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Angola : l’étrange disparition de José Eduardo Dos Santos

août 9, 2013

Mais où est donc passé le président angolais José Eduardo Dos Santos ? C’est la question qui a agité la classe politique angolaise pendant un mois et demi. Quarante-cinq jours exactement durant lesquels le chef de l’État était officiellement en « visite privée » à Barcelone, en Espagne. Six semaines, surtout, qui ont soulevé d’épineuses questions sur son éventuelle succession.

Le chef de l’État angolais, José Eduardo Dos Santos, n’avait jamais été absent de son pays aussi longtemps. En « visite privée », vraisemblablement pour raisons de santé, à Barcelone depuis le 26 juin, le chef de l’État n’est reparti d’Espagne que le 8 août. Selon l’agence de presse angolaise et des sites d’information espagnols, il s’est envolé pour rejoindre Luanda, puis décollera pour Malabo, en Guinée équatoriale, vendredi 9 août, à la veille du troisième sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernements de la Commission du Golfe de Guinée.

Mais, pendant quarante-cinq jours, le silence a été de mise. « Nous savons qu’il est en Espagne pour des raisons de santé et nous espérons qu’il ira mieux », déclarait ainsi Raul Danda, député du parti d’opposition Unita à l’Africa Review, le 7 août, « mais pendant des semaines, nous n’avons rien su parce qu’il y a une culture du silence au sujet de sa santé. »

>> Lire aussi : Marcolino Moco : « Dos Santos doit partir »

« Trouver un leader pour me remplacer »

Le silence était d’autant plus pesant que José Eduardo Dos Santos, 70 ans, avait évoqué sa succession le 3 juin dernier. « La première chose à faire sera de trouver un leader pour me remplacer à la tête de mon parti, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) », avait déclaré le chef d’Etat angolais lors d’une interview accordée à la chaîne portugaise Sic.

Selon la constitution de 2010, c’est le vice-président Manuel Vicente qui, en son absence, assure l’intérim du pouvoir, jusqu’à, si l’absence se révélait « définitive », la tenue d’un nouveau scrutin général. À la suite de ce dernier, c’est le chef du parti ayant remporté le plus de sièges lors des élections qui accèderait automatiquement à la présidence.

C’est donc au sein de l’Assemblée que de nombreuses questions se sont posées quant à son possible successeur. Le vice-président, Manuel Vicente, s’il a tenu les rênes du pays en l’absence de Dos Santos, ne recueille pas les faveurs de bon nombre d’hommes forts du parti présidentiel, le MPLA. L’actuel numéro deux de l’État est en effet perçu comme trop proche des milieux d’affaires, en tant qu’ancien dirigeant de la compagnie pétrolière nationale, la Sonacol.

Préparer la suite

Selon The Economist, des observateurs à Luanda ont même évoqué l’idée que la visite privée de Dos Santos à Barcelone serait plus politique que clinique. L’actuel chef de l’État chercherait selon eux à tester son vice-président auprès de la classe politique nationale et voudrait lui permettre de fourbir ses armes en vue de sa succession. Manuel Vicente est ainsi publiquement apparu plusieurs fois à la télévision nationale, renforçant une image publique jusque-là peu visible.

Toujours selon The Economist, certains s’interrogeraient quant à eux sur les capacités du fils du président, José Filomeno Dos Santos, nommé récemment, à 35 ans, à la tête du fonds souverains angolais gérant quelque 5 milliards de dollars. Ce dernier semble toutefois trop peu implanté dans le parti présidentiel pour envisager à court terme de succéder à son père.

Qu’il l’ait prémédité ou non, José Eduardo Dos Santos, en s’absentant ces six dernières semaines, a provoqué les discussions au sujet de sa succession. Au pouvoir depuis 1979, il est cependant encore, à l’heure actuelle, et à la veille de sa réapparition publique à Maputo, l’un des chefs d’État africains à la longévité la plus importante, avec l’Équato-Guinéen Téodoro Obiang et le Zimbabwéen Robert Mugabe.

Jeuneafrique.com par Mathieu OLIVIER

Angola : la succession de M. Dos Santos doit être décidée par son parti, selon lui

juin 6, 2013

LISBONNE – Le président angolais Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis plus de 33 ans, a affirmé que sa succession devait être décidée par son parti qui doit d’abord trouver un dirigeant pour le remplacer, dans un entretien diffusé jeudi soir à la télévision portugaise.

La première chose à faire sera de trouver un leader pour me remplacer à la tête de mon parti, le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), a déclaré le chef d’Etat angolais lors d’une rare interview accordée lundi à Luanda à un journaliste de la chaîne de télévision Sic.

José Eduardo dos Santos a été investi en septembre dernier président de l’Angola, pour un mandat de cinq ans, à la suite des élections du 31 août que son parti a largement remportées.

Selon la Constitution angolaise, modifiée en 2010, le chef du parti vainqueur des élections législatives devient automatiquement le président de la République.

Sa longévité au pouvoir est uniquement dépassée en Afrique par celle du dirigeant de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema.

Nous sommes un pays démocratique. Nous avons plusieurs partis. Lors d’élections il y a plusieurs candidats, a-t-il souligné.

Il confie qu’il réfléchit à son avenir après la présidence. Quand il quittera les plus hautes fonctions de l’Etat, José Eduardo dos Santos, qui admire l’ancien président brésilien Lula pour sa fidélité à ses principes d’égalité, aimerait qu’on se souvienne de lui comme un bon patriote.

Normalement les ex-présidents écrivent leurs mémoires. Je ne sais pas encore si c’est que je ferai. Mais j’ai une fondation, la Fondation Eduardo Santos, très active sur le plan social. J’aime aussi le sport … Je pourrais travailler dans plusieurs domaines, a-t-il dit.

Interrogé sur les mouvements de contestation qui ont récemment appelé à un véritable changement politique et à davantage de liberté en Angola, une ancienne colonie portugaise, M. Dos Santos a répondu que ce sont des phénomènes très localisés.

Quand des jeunes se réunissent à Luanda pour manifester, ils dépassent rarement les 300 personnes, a-t-il indiqué.

Après le printemps arabe, on a essayé d’inciter les jeunes à manifester, mais en réalité cela n’a pas pris (…) Nous n’avons d’après moi aucun risque d’instabilité sociale, a-t-il estimé.

Alors que l’Angola, pays riche en pétrole avec des indices de pauvreté élevés, est régulièrement épinglée pour ses problèmes de corruption, le président affirme que son gouvernement fait des efforts pour réduire ce phénomène.

Je ne sais pas si un jour nous viendrons à bout de ce phénomène. C’est l’un des plus anciens du monde, a-t-il observé.

Sur le plan économique, le président a relevé que l’un de ses défis était de poursuivre dans une voie de forte croissance, au-dessus de 7% par an et atteindre le niveau des pays émergents afin d’opérer ensuite une meilleure redistribution des richesses.

Face à la crise qui frappe les pays européens, l’Angola est devenue l’une des destinations de choix de nombreux jeunes européens, en particulier des Portugais.

Les jeunes sont bienvenus. Nous manquons de personnes qualifiées. (…) Il y a une forte demande, a dit M. Dos Santos.

Romandie.com avec (©AFP / 07 juin 2013 00h50)

Angola: l’Unita porte plainte contre des proches du président pour trahison

mars 27, 2013
Angola: l'Unita porte plainte contre des proches du président pour trahison Angola: l’Unita porte plainte contre des proches du président pour trahison © AFP

Le principal parti d’opposition angolais, l’Unita, a déposé une plainte mercredi pour haute trahison contre des proches du président José Eduardo dos Santos, alors que la justice a rejeté une plainte similaire visant le président lui-même.

La plainte de l’Unita vise sept personnalités proches du président angolais, dont le général Manuel Helder Viera Dias « Kopelipa », ministre d’Etat et chef de la Maison militaire du président, Bornito de Sousa, le ministre de l’Administration, et des militaires des forces armées angolaises.

Ils sont accusés par l’Unita d’avoir participé à des manipulations dans l’organisation des élections de 2008 et 2012, dont la falsification des registres, actes et résultats électoraux.

 » Ces personnes ont créé et intégré une structure paramilitaire clandestine dont la mission était de saboter le travail de la commission nationale électorale pour organiser la fraude et contrôler les résultats « , a affirmé Vitorino Nhani, le secrétaire général du principal parti d’opposition.

La plainte de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) met aussi en cause, comme co-auteurs des crimes dénoncés, des administrateurs de l’entreprise portugaise Sinfic, spécialisée dans les systèmes et technologies d’information, et des membres du ministère chinois de la Sécurité Publique travaillant également dans ce domaine.

Cette action judiciaire fait suite à une première plainte, aux chefs d’accusation similaires, déposée par l’Unita le 11 mars dernier, visant le président angolais et qui avait provoqué une vive condamnation du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA).

Concernant cette première plainte, la justice angolaise a annoncé mercredi qu’elle la rejetait, expliquant que, selon la Constitution, seule l’Assemblée nationale est compétente pour porter ce type d’accusation.

 » Cette décision de rejet et de classement s’applique par extension à l’ensemble des personnes mises en cause dans la plainte en vertu du principe de l’unité de la procédure pénale et de la hiérarchie des normes « , a indiqué le procureur général de la République, João Maria Moreira de Sousa, dans une décision citée par Angop, l’agence de presse angolaise.

A propos de la seconde plainte, « nous allons attendre la réponse de la justice angolaise mais, si elle n’est pas satisfaisante, nous pourrions recourir à d’autres instances « , a déclaré le secrétaire général de l’Unita, faisant allusion à des tribunaux internationaux.

 » Notre objectif est que la justice fasse son travail et que l’Angola en finisse définitivement avec le mensonge, la manipulation, l’impunité, la corruption et les crimes « , a souligné M. Nhani.

Les deux scrutins mis en cause par l’Unita ont été validés par la communauté internationale et se sont soldés par la large victoire du parti au pouvoir, le MPLA de M. dos Santos, à la tête du pays depuis 33 ans.

Lors du dernier scrutin, en août 2012, le MPLA a obtenu 71,84 % des voix contre 18,6 % à l’Unita et 6% au nouveau parti Casa.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition

mai 20, 2012
Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition © AFP

L’accord de principe entre l’Afrique de l’Ouest et les putschistes du 22 mars au Mali pour le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition suscitait dimanche une joie mesurée dans les camps des opposants et partisans du putsch à Bamako.

« C’est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant, il faut avoir une feuille de route très claire pour éviter des couacs », a déclaré à l’AFP Soumaïla Diakité, responsable d’un des partis du Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch).

Samedi soir, l’ex-junte militaire ayant renversé le régime du président Amadou Toumani Touré et des médiateurs dépêchés à Bamako par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont annoncé avoir trouvé un accord de principe, selon lequel l’ex-junte accepte le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition au Mali, en pleine crise depuis le putsch.

Les deux parties ont indiqué qu’elles poursuivraient les discussions pour définir des « mesures d’accompagnement », sans plus de détails.

« Il y a accord de principe sur le nom du président de transition, mais il y a tout le reste toujours en discussions », a affirmé à l’AFP Mahamane Maïga, responsable d’un des partis du Mouvement populaire du 22 mars (MP22, front favorable au putsch). « Le processus n’est pas terminé », il faut en attendre l’issue pour être fixé », a-t-il ajouté.

Les médiateurs de la Cédéao poursuivaient dimanche leurs discussions sur la question. Samedi soir, l’un d’entre deux, le ministre burkinabè des Affaires étrangères Djibrill Bassolé, a indiqué qu’ils resteraient à Bamako « le temps nécessaire ».

Les auteurs du coup d’Etat du 22 mars sont restés jusque-là incontournables, bien qu’ils aient officiellement rendu le pouvoir aux civils en vertu d’un accord-cadre conclu avec la Cédéao le 6 avril.

Ils entendaient faire partir Dioncounda Traoré dès mardi prochain, au terme du délai constitutionnel de 40 jours pourtant déclaré intenable dans l’accord-cadre. La Cédéao avait au départ prévu une transition d’un an, mais aucune précision sur la durée du processus n’a été donnée samedi à Bamako et à Abidjan, où s’est tenu une réunion de ministres ouest-africains notamment sur la crise au Mali.

Jeuneafrique.com  avec AFP

Mali: pro et anti-putsch désapprouvent le nouveau gouvernement

avril 25, 2012

Opposants et partisans du coup d’Etat militaire du 22 mars qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali ont désapprouvé mercredi le gouvernement du Premier ministre malien de transition Cheick Modibo Diarra.

« Ce gouvernement a été formé en violation flagrante de l’accord-cadre » signé par les putschistes et la médiation des pays d’Afrique de l’Ouest, qui prévoit la mise en place d’un « gouvernement d’union nationale composé de personnalités consensuelles », déclare le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch) dans un communiqué.

Le front favorable au coup d’Etat militaire, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), estime pour sa part que « ce n’est aucunement le gouvernement d’union nationale tel qu’appelé » par l’accord-cadre du 6 avril.

« Le MP22 constate que ce gouvernement fait de larges places à des Maliens, certes, mais des hommes plus engagés auprès de chefs d’Etat étrangers et des institutions régionales et internationales que dans la vie politique malienne ».

Sadio Lamine Sow, seul ministre d’Etat, chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, est ainsi proche du président du Burkina Faso Blaise Compaoré dont il était jusqu’ici un des conseillers spéciaux à Ouagadougou.

M. Diarra a formé mercredi un gouvernement composé en grande partie de techniciens et de militaires, qui aura la difficile mission de tenter de ramener la paix dans le Nord du pays occupé par des groupes armés.

Le FDR affirme qu’à « aucun moment », il n’a été « associé à la formation » d’un cabinet qui « n’a rien de consensuel; il n’est pas un gouvernement d’union nationale ». Ces opposants regrettent notamment que « les militaires y occupent des postes clés au moment où l’accent est mis sur le retour effectif de l’armée dans les casernes ».

« Le FDR n’entravera pas l’action du gouvernement, mais il sera particulièrement vigilant », sur « la défense de la Constitution » et des libertés et « l’organisation d’élections régulières et transparentes dans des délais raisonnables ».

Selon lui, les nouveaux ministres seront jugés sur pièces « notamment au regard des missions fondamentales et brûlantes de l’heure » dont « la défense de l’intégrité du territoire national », « l’assistance aux populations des régions nord du Mali », sous contrôle depuis fin mars-début avril de divers groupes armés, dont des rebelles touareg, des islamistes et bandes criminelles.

Le MP22 affirme de son côté que « ce gouvernement ne peut nullement incarner le changement auquel aspirent fondamentalement les populations maliennes » et n’est pas en mesure de faire face « à l’occupation d’une partie » du territoire.

Il appelle « les forces vives à s’assumer et à se rassembler dans les meilleurs délais au sein d’une Convention pour la transition vers le changement ».

Lors d’un point de presse à Kati, près de Bamako, le chef des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a assuré qu’il veillerait « personnellement » à ce que l’accord signé avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) « soit respecté dans son intégralité ». Il a mis en garde « tous ceux qui seront tentés d’entraver son exécution ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Soudans: Béchir menace de renverser le gouvernement sud-soudanais

avril 18, 2012

Le président soudanais Omar el-Béchir a menacé mercredi de renverser le gouvernement du Soudan du Sud, alors que s’accentuent les pressions internationales pour décourager les deux voisins de se lancer dans une guerre ouverte après l’invasion par le Sud d’une zone pétrolifère.

« Notre principal objectif à partir d’aujourd’hui est de libérer les citoyens du Soudan du Sud du SPLM », a déclaré au siège de son parti M. Béchir, en référence au Mouvement populaire de libération du Soudan au pouvoir à Juba depuis la partition du pays en juillet 2011.

« Nous le considérons comme un insecte (. . . ) cherchant à détruire le Soudan et notre principal but désormais est d’éliminer complètement cet insecte », a-t-il ajouté.

Il s’exprimait à l’occasion d’un meeting de soutien aux troupes soudanaises qui tentent de reconquérir la zone frontalière de Heglig, où se trouve le principal champ pétrolier du pays, tombée aux mains du Soudan du Sud il y a une semaine.

« Il y a deux options: soit nous finissons à Juba, soit ils finissent à Khartoum. Nous ne pouvons cohabiter au sein des anciennes frontières » du Soudan unifié, a-t-il déclaré, prédisant une victoire rapide.

« Nous ne nous arrêterons pas à Heglig. Nous nous arrêterons à Juba », capitale du Soudan du Sud, a clamé le président soudanais devant 3. 000 jeunes, certains en treillis, reprenant des chants martiaux.

Un peu plus tôt, Omar Dahab, le chef de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères soudanais, avait indiqué que son pays allait reconquérir « de gré ou de force » la région de Heglig, considérée par la communauté internationale comme étant située en territoire soudanais, ce que Juba conteste.

L’armée soudanaise avait annoncé vendredi avoir lancé une contre-attaque pour reprendre Heglig, malgré les appels internationaux à la retenue.

L’armée a affirmé samedi que ses forces se trouvaient à quelques kilomètres de la ville d’Heglig, mais n’a plus diffusé d’information concrète sur la situation sur le terrain depuis.

Les heurts dans cette région ont éclaté en mars et dégénéré, avec une série de bombardements aériens sur le Sud et la prise de la zone pétrolifère par les forces sud-soudanaises, aidées selon Khartoum par des groupes rebelles du Darfour.

La communauté internationale, notamment les Nations unies, les Etats-Unis et l’Union européenne, ont critiqué l’occupation de Heglig et dénoncé dans le même temps les raids aériens de Khartoum contre son voisin.

Il y a de fortes craintes que ces combats, les plus violents entre les deux voisins depuis l’indépendance du Soudan du Sud en juillet à l’issue de deux décennies de guerre civile, ne fassent tache d’huile.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a évoqué mardi l’éventualité de sanctions contre le Soudan et le Soudan du Sud pour les convaincre de sortir de leur « logique de guerre », selon des diplomates.

Selon l’ambassadrice américaine Susan Rice, les 15 pays membres du Conseil ont de nouveau demandé que les troupes du Soudan du Sud se retirent de Heglig et que le Soudan cesse ses bombardements aériens.

Les éventuelles sanctions sont « injustes » car elles devraient « logiquement viser l’agresseur » (Juba, NDLR), a indiqué M. Dahab, estimant que le devoir des Nations unies était « de mettre fin à l’occupation par le Soudan du Sud de territoire appartenant à un Etat indépendant et souverain ».

L’Union africaine a pour sa part demandé aux deux forces en présence de quitter la région contestée, appelant « les deux pays à prendre des mesures immédiates pour réduire les tensions, et à agir de manière responsable dans un esprit de coopération ».

L’émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman, était attendu à Khartoum jeudi, après avoir déjà rencontré le président sud-soudanais Salva Kiir à Juba, pour tenter d’apaiser les tensions.

Jeuneafrique.com avec AFP

Angola : un fantôme nommé Savimbi

février 21, 2012

Dix ans après sa mort, le 22 février 2002, le souvenir du chef  de l’Unita Jonas Savimbi, orgueilleux et brutal, hante toujours la scène  politique angolaise.

« Primeiro os Angolanos » (« Les Angolais d’abord »), scandait Jonas Savimbi à la fin de  ses grands discours. Aujourd’hui, le slogan est devenu sonnerie. À Luanda,  beaucoup de jeunes ont mis la voix du fondateur de l’Union nationale pour  l’indépendance totale de l’Angola (Unita) dans leur téléphone portable. Dix ans  après sa mort, Savimbi est tendance.

Que reste-t-il de lui ? Pas que des bons souvenirs. Savimbi était un  guerrier. Entre 1975 – année de l’indépendance – et 2002, la guerre  civile a causé la mort de près de 1 million de personnes. L’Unita est  coupable, au même titre que le parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la  libération de l’Angola (MPLA). Les contraintes de la guerre ? Sans doute. Mais  le chef rebelle était d’une grande brutalité, y compris avec les siens.  Plusieurs de ses compagnons ont été mis à mort pour rien. Pour de simples  soupçons.

Savimbi était d’un orgueil démesuré. Comme le rappelle son dernier biographe  portugais, Emídio Fernando, « ce n’est qu’en 1966, quand il a compris qu’il  ne serait jamais numéro un du MPLA, qu’il a créé l’Unita ». Il est vrai que  sa communauté des Ovimbundus était marginalisée par les élites métisses du MPLA.  Puis, de purge en purge, le chef a installé autour de lui un culte de la  personnalité. Façon Staline ou Mao. Entre 1964 et 1966, le jeune  Savimbi a longuement séjourné en Chine. Épisode peu connu, épisode  formateur.

Mort les armes à la main

Mais Savimbi était aussi un farouche nationaliste. Et un homme courageux : le 22 février 2002, il est mort les armes à la main. On  sait moins que c’était un bon gestionnaire. « Dans les vastes territoires  sous contrôle de l’Unita, il y avait partout écoles et dispensaires. En fait,  c’était un homme de gauche », témoigne le reporter français Yves Loiseau. « L’Angolais d’aujourd’hui se souvient de l’aversion de Jonas à l’égard des  corrompus et il fait le parallèle avec le régime actuel », affirme Paulo  Lukamba Gato, l’un des successeurs de Savimbi à la tête de l’Unita. « À  l’époque, quand il y avait une coupure d’eau ou d’électricité à Luanda, le MPLA  pouvait dire que c’était de la faute de l’Unita. Mais en 2012… »

Savimbi a-t-il été un pion des Américains qui n’a pas compris, à la fin de la  guerre froide, que ses mentors avaient plus besoin du pétrole du MPLA que de ses  diamants ? Pas si simple. « Dès les premiers mois de 1992, Savimbi a senti  que le président Bush le lâchait et m’a demandé de le mettre en contact avec  Mitterrand, ce que j’ai fait », confie Paulo Lukamba Gato. Le chef rebelle  a cru qu’il pourrait tenir malgré les sanctions de l’ONU et la chute de Mobutu,  son voisin congolais et allié… Il s’est trompé. Sans doute encore cet orgueil  démesuré.

« C’est le de Gaulle africain »

Que reste-t-il ? Un tribun d’exception, qui s’exprimait dans toutes les  langues de son pays. Un homme de grande culture qui, les derniers jours de sa  vie, citait Churchill ou Mao. À la fois un Africain enraciné dans sa terre et  une figure avant l’heure des « élites mondialisées » – il parlait  l’anglais et le français couramment. « C’est le de Gaulle africain », disait un chef des services secrets français, Alexandre de Marenches. Surtout,  il reste un parti, qui a survécu à son créateur. Avec 16 sièges sur 220 à  l’Assemblée, il représente la deuxième force politique du pays. « Aujourd’hui, dans l’opposition, l’Unita est la seule alternative au  MPLA », remarque Paulo Lukamba Gato. On en saura plus aux législatives de  septembre prochain. Depuis dix ans, la famille du défunt réclame le transfert de  son corps dans son village natal de la province du Bié. Le pouvoir refuse, de  peur que le site devienne un lieu de pèlerinage. Le fantôme de Savimbi est  toujours là.

Jeuneafrique.com par Christophe Boisbouvier

Soudan: 30.000 personnes déplacées par les violences au Kordofan-Sud

février 3, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlEnviron 30. 000 personnes ont fui les combats de ces derniers  mois dans l’état soudanais du Kordofan-Sud, a estimé vendredi l’ONU après que  des rebelles ont enlevé 29 ouvriers chinois dans cette région.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH) a  souligné que les tensions étaient toujours vives dans le nord-ouest de cet état,  autour de la localité d’Abbasiya.

« Les organisations humanitaires ont rapporté que les déplacements se  poursuivaient à la suite de l’augmentation des effectifs des forces armées  soudanaises dans la zone, des affrontements armés pouvant désormais éclater à  tout moment entre l’armée et (les rebelles) du SPLM-N », souligne le BCAH dans  son bulletin hebdomadaire.

Les Chinois ont été capturés il y a une semaine lors d’une attaque des  rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan  (SPLM-N) contre un convoi de l’armée soudanaise dans le nord-est du  Kordofan-Sud.

Le 28 janvier, « des organisations humanitaires ont rapporté que les forces du  SPLM-N avaient pris le contrôle de dix villages dans la zone d’Abbasiya ».

« Quelque 12. 000 personnes ont fui ces villages vers des zones au nord-ouest  de la localité d’Abbasiya », alors que 18. 000 autre — la casi-totalité de la  population d’Abbasiya — ont quitté cette localité.

Le Kordofan-Sud, dernier Etat pétrolier du Soudan depuis la sécession du  Soudan du Sud, est le théâtre depuis juin 2011 d’affrontements qui auraient fait  des centaines de morts entre l’armée soudanaise et les rebelles du SPLM-Nord.

Khartoum, évoquant des raisons de sécurité, refuse de laisser l’ONU et les  organisations humanitaires étrangères accéder à ces zones.

Pékin a dépêché une équipe de six membres au Soudan pour participer aux  efforts visant à obtenir la libération des captifs, qui travaillaient sur un  projet de construction d’une route.

L’équipe chinoise n’a pas encore pris contact avec les rebelles, a déclaré à  l’AFP Arnu Ngutulu Lodi, porte-parole du SPLM-N dans l’Etat du Kordofan-Sud,  précisant que les Chinois étaient bien traités.

Selon le BCAH, quelque 140. 000 réfugiés soudanais ont fui vers le Soudan du  Sud et l’Ethiopie depuis le début des combats au Kordofan-Sud (juin) et au Nil  Bleu (septembre).

Les combats font rage depuis l’été également au Nil Bleu, un autre Etat situé  sur la nouvelle frontière, le pouvoir de Khartoum cherchant à asseoir son  autorité alors qu’une partie de la population de ces régions a combattu au côté  des Sudistes pendant la guerre civile Nord/Sud (1983-2005).

La Chine est un partenaire économique et politique crucial pour Khartoum,  sous le coup de sanctions économiques américaines depuis 1997.  Elle est le  principal investisseur étranger dans le secteur pétrolier, le plus gros acheteur  de brut soudanais et un important fournisseur de matériel militaire.

Jeuneafrique.com  avec AFP