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Congo-Le 4 Mars 2012: le jour où un coup d’état contre Sassou était très facile

mars 4, 2022
 Le 4 Mars 2012: le jour où un coup d’état contre Sassou était très facile

Le 04 Mars 2012, tôt le matin l’explosion d’un dépôt de munitions de l’armée du régiment blindé à Mpila, à Brazzaville avait causé la mort officiellement de 282 citoyens et fait plusieurs blessés et surtout des sans abri suite à la destruction des maisons. Déboussolées, les autorités politiques ont cru au départ à un coup de force militaire contre Denis Sassou Nguesso qui a été mis en sécurité par sa garde. C’est aussi le jour où prendre le pouvoir était très facile à cause du KO qui a régné toute cette journée.

A Mpila, les habitants ont vu comment les éléments de la sécurité présidentielle internés dans le camp situé à proximité de la résidence privée présidentielle fuyaient se débarrassant même de leurs uniformes pour se confondre à la population. Tous étaient convaincus subir une attaque des proches du Général Adoua, révoltés par son empoisonnement imputé à Jean Dominique Okemba.

C’est un désordre total cette journée et tout le monde ne comprenait pas ce qui se passait réellement. Aux alentours du palais du peuple, d’autres éléments de la DGSP ont pris position aux alentours sur toutes les voies menant directement au palais présidentiel.

A Mpila Galienie, au domicile du Trésorier Payeur Général, Ngondo, trois véhicules de la garde républicaine sortaient des milliards du sous sol qui servait du Trésor Public parallèle pour les mettre à l’abri.

Alors que certains citoyens prenaient déjà les chemins menant à l’intérieur du pays, les victimes ne cessaient d’être acheminés vers les hôpitaux de la capitale dont le CHU, totalement débordés. C’est dans cet hôpital que Denis Sassou Nguesso va se présenter très discrètement avec une sécurité très réduite.

Face aux familles des victimes, le chef de l’État va faire profil bas, supportant toute leur colère et arrivant parfois à échanger avec elles demandant à sa garde de ne pas les intimider et de les laisser s’exprimer.

Après le départ du chef de l’État et son cortège de 4 véhicules, beaucoup ont compris que le pouvoir n’était pas une tentative de putsch. Sassou Nguesso était tellement vulnérable qu’un commando de 10 hommes allait le maîtriser sans difficulté.

En temps normal, la garde républicaine posterait des éléments autour du CHU et à toutes les entrées, mais le 4 mars, il n’y avait aucun militaire à l’entrée principale de cet hôpital, ni vers l’entrée de la morgue municipale. Denis Sassou Nguesso était livré à lui-même.

Quelques jours plus tard, après l’accalmie, toutes les personnes s’étant rapprochées de Denis Sassou Nguesso ont été interpellées et ont subi un interrogatoire musclé dans la caserne de la DGSP par les hommes de Guy Mpela. On leur a fait savoir qu’elles avaient dépassé les limites de sécurité établies par eux en étant en face du chef de l’État et surtout en échangeant avec lui sur un ton de colère.

Commémoration : le gouvernement honore les victimes du 4 mars

Comme de coutume, le gouvernement s’est souvenu le 4 mars de tous ceux qui reposent pour l’éternité au cimetière public du centre-ville de Brazzaville, suite aux explosions cette date là du camp militaire de Mpila en 2012.

Le ministre Josué Rodrigue Ngouonimba déposant la gerbe de fleurs

Pour cette énième fois, c’est le ministre en charge de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Josué Rodrigue Ngouonimba, qui a accompli le devoir de mémoire au nom du gouvernement. Ainsi, en présence du maire de la ville, Dieudonné Bantsimba, de plusieurs administrateurs maires et des autorités nationales, il a déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle érigée en mémoire des morts, au cimetière du centre-ville.

« C’est un jour inoubliable. Chacun de nous a perdu des parents. C’est un jour inédit, dix ans après, nous continuons de vivre ce souvenir, et je pense que comme nous, comme vous, tous les citoyens, nous sommes en pleine période de méditation », a souligné le ministre Josué Rodrigue Ngouonimba, après le dépôt de la gerbe de fleurs.

L’administrateur-maire de Talangaï s’est dit confiant de l’aboutissement du processus en ce qui concerne la prise en charge de certaines victimes. « L’Etat est conscient de ses responsabilités et les choses se font par palier, parce que vous connaissez la conjoncture économique et financière que traverse notre pays », a expliqué Privat Frédéric Ndeké. Il a indiqué que cela a toujours été un sentiment de douleur, parce que la République a perdu ses enfants de manière imprévisible à cause de ce drame. 

Plusieurs Brazzavillois ont fait aussi le déplacement du centre-ville pour rendre hommage à leurs parents inhumés sur ce site.

Lecongolais.fr avec Adiac-Congo par Guillaume Ondze

Brazzaville-Congo/Logements sociaux : une partie de la cité de Mpila envahie par des herbes

octobre 5, 2020

Le côté sud de la cité qui abrite des bâtiments de type R+1, R+2 et R+3 dans la cité moderne de Mpila se trouve à l’abandon. Il est menacé par une érosion alors que sa devanture transformée en dépotoir de détritus. Ces logements sociaux sont inhabités tandis que les travaux de la plupart d’immeubles ont été achevés depuis des années. 

La partie de la cité insalubre/Adiac

La construction de la cité du quartier Mpila, situé entre les arrondissements 5 Ouenzé et 6 Talangaï, à Brazzaville, s’inscrit dans le cadre d’un projet de logements sociaux lancé en 2009 par le gouvernement congolais. Un rapport de la Commission économique, financière et du contrôle de l’exécution du budget, publié le 31 mars 2019, a approuvé le niveau de réalisation à 100% de 264 logements sociaux. Jusqu’à ce jour, cette cité est inhabitée si bien que certains logements se trouvent envahis par des herbes, des murs fissurés. De même, le plafond de quelques logements est déjà en train de s’affaisser. L’insalubrité dans la cité du quartier Mpila  prend une allure de plus en plus iinquiétante.

Cette cité est construite en partie sur le site de l’ex-régiment blindé détruit pendant les explosions des dépôts de munitions le 4 mars 2012. Elle comporte deux blocs : le premier est constitué de 22 bâtiments de 4 étages, chacun, offrant 200 logements de type F4 (trois chambres, salon, salle à manger, cuisine et salle de bain), avec des officines de commerce au rez-de-chaussée, y compris les bâtiments réservés aux activités scolaires et socio-sanitaires, ainsi qu’aux installations techniques, c’est-à-dire électriques et d’adduction d’eau potable.

Le deuxième bloc, quant à lui, est composé de 48 bâtiments, dont 10 de type R+1, 26 bâtiments de type de R+2 et 12 bâtiments de type R+3. Ces logements sont  équipés d’accessoires modernes, notamment une station d’épuration des eaux, les voies et réseaux divers, ainsi que d’autres commodités propices à une vie urbaine décente.

Ces habitations ont coûté plusieurs dizaines de milliards FCFA, grâce à un prêt consenti auprès de la Chine et les travaux de construction ont été réalisés par des sociétés chinoises.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Congo: Après les explosions du 4 mars, les familles des victimes veulent ester l’État en justice

août 29, 2014

Des vies brisées par les explosions meurtrières de la poudrière de l’ex-camp militaire de Mpila, à Brazzaville! Près de deux ans et demi après, des familles entières sont toujours dans la précarité, en dépit des mesures urgentes prises par le gouvernement (allocations d’urgence, relogement des familles à Kintelé, reconstruction des maisons dans certains quartiers, etc).

Certaines promesses faites par le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, ne sont pas mises en œuvre par le gouvernement qui, cependant, semble avoir un agenda propre pour régler les conséquences de ce drame, en lançant un programme immobilier, objet d’une campagne de publicité dans les médias, sans concertation avec les comités des sinistrés. Face au mur d’incompréhension, le collectif des comités de suivi des propriétaires sinistrés appelle le gouvernement au dialogue. Autrement, il se réserve la possibilité de s’en remettre à la justice contre l’État congolais.

La décision du collectif des comités de suivi des propriétaires sinistrés des quartiers 54, 59, 61, 62 et 64 des arrondissements 5 Ouenzé et 6 Talangaï a été prise, lors d’une réunion extraordinaire de ses membres, le 22 août 2014, au quartier Mpila (Talangaï), sous le patronage de son président, Aimé Bokino, et comme secrétaire de séance, Jean-Baptiste Makabi. «Dans son mot de bienvenue, le président Aimé Bokino a circonscrit le contexte dans lequel se tient la présente séance. La non-tenue des promesses par le gouvernement de la République, et quelques rencontres infructueuses avec le ministre Jean-Jacques Bouya, nous ont poussés à nous retrouver, afin de faire le bilan de l’exécution des mesures prises par le président de la République», souligne le compte-rendu.

Concernant le bilan de l’exécution des mesures prises par le président de la République, à la suite du drame de Mpila, «le président de séance a rappelé les engagements pris par le président de la République, lors de son adresse sur l’Etat de la nation, le 13 août 2013, devant le parlement réuni en congrès, à savoir:
– la tenue d’un dialogue citoyen avec les propriétaires des parcelles, prélude à toute opération de reconstruction dans les zones du sinistre;
– le relogement des propriétaires des maisons détruites dans les logements sociaux de Mpila, en attendant qu’ils regagnent leurs habitations après la reconstruction;
– le dédommagement des opérateurs économiques ayant perdu leurs biens à usage commercial».

«Faisant le bilan, un an après le message sur l’Etat de la nation du président de la République, le 13 août 2013, devant le parlement réuni en congrès, les membres des bureaux des comités de suivi des deux arrondissements constatent, avec regret et amertume:
1- la non-tenue des engagements pris par le président de la République, par le gouvernement qui ne matérialise pas lesdits engagements;
2- la diffusion des spots publicitaires sur le prototype des maisons à construire (R+1, R+2 et R+3), avant la tenue des assemblées générales souhaitées par le ministre Bouya, le 3 juillet 2014, dans les locaux de la Délégation générale des grands travaux;
3- la non-affectation des entreprises dans les zones non reconstruites, tout en déplorant que la majorité des propriétaires sinistrés des deux arrondissements demeurent sans abris et exposés aux intempéries, depuis le 4 mars 2012;
4- la non-prise en compte des doléances contenues dans les cahiers des charges des comités de suivi.

Devant ce bilan négatif, les membres des bureaux des comités de suivi des deux arrondissements exigent du gouvernement:
– la tenue dans le délai d’un mois, du dialogue citoyen promis par le président de la République, condition sine qua non, avant la réalisation de tous travaux d’aménagement et de reconstruction dans la zone dite rouge.

Toutefois, le collectif des comités de suivi des deux arrondissements se réserve le droit d’ester en justice l’Etat congolais et d’informer l’opinion nationale et internationale, à travers les médias du calvaire qu’endurent les populations sinistrées».

Signalons que le rapport, signé par une quinzaine de participants, a été déposé auprès de plusieurs structures de l’Etat. Le collectif, qui s’en tient aux promesses du chef de l’Etat, espère que le gouvernement sera, enfin, réceptif à ses doléances et engagera le dialogue citoyen promis par le chef de l’Etat, pour une démarche consensuelle dans la réalisation des projets qui les concernent.

Jeuneafrique.com par Joël NSONI