Posts Tagged ‘Nafissatou Diallo’

Affaire DSK : que devient Nafissatou Diallo ?

février 2, 2015

Nafissatou Diallo en 2011 à New York.
Nafissatou Diallo en 2011 à New York. © AFP

Alors qu’elle s’était plongée dans un anonymat volontaire depuis la fin, en décembre 2012, de son action au civil contre l’ancien directeur général du FMI, la radio française RTL a révélé aujourd’hui que Nafissatou Diallo se serait lancée dans les affaires à New York.

C’est donc à la faveur de l’ouverture le 2 février à Lille d’un autre procès visant l’ancien patron du Fonds Monétaire International, poursuivi pour proxénétisme, que le nom de Nafissatou Diallo réapparait dans les médias. Et pour cause, la Guinéenne se serait reconvertie, selon RTL, dans la restauration et aurait ouvert un établissement à New York.

Un accord estimé à des millions de dollars

Les avocats de Nafissatou Diallo ont préféré gardé le secret sur les sommes versées par DSK pour aboutir à un abandon des charges au civil. Après avoir quitté New York pendant trois années, elle est revenue pour ouvrir un restaurant qui propose des plats américains et ouest-africains.

Selon son ancien avocat, Douglas Wigdor, contacté par RTL, Nafissatou Diallo aurait préféré éviter les évènements de l’hôtel Sofitel : « Elle a peut-être plus d’argent qu’elle n’en a jamais eu, mais je sais de façon certaine qu’elle aurait préféré rester femme de chambre dans cet hôtel et que rien de tout ça ne soit arrivé, car elle était heureuse. ».

Des médias avaient estimés à 1,5 millions de dollars, la somme versée à Nafissatou Diallo par DSK.
Jeuneafrique.com par Edmond d’Almeida

DSK-Diallo: Un choc culturel ?

septembre 15, 2011

L’Affaire DSK vue par un Africain-Américain à Paris

L’affaire Dominique Strauss-Kahn continue à passionner ici, à Paris, maintenant que le voilà revenu dans un paysage politique en transition où le Parti socialiste est obligé de se tourner vers des candidats de deuxième choix pour l’élection présidentielle de 2012.

La rencontre de neuf minutes entre DSK et la femme de ménage de l’hôtel Nafissatou Diallo dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan le 14 mai dernier lui a sans doute coûté la présidence française de l’année prochaine, élection qu’il aurait aisément pu remporter. Beaucoup de Français acceptent la situation telle qu’elle est, et considèrent que c’est le «destin» qui l’a voulu.

Mais saurons-nous jamais ce qu’il s’est vraiment passé ce jour-là, entre deux personnes de cultures, de milieux et de situations socioéconomiques si différents? Grâce à la décision fort peu courageuse du procureur de Manhattan Cyrus Vance Jr. d’abandonner toutes les charges, garantissant ainsi que les faits ne seront jamais exposés publiquement dans un tribunal, nous ne le saurons pas.

Vance a manqué du courage nécessaire pour voir plus loin que les facteurs juridiques. En tant que produit du monde universitaire de l’Ivy League, de l’establishment de l’est américain et de tout ce que cela implique, envisager qu’une mère célibataire pauvre issue de l’ethnie peule de Guinée puisse avoir été forcée à consentir aux exigences lubriques de DSK, de peur de perdre son travail de femme de ménage à 25 dollars de l’heure, n’est probablement pas compatible avec la structure de son ADN.

C’est l’histoire de trois cultures, de trois individus —un leader politique juif, un avocat WASP (White anglo saxon protestant) et une femme de chambre musulmane— de trois continents différents, dont les destins sont entrés en collision par une après-midi ensoleillée du mois de mai.

Voilà ce que nous savons: à 12h06, selon les données de la clé magnétique, Diallo est entrée dans la suite 2806 pour la nettoyer, la croyant vide, et est tombée nez à nez avec un DSK extrêmement dénudé sortant de la salle de bains. DSK a appelé sa fille à 12h15. Donc, neuf minutes après y être entrée, Diallo s’est enfuie de la suite avec du sperme de DSK sur son uniforme. La grande question est: comment est-il arrivé là?

Homme blancs, femmes noires

Connaître les caractéristiques de certaines cultures africaines lorsqu’un homme puissant désire une femme pauvre mais séduisante, qui n’est pas une prostituée, peut aider à comprendre la situation. Si elle cède et a une relation sexuelle avec lui, il sait qu’il doit lui laisser quelque chose de valeur après. C’est implicite, mais néanmoins c’est la coutume, car il doit respecter sa dignité.

En l’absence de faits connus, on peut dans le cadre d’un scénario plausible imaginer le dilemme de Diallo à la vue de cet homme blanc, DSK, se jetant sur elle depuis la salle de bains, totalement excité et bien décidé à la faire céder. Diallo, en tant que femme africaine, a pu prendre une décision hâtive, selon moi. Valait-il la peine de résister aux exigences de DSK et de risquer de mettre en péril son emploi à 25 dollars de l’heure? Elle sait à peine lire et écrire en anglais et a une fille adolescente à élever. Où pourrait-elle trouver un emploi aussi bien rémunéré?

Alors peut-être Diallo a-t-elle opté pour la moindre résistance et s’est-elle soumise à la contrainte pour des raisons économiques, tout en s’attendant à une forme de compensation à la fin. Cela pourrait expliquer pourquoi elle est entrée de nouveau dans la suite à 12h28, après le départ de DSK —pour voir ce qu’il lui avait laissé. Ne trouvant rien, elle a compris qu’elle s’était fait avoir, sa dignité a été offensée et elle était probablement très en colère contre elle-même. C’est là que débute la vraie saga.

L’histoire de la culture des hommes blancs et des femmes africaines —le métissage— est ancienne mais complexe, et remonte au moins au XVIIe siècle, à l’époque où la France était une nation très impliquée dans la traite négrière possédant des plantations de canne à sucre dans les Caraïbes et en Louisiane.

Le roi Louis XIV promulgua un décret en 1685 pour faire entrer le Code noir en vigueur, dont les clauses définissaient les conditions de l’esclavage dans l’empire colonial français, restreignaient les activités des noirs libres et définissaient la nature des relations entre les propriétaires et leurs concubines esclaves, tout particulièrement en ce qui concernait leur progéniture. La Louisiane adopta ce code en 1724, où il resta en vigueur jusqu’à la vente de l’État en 1803.

Si le coq est le symbole de la France, il y a une raison. Après l’arrestation de DSK et la diffusion des photos de sa «perp walk» [exhibition devant les médias, menotté, lors de son transfert], nous avons pu voir de petits napoléons français s’agiter en bouillonnant de rage à cause de ce qu’il s’était passé à New York. Montrer un homme, considéré comme invincible, rabaissé par une Africaine pauvre et conduit devant la justice comme son égal à Manhattan, voilà qui était nouveau pour les Français des hautes sphères de la classe politique, quasiment intouchables chez eux.

La sensation que le cours du destin de la France était changé par une femme africaine (et une femme de ménage en plus) originaire de Guinée, ancienne colonie française qui rejeta tous liens avec la France lors de son indépendance en 1958, était rien moins que choquant. Le fait que cela puisse se produire dépassait leur entendement. Dans ce scénario, DSK est la victime, pas Diallo, surtout après son séjour à Rikers Island.

Malgré le soutien apporté par les colonies françaises au général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, le sale petit secret qui se cache ici est que la plupart des Africains sont encore regardés de haut par beaucoup d’hommes français d’un certain âge. Ils ne sont pas pris au sérieux en tant qu’êtres humains, et sont considérés comme tout juste bons à jouer au foot, faire de la musique ou que pour leurs jeunes femmes, objets notoires de convoitise. Un journaliste de la télévision hexagonale a allègrement classé toute l’affaire DSK comme un «troussage de domestique», suggérant que le maître a parfaitement le droit de retrousser les jupes de l’une des ses employées si cela lui chante.

Dominique Strauss-Kahn est un produit de cette culture et de cette mentalité. Et la liste de ses «conquêtes» est longue; de Marie-Victorine M., socialiste française née au Congo qui tenta de se suicider quand DSK rompit leur liaison au bout de neuf mois, à Anne Mansouret, élue socialiste qui qualifia sa relation consentie avec DSK de «clairement brutale». Sa fille, la romancière Tristane Banon, a porté plainte contre DSK en France: elle l’accuse d’avoir tenté de la violer en 2002.

«Pauvre justice»

Là-bas, sous le ciel américain, Vance et ses avocats ont apparemment conclu que s’ils ne pouvaient remporter l’affaire, à quoi bon aller jusqu’au procès? Le témoin n’est pas fiable, ont-ils jugé, son témoignage ne tiendra donc pas debout. Mais même en France, les gens veulent savoir pourquoi l’uniforme de femme de ménage de Diallo était taché du sperme de DSK quand elle est sortie de la suite.

Vance, pénétré de la mentalité de son milieu, n’a vu que la lettre de la loi et pas la dimension culturelle de l’affaire.

Diallo a-t-elle été contrainte à faire ce qu’elle a fait par peur de perdre son travail si elle ne se soumettait pas à un homme puissant, qui pouvait la détruire économiquement? Un rapport sexuel consenti sous contrainte psychologique n’est peut-être pas illégal, mais il est immoral. Vance est-il passé à côté de l’occasion d’ouvrir une nouvelle voie juridique en n’envisageant pas qu’une femme ait pu se sentir économiquement menacée par DSK autant que s’il lui avait posé un pistolet sur la tempe? Nous ne le saurons jamais.

La vraie morale de cette histoire est que l’argent et les avocats hors de prix continuent de prévaloir quand le puissant s’attaque au faible. Et une femme africaine est particulièrement vulnérable dans cette situation, ne serait-ce que parce qu’elle est loin de chez elle. Au moins, les propriétaires français de l’hôtel Sofitel, qui ont continué à lui verser son salaire, ont-ils dit à Nafissatou Diallo qu’elle pourrait retourner au travail quand elle se sentirait prête. Pauvre justice, c’est le moins que l’on puisse dire.

Leroy Woodson Jr. est un journaliste africain-américain vivant à Paris, dont les observations sont inspirées par de nombreuses années de fréquentation des cultures française et parisienne.

Traduit par Bérengère Viennot
Source: SlateAfrique

DSK : Karl Lagerfeld lui a envoyé un bouquet de fleurs

septembre 9, 2011

DSK : « Un type très doux si vous n’êtes pas une femme »

Karl Lagerfeld est connu pour sa grande gueule et son discours franc du collier. Du coup, quand il s’exprime sur l’affaire DSK, ça balance.

Karl Lagerfeld est un homme qu’il vaut mieux avoir dans la poche mais cela ne l’empêche pas de balancer quelques petites vacheries, même s’il apprécie les personnes. Dans une interview parue hier sur le site Style.com, le créateur de la maison Chanel a donné son point de vue sur son look, la mode en général… et le journaliste en est venu à lui demander son sentiment sur l’affaire DSK.

Sans langue de bois, le couturier a affirmé qu’il avait de l’affection pour le couple. « J’aime DSK. J’aime sa femme. Ce sont des gens bien et quand ils sont rentrés à Paris, je leur ai envoyé des fleurs », a t-il déclaré à Style.com. Peu avare en vacherie, on imaginait bien le créateur leur adresser des chrysanthèmes mais son bon goût légendaire a dû reprendre le dessus. Pour lui, ce retour en France est « embarrassant » car « certains voulaient sa place. » Quand le journaliste lui rétorque qu’il n’y avait que très peu de doute sur une relation consentie avec Nafissatou Diallo, il répond sans ambiguïté : « Tout le monde fait cela en politique. Les gens sont excités par le pouvoir et la politique. »

Quant à DSK en tant qu’homme, l’avis de Karlito est plutôt surprenant : « Il a un charme incroyable. C’est un type réellement charmant. Il est drôle, c’est un homme bien. C’est un type très doux – du moment que vous n’êtes pas une femme. C’est le problème. »

Voilà, voilà.

Voici.fr par A.R.

DSK: la famille de Nafissatou Diallo en Guinée estime que justice n’a pas été rendue

août 24, 2011

La famille en Guinée de Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui a accusé Dominique Strauss-Kahn de crimes sexuels, estime que justice n’a pas été rendue à la Guinéenne avec l’abandon des charges contre l’ex patron du FMI, a dit mercredi un de ses frères à Conakry.

« On s’en remet à Dieu le Tout-Puissant mais on aurait souhaité que justice soit rendue pour ma soeur », a indiqué Mamadou Dian Diallo, frère aîné de mêmes père et mère que Nafissatou Diallo, âgée de 32 ans.

« Tout ce qui se passe, c’est le fait de Dieu. C’était prévu, Dieu est le seul juge », a fait remarquer M. Diallo, un homme d’affaires qui vit à Conakry.

Plusieurs responsables de partis interrogés par l’AFP n’ont pas voulu réagir mais de nombreux habitants de Conakry critiquaient l’abandon des charges contre l’ancien directeur général du Fonds monétaire international.

« Je suis déçu de la justice américaine, déçu de savoir qu’aux Etats-unis aussi, il y a de l’injustice. On ne peut pas et pas du tout nous expliquer pourquoi le procureur a (décidé un) abandon des poursuites contre DSK sinon par des arguments fallacieux », a déclaré à l’AFP Saliou Diallo, président du mouvement « Soutien pour Nafissatou Diallo », sans lien de parenté avec la femme de chambre de New York.

Mme Ramata Souaré, une secrétaire de 47 ans, semble partager le même sentiment. « J’ai honte de ma situation de femme », « je suis atteinte dans ma dignité de femme. J’ai honte pour DSK qui utilise tous les moyens, même les plus ignobles, pour s’en sortir. Je serais femme de chambre, j’abandonnerais mon boulot », a-t-elle dit.

Pour Almamy Barry, syndicaliste et salarié dans une banque, « on ne sait pas comment expliquer cette mesure prise par le procureur qui a certainement reçu le rapport médical qui atteste qu’il y a eu viol ».

Abdoul Sow, un pharmacien de 52 ans, se demande « qui pouvait imaginer que (cette affaire) n’allait pas tourner au cauchemar pour la Guinéenne ».

L’abandon de toutes les charges par le juge new-yorkais Michael Obus a mis fin à la procédure pénale mais DSK n’en a cependant pas complètement fini avec la justice américaine: les avocats de Mme Diallo ont lancé début août une procédure civile devant un tribunal du Bronx pour obtenir des dommages et intérêts.

Jeuneafrique.com avec AFP

«DSK n’a pas l’intention de donner de l’argent à Diallo»

août 24, 2011

Dans un entretien au Parisien, l’avocat de DSK assure que la procédure civile de Nafissatou Diallo contre son client n’aboutira pas. Il ne portera néanmoins pas plainte pour parjure contre la femme de chambre du Sofitel.

» Il n’y a «aucune raison que le peuple de New York rembourse DSK»

Au lendemain de l’abandon des charges contre Dominique Strauss-Kahn, son avocat Benjamin Brafman triomphe. «C’est la victoire de la vérité», assure-t-il dans un entretien accordé au Parisien. «Honnêtement, je pensais que nous irions jusqu’au procès», confie-t-il, même s’il a «toujours su que nous allions gagner, car Dominique Strauss-Kahn est innocent».

Le conseil de l’ancien patron du FMI semble vouloir clore pour de bon le chapitre Nafissatou Diallo. Non, il n’y aura pas de plainte pour parjure contre la femme de chambre du Sofitel. «Nous voulions l’arrêt de la procédure pénale, nous l’avons obtenu», explique Me Brafman. En théorie, DSK pourrait également attaquer la responsabilité professionnelle du procureur Cyrus Vance, qui avait engagé l’action judiciaire contre l’ancien patron du FMI au nom de l’État de New-York. Des actions pourraient également être engagées pour diffamation contre les tabloïds qui ont fait leur une sur «le pervers français», à l’image du New York Post.

Mais il est peu probable qu’il le fasse, selon Christopher Mesnooh, avocat aux barreaux de Paris et New York. «Cela ouvrirait un nouveau procès où la partie adverse pourrait se défendre et mettre sur la table des éléments du dossier restés jusque-là inconnus», explique-t-il au Post. «Humainement, on peut comprendre que DSK ait envie de contre-attaquer. Mais judiciairement, s’il arrive à s’en sortir sans procès pénal, on n’entendra jamais tous les détails croustillants de ce dossier». Comme un signal d’apaisement, DSK a salué mardi dans un communiqué «le professionnalisme» du procureur Cyrus Vance.

«Je ne lui conseille pas de raconter ce qu’il s’est passé dans la chambre»

Benjamin Brafman affirme au Parisien ne pas craindre la procédure civile engagée par les avocats de Nafissatou Diallo contre DSK. «Elle va s’effondrer comme la procédure pénale. Si la parole de cette femme n’a pas été jugée crédible une fois, elle ne le sera pas une seconde fois.» Avant d’ajouter : «Qu’une chose soit claire pour les Français : DSK n’a aucune intention, et n’a jamais eu l’intention, de lui donner de l’argent.»

Me Brafman ouvre néanmoins une porte vers une éventuelle suite de la «saga DSK». Les avocats du leader socialiste auraient «certains faits à éclaircir» quant à un éventuel complot contre leur client. «Nous nous posons des questions, notamment sur un plan international, et nous n’avons pas de réponse. Nous envisageons peut-être de continuer les investigations sur ces points qui nous semblent obscurs», confie-t-il.

Aura-t-on un jour la version des faits de Dominique Strauss-Kahn, qui s’est tu tout au long de la procédure américaine ? À en croire Benjamin Brafman, cela est hautement improbable. «Je ne conseillerais pas à DSK de raconter ce qu’il s’est passé dans la chambre. Ce n’était pas un crime, voilà tout.»
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«Aucune raison que le peuple de New York rembourse DSK»

Maintenant que les charges contre DSK ont été abandonnées, le leader socialiste peut-il obtenir un remboursement de ses frais de justice ? «Non, il n’y a aucune raison que le peuple de New York lui rembourse quoi que ce soit», explique au Figaro.fr Me Christopher Mesnooh. L’avocat rappelle que son arrestation s’est déroulée dans les règles, qu’il a pu sortir de prison au bout de cinq jours à sa demande, et que sa caution lui a été remboursée. «S’il n’a pas pu louer autre chose qu’une maison à 50.000$/mois, c’est son affaire, l’État n’a pas à le dédommager». Le droit américain ne prévoit pas non plus de remboursement des frais d’avocats.

Seule solution pour obtenir une réparation financière, intenter une action judiciaire contre le procureur Cyrus Vance pour faute professionnelle grave ou mauvaise foi. «Pour cela, il faudrait qu’il réussisse à prouver que le procureur n’aurait pas dû l’arrêter le 14 mai. Or n’oublions pas le contexte de l’époque. Procureur et police n’avaient aucun doute à ce moment-là sur le fait que Nafissatou Diallo disait la vérité», rappelle Christopher Mesnooh. «Une telle action n’aboutira jamais», pense l’avocat.

Lefigaro.fr

Le juge de New York vient d’abandonner les charges contre Dominique Strauss-Kahn

août 23, 2011

Après moult rebondissements, dépôt de charges insuffisantes et vérités contradictoires cousues de mensonge, le juge du tribunal de New York, Michael Obus, vient d’abandonner aujourd’hui les charges d’agression sexuelle pesant sur Dominique Strauss-Kahn.

Un camouflet contre la défense de Nafissatou Diallo qui cherche d’autres voies de recours pour se faire justice.

L’action pénale vient d’être close. L’action civile pourrait appporter un triomphe de réparation pour cette affaire la plus médiatisée de viol. Avec ou sans consentement ?

Bernard NKOUNKOU

Nafissatou Diallo va porter plainte en France

août 23, 2011

Cette plainte pour subornation de témoin vise un adjoint au maire de Sarcelles. Selon les avocats de la femme de chambre, il aurait dissuadé une ancienne maîtresse de DSK de témoigner dans le dossier DSK.

L’affaire Nafissatou Diallo contre DSK rebondit en France de façon inattendue. L’avocat Thibault de Montbrial, relais dans l’hexagone des avocats de la femme de chambre new-yorkaise, déposera mardi une plainte au tribunal de Pontoise pour tentative de subornation de témoin contre un adjoint au maire de Sarcelles, a-t-il annoncé lundi.

La défense de Nafissatou Diallo accuse cet adjoint au maire, dont le nom n’a pas été cité, d’avoir fait pression sur une femme qui affirme avoir eu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn, pour la dissuader de témoigner. Le maire de Sarcelles, François Pupponi, est un proche de DSK.

En juillet Kenneth Thompson, l’un des avocats de Nafissatou Diallo à New York, «s’est entretenu avec des témoins potentiels de l’affaire DSK» notamment «avec une femme originaire de Sarcelles» présente aux États-Unis, a dit Thibault de Montbrial. «Elle a apporté des précisions qui allaient dans le sens et l’intérêt de Nafissatou Diallo et du parquet», a-t-il ajouté en précisant que Kenneth Thompson «a donné le nom de ce témoin au procureur» de New York, Cyrus Vance, pour qu’il soit entendu. Mais début août «un des adjoints au maire de Sarcelles, précisant qu’il avait été  »envoyé par ses chefs », a sollicité de façon pressante un des proches» de cette femme et a demandé «ce que ça coûterait pour qu’elle se taise», a raconté l’avocat français.

Une prétendue maîtresse de DSK s’était exprimé dans la presse
Selon Thibault de Montbrial, cette «tentative de subornation de témoin» vise à bloquer les deux procédures, l’une pénale, et l’autre civile, en cours à New York. La procédure pénale devrait d’ailleurs s’éteindre après que le procureur a demandé l’abandon des charges à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn.

L’avocat de Nafissatou Diallo ne précise pas le nom du témoin, mais il pourrait s’agir de Marie-Victorine M. Celle-ci disait avoir entretenu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn, lui-même ancien maire de Sarcelles. Fin juillet, elle avait affirmé dans Le Journal du Dimanche avoir été contactée par Kenneth Thompson, avec lequel elle aurait une conversation de 45 minutes. Installée aux États-Unis mais réfugiée en Suisse pour échapper à la pression médiatique, cette femme avait précisé que son «avocate à Los Angeles avait été contactée par le bureau du procureur Vance à New York».

Dans une interview à un journal suisse, elle avait auparavant prévenu que son témoignage «servirait sans doute plus la défense que l’accusation». Elle y racontait avoir eu une relation passionnée 14 ans plus tôt avec le maire de Sarcelles de l’époque, Dominique Strauss-Kahn.

Lefigaro.fr avec AFP

Les mensonges de Diallo empêchent les poursuites

août 23, 2011

Dans un long document présenté lundi soir au tribunal, Cyrus Vance explique qu’il renonce au procès en raison de l’absence de preuves suffisantes et des inconsistances répétées de la femme de chambre.

Vingt-cinq pages, pas moins, pour justifier sa décision. Le procureur de Manhattan explique en détail les raisons de sa demande d’abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans une motion présentée lundi soir au tribunal.

Faute de preuves suffisantes pour établir la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn, les mensonges à répétition de Nafissatou Diallo, unique autre témoin de la scène du 14 mai au Sofitel à part DSK, rendent impossible à ses yeux le maintien des poursuites contre l’ancien directeur du FMI.

«La nature et le nombre de mensonges de la plaignante nous laissent dans l’impossibilité de donner crédit à sa version des faits au delà du doute raisonnable, quelle que soit la vérité sur ce qui s’est passé lors de la rencontre entre la plaignante et le défendant», raisonnent les auteurs dans l’introduction.

Ceux-ci reconnaissent que la relation sexuelle était «brève» -un argument présenté dans le même document comme le signe d’une agression sexuelle- mais les preuves physiques, médico-légales et autres ne permettent pas de conclure à une relation «forcée».

Inconsistances sur les faits à l’extérieur de la chambre

Le rapport ressemble tantôt à un véritable réquisitoire contre Nafissatou Diallo, tantôt à une justification destinée à l’électorat new-yorkais, tantôt à une explication à l’intention d’un auditoire plus large, méconnaissant les principes de la justice américaine.

Le procureur rappelle que la société américaine obéit au principe selon lequel il est «plus grave de condamner un innocent que de libérer un coupable». Les mots «crédibilité» et «mensonges» reviennent tout au long d’un texte largement consacré à Nafissatou Diallo.

«Qu’un individu ait menti» par le passé ne le rend «pas forcément indigne de confiance», assure le procureur en réponse aux critiques qui l’attaquent précisément là-dessus. Mais «dans pratiquement tous les entretiens, elle n’a pas dit la vérité sur des détails importants et moins importants de sa vie», relève-t-il.

À aucun moment le rapport ne dit que la version de la femme de chambre guinéenne a changé sur les faits dans la suite 2806 du Sofitel. Mais il insiste sur le reste, notamment les inconsistances sur les faits à l’extérieur de la chambre. Celles-ci lui ôtent selon eux toute crédibilité.

«Invention totale» sur le viol collectif en Guinée

Le rapport s’attarde ainsi sur les trois versions offertes par Nafissatou Diallo sur les minutes qui ont suivi l’agression présumée. Dans la première version, elle se cache dans le corridor, dans la deuxième version, elle nettoie la suite 2820 et dans la troisième version, elle a fait le ménage dans la 2820 le matin. Mais le plus grave aux yeux des procureurs est «l’invention totale» sur le viol collectif en Guinée.

Le fait qu’elle ait «fait croire à des procureurs et des enquêteurs expérimentés qu’elle avait été victime d’une agression sexuelle violente – mais fausse» et qu’elle puisse raconter une nouvelle agression au procès «avec une attitude similaire», est «fatal» aux yeux du procureur.

Quant aux éléments médico-légaux du dossier, Cyrus Vance estime qu’ils ne sont pas suffisamment convaincants pour poursuivre l’affaire. Les dessous «déchirés» ont peut-être tout simplement des défauts de fabrication. Les taches de sperme n’indiquent rien. L’absence d’ADN sous les ongles est signe qu’il n’y a peut-être pas eu violence. La blessure à l’épaule peut-être liée à une activité sportive d’après un expert, et la rougeur au vagin n’est pas concluante.

«Notre grave souci sur la crédibilité de la plaignante», répète le procureur, «rend impossible de savoir se qui s’est passé dans la suite de l’hôtel le 14 mai et empêche donc toutes poursuites dans cette affaire».

Lefigaro.fr par Adèle Smith

DSK: Diallo se sent « abandonnée »

août 21, 2011

Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle, se sent « abandonnée par le procureur », selon son avocat. Me Kenneth Thompson réagissait sur la radio RTL aux informations publiées par la presse américaine qui annoncent le classement sans suites de l’affaire DSK aux Etats-Unis.

« Mme Diallo se sent abandonnée par le procureur », explique t-il. « Elle est blessée, elle est dépressive […] et a le sentiment qu’on enquête davantage sur elle que sur Dominique Strauss-Kahn ». « La vie de Mme Diallo est dévastée », conclut-il.

Me Kenneth Thompson a expliqué dans un entretien samedi au New York Times que sa cliente a reçu une lettre de convocation pour lundi par le procureur de New York Cyrus Vance, à la veille d’une nouvelle audience mardi.

«Mon interprétation (…), c’est qu’ils vont annoncer qu’ils classent complètement l’affaire, ou abandonnent certains des chefs d’accusation», a réagi Kenneth Thompson pour le quotidien new-yorkais. «S’ils ne s’apprêtaient pas à abandonner les poursuites, ils n’auraient pas besoin de la rencontrer», a-t-il ajouté. «Ils iraient juste au tribunal le lendemain et diraient ‘nous allons poursuivre l’affaire’», analyse l’avocat.

Son associé, Douglas Wigdor, interrogé par l’Agence France-Presse, s’est refusé à spéculer. Mais il a précisé que le courrier de convocation «était très négatif et désobligeant». Il est «symbolique du traitement dont (Mme Diallo) a souffert durant toute cette épreuve, et dans ses interactions avec le bureau du procureur».

Lefigaro.fr avec agences

Rapport médical de Nafissatou Diallo: « Cause des blessures: viol »

août 16, 2011

L’Express a consulté le document établi par l’hôpital new-yorkais qui a examiné la femme de chambre qui accuse DSK de viol. Les principales conclusions.

Sur la table, l’une de ces fiches médicales à la mise en page ésotérique dont les hôpitaux new-yorkais ont le secret. Les sexual assaults forensic exams notes, les notes médico-légales d’agression sexuelle établies et archivées sur une dizaine de pages par le service des urgences de l’hôpital St Luke’s Roosevelt de Manhattan, datent l’arrivée de la patiente Nafissatou Diallo au 14 mai 2011, à 15 h 59.

Les premières lignes du rapport déclarent que la patiente est « alerte, capable de se déplacer seule. Sa peau est chaude et sèche ». La jeune femme est arrivée en ambulance, indique le document, accompagnée d’un policier du commissariat de Midtown, dont dépend le Sofitel de New York. Le rapport cite les propos des ambulanciers assurant qu' »elle est une femme de ménage du Sofitel qui a subi une agression sexuelle par l’occupant d’une chambre et qu’elle se plaint aussi d’une douleur à l’épaule gauche ». Ils répètent la description que Nafissatou Diallo leur a faite de l’incident pendant le transport vers l’hôpital: « Il m’a poussée vers le bas et m’a enfoncé son pénis dans la bouche. »

Le personnel des urgences de l’hôpital demande à Nafissatou si elle souhaite attendre l’arrivée d’un « Safe », un sexual assault forensic examiner, un infirmier ou un interne spécialisé dans l’examen médico-légal des agressions sexuelles. La plupart des hôpitaux de New York disposent de personnel spécialisé dans l’admission des victimes de viols et de crimes sexuels. Leur rôle est d’assurer les premiers secours et soutiens psychologiques aux victimes et d’établir les premiers constats médicaux nécessaires à l’enquête ultérieure. Le médecin écrit: « Confusion, douleurs musculaires, tension. » Il précise qu’elle réitère la même description de l’agression sexuelle: « La patiente déclare: « Il m’a poussée vers le bas et m’a enfoncé son pénis dans la bouche. » Elle souffre de l’épaule gauche, mais, selon elle, beaucoup moins qu’en début d’après-midi. » Un scanner ultérieur révélera une rupture du ligament.

« En larmes »

Kenneth Thompson se confie à L’Express
Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, a reçu L’Express dans son bureau. Pugnace, enflammé, il donne des détails sur la scène du Sofitel telle que sa cliente la décrit.

Interview intégrale dans L’Express de cette semaine. Le médecin décrit de manière succincte le comportement de la victime. « En larmes. Elle relate l’incident sur un mode narratif. Elle s’interrompt, marque des pauses, en décrivant l’acte de fellation. » Le récit de la victime présumée, recueilli dans le rapport médical, a été reproduit dans le texte de la plainte civile déposée en son nom par Ken Thompson: « L’homme nu aux cheveux blancs verrouille la porte et l’entraîne sur le lit » pour une première tentative, puis au fond du couloir, où il déchire ses collants, saisit « la partie extérieure de sa zone vaginale », « enfonce profondément son pénis dans sa bouche en la saisissant par les cheveux ». Jusqu’à l’émission du sperme dont elle décrit le goût et « qu’elle crache sur la moquette ».

La dernière page du rapport médical comporte un schéma de la zone vaginale de la victime, un élément standard des formulaires de ce type. La partie inférieure du vagin de la patiente, la « fourchette postérieure », est hachurée au crayon pour marquer l’emplacement d’un traumatisme. A droite sur la page, le praticien a inscrit au stylo rouge « rougeur sur la fourchette ». Il précise encore la localisation: « 5 and 7 o’clock. » Entre « 5 et 7 heures », comme sur le cadran d’une montre. Le reste du feuillet est occupé par une « check-list » de la zone vaginale de Nafissatou Diallo, requise pour toutes les victimes de viol. Seule la ligne consacrée à la « fourchette postérieure » comporte un commentaire: « Trauma » (traumatisme).

Le rapport conclut: « Diagnostic: agression. Cause des blessures: agression. Viol. »

L’Express.fr par Philippe Coste