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Mutinerie en Côte d’Ivoire : le bilan humain s’alourdit, le gouvernement se défend de tout « cafouillage »

mai 17, 2017

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, à Paris le 25 août 2011. ©

Le bilan des victimes de la crise des soldats mutinés qui a secoué la Côte d’Ivoire du 12 au 15 mai est passé à 4 morts et 9 blessés, a annoncé le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Bruno Koné, qui s’est exprimé à l’issue du conseil des ministres mercredi 17 mai. Il s’est en revanche refusé à communiquer tout chiffre sur le règlement financier de la crise.

Sans donner plus de détails sur l’accord signé mardi entre le gouvernement ivoirien et les mutins, le porte-parole a assuré que le gouvernement avait donné « la priorité à la paix et à la sécurité » pour régler la crise des soldats mutinés. Le porte-parole a réfuté tout « cafouillage » dans la gestion de la crise, assurant que la « logique » du gouvernement avait été de « régler la crise avec le moins d’impact possible sur la population ». Les blessés seront « pris en charge par l’État », a-t-il affirmé.

Accord financier

Il a néanmoins semblé reconnaître implicitement qu’un accord financier avait été trouvé avec les 8 400 militaires mutins, qui réclamaient 7 millions de francs CFA chacun (10 500 euros), après avoir obtenu 5 millions (7 500 euros) lors des premières mutineries en janvier. Interrogé sur l’impact budgétaire des sommes versées aux mutins, il a affirmé que l’État avait la « capacité » de payer.

Au total, si les mutins ont obtenu tout ce qu’ils réclamaient, la deuxième tranche des paiements s’élèverait au total à 60 milliards de FCFA, soit 1% du budget annuel de l’État ivoirien. »Tout est couvert », « cela a déjà été prévu dans l’ajustement budgétaire adopté la semaine dernière », a assuré de son côté à l’AFP le ministre du Budget Abdourahmane Cissé à la sortie du conseil des ministres. Pour rappel, les mutins étaient majoritairement issus des rebelles qui ont soutenu le président Ouattara lors de la crise électoral de 2010-2011 avant d’intégrer l’armée.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: les mutins tiennent Bouaké, les habitants souffrent

mai 15, 2017

Un soldat mutin, le 15 mai 2017 à Bouaké en Côte d’Ivoire / © AFP / ISSOUF SANOGO

Une roquette dépasse de l’arrière d’un 4×4: à l’avant côté passager un mutin, lunettes de soleil argentées et bonnet sur la tête, assis sur la portière tire en l’air avec sa Kalachnikov.

A l’arrière, un autre mutin brandit une arme de poing tandis que le véhicule roule à faible allure dans les rues de Bouaké: deuxième ville de Côte d’Ivoire, ancienne capitale de la rébellion de 2002 à 2011, Bouaké est totalement sous le contrôle des mutins qui secouent le pays depuis vendredi.

Les tirs en l’air sont incessants. D’autres soldats, armes en bandoulière sillonnent la ville en moto ou dans des voitures particulières, dont certaines sont volées.

Les entrées de la ville, « les corridors » sont aux mains des mutins depuis vendredi

La circulation se fait au compte-gouttes. Les mutins ne supportent pas longtemps la présence de journalistes. « Faut partir maintenant! », ordonne poliment mais fermement un d’entre eux. Selon des témoins, les mutins exercent un droit de péage: 10.000 Francs CFA(15 euros) pour les camions ou bus, 5000 F CFA ou moins pour les véhicules.

Il est difficile d’évaluer leur nombre mais les mutins semblent être plusieurs centaines.

« Pas un coup d’Etat »

Ce sont d’anciens rebelles qui ont occupé le nord de la Côte d’Ivoire à partir de 2002 lorsque le pays a été coupé en deux après un coup d’Etat manqué. En 2010-2011, ils avaient soutenu l’actuel président Alassane Ouattara pendant la crise post-électorale quand l’ancien président Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite. En récompense, 8.500 d’entre eux avaient été intégrés dans l’armée.

Aujourd’hui, ils réclament des primes promises par ce même président Ouattara. En janvier, lors d’un premier mouvement qui avait ébranlé le pays, ils avaient obtenu une promesse de 12 millions de F CFA (18.000 euros) dont 5 millions avaient été payés en janvier, les 7 millions restants devant être versés ce mois de mai.

Toutefois, une cérémonie au palais présidentiel, diffusée à la télévision jeudi après montage, a mis le feu aux poudres. Des délégués y annonçaient qu’ils renonçaient aux primes restantes. Censée faire rentrer tout le monde dans le rang, l’opération de communication a relancé la mutinerie et même les anciens +Com Zones+ (chefs de guerre pendant la rébellion) n’arrivent pas à calmer leurs troupes.

Au 3e bataillon d’infanterie de Bouaké, énorme camp militaire en partie désaffecté, des mutins sont assis sous des arbres ou discutent sur des murets.

« Ce n’est pas un coup d’Etat. Nous voulons nos primes. Le président (Alassane Ouattara) a signé un papier pour dire qu’il était d’accord. Quand il paiera, on rentrera chez nous. On ira jusqu’au bout. Nous sommes les 8.500 qui avons porté Ouattara au pouvoir, on ne veut pas le faire partir mais il doit tenir sa parole », affirme un porte-parole, sous couvert de l’anonymat.

Derrière lui, un homme encagoulé, en treillis, brandit son lance-roquette: « Ils ont dit qu’ils (l’armée loyaliste) venaient nous chercher. On attend. S’ils ne viennent pas, nous, on va aller les chercher. On connait ça, on a déjà fait », dit-il.

« On a faim »

Un autre, cartouchière autour des épaules, tempère: « Si on voulait faire un coup, on serait déjà descendu sur Abidjan ».

Certains d’entre eux soulignent qu’ils sont en contact avec leurs « frères » mutins dans les autres villes du pays. « On est partout! ».

En ville, les habitants commencent à s’exaspérer. Une manifestation d’une centaine de personnes a été dispersée manu militari dimanche. Des habitants se plaignent de vols ou des coups de feu qui « traumatisent », raconte Aya Kouamé, à l’hôpital.

« On n’en veut pas aux populations. Il n’y a pas de vol, pas de pillage », assure un mutin, enveloppé d’un drap rose.

Si quelques hommes, dont certains avinés profitent de la situation, les magasins n’ont pas été attaqués. Des maisons de dirigeants ou établissements publics ont néanmoins été ciblés.

Au marché, les mutins circulent dans l’indifférence. Les commerçants tirent la langue mais certains soutiennent les mutins.

« I n’y a plus de clients. Ca fait quatre jours que je ne vends plus rien. Pour manger, on se débrouille. On a faim », affirme Mamadou Kamaté qui vend des sacs. Il avoue avoir caché sa marchandise par peur des pillages.

« Il (Ouattara) doit les payer. Ils (mutins) ont mérité. Donne leur l’argent, ils vont libérer la ville »,clame Drissa Kouyaté.

Fatim Doumbia, commerçante, exprime la lassitude générale: « On ne veut pas palabre dans Bouaké. On est fatigués ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2017 16h59)  

Mutinerie en Côte d’Ivoire: tirs nourris à Abidjan et Bouaké

mai 15, 2017

Des soldats ivoiriens en patrouille à Abidjan, le 12 mai 2017 / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

Des tirs nourris étaient entendus lundi au petit matin à Abidjan, selon des habitants, et Bouaké, épicentre de la mutinerie de soldats ivoiriens qui a été relancée vendredi, a constaté un journalistes de l’AFP.

Les mutins ont pris l’habitude de tirer en l’air pour montrer leur mécontentement à propos de primes non payées.

Dans la capitale économique Abidjan, de nombreux tirs étaient audibles en provenance des deux camps militaires d’Akouedo (est), formant la plus grande caserne du pays, selon une habitante qui réside entre les deux enceintes.

Les voies d’accès à Akouedo, et notamment une des principales artères de la zone, étaient fermées, empêchant les habitants de l’est de la ville de se rendre au centre d’Abidjan, selon un collaborateur de l’AFP.

Des tirs étaient aussi audibles en provenance du camp Gallieni, au Plateau (centre ville), qui avait été un des points chauds de la journée de vendredi.

A Bouaké, des tirs étaient aussi fréquents, les mutins n’hésitant pas à multiplier des séquences avec des armes de gros calibres, effrayant une partie de la population et générant depuis dimanche soir d’incessantes rumeurs sur l’attaque de la ville par les forces loyalistes.

Les mutins réclament les reliquats des primes promises par le gouvernement après les mutineries de janvier qui ont ébranlé le pays.

A l’époque, ils avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000 euros) pour chacun d’eux (des sommes importantes pour le pays), et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Jeudi, un représentant de soldats avait annoncé renoncer aux revendications financières, lors d’une cérémonie en présence du président Ouattara et d’autres soldats, qui se voulait un point final à la protestation des forces de sécurité.

Loin d’apaiser la situation, cette cérémonie a en fait déclenché un nouveau mouvement d’humeur, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest durement touché par l’effondrement des cours du cacao, vital pour son économie et dont il est le premier producteur mondial.

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2017 09h59)                

Côte d’Ivoire: un mort à Bouaké, intervention de l’armée en cours

mai 14, 2017

Des soldats mutins contrôlent des véhiculent à Bouaké le 14 mai 2017 / © AFP / ISSOUF SANOGO

La mutinerie de soldats en Côte d’Ivoire, déclenchée depuis vendredi pour obtenir des primes, a provoqué la mort d’un homme blessé par balle à Bouaké, grande ville du centre toujours contrôlée dimanche par les militaires en colère qui tiennent aussi Korhogo (nord).

Un premier bilan fait aussi état d’une vingtaine de blessés, dont six par balle, depuis ce nouveau mouvement de grogne de 100 à 300 soldats, qui fait suite à une précédente mutinerie en janvier.

L’homme, gravement blessé par balle samedi à Bouaké, est décédé dimanche au Centre hospitalier universitaire, a annoncé sa famille.

« Issouf Diawara (…) est finalement mort des suites de ses blessures par balle. Je suis un homme effondré. Sachez que je suis seul aujourd’hui après la mort de mon grand frère », a affirmé à l’AFP son jeune frère Souleymane Diawara.

La victime avait été atteinte d’une balle par des soldats mutinés qui s’étaient rendus au siège d’anciens rebelles non intégrés dans l’armée, appelés les « démobilisés », qui avaient aux mêmes réclamé des primes lundi, selon des témoignages.

« Une opération militaire est en cours pour rétablir l’ordre » contre « certains militaires récalcitrants qui continuent de désobéir » a déclaré le chef d’état-major des armées ivoiriennes, le général Sékou Touré, dans une déclaration, transmise à l’AFP.

Le patron de l’armée a déploré « l’usage d’armes à feu contre les populations civiles excédées par leurs (les mutins) agissements, des pillages et rackets systématiques… », soulignant des « actes d’une extrême gravité, contraires à la mission de protection assignée aux forces armées ».

Les mutins, qui demandent le versement de reliquats de primes, tiraient dimanche en l’air à Bouaké, pour empêcher la population de sortir de chez elle. Ils patrouillaient dans les quartiers, passant parfois à tabac des habitants, selon des témoins.

Une femme et cinq hommes ont été atteints par des tirs dimanche et étaient soignés au CHU, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une quinzaine d’autres personnes, molestées, ont été légèrement blessées et admises à l’hôpital.

Samedi, des mutins impliqués dans ce mouvement avaient tiré sur deux personnes, à Bouaké et à Korhogo, les blessant gravement.

Dimanche, les mutins ont notamment pris position autour du rond-point de la préfecture de police dans le centre-ville de Bouaké, et ont tiré en l’air pour empêcher la tenue d’un rassemblement de protestation contre leurs actions, a constaté l’AFP.

« Les tirs continuent. Les mutins empêchent les gens de sortir », a confié un habitant sous couvert d’anonymat.

Les mutins ont en outre attaqué le siège du Rassemblement des Républicains (RDR, parti du président ivoirien Alassane Ouattara).

« Tous ceux qui étaient présents ont été copieusement tabassés. Il y a eu de nombreux blessés », a déclaré à l’AFP un responsable du parti, Moriba Touré.

« Ils (les mutins) s’attaquent désormais à tout ce qui ressemble de près ou de loin au parti. Nous évitons même de porter des habits à l’effigie du président », a confié Salif Koné, un militant du parti.

A Korhogo (nord), quatrième ville du pays, une situation similaire prévalait. Des habitants ont tenté de manifester mais ont été dispersés par les mutins qui ont tiré en l’air et frappé plusieurs personnes blessant au moins l’une d’entre elles, a constaté un journaliste de l’AFP.

« L’argent, c’est tout! » –

Dimanche soir à Bouaké, les mutins contrôlaient toujours les corridors Nord et Sud situés sur le principal axe routier du pays qui relie la capitale économique Abidjan au nord et au Burkina Faso..

« On veut l’argent, c’est tout! Il n’y pas à discuter », criait un des mutins après avoir tiré une rafale de kalachnikov en l’air, a constaté l’AFP.

Les mutins ont toutefois libéré ce point névralgique qu’ils bloquaient depuis vendredi, laissant passer des camions au compte-goutte.

Sur des kilomètres sur les bas-côtés de la Nationale plus de 500 poids-lourds devant aller à Bouaké, ou simplement la traverser, attendaient leur tour pour passer.

Une large partie de ces rebelles – qui ont soutenu le président Alassane Ouattara lors de la crise de 2010-2011 contre l’ex-président Laurent Gbagbo qui refusait de reconnaître sa défaite électorale -, a ensuite été intégrée à l’armée. C’est ce contingent de 8.400 hommes qui a lancé la mutinerie de janvier.

Les mutins qui ont lancé ce nouveau mouvement de grogne réclament les reliquats des primes promises par le gouvernement après ces mutineries de janvier qui ont ébranlé le pays.

A l’époque, ils avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000 euros) pour chacun d’eux (des sommes importantes pour le pays), et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Jeudi, un représentant de soldats avait annoncé renoncer aux revendications financières, lors d’une cérémonie en présence du président Ouattara et d’autres soldats, qui se voulait visiblement un point final à la protestation des forces de sécurité.

Mais cette cérémonie a finalement déclenché un nouveau mouvement d’humeur, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest durement touché par l’effondrement des cours du cacao, vital pour son économie et dont il est le premier producteur mondial.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2017 22h21)                      

Côte d’Ivoire : six blessés à Bouaké, toujours aux mains de mutins

mai 14, 2017

Entrée du camp militaire de Cocody, à Abidjan, en 2012. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

Six personnes ont été blessées par balles dimanche à Bouaké, deuxième ville du pays toujours contrôlée par des soldats mutins qui ont lancé vendredi un nouveau mouvement de grogne en Côte d’Ivoire.

Les mutins tiraient dimanche en l’air à Bouaké pour empêcher la population de sortir de chez elle. Une femme, mère de trois enfants, et cinq hommes ont été atteints par des tirs et étaient soignés au CHU de Bouaké, a constaté un journaliste de l’AFP. Samedi, des mutins impliqués dans ce mouvement avaient déjà tiré sur deux personnes, à Bouaké (centre) et à Korhogo (nord), les blessant gravement.

 

Dimanche, les mutins ont notamment pris position autour du rond-point de la préfecture de police dans le centre-ville de Bouaké, et ont tiré en l’air pour empêcher la tenue d’un rassemblement de protestation contre leurs actions, a constaté l’AFP.

Des habitants, qui s’étaient réunis samedi, avaient en effet décidé de manifester ce dimanche pour démontrer leur opposition aux mutins.

« Les tirs continuent »

« Les tirs continuent. Les mutins empêchent les gens de sortir pour manifester », a confié un habitant sous couvert de l’anonymat.

« Les tirs sont trop nourris ce matin, il est pratiquement impossible de sortir pour se rendre à la messe. Je prierai avec ma famille à la maison », a de son côté indiqué à l’AFP un autre résident, Jean Yves Kobena. Les mutins contrôlaient toujours les quatre entrées de la ville et notamment les « corridors » Nord et Sud situés sur le principal axe routier du pays qui relie la capitale économique Abidjan au nord du pays.

La circulation sur cet axe routier stratégique était difficile dimanche: après avoir bloqué la circulation samedi, les mutins rançonnaient dimanche tous les véhicules circulant à travers ces corridors. La veille, des négociations avec le commandement militaire de Bouaké ont échoué. « Qu’ils nous envoient ce qu’ils veulent. On est prêts », avait lancé samedi à l’AFP un des mutins, assurant qu’ils étaient « prêts à en découdre » avec l’armée loyaliste si elle intervenait.

Vendredi, un important dispositif loyaliste (Garde Républicaine, police et gendarmerie) avait été déployé à Abidjan, obligeant les mutins d’Abidjan à se retrancher.

Mais aucun mouvement d’ampleur de militaires loyalistes n’a été détecté aux abords de Bouaké dimanche. « La situation est plus compliquée à Bouaké. N’oubliez pas qu’elle fut la capitale de la rébellion » à partir de 2002, a commenté samedi Yao Kobena, enseignant à Bouaké.

Reliquats de primes

Une large partie de ces rebelles – qui ont soutenu le président Alassane Ouattara lors de la crise de 2010-2011 contre l’ex-président Laurent Gbagbo qui refusait de reconnaître sa défaite électorale -, a ensuite été intégrée à l’armée. C’est ce contingent de 8 400 hommes qui a lancé la mutinerie de janvier.

Les mutins réclament les reliquats des primes promises par le gouvernement après ces mutineries de janvier qui ont ébranlé le pays.

Les mutins avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18 000 euros) pour chacun d’eux (des sommes importantes pour le pays), et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7 500 euros). On leur avait promis les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Une économie fragile

Jeudi, un représentant de soldats avait pourtant annoncé renoncer aux revendications financières, lors d’une cérémonie en présence du président Ouattara et d’autres soldats.

Cette cérémonie se voulait visiblement un point final à la protestation des forces de sécurité, mais a finalement déclenché un nouveau mouvement de grogne depuis vendredi, alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest est durement touché par l’effondrement des cours du cacao, vital pour son économie et dont il est le premier producteur mondial.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: les mutins de Bouaké refusent de rentrer dans le rang

mai 13, 2017

Des soldats rebelles, le 12 mai 2017 autour du camp militaire Gallieni situé au centre d’Abidjan / © AFP / ISSOUF SANOGO

Accès à la ville bloqués, tirs en l’air et patrouilles: les soldats mutins de Bouaké (centre), deuxième ville de Côte d’Ivoire, refusaient samedi de renoncer aux primes promises et continuaient de défier les autorités malgré les menaces de « sanctions sévères » du chef d’état-major des armées.

A Daloa (centre), des mutins ont tiré dans la nuit de vendredi à samedi et continuaient à circuler en ville, selon deux habitants joints par l’AFP par téléphone, alors que des tirs ont également été entendus à Korhogo (nord). La situation était toutefois calme dans la capitale économique Abidjan, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Nous voulons notre argent », lançait ainsi samedi à Bouaké sous couvert d’anonymat l’un des mutins, qui portait une cagoule sur la tête. Plusieurs centaines de mutins étaient impliqués samedi dans ce nouveau mouvement de grogne à Bouaké.

Ces mutins ont chassé les policiers qui contrôlent habituellement les « corridors », et ont pris position sur les routes, bloquant les accès à Bouaké et empêchant toute circulation. Les corridors Nord et Sud sont situés sur le principal axe routier du pays qui part d’Abidjan, et poursuit vers le nord jusqu’au Burkina Faso voisin.

Les mutins tiraient samedi sporadiquement en l’air au niveau de ces corridors mais aussi à l’intérieur de la ville, où les banques et les magasins n’ont pas ouvert samedi matin.

En fin de matinée, des négociations avec des hauts gradés du commandement militaire de Bouaké ont échoué.

Les mutins assurent être prêts à en découdre avec les forces loyalistes si celles-ci intervenaient.

On est prêts

« Qu’ils nous envoient ce qu’ils veulent. On est prêts », a ainsi lancé à l’AFP un des mutins à Bouaké. « Si on n’était pas prêts à se battre, on n’allait pas poser ces actes (agir ainsi, ndlr) », a renchéri un autre.

Les deux hommes portaient des cagoules et ont refusé de donner leurs noms.

Vendredi, un important dispositif loyaliste (Garde Républicaine, police et gendarmerie) avait été déployé à Abidjan, obligeant les mutins qui occupaient le camp Gallieni, au centre-ville, à partir.

« La situation est plus compliquée à Bouaké que dans les autres villes du pays. N’oubliez pas que cette ville fut la capitale de la rébellion », a commenté samedi auprès de l’AFP Yao Kobena, enseignant à Bouaké.

Cette ville a été la capitale d’une rébellion à partir de 2002. Une large partie de ces rebelles, qui ont soutenu le président Alassane Ouattara lors de la crise de 2010-2011 contre l’ancien président Laurent Gbagbo qui refusait de reconnaître sa défaite électorale, ont ensuite été intégrés à l’armée. C’est ce contingent de 8.400 hommes qui a lancé la mutinerie de janvier.

Les mutins réclament le paiement de reliquats de primes que leur avait promis le gouvernement après ces mutineries de début janvier qui avaient ébranlé le pays.

Les mutins avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000 euros) pour chacun d’eux, et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis de payer les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Toutefois, jeudi soir, un représentant de soldats avait annoncé renoncer à leurs revendications financières, lors d’une cérémonie au Palais présidentiel en présence du président Ouattara et d’autres soldats.

Cette cérémonie, organisée sans la présence de la presse et diffusée en différé après montage, se voulait visiblement un point final à la protestation de l’ensemble des forces de sécurité, mais a finalement déclenché un nouveau mouvement de grogne.

Vendredi, des mutins avaient tiré et pris position autour du camp Gallieni d’Abidjan. Ils avaient également tiré en l’air à Akouedo (est d’Abidjan) et paralysé plusieurs villes du pays dont Bouaké, Korhogo (nord), Odienné (nord) et Man (ouest).

Les forces loyalistes avaient de leur côté déployé vendredi un important dispositif à Abidjan, et menacé dans la soirée les mutins de sanctions, lors d’une allocution du chef d’état-major des armées au journal télévisé.

Romandie.com avec(©AFP / 13 mai 2017 14h57)                

Côte d’Ivoire: des mutins bloquent les accès à Bouaké, tirent en l’air

mai 13, 2017

Bouaké (Côte d’Ivoire) – Les soldats mutins de Bouaké (centre), épicentre des mutineries de janvier et de vendredi, ont tiré en l’air toute la nuit et bloqué samedi matin l’accès des quatre entrées de la deuxième ville du pays, a constaté un journaliste de l’AFP.

Par ailleurs, à Daloa (centre), des mutins ont également tiré pendant la nuit et continuaient à circuler en ville, selon deux habitants joints par l’AFP par téléphone.

Ce mouvement de grogne survient au lendemain des déclarations du chef d’état-major des armées ivoirien, le général Touré Sekou, qui a menacé vendredi soir les mutins de « sanctions disciplinaires sévères », et alors qu’un représentant de mutins avait annoncé jeudi au nom de tous les soldats renoncer à « toute revendication d’ordre financier ».

« Nous voulons notre argent », a lancé samedi à Bouaké sous couvert d’anonymat l’un des mutins, qui portait une cagoule sur la tête.

Ces mutins ont chassé les policiers qui contrôlent habituellement les « corridors », et ont pris position sur les routes, bloquant les accès à Bouaké et empêchant toute circulation. Les corridors Nord et Sud sont situés sur le principal axe routier du pays qui part de la capitale économique Abidjan, et poursuit vers le nord jusqu’au Burkina Faso voisin.

Les mutins tiraient samedi sporadiquement en l’air au niveau de ces corridors mais aussi à l’intérieur de la deuxième ville du pays, où les banques et les magasins n’ont pas ouvert samedi matin.

Vendredi, des mutins avaient tiré et pris position autour du camp Gallieni situé au centre d’Abidjan. Ils avaient également tiré en l’air à Akouedo (est d’Abidjan) et paralysé plusieurs villes du pays dont Bouaké, Korhogo (nord), Odienné (nord) et Man (ouest).

Les forces loyalistes avaient de leur côté déployé vendredi un important dispositif à Abidjan, et menacé dans la soirée les mutins de sanctions, lors d’une allocution du chef d’état-major des armées au journal télévisé.

Samedi, la situation était calme à Abidjan, a constaté un journaliste de l’AFP.

« La situation est plus compliquée à Bouaké que dans les autres villes du pays. N’oubliez pas que cette ville fut la capitale de la rébellion », a commenté auprès de l’AFP Yao Kobena, enseignant à Bouaké.

Bouaké a été la capitale de la rébellion à partir de 2002. Une large partie de ces rebelles, qui ont soutenu le président Alassane Ouattara lors de la crise de 2010-2011 contre l’ancien président Laurent Gbagbo qui refusait de reconnaître sa défaite électorale, ont ensuite été intégrés à l’armée. C’est ce contingent de 8.400 hommes qui a lancé la mutinerie de janvier.

Anciens rebelles intégrés dans l’armée, les mutins réclament le paiement de reliquats de primes que leur avait promis le gouvernement après les mutineries de début janvier qui avaient ébranlé le pays.

Les mutins avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000 euros) et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis de payer les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Toutefois, jeudi soir, un représentant de soldats avait annoncé renoncer à leurs revendications financières, lors d’une cérémonie au Palais présidentiel en présence du président Ouattara et d’autres soldats.

Cette cérémonie, organisée sans la présence de la presse et diffusée en différé après montage, se voulait visiblement un point final à la protestation de l’ensemble des forces de sécurité, mais a finalement déclenché un nouveau mouvement de grogne.

Romandie.com avec(©AFP / 13 mai 2017 12h23)                                            

Les mutins qui ont ébranlé la Côte d’Ivoire en janvier renoncent à leurs revendications

mai 11, 2017

Abidjan – Les 8.400 soldats ivoiriens qui se sont mutinés en janvier ont « présenté leurs excuses » pour avoir ébranlé le pays et ont annoncé « renoncer à toute revendication d’ordre financière », lors d’une cérémonie au Palais présidentiel d’Abidjan jeudi soir.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a affirmé « croire à la sincérité de leurs paroles » et s’est dit certain qu’ils seront désormais des « militaires exemplaires », lors de cette cérémonie dont des images ont été diffusées la télévision nationale.

Organisée sans la présence de la presse, l’évènement se voulait visiblement un point final au mouvement de protestation de l’ensemble des forces de sécurité, alors que le pays est au bord de l’implosion et est très durement touché par l’effondrement des cours cacao qui ont vidé les caisses de l’Etat, comme l’a rappelé le président.

« Nous présentons nos excuses pour les différentes situations que nous avons connues (..) nous renonçons définitivement à toute revendication d’ordre financière (…) nous prenons l’engagement solennel de nous ranger et de nous mettre aux ordres de la République », a affirmé un porte-parole des mutins présenté comme le sergent Fofana. Il qui a ensuite salué militairement le président en signe d’allégeance.

Ces mutins qui réclamaient surtout 12 millions de F CFA de primes (18.000 euros) avaient obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros) et devaient toucher le reste à partir du mois de janvier, avait appris l’AFP auprès des mutins. Le gouvernement a lui toujours refusé de divulguer le contenu des négociations. Le relatif succès des mutins avait fait tache d’huile dans toutes les forces de sécurité et même dans l’administration, tout en choquant nombre d’Ivoiriens dont une grande partie vit dans la pauvreté.

Rappelant à plusieurs reprises avoir été « meurtri par les événements », le président Ouattara a ensuite pris la parole soulignant que « la stabilité de la Côte d’Ivoire (avait) été mise à mal (…) et que les événements avaient « effrayé les Ivoiriens, ceux qui veulent investir et visiter le pays ».

« La Côte d’Ivoire traverse des moments très, très difficiles », a-t-il précisé soulignant que la chute du prix du cacao avait fait perdre « près d’un milliard d’euros » au pays et que le budget de l’Etat avait subi une « perte sèche de 150 milliards de F CFA (230 millions d’euros) ».

Se posant en « père de la Nation », il a néanmoins promis malgré ces difficultés budgétaires « l’amélioration des conditions de vie et de travail » des militaires ».

« Je veux que nous puissions bâtir une armée républicaine. Je suis sûr que vous serez des militaires exemplaires (…) que votre loyauté à l’égard de la Nation ne fera plus jamais défaut », a-t-il conclu.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mai 2017 23h43)                                            

Côte d’Ivoire : accord entre mutins et gouvernement

janvier 14, 2017

Le 7 janvier à Bouaké, après les négociations entre le ministre délégué à la Défense, Alain-Richard Donwahi (au centre), et une délégation de soldats. © Sia KAMBOU/AFP

Un accord final a été trouvé vendredi soir entre des militaires mutins et le gouvernement ivoirien, au terme d’une journée de tension émaillée de tirs dans des casernes à travers le pays qui a vu les négociations traîner en longueur.

« Un accord a été trouvé à Bouaké (centre) entre le chef d’état-major, le ministre de la Défense et les militaires » mutins, a affirmé une source proche de la présidence à l’AFP.

Sur place, les militaires mutins ont laissé éclater leur joie. « Nous sommes contents. On a trouvé un accord », ont affirmé plusieurs soldats à l’AFP, sans vouloir révéler le contenu de celui-ci.

« Les militaires ont accepté de rentrer dans les casernes et les tirs ont cessé pour cette raison à Bouaké », a affirmé une source locale dans la deuxième ville du pays, épicentre de la crise, où avaient lieu les négociations entre les mutins et le ministre de la défense Alain-Richard Donwahi.

Selon cette source, les mutins ont obtenu une prime de 5 millions de francs CFA (7.622 euros).

Les soldats s’étaient rebellés la semaine dernière à Bouaké et le mouvement avait fait tache d’huile, avec des tirs de solidarité dans le pays. La même situation s’est reproduite vendredi alors que le ministre s’était rendu à Bouaké pour finaliser un accord annoncé samedi dernier.

Mais les discussion se sont avérées plus complexes que prévues et le ministre, arrivé sur place à 14h00 (locale et GMT), n’est sorti de la table de négociations que vers 22h00.

La tension est montée tout au long de la journée, certains craignant que le ministre soit pris en otage et que le pays bascule dans une mutinerie généralisée.

Le ministre a quitté Bouaké par les airs en fin de soirée et il n’y a pas eu de victimes.

En début de soirée, les mutins, visiblement mécontents, avaient repris le contrôle des accès à Bouaké, après avoir ordonné vers 17h en tirant en l’air aux nombreux journalistes présents de quitter les environs de la résidence du préfet, théâtre des négociations.

Ils avaient auparavant dispersé dans la matinée, en tirant en l’air également, des manifestants qui scandaient notamment « On a faim, on veut travailler! ».

Des tirs sporadiques étaient régulièrement audibles tout au long de la journée et de la soirée.

Comme la semaine dernière, plusieurs autres casernes dans le pays avaient pris le relais.

De nombreux coups de feu ont ainsi été tirés vendredi dans la caserne d’Akouedo, le plus grand camp militaire d’Abidjan, mais aussi à Odienné (nord-ouest) et à Bondoukou (centre-est).

Dans la nuit de mercredi à jeudi, puis jeudi matin, les militaires avaient tiré en l’air à Bouaké pour « mettre la pression ». « Nous attendons notre argent », avait déclaré l’un des mutins.

Grève des fonctionnaires

Ces revendications des mutins, dont beaucoup sont d’anciens rebelles, marquaient le retour d’un problème récurrent dans un pays sorti en 2011 de 10 ans de rébellion, dont Bouaké, ville de 1,5 million d’habitants, fut la capitale.

De source proche du dossier, ils réclamaient notamment environ 10 millions de francs CFA par personne (15.245 euros), un montant jugé « complètement déraisonnable » par une autre source militaire.

Avec les 5 millions obtenus selon la source locale, les militaires vont recevoir une somme qui avoisine certaines de leurs premières revendications. Le montant est très important si on le compare au niveau de vie des 20 millions d’Ivoiriens, dans un pays où les revenus des classes sociales basses ne dépassent souvent pas 100.000 F CFA mensuels (152 euros).

Reste à savoir comment sera financée la promesse, alors que le gouvernement fait face à une grève des fonctionnaires qui réclament aussi des augmentations salariales et refusent la réforme des retraites engagée en 2016.

En novembre 2014 déjà, une vague de protestation de soldats était partie de Bouaké et s’était également étendue à Abidjan et d’autres villes.

La rébellion du Nord, qui coupa la Côte d’Ivoire en deux de 2002 à 2011, était favorable à l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara, en fonction depuis 2011. Le Sud était tenu par les forces loyales à l’ex-président Laurent Gbagbo, au pouvoir de 2000 à 2011.

La Côte d’Ivoire a mis en route en 2016 une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu’en 2020. Elle prévoit la modernisation et des achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs.

L’armée ivoirienne – 22.000 hommes au total – compte trop de gradés. Beaucoup de ces gradés sont des anciens rebelles intégrés après la crise. Les autorités cherchent à les inciter à quitter les forces armées pour tourner définitivement la page d’une décennie d’instabilité.

Par ailleurs, le pays a achevé mercredi une réorganisation politique. Le président a nommé mardi l’ancien Premier ministre Daniel Kablan Duncan comme vice-président, poste nouvellement créé après le référendum constitutionnel de novembre, et Amadou Gon Coulibaly, ex-secrétaire général de la présidence, comme nouveau Premier ministre.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: des manifestants repoussent les militaires mutins

janvier 13, 2017

Bouaké (Côte d’Ivoire) – Les manifestants, qui protestent contre l’action de militaires mutins à Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire (centre) ont fait refluer les soldats dans leur caserne après avoir été dispersés dans la matinée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ces événements surviennent avant l’arrivée prévue ce vendredi du ministre de la Défense, Alain-Richard Donwahi, attendu pour conclure les négociations avec les mutins après l’accord de samedi dernier.

Environ 200 manifestants s’étaient rassemblés sur le rond-point de la préfecture de Bouaké pour demander aux militaires de « mettre un terme à (leur) révolte », à l’appel de cadres du Rassemblement des républicains (RDR, le parti du président Alassane Ouattara).

« Nous sommes fatigués de leurs agissements. Nous allons prendre nos responsabilités et descendre dans la rue », avait annoncé jeudi Yacouba Traoré, un notable, et l’un des initiateurs de cette manifestation.

Au bout de quelques minutes vendredi, des camions militaires sont arrivés, des soldats ont tiré en l’air et ont très rapidement dispersé la foule.

Toutefois, quelques minutes plus tard, les manifestants dont le nombre a gonflé, approchant les 300 ou 400, sont revenus, faisant refluer les militaires dans leurs casernes.

« Libérez Bouaké! », « On a faim, on veut travailler! », scandaient notamment les manifestants.

Dans la nuit de mercredi puis jeudi matin, les militaires avaient tiré en l’air à Bouaké pour « mettre la pression » sur le gouvernement. « Nous attendons notre argent demain (vendredi). Ce qui compte c’est l’argent », avait déclaré l’un des mutins à l’AFP.

Le weekend dernier, le mouvement des mutins avait fait tache d’huile, s’étendant à la plupart des casernes du pays, notamment dans la capitale économique Abidjan.

Les revendications des mutins, dont beaucoup sont d’anciens rebelles, sont matérielles. Elles marquent le retour d’un problème récurrent dans un pays sorti en 2011 de dix ans de rébellion dont Bouaké, 1,5 million d’habitants, fut la capitale.

Un accord avait été trouvé samedi à Bouaké entre le ministre et des soldats qui réclament le paiement de primes, des augmentations de solde, une promotion plus rapide entre les grades ainsi que des logements.

Samedi, des militaires en colère avaient cependant empêché le ministre et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet pendant plus de deux heures.

En novembre 2014, déjà, une vague de protestation de soldats était partie de Bouaké et s’était également étendue à Abidjan et d’autres villes.

La rébellion du nord qui coupa la Côte d’Ivoire en deux de 2002 à 2011 était favorable à M. Ouattara. Le sud était tenu par les forces loyales à l’ex-président Laurent Gbagbo.

La Côte d’Ivoire a mis en route en 2016 une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu’en 2020. Elle prévoit modernisation et achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs. L’armée ivoirienne – 22.000 hommes au total – compte trop de gradés comparativement aux nombres de soldats.

Le pays a achevé mercredi une réorganisation politique. Le président a nommé mardi l’ancien Premier ministre Daniel Kablan Duncan vice-président, poste nouveau créé après le référendum constitutionnel de novembre, et Amadou Gon Coulibaly, ex-secrétaire général de la présidence, nouveau Premier ministre. Ce dernier a formé mercredi un nouveau gouvernement plus restreint que la précédente équipe.

Romandie.com avec(©AFP / 13 janvier 2017 13h26)