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Le musulman Sadiq Khan en passe de devenir maire de Londres

mai 5, 2016

Les Londoniens sont en passe d’élire maire jeudi Sadiq Khan, un musulman fils d’un chauffeur d’autobus pakistanais, parfaite illustration du cosmopolitisme de la capitale britannique. Son principal adversaire est le conservateur et fils de milliardaire Zac Goldsmith.

Les bureaux de vote ont ouvert à 06h00 et fermeront à 21h00 (08h00 et 23h00 en Suisse). Les résultats ne seront pas connus avant vendredi après-midi.

Les sondages donnent au candidat travailliste une avance de plus de dix points. Si elle se concrétise dans les urnes, Sadiq Khan, 45 ans, député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres où il a grandi en cité HLM, succédera au charismatique Boris Johnson. Il deviendra ainsi le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale.

« Je suis fier d’être musulman », a-t-il déclaré mercredi à l’AFP, interrogé sur cette perspective. Mais il a souligné que sa confession n’était que l’une des composantes de sa personnalité. « Je suis londonien, je suis britannique (…) j’ai des origines pakistanaises, je suis un père, un mari, un supporteur de Liverpool », a-t-il dit, alors que le camp adverse tente sans relâche d’instrumentaliser sa religion pour refaire son retard.

Attaques sur sa religion
Zac Goldsmith, 41 ans, député du quartier résidentiel de Richmond, a notamment accusé l’ancien avocat des droits de l’Homme d’avoir fréquenté des extrémistes islamistes. Ces attaques ont été relayées par le Premier ministre David Cameron.

Le journal dominical et pro-conservateur Mail on Sunday est allé plus loin en titrant il y a quelques jours: « Jeudi, allons-nous vraiment donner la ville la plus fantastique au monde à un Parti travailliste qui pense que les terroristes sont ses amis' ». La question est illustrée de la photo d’un autobus éventré lors des attentats terroristes qui ont frappé Londres en 2005.

Londres et sa tolérance
Mais dans une ville dont 30% de la population est non blanche et tient à sa réputation de tolérance, cette stratégie pourrait avoir l’effet inverse de celui souhaité, estiment les analystes.

« On ne peut pas dire que les jeux sont faits », note toutefois dans le quotidien Evening Standard Tony Travers, professeur à la London School of Economics (LSE), selon qui le taux de participation sera décisif. « Plus il sera faible, plus ce sera positif pour Zac Goldsmith », a-t-il dit.

Les deux candidats ont promis de répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900’0000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions: logements inabordables, transports saturés et pollution.

Nouveaux parlements régionaux
Outre les Londoniens, les Écossais, les Gallois et les Irlandais du Nord voteront jeudi pour élire leurs nouveaux parlements régionaux, tandis que 124 conseils municipaux seront renouvelés en Angleterre.

Ces scrutins qui s’annoncent mal pour les travaillistes, en pleine tempête depuis une semaine en raison des propos jugés antisémites de certains des membres du parti. Plusieurs responsables ont été suspendus du parti, dont une députée et l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, un proche du chef du Labour Jeremy Corbyn.

Romandie.com

Centrafrique: avec l’arrivée des rebelles, la crainte d’affrontements religieux

mars 30, 2013
Centrafrique: avec l'arrivée des rebelles, la crainte d'affrontements religieux Centrafrique: avec l’arrivée des rebelles, la crainte d’affrontements religieux © AFP

Avec l’arrivée au pouvoir en Centrafrique de rebelles en majorité musulmans, beaucoup craignent des affrontements « inter-religieux », malgré les déclarations apaisantes du nouvel homme fort Michel Djotodia.

« On est assis sur une bombe. Un mauvais sorcier peut faire exploser la maison. Je ne veux pas qu’on relativise le problème », s’inquiète Mgr Dieudonné Nzapalainga, l’archevêque catholique de Bangui.

Michel Djotodia, président auto-proclamé depuis une semaine et premier dirigeant musulman du pays, a rappelé vendredi: « La République centrafricaine est un Etat laïc. Que ce soient les chrétiens et les musulmans, ils vivent dans un Etat laïc. Il est bien vrai: je suis musulman, mais je dois servir ma patrie, tous les Centrafricains ».

« Je ne suis pas venu pour les musulmans, je ne suis pas venu seulement non plus pour les chrétiens (. . . ) je suis venu pour tout le monde », a souligné M. Djotodia.

Il a reconnu toutefois que « certaines personnes mal intentionnées ont voulu drainer le pays vers un conflit inter-religieux ».

Depuis le début de l’offensive en décembre du Séléka jusqu’à la prise de Bangui, la religion de ses combattants a souvent été mise en cause par le régime de François Bozizé, qui a notamment accusé les rebelles de « prêcher le wahhabisme », une interprétation ultra-conservatrice de l’islam proche du salafisme, ou carrément d’être des « terroristes musulmans ».

Les comités d’auto-défense des partisans du président Bozizé, qui avaient érigé des barrières en ville pendant la crise, s’en sont régulièrement pris aux musulmans banguissois, les assimilant aux rebelles.

D’un autre côté, les rebelles se sont appuyé sur la communauté musulmane qui organisait régulièrement des collectes de soutien. Lors des pillages, les biens des musulmans ont été épargnés quand ceux de chrétiens étaient saccagés, donnant l’impression d’un conflit religieux à peine masqué.

L’image de milliers de musulmans scandant « Allah Akbar » (Dieu est grand) lors de l’arrivée de Michel Djotodia, à la grande mosquée de Bangui pour la prière du vendredi a aussi « choqué » certains chrétiens, selon un Banguissois.

« Nous ne sommes plus chez nous. Ils pillent nos biens et ceux-ci sont ensuite revendus par des musulmans qui les exportent vers le nord (Tchad et Soudan) », affirme un habitant du centre-ville sous couvert d’anonymat.

« Ils disent: +c’est notre tour maintenant. On va vous faire payer », explique une habitante du quartier Benz-Vi.

Aujourd’hui, la Centrafrique, 5 millions d’habitants, compte 45% de protestants, 35% de catholiques, 15% de musulmans, majoritairement originaires du nord d’où vient la rebellion, et 5% d’animistes. Ils ont toujours cohabité sans problème majeur.

Le Pasteur Nicolas Guere Koyame, à la tête de l’Alliance des Évangélistes en Centrafrique estime qu’il y a un « chantage » à éviter, qui consiste à dire qu’avec « un musulman au pouvoir, on va islamiser le pays ».

« Les nouvelles autorités (. . . ) ne sont pas là pour un but religieux mais un but politique. Elles doivent présenter leur programme politique pour convaincre la population », précise-t-il.

L’imam Oumar Kobline Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique, juge pour sa part: « Il ne faut pas casser cette cohabitation que nous avons depuis plus de 50 ans ».

« Je demande aux musulmans de ne pas dire +Aujourd’hui, c’est notre tour+ . Il n’y a pas un tour, nous sommes tous des Centrafricains. Les dirigeants du Séléka doivent tenir compte des principes de l’islam (. . . ) L’islam n’encourage pas la division, ni les vols ni les pillages », poursuit-il.

« Que le comportement de certains éléments Séleka ne donne pas raison à ceux qui ont voulu faire de ce changement un problème religieux, parce qu’hier des gens ont fait l’amalgame religieux disant qu’ils venaient imposer le wahhabisme ou l’islamisme », conclut-il.

Mgr Nzapalainga refuse aussi « l’amalgame »: « Le départ de la crise n’est pas religieux mais politique. Or en cours de route, des paroles, des gestes à l’égard des communautés chrétiennes ont fait penser qu’il s’agit d’une crise religieuse.  »

Des analystes militaires mais aussi politiques et diplomatiques soulignent que l’islam pratiqué par le Séléka les inquiète moins que l’absence de l’Etat et le vide sécuritaire, qui, associé à la pauvreté, pourrait favoriser l’implantation de groupes radicaux venus de la bande sahélienne ou des islamistes nigérians de Boko Haram.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le Nigeria limoge le conseiller pour la sécurité et le ministre de la Défense

juin 22, 2012

Le président du Nigeria Goodluck Jonathan a limogé vendredi son conseiller pour la sécurité nationale et le ministre de la Défense, a annoncé à l’AFP son porte-parole alors que le pays est plongé dans une spirale de violences meurtrières.

« Le NSA (conseiller pour la sécurité nationale) a été limogé (. . . ) le ministre de la Défense également », a déclaré le porte-parole présidentiel Reuben Abati.

Le porte-parole a ajouté que le poste de conseiller à la sécurité nationale serait désormais occupé par Sambo Dasuki, un colonel à la retraite et un homme influent, originaire du nord du Nigeria et cousin du Sultan de Sokoto (nord), le plus haut dignitaire spirituel musulman du pays.

Aucune indication n’a été en revanche donnée dans l’immédiat sur le nouveau ministre de la Défense du Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec plus de 160 millions d’habitants.

Le président Jonathan, un chrétien du sud nigérian, avait réuni auparavant les hauts responsables de la sécurité du pays, après des journées de violences dans plusieurs villes du nord, qui ont fait plus de 100 morts depuis le début de la semaine, et suscité de vives critiques contre son gouvernement.

Cette réunion des chefs de la sécurité s’est déroulée dans la villa présidentielle à Abuja après son retour de Rio où il a assisté au sommet de l’ONU sur l’environnement, ont indiqué des responsables.

La décision du président de quitter mardi le Nigeria pour se rendre à ce sommet alors que de nouvelles émeutes étaient en cours avait été vivement critiquée dans son pays.

Le président « pense que nous devons parler. Nous avons besoin de nous assurer que ce que nous faisons est juste pour nous assurer que nous allons retrouver le calme et que les explosions à répétition cesseront », a déclaré le ministre de la Police Caleb Olubolade, à l’issue de la réunion.

Les autorités ont également annoncé vendredi l’arrestation de quatre personnes suspectées d’avoir tenté de faire exploser une bombe dans la deuxième mosquée de Kano, la plus grande ville du nord musulman du pays.

La bombe, selon la police, a été désamorcée sans faire de victimes.

Un cycle d’attaques et de représailles entre chrétiens et musulmans a fait une centaine de morts et conduit à l’instauration d’un couvre-feu à Kaduna et Damaturu, capitale de l’Etat de Yobe plus au nord-est du pays, entre le 17 et le 19 juin.

Dimanche, des attentats avaient visé trois églises à Kaduna et Zaria – les deux principales villes de l’Etat de Kaduna – et provoqué des représailles immédiates de jeunes chrétiens, avec un bilan officiel de 52 morts et 150 blessés.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a revendiqué ces attaques. Depuis 2009, Boko Haram multiplie ainsi, essentiellement dans le nord du pays, attentats et attaques contre les forces de sécurité, les responsables gouvernementaux et les lieux de culte chrétiens.

Les Etats-Unis ont placé jeudi sur leur liste noire du terrorisme international trois membres du groupe Boko Haram, dont son principal responsable, Abubakar Shekau, tous trois proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Jeuneafrique.com