Posts Tagged ‘Muhammadu Buhari’

Quand Buhari contre-attaque et coupe Twitter au Nigéria

juin 23, 2021
Le président Muhammadu Buhari du Nigeria lors d’une réunion avec le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 30 avril 2018, à Washington.

Censuré pour n’avoir pas respecté les règles édictées par Twitter, le président n’a pas hésité à recourir à des mesures de représailles qui pénalisent les 40 millions d’usagers de son pays. Une attitude qui alimente les soupçons de déni de démocratie.

Dans les années 1980, apparaissait, dans les quartiers populaires d’Abidjan, une nouvelle race de jeunes : les ziguéhis. Le muscle ferme, les articulations souples, les coups de poings et de pieds faciles, ils imposaient leur volonté par un phrasé court, percutant, qui bien évidemment souffrait peu la contradiction. Quand on a les moyens de son verbe, les débats ne sont jamais longs. Abreuvés des codes westerns (le plus rapide), des films de kung-fu (le plus fort) et de la mythologie du guerrier africain (le plus brave), ils faisaient régner un semblant d’ordre qui, en général, ne servait que leur image et leurs intérêts.

Ziguéhi un jour, ziguéhi toujours

Justement, Muhammad Buhari a pris le pouvoir au Nigeria dans les années 1980, comme un ziguéhi. D’abord par un coup d’État, ensuite en imposant un arsenal de mesures d’austérité économique et sociale à faire pâlir les fonctionnaires les plus retors du FMI. Et bien évidemment, aucune de ces mesures ne pouvait être contestée, même pas au second degré avec la plume de Wole Soyinka ou avec un saxophone sibyllin comme celui de Fela Anikulapo Kuti. Les ziguéhis abidjanais criaient : « Tenter-regretter ! » Pour Buhari 1er, c’était « Tenter-emprisonner ». Justice expéditive et prison – dans le meilleur des cas – pour tous ceux qui osaient. Mais « c’est fer qui coupe fer » : le général s’est fait balayer par un autre général.

Et puis les années ont passé. La plupart des ziguéhis sont morts avant leurs 50 ans, phénomène naturel chez les pauvres en Afrique. Buhari lui, est toujours vivant et en activité après ses 75 ans, phénomène naturel chez les politiciens en Afrique. L’homme a fait comme beaucoup d’anciens putschistes : il a troqué le treillis contre le boubou pour devenir Buhari II, président « démocratiquement élu ». Déjà, son pote Obasanjo (ils ont renversé Gowon ensemble, en 1976) avait fait pareil. Notons au passage cette spécialité nigériane de recycler de l’ancien putschiste en président de démocratie. Fela qui s’élevait contre Buhari disait « demo-crazy » (Teacher Don’t Teach Me Nonsense, 1986). Car ziguéhi un jour, ziguéhi toujours.

Formules désastreuses et simplistes

Alors, il a gardé ses anciennes « vertus » : le sens de la formule facile, péremptoire, et les allergies graves à la contradiction. La première marche bien avec Twitter, outil moderne et incontournable de communication. Tout dire en 280 signes (exactement ce qu’il y a avant cette parenthèse, vous pouvez compter) est jouissif quand il faut mettre du complexe et du subtil dans des phrases simples. Ce qui fait de Twitter un instrument puissant aux mains d’artistes, de lettrés et d’hommes de culture. Mais l’oiseau bleu est aussi idéal pour le processus inverse, c’est-à-dire simplifier les choses complexes et subtiles, parfois jusqu’à les vider de tout sens. Ce qui en fait un instrument puissant aux mains des caricaturistes et des populistes de tous bords.

AVEC LA MÊME ARDEUR À MULTIPLIER LES TWEETS RÉDUCTEURS PATINÉS DE MENACES ET DE HAINE, ON PEUT DIRE QUE BUHARI EST DE LA MÊME… TRUMP

Ces dernières années, Trump en était l’exemple le plus abouti. Il a ventilé un nombre incalculable de formules désastreuses et simplistes. Avec la même ardeur à multiplier les tweets réducteurs patinés d’acrimonie, de menaces et de haine, on peut dire que Buhari est de la même… Trump. Conséquence pour les deux : get out ! Mais leurs chemins de désormais ex-twittos divergent à partir de la deuxième « vertu » du ziguéhi. Trump, tout aussi allergique à la contradiction, était le président d’une democracy. Buhari est le chef d’une « demo-crazy ». Là où le premier s’est contenté de bouder tout rouge dans les couloirs de la Maison-Blanche, le second a vu rouge tout court et a coupé Twitter dans un pays qui compte 40 millions d’utilisateurs. C’est le jour où Trump a dû amèrement regretté de ne pas être à la tête de ce qu’il appelait tendrement shit hole country. Je dédie cet article à la mémoire de Fela Anikulapo Kuti.

Par  Gauz

Écrivain ivoirien, auteur de « Debout payé » (2014), « Camarade papa » (2018), et « Black Manoo » (2020).

[Tribune] Idriss Déby disparu, Macron doit se tourner vers Buhari

avril 26, 2021
Emmanuel Macron et Idriss Déby Itno a l’Elysée a l’occasion du One Planet Summit, en janvier 2021

Après la disparition brutale du président tchadien, la France doit élargir ses alliances africaines pour lutter efficacement contre les mouvements terroristes. Et notamment resserrer ses liens avec le Nigeria.

Le Nigeria est le premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, avec plus de 2 milliards d’euros de volume d’échanges en 2020 et plus de 120 entreprises françaises actives dont Air France, CFAO et Total. En visite à Abuja les 13 et 14 avril derniers, Franck Riester, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité a annoncé l’ouverture de la conférence Choose Africa au Nigeria, une initiative pesant 3,5 milliards d’euros lancée par le président Emmanuel Macron destinée à soutenir le développement des start-ups et des PME en Afrique.

La France a toujours entretenu des relations fluides et engagées avec le Nigeria sur le plan économique. Le président Muhammadu Buhari fait ainsi partie de la petite dizaine de chefs d’État africains invités à participer au sommet sur le financement des économies africaines prévu à Paris le 18 mai, à l’initiative du président français.

Nouveau commandement

Mais au delà de ces intérêts économiques, le Nigeria peut aussi être pour la France un partenaire stratégique dans le domaine de la sécurité. Comme ses voisins du Sahel, le Nigeria est confronté à la montée de l’insécurité, et en particulier de la menace islamiste et du banditisme. Mais sa puissance démographique – 200 millions d’habitants – et son influence dans la région lui confèrent un poids politique et sécuritaire immense. Les relations entre Paris et Abuja doivent donc s’intensifier.

L’EUROPE A SOUVENT NÉGLIGÉ LA PLACE CENTRALE DU NIGERIA DANS LA LUTTE CONTRE BOKO HARAM

Des efforts concertés entre les deux pays ont été déployés pour coordonner la réponse aux menaces sécuritaires au sein de la Force multinationale mixte (FMM) autour du lac Tchad. La France, consciente de l’importance de la stabilité de cette région, y participe, en particulier dans le domaine du renseignement. Elle contribue ainsi à l’élaboration de réponses régionales aux différents défis menaçant le Sahel.

Mais cette participation est marginale. Les puissances européennes ont jusqu’ici souvent négligé la place centrale du Nigeria dans la lutte contre Boko Haram, qu’Abuja mène avec nos alliés traditionnels du Niger, du Tchad et du Cameroun depuis plusieurs années. Avec Muhammadu Buhari, le pays a pourtant réduit le territoire de la secte islamiste dans le nord-est.

En début d’année, le chef d’État nigérian a concrétisé son ambition de redéfinir l’approche stratégique de son pays dans cette zone, n’hésitant pas pour cela à limoger ses chefs d’état majors. Leurs successeurs ont commencé à travailler étroitement à la mise en place du premier commandement conjoint des opérations spéciales du Nigeria, une structure militaire cohérente. Lorsque le président Buhari quittera son poste en 2023, il devrait ainsi laisser derrière lui un État plus sûr et mieux équipé pour faire face à l’insurrection islamiste.

Retrait graduel ?

Serait-il maintenant temps pour la France de réajuster sa stratégie dans la région ? Le président Macron sait qu’un nombre croissant de spécialistes et – dans une moindre mesure – l’opinion publique doutent de la pertinence de la présence de troupes françaises sur le sol sahélien. Cette approche militaire lourde doit éviter les écueils rencontrés par nos alliés américains au Moyen-Orient.

UN PARTENARIAT RENOUVELÉ AVEC ABUJA PERMETTRAIT À PARIS DE REDÉFINIR SON NIVEAU D’ENGAGEMENT SUR LE TERRAIN

Il faut dès lors que Paris trouve des alliés fiables, au-delà du G5 Sahel. Un partenariat renouvelé avec Abuja serait pertinent pour plusieurs raisons. La France serait ainsi en meilleure posture pour collaborer avec l’armée nigériane, acteur-clé dans la lutte contre Boko Haram et pour la sécurité de l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble.

Cela donnerait aussi l’occasion au président Macron de concrétiser son désir, exprimé régulièrement, de solidifier les liens avec les grandes puissances africaines qui se trouvent en dehors de la sphère d’influence habituelle de Paris, tout en offrant à la France l’opportunité de redéfinir son niveau d’engagement sur le terrain et peut-être préparer un retrait graduel.

La réponse aux défis posés par les militants islamistes nécessite une approche collective. L’échec à les contenir intensifierait indéniablement le chaos dans toute la région. La mort brutale du président Déby, alors que le Tchad est la pierre angulaire de la sécurité de la région, montre à l’évidence qu’un élargissement des alliances dans la lutte contre les mouvements terroristes est une nécessité. Il est temps de rallier les bonnes volontés et les moyens pour stabiliser la situation afin que la crise soit gérée directement par les acteurs locaux.

Par  Dominique Trinquand

Général 2S, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU

Coronavirus : la Cedeao nomme Muhammadu Buhari « champion » de la lutte contre la pandémie

avril 24, 2020

Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020.

Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020. © DR 

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont tenu une visioconférence le 23 avril pour évoquer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la sous-région. Ils ont notamment choisi le Nigérian Muhammadu Buhari pour coordonner les efforts de l’organisation.

C’était une première : un sommet de la Cedeao par visioconférence, à l’initiative de Mahamadou Issoufou, président en exercice de l’organisation ouest-africaine. Le chef de l’État nigérien a échangé jeudi 23 avril derrière son écran avec ses homologues de la sous-région au sujet de l’évolution et des effets de la pandémie de Covid-19.

Étaient connectés les présidents béninois, Patrice Talon, burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, cap-verdien, Jorge Carlos Fonseca, ivoirien Alassane Ouattara, gambien, Adama Barrow, ghanéen, Nana Akufo-Addo, guinéen, Alpha Condé, bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló (officiellement reconnu lors de ce même sommet), libérien, George Weah, malien, Ibrahim Boubacar Keita, nigérian, Muhammadu Buhari, sénégalais Macky Sall, sierra-léonais Julius Maada Bio et togolais Faure Gnassingbè.

Plusieurs diplomates ouest-africains ont également participé aux échanges : le président de la commission de la Cedeao, l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou, le président de la commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ainsi que le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas.

L’économie au cœur des échanges

Si les chefs d’État ont exprimé leur « vive préoccupation » quant à la propagation de la pandémie dans la région (qui avait fait 158 morts au 22 avril pour plus de 6 000 cas déclarés), ils ont surtout discuté de la « grave menace » qu’elle représentait pour l’intégration économique de la sous-région.

Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020.
Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020. © DR

Le taux de croissance de la zone Cedeao, initialement prévue à 3,3 %, devrait en effet se situer autour de 2%, « si la pandémie prenait fin en juin 2020 », explique l’organisation ouest-africaine. Il pourrait même devenir négatif, à -2,1%, « si la pandémie persistait au-delà du second semestre 2020 ».

La Cedeao pour accroître les tests de dépistage

Mahamadou Issoufou et ses pairs ont donc convenu de la nécessité de mettre en place à l’échelle régionale un « plan de riposte contre la propagation de la pandémie et un plan de relance économique post-pandémie ». Ils ont convenu d’apporter leur contribution au Fonds de solidarité de l’UA, laquelle devra négocier « avec les partenaires pour une annulation de la dette publique et une restructuration de la dette privée des pays africains ».

La Cedeao, qui a a affirmé vouloir « accroître les tests de dépistage » afin de limiter les effets de la pandémie, a nommé Muhammadu Buhari « champion » de la riposte contre le Covid-19 (qu’il sera chargé de coordonner). Le président nigérian a été particulièrement touché par la pandémie, à laquelle a succombé l’un de ses plus proches collaborateurs le 17 avril dernier, son chef de cabinet, Abba Kyari.

Buhari et ses pairs ouest-africains se sont enfin engagés à allouer « au moins 15 % » du budget annuel de leur pays « au renforcement de leurs systèmes de santé ». Une promesse entendue pour la première fois en 2014, lors d’un sommet, moins connecté celui-là, de l’organisation à Accra, au Ghana.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Monnaie unique : le Nigeria souhaite un report du lancement de l’eco

février 11, 2020

Muhammadu Buhari

Muhammadu Buhari © Cliff Owen/AP/SIPA

 

Dans une déclaration sur son compte Twitter, la présidence nigériane demande un report du lancement de l’eco, future monnaie unique d’Afrique de l’Ouest, et qui vise à remplacer entre autres le franc CFA. Pour Abuja, les critères de convergence établis dans la feuille de route des pays membres de la Cedeao, et nécessaires à la mise en place de l’eco, ne sont pas encore remplis.

Nouvelle étape dans la guerre de tranchées amorcée il y a plusieurs semaines quant à l’adoption d’une future monnaie unique par les États d’Afrique de l’Ouest.

Après une première réaction, mi-janvier, des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO), qui ont dénoncé la décision « unilatérale » de renommer le CFA en « eco », le Nigeria réitère. « La position du Nigeria sur l’eco est que les critères de convergence (entre États) n’ont pas été atteints par la majorité des pays » devant adopter cette monnaie commune, a indiqué la présidence nigériane sur son compte Twitter dans l’après-midi du lundi 10 février. Et d’ajouter : « Il doit par conséquent y avoir un report du lancement de la monnaie unique ».

La sortie nigériane de ce lundi s’annonce comme un avant-goût de la future réunion des ministres pays anglophones qui, selon les informations de Jeune Afrique, devrait se tenir vendredi 14 février à Freetown, en Sierra Leone.

Critères de convergence

Les quinze pays membres de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont le Nigeria est membre, avaient indiqué l’an dernier qu’ils souhaitaient lancer l’eco en 2020, après bientôt quarante ans de débats. Mais fin décembre, huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’eco et de distendre ainsi les liens très controversés avec la France, ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du CFA avec l’euro.

L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d’une visite de son homologue français, Emmanuel Macron, au lendemain d’un sommet de la Cedeao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.

Le Nigeria et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment anglophones, avaient en effet trois semaines plus tard dénoncé cette décision, affirmant qu’elle n’était « pas conforme » au programme adopté récemment par l’ensemble de la région pour mettre en place une monnaie unique. Pour ces pays non CFA, il n’est pas envisageable que le nom « eco » soit associé à une monnaie qui ne remplit pas les critères retenus par tous à Abuja en juin 2019. Ce que rappelle le tweet du 10 février.

Jeuneafrique.com par Aurélie M’Bida – avec AFP

Afrique du Sud: le président nigérian Buhari exige plus de sécurité pour les étrangers

octobre 3, 2019

 

Le président nigérian Muhammadu Buhari a exigé jeudi 3 octobre le «renforcement et l’application» des mesures de sécurité nécessaires à la protection des étrangers en Afrique du Sud, un mois après la dernière vague de violences xénophobes.

Le mois dernier, des centaines de commerces et de biens appartenant à des étrangers ont été saccagés et incendiés, principalement à Johannesburg, la capitale économique sud-africaine. Ces troubles ont causé la mort d’au moins 12 personnes et de vives tensions entre Pretoria et Abuja, les deux principales puissances du continent. «Nous appelons au renforcement et à l’application de toutes les mesures nécessaires pour prévenir la répétition de ces actes qui menacent non seulement nos solides relations bilatérales mais aussi notre vision d’une Afrique forte et prospère», a déclaré jeudi Muhammadu Buhari en visite d’Etat en Afrique du Sud. «Nous condamnons également les quelques rares incidents qui ont visé les intérêts économiques sud-africains au Nigeria en représailles», a-t-il ajouté devant la presse à l’ouverture de son entretien avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa.

Le chef de l’Etat sud-africain a de son côté une nouvelle fois exprimé «ses vifs regrets pour la violence qui a visé des étrangers dans certaines parties du pays». «Nous condamnons toutes les formes d’intolérance et n’hésiterons pas à agir contre toute forme de violences», a insisté Cyril Ramaphosa. Les deux dirigeants devaient tenir une conférence de presse à l’issue de leurs entretiens. Première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud accueille des millions de migrants. Elle est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%), la pauvreté et des inégalités criantes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: le président Muhammadu Buhari investi pour un second mandat

mai 29, 2019

 

Le président Muhammadu Buhari a été investi mercredi à Abuja pour un second mandat, promettant une nouvelle fois de s’attaquer à l’insécurité rampante et à la corruption endémique du premier producteur de pétrole du continent africain.

«Moi, Muhammadu Buhari, je promets que je porterai allégeance à la République fédérale du Nigeria, et que j’accomplirai mes devoirs à hauteur de mes meilleures capacités, (…) en respect de la constitution», a déclaré le chef de l’Etat de 76 ans, dans une tenue traditionnelle sahélienne, et lors d’une cérémonie sobre, tenue trois mois après les élections de février, contestées par l’opposition.

Aux côtés du vice-président Yemi Osinbajo, l’ancien général est arrivé sur la scène d’un stade d’Abuja, sur un tapis rouge, accompagné par un orchestre, sous un grand chapiteau blanc et vert, couleurs du drapeau nigérian, et entouré d’un grand nombre de militaires et généraux. Aucun chef d’Etat étranger n’assistait à cette cérémonie, présentée comme «sobre» par la présidence. Une autre cérémonie devrait avoir lieu le 12 juin, qui marque depuis cette année le «Jour de la Démocratie» au Nigeria.

Cette journée marque la fin du processus électoral compliqué, qui opposait le président Buhari, du Congrès des Progressistes (APC), à Atiku Abubakar, du Parti Populaire Démocratique (PDP). Buhari a été réélu avec 56% des voix, dans un scrutin marqué par des «manquements opérationnels sérieux», selon les observateurs locaux et internationaux. Comme lors de sa première élection en 2015, qui avait à l’époque suscité un grand vent d’espoir dans la première économie d’Afrique, le président a promis de s’attaquer à l’insécurité rampante et à la corruption endémique, deux fléaux de ce pays de 190 millions d’habitants.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: Buhari sera candidat à sa propre succession

octobre 7, 2018

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, le 1er octobre 2018 à Abuja. / © AFP / Sodiq ADELAKUN

Le président Muhammadu Buhari, candidat à sa propre succession, a été désigné samedi par son parti, le All Progressives Congress (APC) pour le représenter à l’élection présidentielle de février 2019 au Nigeria, lors de primaires où il était seul en lice.

Le Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti de l’opposition, a également ouvert en début de journée sa convention de primaires pour choisir celui qui affrontera l’actuel chef de l’Etat.

Quelque 7.000 délégués de l’APC s’étaient rassemblés à Eagle Square, dans la capitale fédérale Abuja, pour officialiser la nomination du président Buhari, une simple formalité puisqu’il n’avait pas d’adversaire.

Cette primaire directe sans enjeu a toutefois attiré près de 15 millions de votants à travers le pays, a affirmé le gouverneur d’Ekiti, Kayode Fayemi, après l’annonce des résultats.

Selon la Constitution nigériane, le président a droit à deux mandats de quatre ans maximum.

Son porte-parole, Garba Shehu, avait affirmé plus tôt à l’AFP qu’il n’y a « rien d’extraordinaire » au fait d’accorder la priorité au président sortant s’il désire briguer un nouveau mandat.

« Toutefois, notre parti, dans une tradition de vraie démocratie, a ouvert la compétition (…), ceux qui souhaitaient concourir face au président étaient libres de le faire », avait-il dit.

Les Nigérians seront appelés aux urnes en février et mars 2019 pour élire un nouveau président, mais aussi leurs gouverneurs et députés.

Le président Buhari, un ancien général de 75 ans, est aujourd’hui très critiqué, notamment pour ses politiques économiques et son incapacité à enrayer les violences dans le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 180 millions d’habitants.

– Serré –

Tous les regards sont désormais tournés vers la ville pétrolière de Port Harcourt (Etat de Rivers), dans le sud-est du pays, où une douzaine de candidats s’affrontent pour le ticket présidentiel du PDP.

Le PDP avait été évincé par l’APC de Buhari en 2015, après 16 ans au pouvoir, lors de la première alternance politique au Nigeria depuis le retour à la démocratie en 1999.

Selon des responsables sur place, au moins 4.000 délégués des 36 Etats et du territoire de la capitale fédérale Abuja devraient voter lors de cet événement qui s’achèvera dimanche. Le vote a démarré tard samedi, vers 21h15 locales, après l’accréditation des délégués.

Sans surprise, le vainqueur sera probablement issu du nord à majorité musulmane, selon une règle tacite au Nigeria selon laquelle la présidence doit alterner tous les deux mandats entre un candidat du nord et un candidat du sud.

Les principaux candidats en lice sont l’ancien vice-président Atiku Abubakar, 71 ans, qui s’est déjà présenté quatre fois à la présidentielle, le président du Sénat Bukola Saraki, le gouverneur de l’Etat de Sokoto (nord) Aminu Tambuwal, et Rabiu Kwankwaso, un ancien gouverneur de l’Etat de Kano (nord).

Le cabinet de conseil Eurasia a affirmé dans une note samedi que la compétition serait sans doute serrée entre Abubakar et Tambuwal, les plus à même de remporter la primaire du PDP.

Le gouverneur de Sokoto « offre la meilleure chance d’attirer l’électorat stratégique du nord-ouest et du nord-est, et sera l’adversaire le plus fort contre Buhari », a ajouté le cabinet.

« Nous attendons une très bonne convention, nous travaillons dur pour mettre en place un processus crédible, libre, juste et acceptable », a déclaré à la presse le gouverneur de l’Etat du Delta, Ifeanyi Okowa, qui préside le comité d’organisation des primaires.

Plus de 12.000 policiers ont été déployés à Port-Harcourt pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’incident, selon le porte-parole de la police de l’Etat, Nnamdi Omoni.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 05h16)

Nigeria: le président du Sénat se déclare candidat à la présidentielle face à Buhari

août 30, 2018

Abuja – Le président du Sénat nigérian, Bukola Saraki, s’est déclaré jeudi candidat à l’élection primaire du parti de l’opposition, qu’il a rejoint récemment au dépend du parti au pouvoir, pour tenter de remporter le scrutin présidentiel de février 2019, face au président sortant Muhammadu Buhari.

« J’annonce ainsi mon intention de concourir à la position de président de la République fédérale du Nigeria, et de participer aux élections générales de 2019 sous la bannière du Parti populaire démocratique (PDP) », parti qu’il a rejoint il y a un mois en faisant défection du parti présidentiel, a fait savoir M. Saraki.

« Je me présente avec la ferme conviction que j’ai les capacités de faire qu’il faut pour assurer une croissance (économique) aux Nigérians », a-t-il ajouté, dans cette annonce que le pays attendait depuis plusieurs semaines.

M. Saraki, en tant que président du Sénat est le troisième homme politique le plus important du Nigeria, pays de 180 millions d’habitants.

En quittant le parti au pouvoir, le Congrès des Progressistes (APC) pour rejoindre l’opposition à la fin du mois de juillet, cet ancien gouverneur avait montré ses ambitions présidentielles.

Les barons de l’APC ont déjà fait savoir que le président en place Muhammadu Buhari, 75 ans, sera le candidat désigné du parti à sa propre succession, malgré l’obligation d’organiser des primaires en amont du scrutin présidentiel.

Les deux hommes ont été des ennemis politiques pendant tout ce mandat, la présidence accusant le Sénat de bloquer de nombreux textes de loi.

M. Saraki, qui a du affronter une série d’ennuis avec la justice aussitôt après avoir accédé à la présidence du Sénat, n’a cessé de dénoncer une « chasse aux sorcières » contre les opposants du chef de l’Etat.

Il fut notamment accusé d’avoir menti sur sa déclaration de patrimoine, mise au jour par le scandale des Panama Papers, ou d’avoir payé des gangs armés dans son Etat d’origine, Kwara.

Mercredi, un autre candidat de poids a annoncé sa candidature à la primaire du PDP: Rabiu Kwankwaso, qui est aussi un transfuge de l’APC, ex-gouverneur de Kano et un ancien proche de Muhammadu Buhari.

Romandie.com avec(©AFP / 30 août 2018 15h24)                                                        

Nigeria: le pari au pouvoir s’effrite à quelques mois de la présidentielle

juillet 5, 2018

Abuja – Des parlementaires nigérians appartenant au parti au pouvoir, All Progressives Congress (APC), ont formé un groupe dissident, annonce sans surprise d’une division imminente et d’un mouvement contre le président Muhammadu Buhari, de plus en plus critiqué au sein même de son camp, à moins d’un an de la présidentielle.

Ancien allié de Buhari, Buba Galadima a annoncé mercredi la création du Reformed All Progressives Congress (rAPC), et a appelé tous les membres dissidents du parti à le rejoindre.

Le rAPC n’est pas un parti d’opposition, mais un groupe dissident au sein du parti, ce qui permet aux élus de garder leur poste.

Il a notamment accusé l’ancien général et son gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses en termes de sécurité et de lutte contre la corruption.

Selon lui, la présidence de Buhari à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique (180 millions de personnes) est un « désastre monumental », et son équipe au sein de l’exécutif « n’a aucune vision, est inepte et incompétente ».

« Il a instauré un Etat dictatorial, où règnent l’impunité, l’abus de pouvoir, la perte des droits constitutionnels », a-t-il affirmé à des journalistes à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.

Cette annonce fait suite à des mois de luttes intestines au sein de l’APC, portées notamment par les présidents des deux Chambres, Bukola Saraki et Yakuba Dogara, dont les relations sont notoirement conflictuelles avec Buhari. Ils n’ont pas annoncé leur ralliement au rAPC pour l’instant.

Les grandes figures du parti – notamment le nouveau chef de file de l’APC Adams Oshiomole, ont tenté en vain d’atténuer les tensions, en multipliant les discussions.

« Cette annonce n’est pas une surprise », Cheta Nwanze, du cabinet SMB Intelligence basé à Lagos.

Ce tournant, huit mois avant la présidentielle de février 2019, rappelle les événements au sein du PDP (Parti Populaire Démocratique), alors au pouvoir sous Goodluck Jonathan: de nombreux membres avaient fondé le mouvement du « nPDP », avant de faire défection pour rejoindre l’APC, le portant ensuite au pouvoir.

Parmi eux, se trouvaient déjà Bukola Saraki et Yakuba Dogara: « Les anciens du nPDP ont toujours été critiques au sein du parti, surtout depuis l’élection de Saraki et Dogara au Sénat et à l’Assemblée », poursuit Cheta Nwanze.

Au Nigeria, Etat fédéral composé de 36 Etats, les alliances politiques et les soutiens des gouverneurs sont essentiels pour accéder au pouvoir, ce qui explique ces dissidences et les aller-retour d’un parti à un autre.

Muhammadu Buhari, 75 ans, qui a annoncé son intention d’être candidat à sa propre succession, subit de nombreuses pressions sur tous les fronts. Il a perdu de nombreux soutiens, notamment dans la région de la « Ceinture du Milieu » (Etats centraux de Benue, de Nasarawa et du Plateau) à cause du conflit intercommunautaire entre agriculteurs et éleveurs nomades.

Le mois dernier, l’Assemblée nationale avait déclaré « ne pas hésiter à (invoquer) ses pouvoirs constitutionnels si rien n’est fait » pour assurer la sécurité et mettre un terme à la montée des conflits qui ont fait plus de 2.000 morts dans le pays depuis le début de l’année.

Le Nigeria est aussi en butte à l’insurrection sanglante des jihadistes de Boko Haram, qui a fait plus de 20.000 morts depuis 2009.

(©AFP / 05 juillet 2018 14h47)                               

Maroc-Nigeria: Mohammed VI et Muhammadu Buhari font avancer un mégaprojet de gazoduc

juin 10, 2018

Rabat – Un accord de coopération relatif à un mégaprojet de gazoduc à travers l’Afrique de l’Ouest a été signé dimanche à Rabat, à l’occasion d’une visite officielle de deux jours du président du Nigeria Muhammadu Buhari au Maroc, a rapporté l’agence marocaine MAP.

Pour sa première visite officielle au royaume, entamée dimanche après-midi, le président du Nigeria, accompagné d’une importante délégation, s’est entretenu avec le roi Mohammed VI au palais royal de Rabat.

Les deux parties ont signé dans la soirée de dimanche trois accords de coopération, dont un relatif au gazoduc devant relier les deux pays par la façade atlantique de l’Afrique de l’ouest.

Le projet maroco-nigérian consiste en la construction d’une extension vers le Maroc d’un gazoduc en fonctionnement depuis 2010, qui relie les zones gazières du sud du Nigeria au Bénin, au Togo et au Ghana.

« Pour des raisons d’ordre économiques, politiques, juridiques et sécuritaires, le choix s’est opéré sur une route combinée onshore/offshore », ont souligné dimanche des responsables des deux pays.

« Le gazoduc mesure approximativement 5.660 km », la construction devant se faire « en plusieurs phases et répondre aux besoins croissants des pays traversés et de l’Europe au cours des 25 prochaines années », ont-ils ajouté.

La prochaine étape consiste à « impliquer les Etats traversés et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) (…) approcher les clients européens » et entamer des discussions avec des banques internationales de développement pour « tester leur disposition à financer ce projet », selon ses promoteurs.

Les deux autres accords signés dimanche portent sur la construction d’une « plateforme industrielle au Nigeria pour la production d’ammoniaque et des produits dérivés », et la « formation professionnelle agricole ».

L’annonce du projet de gazoduc avait été faite en décembre 2016, à l’occasion d’une visite de Mohammed VI à Abuja où il avait rencontré Muhammadu Buhari, marquant ainsi un net réchauffement des relations entre les deux pays. L’étude de faisabilité avait été lancée en mai 2017.

Le Maroc, qui mène depuis quelques années une offensive diplomatique sur le continent, a réintégré en janvier 2017 l’Union africaine et renoué avec des pays d’Afrique anglophone –dont le Nigeria– avec lesquels les relations étaient distantes.

Dans sa « stratégie africaine », le royaume s’appuie sur les fleurons de son économie dans les secteurs de la banque, l’assurance, les télécommunications ou l’industrie.

Lors de visites inédites de Mohammed VI en Afrique anglophone, de très nombreux accords ont ainsi été signés, dont le plus emblématique est celui du gazoduc.

Jusqu’en 2016, Rabat ciblait essentiellement les pays francophones d’Afrique de l’ouest, sa sphère naturelle d’influence.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 23h33)