L’attaque a été condamnée par de nombreux pays étrangers dont les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, l’Iran ou l’Arabie saoudite.

Le grand imam d’Al-Azhar, principale institution de l’islam sunnite, le cheikh Ahmed el-Tayeb, lui-même d’obédience soufie, a condamné « l’attaque terroriste barbare », et le pape François s’est dit « profondément attristé par les pertes humaines ».

La branche égyptienne de l’EI mène régulièrement des attaques contre les forces de sécurité dans la péninsule du Sinaï, qui borde Israël et la bande de Gaza palestinienne, bien que la fréquence et l’ampleur de ces attaques contre les militaires aient diminué au cours de l’année écoulée.

Les jihadistes se sont tournés vers des cibles civiles, attaquant non seulement des chrétiens et des soufis mais aussi des habitants bédouins du Sinaï accusés de collaborer avec l’armée.

La précédente attaque la plus meurtrière en Egypte remonte à octobre 2015, lorsqu’un attentat à la bombe revendiqué par la branche égyptienne de l’EI avait coûté la vie aux 224 occupants d’un avion russe après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire du Sinaï.

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 14h07)

Au moins 235 morts dans l’attaque d’une mosquée au Sinaï égyptien

novembre 24, 2017

Des corps dans la mosquée de Rawda près d’Al-Arich, dans le Nord-Sinaï, en Egypte, suite à un attentat, le 24 novembre 2017 / © AFP / STRINGER

Au moins 235 personnes ont été tuées vendredi lors d’une attaque sans précédent contre une mosquée dans le nord du Sinaï menée par des hommes armés à l’heure de la grande prière, l’une des plus meurtrières en Egypte ces dernières années.

L’attaque, qui n’a pas été immédiatement revendiquée, a fait 235 morts et plus de 125 blessés parmi les fidèles, a indiqué la télévision d’Etat égyptienne.

Elle s’est produite autour de la mosquée Al-Rawda dans le village de Bir al-Abed, à l’ouest d’Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï, région où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

D’après des responsables, les assaillants ont déclenché une explosion avant d’ouvrir le feu sur les fidèles, parmi lesquels se trouvaient notamment des conscrits de l’armée.

Le chef d’un groupe bédouin qui combat l’EI a par ailleurs déclaré à l’AFP que cette mosquée était connue comme un lieu de rassemblement de soufis, adeptes d’un courant mystique de l’islam considéré comme hérétique par le groupe jihadiste.

Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes jihadistes dont la branche égyptienne de l’organisation Etat islamique (EI) attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.

De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques.

La branche locale de l’EI a également revendiqué plusieurs attaques contre des civils, notamment des chrétiens et des soufis.

Plus de 100 chrétiens, essentiellement des Coptes, ont été tués depuis un an dans des attentats contre des églises ou des attaques ciblées dans le Sinaï et à travers le pays.

En février, les chrétiens d’Al-Arich avaient fui en masse après une série d’attaques violentes visant leur communauté.

Les jihadistes ont aussi décapité l’an dernier un chef soufi, l’accusant de pratiquer la magie, et kidnappé plusieurs adeptes du soufisme, libérés après s’être « repentis ».

L’Egypte est par ailleurs menacée par des jihadistes proches d’Al-Qaïda qui opèrent à partir de la Libye, à la frontière ouest du pays.

Un groupe s’appelant Ansar al-Islam (« Partisans de l’islam » en arabe) a revendiqué une embuscade en octobre dans le désert occidental égyptien qui a tué au moins 16 policiers.

L’armée avait ensuite mené des frappes aériennes en représailles, tuant le chef du groupe Emad al-Din Abdel Hamid, ancien officier militaire très recherché après qu’il a rejoint un groupe affilié à Al-Qaïda dans le bastion jihadiste libyen de Derna.

La présidence égyptienne a décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes de la mosquée Al-Rawda.

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2017 15h12)

Grande-Bretagne/ « Je veux tuer tous les musulmans »: un homme percute des fidèles à Londres

juin 19, 2017

Un policier parle avec des habitants du quartier de Finsbury Park après une attaque contre des piétons fauchés par un véhicule, le 19 juin 2017 à Londres / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

« Je veux tuer tous les musulmans », a crié un homme de 48 ans en précipitant sa camionnette sur des fidèles sortant de la mosquée de Finsbury Park dans le nord-est de Londres dans la nuit de dimanche à lundi, ont raconté des témoins.

La foule était en train de quitter la mosquée peu après minuit en ce mois de ramadan où beaucoup de fidèles se retrouvent pour prier le soir, après la rupture du jeûne, quand la camionnette blanche a foncé sur un groupe de personnes en train de secourir un homme qui s’était évanoui.

« La camionnette a soudainement tourné à gauche et a délibérément percuté des gens », a raconté Abdiqadir Warra à l’AFP.

« Il s’est engagé dans une allée et il a roulé sur des gens. Il en a traîné certains sur plusieurs mètres », a-t-il ajouté.

« L’un d’entre eux était sous la camionnette et les gens se sont rassemblés pour soulever le véhicule afin de sortir l’homme qui était en-dessous », a-t-il poursuivi.

Selon Khalid Amin, un autre témoin interrogé par la BBC, l’auteur des faits a crié: « tous les musulmans, je veux tuer tous les musulmans! ».

– Soutien du rabbin –

Les passants ont réussi à l’immobiliser après qu’il eut essayé de fuir. « Les gens l’ont entouré » jusqu’à l’arrivée de la police qui l’a arrêté, selon M. Amin.

Selon la police, l’homme est âgé de 48 ans et aurait agi seul. Il a été conduit dans un hôpital pour subir une expertise psychologique.

« Les gens criaient: ‘c’est une attaque terroriste, cet homme nous attaque' », raconte à l’AFP Athman, un autre témoin. « Je suis alors retourné sur mes pas pour essayer d’aider les gens, leur donner de l’eau, aider la police ».

Selon lui, le responsable de l’attaque a fait « des signes de victoire dans le fourgon de police, il était très content ».

Alors que l’inquiétude était palpable ces dernières semaines chez les musulmans britanniques à la suite de trois attentats revendiqués par le groupe jihadiste État islamique depuis le 22 mars, Athman souligne: « il a choisi le moment, il a choisi le lieu et il a choisi la cible. C’est le mois sacré du ramadan ».

« Les gens ne se sentent pas en sécurité car depuis les attaques terroristes de Londres et Manchester, il y a eu une hausse de l’islamophobie et des crimes haineux », a dit le président de la mosquée de Finsbury Park Mohammed Kozbar.

« Notre communauté est en état de choc », a-t-il ajouté, condamnant cette « attaque terroriste haineuse » et appelant les fidèles qui assistent aux prières à se montrer vigilants.

Mendy Korer, le rabbin d’une synagogue locale, est venu manifester son soutien. « Nous vivons ensemble, il appartient à chacun d’entre nous de rompre ce cycle. Nous ne pourrons pas régler les problèmes du monde, mais nous devons régler ceux de notre quartier » a-t-il déclaré à l’AFP.

-‘Sang sur les mains’

Les habitants ont tenu à exprimer leur solidarité. Certains sont venus déposer des bouquets de fleurs devant la porte de la mosquée, un grand bâtiment en briques rouges avec un minaret orné d’un croissant doré, située à une centaine de mètres de l’attaque.

Certains bouquets sont accompagnés de messages. « Une seule communauté, rassemblée », peut-on lire sur l’un d’eux. « Nous ne serons pas divisés », est-il écrit, en lettres multicolore, sur une pancarte.

« Il faut que les gens sachent qu’à Londres, nous vivons tous côte-à-côte », souligne Jamal Ahmef, 23 ans. « Nous sommes tolérants, quelles que soient les religions, les ethnies, la couleur de peau. Nous sommes tous des êtres humains en fin de compte ».

Dans ce quartier populaire, multiethnique, les autorités concentrent le mécontentement. Certains ont dénoncé la lenteur de la police à qualifier l’attaque de terroriste, estimant qu’il y avait deux poids deux mesures.

La Première ministre Theresa May est également visée. « Je ne veux pas la voir, qu’elle ne vienne pas ici, ou j’aurai deux mots à lui dire », se fâche Tinkerbell McDonagh, une jeune maman en larmes qui craint qu’un de ses amis figure parmi les victimes. « Elle a du sang sur les mains », accuse-t-elle, en allusion aux coupes dans les effectifs policiers opérées par les conservateurs.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2017 13h49)