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Mali: l’excision, un business lucratif… pour les féticheurs aussi

février 6, 2018

 

Au Mali, l’excision concerne près de 90% des femmes de 15 à 45 ans, selon des enquêtes nationales. © ALEXANDRA ZAVIS/AP/SIPA/AP/SIPA

Au Mali, il n’existe aucune loi pour interdire les mutilations génitales comme l’excision et l’infibulation, qui y sont pratiquées depuis des générations sur des fillettes sans défense. La force de la tradition n’est pas seule en cause : la pratique, qui concerne jusqu’à 91% des femmes d’entre 15 et 45 ans selon des enquêtes nationales, constitue aussi un business très lucratif… non seulement pour les exciseuses mais aussi pour les féticheurs. Un article à (re)lire à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, ce 6 février.

« À partir de dix ans, j’ai commencé à me rendre compte que je n’étais pas comme les autres filles de mon âge. J’avais dû mal à uriner normalement, contrairement aux autres ». La voix basse, la tête légèrement baissée et bavarde des pieds, Nafissa a aujourd’hui 20 ans. Elle avait à peine 40 jours en ce mois de mai 1997 quand sa mère l’a prise dans ses bras pour l’amener chez l’exciseuse du quartier, à Bamako. Comme ses huit autres sœurs avant elle. Et surtout « comme l’exige la tradition », lui a-t-on raconté plus tard.

Toute petite à l’époque, elle n’a pas de souvenir conscient de la douleur. « Mais à la moindre égratignure, je me dis que c’est sûrement pire que cela », affirme-t-elle, le regard fuyant. De la douleur, elle en a pourtant senti en grandissant. Surtout à partir de l’âge de dix ans. « Les lèvres étaient collées et je ne pouvais pas uriner. Ou quand j’y arrivais, l’urine se partageait en deux et je me tordais de douleur », raconte Nafissa.

Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force

Elle en souffre plusieurs semaines. Sa mère pense-t-elle l’emmener à l’hôpital ? Elle décidera plutôt de se rendre chez une autre exciseuse pour lui « rouvrir les lèvres » et qu’elle « puisse avoir l’urine facile ». En clair, il faut à nouveau de la terre battue, une lame ou un couteau trempé d’abord dans l’eau puis rougi au feu pour inciser la cicatrice vieille de dix ans. Le tout, bien sûr, sans anesthésie.

« Ils choisissent un coin isolé. Pour moi, c’était dans les toilettes. On m’a couché sur le dos, au sol. Elles ont écarté mes jambes… » Quelques secondes de silence, très longues, puis elle ajoute : « Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force », explique Nafissa, aujourd’hui étudiante en première année de sciences économiques. Elle poursuit : « Je criais, pleurais et je me débattais de toutes mes forces. » Face à ses cris de détresse et avant même qu’on ne la touche, sa mère, présente, change d’avis et exige qu’on libère sa fille. « J’ai eu de la chance », affirme-t-elle du bout des lèvres.

Consommer le mariage avant que la cicatrice ne se referme

De la chance, Nafissa en a effectivement eue, selon Mariam Seck. Membre de l’association « Sini Sanuman » [Un lendemain meilleur, NDLR] qui lutte contre l’excision depuis 2002, cette diplômée en sciences de l’éducation connaît bien les mutilations génitales et les moindres recoins de Bamako où elles sont pratiquées. « J’ai déjà vu des cas pareils. Et très souvent, c’est au lendemain du mariage qu’on ramène la fille chez l’exciseuse pour la désinfubilation. On s’empresse ensuite de dire au mari de vite consommer le mariage avant que le sang coagule encore [que la cicatrice se referme, NDLR]. Vous comprenez la douleur que la jeune fille peut sentir ? »

Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maîtriser mes désirs

Comme Nafissa, plus de 60 % des filles sont excisées à l’âge de moins d’un an au Mali. Ce chiffre frôle les 90% quand on l’élargit à celles qui subissent la pratique avant leur dixième anniversaire. À Bamako, la pratique est quotidienne. Un lundi matin, à Banconi, quartier populaire à la rive gauche de Bamako, un groupe de jeunes filles et de garçons est devant une boutique, à écouter une radio. Dans le brouhaha de la circulation routière, chacun tend l’oreille pour entendre les mots de Chouala Baya Haïdara, un jeune prêcheur bamakois, sur l’excision.

« Quelqu’un a déjà vu une personne tuée par l’excision ? Personne ! », vocifère le jeune prêcheur sur les ondes, la voix énergique. « Il a raison. Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maitriser mes désirs », affirme dans l’assistance une jeune fille d’une vingtaine d’années.

Des propos qui mettent Mariam Seck hors d’elle-même : « Mais on l’expose plutôt, car bientôt elle va chercher désespérément le désir sexuel qu’elle devrait avoir avec ses organes au complet. » Maimouna Dioncounda Dembélé, spécialiste dans la prévention des violences basées sur le genre confirme : « J’ai fait une étude pour un journal suisse où on a effectivement découvert que la plupart de ces femmes ont beaucoup de mal à retrouver leur plaisir sexuel normal. » Désespérées, certaines d’entre elles vont jusqu’à consommer des produits aphrodisiaques, selon Maimouna.

« Pour les adultes, ça coûte 10. 000 FCFA »

Pour comprendre la persistance du phénomène, la force de la tradition n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Il faut dire qu’une réelle économie de l’excision s’est développée. Dans le quartier populaire de Banconi à Bamako, Oumou Ly est bien connue. Exciseuse de son état depuis au moins cinq ans, elle n’excise que les bébés. Comme ses sœurs, cette femme d’environ la quarantaine tient la pratique de sa mère qui l’a reçue elle aussi de sa mère… Oumou ne travaille que les lundi et jeudi, deux jours où les accidents sont censés être peu fréquents, selon la croyance populaire. Elle n’a pas souhaité nous parler, mais Mariam Seck la connaît très bien pour l’avoir sensibilisée à de nombreuses reprises afin qu’elle abandonne sa « profession ».

Elle l’a notamment « retrouvée à son domicile les mains trempées de sang » à plusieurs reprises. « Elle peut exciser une quarantaine de fillettes chaque lundi et autant le jeudi d’après », affirme Mariam. Un nombre de « clients » suffisant pour qu’elle gagne entre 200 et 300 000 FCFA par semaine, soit quatre à cinq fois le smig du pays. Des informations confirmées par une ancienne exciseuse : « Vous pouvez gagner beaucoup d’argent. Pour les adultes, ça coûte 10 000 FCFA par personne. »

À 62 ans, cette femme a arrêté la pratique après qu’une de ses clientes a failli mourir d’une hémorragie. Elle n’a pas « le courage » de nous raconter ce qui s’est passé, mais elle « a eu la peur de sa vie. » Une expérience qui n’étonne pas ce membre l’association Sini Sanuman, qui a préféré garder l’anonymat : « De nombreux cas de décès nous ont été rapportés. Quand les victimes commencent à perdre du sang, en général les exciseuses préfèrent les garder plutôt que de les amener en urgence dans un centre de santé, par peur. »

Que deviennent les organes mutilés ?

« Si les arguments religieux et traditionnels sont souvent évoqués pour continuer à mutiler les jeunes filles dans le pays, l’aspect financier de cette pratique est aussi très important », estime Siaka Traoré, président de l’ONG Sini Sanuman. Pendant les séances de sensibilisation, elles sont des dizaines à déclarer abandonner l’excision. Mais une fois les regards détournés, elles reprennent la lame. « Quand je le faisais, je pouvais sentir la douleur que les filles ressentaient, mais pour moi c’était nécessaire non seulement par croyance, mais aussi pour vivre. C’est un travail », explique notre ancienne exciseuse.

Un « travail » qui ne s’arrête pas seulement à l’ablation des organes féminins. « Je ne l’ai jamais fait, mais je sais que ceux-ci sont donnés à des charlatans pour leurs travaux », poursuit-elle, précisant qu’elle se contentait « de les enterrer. » Avant d’ajouter que certains organes, notamment le clitoris, « sont séchés et mélangés à des poudres ou des pommades. »

L’utilisation des organes féminins par les charlatans est l’un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision

« L’organe est commercialisé partout. Les marabouts, tout le monde s’approvisionne. On dit par exemple que si une femme et son mari sont en désaccord, il faut travailler sur ces organes là pour les réconcilier », renchérit Siaka Traoré, révolté. Il y a aussi les hommes qui recherchent du pouvoir et à qui l’on a fait croire que de mettre des lubrifiants composés de ces organes les rendra aimés et désirés par tous. »

Au sein des militants de la lutte contre l’excision, il ne fait aucun doute : l’utilisation des organes féminins par les charlatans est même « un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision. Avant, on égorgeait les êtres humains pour les fétiches, aujourd’hui on récupère le sang des jeunes-filles pour les mêmes fétiches », commente Siaka Traoré, dont la mère est elle-même une ancienne exciseuse.

Un avant projet de loi sur la table du gouvernement

Au Mali, les médecins et les agents de santé n’ont pas le droit de pratiquer l’excision, mais aucune loi ne l’interdit formellement. Et en 2016, quand le ministre de la Justice s’est engagé à prendre une loi sur le sujet avant le 31 décembre 2017, il a suscité une vague d’indignation dans les milieux religieux, notamment au sein du Haut conseil islamique.

Va-t-il avoir le courage de tenir parole ? Depuis le mois de juillet, un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre est enfin sur la table du gouvernement. Ses défenseurs espèrent que le texte « ne va pas être excisé et amputé des points les plus importants. » Nafissa, elle aussi, est au courant de cette initiative et espère que le texte sera bientôt voté. Soignée aujourd’hui par Sini Sanuman, elle connaît les conséquences de l’excision. « Il y a notamment la stérilité et ça me fait peur, relève-t-elle. J’y pense souvent et à chaque fois ça me donne envie de pleurer. »

Jeuneafrique.com par – à Bamako

Congo: Un journaliste de la télévision d’État gravement mutilé à Pointe-Noire

août 22, 2017

journalist

Le journaliste mutilé et tailladé aux tessons

Le journaliste Chanel Ibata Ndinga de l’antenne régionale de la Télévision congolaise à Pointe-Noire a été victime d’une agression sauvage lundi. L’auteur des coups, un agent des Douanes en fuite, est activement recherché par la police.

Chanel Ibata Ndinga, journaliste reporter est resté de longues heures sur la table d’opération lundi, pour subir à vif, faute d’anesthésie appropriée, une chirurgie réparatrice sur son visage profondément charcuté par son agresseur, Bouéti Didier, un agent des Douanes en service à Pointe-Noire.

Pas moins d’une cinquantaine de points de sutures ont été posés sur le cou et le visage du journaliste complètement défigurés, par des plaies très larges, faites au moyen d’une bouteille préalablement cassée.

plaie

L’état des blessures laisse présager que l’agresseur avait la ferme intention de donner la mort.

Dire que le journaliste a eu beaucoup de chance car les blessures au niveau du coup ont été moins profondes que celles sur la joue, entaillant à peine la veine carotide, sans la percer.

douanier

Bouéti Didier, auteur de l’agression. Le journaliste aurait « détourné » sa petite amie

Sur le motif de l’agression, les versions divergent. Certains dans le milieu des journalistes soutiennent que l’attaque serait la conséquence des investigations menées par le journaliste auprès des douaniers véreux qui se livreraient à des pratiques mafieuses.

D’autres par contre soutiennent qu’il n’y a rien de tout cela. L’attaque aurait plutôt un mobile passionnel. Des témoins affirment que portant des coups, l’agresseur aurait entre autres mots, lancé : « quand je t’aurai arrangé le visage, je verrai comment elle va encore te suivre ».

Quelle que soit la cause de l’agression, seule l’enquête de police en élucidera les contours.

Du coté de la direction de Télé-Pointe-Noire, il n’y a encore eu ni de déclaration officielle ou de dépôt de plainte, tout comme de celui de l’agressé, à titre individuel.

Entre-temps, la rue ponténégrine s’est saisie de l’affaire, qu’elle cuisine à toutes les sauces.

Lesechos-congobrazza.com par Bertrand BOUKAKA

Assassinat et mutilation de maman Héritier à Goma en RDC

novembre 7, 2011

Membres mutilés

Membres mutilés

Maman Héritier

Maman Héritier


Le mardi 25 octobre 2011 vers 20h00, heure de Goma, Maman Héritier habitant le Quartier Ndosho reçoit un appel téléphonique d’une agence où son mari en voyage aurait envoyé un colis pour sa famille.
Contente du message, Maman Héritier se rendra à l’adresse indiquée (tenue secrète pour raison de l’enquête en cours). Elle ne reviendra plus chez elle. Son corps sans vie et mutilé sera retrouvé au Quartier Mikeno où ses tueurs l’auraient violé avant de la mutiler à la machette. Le sadisme de ces tueurs est étranger au Congo.

Après leur sale besogne, les tueurs ont éparpillé les différentes parties du corps de la défunte.

Au lendemain de l’assassinat, les membres inférieurs ont été retrouvés dans le quartier Ndosho où habitait la victime. Les membres supérieurs étaient mis dans une mallette et jetés le long de la route principale de Mikeno. A coté des membres inférieurs, il y avait du chanvre et des préservatifs remplis de sperme. Jusqu’à présent, l’organe génital (le sexe) de la victime n’a pas encore été retrouvé. Quelle horreur ! D’aucuns pensent que le mobile de cet horrible mutilation était le prélèvement du sexe de Maman Héritier pour les trafiquants d’organes humains.

Feu Maman Héritier, assassiné et mutilée le 25 Octobre 2011 à Goma
Ce genre des crimes qui rappelle le génocide rwandais d’avril-juillet 1994 n’est apparu au Congo qu’à partir de son occupation par le Rwanda et l’Ouganda. Les militaires, les hiboux, et les bandits du temps du Maréchal Kuku Ngbendu Wa Za Banga (paix à son âme) avaient rarement atteints ce degré de bestialité où la différence entre la personne humaine et l’animal n’existe plus. Et dire que la fin du règne dictatorial du Maréchal Kuku Ngendu Wa Za Banga fut une révolution est une absurdité et une injure au peuple congolais du pays de Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Patrice Lumumba, Pierre Mulele, Mgr Munzihirwa, Mgr Kataliko, Mzee L.D. Kabila, etc.

Les congolais seront-ils de nouveau amnésiques pour élire des candidats payés par l’argent teinté du sang des congolais pour nier l’insécurité qui a déjà fait 8 millions des morts congolais ? Un congolais digne de ce nom peut-il aujourd’hui en âme et conscience battre campagne pour le régime de Joseph Kabila qui laisse tuer les congolais pour dépeupler le pays au profit des entreprises minières, des occupants étrangers, etc.

Espérons que le 28 novembre prochain, les congolais se rappelleront de toutes les ignominies du génocide en cours pour changer le régime en place qui est responsable de toutes ces horreurs détruisant pour toujours non seulement les morts mais aussi les survivants qui pour le reste de leurs vies seront des cadavres-ambulants. Les politiciens qui parlent de l’alternance au pouvoir par fair-play politique oublient qu’on ne parle pas d’alternance avec un régime sanguinaire mais de changement tout court.

L’opposition congolaise sur qui est suspendu le changement du régime en place doit faire tout ce qui est possible pour s’unir et pour faire passer l’intérêt général du peuple congolais avant les intérêts personnels de chacun des opposants. Pour les congolais, c’est le changement du régime actuel qui importe comme premier pas vers la libération voulue en R.D.C. Ainsi, nous en appelons aux candidats qui ne sont pas des taupes de Joseph Kabila de s’unir pour battre campagne sur le thème du génocide du peuple congolais, de l’impunité, de l’agression et occupation de la RDC par le Rwanda et l’Ouganda, des étrangers qui gèrent l’armée, la police, et les services de securité en R.D.C. Ne pas battre campagne sur ce thème démontrerait que le candidat est une taupe soit du régime en place soit des intérêts spéciaux pour qui les richesses du sous-sol congolais sont plus intéressantes et plus précieuses que le peuple congolais.

Le candidat qui battra campagne sur le thème du traçage des routes allant vers les mines du coltan et de cassitérite, trahira sa complicité avec les intérêts spéciaux qui mettent les minerais avant le peuple congolais. Les congolais ont urgemment besoin de la sécurité et de la paix qui constituent le fondement de tout développement authentique.

Infos de Goma