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Mali : la drôle de guerre

décembre 3, 2012
Mali : la drôle de guerre Mali : la drôle de guerre

À Mopti et à Sévaré, on est au plus près de la ligne de front du Nord-Mali. Les islamistes armés sont à moins de 200 km. Les militaires prétendent qu’ils sont prêts à se battre, mais refusent encore de voir que, seuls, ils ne peuvent rien ou presque… Reportage.

Assise derrière son comptoir, soeur Évangéline suit les instructions à la lettre. « D’où venez-vous ? Pourquoi êtes-vous là ? Vous restez combien de temps ? » Pour louer une chambre au Centre Jean Bosco de Sévaré, un hôtel appartenant au diocèse, il faut affronter le feu roulant des questions de sa gérante. L’oeil affûté, elle traque la moindre hésitation. « Nous sommes en zone de guerre, se justifie-t-elle. On nous a demandé d’être très vigilants. »

« On », ce sont les autorités administratives et militaires de la communauté urbaine de Mopti-Sévaré. La place forte, le dernier rempart contre les islamistes armés qui, depuis fin mars, contrôlent tout le nord du Mali. Avec sa garde nationale, son camp de l’armée de l’air et sa base de l’armée de terre, où est installé le poste de commandement opérationnel (PCO), Sévaré a des allures de ville-garnison.

Bamako, la capitale malienne, est à 600 km de là, mais moins de 200 km séparent Mopti et Sévaré (deux villes situées à une dizaine de kilomètres l’une de l’autre) de Douentza, première position occupée par des jihadistes. Au-delà de cette ligne, il n’y a plus ni administration ni service public. Peu ou pas de centres de santé. Aucun treillis arborant le vert, le jaune et le rouge – les couleurs du drapeau malien. De fait, à Douentza, on n’est plus au Mali, mais dans un territoire dirigé d’une main de fer par trois groupes jihadistes qui, en quelques mois, ont supplanté les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Nul n’ose plus contester la suprématie d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et des combattants d’Ansar Eddine, emmenés par Iyad Ag Ghali. Femmes voilées, mains et pieds coupés, lapidations, coups de fouet pour les fumeurs ou les consommateurs d’alcool… Moins de 200 km séparent les habitants de la ville de l’horreur.

Check-points

À Mopti, les discussions en cours au Burkina Faso entre Ansar Eddine et le MNLA laissent indifférents. On se moque ici du fait que, le 16 novembre, les deux groupes rivaux se soient dits prêts à « un dialogue politique » avec Bamako. On fait peu de cas des tergiversations des politiciens sur la tenue d’une concertation nationale, censée ouvrir la voie à des élections. Les déclarations en provenance de Paris ou de New York ne sont répercutées que de loin en loin par les médias locaux. À Mopti, seule compte la proximité de la ligne de front, dont on est sûr qu’elle va bientôt bouger. Oumar Bathily, le maire de la ville, explique qu’il a « dû faire face à un afflux de réfugiés qui va sûrement augmenter dès la reprise des combats ». Près de 41 000 déplacés ont été recensés, et l’aide humanitaire peine à satisfaire tous les besoins.

À Sévaré comme à Mopti, des check-points permettent de filtrer les arrivées. Des soldats abrités sous des tentes ou à l’ombre des acacias surveillent mollement les allées et venues. Le dispositif n’est pas très convaincant, mais rassure – un peu – les populations. « Ici, vous êtes en sécurité, promet soeur Évangéline. L’armée contrôle tout, ils ont arrêté des gens… Vous le saviez ? »

Rares sont ceux qui sont ouvertement favorables au plan d’intervention de la Cedeao

La presse malienne et internationale avait largement relayé l’information : le 4 novembre, les gendarmes ont intercepté un apprenti jihadiste, un Français d’origine malienne, à la gare routière de Sévaré. Ibrahim Ouattara tentait de rallier Tombouctou à bord de l’un des rares cars bancals qui osent encore faire le trajet. Depuis, « tout le monde surveille tout le monde, observe Mamoudou Bocoum, journaliste à Radio Kaoural, la radio communale. Chacun de nous a des yeux derrière la tête. On n’a pas envie d’en voir débarquer d’autres ou même que des jihadistes s’infiltrent ici et commettent des attaques. »

Dans son bureau climatisé du gouvernorat de Mopti, Mamadou Gaoussou Traoré, conseiller aux affaires administratives et juridiques, n’en revient toujours pas : « Je ne comprends plus rien. Alors qu’on ne pense qu’à se débarrasser des jihadistes, il y a des jeunes, en France, qui cherchent à les rejoindre. C’est insensé ! Comment peut-on penser que ça [les exactions commises par les groupes armés, NDLR], c’est l’islam ? » peste-t-il, avant de vanter la tradition de tolérance qui caractérise sa région. « Mopti, cela veut dire « rassemblement » en peul. Nous avons toujours vécu ensemble. Nous devons combattre ceux qui veulent utiliser la religion pour cacher leurs trafics. »

Femmes s’entraînant au maniement des armes à Sévaré. Elles appartiennent à la Force de libération des régions Nord du Mali (FLN), une milice d’autodéfense qui prétend pouvoir se battre contre les jihadistes.

© Reuters

Hagards et poussiéreux

Est-ce une manière d’approuver le plan d’intervention proposé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et sur lequel doivent se prononcer les Nations unies ? Non. Rares sont ceux qui y sont ouvertement favorables. Les seuls habilités à mener les combats, explique-t-on à Mopti et à Sévaré, ce sont les militaires maliens. Même si on les a vus rentrer hagards et poussiéreux après la débâcle du mois de mars, quand les garnisons du Nord sont tombées les unes après les autres sous les assauts conjugués du MNLA et d’Ansar Eddine. « C’est une question d’honneur, martèle Moussa Maïga, un commerçant originaire de Gao réfugié à Mopti. L’armée malienne a perdu ces villes, c’est à elle de les reprendre ! » Lui n’a pas de mots assez durs pour parler de ces soldats qui « passent leur temps dans les maquis et qui, au moindre prétexte, se bagarrent avec des jeunes de la ville ». Au fil des mois, la cohabitation est devenue compliquée, et le commandant de région lui-même a dû intervenir pour ramener le calme.

Le colonel Didier Dacko, 45 ans, dirige le PCO de l’armée redéployé à Sévaré après la chute de Gao. Il fait partie de la première promotion du prytanée militaire de Kati – tout un symbole pour les Maliens qui vouent une admiration sans bornes aux porteurs d’uniforme de la première heure. Les éloges se succèdent lorsque l’on évoque le nom de ce Bobo originaire de San, dans la région de Ségou. Dans les états-majors de la sous-région, on le décrit comme un officier de grande valeur, qui a le sens de la patrie chevillé au corps. Ses hommes, eux, parlent d’un « officier exceptionnel » et « profondément meurtri par l’état de l’armée ». À Sévaré, un commandant affirme « l’avoir vu pleurer quand il a dû quitter Gao ». « Il était le dernier, se souvient-il. On a dû le forcer à partir. Aujourd’hui, il n’a qu’une envie : retourner au front. » Si intervention il devait y avoir, le colonel Dacko serait un des hommes clés du dispositif militaire. Il n’est pas rare de le voir sillonner la ville au volant de son pick-up.

En juin, il avait expliqué à Jeune Afrique qu’il n’avait « pas besoin des troupes de la Cedeao pour libérer [le Mali]. Un soutien aérien serait le bienvenu, mais nous pouvons nous en passer ». Aujourd’hui, s’il consent à nous recevoir tard le soir, entouré de ses plus proches collaborateurs, il refuse d’aborder les questions militaires. Un téléphone vissé à l’oreille, à l’affût de la moindre information en provenance du Nord comme du Sud, il fait valoir le devoir de réserve auquel il est astreint. Tout juste reconnaît-il ronger son frein en attendant les ordres qui l’enverront au-delà de Konna, un bourg situé à 70 km au nord de Mopti, où sont stationnés la plupart des militaires maliens. Combien sont-ils ? Quatre mille, cinq mille ? L’armée refuse de confirmer les chiffres les plus couramment avancés, mais à Bamako, une source militaire nous assure qu’ils sont « plus de deux mille ».

Pas de négociations avec les gens qui ont du sang sur les mains.

Fatoumata Siré Diakité, vice-présidente du Front du Refus

En attendant l’arrivée des instructeurs promis par l’Union européenne, 17 officiers français sont venus à Sévaré, le 15 novembre, pour tenter d’évaluer les besoins de l’armée malienne. « Nous avons besoin de formation en matière de guidage, explique un militaire sous le couvert de l’anonymat. En cas de tirs aériens, il faut des militaires qualifiés au sol pour donner des positions exactes aux pilotes d’avion. Pour le reste, nous pouvons former nos soldats : la majorité d’entre nous a fait ses classes aux États-Unis, en Algérie ou en Allemagne », ajoute-t-il convaincu.

Optimisme

Un optimisme un peu fou qui fait fi du rapport de forces, pour l’instant en faveur des groupes armés. Mais, à Bamako, la grande opération de « reconquête du Nord » a presque disparu des discours officiels. Le 18 novembre, le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, a affirmé que « le dialogue [était] inévitable » et a souligné que les combattants du MNLA et d’Ansar Eddine étaient des Maliens – par opposition aux étrangers d’Aqmi, avec lesquels il n’y aurait pas de négociation possible.

Ces miliciens qui veulent libérer le Mali

Il n’y a pas que l’armée qui se prépare à affronter les islamistes qui contrôlent le nord du Mali. Nées au début des années 1990 pour se protéger des rezzous des rebelles touaregs, les milices d’autodéfense sont majoritairement composées de Songhaïs et de Peuls : Force patriotique de résistance (FPR), Boun Ba Hawi (« la mort vaut mieux que la honte »), Force de libération des régions Nord du Mali (FLN), Ganda Koy (« propriétaires terriens »), Ganda Izo (« les enfants du pays »)… Ces derniers se sont installés à Soufroulaye, petite commune située à une dizaine de kilomètres au sud de Sévaré. Pour Ibrahim Issa Diallo, leur chef, pas question d’attendre une hypothétique intervention internationale qui débuterait au mieux en 2013. « On ne peut pas toujours attendre, ce n’est pas possible ! s’emporte-t-il. Nous allons tenter quelque chose si ça continue de prendre du temps. » Muni de quelques carabines et de fusils (il refuse d’en préciser le nombre), Diallo est persuadé qu’il peut faire reculer les jihadistes avec ses 800 recrues. Oubliant un peu vite que certains de ces combattants sont soupçonnés d’accointances avec les islamistes. M.G.-B.

Le Front du refus (FDR, la coalition hostile au coup d’État du 21 mars) a manifesté son désaccord. « Pas question de négocier avec des gens qui ont le sang de Maliens sur les mains », a déclaré sa vice-présidente, Fatoumata Siré Diakité. Même chose pour Yèrè wolo ton, une association membre de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam, soutien de la junte) qui avait appelé à manifester le 22 novembre, réclamant la démission du Premier ministre. Pour eux comme pour beaucoup, il n’est pas envisageable de discuter avec ceux qui ont pris les armes. « Un groupe veut l’indépendance, l’autre l’application de la charia… Ni l’une ni l’autre ne sont possibles. De quoi peut-on discuter ? » s’emporte Ousmane Sylla, commerçant à Bamako.

Quant à l’intervention militaire, rien ne dit qu’elle pourrait débuter rapidement. Le 19 novembre, Romano Prodi, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon au Sahel, a affirmé que rien ne serait possible avant septembre 2013. Un audit de l’armée malienne, mené par des experts internationaux, vient à peine de commencer, et les 250 formateurs européens ne seront pas là avant la fin de l’année. Ils devront former quatre bataillons de soldats maliens (2 600 hommes) à l’École militaire interarmes (Emia) de Koulikoro, avant leur départ pour le front.

En attendant, la nuit tombe sur Sévaré. Huit militaires entassés dans un pick-up patrouillent à vitesse réduite. Au Fiesta Club, l’un des derniers « bars branchés » encore ouverts, on boit des bières, on danse, mais dans quelques heures la tension grimpera de nouveau. Ici, désormais, on se réveille au bruit des armes automatiques.

Jeuneafrique.com Par Malika Groga-Bada, envoyée spéciale

LE MCDDI : HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN

novembre 29, 2012

 

jalessaillantDans l’histoire des partis politiques créés dans notre pays, avant l’accession du Congo à l’indépendance, les tous premiers sont le Parti Progressiste Congolais (PPC) du président Félix Tchicaya, le Mouvement Socialiste Africain (MSA) du président Jacques Opangault, l’Union pour la Défense Des Intérêts Africains (UDDIA) du président Fulbert Youlou, premier président de la République du Congo indépendant. Le Mouvement National de la Révolution (MNR) et le Parti Congolais du Travail (PCT) sont des partis politiques jeunes créés après l’indépendance et dont on connait les origines et qui, malheureusement, sont caractérisés par la violence qui les habite, notamment et particulièrement le PCT.

Durant toute la période du monopartisme incarnée par le MNR, de 1963 à 1968, et par le PCT, de 1969 jusqu’à 1989, aucun autre parti ne pouvait être créé sur le territoire national. Le monopartisme dictant sa loi et monopolisant la scène politique, sans concession et sans partage.

Il faudra, après bien des péripéties et des vicissitudes parfois douloureuses et macabres, attendre 1989 et le courage d’un homme, Bernard BAKANA-KOLELAS, pour braver le diktat du monopartisme sous la férule du PCT et voir la naissance d’un parti politique libre et indépendant. Ce parti, c’est le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral (MCDDI), créé le 3 août 1989, deux ans avant la tenue, à Brazzaville, de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Autant dire, qu’après l’instauration du système monolithique en 1963, le MCDDI est, de tous les partis politiques agissant au Congo, le premier et le seul parti congolais qui ne doit pas son existence et sa vie à la Conférence nationale souveraine.

Aujourd’hui, après les événements tragiques, dramatiques qui ont endeuillé le pays avec les coups d’Etat et les guerres successives de 1993 à ce jour, le MCDDI est, non seulement orphelin de son président-fondateur, mais voué à une mort certaine si, telle que la situation se présente, ses militants ne se réveillent pas et ne prennent pas en main, le destin et la destinée de leur parti.

Après le décès et les obsèques de son président-fondateur, Bernard BAKANA-KOLELAS, il était convenu que le parti tiendrait son premier Congrès de son histoire après les élections législatives en perspective à l’époque. Depuis, beaucoup d’années se sont écoulées, beaucoup d’élections présidentielles que législatives aussi. Et le MCDDI n’a toujours pas tenu son Congrès. Il convient, en effet, de rappeler au passage que depuis sa création, les membres de toutes les instances du parti mises en place n’ont jamais été élus par un Congrès statutaire. Ils ont toujours été nommés. Mais, dans l’intervalle, en lieu et place d’un Congrès, il est intervenu une instance non statutaire, c’est-à-dire non prévue dans les Statuts du MCDDI. Cette instance a pris le nom de CONVENTION au cours de laquelle il a été désigné voire coopté des membres du Comité National et du Bureau Exécutif National (BEN) que je considérerais comme illégaux du fait qu’ils ont été élus par une instance fabriquée de toutes pièces et non statutaire.

J’ai beau parcourir les Statuts du MCDDI, nulle part je ne trouve un quelconque article faisant état ou évoquant la tenue ou l’organisation d’une CONVENTION en lieu et place d’un CONGRES STATUTAIRE. A moins que, depuis cette Convention, les nouveaux dirigeants issus de cette Convention, aient pris la liberté de modifier les Statuts du parti, à l’insu de tous les militants du MCDDI. Il est vrai aussi que nombreux sont les militants qui ont été écœurés, et le sont encore aujourd’hui, par la façon on ne peut plus cavalière avec laquelle le parti est dirigé et avec laquelle certains militants de la première heure ont été éconduits, voire éjectés, préférant les remplacer par des « militants plus dociles ».

Dans une de ses nombreuses déclarations, voici ce qu’avait dit le président-fondateur du MCDDI, M. Bernard BAKANA-KOLELAS :

« Militants et sympathisants du MCDDI,

Générations congolaises présentes et futures,

Je vous salue et vous adresse ce message :

Patriotes Congolais, voici que souffle l’ère du renouveau démocratique tant attendu, l’ère de la liberté, de la justice, de la fraternité, l’ère des droits de l’homme pour la défense desquels Matsoua André Grenard, Kiélé Tenard, Constant Balou, Abbé Fulbert Youlou et tant d’autres illustres fils de notre beau pays, se sont sacrifiés. Moi, Bernard KOLELAS, j’ai lutté toute ma vie politique pour ces valeurs là, pour ces valeurs qui fondent le respect et la dignité de la personne humaine. C’est pour cela qu’inlassablement j’ai combattu le communisme, jusque dans sa substance dès son installation dans le pays car j’étais convaincu que ce régime déshumanisant conduirait notre société vers un abîme sans fond.

Vingt sept ans de lutte, envoyé en prison neuf fois, deux fois condamné à mort, j’ai connu les traitements les plus inhumains, les plus cruels et les plus dégradants, comme les tortures au courant électrique. Tout cela pour avoir pris le ferme engagement de défendre les hautes valeurs sociales, morales et spirituelles menacées, pour avoir voulu libérer le peuple qui se trouvait dans les fers du monopartisme totalitaire et fasciste, mais aussi pour tous ceux qui ont mené le même combat jusqu’au sacrifice suprême, à tous ces héros inconnus, tous ces martyrs de notre peuple, victimes de la haine, de la barbarie et de l’intolérance.

Peuple souverain, en avant pour une société de paix, d’amour, d’équité et d’entente nationale. En avant car la pendule de l’histoire ne revient jamais en arrière ».

Ceci dit, au regard de ce qui précède, je n’ai pas conscience que ce pour quoi s’est battu Bernard KOLELAS, toute sa vie, c’est-à-dire le but et les objectifs, ait été atteint. Au contraire, la liberté, la justice, la fraternité, les droits de l’homme ont été hypothéqués, dévoyés, voire supprimés. Aujourd’hui, la paix est synonyme d’affrontement et fait même l’objet de chantage, l’amour du prochain a pris la place de la haine, de l’exclusion, l’équité en iniquité, en ségrégation et discrimination ethno-tribales voire clanique, et l’entente nationale en désordre national sous la menace de guerres d’extermination ethnique.

Ce bref constat n’est certainement pas de nature à rassurer le peuple congolais qui n’a pas les mêmes souches claniques que le clan qui gouverne le Congo tout entier.

Le MCDDI est le frère aîné de tous les partis nés ou créés après la Conférence nationale souveraine. Il est et devrait demeurer le fer de lance, la courroie d’entraînement et de transmission de tous les autres, tel que le souhaitait et le voulait son président-fondateur.

Certes, le président KOLELAS n’a pas eu le temps de former ses propres cadres pour son parti. La majorité des cadres qui ont enjolivé le MCDDI sont tous venus du PCT. Ils sont connus. Est-ce pour cette raison que le MCDDI va-t-il à la dérive et est-il en train de se noyer, de sombrer, en dehors d’autres nouveaux paramètres récents à la mode dans le pays ?

Enfin, comme dirait l’autre, pour éviter la débâcle et la déconfiture de notre parti au regard de ce qui se passe depuis la disparition de son Fondateur, le temps est très certainement venu de rassembler tous les militants et sympathisants pour nous tourner vers la convocation d’un Congrès, seule instance statutaire pour adapter le parti à la nouvelle donne, tout en affirmant notre idéologie à partir de laquelle devraient se forger notre vision de la société congolaise et de la gestion tant de notre parti que de la vis nationale.

–        Un congrès où il n’y aura aucune guerre de leadership ;

–        Un congrès au cours duquel nous devrons faire l’inventaire de ce qui a été fait et qui n’a pas été fait en raison de diverses situations ou contraintes, mais qui nous permettra de réparer les erreurs, de résoudre certains problèmes ;

–        Un congrès qui permettra d’élaborer un programme d’action qui fixerait les priorités du parti ;

–        Un congrès qui permettrait au MCDDI de rassembler et faire la paix avec tous ses fils et filles, membres nouveaux et anciens du parti, etc.

Certes, le MCDDI est l’un de ces partis que plus d’un voudrait voir mourir et disparaître du paysage congolais, d’autant que son Fondateur a été l’une des chevilles ouvrières qui a été à l’origine de la tenue de la Conférence nationale souveraine et sans qui rien n’aurait été fait. Ce ne sont donc pas, pour ce faire, les tentatives et les acteurs commandités pour cette basse besogne qui font ou feront défaut. C’est donc à tous les militants et sympathisants qu’il revient d’être vigilants à ce sujet pour faire échec à cette manœuvre.

En conclusion et en prévision de certaines manipulations qui ne manqueront certainement pas, au regard du Congrès du MCDDI en perspective demandé et exigé à cor et à cris par l’ensemble de ses militants et sympathisants, j’invite donc tous les militants et sympathisants de notre parti de méditer sur les pensées ci-après pour les aider à mieux réfléchir sur la responsabilité qui nous incombe à tous :

–        « Le pouvoir est de commandement et non de jouissance.

–        « Plus un ordre viole la nature, l’habitude et la norme, et plus l’usage de la violence lui est indispensable.

–        « Si le sang donne droit au pouvoir, celui qui détient le pouvoir n’a pas de pire rival que son plus proche par le sang ; et ce droit de vie et de mort sur tous que les puissants s’arrogent finit par se retourner contre leur propre sang.

–        « La tyrannie n’est pas simplement le fait d’un homme qui usurpe (et quand il règne, c’est un fait passé), mais bien l’établissement d’un régime qui par soi-même est usurpation. C’est le remplacement d’un régime de la Loi par un régime de la Force et de la Fortune.

–        « L’homme qui tombe au pouvoir du Mage perd la conduite de sa vie parce que la volonté d’un autre s’est projetée au cœur de son être, à la source de sa conscience qu’elle capte, et l’autre joue de lui comme d’un instrument.

–        « Changer de régime et améliorer les lois sans changer les hommes et les rendre meilleurs, c’est comme balayer la chambre sans ouvrir la fenêtre : la poussière soulevée (celle du moins qu’on n’aura pas avalée) retombera d’où elle vient.

–        « Pour supprimer les abus, il ne suffit pas de supprimer ceux qui abusent. Il faut bien prendre garde à ceux qui les remplaceront et se demander quelle discipline, quelle purification les aura rendus meilleurs, et quelle doctrine, plus sages.

–        « Là où les bras d’un seul ne peuvent suffire s’impose l’heureuse et douce nécessité de se grouper et de partager la tâche selon les forces et les talents de chacun et le fruit selon ses besoins ».

« Nzila ka zimbakana, kaala hana ma mahambu » (Quand on perd son chemin, on revient au carrefour)

 

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Ancien Rapporteur de la Commission Ad hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine

Membre du MCDDI

Ancien membre du Comité National (exclu en 2008 par la Convention de P. Kolelas)

Ancien membre du Bureau Exécutif National (BEN) (exclu en 2008 par la Convention de P. Kolelas)

Ancien Conseiller auprès du Premier ministre, Bernard Kolélas, chargé de la Communication

Ancien Représentant Permanent de l’Alliance URD-FDU auprès de l’Union Européenne

Ancien Représentant Permanent de l’ERDDUN auprès de l’Union Européenne

Mali : des milliers de personnes défilent à Bamako pour une intervention militaire

octobre 11, 2012
Manifestation en faveur de l’unité du Mali en avril 2012. Manifestation en faveur de l’unité du Mali en avril 2012. © AFP

Plusieurs milliers de Maliens ont investi les rues de Bamako pour réclamer une intervention militaire de la Cedeao dans le nord du pays.

L’ONU a demandé à l’Afrique de l’Ouest et à l’Union africaine (UA) d’en préciser les contours, eux l’attendent de pied ferme. Plusieurs milliers de Maliens ont entamé, jeudi 11 octobre, une marche dans le centre de Bamako pour réclamer cette intervention militaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en soutien de l’armée malienne, pour reconquérir le nord du pays.

Dans le cortège, on pouvait voir des banderoles et pancartes de soutiens au Premier ministre Cheick Modibo Diarra et à la Cedeao, mais également à l’armée malienne. « Capitaine Sanogo, tous les militaires au front », était-il écrit sur l’une d’elles. Le capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur d’un coup d’État à Bamako du 22 mars, s’est retiré du pouvoir en avril, mais reste influent à Bamako. L’homme fort de Kati a récemment pris en charge la réforme de l’armée.

Résolution de l’ONU

D’autres slogans et banderoles fustigeaient la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui avait lancé l’offensive dans le nord en janvier. D’abord allié aux groupes islamistes armés, le MNLA a ensuite été rapidement évincé du nord du pays par ces mêmes groupes.

Le projet de résolution sur le Mali, proposé le 10 octobre par la France à ses partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU, presse la Cedeao et l’UA de préciser dans les 30 jours les modalités d’une intervention militaire pour déloger les groupes islamistes armés qui occupent la moitié nord du pays.

Le texte, dont l’AFP a obtenu copie, invite aussi le gouvernement malien et les rebelles touaregs à « ouvrir dès que possible un processus de négociation crédible afin de rechercher une solution politique viable respectant la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Mali ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : le Premier ministre ne veut négocier avec aucun groupe islamiste au nord

septembre 30, 2012
Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra, lors d'une conférence de presse. Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra, lors d’une conférence de presse. © AFP

Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra a catégoriquement rejeté la perspective de négociation avec les islamistes armés occupant le nord du Mali, dans un entretien publié samedi, huit jours seulement après l’appel au dialogue lancé par le président malien aux groupes armés.

Au même moment, une source officielle malienne assurait cependant qu’une rencontre venait d’avoir lieu, à Alger, entre une délégation des islamistes du groupe Ansar Dine et un haut-gradé de l’armée malienne. Dans un entretien publié à Paris par le journal Le Monde, le Premier ministre malien affirme: « Le temps pour ces négociations est passé ». « Les pays qui parlent de négociations nous ont fait perdre du temps », insiste-t-il, semblant évoquer implicitement le Burkina Faso ou l’Algérie. Puis il affirme qu' »un millier de terroristes dotés d’armes sophistiquées » sont désormais « installés » dans le nord du Mali et que la situation « empire de jour en jour avec les amputations, les flagellations, les viols, les destructions de sites » perpétrées par les islamistes.

Le 21 septembre, le président malien Dioncounda avait pourtant appelé solennellement les « groupes armés qui opèrent dans le nord » au « dialogue ». Mais le Premier ministre malien n’y croit plus: « Nous avons un médiateur désigné par la Cédéao (le président burkinabè Blaise Compaoré) mais à ce jour nous n’avons pas reçu, de la part des terroristes et des occupants, un seul signal disant +nous voulons négocier+ ». Bamako n’acceptera plus, selon lui, de négocier qu’avec les dirigeants indépendantistes touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad).

Aucune négociation envisagée, donc, ni avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ni avec les groupes qui lui sont liés, le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’ouest) et Ansar Dine. « Ansar Dine ? Une de ses branches vient d’amputer des gens à Tombouctou. J’appelle ça des extrémistes », dit le Premier ministre au sujet du groupe armé dirigé par un ancien chef rebelle touareg malien, Iyad Ag Ghaly, qui fait appliquer par la force son interprétation de la loi islamique. Le 29 juillet, les islamistes d’Ansar Dine lapidaient à mort, à Aguelhok (nord-est) un homme et une femme auxquels ils reprochaient d’avoir eu des enfants sans être mariés. Et ce samedi, ils détruisaient, une nouvelle fois, un mausolée de saint musulman, cette fois à Goundam (90 kilomètres de Tombouctou).

Rencontre à Alger

Cependant, une source officielle malienne a assuré samedi à l’AFP qu’une délégation d’Ansar Dine venait de rencontrer, « très récemment », à Alger, « un haut-gradé » malien, pour évoquer la situation dans le nord du Mali ». Un proche d’Ag-Ghaly, Amada Ag Bibi, faisait partie de la délégation, ainsi que le chef d’état-major d’Ansar Dine, Ag Wissa, et un élu du nord, selon cette source.

Alger a toujours affirmé qu’il fallait privilégier les négociations au nord du Mali et s’oppose à l’intervention d’une « force militaire internationale » que Bamako demande à l’ONU d’autoriser. Mais le Premier ministre malien conclut: « je n’ai pas vu de solution non-militaire émerger ». Et, alors que nombre de pays sont toujours sceptiques et réticents, il décrit déjà les étapes menant vers la guerre. Le Conseil de sécurité de l’ONU adopterait « avant la mi-octobre » une résolution autorisant l’intervention. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) déploierait « presque immédiatement » au moins une partie de sa force… Cheikh Modibo Diarra va jusqu’à souhaiter que « la communauté internationale – France, Etats-Unis, Grande-Bretagne notamment – apprête une force d’intervention pour faire un travail propre et rapide » et que la France envoie « ses forces spéciales » au Mali.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nord-Mali : nouvelle destruction d’un mausolée par les islamistes

septembre 29, 2012

Capture d'écran montrant des islamistes détruisant le mausolée d'un saint à Tombouctou. Capture d’écran montrant des islamistes détruisant le mausolée d’un saint à Tombouctou. © AFP

Des islamistes armés ont détruit samedi avec des haches le mausolée d’un saint musulman dans une localité du Nord-Mali, près de trois mois après avoir entamé les premières destructions de ces monuments à Tombouctou qui avaient suscité un tollé international, ont rapporté des témoins.

« J’ai vu les islamistes de Goundam (90 km de Tombouctou, Nord-Ouest du Mali) détruire le mausolée de Alfa Mobo, aujourd’hui, à côté du cimetière de la ville. Ils avaient des haches et d’autres objets », a indiqué à l’AFP par téléphone un élu municipal de cette localité malienne, Mamadou Cissé. Un habitant de Goundam a confirmé, sous couvert de l’anonymat: « Ils ont cassé le mausolée jusqu’au niveau de la tombe, ils étaient onze et quelqu’un filmait ».

La localité de Goundam, prise en avril par les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), était ensuite passée sous le contrôle des islamistes armés. Des jihadistes se réclamant du groupe Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) allié à la branche maghrébine d’Al-Qaïda y font appliquer, par la force, leur interprétation de la charia (loi islamique).

Contraire à l’unicité de Dieu

En juillet, les islamistes d’Ansar Dine avaient suscité un tollé international en détruisant des mausolées en terre dans l’enceinte de la plus grande mosquée de la ville de Tombouctou (nord-ouest), classée patrimoine mondial en péril. De nombreux habitants avaient assisté, impuissants, à l’opération de destruction, alors que les islamistes promettaient de détruire tous les mausolées de la région.

Récemment, le 17 septembre, des islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ont détruit le mausolée de Cheik El Kébir, à 330 kilomètres au nord de Gao, à coups de marteaux et des pioches. Les combattants d’Ansar Dine sont guidés par une idéologie fondamentaliste rejetant les visites aux saints, pourtant très répandues. Ils s’attaquent aux mausolées – importants lieux de recueillement – car ils considèrent la vénération des saints comme « de l’idolâtrie », contraire à l’unicité de Dieu.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: 50 à 60.000 personnes réunies pour la paix dans un stade à Bamako

août 12, 2012
Mali: 50 à 60.000 personnes réunies pour la paix dans un stade à Bamako Mali: 50 à 60.000 personnes réunies pour la paix dans un stade à Bamako © AFP

De 50. 000 à 60. 000 personnes se sont réunies dimanche à Bamako à l’appel du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) pour « la paix et la réconciliation nationale », plus important meeting depuis l’occupation du nord du pays par les islamistes fin mars, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs hommes politiques, dont le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra, ont assisté au meeting qui s’est tenu au stade du 26 mars, le plus grand de Bamako, au cours duquel plusieurs chefs religieux ont pris la parole.

« Prions pour le Mali, prions pour la paix », a déclaré Mahmoud Dicko, président du HCIM qui regroupe les principales organisations musulmanes du Mali.

« Nous ne sommes pas surpris de ce qui nous arrive, c’est la résultante de la trahison érigée en système » et de « la corruption », a-t-il ajouté, en demandant à tous les Maliens de s’entendre « pour le bien » de leur pays.

« Notre pays a besoin de paix, de réconciliation nationale. C’est aux Maliens de trouver la solution du Mali et je demande à tous les Maliens de se pardonner », a pour sa part déclaré le plus célèbre des prêcheurs du pays, Madani Ousmane Haïdara.

« Je suis inquiet pour notre pays, il faut vraiment qu’on se parle, qu’on trouve une solution », a de son côté affirmé l’imam Aboubacar Kamara.

Moussa Boubacar Bah, président des jeunes musulmans du Mali, s’en est pris à la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui avait lancé l’offensive dans le nord en janvier, avant d’en être chassée par les groupes islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« En 1990 et en 2006, on a pardonné des rebellions touareg. Cette fois-ci, on ne pardonnera jamais aux gens du MNLA », a-t-il dit en demandant à ce qu’on laisse le président par intérim Dioncounda Traoré et son Premier ministre « travailler ensemble pour le bien du Mali ».

Un important dispositif de sécurité entourait la manifestation qui se poursuivait à la mi journée.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: manifestation à Bamako pour « libérer » le nord de ses groupes armés

juillet 4, 2012

Quelques milliers de Maliens, en majorité originaires du nord du pays, ont organisé à Bamako un sit-in pour réclamer des armes pour « libérer » cette vaste région occupée depuis plus de trois mois par des groupes armés dominés par des islamistes.

« Nous voulons des armes pour libérer le Nord! », lançaient certains parmi environ 2. 000 participants à cette manifestation qui a débuté tôt sous la pluie Place de l’Indépendance (centre-ville) et se poursuivait en fin de matinée, sous des bâches et parapluies, encadrée par de nombreux policiers et gendarmes.

« Si l’armée ne veut pas faire la guerre, qu’on nous donne les moyens de libérer nos terres! (. . . ) Nous demandons la libération de notre pays », a affirmé à l’AFP Oumar Maïga, un responsable des jeunes du Collectif des ressortissants du Nord (Coren), à l’origine du sit-in.

« Au Mali, les Touareg, les Peul, les Songhoï (des communautés du Nord, ndlr) ne partagent pas les bêtises du MNLA (rébellion touareg), du Mujao, et d’Al-Qaïda (groupes islamistes) » qui contrôlent depuis trois mois les régions du Nord », a déclaré à l’AFP le député touareg Nock Ag Attia, une des personnalités présentes à la manifestation.

Le Mali est plongé dans la crise depuis un coup d’Etat qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et a accéléré la chute du Nord aux mains de divers groupes armés, dont le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ansar Dine (Défenseur de l’islam), Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Les autorités de transition mises en place après le retrait des putschistes n’ont pu mettre fin à l’occupation et Ansar Dine, Aqmi et le Mujao ont renforcé leur emprise sur le terrain et mis en déroute le MNLA, qui avait lancé avec eux à la mi-janvier une offensive contre l’armée malienne dans le Nord.

D’après plusieurs ONG locales et internationales, de nombreuses exactions sont, depuis, commises dans cette région aride où l’administration centrale a disparu, de même que l’armée, humiliée, démoralisée et sous-équipée.

Jeuneafrique.com

Mali: les pays voisins veulent en finir avec l’impuissance du pouvoir à Bamako

juillet 3, 2012
Mali: les pays voisins veulent en finir avec l'impuissance du pouvoir à Bamako Mali: les pays voisins veulent en finir avec l’impuissance du pouvoir à Bamako © AFP

Les voisins ouest-africains du Mali veulent renforcer les autorités de transition à Bamako, impuissantes face aux activités des groupes islamistes armés qui contrôlent le nord du pays où ils commettent de nombreuses exactions, dont la destruction de sites religieux à Tombouctou.

Depuis un coup d’Etat qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré, les autorités de transition mises en place après le retrait des militaires n’ont pas pu empêcher la fulgurante progression dans le Nord des groupes islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Ces groupes, Ansar Dine (Défenseur de l’islam) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), contrôlent désormais avec Aqmi les trois grandes agglomérations et régions administratives formant le vaste Nord: Tombouctou (nord-ouest), Gao (nord-est) et Kidal (extrême nord-est).

Ils en ont évincé la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui avait lancé avec eux l’offensive dans le Nord en janvier.

De nombreuses exactions sont, depuis, commises dans cette région aride où l’administration centrale a disparu, de même que l’armée, humiliée, démoralisée et sous-équipée.

La destruction par Ansar Dine ces trois derniers jours de sept des seize mausolées de saints musulmans et de la porte sacrée d’une mosquée du XVème siècle à Tombouctou, ancien centre culturel et intellectuel d’Afrique sahélienne, ont choqué au Mali et dans le monde.

L’Unesco, qui a classé Tombouctou au patrimoine mondial, a « vigoureusement » condamné mardi la destruction de ces sites historiques musulmans, appelant à mettre fin à ces « actes répugnants ».

Mais rien ne semble pouvoir mettre un terme à la suprématie islamiste et, face à l’impuissance de Bamako, les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) organiseront samedi un « mini-sommet » à Ouagadougou, avec des représentants du Mali, pour arriver à y former un gouvernement fort.

« Gouvernement de large consensus »

« Il nous faut envisager d’aller vers un gouvernement de large consensus, un gouvernement d’union nationale qui sera à même de mieux gérer les défis que connaît le Mali », a déclaré lundi le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, dont le pays assure une médiation dans la crise malienne.

« Nous voulons que les Maliens organisent une espèce d’union sacrée autour des grands objectifs à atteindre », en particulier « la gestion de la crise du Nord », a-t-il ajouté.

La Cédéao est disposée à envoyer une force militaire au Mali, mais attend pour cela un feu vert des autorités maliennes et de l’ONU.

« Un gouvernement d’union nationale aura la légitimité pour demander l’intervention des troupes africaines au Nord. On ne peut pas résoudre le problème du Nord si on ne résout pas d’abord le problème de Bamako », a déclaré à l’AFP à Paris le président guinéen Alpha Condé.

Il a cependant exclu que les Africains fassent « la guerre » aux rebelles touareg du MNLA, indépendantistes et laïcs, souvent considérés comme un rempart face aux islamistes qui veulent imposer la charia (loi islamique) à tout le Mali.

A Alger, le ministre malien des Affaires étrangères, Sadio Lamine Sow, a déclaré à l’AFP que son pays fera « tout pour récupérer (son) territoire ». Il a reconnu que le commandement de l’armée avait été « perturbé », mais, a-t-il affirmé, « c’est une armée qui se remet debout et qui fera son devoir. L’armée se prépare ».

Les islamistes se préparent eux aussi à une éventuelle intervention ouest-africaine et ont miné les alentours de Gao pour l’empêcher, ainsi qu’une contre-offensive de la rébellion touareg éjectée de la ville le 27 juin après de violents combats avec les membres du Mujao qui ont fait au moins 35 morts.

« Oui, nous avons posé des engins militaires qui défendent la ville d’attaques. Notre ennemi, c’est aussi tous les pays qui vont envoyer des combattants ici », a déclaré à l’AFP Abou Walid Sahraoui, un porte-parole du Mujao, joint à Gao.

Il a dans le même temps annoncé qu’en signe de bonne volonté, son groupe avait libéré 25 rebelles touareg faits prisonniers pendant les combats de Gao.

A Tombouctou, les destructions de mausolées ou de mosquées n’avaient pas repris mardi matin. Les membres d’Ansar Dine sont passés sur des marchés pour demander aux commerçants de ne pas augmenter les prix des denrées de base.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : une nouvelle donne régionale après l’échec de la rébellion touarègue du MNLA

juillet 1, 2012

Aussi fulgurante que son ascension, la défaite de la rébellion touareg du MNLA au Nord-Mali témoigne de son incapacité à s’ancrer sur un territoire labouré par des islamistes motivés: une nouvelle donne qui, pour les experts, rend très risquée une intervention militaire.

Né fin 2011, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) était pourtant considéré comme le grand bénéficiaire du coup d’Etat militaire du 22 mars contre le régime d’Amadou Toumani Touré. Il se présentait lui-même comme un « rempart » contre Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi), cherchant à s’attirer les sympathies d’un Occident inquiet face à la menace terroriste. Comment ce mouvement d’enfants du pays, héritiers d’une longue tradition de luttes indépendantistes, a-t-il pu être chassé de ses terres en quelques mois, jusqu’à la déroute cinglante de jeudi avec la chute de son quartier général de Gao

Le chercheur Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains (Cémaf) à Paris, avance plusieurs explications, dont « l’existence de courants antagonistes au sein du MNLA » et l’incapacité des touareg à fédérer « l’ensemble des populations du nord, notamment les arabes et les songhaï ». « La crise en Libye, qui a fourni hommes et armes aux factions armées du Nord-Mali (MNLA comme islamistes), a précipité le déclenchement de la rébellion sans que le projet du MNLA pour un Etat indépendant au Nord soit très abouti », ajoute-t-il.

Pour l’islamologue Mathieu Guidère, les combattants du MNLA « se sont démobilisés après la prise des grandes villes » alors que les islamistes locaux d’Ansar Dine, commandés par le charismatique leader touareg Iyad Ag Ghaly, « ont labouré le terrain, restauré l’ordre dans les villes, rassuré les commerçants ». Et Ansar Dine, relèvent les chercheurs, a continué « à revevoir un soutien logistique et financier », notamment de personnalités en Arabie Saoudite et en Algérie, alors que le MNLA s’isolait par sa déclaration unilatérale d’indépendance de l’Azawad.

« Les islamistes du Nord-Mali ont reconnu Iyad Ag Ghaly comme le maître du territoire »

La situation est aujourd’hui « plus claire au nord qu’au sud du Mali. Le Nord est clairement contrôlé par des islamistes, avec un groupe dominant qui est Ansar Dine », affirme Mathieu Guidère. « Avec Aqmi et Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, groupe dissident d’Aqmi), ils se sont mis d’accord il y a deux mois sur une plateforme commune, pour l’instauration d’un Etat islamique au Nord-Mali », dit-il.

L’islamologue explique que les liens hierarchiques entre eux sont très codifiés: « les islamistes du Nord-Mali ont reconnu Iyad Ag Ghaly comme le maître du territoire. Ce qui signifie que les responsables d’Aqmi comme Mokhtar Belmokhtar ou Abou Zeid ont fait allégeance à Ghaly ». Pour le spécialiste des mouvements islamistes Dominique Thomas, de l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales (EHESS), « Aqmi a effectivement trouvé un sanctuaire dans la zone controlée par Ansar Dine ». Mais il souligne que les membres d’Aqmi « sont eux-mêmes implantés depuis des années, ont noué des liens avec les habitants à travers leurs trafics et des mariages ».

Nouvelle donne

Face à cette « nouvelle donne », la communauté internationale est hésitante. Réunis vendredi à Yamoussoukro, les dirigeants d’Afrique de l’Ouest ont à nouveau exhorté le conseil de sécurité de l’ONU à autoriser l’envoi d’une force au Mali. Mais ils ont aussi réitéré leur préférence pour la négociation. Les Etats-Unis, qui emboitent généralement le pas à la France sur ce dossier, ont aussitôt mis en garde contre une « entreprise très lourde ». A Paris, on attend des Etats africains qu’ils définissent clairement le cadre et les objectifs d’une telle intervention.

Les experts relèvent aussi les divisions régionales, l’Algérie étant tradionnellement très hostile à toute intervention, contrairement au Nigeria ou à la Côte d’Ivoire, et jugent qu’une intervention militaire est très risquée. Elle serait vécue au Nord « comme une occupation par des troupes étrangères » et au Sud comme « une sorte de mise sous tutelle », relève Mathieu Guidère. « Si Ansar Dine est vaincu, les islamistes vont rejoindre Aqmi. Cela ne fera que gonfler les rangs d’Aqmi de façon terrifiante », estime-t-il. Reste aussi « une inconnue », pour Pierre Boilley: « la capacité ou pas du MNLA de préparer une contre-offensive ».

Jeuneafrique.com

Nord-Mali : combats à l’arme lourde entre Touaregs et islamistes à Gao

juin 27, 2012

Le mercredi 27 juin à Gao, des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) se sont affrontés avec des islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Le QG des rebelles touaregs aurait été pris par les combattants islamistes.

Cette fois, il ne s’agit pas de simples accrochages. D’après plusieurs témoins, des affrontements armés avaient lieu mercredi 27 juin à Gao (nord-est du Mali) entre des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et des islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Selon plusieurs témoins, le gouvernorat de la ville, qui servait de quartier-général à la rébellion touarègue, a été pris par les islamistes après plusieurs heures de combats qui ont fait des victimes parmi les combattants touaregs. « Les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) sont entrés à l’intérieur du gouvernorat. Les combattants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rebellion touareg) ont fui, d’autres ont été tués, d’autres arrêtés », a déclaré un responsable de la station-service qui jouxte le gouvernorat.

De son côté, l’agence Reuters affirme que vingt personnes ont été tuées lors de ces affrontements.

« On a peur »

« On entend des coups de feu, les combattants du Mujao et du MNLA se tirent dessus, on a peur », a pour sa part indiqué Nina Oumarou, soeur d’un élu de la ville abattu lundi soir par des hommes armés. Selon elle, un groupe de combattants du Mujao s’est dirigé vers un camp de la ville tenu par les combattants du MNLA, dans le quartier du Château d’eau.

Ces combats armés entre rebelles touaregs et islamistes surviennent au lendemain de violentes manifestations à Gao. De nombreux habitants ont défilé dans les rues de la ville, indignés par l’assassinat lundi du conseiller municipal Idrissa Oumarou, enseignant et membre du parti du président malien de transition, Dioncounda Traoré.

Des hommes en armes ont tiré sur des centaines de manifestants, faisant au moins un mort et une dizaine de blessés. Des témoins avaient accusé le MNLA d’avoir ouvert le feu sur la foule, ce que le mouvement touareg a catégoriquement démenti, parlant d’une manipulation du Mujao.

Vive tension

« Le MNLA condamne fermement la mort de l’élu et condamne aussi fermement, quels qu’en soient les auteurs, ceux qui ont tiré sur la foule qui manifestait son mécontentement ce matin à Gao », a déclaré à Ouagadougou un responsable du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh.

Le Mujao, considéré comme un mouvement dissident d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a annoncé l’arrestation de deux personnes accusées d’avoir tué Idrissa Oumarou, sans préciser s’ils étaient membres du MNLA ou non.

Depuis bientôt trois mois, les villes et régions administratives du nord du Mali – Tombouctou, Kidal et Gao – sont occupées par différents groupes armés. Parmi figurent des islamistes, tels que le Mujao, Ansar Eddine (Défenseurs de l’islam), et Aqmi, ainsi que les rebelles touaregs du MNLA.

La tension est vive entre le MNLA, mouvement laïque qui a déclaré unilatéralement l’indépendance du nord du Mali, et les islamistes dont l’objectif n’est pas l’indépendance du Nord, mais l’application de la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

Jeuneafrique.com