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Congo: Le SOS des musiciens congolais face à la maladie grave de plusieurs des leurs et particulièrement pour deux, jugés préoccupants : – Michel BOYIBADA – Auguste Fall PANDZOU

février 2, 2021

Le SOS des musiciens congolais face à la maladie grave de plusieurs des leurs et particulièrement pour deux d’entre eux, jugés préoccupants :
-  Michel BOYIBADA
-  Auguste Fall PANDZOU
En effet, la crise sanitaire liée au Covid-19 à particulièrement touché les artistes-auteurs compositeurs dans leur activité quotidienne de création ou d’animation et a engendré pour tous une situation sociale et économique très critique.
Dans ce contexte très particulier, il serait urgent que le Ministère de la culture et des arts, la Société civile, se mobilisent pour soutenir l’ensemble du secteur et en particulier les artistes musiciens qui ne produisent plus depuis une année.
Pour ce faire deux suggestions sont urgentes :
-  Avances exceptionnelles de droits d’auteurs
-  Création d’un fond de solidarité ou d’un fond de secours du gouvernement en faveur des artistes meurtris.

A Propos de BOYIBANDA et AUGUSTE FALL trois numéros de téléphone sont disponibles : UMC +242 055255210 –

BOYIBANDA : +242 055218908 –

AUGUSTE FALL : +242 055155251 ou 069403017

Ces numéros de téléphone sont à la disposition de toutes personnes de bonne volonté qui voudront apporter une aide directe.

Avec Congopage par Clément Ossinondé

Congo/Alphonse NTALOULOU « Alphonso » : Le 25 Décembre 2004 nous rappelle sa disparition

décembre 24, 2020

Bassiste émérite, doublé d’un inimitable compositeur, « Alphonso » est décédé samedi 25 décembre 2004 au C.H.U. (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville à l’âge de 62 ans.

Farouche individualiste de l’expression profane afro-bantoue, Alphonse Ntaloulou en était l’une des plus fascinantes personnalités. Il était plongé dès son enfance dans la tradition, essentielle et féconde qui engendra les formes citadines de la rumba moderne les plus exigeantes.

Considéré comme l’un des plus grands bassistes de la musique congolaise moderne, il fut surtout un « musicien pour musiciens  », expérimentant avant tout le monde de nouvelles possibilités à la guitare basse, avec des sonorités électroniquement bien travaillées.

Compositeur de grand talent, cet ancien sociétaire de l’orchestre Cercul Jazz, qui a intégré Les Bantous en Septembre 1963, (en remplacement de Francis Bithsoumani « Celi Bitsou ») Alphonse Ntaloulou « Alphonso » a su s’imposer dans « Les Bantous de la Capitale », aux côtés des grands noms tels que Gerry Gérard Biyela, Joseph Samba « Mascott », Nino Malapet, Jean-Serge Essous, etc …

On lui doit plusieurs chansons à succès qui ont fait bouger le Congo et l’Afrique, dont les plus connus sont : « Mama na pesi yo melesi  », « C’est l’amour  », « Koyaka te  » et surtout celle qui a battu tous les records de vente et de popularité : « Choisis ou c’est lui ou c’est moi ». C’est sûrement sa meilleure chanson, variée et parfaitement équilibrée, elle aborde un sujet d’amour très courant dans la société congolaise.

Avec Congopage par Clément OSSINONDE

Congo : Il y a soixante-dix ans que disparaissait Paulo Kamba

mars 18, 2020

 

Ce grand précurseur de la musique congolaise moderne a marqué plusieurs générations. Paulo Kamba, dit « Tata Paulo », a quitté ce monde à l’âge de 38 ans.

 

 

Né le 12 décembre 1912, à Mpouya, en République du Congo, Paul Kamba est mort le 19 mars 1950, quelques mois avant son départ en France où il était attendu pour une formation musicale dans un conservatoire français.  Le talentueux artiste chanteur, Paul Kamba, a connu un immense succès tout à fait remarquable à Brazzaville et à Léopoldville (Kinshasa). Son œuvre considérable lui a valu la décoration de « Chevalier de l’Etoile du Bénin » de la République Française.

L’artiste a ouvert la voie à toute la lignée des grands noms qui ont dominé le monde de la musique dans le grand Bassin du Congo.  Il fonde en 1941 à Brazzaville « le Victoria Brazza » qui devint un des groupes légendaires de la rumba et, passe beaucoup de temps à affiner sa musique, ce qui ne l’empêche pas de se produire régulièrement à Léopoldville (Kinshasa) et de s’imposer dans cette ville qui regorgeait d’excellents musiciens.

Paulo Kamba avait une faculté de création extraordinaire, il créa avec son groupe, un genre typique plein de charme dans lequel il s’était imposé auprès du public et des musiciens.  L’artiste n’a vécu à peine qu’une trentaine d’années, il a su élever son talent d’artiste-musicien à travers la guitare, les instruments à corde et le piano.

Ses chansons ont un tel succès régional, l’essentielle de la discographie de Paul Kamba aux Editions Ngoma : Disque n° 271 : « Victoria » – « Marie Thérèse » – Disque n°272 : « Catherine » – « Victoria ya Maria » ; Disque n°273 : « Obela Mpoko » – « Liwele ya Paulo ; Disque n°275 : « Djiguida » – « Masanga fala »

Pour cette reconnaissance, la Municipalité de Brazzaville, le Ministère de la Culture et des arts ,  chargé du Tourisme ont attribué  à plusieurs lieux son nom notamment, la rue Paul Kamba, dans le troisième arrondissement Poto-Poto ; l’Ecole nationale des Beaux-arts Paul Kamba dans l’arrondissement 1 Bacongo ; la grande compétition musicale nationale dite : « Edition Challenge Paul Kamba » ;  le buste Paul Kamba, situé à la place de la gare à Brazzaville ; l’hospice des vieillards Paul Kamba, etc.

Paulo Kamba a fait ses études à l’ecole Jeanne d’Arc de Brazzaville, à l’issue desquelles il tente sa chance à Léopoldville où il commence à travailler en qualité de commis des P.T.T. C’est là qu’il approfondit ses connaissances en musique, particulièrement à la guitare où il s’était intéressé à jouer très jeune à l’ecole Jeanne d’Arc, à Brazzaville.

De retour dans son pays natal en 1932, il occupe successivement des emplois au Service des Mines et des Affaires Economiques. « Tata Paulo » donne le meilleur de lui-même dans toutes les tâches que lui confère l’administration coloniale. Sa passion pour la musique ne l’empêche pas d’aimer le football où il fut un excellent arbitre central de l’époque où le stade Eboué de Brazzaville constituait le grand sanctuaire du football congolais.

Paulo Kamba a occupé différentes fonctions :  secrétaire général du syndicat des contractuels et auxiliaires du gouvernement général de l’A.E.F ; collaborateur du Cercle de l’union éducative et mutuelle de la jeunesse africaine. Il a, également, contribué à animer la rubrique culturelle de la revue Liaison, où il a laissé quelques partitions musicales.

Auteur -compositeur – guitariste, Paulo Kamba repose pour toujours au cimetière du centre-ville de Brazzaville. C’est depuis le mois de mars 1974 que l’UNEAC (Union nationale des écrivains et artistes congolais) a procédé à l’exhumation de sa dépouille, de l’ancien cimetière de Moukounzi-Ngouaka à Bacongo, pour le cimetière du Centre-ville.

 

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

Congo: Une grande voix s’est tue, Célestin Kouka « Célio » ne chantera plus jamais.

août 21, 2016

 

Brazzaville, (Starducongo.com) – Célestin Kouka « Célio » est mort le samedi 20 Août 2016, à 01 h du matin au CHU de Brazzaville, à l’âge de 81 ans. Une grande voix s’est tue, mais elle continuera de chuchoter à nos oreilles.

On a rien tenté pour le sauver

Une grande voix s'est tue, Célestin Kouka "Célio" ne chantera plus jamais.


 Nous avions longtemps alerté l’opinion nationale, et encore, il y a moins d’une semaine à l’occasion des 57 ans des Bantous de la Capitale, sur l’état de santé préoccupante de Célestin Kouka qui plus que jamais avais besoin des solutions médicales immédiates et urgentes. Hélas ! le destin a tranché.

Une carrière mémorable.

La carrière musicale de Célestin Kouka débute en 1952 dans l’orchestre du Cercle culturel de Bacongo, cumulativement avec sa fonction de secrétaire au Consulat britannique de Brazzaville.

En 1953, il fait partie du groupe Les compagnons de joie (CDJ) de Marie-Isidore Diaboua, suivi de la création en 1954 de l’orchestre Negro Jazz.

Décembre 1956, Célestin Kouka intègre l’Ok Jazz, en même temps qu’Edo Ganga et Nino Malapet. Notamment à la suite du départ d’Essous, Pandi et Lando Rossignol aux éditions Esengo.

Le 15 Août 1959, Célestin Kouka participe à la création de l’orchestre Bantou, Chez Faignond à Brazzaville
En 1972, suite à l’implosion des Bantous, il crée, avec Pamelo et Kosmos le Trio Cepakos puis l’orchestre Le Peuple. Les défections de Pamelo en 1978 et de Kosmos en 1984 mettent un terme à cette belle expérience musicale. Son retour, en 1987, dans les Bantous de la capitale n’est pas concluant. Il claque la porte une nouvelle fois.

En 1990, il crée Bantous Monument en compagnie de Ganga Edo et Passi Mermans. Une courte expérience qui ne fera pas long feu. Puis encore, l’orchestre Le peuple en 2000, mais sans succès.

En 2004, Célestin Kouka est de retour dans les Bantous. Retour historique, car il sera suivi de deux séjours triomphaux des Bantous en Europe, dont le passage à L’Olympia de Paris.

Mort à l’âge de 81 ans, Célestin Kouka est né le 5 février 1935 à Brazzaville, fils de Bitambiki Benoît et de Talantsi Madeleine. Célestin ne se produisait plus sur scène avec son groupe Les Bantous, depuis 2011. Sa vue avait sérieusement baissé, outre le véritable mal qui le rongeait depuis plusieurs années.

Compositeur de grand talent, il laisse à la postérité des compositions légendaires, telles, « Mawa ya Hotelet », « Georgina wa bolingo » (OK Jazz), « Comité Bantou », « Rosalie Diop » (Bantous), « Kouka ba dia ntseke », « Caprices », « L’heure de la vérité » (Trio Cepakos) etc.

Adieu l’artiste !

Clément Ossinondé
clementossinonde@starducongo.com

Prince, une légende s’éteint

avril 21, 2016

Le légendaire chanteur américain Prince, musicien de génie, dandy et bête de scène, est mort, jeudi 21 avril, à l’âge de 57 ans. Il a été retrouvé inanimé dans son studio d’enregistrement à Paisley Park, dans le Minnesota, a confirmé le shérif du comté dans un tweet. « C’est avec une profonde tristesse que je confirme que le légendaire interprète Prince Roger Nelson est mort dans sa résidence de Paisley Park ce matin », avait déclaré un peu plus tôt son attachée de presse, Yvette Noel-Schure. Avec plus d’une trentaine d’albums, cette légende de la musique pop laisse derrière elle une myriade de tubes, dont Kiss, Cream, Girls & Boys et la bande originale du film Purple Rain, en 1984.

Quelques minutes après l’annonce de sa mort, un petit groupe de fans s’est rassemblé, sous la pluie, devant le studio d’enregistrement de l’artiste, où les récompenses qu’il a reçues sont affichées au mur.

« Il n’y a pas plus de détails sur la cause de sa mort pour le moment », a ajouté l’agente de Prince. Le shérif du comté où réside l’artiste a tweeté qu’une « enquête était ouverte pour un décès à Paisley Park ».
La star avait été hospitalisée pour une grippe le 15 avril, à Moline, dans l’Illinois. Pour rassurer ses fans, il avait tenu à faire une apparition publique le lendemain, avant d’assurer une brève performance.

Une bête de scène

Le musicien, né Prince Nelson, vivait toujours en périphérie de Minneapolis, dans le Minnesota, où il a grandi. Il s’est fait connaître à la fin des années 1970 avec les titres Why You Wanna Treat Me So Bad ? et I Wanna Be Your Lover. Par la suite, le « kid de Minneapolis » a été l’un des plus grands musiciens des années 1980 et 1990 ; ses tubes ont fait danser le monde entier, mêlant riffs de guitare et rythmes funk.

« Why You Wanna Treat Me So Bad ? » :

Mesurant moins d’1,60 m, mais avec une personnalité surdimensionnée, celui qui était parfois présenté comme un rival de Michael Jackson était une véritable bête de scène, au style dandy et cultivant un côté androgyne. Jouant de la guitare dans un style flambloyant, largement inspiré de Jimi Hendrix, Prince était reconnaissable entre tous pour ses cris aigus qui parsemaient ses chansons. Dans les années 1990, le chanteur avait changé son nom pour un imprononçable « Love Symbol ».

Un projet de Mémoires

Durant les années 2000, il était resté prolifique et s’était récemment converti à la diffusion en flux direct (streaming) sur Internet, car il estimait que le Web lui donnait plus de liberté artistique. Le musicien, présenté comme étant l’un des plus inventifs de son époque,
était en effet un fervent défenseur de son indépendance, luttant contre sa maison de disques pour conserver ses droits sur sa musique et sur son nom.

En signe de protestation, Prince avait inscrit « slave » (« esclave ») sur son visage, pour marquer son refus d’être dépossédé de son travail. Il avait ensuite quitté son label, Warner Bros., avant d’y revenir en 2014.

« Cream » :

En 2004, Prince a été intronisé au Rock and Roll of Fame, le panthéon du genre, qui l’a salué comme un pionnier musical. « Il a servi de modèle pour la musique d’avant-garde dans les années 1980 », peut-on lire dans le texte de présentation de l’artiste, au musée de Cleveland, dans l’Ohio.

Plus connu comme guitariste, chanteur et danseur, Prince avait récemment organisé des concerts dans ses studios de Paisley Park et en Australie, durant lesquels il a joué du piano en solo. Il avait alors déclaré qu’il voulait se lancer un nouveau défi artistique.

Alors qu’il avait commencé sa série de concerts, il avait aussi annoncé le mois dernier qu’il allait publier ses Mémoires, dont son éditeur prédit qu’ils seront « anticonformistes ».

Prince assure le spectacle lors du Super Bowl, le championnant de football américain, en 2007.En 2004, le chanteur s'est produit en duo avec la star de la pop Beyoncé Knowles à l'occasion des Grammy Awards, à Los Angeles.Avec plus d’une trentaine d’albums, cette légende de la musique pop laisse derrière elle une myriade de tubes, dont « Kiss », « Cream », « Girls & Boys » et la bande originale du film « Purple Rain », en 1984.Le 25 août 1986, lors d'un concert au Zénith de Paris.Alors qu’il avait commencé une série de concerts, Prince (ici avec son ex-femme Manuela Testolini en 2004) avait aussi annoncé le mois dernier qu’il allait publier ses Mémoires, dont son éditeur prédit qu’ils seront « anticonformistes ».Le 4 mai 1994, Prince reçoit des mains du chanteur d'opéra italien Placido Domingo le prix, sluant sa « contribution exceptionnelle à l'industrie Pop », et décerné lors de la cérémonie des World Music Awards à Monaco.Le 2 mai 1990 photo Prince apparaît en concert au profit de la famille de Charles Huntsberry, à Minneapolis.Le 27 février 2005 Prince et sa femme de l'époque Manuela Testolini, arrivent à la 77e cérémonies des Oscars, à Los Angeles.

Le musicien, né Prince Nelson, vivait toujours en périphérie de Minneapolis, dans le Minnesota, où il a grandi. Il s’est fait connaître à la fin des années 1970 avec les titres « Why You Wanna Treat Me So Bad? » et « I Wanna Be Your Lover ». Par la suite, le « kid de Minneapolis » a été l’un des plus grands musiciens des années 1980 et 1990.

PATRICK HERTZOG / AFP

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Lemonde.fr

Fally Ipupa, le prince congolais de la rumba mondialisée

février 9, 2016

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Fally Ipupa au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo près d’Abidjan, le 26 avril 2015. Crédits : SIA KAMBOU / AFP
On le surnomme Dicap la Merveille, El Maravilloso, El Magnifico et on en passe. La marque des grands de la scène musicale congolaise. Autant de « galons » pour ce général 5 étoiles de la rumba gagnés sur ce champ de bataille de Kinshasa où la concurrence entre artistes est aussi impitoyable qu’aux Etats-Unis, où les groupes apparaissent et prennent fin aussi vite qu’une pluie tropicale.

Fally Ipupa va fêter cette année ses dix ans de carrière solo et celui qui fait partie du club très privé des stars du continent s’est donné pour objectif d’être la première vedette de son pays à conquérir le marché mondial. « J’ai fait le tour de l’Afrique, je n’ai plus rien à y prouver, affirme-t-il. Je veux aller de l’autre côté, donner du plaisir aux publics asiatiques, européens ou américains. »

Rumba survitaminée

Le jeune homme introverti né à Bandal, le quartier des musiciens de la capitale, après des débuts timides dans une myriade de formations, s’est mué en beau gosse ambitieux au fil des ans. En 1999, son transfert, à l’âge de 22 ans, dans le groupe Quartier Latin, la célébrissime formation du non moins célébrissime Koffi Olomidé, fit déjà couler beaucoup d’encre.

Le temps d’affiner son talent exceptionnel de chanteur et en 2006, il se lance dans une carrière solo avec son premier album Droit chemin ; du ndombolo (cette rumba survitaminée qui branche les jeunes) aux accents neufs et un succès énorme : plus d’un million d’exemplaires, pirates ou non, écoulés sur le continent et dans la diaspora (dont un disque d’or en France). Deux autres opus, Arsenal de belles mélodies (2009) et Power-Kosa Leka (2013) l’imposeront définitivement.

« La musique congolaise a été l’histoire d’un véritable gâchis, lâche Fally Ipupa. Mes aînés, les Tabu Ley, Kanda Bongo Man, Werrason et autres JB Mpiana n’ont jamais voulu s’exporter hors du continent puisqu’ils y gagnaient énormément d’argent. » A quelques nuances près toutefois : Franco avait esquissé le grand saut vers le marché mondial avant de mourir en 1989. Papa Wemba avait, lui aussi, tenté une approche avec trois albums (Le Voyageur, Emotion et Molokaï) réalisés sous la houlette de la rock-star tiers-mondiste, Peter Gabriel, entre 1992 et 1998 ; et puis il y eut la chance exceptionnelle offerte à Koffi Olomidé quand les feux de l’actualité française et européenne se braquèrent sur son concert (une première pour une star africaine !) en 2000 dans la salle parisienne de Bercy archi-comble, une chance qu’il ne sut ou ne voulut pas saisir.

Mais pourquoi les rumberos d’antan auraient-ils eu à se soucier du marché occidental, eux qui régnaient alors en maîtres absolus sur les hit-parades de Dakar à Johannesburg, eux qui, accueillis tels des chefs d’Etat, remplissaient des stades et passaient (en option) par la case palais présidentiel toucher des bonus sonnants et trébuchants ? Il est loin, ce temps, semble dire Dicap la Merveille, 39 printemps au compteur. Papa Wemba a maintenant 66 ans, Koffi 60, Werrason 51. Une nouvelle génération a pris le pouvoir. Une génération qui a connu la mondialisation dès le plus jeune âge et pour qui surfer sur Internet est aussi naturel que taper dans un ballon de foot et résider à Paris aussi simple que vivre au pays, entouré des siens et immergé dans les traditions.

Les réseaux sociaux pour entretenir le buzz

« Dès l’âge de 17 ans, je fréquentais les kiosques de rue dans Kin pour jouer sur Nintendo, se rappelle Fally. Mais j’ai vraiment commencé à me servir de l’ordinateur en 2004 quand j’ai gagné un peu d’argent. » A l’instar d’un artiste français ou britannique, il se met à l’heure numérique, s’appuie sur les réseaux sociaux comme un élément majeur de sa stratégie pour entretenir le buzz, « même si le Web est encore un luxe pour nous ». « J’ai ouvert un blog en 2006 à l’occasion de la sortie de Droit chemin. Je dispose d’une page Facebook depuis 2007. Quant à mon compte Instagram, il est le plus visité de la RD Congo, avec plus de 3 000 visites par jour ! », s’exclame-t-il fièrement.

Nouveau pas en avant en avril 2013 : il signe un contrat portant sur trois albums avec la multinationale AZ/Capitol/Universal. Et depuis la mi-2015, il travaille sur son prochain CD en studio à Paris, en quête de la pierre philosophale qui lui ouvrirait les portes de la gloire mondiale. Et plus question de centaines de fans se faufilant dans les couloirs de ces « temples du son », à quêter des miettes de chansons ou un mot de la vedette comme c’est la coutume lorsqu’un un Koffi ou un JB Mpiana grave un nouveau disque, mais juste le staff nécessaire… le travail à l’occidentale autrement dit !

« Je veux qu’on écoute de la musique africaine car j’ai cette culture dans le sang, mais modulée pour les oreilles du monde entier », confie-t-il. Et très logiquement, Fally a réuni les ingrédients nécessaires à cette conquête internationale : un producteur, Skalpovitch (alias Skalp), qui s’est imposé dans le show-biz français comme un hit-maker (Magic System, Indila, Black M, Kendji Girac…), des textes en lingala, anglais et français, une musique entre european dance, rumba et ndombolo. Et surtout un nombre substantiel de featurings, ces produits d’appel indispensables à la réussite d’un album en 2016 : Black M, R.Kelly, la star de la soul-love américaine, et bien d’autres encore. On raconte même que Stromae, M. « Papaoutai », grand admirateur de l’idole kinoise, serait de la partie ! « Il peut conquérir les charts français, européens, voire au-delà, estime Skalp, j’y crois. »

Lemonde.fr par Jean-Michel Denis (contributeur Le Monde Afrique)

Congo-Musique : Jacques Loubelo s’en est allé

septembre 27, 2013

Jacques Loubelo

Le musicien Jacques Loubelo. © DR

Jacques Loubelo était un homme à part dans l’univers musical congolais. Celui dont les gens fredonnent les chansons sans connaître son visage. Artiste méconnu, il s’est éteint à Brazzaville, le 25 septembre, à l’âge de 73 ans.

Dans les années 1960, Jacques Loubelo, un jeune musicien d’une vingtaine d’années, sort une chanson intitulée « Congo ». Les paroles, apparemment simples, sont au contraire un hymne patriotique, un appel à la fraternité pour l’acceptation d’une réalité immuable : l’appartenance à un pays, qui implique une communauté de destin. Cette chanson va toucher les cœurs des destinataires au point de devenir, au fil des années, toutes proportions gardées, un second hymne national, un cri de ralliement pour le Congo-Brazzaville et ses habitants. Depuis le début de sa carrière, Jacques Loubelo, qui vient de disparaître, s’était assigné la mission de sensibiliser ses compatriotes, à travers sa musique, aux valeurs fondamentales sur lesquelles repose toute société. On l’a vu, par exemple, au cours d’une interview, déplorer l’insalubrité qui a élu domicile dans son pays et que personne ne se donne la peine de combattre. Il disait : « Nous avons perdu les bonnes habitudes. Or nous devons rester propres nos propos, nos pensées et nos actes. »

Musique épurée

Né à Brazzaville en 1940, Jacques Loubelo est un produit des écoles catholiques où il a été formé. Attiré par l’expression musicale, le jeune garçon devient chantre dans une chorale. En 1956, alors qu’il n’a encore que seize ans, son ambition d’apprendre à jouer de la guitare le pousse à intégrer le Cercul Jazz, l’un des orchestres brazzavillois de l’époque. En même temps, il se nourrit de tout ce que produisent les meilleurs musiciens qui se sont imposés à Brazzaville comme à Léopoldville (Kinshasa). Lorsque son pays accède à l’indépendance, en 1960, Loubelo, avec un groupe de camarades, monte un groupe : Les Cheveux crépus. L’orientation musicale est encore très religieuse. C’est seulement en 1967, à l’occasion de la Semaine culturelle de Brazzaville, le grand public le découvre. Avec sa voix de soprano, sa guitare acoustique, son souci de valoriser les traditions culturelles de son peuple, il ressemble, à quelque chose près, à ces musiciens qui, dans les années 1960, s’étaient illustrés dans un nouveau genre musical, le folksong. Sa musique est épurée, plus propice à l’écoute qu’à la danse, contrairement à la norme dans son milieu. Toujours enclin à la pédagogie, à la fusion des communautés, à l’interpellation de ses semblables, Loubelo est quasiment le seul à chanter, souvent dans le même morceau, en lari, sa langue maternelle, mais également en kikongo et en lingala, les deux langues nationales du Congo. Même si ses textes ne sont pas politiquement engagés, on ne peut s’empêcher de le comparer à un autre de ses illustres compatriotes, Franklin Boukaka.

Dans les années 1970, Jacques Loubelo quitte le Congo et s’installe en Suisse. Etait-ce pour des raisons politiques ? Difficile à dire. Ce qui est vrai c’est que, tout au long de sa carrière, il a été un éternel insatisfait, convaincu que les pouvoirs publics ne fournissent aucun effort pour soutenir les musiciens. C’est cette amertume qui l’avait poussé à regretter que les autorités de son pays invitent, lors de manifestations officielles, plus de musiciens de Kinshasa que ceux de Brazzaville. Mais également le fait que les Kinois touchent des cachets plus importants que les Brazzavillois. Bien qu’il ait obtenu le prix du meilleur artiste lors de la sixième édition du festival Tam-Tam d’or en 2010 et, avec d’autres, le prix d’excellence des arts et des lettres du ministère congolais de la Culture et des Arts à l’occasion du dernier Festival panafricain de musique (Fespam), Jacques Loubelo est avec la certitude que le Congo ne l’a jamais reconnu à sa juste valeur.

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu M.K.

Congo/Musique : Sam Talanis en concert à Brazzaville

avril 3, 2013

 

L’artiste musicien congolais Sam Talanis, se produira du 4 au 6 avril à l’hôtel Ledeger Plaza et à l’Espace Traiteur de Brazzaville, a annoncé ce jour la manager de l’artiste, Cynthia Samba.


 Musique : Sam Talanis en concert à Brazzaville
Ce concert offrira l’occasion à l’artiste franco-congolais de présenter son dernier album intitulé «Vice versa» qui comprend quelque 13 titres dont 6 chansons de reggae et 7 autres de la rumba congolaise.

Sam Talanis vit en France depuis une vingtaine d’années. Il est passionné de musique depuis son jeune âge. Ainsi, à l’âge de 5 ans, Sam faisait déjà régaler la famille de récitals improvisés. Il a toujours vécu avec des mélomanes.

Sam Talanis est auteur de deux albums autoproduits ; le premier «Pèlerinage For Africa» est comme son nom l’indique un pèlerinage dans la musique congolaise. Il se balade de Franklin Boukaka à Sammy Massamba, mais en y glissant une touche personnelle qui fait toute son originalité, ainsi Le bucheron devient Statu Quo, Longo devient alliance, etc. Il y a aussi un «Cri d’amour» pour le Congo, opus ayant reçu en 2008, le prix Tam Tam d’Or du meilleur album de la diaspora congolaise.

Sam a réédité la même prouesse en 2012 avec son deuxième album, «Vice Versa», couronné également par le prix Tam Tam d’Or.

 

Congo-site.com par Diane Ondélé et Fortuné Linge