Posts Tagged ‘mpla’

Angola: João Lourenço devient président du MPLA

septembre 9, 2018

 

Le président angolais João Lourenço en novembre 2017. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le chef de l’État angolais a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, samedi 8 septembre. Il succède au « camarade » José Eduardo dos Santos, qui aura régné sur le parti pendant trente-neuf ans.

Le chef de l’État angolais, João Lourenço (JLo), a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, qui s’est tenu samedi 8 septembre au centre de conférence de Belas, au sud de Luanda. Il est le troisième président de l’histoire de la formation créée en 1956, après Agostinho Neto et José Eduardo dos Santos (Zedù).

Cet événement, qualifié d’historique, permet au chef de l’État d’achever sa prise de pouvoir,, commencée il y a dix-huit mois, lorsqu’il a été officiellement désigné candidat du MPLA pour l’élection générale d’août 2017. Le parti était dirigé d’une main de fer par son prédécesseur depuis trente-neuf années.

Dos Santos ému et acclamé

L’ancien président a été largement honoré et généreusement acclamé par les centaines de « camarades » présents, tous habillés d’une chemise et d’une casquette aux couleurs du parti – rouge et noir.

« Nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle ère dans l’histoire du parti », a-t-il déclaré, d’une voix hésitante, visiblement ému pour son dernier discours. « Il n’existe aucune activité humaine exempte d’erreurs. J’assume celles que j’ai faites car on dit que l’on apprend de ses erreurs », a-t-il aussi reconnu.

La fin de son règne avait été très critiquée, jusque dans les rangs du MPLA. Accusé de népotisme, Zedù s’est résigné à annoncer la fin de sa carrière politique en 2016. Il avait alors indiqué vouloir « quitter la vie politique » en 2018, un an après l’élection générale.

Artisan de la paix et de la reconstruction

Après avoir envisagé de repousser d’un an son départ, dos Santos a finalement tenu parole, et ce dans un contexte difficile pour lui et sa famille : deux de ses enfants, Isabel et José Filomeno, sont aujourd’hui visés par des enquêtes judiciaires et la plupart de ses fidèles ont été écartés par JLo, investi à la tête du pays le 26 septembre 2017

Malgré tout, le « camarade président » demeure, aux yeux d’une partie des Angolais, l’artisan de la paix et de la reconstruction, celui qui a mis fin  à 27 années de guerre civile après la mort au combat, en 2002, de son ennemi Jonas Savimbi, le leader de l’Unita.

Avec la prise du parti, João Lourenço a désormais les mains libres pour écrire sa propre page de l’histoire angolaise.

Jeuneafgrique.com  par

Angola: « La présidence du MPLA reviendra à Lourenço cette année, après le départ de Dos Santos »

janvier 25, 2018

 

João Lourenço (au centre) en novembre 2017 à Abidjan. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Manuel Domingos Augusto, ministre angolais des Affaires étrangères répond à JA sur les questions de corruption, de diplomatie, de politique intérieure ou sur l’Union africaine, en marge du Sommet de l’Union africaine, qui se tient à Addis Abeba jusqu’au 29 janvier.

Corruption, diplomatie, politique intérieure, Union africaine… Le nouveau ministre des Affaires étrangères de João Lourenço, élu en août 2017 à la tête de l’Angola, répond à JA en marge du Sommet de l’Union africaine, qui se tient à Addis Abeba jusqu’au 29 janvier.

Jeune Afrique : Le thème 2018 de l’Union africaine (UA) est la lutte contre la corruption. João Lourenço s’est tout de suite fait remarquer sur ce point, en limogeant des membres de la famille de l’ancien président José Eduardo dos Santos

Manuel Domingos Augusto : C’est une heureuse coïncidence car la lutte contre la corruption est en effet une priorité du président Lourenço. Nous voulons être cohérent et pragmatique. Le président veut mobiliser toute la société angolaise dans ce combat et la législation sera bientôt renforcée.

Pourtant, l’Angola refuse d’extrader au Portugal son ancien vice-président Manuel Vicente, actuellement jugé à Lisbonne pour des faits de corruption

Pour nous il en va de la souveraineté nationale. On ne reconnaît pas le droit d’un pays étranger à juger un ressortissant angolais. De plus, il existe un accord judiciaire entre l’Angola et le Portugal qui prévoit un transfert du processus aux instances judiciaires angolaises. Mais leurs homologues portugais ont refusé, arguant qu’ils ne font pas confiance à l’efficacité de notre justice !

Il n’y a pas de problèmes dans nos relations bilatérales avec le Portugal

Entre deux pays qui entretiennent de bonnes relations, c’est au minimum étrange, sinon offensant. Notre constitution protège la justice, et elle ne permet pas non plus l’extradition d’un ressortissant angolais. Les Portugais insistent sur la séparation des pouvoirs chez eux, mais c’est le cas aussi chez nous !

La brouille diplomatique est donc entamée ?

João Lourenço et António Costa, le Premier ministre portugais, se sont rencontrés avant-hier à Davos, il n’y a pas de problèmes dans nos relations bilatérales, sauf ce petit incident qui doit être résolu par le dialogue. Tant qu’il ne le sera pas, il n’y aura pas de visites officielles entre nos deux chefs d’État.

José Eduardo dos Santos est accusé de s’accrocher à la direction du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), contre la volonté de João Lourenço. Qu’en est-il ?

Il y a trop de bruit sur cette question. L’ancien président avait annoncé qu’il quitterait la vie politique en 2018… L’année vient de commencer, jusque-là tout est normal. Il y a une logique de continuité, donc le président Lourenço prendra les rênes du parti quand M. Dos Santos quittera ses fonctions.

Quand exactement cela est-il prévu ?

La direction du parti s’est réunie avant-hier, une autre réunion – la plus importante – aura lieu demain, le 26. Cette question sera probablement abordée. Elle sera présidée par José Eduardo dos Santos et le président Lourenço sera présent, avant de rejoindre Addis Abeba pour la conférence des chefs d’État.

Au sein de l’Union africaine, le président Lourenço va poursuivre la politique de son prédécesseur

La dernière apparition d’un chef d’État angolais à un sommet de l’UA remonte à 2010, à Kampala… Est-ce la marque de la nouvelle politique angolaise au sein de l’organisation ?

Au sein de l’Union africaine, le président Lourenço va poursuivre la politique de son prédécesseur. C’est-à-dire une stratégie d’engagement total avec l’idée d’affirmer de plus en plus l’UA au sein de la gouvernance globale.

Sous l’ancien président, l’Angola a d’ailleurs augmenté sa contribution financière, et le président Lourenço a réaffirmé cet engagement lors de son investiture, et a promis qu’il ferait tout d’un point financier pour être à jour sur ses contributions.

D’un point de vue financier, le président Lourenço soutient-il la taxe de 0,2 % sur les importations pour financer l’organisation ?

La question de la taxe est un détail : il faut juste que les entités chargées de l’expertise technique se mettent d’accord. Mais nous soutenons le principe d’autofinancement de l’UA. Les gens disent que, plus globalement, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) y est réticente. Ce n’est pas vrai, nous sommes tous d’accord sur le principe.

João Lourenço a réaffirmé qu’il soutenait le programme de réformes de Paul Kagame

Mais l’Angola n’a toujours pas mise en place cette taxe…

Nous rejoindrons très vite le processus, mais comprenez que l’an dernier nous étions dans une période d’élection. Le gouvernement n’a que quatre mois, il faut lui laisser du temps.

Et le reste du programme de réformes proposé par Paul Kagame ?

Lorsque la ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, est venue la semaine dernière remettre en main propre une lettre du président Paul Kagame, João Lourenço lui a réaffirmé qu’il soutenait le programme de réformes. Ce sommet sera l’occasion de discuter des détails, comme la manière de limiter les dépenses de l’UA, ou comment adopter une position commune face aux partenaires internationaux… Des détails.

Paul Kagame prendra ses fonctions de président de l’UA à l’issu de ce sommet. Quelles sont les relations entre João Lourenço et le chef de l’État rwandais ?

Nous avons de très bonnes relations avec le Rwanda. João Lourenço s’est d’ailleurs entretenu avec Paul Kagame hier à Davos. Le hasard a fait qu’ils étaient assis l’un à côté de l’autre, ils ont donc pu discuter et se mettre d’accord sur un certain nombre de choses, dont une visite officielle de notre président au Rwanda très prochainement.

Jeuneafrique.com propos recueillis par Michael Pauron, envoyé spécial à Addis Abeba

Angola: le candidat du pouvoir veut réussir un « miracle économique »

août 22, 2017

Joao Lourenco, candidat du parti au pouvoir aux élections générales angolaises / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

Le candidat du parti au pouvoir aux élections générales angolaises, Joao Lourenço, a promis mardi d’être, en cas de victoire, l’artisan d’un « miracle économique » dans son pays, qui traverse depuis trois ans une grave crise en raison de la chute des cours du pétrole.

« Ma mission sera de relancer l’économie de notre pays. Si j’y parviens, j’aimerais être reconnu dans l’histoire comme l’homme du miracle économique en Angola », a déclaré M. Lourenço dans un entretien accordé aux médias étrangers à la veille du scrutin.

Candidat du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir depuis 1975, l’ex-ministre de la Défense fait figure de grand favori des élections.

Sauf énorme surprise, il devrait succéder à la tête du pays à José Eduardo dos Santos, qui a décidé de prendre sa retraite au terme d’un règne sans partage de trente-huit ans.

« Je vais suivre cet objectif. Je ne sais pas si je vais réussir, mais ma mission c’est celle-là: transformer l’Angola d’un point de vue économique et social », a précisé M. Lourenço.

A la fin de la guerre civile (2002), l’Angola a connu une période de très forte croissance dopée par sa production de pétrole, dont il est le principal producteur d’Afrique subsaharienne avec le Nigeria.

Mais depuis trois ans, la chute des cours de l’or noir a provoqué un brutal ralentissement de l’économie, marqué par une forte dette, une inflation galopante et la chute de la monnaie locale dans un pays à la population très pauvre.

Pour relancer la machine, M. Lourenço a indiqué vouloir privilégier les capitaux étrangers.

« Nous sommes déjà en train d’inviter les étrangers à venir investir leur argent chez nous », a-t-il dit, citant en exemple le Japon après la Deuxième Guerre mondiale.

Le candidat du MPLA s’est par ailleurs déclaré optimiste sur ses chances de victoire aux élections générales.

« A priori, le MPLA ne va pas perdre le scrutin. Tout le monde a vu depuis le début de la campagne (…) le grand soutien populaire dont nous bénéficions », s’est félicité M. Lourenço.

Les deux principaux partis d’opposition, l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) et la Casa-CE, ont dénoncé les conditions inégales de la campagne électorale, accusant le MPLA d’avoir utilisé les moyens de l’Etat et d’accaparer les médias.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2017 17h20)                

Angola: le président dos Santos ne se présentera pas à un nouveau mandat en 2017

décembre 2, 2016

Luanda – Le président angolais José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis trente-sept ans, ne sera pas candidat à un nouveau mandat à la tête du pays lors des élections générales de 2017, a annoncé vendredi soir la radio officielle.

M. dos Santos, âgé de 74 ans, va céder sa place à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) à l’actuel ministre de la Défense João Lourenço, a précisé à l’AFP un membre du comité central du parti, João Pinto.

La Constitution angolaise ne prévoit pas de scrutin présidentiel, mais précise que le poste de chef de l’Etat revient au chef du parti qui remporte les législatives.

M. dos Santos a officiellement lancé vendredi la campagne de son parti pour les élections de 2017 lors d’un discours devant son comité central, sans toutefois y préciser s’il serait candidat à un nouveau mandat.

Le communiqué officiel du MPLA publié à l’issue de cette réunion n’a pas non plus évoqué sa succession, mais à l’issue de sa lecture, la radio nationale a précisé en citant des sources internes au parti que M. Lourenço avait été désigné pour lui succéder.

Le président José Eduardo dos Santos ne sera pas candidat à sa succession à la tête du pays, a confirmé à l’AFP M. Pinto.

Le nom de M. Lourenço, qui avait été nommé vice-président du MPLA en août, sera officiellement dévoilé lors du 60e anniversaire du parti le 10 décembre, selon cet élu.

Le chef de l’Etat avait été réélu en août à la tête du MPLA. Il avait semé le trouble en affirmant en mars qu’il quitterait le pouvoir en 2018, un an après les prochaines élections.

Depuis plusieurs semaines, l’Angola bruisse de rumeurs sur l’état de santé du président, qui suggèrent qu’il s’apprête à prendre sa retraite politique.

Le MPLA est arrivé au pouvoir en 1975 lorsque l’Angola a acquis son indépendance du Portugal. José Eduardo dos Santos a pris les rênes du pays quatre ans plus tard après la mort du chef historique du parti, Agostinho Neto.

En trente-sept ans, il a imposé un règne sans partage sur le pays, plus gros producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne avec le Nigeria, mais qui reste l’un des plus pauvres du monde.

Romandie.com avec(©AFP / 02 décembre 2016 19h40)             

Le président angolais dos Santos annonce qu’il quittera la vie politique en 2018

mars 11, 2016

Le président angolais Jose Eduardo Dos Santos le 3 juillet 2015 à Luanda.
Le président José Eduardo dos Santos de l’Angola

Luanda – Le président angolais José Eduardo dos Santos, au pouvoir sans discontinuer depuis 1979, a annoncé vendredi son intention de quitter la vie politique en 2018, après la fin de son actuel mandat.

J’ai pris la décision de quitter la vie politique en 2018, a déclaré le chef de l’Etat de 73 ans devant le comité central de son parti, le MPLA. Son mandat actuel se termine en 2017, mais M. dos Santos n’a pas précisé pourquoi il comptait quitter la vie politique l’année suivante.

Il est le second plus ancien chef d’Etat au pouvoir en Afrique, devancé seulement par le dirigeant de Guinée Equatoriale Teodoro Obiang Nguema, arrivé au pouvoir un mois avant lui en 1979.

Le comité central était réuni pour préparer le prochain congrès du parti, qui doit désigner un candidat pour la présidentielle de 2017.

En juin dernier, le président avait indirectement abordé la question de sa succession, en déclarant notamment: Il nous faut étudier très attentivement la façon de construire la transition, en appelant le MPLA à réfléchir à la nomination d’un candidat.

La Constitution angolaise ne prévoit pas d’élection présidentielle au suffrage universel, mais stipule que le président du parti vainqueur des législatives devient automatiquement chef de l’Etat.

En presque 37 ans de pouvoir, M. dos Santos a largement muselé son opposition. En tant que chef de l’Etat, il est aussi le chef des armées, du gouvernement, de la police et il nomme les principaux juges, ce qui lui donne un contrôle quasi-total sur l’appareil d’Etat.

L’Angola, riche d’immenses réserves pétrolières, traverse une crise économique aigüe depuis quelques mois en raison de la chute des cours de l’or noir.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mars 2016 12h39)

Raul Danda (Unita) : en Angola, « dos Santos ne pense qu’à lui, à lui et à lui »

juin 8, 2015

 

Après plus de 35 ans de règne de José Eduardo dos Santos et du MPLA en Angola, l’Unita, premier parti d’opposition, plaide pour l’alternance politique dans le pays. Raul Danda, l’un de ses cadres, s’est confié à « Jeune Afrique ». Interview.

Le 11 novembre 2015, l’Angola célébrera en grande pompe ses 40 ans d’indépendance. Mais dans cette ancienne colonie portugaise, tous les jeunes de moins de 35 ans n’ont connu qu’un chef de l’État, José Eduardo dos Santos, leader du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA). Au grand dam de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), son éternel rival.

Une fois refermée la longue parenthèse de la guerre civile (1975-2002), l’Unita a changé son fusil d’épaule et se bat depuis sur le terrain politique. L’ex-groupe rebelle, autrefois dirigé par l’emblématique Jonas Savimbi, son leader historique décédé en 2002, espère conquérir le pouvoir lors des prochaines échéances électorales prévues en 2017. « À condition que ces scrutins se déroulent dans la transparence », exige Raul Danda, président du groupe parlementaire de l’Unita.

De passage à Paris à la fin de mai après un séjour aux États-Unis où il a conduit une délégation de son parti pour « sensibiliser les partenaires internationaux sur la situation réelle de l’Angola », l’élu du Cabinda dresse un sombre tableau de la jeune démocratie angolaise et du règne de José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis plus de 35 ans.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Angola : l’étrange disparition de José Eduardo Dos Santos

août 9, 2013

Mais où est donc passé le président angolais José Eduardo Dos Santos ? C’est la question qui a agité la classe politique angolaise pendant un mois et demi. Quarante-cinq jours exactement durant lesquels le chef de l’État était officiellement en « visite privée » à Barcelone, en Espagne. Six semaines, surtout, qui ont soulevé d’épineuses questions sur son éventuelle succession.

Le chef de l’État angolais, José Eduardo Dos Santos, n’avait jamais été absent de son pays aussi longtemps. En « visite privée », vraisemblablement pour raisons de santé, à Barcelone depuis le 26 juin, le chef de l’État n’est reparti d’Espagne que le 8 août. Selon l’agence de presse angolaise et des sites d’information espagnols, il s’est envolé pour rejoindre Luanda, puis décollera pour Malabo, en Guinée équatoriale, vendredi 9 août, à la veille du troisième sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernements de la Commission du Golfe de Guinée.

Mais, pendant quarante-cinq jours, le silence a été de mise. « Nous savons qu’il est en Espagne pour des raisons de santé et nous espérons qu’il ira mieux », déclarait ainsi Raul Danda, député du parti d’opposition Unita à l’Africa Review, le 7 août, « mais pendant des semaines, nous n’avons rien su parce qu’il y a une culture du silence au sujet de sa santé. »

>> Lire aussi : Marcolino Moco : « Dos Santos doit partir »

« Trouver un leader pour me remplacer »

Le silence était d’autant plus pesant que José Eduardo Dos Santos, 70 ans, avait évoqué sa succession le 3 juin dernier. « La première chose à faire sera de trouver un leader pour me remplacer à la tête de mon parti, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) », avait déclaré le chef d’Etat angolais lors d’une interview accordée à la chaîne portugaise Sic.

Selon la constitution de 2010, c’est le vice-président Manuel Vicente qui, en son absence, assure l’intérim du pouvoir, jusqu’à, si l’absence se révélait « définitive », la tenue d’un nouveau scrutin général. À la suite de ce dernier, c’est le chef du parti ayant remporté le plus de sièges lors des élections qui accèderait automatiquement à la présidence.

C’est donc au sein de l’Assemblée que de nombreuses questions se sont posées quant à son possible successeur. Le vice-président, Manuel Vicente, s’il a tenu les rênes du pays en l’absence de Dos Santos, ne recueille pas les faveurs de bon nombre d’hommes forts du parti présidentiel, le MPLA. L’actuel numéro deux de l’État est en effet perçu comme trop proche des milieux d’affaires, en tant qu’ancien dirigeant de la compagnie pétrolière nationale, la Sonacol.

Préparer la suite

Selon The Economist, des observateurs à Luanda ont même évoqué l’idée que la visite privée de Dos Santos à Barcelone serait plus politique que clinique. L’actuel chef de l’État chercherait selon eux à tester son vice-président auprès de la classe politique nationale et voudrait lui permettre de fourbir ses armes en vue de sa succession. Manuel Vicente est ainsi publiquement apparu plusieurs fois à la télévision nationale, renforçant une image publique jusque-là peu visible.

Toujours selon The Economist, certains s’interrogeraient quant à eux sur les capacités du fils du président, José Filomeno Dos Santos, nommé récemment, à 35 ans, à la tête du fonds souverains angolais gérant quelque 5 milliards de dollars. Ce dernier semble toutefois trop peu implanté dans le parti présidentiel pour envisager à court terme de succéder à son père.

Qu’il l’ait prémédité ou non, José Eduardo Dos Santos, en s’absentant ces six dernières semaines, a provoqué les discussions au sujet de sa succession. Au pouvoir depuis 1979, il est cependant encore, à l’heure actuelle, et à la veille de sa réapparition publique à Maputo, l’un des chefs d’État africains à la longévité la plus importante, avec l’Équato-Guinéen Téodoro Obiang et le Zimbabwéen Robert Mugabe.

Jeuneafrique.com par Mathieu OLIVIER

Angola : la succession de M. Dos Santos doit être décidée par son parti, selon lui

juin 6, 2013

LISBONNE – Le président angolais Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis plus de 33 ans, a affirmé que sa succession devait être décidée par son parti qui doit d’abord trouver un dirigeant pour le remplacer, dans un entretien diffusé jeudi soir à la télévision portugaise.

La première chose à faire sera de trouver un leader pour me remplacer à la tête de mon parti, le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), a déclaré le chef d’Etat angolais lors d’une rare interview accordée lundi à Luanda à un journaliste de la chaîne de télévision Sic.

José Eduardo dos Santos a été investi en septembre dernier président de l’Angola, pour un mandat de cinq ans, à la suite des élections du 31 août que son parti a largement remportées.

Selon la Constitution angolaise, modifiée en 2010, le chef du parti vainqueur des élections législatives devient automatiquement le président de la République.

Sa longévité au pouvoir est uniquement dépassée en Afrique par celle du dirigeant de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema.

Nous sommes un pays démocratique. Nous avons plusieurs partis. Lors d’élections il y a plusieurs candidats, a-t-il souligné.

Il confie qu’il réfléchit à son avenir après la présidence. Quand il quittera les plus hautes fonctions de l’Etat, José Eduardo dos Santos, qui admire l’ancien président brésilien Lula pour sa fidélité à ses principes d’égalité, aimerait qu’on se souvienne de lui comme un bon patriote.

Normalement les ex-présidents écrivent leurs mémoires. Je ne sais pas encore si c’est que je ferai. Mais j’ai une fondation, la Fondation Eduardo Santos, très active sur le plan social. J’aime aussi le sport … Je pourrais travailler dans plusieurs domaines, a-t-il dit.

Interrogé sur les mouvements de contestation qui ont récemment appelé à un véritable changement politique et à davantage de liberté en Angola, une ancienne colonie portugaise, M. Dos Santos a répondu que ce sont des phénomènes très localisés.

Quand des jeunes se réunissent à Luanda pour manifester, ils dépassent rarement les 300 personnes, a-t-il indiqué.

Après le printemps arabe, on a essayé d’inciter les jeunes à manifester, mais en réalité cela n’a pas pris (…) Nous n’avons d’après moi aucun risque d’instabilité sociale, a-t-il estimé.

Alors que l’Angola, pays riche en pétrole avec des indices de pauvreté élevés, est régulièrement épinglée pour ses problèmes de corruption, le président affirme que son gouvernement fait des efforts pour réduire ce phénomène.

Je ne sais pas si un jour nous viendrons à bout de ce phénomène. C’est l’un des plus anciens du monde, a-t-il observé.

Sur le plan économique, le président a relevé que l’un de ses défis était de poursuivre dans une voie de forte croissance, au-dessus de 7% par an et atteindre le niveau des pays émergents afin d’opérer ensuite une meilleure redistribution des richesses.

Face à la crise qui frappe les pays européens, l’Angola est devenue l’une des destinations de choix de nombreux jeunes européens, en particulier des Portugais.

Les jeunes sont bienvenus. Nous manquons de personnes qualifiées. (…) Il y a une forte demande, a dit M. Dos Santos.

Romandie.com avec (©AFP / 07 juin 2013 00h50)

Angola: l’Unita porte plainte contre des proches du président pour trahison

mars 27, 2013
Angola: l'Unita porte plainte contre des proches du président pour trahison Angola: l’Unita porte plainte contre des proches du président pour trahison © AFP

Le principal parti d’opposition angolais, l’Unita, a déposé une plainte mercredi pour haute trahison contre des proches du président José Eduardo dos Santos, alors que la justice a rejeté une plainte similaire visant le président lui-même.

La plainte de l’Unita vise sept personnalités proches du président angolais, dont le général Manuel Helder Viera Dias « Kopelipa », ministre d’Etat et chef de la Maison militaire du président, Bornito de Sousa, le ministre de l’Administration, et des militaires des forces armées angolaises.

Ils sont accusés par l’Unita d’avoir participé à des manipulations dans l’organisation des élections de 2008 et 2012, dont la falsification des registres, actes et résultats électoraux.

 » Ces personnes ont créé et intégré une structure paramilitaire clandestine dont la mission était de saboter le travail de la commission nationale électorale pour organiser la fraude et contrôler les résultats « , a affirmé Vitorino Nhani, le secrétaire général du principal parti d’opposition.

La plainte de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) met aussi en cause, comme co-auteurs des crimes dénoncés, des administrateurs de l’entreprise portugaise Sinfic, spécialisée dans les systèmes et technologies d’information, et des membres du ministère chinois de la Sécurité Publique travaillant également dans ce domaine.

Cette action judiciaire fait suite à une première plainte, aux chefs d’accusation similaires, déposée par l’Unita le 11 mars dernier, visant le président angolais et qui avait provoqué une vive condamnation du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA).

Concernant cette première plainte, la justice angolaise a annoncé mercredi qu’elle la rejetait, expliquant que, selon la Constitution, seule l’Assemblée nationale est compétente pour porter ce type d’accusation.

 » Cette décision de rejet et de classement s’applique par extension à l’ensemble des personnes mises en cause dans la plainte en vertu du principe de l’unité de la procédure pénale et de la hiérarchie des normes « , a indiqué le procureur général de la République, João Maria Moreira de Sousa, dans une décision citée par Angop, l’agence de presse angolaise.

A propos de la seconde plainte, « nous allons attendre la réponse de la justice angolaise mais, si elle n’est pas satisfaisante, nous pourrions recourir à d’autres instances « , a déclaré le secrétaire général de l’Unita, faisant allusion à des tribunaux internationaux.

 » Notre objectif est que la justice fasse son travail et que l’Angola en finisse définitivement avec le mensonge, la manipulation, l’impunité, la corruption et les crimes « , a souligné M. Nhani.

Les deux scrutins mis en cause par l’Unita ont été validés par la communauté internationale et se sont soldés par la large victoire du parti au pouvoir, le MPLA de M. dos Santos, à la tête du pays depuis 33 ans.

Lors du dernier scrutin, en août 2012, le MPLA a obtenu 71,84 % des voix contre 18,6 % à l’Unita et 6% au nouveau parti Casa.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le président angolais José Eduardo dos Santos prête serment

septembre 26, 2012
LUANDA (Reuters) – José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 33 ans, a prêté serment mercredi en tant que président de l’Angola après la victoire de son parti, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), aux élections législatives du 31 août.

A 70 ans, Dos Santos, qui est le deuxième plus ancien président africain en exercice derrière le dirigeant de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, n’avait jusqu’à présent jamais été élu au suffrage universel à la tête de l’Etat.

En 2002, l’élection présidentielle avait été avortée en raison de la reprise de la guerre civile et en 2008, Dos Santos avait été élu par le parlement.

Depuis la modification de la Constitution en 2010, les élections présidentielle et législatives ont été remplacées par des élections générales à l’issue desquelles le chef du parti victorieux prend automatiquement la tête de l’Etat.

« Le seul fait que nous puissions avoir aujourd’hui une cérémonie d’investiture officielle signifie que, cette fois, tous les précédents doutes possibles ont été levés », a déclaré Dos Santos, après avoir prêté serment pour un nouveau mandat de cinq ans.

Les partis de l’opposition et des membres de la société civile ont dénoncé des fraudes et des irrégularités lors du scrutin du 31 août, mais les observateurs internationaux ont salué des élections libres et transparentes.

Il s’agit des troisièmes élections depuis l’indépendance en 1975 de cette ancienne colonie portugaise d’Afrique australe et des deuxièmes depuis la fin de la guerre civile qui a duré 27 ans.

« Dans son nouveau mandat, la priorité du gouvernement est de maintenir la stabilité politique en encourageant, défendant et consolidant la paix », a déclaré le chef de l’Etat.

Le gouvernement va « dédier plus de ressources pour améliorer les conditions sociales pour les personnes, les familles, notamment ceux qui n’ont presque rien pour survivre », a-t-il ajouté.

Reuters