Posts Tagged ‘Musulmans’

Chine: les mosquées appelées à hisser le drapeau national

mai 21, 2018

La mosquée Idkah à Kashgar, dans le Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, le 18 février 2018 / © AFP/Archives / BEN DOOLEY

Toutes les mosquées de Chine doivent hisser le drapeau national pour « développer l’esprit patriotique », ont déclaré les autorités musulmanes, à l’heure où le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir renforce son emprise sur l’islam.

Les drapeaux devront être installés « bien en évidence » sur les lieux de culte, a souligné l’Association islamique de Chine dans une note publiée samedi sur son site internet.

« Cela renforcera le sentiment d’appartenance nationale, le sentiment de citoyenneté, et développera l’esprit patriotique », estime cette organisation religieuse placée sous contrôle du PCC.

Le personnel des mosquées devra également étudier la constitution chinoise (amendée début 2018 pour y faire figurer la pensée du président Xi Jinping) et les « valeurs centrales du socialisme » défendues par le Parti communiste.

L’islam est présent en Chine depuis le VIIe siècle. Le pays compte aujourd’hui plus de 20 millions de musulmans, sur une population totale de 1,38 milliard d’habitants.

« Après plus d’un millénaire de développement, la culture islamique fait désormais partie de la culture chinoise », souligne l’Association islamique de Chine dans sa note, qui plaide pour une intégration encore plus poussée de l’islam.

Elle appelle ainsi les responsables de mosquées à « étudier les excellentes oeuvres classiques de la culture chinoise » et à donner plus d’importance aux enseignements de sages musulmans chinois – par rapport aux étrangers.

Le PCC dirige la Chine depuis 1949 et s’oppose à toute structure qui pourrait constituer un contre-pouvoir. Les organisations religieuses sont étroitement surveillées. Les autorités disent régulièrement faire face à une menace croissante de l’islam radical.

La Chine s’inquiète notamment de la situation dans la région du Xinjiang (nord-ouest), peuplée de nombreux musulmans. Des attentats y ont fait des centaines de morts ces dernières années. Et Pékin s’alarme des liens entre militants radicalisés et groupes jihadistes étrangers.

Les autorités régionales y interdisent depuis 2017 le port du voile intégral. Elles découragent également l’observance du jeûne du ramadan par les fonctionnaires et les étudiants.

De nouvelles règles encadrant les religions sont entrées en vigueur en Chine le 1er février. Elles prévoient notamment d’interdire les dons venant de l’étranger ou de restreindre les conditions d’ouverture des écoles confessionnelles.

Romandie.com avec (©AFP / 21 mai 2018 12h05)                

Donald Trump relaie des vidéos anti-musulmans sur Twitter

novembre 29, 2017

Donald Trump fait une déclaration depuis la Maison Blanche à Washington, le 28 novembre 2017 / © AFP / JIM WATSON

Donald Trump a relayé mercredi sur son compte Twitter une série de vidéos anti-musulmans publiées par un parti politique britannique d’extrême droite, suscitant des réactions indignées au Royaume-Uni.

Ces trois vidéos, tweetées par Jayda Fransen, vice-présidente du parti d’extrême droite Britain First, montrent des exactions commises par des personnes présentées comme des musulmans sans donner aucun contexte. Un procédé classique des « trolls » d’extrême droite sur les réseaux sociaux.

La première vidéo, intitulée « Un immigré musulman tabasse un Néerlandais en béquilles », semble avoir été filmée aux Pays-Bas, à une date indéterminée, sans que cela soit avéré.

La deuxième, « Un musulman détruit une statue de la Vierge Marie », a été publiée en 2013 sur YouTube. Selon sa description sur la plateforme de vidéos, elle a été filmée en Syrie et montre un membre de l’organisation jihadiste Etat islamique (EI) détruisant une statue de la Vierge Marie.

La troisième vidéo, « Foule islamiste pousse un adolescent du toit et le bat à mort », a également été mise en ligne en 2013. Particulièrement violente, elle est présentée comme ayant été filmée en Egypte.

Les trois vidéos ont été retweetées par le président américain entre 06h35 et 06h45 du matin (entre 11H35 GMT et 11h45 GMT).

« Le président des Etats-Unis promeut un groupe haineux fasciste, raciste et extrémiste dont les dirigeants ont été arrêtés et condamnés. Il n’est ni un allié ni un ami », s’est insurgé sur Twitter le député travailliste David Lammy (opposition). Il s’est adressé directement à Donald Trump, lui disant qu’il n’était « pas le bienvenu » au Royaume-Uni.

Stephen Doughty, un autre député du Labour, a estimé que ces vidéos étaient « hautement polémiques », tandis que sa consoeur Yvette Cooper a estimé que Trump donnait à Jayda Fransen une « tribune immense ».

Cette dernière s’est félicitée de l’initiative du président américain, tweetant: « Que Dieu vous bénisse Trump! Qu’il bénisse l’Amérique ».

« Trump a légitimé l’extrême droite dans son propre pays, maintenant il essaie de faire de même dans le nôtre », a dénoncé Brendan Cox, mari de la députée travailliste Jo Cox, assassinée en 2016 par un extrémiste qui a été entendu crier à plusieurs reprises « Britain First » lors du crime. « Propager la haine a des conséquences et le président devrait avoir honte de lui-même », a-t-il ajouté sur Twitter.

Romandie.com avec(©AFP / 29 novembre 2017 15h08)

Pologne: un centre de la culture musulmane vandalisée à Varsovie

novembre 27, 2017

Le bâtiment du Centre de la Culture musulmane de Varsovie, dont les vitres ont été cassées, le 27 novembre 2017 / © AFP / JANEK SKARZYNSKI

Le Centre de la Culture musulmane à Varsovie, un bâtiment moderne qui abrite l’une des deux mosquées de la ville ainsi qu’un restaurant, a été vandalisé dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé la police.

Alertée vers 6 heures du matin, la police « a immédiatement envoyé une patrouille sur place. Une douzaine de vitres ont été cassées et l’armature d’une grande tente dressée dans le jardin endommagée. On n’a pas trouvé d’inscriptions sur le bâtiment et l’affaire est traitée pour le moment à titre de dommages aux biens », a indiqué à l’AFP la porte-parole du commissariat du quartier d’Ochota, Edyta Wisowska.

Le Centre de la Culture musulmane est un important bâtiment dont la construction a été achevée en 2015.

« On attend toujours que des mesures soient prises pour lutter contre l’incitation à la haine à l’égard des musulmans en Pologne. On estime que cette dernière a augmenté de manière drastique au cours des dernières années », surtout depuis le déclenchement de la crise migratoire, a déclaré à l’AFP le coordinateur du Centre, Ahmad Alattal.

« On reçoit tout le temps des menaces par mail, sur les réseaux sociaux et également par téléphone. Il y a un mois et demi nous avons eu un incident similaire mais de moindre ampleur. Une bouteille en verre a été fracassée sur la vitre de la porte d’entrée », a-t-il dit.

« La seule réponse qu’on ait reçue des autorités polonaises, c’est celle de la chancellerie du Sénat qui nous a dit qu’elle comprenait notre peur mais que nos craintes étaient infondées. Donc rien n’a été entrepris pour nous protéger », a regretté M. Alattal.

Des slogans xénophobes ont été lancés par plusieurs groupes nationalistes lors de la Marche de l’Indépendance, qui avait réuni à Varsovie quelque 60.000 personnes le 11 novembre à l’occasion de la fête nationale polonaise.

Certains manifestants avaient alors déclaré vouloir défendre leur pays contre « l’islamisme radical », ont constaté des journalistes de l’AFP.

Romandie.com avec (©AFP / 27 novembre 2017 17h24)                

Les autorités musulmanes contestent une norme hala inédite

septembre 18, 2017

L’Association française de normalisation (Afnor) rend publique la première norme française pour les aliments halal transformés, au terme de délicates tractations qui ont duré plusieurs années / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

Tout juste annoncée, déjà contestée: une norme inédite sur les aliments halal transformés publiée vendredi par l’Association française de normalisation (Afnor) a été sévèrement critiquée lundi par les autorités musulmanes, qui entendent garder la main sur un dossier aussi sensible que juteux.

L’Afnor, organisme associatif rattaché au ministère de l’Industrie, a rendu publique le 15 septembre la première norme française sur le marché halal, en l’occurrence un « guide de bonnes pratiques de fabrication de denrées alimentaires transformées », au terme de longues tractations.

Cette norme très peu répandue en Europe, dont l’Afnor souligne prudemment le caractère « expérimental » – pendant trois ans – et « volontaire » – non obligatoire -, a été élaborée à la demande d’industriels français de l’agroalimentaire en vue de faciliter l’exportation de certains produits.

La norme définit une méthode de production unifiée « halal » (licite en arabe). Elle ne couvre pas le sujet particulièrement délicat de l’abattage des animaux. Elle ne concerne que la partie aval de la filière: de la matière brute au produit transformé, incluant conserves, plats préparés, charcuterie, confiserie, boulangerie.

Ainsi, un industriel qui fabriquerait des saucisses de volaille halal un jour par semaine doit pouvoir garantir qu’il a nettoyé ses outils pour éviter les contaminations croisées s’il produit des saucisses de porc sur les mêmes chaînes de fabrication les autres jours.

– Méthode ‘cavalière’ –

Selon l’Afnor, le nouvelle norme a été préparée en lien avec le Conseil français du culte musulman (CFCM, représentatif), et avec les organismes de certification liés aux mosquées de Paris, Lyon et Evry, qui ont le monopole de l’habilitation des sacrificateurs halal.

Faux, affirme le CFCM, qui « tient à rappeler qu’il a annoncé publiquement en avril 2015 son retrait des travaux ». « Le CFCM et les mosquées n’ont jamais signifié formellement leur souhait de quitter la commission de normalisation », contrairement au certificateur musulman AVS, rétorque l’Afnor.

Le CFCM dénonce aujourd’hui une « manœuvre d’ingérence par l’Afnor dans la définition du halal, qui est du ressort exclusif des instances religieuses musulmanes ». Le recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP), Dalil Boubakeur, critique, lui, la « prétention » de l’Afnor, « organisme laïc et civil », à « se parer des attributs de délivrance de licéité cultuelle ».

« Nous ne sommes pas sur une définition du halal, sur une exégèse des textes religieux », répond auprès de l’AFP Nadine Normand, responsable du département agroalimentaire, santé, action sociale de l’Afnor. « Grâce à cette norme, le fabricant aura des éléments qui l’aideront à organiser sa production pour prendre en compte les exigences de ses clients », poursuit-elle.

L’enjeu est de taille alors que le marché du halal bat des records dans le monde, où il est estimé à 600 milliards de dollars. Pour la France, il atteignait 5,5 milliards d’euros en 2010, dont 4,5 milliards pour les produits alimentaires, selon une étude du cabinet Solis, spécialisé dans le marketing identitaire.

Le CFCM, qui rassemble les principales fédérations musulmanes dont la Grande mosquée de Paris, ne veut pas être en reste dans ce domaine. Il s’est doté en mars 2016 d’une « charte halal » constituant un « référentiel religieux » unique pour définir le caractère licite, au regard de l’islam, des produits carnés et de leurs dérivés. Mais cette charte très stricte dans son refus de tout étourdissement de la bête avant abattage est restée dans les tiroirs.

« C’est un sujet complexe », dit Aslam Timol, président de la commission halal du CFCM, qui veut « essayer de bâtir quelque chose de sérieux avec les opérateurs économiques et les pouvoirs publics », sans procéder de manière « cavalière » comme, selon lui, l’Afnor l’a fait.

Pour l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste du marché halal et membre de la commission de normalisation de l’Afnor à titre d’observatrice, les responsables du CFCM « font semblant de dénoncer un dispositif auquel ils ont participé et qu’ils n’ont pas dénoncé plus tôt, pour tenter de le contrôler ».

La savante se montre circonspecte devant cette « extension de la normalisation » au domaine religieux. « La France aura sa norme halal, ce qui est quand même préoccupant », dit-elle.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2017 19h01)                

Les pèlerins musulmans au mont Arafat, temps fort du hajj

août 31, 2017

Des pèlerins musulmans sur le Mont Arafat, le 30 août 2017 à La Mecque / © AFP / KARIM SAHIB

Quelque deux millions de fidèles ont commencé jeudi matin à se rassembler sur le mont Arafat, temps fort du grand pèlerinage musulman en Arabie saoudite dédié aux prières et aux invocations.

Au petit matin, plusieurs hélicoptères survolaient déjà le périmètre, pendant que les fidèles convergeaient depuis l’aube vers le mont Arafat ou Jabal al-Rahma, mont de la Miséricorde.

De la plaine d’Arafat, on pouvait apercevoir de petites taches blanches sur les flancs de la colline. Les pèlerins vêtus de blanc s’y rassemblaient et cherchaient une place sur les rochers déjà chauffés par le soleil.

Le stationnement à Arafat est dédié aux prières et aux invocations. Dans les allées bétonnées reliant la plaine au mont, des pèlerins invoquaient Dieu, les paumes tournées vers le ciel.

D’autres étaient installés dans des tentes de fortune ou sur un simple drap au bord de la route, au milieu de bouteilles vides et de déchets.

C’est sur le mont Arafat que le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition islamique, son sermon d’adieu aux musulmans qui l’avaient accompagné pour le pèlerinage à la fin de sa vie, il y a près de 1.400 ans.

« Je suis monté cette nuit et j’ai prié. J’ai pris des photos et j’ai appelé ma famille et mes amis », raconte Maolana Yahia, 32 ans, venu de Jakarta, en Indonésie, une cigarette au bout des doigts.

Avant 10H00 (07H00 GMT), les températures dépassaient déjà les 30°C. Dans l’hôpital situé en face du mont, une section était réservée aux insolations.

« Nous avons déployé 326 ambulances sur le parcours du pèlerinage afin que, très rapidement, elles puissent prendre en charge les malades », a expliqué le docteur Meshal Alanazi, du Croissant-Rouge.

Dans la soirée, les pèlerins rejoindront Mouzdalifa avant d’effectuer vendredi le rituel de la lapidation de Satan, qui avait tourné en 2015 au drame. Une gigantesque bousculade avait fait près de 2.300 morts.

Aux pieds du mont Arafat, des barrières mobiles ont été installées pour réguler la foule. « On les déplacera pour agrandir les couloirs quand les pèlerins seront plus nombreux », a indiqué à l’AFP Ahmed al-Baraka des forces spéciales.

Les autorités saoudiennes ont mobilisé d’importants moyens, dont 100.000 membres des forces de sécurité, et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2017 13h56)                

Hajj 2017: en Côte d’Ivoire, ces arnaqueurs qui n’ont pas peur de Dieu…

août 30, 2017

L’œil de Glez. © J.A. / Glez

 

Réputé premier rassemblement mondial en termes de participants, le pèlerinage de la Mecque a toujours fait saliver les organisateurs véreux. Cette année, c’est le Hajj de centaines d’Ivoiriens qui a été compromis…

On connaissait les malandrins qualifiés de « nés avant la honte », capables de métamorphoser les événements les plus sacrés en sources de revenus illicites, notamment les funérailles en festivals de pickpockets. À un stade supérieur règnent les « même pas peur de Dieu ». C’est ainsi que les pèlerinages aux lieux saints de La Mecque aiguisent à ce point les appétits que des États pourtant laïcs ne peuvent s’empêcher de glisser une phalange dans leur organisation.

L’édition ivoirienne du Hajj 2017, par exemple, a permis le départ de 4 200 pèlerins enregistrés au titre du très officiel « contingent de l’État ». Cette organisation n’interdit pas un contingent privé qui, cette année, dénombrait 1 620 voyageurs ; ou plutôt « présumés » voyageurs, puisque 295 d’entre eux n’ont pas vu le tarmac s’éloigner par le hublot. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, les pèlerins sont parfois des excursionnistes peu expérimentés qui économisent toute une vie, souvent 4 ou 5 millions de francs CFA, pour ce qui sera peut-être l’unique périple international de leur existence. Peu au fait de logistique et de démarches administratives, ils s’en remettent quelquefois à tort à des organisateurs au mieux défaillants, au pire véreux.

De nombreux précédents

Selon les informations officielles, les candidats ivoiriens malheureux au séjour saoudien avaient fait appel aux opérateurs « Méridien Hadj et Oumra » et « EIMPC ». Après une manifestation désespérée à Treichville, 263 personnes ont découvert qu’elles étaient illégalement inscrites, ne pouvant donc obtenir les documents de voyage nécessaires. Par la voix du Directeur général des cultes, Bamba Messemba, les autorités ont indiqué, ce dimanche, que des responsables des agences fautives avaient été « interpellés et répondront de leurs actes ». Les frontières étant fermées aux pèlerins depuis le 26 août à minuit, le seul miracle que les croyants peuvent désormais espérer est un remboursement de leur pécule. Pour la suite de leur accomplissement spirituel, les autorités proposent aux victimes d’être inscrites « prioritairement sur la liste du contingent étatique pour l’édition 2018 ».

Les organisations défaillantes et les arnaques patentées ne sont pas une nouveauté dans le monde du Hajj, quelle que soit l’année et quel que soit le lieu d’embarquement des musulmans concernés. Si la Côte d’Ivoire fait la une en 2017, c’est dans la région française de Toulouse, en 2016, que des avions théoriquement dédiés aux pèlerins ne décollèrent jamais. Des sites consacrés à la pratique confortable de l’islam, comme imanemagazine.com, mettent chaque année en garde les candidats au cinquième pilier de leur religion, invitant notamment à se méfier des tarifs trop attractifs ; puisqu’il ne suffit plus de conjurer le mauvais sort en criant aux apprentis escrocs : « Dieu vous voit ! »

Jeuneafrique.com par Damien Glez

Les musulmans de Barcelone craignent de perdre leur Espagne tolérante

août 20, 2017

Rassemblement de musulmans sur les Ramblas de Barcelone, le 19 août 2017, en soutien aux victimes des attentats de jeudi / © AFP / LLUIS GENE

L’imam Raja Miah du quartier de Raval à Barcelone a croisé moins de fidèles depuis les attentats en Catalogne. L’importante communauté musulmane du quartier se fait discrète, craignant de ne plus vivre l’harmonie entre communautés religieuses qui règne en Espagne.

« Les gens ont vraiment peur », explique le jeune Raja Miah, assis dans une pièce minuscule tandis qu’à côté, des enfants étudient le Coran dans cette modeste mosquée proche des Ramblas, l’avenue endeuillée par l’attentat où 13 personnes ont trouvé la mort jeudi.

« Dès qu’ils sortent, les gens ont peur. Ils sont peu nombreux à venir prier. D’habitude nous sommes une quarantaine, mais hier soir, nous étions quinze et ce matin, dix », expliquait samedi le jeune religieux de 23 ans, arrivé il y a neuf ans dans la capitale catalane.

La communauté musulmane du pays avait la sensation jusqu’à présent de vivre dans une petite oasis d’entente.

En Espagne, les partis d’extrême droite sont isolés. La société accepte bien la différence. Seuls 4% des citoyens estiment que l’immigration constitue un problème, selon les études d’opinion du Centre de recherches sociologiques (CIS).

Après la vague d’attentats du groupe Etat islamique (EI) en Europe, le nombre d’actes islamophobes a tout de même flambé, passant de 48 à 534 entre 2014 et 2015, selon la Plateforme citoyenne contre l’islamophobie.

– Quelque chose a changé –

Mais au Raval, où la moitié de la population est immigrée, avec de grandes communautés pakistanaise, bangladaise et marocaine, on vivait plutôt bien.

« Les Espagnols nous traitent bien, ils nous aident, ils nous font nous sentir chez nous », explique Raja.

Après les attentats cependant un silence un peu plus lourd qu’à l’accoutumée régnait dans les rues habituellement grouillantes du quartier populaire et densément peuplé.

Quelques minutes après l’attentat de Barcelone, l’imam a senti que quelque chose avait changé.

Alors qu’il avait pris peur en entendant la panique entraînée par le passage de la camionnette meurtrière, il a tenté de quitter le quartier lui aussi, mais la police l’a arrêté pour un contrôle.

« C’est normal, ils ont vu ma barbe, ma tunique, ils m’ont fouillé. Tu te sens mal », raconte-t-il.

« Ce qui se passe en France, au Royaume-Uni ou ailleurs fait peur », témoigne aussi, en évoquant la montée des partis d’extrême droite, Islam Zahid, 22 ans, gérant d’une supérette dans une petite rue où seuls résonnent les cris d’enfants jouant au football.

En remontant les Ramblas avec sa fille pour rejoindre une manifestation de musulmans condamnant les attentats, Marzouk Rouj, un Marocain de 39 ans, avoue être « submergé » par la tristesse.

Au début de l’allée touristique, en plein coeur de la ville, il rejoint une centaine de personnes, les yeux humides. « Ils ne sont pas musulmans, ils sont terroristes », « l’islam c’est la paix », scande le groupe. Certains ont déposé une couronne de fleurs en hommage aux victimes.

« J’ai passé plus de temps ici que dans mon pays. Mes enfants sont scolarisés ici et je ne veux pas qu’on les regarde de travers à cause de ces barbares », s’énerve Marzouk, qui a quitté Nador, au nord-est du Maroc, quand il avait 16 ans.

« En fin de compte, nous, les musulmans, sommes les principales victimes, aussi bien parce que nous sommes les plus nombreux à être tués dans ces attentats qu’à cause de la pression sociale », se lamente aussi Xantal Genovart, vice-présidente de l’association des femmes musulmanes de Catalogne.

Cette région du nord-est de l’Espagne, où vit un quart de la population musulmane du pays, soit un demi-million de personnes, constitue l’une des principales zones de radicalisation, selon les experts.

Mounir Benjelloun, président de la Fédération espagnole des groupes religieux islamiques, se veut optimiste : « Je pense que l’Espagne saura faire la part des choses et ne pas nous assimiler aux coupables, afin que le message xénophobe ne se répande pas ».

Vendredi, certains à Barcelone semblent lui avoir donné raison: quand une vingtaine de militants anti-islam ont tenté de manifester sur l’avenue, des passant les ont repoussés à coups de « Non aux racistes ! »

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2017 15h48)                

Doha accuse Ryad de faire obstacle au pèlerinage des Qataris à La Mecque

juillet 31, 2017

Doha – Le Qatar a accusé l’Arabie saoudite, en crise ouverte avec Doha, de mettre des obstacles à la participation de ses ressortissants au hajj, mais s’est défendu de vouloir internationaliser la gestion du pèlerinage annuel à La Mecque.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministère des Affaires islamiques du Qatar a affirmé que Ryad « a refusé de communiquer au sujet des garanties de sécurité des pèlerins (qataris) et de l’assistance pour leur hajj ».

L’Arabie saoudite a imposé des sanctions au Qatar, dont la fermeture de son espace aérien, depuis qu’elle a rompu ses relations le 5 juin –en même temps que les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte– avec l’émirat gazier, accusé de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume sunnite.

Ryad a toutefois assuré le 20 juillet que les ressortissants qataris voulant se rendre à La Mecque pour le grand pèlerinage musulman –un des cinq piliers de l’islam– étaient les bienvenus, mais a assorti leur venue de certaines restrictions.

Les autorités saoudiennes refusent notamment que ces pèlerins arrivent directement de Doha à bord de vols de la compagnie Qatar Airways.

Le ministère des Affaires islamiques du Qatar a dit souhaiter « connaître les entités haut-placées compétentes en Arabie saoudite, capables d’offrir ces garanties (de sécurité) et exprime ses regrets de voir la politique mêlée à l’un des piliers de l’islam, ce qui pourrait empêcher de nombreux musulmans d’accomplir ce devoir sacré ».

Les déclarations qataries ont été interprétées par des médias de pays hostiles au Qatar comme un appel à « internationaliser » l’organisation du hajj, qui est actuellement assurée par les autorités saoudiennes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a estimé dimanche sur la chaîne saoudienne Al-Arabiya qu’un appel à internationaliser la gestion de ce pèlerinage reviendrait à « déclarer la guerre » à son pays.

Lui répondant, son homologue du Qatar a affirmé quelques heures plus tard qu' »aucun responsable (de son pays) n’a fait de déclarations concernant une internationalisation du hajj ».

« Aucune démarche n’a été faite pour discuter du hajj à un niveau international », a ajouté cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera.

« Le Qatar n’a jamais politisé le hajj et je regrette de dire que la question a été politisée par l’Arabie saoudite », a-t-il ajouté en référence aux restrictions faites aux pèlerins de son pays.

Il a accusé les médias d’avoir « fabriqué » et « inventé » l’appel qui a été attribué à son pays sur une internationalisation du hajj.

Le rituel du hajj, qui débute fin août cette année, est l’un des cinq piliers de l’islam que tout croyant musulman est appelé à effectuer au moins une fois durant sa vie s’il en a les moyens.

Lundi, dans un communiqué, le Comité des droits de l’Homme du Qatar a annoncé son intention de lancer une campagne contre les restrictions saoudiennes.

Cet organisme va s’adresser à cette fin au Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme, à l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et à la Ligue arabe.

Il a appelé Ryad à renoncer « vite à ces restrictions », citant notamment la limitation aux seuls aéroports de Jeddah et de Médine pour l’entrée des pèlerins en provenance du Qatar.

Le comité s’est enfin dit préoccupé par la « rhétorique anti-Qatar (…) qui risque de menacer la sécurité de ses pèlerins ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2017 15h28)                                            

Québec: Inauguration d’un cimetière musulman à St-Augustin-de-Desmaures

juillet 9, 2017

 

Premier cimetière musulman dans la région de Québec

Le premier cimetière musulman dans la région de Québec est inauguré aujourd’hui à Saint-Augustin-de-Desmaures.L’entreprise funéraire Lépine Cloutier avait annoncé ce printemps qu’elle réserverait une partie de son cimetière Les Jardins Québec pour les citoyens musulmans.

Environ 500 lots leur sont réservés dans un premier temps, mais ce nombre pourrait augmenter par la suite. L’absence d’un cimetière musulman dans la région a été notée à la suite de l’attentat de Québec, le 29 janvier dernier, parce que les dépouilles des victimes ont dû être enterrées à Montréal ou à l’étranger.

© Radio-Canada/Radio-Canada/Jonathan Lavoie

Les discussions avaient été amorcées il y a un peu plus d’un an. « Du côté de Montréal, ça fait déjà cinq ans qu’on a dédié une partie de notre cimetière pour les musulmans », indique Yvan Rodrigue, président de l’entreprise Lépine Cloutier.« Ces gens-là sont arrivés ici depuis déjà 40 à 60 ans et les décès commencent à arriver et ils ont besoin d’un lieu de repos. » – Yvan Rodrigue, président de l’entreprise Lépine Cloutier

© Radio-Canada/Radio-Canada/Jonathan Lavoie

Des membres de la communauté algérienne se disent heureux de ce dénouement. La plupart des familles devaient rapatrier la dépouille de leurs défunts à l’étranger.« On a besoin d’avoir un lieu où on peut finir notre vie et reposer en paix », lance Nadir Belkhiter de l’Association de la communauté algérienne de Québec.

« D’avoir un cimetière musulman dans la grande région de Québec, c’est beaucoup plus commode et beaucoup plus approprié que d’avoir à aller soit à Montréal, soit d’avoir à rapatrier les corps dans le pays d’origine. » – Nadir Belkhiter, membre de l’Association de la communauté algérienne de Québec.

L’initiative ne répond pas cependant aux besoins de toute la communauté musulmane. Le Centre culturel islamique de Québec espère devenir propriétaire de son propre cimetière à Saint-Apollinaire. Des résidents contestent toutefois ce projet, qui sera soumis à un référendum la semaine prochaine

Inauguration d'un cimetière musulman à St-Augustin-de-Desmaures© Radio-Canada/Jonathan Lavoie Inauguration d’un cimetière musulman à St-Augustin-de-Desmaures

Radio-canada.ca

Grande-Bretagne/ « Je veux tuer tous les musulmans »: un homme percute des fidèles à Londres

juin 19, 2017

Un policier parle avec des habitants du quartier de Finsbury Park après une attaque contre des piétons fauchés par un véhicule, le 19 juin 2017 à Londres / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

« Je veux tuer tous les musulmans », a crié un homme de 48 ans en précipitant sa camionnette sur des fidèles sortant de la mosquée de Finsbury Park dans le nord-est de Londres dans la nuit de dimanche à lundi, ont raconté des témoins.

La foule était en train de quitter la mosquée peu après minuit en ce mois de ramadan où beaucoup de fidèles se retrouvent pour prier le soir, après la rupture du jeûne, quand la camionnette blanche a foncé sur un groupe de personnes en train de secourir un homme qui s’était évanoui.

« La camionnette a soudainement tourné à gauche et a délibérément percuté des gens », a raconté Abdiqadir Warra à l’AFP.

« Il s’est engagé dans une allée et il a roulé sur des gens. Il en a traîné certains sur plusieurs mètres », a-t-il ajouté.

« L’un d’entre eux était sous la camionnette et les gens se sont rassemblés pour soulever le véhicule afin de sortir l’homme qui était en-dessous », a-t-il poursuivi.

Selon Khalid Amin, un autre témoin interrogé par la BBC, l’auteur des faits a crié: « tous les musulmans, je veux tuer tous les musulmans! ».

– Soutien du rabbin –

Les passants ont réussi à l’immobiliser après qu’il eut essayé de fuir. « Les gens l’ont entouré » jusqu’à l’arrivée de la police qui l’a arrêté, selon M. Amin.

Selon la police, l’homme est âgé de 48 ans et aurait agi seul. Il a été conduit dans un hôpital pour subir une expertise psychologique.

« Les gens criaient: ‘c’est une attaque terroriste, cet homme nous attaque' », raconte à l’AFP Athman, un autre témoin. « Je suis alors retourné sur mes pas pour essayer d’aider les gens, leur donner de l’eau, aider la police ».

Selon lui, le responsable de l’attaque a fait « des signes de victoire dans le fourgon de police, il était très content ».

Alors que l’inquiétude était palpable ces dernières semaines chez les musulmans britanniques à la suite de trois attentats revendiqués par le groupe jihadiste État islamique depuis le 22 mars, Athman souligne: « il a choisi le moment, il a choisi le lieu et il a choisi la cible. C’est le mois sacré du ramadan ».

« Les gens ne se sentent pas en sécurité car depuis les attaques terroristes de Londres et Manchester, il y a eu une hausse de l’islamophobie et des crimes haineux », a dit le président de la mosquée de Finsbury Park Mohammed Kozbar.

« Notre communauté est en état de choc », a-t-il ajouté, condamnant cette « attaque terroriste haineuse » et appelant les fidèles qui assistent aux prières à se montrer vigilants.

Mendy Korer, le rabbin d’une synagogue locale, est venu manifester son soutien. « Nous vivons ensemble, il appartient à chacun d’entre nous de rompre ce cycle. Nous ne pourrons pas régler les problèmes du monde, mais nous devons régler ceux de notre quartier » a-t-il déclaré à l’AFP.

-‘Sang sur les mains’

Les habitants ont tenu à exprimer leur solidarité. Certains sont venus déposer des bouquets de fleurs devant la porte de la mosquée, un grand bâtiment en briques rouges avec un minaret orné d’un croissant doré, située à une centaine de mètres de l’attaque.

Certains bouquets sont accompagnés de messages. « Une seule communauté, rassemblée », peut-on lire sur l’un d’eux. « Nous ne serons pas divisés », est-il écrit, en lettres multicolore, sur une pancarte.

« Il faut que les gens sachent qu’à Londres, nous vivons tous côte-à-côte », souligne Jamal Ahmef, 23 ans. « Nous sommes tolérants, quelles que soient les religions, les ethnies, la couleur de peau. Nous sommes tous des êtres humains en fin de compte ».

Dans ce quartier populaire, multiethnique, les autorités concentrent le mécontentement. Certains ont dénoncé la lenteur de la police à qualifier l’attaque de terroriste, estimant qu’il y avait deux poids deux mesures.

La Première ministre Theresa May est également visée. « Je ne veux pas la voir, qu’elle ne vienne pas ici, ou j’aurai deux mots à lui dire », se fâche Tinkerbell McDonagh, une jeune maman en larmes qui craint qu’un de ses amis figure parmi les victimes. « Elle a du sang sur les mains », accuse-t-elle, en allusion aux coupes dans les effectifs policiers opérées par les conservateurs.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2017 13h49)