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Diaspora : Pap Ndiaye, à la tête du musée de l’histoire de l’immigration en France

février 19, 2021

L’historien Pap Ndiaye, frère de l’écrivaine Marie Ndiaye (prix Goncourt en 2009 pour son roman « Trois femmes puissantes »), est nommé à la direction générale du Palais de la Porte Dorée, qui chapeaute le « Musée national de l’histoire de l’immigration », et « l’Aquarium Tropical », à Paris.

Photo1: Pap Ndiaye

Né en France en 1965, d’un père sénégalais et d’une mère française, cet intellectuel noir est agrégé d’histoire. Spécialiste de la condition noire et des minorités, il est aussi spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et de ses minorités. Ses travaux s’intéressent également à l’histoire et à la sociologie des populations noires en France. 

A propos de sa nomination, Pap Ndiaye, qui est l’auteur d’un essai publié en 2009 sur les minorités françaises intitulé : « La Condition noire »a déclaré à la presse : « Je suis honoré de cette nomination. Je suis très content de pouvoir travailler pour une question qui est d’importance »Même si ce dernier dévoilera les détails de son projet seulement lors de sa prise de fonction le mois prochain, on sait déjà qu’il souhaite faire du Musée national de l’histoire de l’immigration un lieu de débats, en lien avec les universités, développer les échanges internationaux avec d’autres lieux consacrés au thème de l’immigration, et renforcer la présence des questions coloniales au sein de l’exposition permanente.

Donner un nouveau départ au musée de l’immigration

Le musée de l’Histoire de l’immigration est le nom adopté depuis janvier 2012 pour désigner les instances de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI). Ce « musée des Migrations  français » est aménagé dans le palais de la Porte-Dorée à l’est de Paris et ouvert au public depuis octobre 2007. Crée sous la présidence de Jacques Chirac, il a été officiellement inauguré le 15 décembre 2014, par François Hollande, sept ans après son ouverture par Nicolas Sarkozy.

Tout d’abord « musée des Colonies » de 1931 à 1935 avec sa dédicace d’inauguration « À la France colonisatrice et civilisatrice », il change plusieurs fois de nom : « musée des Colonies et de la France extérieure » en 1932, « musée de la France d’outre-mer » en 1935, « musée des Arts africains et océaniens » en 1960 et « musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie » de 1990 à 2003, année au cours de laquelle le musée ferme ses portes. Ses collections partent rejoindre celles du musée du quai Branly qui sera inauguré par l’ancien président Jacques Chirac en juin 2006, tandis qu’en juillet 2004, Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, affecte le palais de la Porte-Dorée à la future Cité nationale de l’histoire de l’immigration. De nouveaux travaux sont entamés en 2005 qui aboutiront à l’ouverture du musée de l’Histoire de l’immigration en 2007.

Selon ses statuts, ce dernier a pour mission de « rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle ; contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France ». Le musée de l’Histoire de l’immigration est le seul musée national français consacré à l’histoire et aux cultures de l’immigration en France. À travers l’exposition permanente « Repères », le musée présente deux siècles de l’histoire de l’immigration sous un angle neuf en croisant les points de vue historique, anthropologique et artistique. En complément, le musée propose régulièrement une programmation artistique et culturelle : expositions, conférences, concerts, cinéma, théâtre, ateliers, etc.

Avec Adiac-Congo par Boris Karl Ebaka

RDC/Patrimoine : la résidence de Papa Wemba sera transformée en musée et en studio d’enregistrement

juin 18, 2020

 

Après avoir été informé de la mise en vente de la résidence du célèbre musicien Papa Wemba, le gouvernement de la RDC a décidé de la racheter. Cette annonce a été faite le samedi dernier par le ministère de la culture et des arts après le conseil des ministres présidé par vidéo conférence par le président Félix Antoine Tshisekendi.

 

Papa Wemba devant la résidence mise en vente (archives-DR)

Mise en vente par la famille du défunt pour la somme de 750.000 de dollars américains, la mythique villa, située dans le quartier chic de Ma Campagne dans la commune de Ngaliéma, sera transformée en musée et en studio d’enregistrement moderne. L’état congolais veut par ce geste conserver l’immense héritage culturel.

Le chanteur congolais est décédé en avril 2016 à 66 ans. Il a laissé derrière lui une carrière bien remplie qui lui a permis d’influencer bon nombre d’artistes africains. Papa Wemba a  largement contribué à l’internationalisation de la musique congolaise, après avoir signé au début des années 1990 sur le label de Peter Gabriel, Realworld. Grâce à ses tubes Maria Valencia  ou  Yolele, il est devenu l’un des emblèmes de la  world music.

Né le 14 juin 1949 à Lubefu, alors au Congo belge, Papa Wemba a commencé la musique vers l’âge de 20 ans. En 1977, il a fondé le label Viva la Musica, qui a formé de nombreuses stars de la musique congolaise et africaine. Souvent surnommé le « père » ou le « roi » de la rumba congolaise, il n’est pourtant pas le créateur du genre musical né dans les années 1950.

Papa Wemba est également l’un des pionniers du mouvement la Sape, la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, mouvement à la fois dandy et exubérant qui s’est répandu dans le monde entier grâce à la diaspora congolaise des deux rives du Congo. Le musicien avait aussi fait quelques apparitions au cinéma. Il a joué dans « La vie est belle » en 1987 de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy, film dans lequel il interprétait le rôle de Kourou, un jeune paysan qui débarque en ville pour faire de la musique et se retrouve à embrasser toutes sortes de profession.

 

Avec Adiac-congo par Sarha Monguia

Inauguration du Louvre Abu Dhabi, un « musée universel »

novembre 8, 2017

Vue générale du musée du Louvre Abu Dhabi inauguré le novembre 2017 / © AFP / Giuseppe CACACE

Dix ans après le lancement du projet, le Louvre Abu Dhabi a été inauguré mercredi, amenant le prestigieux nom français en Orient et se projetant comme « un musée universel » porteur d’un message de tolérance.

Le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte étaient présents pour l’évènement au côté de l’homme fort des Emirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane et de plusieurs autres dirigeants.

« Aujourd’hui, un monument culturel mondial est lancé: le Louvre Abu Dhabi rassemble des icônes de l’art reflétant le génie collectif de l’Humanité », a dit cheikh Mohammed juste avant l’inauguration officielle.

Le dirigeant d’Abou Dhabi, M. Macron et son épouse ont visité les immenses salles blanches du musée, où ils ont croisé le roi du Maroc Mohammed VI et le président afghan Ashraf Ghani, parmi les 400 invités.

Etait également présent l’architecte Jean Nouvel, qui s’est inspiré des médinas arabes pour concevoir ce musée qui ouvrira ses portes au public samedi avec des festivités prévues jusqu’au 14 novembre.

Les visiteurs pourront déambuler dans des espaces de promenade surplombant la mer et sous un dôme de 180 mètres de diamètre, composé de 7.850 étoiles en métal à travers lesquelles les rayons du soleil créent ce que Jean Nouvel appelle une « pluie de lumière », inspirée des palmeraies et des souks.

Quelque 5.000 visiteurs sont attendus dans les premiers jours, a indiqué Mohammed al-Moubarak, président de l’Autorité de la culture et du tourisme d’Abou Dhabi, qui voit dans ce musée le symbole d’une « nation tolérante ».

– Unique dans le monde arabe –

C’est « un musée universel, le premier du monde arabe », a résumé Jean-Luc Martinez, président du Louvre à Paris, qui a fait le déplacement.

Contrairement à d’autres musées dont le parcours propose un classement par styles ou civilisations, celui-ci met en lumière les thèmes universels et les influences communes entre les cultures, de la préhistoire à nos jours.

Dans une salle figurent ainsi côte à côte une feuille d’un coran bleu du IXe siècle, une torah yéménite de 1498 et deux volumes d’une bible gothique du XIIIe siècle.

Mais la star du musée, selon ses promoteurs, est « La Belle Ferronnière », ce portrait de femme de Léonard de Vinci prêté par Le Louvre Paris. Au total, 300 oeuvres ont été prêtées par 13 musées français, dont « Autoportrait » de Vincent van Gogh.

Le Louvre Abu Dhabi est le fruit d’un accord inter-gouvernemental signé en 2007 entre Paris et Abou Dhabi.

D’une durée de 30 ans, l’accord, qui inclut la marque Le Louvre et l’organisation d’expositions temporaires, totalise un milliard d’euros, sans compter le coût réel de construction que personne ne veut révéler.

– Mesures exceptionnelles –

De la collection permanente des Emirats, le musée exposera à l’ouverture 235 oeuvres, y compris « Le Bohémien » d’Edouard Manet. Parmi 28 pièces prêtées par des institutions du Moyen-Orient figure un buste monumental à deux têtes, vieux de plus de 8.000 ans, venant du Département des antiquités de Jordanie.

Des mesures exceptionnelles ont été prises pour assurer la sécurité et la conservation des oeuvres, alors que les températures extérieures excèdent les 40 degrés Celsius en été.

Lors du lancement du projet, des voix s’étaient élevées en France contre l’aspect « mercantile » de « la vente de la marque » Le Louvre dans le Golfe. Des ONG, dont Human Rights Watch, se sont ensuite inquiétées des conditions de travail des migrants sur le chantier, mais ces critiques se sont estompées au fil des ans.

Le Louvre Abu Dhabi, dont l’ouverture a été retardée plusieurs fois, est le premier de trois musées prévus à Saadiyat, avec un Guggenheim, conçu par Frank Gehry, et le Zayed National Museum confié à Norman Foster.

A part l’inauguration du Louvre, M. Macron, dont c’est la première visite officielle au Moyen-Orient depuis son élection en mai, doit s’entretenir avec les dirigeants des Emirats et rendre visite aux militaires français positionnés dans ce pays « stratégique ».

M. Macron fera également un déplacement à Dubaï et clôturera un forum économique avant de repartir jeudi soir.

Romandie.com avec(©AFP / 08 novembre 2017 17h53)                

Côte d’Ivoire: opération renaissance pour le musée d’Abidjan

octobre 10, 2017

Un visiteur contemple un masque africain au musée des civilisations à Abidjan, le 29 septembre 2017, dans le cadre de l’exposition « Renaissance » / © AFP / ISSOUF SANOGO

C’est « un des musées d’art nègre les plus riches du monde », disait de lui l’ex-président sénégalais et fin connaisseur Leopold Sédar Senghor. Pillé en mars 2011, fermé ces deux dernières années, le musée des civilisations à Abidjan a rouvert ses portes en juillet après un important lifting.

Ce lieu dans lequel on trouve « des richesses incommensurables », selon les mots de M. Senghor lors d’une visite en Côte d’Ivoire en 1971, a fait peau neuve avec des salles et des éclairages modernes mais aussi un espace de conférence, un restaurant et un jardin extérieur.

Sa première exposition post-rénovation, baptisée « Renaissance », est une sélection très dense d’une centaine de pièces maîtresses de son important fonds, qui va du paléolithique à l’art contemporain.

« Nous pouvons nous estimer heureux d’avoir une belle collection qui est une particularité de la Côte d’Ivoire. C’est un atout. Une collection de 15.000 pièces de toutes les régions », souligne la directrice du musée, Silvie Memel Kassi, encore choquée par le pillage de 2011.

Celui-ci avait eu lieu lors de l’anarchie qui a régné pendant la crise post-électorale (3.000 morts).

« Ca nous a laissé vraiment un goût amer, parce que les (120) oeuvres pillées sont des oeuvres majeures: des pièces sacrées, des objets en cire… », explique-t-elle. « On a même fait une estimation numéraire: c’est près de quatre milliards de francs CFA (6 millions d’euros) » qui ont été perdus.

– Historique et contemporain –

Le musée prévoit d’ailleurs pour les prochains mois une exposition intitulée « La Collection fantôme », à base de photographies et de pièces similaires aux pièces disparues, pour ne pas oublier. Et, souligne Silvie Memel Kassi, pour « réfléchir à comment renforcer la lutte contre le trafic illicite » de pièces historiques, un marché financé par de nombreux collectionneurs privés souvent peu regardants sur les origines.

Fondé en 1942 par la France, l’ancienne puissance coloniale, le musée d’Abidjan est lui-même une oeuvre d’art, avec ses 20 piliers en bois sculptés.

Il ne vit toutefois pas dans le passé, faisant la part belle aux créations contemporaines avec une salle consacrée à des artistes d’aujourd’hui comme Jems Koko Bi et un jardin avec des oeuvres récentes.

« C’est à dessein qu’on parle de musée des civilisations », relève sa directrice, en soulignant que les oeuvres « anciennes » émanent d’artistes qui, à leur époque, pouvaient être considérés comme modernes.

Aujourd’hui, « nous sommes en train de vivre une renaissance (des arts) au niveau national », précise-t-elle. Et dans ce musée, « nous avons (à la fois) l’aspect ancien avec les collections du musée, et l’art contemporain avec la création des jeunes plasticiens. »

Le musée d’Abidjan prépare également une exposition montrant les liens entre Picasso et les sculptures ivoiriennes, dans le sillage de « Picasso Primitif » du musée parisien Jacques Chirac du quai Branly.

Depuis sa réouverture en juillet, il a attiré un peu plus de 10.000 visiteurs mais compte décupler ce nombre en un an, grâce notamment aux touristes, qui reviennent dans le pays après une décennie de crise politique et d’insécurité, et grâce à une politique active envers les écoles et les étudiants.

« Ce musée, c’est aussi la mémoire d’un peuple », souligne Mme Memel Kassi. « Il est important de le faire découvrir aux Ivoiriens. »

Romandie.com avec(©AFP / 10 octobre 2017 19h09)                

Un demi-million d’euros dérobé au musée de François Mitterrand

décembre 3, 2015

Un musée dédié à l’ancien président socialiste français François Mitterrand a été la cible dans la nuit de mercredi à jeudi d’un cambriolage. Le butin du vol atteint près d’un demi-million d’euros, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon la gendarmerie, les malfaiteurs se sont introduits par effraction dans le musée, situé à Château-Chinon, une ville du centre de la France, dont François Mitterrand a été le maire de 1959 jusqu’à son élection à la présidence en mai 1981.

D’après les premiers éléments de l’enquête, le butin se situerait « entre 300’000 et 500’000 euros ». Les voleurs ont emporté plusieurs dizaines d’objets de grande valeur dont des pendules et des sabres, en or, en cristal ou encore ornés de diamants.

Cadeaux reçus par Mitterrand
Après être passés par le toit, les malfrats sont parvenus à déjouer le système d’alarme, qui ne s’est pas déclenché, en ciblant une pièce du musée située dans « une zone d’ombre » du système de protection.

Le musée du septennat, créé en 1986, conserve les cadeaux officiels et personnels reçus de la part de chefs d’État étrangers par François Mitterrand durant ses deux mandats présidentiels.

La collection est constituée notamment de céramiques, verreries, pièces d’argenterie et d’orfèvrerie, tableaux, meubles et tapisseries.

Romandie.com

Un Marocain soupçonné d’avoir participé à l’attentat de Tunis arrêté en Italie

mai 20, 2015

Rome – Un Marocain soupçonné d’avoir participé à l’attentat sanglant du musée Bardo en Tunisie, qui a fait 22 morts en mars, a été arrêté près de Milan, dans le nord de l’Italie, ont annoncé mercredi les autorités italiennes.

Abdelmajid Touil, 22 ans, connu sous le pseudonyme d’Abdallah, a été arrêté mardi soir à Gaggiano, dans l’appartement où résident sa mère et ses deux frères, a précisé lors d’une conférence de presse Bruno Megale, chef du Digos (département de la police chargé des opérations spéciales et du terrorisme) de Milan.

Pour nous c’est un parfait inconnu, a expliqué M. Megale, en précisant que ses services avaient agi sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités tunisiennes, qui soupçonnent le jeune homme d’avoir participé à l’attentat du Bardo.

En Tunisie, le ministère de l’Intérieur a indiqué à l’AFP avoir émis des mandats d’arrêt internationaux contre deux Marocains et un Algérien ayant un lien indirect avec l’attentat du Bardo.

Ces trois hommes n’ont pas participé à l’opération terroriste mais ont aidé ses auteurs, a dit le porte-parole du ministère Mohamed Ali Aroui, sans les nommer et sans plus de précisions sur leur rôle.

La seule trace que le Marocain arrêté près de Milan ait laissée au sein des services de police italiens reste un arrêté d’expulsion émis à la mi-février 2015, juste après son arrivée à Porto Empedocle, dans le sud de la Sicile, avec des dizaines d’autres clandestins.

Selon les premiers éléments dont disposait M. Megale, le jeune homme est soupçonné d’être parti en Tunisie puis revenu en Italie après l’attentat. Le mandat d’arrêt international a été établi sur des chefs d’homicide volontaire avec préméditation et conspiration en vue de commettre un attentat.

En Tunisie, les autorités ont détenu près d’une cinquantaine de personnes dans le cadre de l’enquête. L’attentat a été revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI) mais les autorités tunisiennes ont affirmé qu’il avait été dirigé par Lokmane Abou Sakhr, un chef jihadiste algérien abattu fin mars par les forces de l’ordre tunisiennes.

La mère d’Abdelmajid Touil travaille comme aide à domicile et ni elle ni ses deux autres fils ne sont soupçonnés d’implication dans cette affaire. Peu après l’attentat, elle avait fait une déclaration de perte du passeport de son fils, qui a permis aux autorités de faire le lien.

Le travail de recoupement des informations entre les services a fonctionné, s’est félicité M. Megale.

Le 18 mars, une attaque terroriste contre le prestigieux musée du Bardo de Tunis, qui jouxte le Parlement, avait fait 22 morts: 21 touristes étrangers et un policier tunisien.
Parmi ces 22 morts figurent quatre touristes italiens, tandis que cinq autres ont été blessés.

Dix jours plus tard, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi s’était rendu à Tunis, en compagnie d’autres dirigeants internationaux dont le président français François Hollande, pour participer à une grande marche contre le terrorisme en Tunisie.

Romandie.com avec(©AFP / 20 mai 2015 13h17)

RDC: Au Musée du Kivu, la « petite kabila » et autres trésors de sagesse

mars 20, 2015

Au Musée du Kivu, la 'petite kabila' et autres trésors de sagesse
Au Musée du Kivu, la « petite kabila » et autres trésors de sagesse © AFP

Perchée sur son étagère, la « petite kabila » vous regarde de ses yeux mystérieux: bienvenue au Musée du Kivu, joyau peu connu perpétrant la mémoire d’une sagesse traditionnelle congolaise aujourd’hui en voie de disparition.

Cette statuette de femme assise sur ses talons et tenant dans ses mains une sorte de jarre figurait autrefois sur tous les billets de 10 francs congolais, coupure qui n’a plus cours aujourd’hui.

C’est Laurent-Désiré Kabila lui-même, père de l’actuel président congolais Joseph Kabila, qui avait tenu à ce qu’elle soit ainsi représentée, assure Barthélémy Kayumba, animateur de ce musée caché derrière les murs de la procure des pères xavériens (missionnaires catholiques d’inspiration jésuite) à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.

En langue luba, « kabila signifie partage, distribution », et chez les Luba, ethnie du sud-est du pays dont est issu le chef de l’Etat, la statuette avait « une fonction d’entraide et de solidarité », ajoute M. Kayumba.

« Pour Kabila Père », chef rebelle qui mit fin en 1997 à 32 années de dictature de Mobutu Sese Seko, « elle avait une valeur symbolique », explique-t-il : « Le chef, ou la mère, doit s’occuper des plus faibles et prêter attention aux plus petits.  »

La « petite kabila » est une copie, comme nombre de pièces du musée en l’absence des pièces d’origine dont on ignore souvent le sort.

Mais les xavériens, dont les premiers prêtres sont arrivés dans le pays en 1954, ont également amassé beaucoup de pièces authentiques : des objets « conçus en prévision d’une cérémonie », généralement l’initiation ou l’investiture d’un « mwami » (chef), explique le père Italo.

Au Congo depuis près de 40 ans, ce prêtre italien a bien connu le père André, à l’origine de la constitution du musée – et aujourd’hui en Europe pour des soins.

Le musée a ouvert ses portes au public en 2013 mais la recherche des pièces avait commencé dix ans plus tôt, alors que s’achevait la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

– ‘Objets sataniques’ –

Pour le Sud-Kivu, la fin de cette guerre régionale africaine dont la RDC fut l’unique champ de bataille, n’a pas signifié le retour à la paix. Comme sa voisine du Nord-Kivu et d’autres zones de l’est du pays, la province reste déchirée par la violence de conflits armés alimentés par des milices congolaises ou étrangères.

Le musée a pu se constituer une collection de plusieurs centaines de statuettes, masques, fétiches. . . grâce à la coopération de chefs coutumiers des principales tribus du Sud-Kivu (Lega, Bembe, Shi et Buyu), à l’honneur par rapport aux autres ethnies du pays.

Ce sont eux qui ont légué la plupart des pièces authentiques, dont la plus vieille a sans doute une centaine d’années, indique M. Kayumba : « Il s’agissait de les mettre à l’abri » pour éviter qu’elles ne soient pillées par tel ou tel groupe armé.

De par la nature même de leur fonction, ces pièces étaient transmises de chef en chef. Certains d’entre eux étaient en possession d’un véritable trésor. Mais avec la colonisation belge (1908-1960) et l’arrivée des missionnaires catholiques, on a considéré un peu rapidement que « tout cela c’était de la sorcellerie » et on a demandé aux Congolais de « mettre cela de côté alors que c’était leur façon de vivre et qu’il y avait là une vraie école de sagesse », estime le père Italo.

Chez les Lega, par exemple, on ne devient pas chef de père en fils, comme dans beaucoup d’autres tribus, mais le conseil des anciens choisit parmi les initiés « celui qui porte le plus haut les valeurs morales », explique M. Kayumba.

Le musée est là « pour garder la mémoire collective d’un peuple » alors qu’elle « tend vers la disparition », dit le père Italo.

A l’extérieur de la procure xavérienne, rien n’indique la présence du musée. Encore peu connu, il attire néanmoins quelques milliers de visiteurs par an. La plupart d’entre eux viennent en groupes organisés par des écoles ou des paroisses.

« Beaucoup de gens s’étonnent que les pères venus les évangéliser abritent chez eux des objets +sataniques+ », constate le père Italo.

Face à cette vision erronée des choses, le musée du Kivu a pour vocation d’amener les visiteurs à « prendre conscience » de leurs racines et « comprendre le sens et les valeurs de leur culture ».

Jeuneafrique.com

Burkina: initiative pour transformer l’ancien parlement en musée

décembre 27, 2014

Burkina: initiative pour transformer l'ancien parlement en musée
Burkina: initiative pour transformer l’ancien parlement en musée © AFP

Des personnalités de la société civile et des intellectuels burkinabè ont lancé samedi un appel à contribution populaire pour transformer en musée les restes du parlement incendié lors de l’insurrection qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir.

Le 30 octobre, plusieurs milliers de personnes ont envahi et incendié l’Assemblée nationale où les députés s’apprêtaient à voter une modification constitutionnelle qui aurait permis au président Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de briguer un autre mandat.

« Les stigmates de cette violence transformatrice, encore visibles sur les murs noircis de fumée et les fenêtres soufflées de l’Assemblée nationale sont à conserver pour marquer la conscience nationale », a déclaré à la presse le constitutionnaliste Luc Marius Ibriga, figure de proue de la société civile burkinabè et de la vague anti-Compaoré.

Les restes de la bâtisse de deux étages doivent « constituer un lieu de mémoire et témoigner du message du peuple souverain et de la demande citoyenne de respect de sa volonté, de la démocratie et de la liberté », a-t-il ajouté.

Le Conseil national de transition (CNT), l’actuel parlement composé de 90 membres (contre 127 anciennement) siège à « l’hôtel du député », à environ deux kilomètres de l’ancien parlement.

Le cinéaste Gaston Kaboré, le rappeur Smockey, le président du Mouvement burkinabè de défense des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) Chrysogone Zougmoré, des architectes et des juristes figurent parmi les personnalités qui ont adhéré à ce projet.

Une quête populaire de « 500 francs CFA (76 centimes d’euro) sera lancée courant janvier pour la construction du musée ». La construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale qui sera érigé à côté, sera financé par « l’effort des gouvernants et des institutions publiques », selon les initiateurs.

Le Burkina Faso vit sous un régime de transition après la chute de Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par une insurrection populaire le 31 octobre après 27 ans de règne.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nelson Mandela muséifié de son vivant en Afrique du Sud

août 17, 2011

A la plus grande joie de touristes avides de témoignages sur l’apartheid, l’Afrique du Sud transforme en musées tous les lieux qui ont marqué la vie de son héros Nelson Mandela. Quitte à verser dans le culte de la personnalité.

On peut désormais passer plusieurs jours, rien qu’à Johannesburg, à suivre les traces du grand homme, dirigeant de la lutte anti-apartheid, puis président de la République de 1994 à 99, aujourd’hui âgé de 93 ans.

« Les attractions les plus populaires sont liées à Mandela. La principale demande, c’est un tour à Soweto, pour goûter l’ambiance d’une township et visiter sa maison », confirme Laura Vercueil, porte-parole de l’office du tourisme de la métropole sud-africaine.

La petite maison de Soweto où Nelson Mandela a habité de 1946 à 1962, puis de nouveau pendant onze jours après sa libération en 1990, avait été transformée en musée par son ex-femme Winnie dès 1997.

Une rénovation radicale en 2009 en a fait une coquille vide et aseptisée. Mais il y a foule.

Non loin de là, l’incontournable Musée de l’apartheid consacre une exposition très documentée à celui qu’une visiteuse a qualifié de « grand leader » sur le tableau noir de la cour.

« Au début, c’était une exposition temporaire, que nous avons montée pour ses 90 ans (en 2008, ndlr). Mais elle ne devrait pas s’arrêter avant longtemps, car elle a beaucoup de succès », sourit la commissaire Amelia Potenza. « C’est magnétique, les gens sont attirés vers la figure de Mandela.  »

Ses visiteurs? A 20% des touristes étrangers, et à 60% des enfants des écoles.

« Mandela est celui qui nous a tous aidés à être là où nous sommes. Ici, les enfants peuvent apprendre d’où ils viennent, et qui leur a apporté la liberté », explique Mamokete Anna Kibane, une enseignante venue d’une township des environs avec ses élèves.

Toujours à Johannesburg, on peut aussi visiter la chambre qu’il a louée dans la township d’Alexandra, l’endroit où il se cachait avant son arrestation en 1962, la cellule du fort où il a été ensuite incarcéré. . . Sans parler de l’immeuble où il eut son cabinet d’avocat dans les années 1950 et qui, fraîchement restauré, attend sa muséification.

Et bien sûr, certains guides font un crochet pour passer devant sa résidence actuelle, dans un quartier résidentiel du nord de la ville.

« C’est comme avant en URSS, avec tous les musées Lénine », s’amuse John Brown, un touriste américain parti dans l’aventure.

Ailleurs dans le pays, l’important musée Mandela de Mthatha (sud) va fermer pour travaux, mais une exposition doit permettre aux visiteurs de patienter à Qunu, le village voisin où Nelson Mandela a grandi.

Après sa petite maison, c’est maintenant son ancienne école qui va y être restaurée. Six poteaux doivent y être plantés, chacun portant une lettre formant le mot Nelson. . .

Au Cap, le pénitencier de Robben Island, où Mandela à passé dix-huit de ses vingt-sept années de prison, tient bien sûr la vedette. Il a été classé au patrimoine de l’Unesco comme « symbole du triomphe de l?esprit humain, de la liberté et de la démocratie sur l?oppression.  » Avant de prendre le bateau qui y mène, une exposition permet de tuer le temps utilement au « Nelson Mandela Gateway ».

Non loin de là, on est accueilli par une statue de 3,20 m de haut du héros à la prison de Groot Drakenstein où il a terminé sa détention. . . En attendant que sa résidence capetonienne soit un jour transformée en « musée vivant ».

Un autre musée va être construit là où il fut arrêté le 5 août 1962, non loin de Durban (est).

« Il y a un emballement sur Mandela, parce qu’il est une icône mondiale. Il y en a très peu dans le monde, des icônes qui représentent le triomphe de la bonté sur le mal », explique Amelia Potenza, qui cite aussi Gandhi. « Nous en avons besoin! »

« Bien sûr c’est un culte de la personnalité. Mais c’est compréhensible: Mandela est synonyme de la lutte contre l’apartheid, et il ne nous a pas déçus. Il aurait pu! », ajoute-t-elle, reconnaissant tout de même qu' »il a fait des erreurs ».

Quant à Nelson Mandela lui-même, il a un jour déclaré qu' »il n’est pas du tout correct d’élever un être humain à la position d’un dieu ».

Mais il ne semble pas souffrir outre mesure de cette muséification de son vivant. Sa fondation insiste cependant pour que soient reconnues « d’autres voix qui ont contribué à la lutte » contre l’apartheid.

Jeuneafrique.com