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Guinée : Nafissatou Diallo, la belle ou la bête ?

août 5, 2011

Pour les uns, Nafissatou Diallo est l’innocente victime de Dominique Strauss-Kahn (DSK), considéré comme un prédateur sexuel pervers et influent… Mais pour d’autres, c’est au contraire une arnaqueuse résolue à faire cracher de l’argent à un homme riche et célèbre…

Conakry, 27 juillet. Des enfants nus jouent dans une cour inondée par les pluies. Nous sommes dans le quartier populaire de la Cimenterie, dans la « haute banlieue », à 40 km du centre-ville. Le maître des lieux se nomme Amadou Diane Diallo. C’est le fils aîné du défunt patriarche Thierno Ibrahima. Et le frère de Nafissatou Diallo. Pour l’instant, il travaille dans ses champs et, en son absence, personne n’ose ouvrir la bouche.

« Depuis qu’un journal local a donné la parole à l’un des demi-frères de Nafissatou à Tchakoulé, notre village natal dans le Fouta-Djalon, tout le monde ici se méfie de la presse comme de la peste, commente Moctar, un lointain cousin de la femme de chambre du Sofitel de Manhattan. Cet oncle n’a pas été très gentil, il a présenté Nafissatou comme une égoïste et une arrogante. » Le jeune homme (24 ans) est encore étudiant et milite à l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Bambeto, un quartier majoritairement peuplé de Peuls qui est l’un des plus chauds de la capitale – on le surnomme Bagdad, c’est dire… Moctar ne connaît pas Nafissatou : « La famille est très grande », explique-t-il. Mais il sait qu’elle est la plus jeune des six enfants de Néénan Aissatou, sa mère. Et que son père « a eu quatre autres enfants avec une autre femme ».

Faire du sou

Pour les habitants de Conakry, « l’affaire DSK » est avant tout l’affaire Nafissatou. « C’est une victime », enrage le Réseau des femmes ministres et parlementaires de Guinée, une association présidée par le Dr Makalé Traoré, ancienne ministre et Malinkée bon teint. Le Réseau regroupe des femmes de divers horizons. Certaines viennent de la Guinée forestière. D’autres sont malinkées, soussoues ou peules…

À Conakry, les préférences partisanes ont très souvent une base ethnique. « Nafissatou est une bonne Peule. Elle a utilisé des faux pour se rendre aux États-Unis. Alors, elle n’allait quand même pas rater l’occasion de se faire du sou en accusant DSK ! Cette histoire est un montage », vitupère Mamadou Touré, un enseignant soussou (l’ethnie majoritaire dans la capitale) supporteur du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du président Alpha Condé. À Gbessia, dans la commune de Matoto, il passe ses vacances à deviser sous un arbre avec des camarades. Comme lui, de nombreux Guinéens, forestiers, malinkés ou soussous, ne doutent pas une seconde que Nafissatou accuse à tort Dominique Strauss-Kahn.

Stéréotypes

Mais d’autres s’indignent de ce raccourci politico-ethnique. Gestionnaire adjoint de la Maison de la presse de Guinée, Alpha Diallo est du nombre. Dans son bureau climatisé de Coléah (commune de Matam), il commente : « Je suis très déçu. La politique guinéenne est ainsi faite que, lorsqu’un acte est commis, on s’inquiète avant tout de l’ethnie de son auteur. Et aussitôt, on s’enferme dans des stéréotypes… » Il critique par exemple la position d’Alpha Condé, qui s’est déclaré à la fois « heureux » de la libération de DSK et « triste » pour sa compatriote. « Cette ambiguïté du président a profondément divisé les Guinéens, estime-t-il. Beaucoup sont convaincus qu’il aurait eu une autre réaction si la victime avait été malinkée, comme lui. »

En attendant le 23 août, date de la prochaine audience new-yorkaise, Adama Hawa Diallo, rédactrice en chef d’un site féministe, ne se montre pas franchement optimiste : « Politiquement, financièrement et socialement, la puissance de l’accusé est infiniment plus grande que celle de l’accusatrice. Je redoute donc que la raison du plus fort prédomine. » Dans un pays pauvre comme la Guinée, le sentiment dominant est que le riche finit toujours par avoir raison du pauvre. Enfin, presque toujours…

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Jeuneafrique.com par André Silver Konan, envoyé spécial à Conakry

L’affaire Strauss-Kahn divise les juristes américains

juillet 30, 2011

….NEW YORK (Reuters) – Au terme d’une semaine marquée par des développements spectaculaires, le volet américain de l’affaire Strauss-Kahn, accusé d’agression sexuelle par une femme de chambre du Sofitel de Manhattan, continue de diviser les spécialistes du droit américain.

Au bureau de Cyrus Vance, le procureur de Manhattan, on souligne que l’enquête est toujours en cours.

Mais le nouveau report de l’audience judiciaire, programmée initialement le 16 juillet avant d’être repoussée au 1er août puis désormais au 23 août, a relancé les spéculations sur un possible abandon des charges, qu’avaient déjà alimenté les doutes apparus sur la crédibilité de Nafissatou Diallo.

« Chaque juré devra être convaincu au-delà du doute raisonnable qu’elle dit la vérité. La charge qui pèse sur le procureur est énorme. Voudra-t-il aller jusqu’au bout dans une affaire qui semble aussi difficile ? », s’interroge Bennett Gershman, ancien procureur de Manhattan aujourd’hui professeur de droit à la Pace University.

Après deux mois et demi de silence et d’anonymat, Nafissatou Diallo est apparue en pleine lumière au cours de la semaine écoulée en accordant dimanche des interviews à ABC et à l’hebdomadaire Newsweek avant d’apparaître devant une forêt de micros et de caméras jeudi dans une église de Brooklyn.

L’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn a livré sa version de ce qui s’est passé le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan où était descendu l’ex-directeur général du FMI et ancien favori des sondages en vue de la présidentielle de 2012 en France.

La femme de chambre guinéenne, qui est âgée de 32 ans, a été entendue mercredi à huis clos pendant plus de huit heures par les procureurs.

LA MÉDIATISATION, UNE STRATÉGIE

Pour plusieurs juristes, anciens procureurs, son avocat, Kenneth Thompson, a commis, en la laissant parler, une erreur que la défense de DSK saura exploiter si procès il y a.

« C’est un filon dans lequel la défense pourra creuser », dit l’avocat Jeremy Saland, qui a travaillé par le passé au bureau du procureur de Manhattan. La moindre contradiction, la moindre variation dans ses propos pourront servir aux défenseurs de Dominique Strauss-Kahn, qui nie toute agression sexuelle, à discréditer la parole de son accusatrice.

Certains avancent même qu’en optant pour cette stratégie de médiatisation de sa cliente, Kenneth Thompson montre qu’il ne croit plus en l’issue de la procédure pénale. Il a du reste annoncé son intention d’engager une procédure au civil.

A l’inverse, d’autres spécialistes du droit américain voient dans cette évolution de la stratégie de Kenneth Thompson un moyen de faire pression sur le procureur Vance.

John Moscow, ancien directeur adjoint du département des enquêtes au bureau du procureur, estime que les éléments médico-légaux penchent pour une relation sexuelle forcée. Et que ces éléments-là pourraient effacer les doutes apparus sur la crédibilité de la parole de Nafissatou Diallo.

Dans un procès de ce type, qui se joue essentiellement « parole contre parole », les révélations sur les mensonges de la femme de chambre dans sa demande d’asile, en 2003, ont largement affaibli l’accusation. Nafissatou Diallo affirmait notamment avoir été victime d’un viol collectif en Guinée. Elle a reconnu depuis qu’elle avait modifié les faits pour faire avancer son dossier.

Mais Daniel Bibb, lui aussi ancien procureur, n’est pas persuadé que des jurés lui en tiendraient rigueur.

« Dans une affaire de viol ‘normale’, je dirais que la découverte de fausses allégations sur un viol antérieur serait fatale à l’accusation. Mais dans ce cas précis, je n’en suis pas si sûr, tout simplement parce que les motifs qui l’ont poussée à se dire victime d’un viol collectif (en Guinée) n’étaient pas malveillants », explique-t-il.

Reuters par Joseph Ax et Noeleen Walder

DSK: au civil, Diallo pourrait demander des millions

juillet 29, 2011

Kenneth Thompson a annoncé jeudi qu’il engagerait des poursuites au civil, même en cas d’échec au pénal.

Derrière la question de l’avenir de l’«affaire DSK» au pénal, se profile déjà le procès civil -qui promet lui aussi de faire couler beaucoup d’encre. L’avocat de Nafissatou Diallo a annoncé jeudi qu’il engagerait bientôt ces poursuites, même en cas d’échec au pénal. La jeune femme se défend vigoureusement d’être motivée dans cette affaire par l’appât de l’argent, mais son avocat Kenneth Thompson estime que sa cliente étant «innocente (…) Elle a le droit, en marge du dossier pénal, d’engager sa propre action en justice». Pour de nombreux observateurs, la nouvelle stratégie d’exposition médiatique maximum déployée par l’avocat de Nafissatou Diallo cette semaine vise aussi à préparer le terrain de cette action civile.

La pratique américaine est très différente sur ce point des procédures françaises, puisqu’à New York, la plaignante n’a pas besoin de se fonder sur une éventuelle condamnation au pénal de Dominique Strauss-Kahn pour lui demander réparation d’un préjudice. On cite souvent le cas d’OJ Simpson, ancien joueur professionnel de football américain, acquitté au pénal après avoir été accusé du meurtre de son ex-femme et de son compagnon, mais reconnu coupable au civil… De plus, les dommages et intérêts en jeu dans les procès américains sont sans commune mesure avec les faibles montants accordés par les tribunaux français.

«Mettre la main à la poche»

Dans le cas de l’ancien directeur du FMI, Nafissatou Diallo pourrait demander jusqu’à plusieurs dizaines de millions de dollars prédisent les juristes -quand en France, les condamnations dans les affaires de mœurs dépassent rarement quelques milliers ou dizaines de milliers d’euros. «Et cela ne choquera pas l’opinion publique américaine», précise l’avocat Denis Chemla. Les spécialistes cherchent toutefois en vain des similitudes dans d’autres dossiers pour faire leurs comptes -l’affaire DSK restant hors normes à tous points de vue. Seule indication, OJ Simpson a été condamné à payer plus de 33 millions de dollars. «Nafissatou Diallo ne devrait pas avoir de mal à invoquer un préjudice, explique Christopher Mesnooh, avocat aux barreaux de New York et de Paris. Elle a notamment été traitée de prostituée dans certains journaux américains, qui dans le contexte actuel ont un écho quasi mondial! Elle pourra également mettre en avant les difficultés à trouver un autre emploi, etc.»

Pour la jeune femme donc, le procès civil s’annoncerait sous de meilleurs augures que le volet pénal qui peut s’évanouir à la fin du mois d’août. L’affaire ne serait pas jugée par 12 témoins, comme au pénal, mais par 6 seulement. La majorité suffirait à la victime pour obtenir gain de cause, alors que l’unanimité est requise pour une condamnation pénale. «De plus, les jurés se comportent différemment s’il s’agit d’envoyer un ex-directeur du FMI sous les verrous pour des années ou de lui demander de mettre la main à la poche», souligne un spécialiste.

Le procès, qui pourrait être organisé d’ici à quelques mois en cas d’assignation pendant l’été, peut toutefois durer plusieurs semaines, et pourrait avoir pour effet d’entretenir l’intérêt médiatique autour de l’affaire DSK, avant et pendant sa tenue. L’homme politique pourrait également dans ce cas être amené à témoigner. «La seule façon d’éviter cela, estime Denis Chemla, c’est une transaction.»

Lefigaro.fr par Laurence De Charette

Nafissatou Diallo: « Je pleure tous les jours »

juillet 28, 2011

L’accusatrice de Dominique Strauss-Khan s’est exprimé en direct d’un centre public avec le soutien de nombreux intervenants.

Après des interviews données aux télévisions américaines en début de semaine, dont ABC News – principale chaîne des États-Unis – Nafissatou Diallo apparaît une nouvelle fois en public dans le cadre d’une conférence de presse orchestrée par son avocat Kenneth Thompson. Nafissatou Diallo a été entendue pendant près de huit heures, hier, par le procureur de New York. Une intervention exceptionnelle pour une victime présumée, dans le courant d’une vaste opération visant à crédibiliser les propos de l’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn. Cette conférence de presse très encadrée a lieu dans un centre protestant. Elle doit permettre à la plaignante de « remercier tous ceux qui l’ont soutenue » et de rassembler les Américains de tous bords derrière sa cause.

Cette nouvelle déclaration publique confirme le tournant « stratégique » emprunté par la jeune femme, qui sortait mardi d’une longue période de dix semaines d’anonymat complet.

Souffrances

Veste noire, chemisier blanc, Nafissatou Diallo s’est avancée sur la scène sous les crépitements des flashs. Kenneth Thompson prend la parole au nom de celle qu’il appelle « Nafi ». Il déclare représenter « toutes les femmes » maltraitées. Le pasteur Bernard, président du Christian Cultural Center, qui prend la parole à son tour, dénonce une justice « captive de la fausseté ». Selon lui, « Nafi » n’a eu aucun autre recours que celui de cette plate-forme pour s’exprimer. Il la félicite de son courage, et de sa foi en Dieu. « Elle représente toutes les femmes victimes dans le monde entier », conclut-il.

Nafissatou Diallo se présente ensuite au micro. Elle déclare avoir souffert ces derniers mois. « Ma fille également a beaucoup souffert, nous pleurons tous les jours, nous ne pouvons pas dormir. » « Moi et ma famille traversons beaucoup de douleur », ajoute-t-elle. « On m’a traînée dans la boue, j’ai entendu beaucoup de choses méchantes à mon sujet. C’est pourquoi je dois faire savoir aux gens que toutes les choses qui se sont dites depuis trois mois sont fausses. » « Un jour ma fille m’a dit : ‘S’il te plait, promets-moi que tu vas arrêter de pleurer. Les gens t’insultent car ils ne te connaissent pas. Cet homme est un homme puissant, tout le monde le sait. Je lui ai promis d’être forte, pour elle, pour toutes les femmes du monde entier. »

« C’est trop pour moi et ma fille. Je ne veux pas que cela se reproduise. Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont soutenue. Merci. Je me demande souvent : pourquoi moi ? Mais je veux juste remercier chacun et chacune d’entre vous. »

De nombreux intervenants

L’intervention publique de Nafissatou Diallo s’est déroulée dans un centre communautaire chrétien situé à Canarsie, un quartier pauvre du sud de Brooklyn (sud-est de New York), au lendemain de l’audition pendant huit heures de la victime présumée dans les bureaux du procureur de Manhattan. La jeune femme, musulmane, était accompagnée, outre de son avocat Kenneth Thompson, du pasteur A. R. Bernard, directeur de ce centre, de Mohammed Nurhussien, président du United African Congress, et de plusieurs dirigeants d’organisations de défense des femmes. Une quarantaine de personnes d’origine africaine se trouvaient debout derrière le podium aux côtés de Nafissatou Diallo. Une infirmière de Brooklyn, américaine d’origine camerounaise, en boubou jaune, 56 ans, Khadijah Shakur, est venue soutenir Nafissatou Diallo. « Je trouve qu’on ne la traite pas comme la victime qu’elle est. Si elle était blanche et Française et qu’il était noir, les gens ne la traiteraient pas comme ça. Elle a le droit de donner son témoignage. Il faut qu’il y ait un procès », a-t-elle dit.

Les journalistes ont commencé dès le milieu de matinée à affluer à Brooklyn et à installer camions et antennes satellitaires dans le parking de cet immeuble qui héberge notamment des lieux de prière. L’audition de Nafissatou Diallo mercredi a notamment porté sur une conversation téléphonique qu’elle a eue avec à un ami emprisonné en Arizona pour une affaire de drogue, au lendemain des faits présumés. Début juillet, le New York Times avait révélé l’existence de cette conversation au cours de laquelle Nafissatou aurait affirmé en parlant de DSK : « Ce type a beaucoup d’argent, je sais ce que je fais. » Cette conversation est l’un des éléments clés qui a fait vaciller l’accusation, entraîné la libération sur parole de DSK et jeté une ombre sur les motivations réelles de cette femme qui affirme avoir été agressée sexuellement le 14 mai dans une suite de l’hôtel Sofitel de New York. À la sortie du bureau du procureur, Me Thompson a nié les propos rapportés. « Certaines choses ont été mélangées dans cette citation qui a été donnée au New York Times, a-t-il déclaré. Nous avons écouté cet enregistrement et il montre que la victime n’a jamais prononcé ces mots. »

Lors de la conférence de presse de jeudi, Kenneth Thompson a conclu en annonçant qu’il souhaitait un procès, mais qu’en cas de non-lieu, il intenterait des poursuites au civil. Au sujet de Tristane Banon, l’avocat s’est dit « très heureux qu’elle ait fait tout ce chemin » pour venir à New York et essayer de « comprendre ce qu’il se passait ». « Mais je ne peux pas en dire beaucoup plus, je ne représente pas Tristane Banon. » Il a ajouté toutefois qu’il « pensait’ qu’elle « disait la vérité ».

Lepoint.fr

Affaire DSK: Nafissatou Diallo entendue par le Procureur de New York

juillet 27, 2011

Nafissatou Diallo, la femme de chambre de l’hôtel Sofitel de Manhattan qui accuse Dominique Strauss-Kahn de crimes sexuels, est arrivée, mercredi 27 juillet au matin, au bureau du procureur de New York. La date de la prochaine audience au tribunal de New York, déjà repoussée du 18 juillet au 1er août, a été de nouveau reportée au 23 août.

Restée silencieuse et dans l’anonymat depuis la mi-mai, elle s’était montrée au grand jour dimanche, accordant plusieurs interviews à la chaîne de télévision ABC et à l’hebdomadaire Newsweek, où elle racontait avec force détails les agressions dont elle assure avoir été victime.

Dans l’interview, Nafissatou Diallo entre ensuite dans des détails très crus, racontant comment elle a été forcée à pratiquer une fellation à l’ancien ministre français. « Il tenait ma tête, j’étais par terre je n’arrivais pas à me relever », assure-t-elle. Elle dit avoir ensuite craché sur la moquette. « J’étais tellement effrayée, ma supérieure hiérarchique s’en est aperçue et m’a dit ‘Nafi que se passe-t-il ?' », poursuit-elle.

Dominique Strauss-Kahn, lui, est toujours sous le coup de sept chefs d’accusation aux Etats-Unis, notamment tentative de viol, agression sexuelle et séquestration, qui peuvent lui valoir de nombreuses années de prison. Il a été libéré sur parole au terme de sa dernière comparution, le 1er juillet, après que les procureurs eurent déclaré avoir découvert des failles dans le récit de la jeune femme. Il est toujours privé de son passeport et ne peut quitter le territoire américain.

LeMonde.fr avec AFP

Nafissatou Diallo rompt le silence

juillet 24, 2011

La femme de chambre qui accuse DSK de tentative de viol s’est exprimée dans la presse américaine.

Nafissatou Diallo a finalement décidé de briser le silence. Elle a donné une interview exclusive à la chaine américaine ABC qui en a diffusé quelques extraits dimanche soir. Le reste doit être distillé lundi matin dans Good Morning America, puis mardi soir. Sur les images, on la voit marcher dans New York : une grande femme, les cheveux raides en pantalon noir et blouse blanche, avec le visage légèrement grêlé par des marques d’acné. Selon le magazine Newsweek qui était aussi présent lors de l’interview, qui a duré trois heures, dans les bureaux de son avocat Kenneth Thompson sur la Cinquième Avenue, Nafissatou Diallo ne sait ni lire ni écrire, et a peu d’amis. Selon le magazine, la femme de chambre a pleuré plusieurs fois au cours de l’interview et ces pleurs, par moments, « avaient l’air forcées ».

« Je n’ai jamais voulu parler publiquement mais je n’ai pas le choix… Je dois le faire, pour moi. Je dois dire la vérité », explique-t-elle. « Je veux que justice soit faite, je veux qu’il aille en prison », dit-elle. « Je veux qu’il sache qu’il existe des endroits où vous ne pouvez pas vous servir de votre fric, de votre pouvoir quand vous faites un truc pareil », ajoute-t-elle. Quand on lui demande pourquoi le procureur a émis des doutes sur l’affaire, elle reconnait « des erreurs » mais affirme que « Dieu est témoin que je dis la vérité. Du plus profond de mon coeur. Dieu le sait ».

« Cirque indécent » (avocats de DSK)

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont aussitôt réagi avec un communiqué exaspéré et vengeur. « Il est temps que ce cirque indécent s’arrête », expliquent-ils. « Madame Diallo est la première accusatrice de l’Histoire à lancer une campagne médiatique pour convaincre le procureur de poursuivre les accusations contre une personne dont elle veut soutirer de l’argent. Ses avocats et ses attachés de presse ont orchestré un nombre sans précédent d’évènements médiatiques et de manifestations pour faire pression sur le procureur après qu’elle a avoué ses efforts extraordinaires pour le tromper. La conduite de ses avocats n’est pas professionnelle et viole les règles fondamentales de la profession. Son but évident est d’enflammer l’opinion publique contre un accusé dans une affaire criminelle en cours ».

Dans l’interview, Nafissatou Diallo maintient farouchement que Dominique Strauss-Kahn l’a attaquée dans la chambre du Sofitel. Elle a vu un serveur sortir avec un plateau de la chambre 2806. Il lui a dit qu’elle était vide. Elle est rentrée en disant « Bonjour, femme de chambre » et puis elle a vu apparaitre un type à poil avec des cheveux blancs. « Oh mon Dieu, je suis désolée », raconte-t-elle, ajoutant qu’elle a fait demi-tour. « Ne vous excusez pas », lui a-t-il dit. Mais il s’est mis à agir comme « un fou », selon elle. Il lui a attrapé la poitrine. Il a claqué la porte de la suite. « Tu es très belle », lui dit-il en la tirant vers la chambre, toujours selon la femme de chambre. « Arrêtez monsieur, je veux pas perdre mon boulot ». « Tu vas pas le perdre ». « Il m’a tiré violemment vers le lit, il a essayé de me mettre son pénis dans la bouche », affirme la jeune femme en mimant comment elle a essayé de résister en tournant la tête et en serrant les lèvres. « Je l’ai poussé je me suis levée, je voulais l’effrayer ».

« Je ne voulais pas perdre mon job »

« J’ai dit ‘Regardez, il y a mon chef qui est là' ». Mais DSK lui répond qu’il n’y a personne. Selon le récit, il la pousse dans le couloir vers la salle de bain, lui remonte son uniforme sur les hanches et déchire son collant, lui attrapant violemment le sexe. Il la met à genoux, le dos au mur et lui impose une fellation. « Il me tenait la tête très fort là », dit-elle en montrant son crâne, « il bougeait et faisait du bruit. Il faisait ‘uhh, uhh, uhh' », il m’a dit « suce mon-je peux pas le dire. Je me suis relevée, je crachais, j’ai couru, je me suis enfuie sans regarder en arrière, j’ai couru dans le couloir, j’étais tellement nerveuse, tellement effrayée, je ne voulais pas perdre mon job ».

Elle raconte qu’elle s’est cachée dans un coin et a essayé de se calmer. Elle a vu DSK sortir. « Il m’a regardé comme ça », dit-elle en inclinant la tête et en regardent droit devant fixement. « Il n’a rien dit ». Elle avait laissé ses produits de ménage dans la chambre 2820 donc elle est allée les chercher puis est revenue dans la 2806 pour « la nettoyer ». Ce qui ne correspond pas à son témoignage devant le Grand Jury où elle a affirmé qu’elle était allée nettoyer la chambre 2820 et ensuite la chambre de DSK. Elle a aussi changé sa version disant d’abord à la police que DSK n’avait pas parlé pendant l’attaque. Newsweek a apparemment vu le rapport médical qui dit que la zone vaginale montre des signes d’irritation et qu’elle a un ligament déchiré dans l’épaule.

Procès ou non-lieu

Le lendemain quand Nafissatou Diallo regarde les informations et découvre qui est DSK, elle s’affole. Elle est ensuite logée dans un hôtel avec sa fille de 15 ans, sans téléphone portable, et a très peu de contacts avec l’extérieur pendant des semaines. Son visage s’éclaire seulement quand elle parle de son boulot. En avril, une de ses collègues est partie en congé de maternité et on lui a donné le 28ème étage. « On travaillait en équipe. J’adorais ce job, j’aimais les gens. Tous de différents pays, Américains, Africains, Chinois. Mais nous étions tous pareil ici », raconte-t-elle.

Elle reste vague sur son passé, sur son père. Elle dit que son mari est mort « de maladie », qu’elle a été violée par deux soldats en Guinée. « Nous sommes pauvres, mais nous sommes des gens bons, je ne pense pas à l’argent ». Quid alors de la fameuse conversation téléphonique avec Amara Tarawally, un trafiquant de drogue emprisonné en Arizona ? Selon le New York Times elle lui aurait déclaré le lendemain de l’incident dans son dialecte : « Ne t’inquiète pas, ce type a plein de fric, je sais ce que je fais ». Mais apparemment la citation est une paraphrase du traducteur et la vraie citation serait différente. Dans l’interview, elle nie avoir touché de l’argent d’Amara Tarawally. Il a eu accès à ses comptes en banque en lui donnant de faux sacs de marque. « Six ou sept. Ils n’étaient pas de très bonne qualité ».

Ces déclarations publiques risquent de compliquer les rapports déjà très tendus entre les avocats de Nafissatou Diallo et le procureur. Les derniers interrogatoires au bureau de Cyrus Vance ont été particulièrement houleux. Reste maintenant au procureur à décider s’il peut aller au procès ou s’il vaut mieux un non-lieu. Une décision qui peut survenir à tout moment.

Le Point.fr

Le «fiancé» de Nafissatou Diallo la défend face à DSK

juillet 14, 2011

«Elle est honnête et n’a participé à aucun trafic de drogue ou blanchiment d’argent», assure cet homme, incarcéré en Arizona. C’est une conversation entre lui et la Guinéenne, qui a remis en cause la crédibilité de la femme de chambre.

C’est par lui que les doutes sur Nafissatou Diallo sont arrivés. Des journalistes de Newsweek et du Daily Beast ont retrouvé mardi le « fiancé » de la victime présumé de DSK. C’est à lui que la Guinéenne avait expliqué, lors d’un appel enregistré par les autorités, savoir ce qu’elle faisait et que DSK était très riche. Des propos qui ont contribué à sérieusement ébranler la crédibilité de la femme de chambre du Sofitel. Pour la première fois, ce Sierra-Léonais de 35 ans a parlé à la presse. Il blanchit Nafissatou Diallo des mensonges dont on l’accuse. L’homme, incarcéré en Arizona, dit «savoir que DSK a fait ce qu’il a fait». «Elle ne s’en remettra pas, elle n’a aucune raison de mentir».

Son récit, souvent confus, comporte des contradictions, notamment sur le point clé de cette conversation téléphonique. Amara Tarawally déclare que ce coup de fil n’est pas survenu au lendemain de l’agression présumée de la femme de chambre, le 15 mai. Il a eu lieu plus tard, au moment où Amara Tarawally recevait la visite d’un détective de la police new yorkaise. Le trafiquant de drogue explique avoir dit à Nafissatou Diallo qu’elle devrait en informer son avocat. La Guinéenne lui aurait alors répondu «savoir ce qu’elle faisait».

«Je lui dis de prier, prier, prier»

Toutefois, cette version des faits ne correspond pas au déroulé officiel de l’enquête. Les services du procureur n’ont découvert l’identité de Tarawally qu’après un examen minutieux des relevés téléphoniques de Nafissatou Diallo. Amara Tarawally n’a donné aucune explication sur cette incohérence, mais assure avoir régulièrement sa «fiancée» au téléphone. Leur dernière conversation remonterait à 15 jours. Le Sierra-Léonais, arrivé illégalement aux Etats-Unis, déclare que ni lui ni Nafissatou Diallo ne savait qui était Dominique Strauss-Kahn avant que la police ne le leur explique.

Selon Amara Tarawally, sa fiancée n’a jamais trempé dans le moindre trafic de drogue ou blanchiment d’argent. Lorsque l’accusation contre Strauss-Kahn s’est fragilisée, le New York Times a ainsi révélé qui les enquêteurs avaient découvert près de 100.000 dollars sur le compte bancaire de la Guinéenne. De même, le Sierra-Léonais nie les allégations du New York Post présentant Nafissatou Diallo comme une prostituée. Sa «fiancée» est une femme pieuse, insiste-t-il. «Je lui dis de prier, prier, prier… Elle est honnête et bonne».

Un homme à femmes ?

Arrivé illégalement aux Etats-Unis, Amara Tarawally a été arrêté en juillet 2010 en flagrant délit de trafic de cannabis. Après avoir accepté un arrangement, le trentenaire a été transféré dans un pénitencier de l’Arizona, où il attend son éventuelle expulsion. Il a raconté avoir fait la connaissance de Nafissatou Diallo, «il y a six ou sept ans». Amara Tarawally la présente comme «son fiancé» mais cela n’a pas été confirmé officiellement. Lorsque l’amitié entre la femme de chambre et un détenu avait été rendue publique, le Journal du Dimanche avait évoqué un mariage religieux entre les deux intéressés.

L’entretien du Daily Beast et de Newsweek n’a pas levé le mystère. Amara Tarawally, qui est séparé de son épouse portoricaine, a accepté avec enthousiasme de répondre aux questions sur sa «fiancée» mais s’est tût quand on a essayé de le faire parler sur son passé ou ses ennuis judiciaires. Le Sierra-Léonais est, semble-t-il, un homme à femmes. Les journalistes ont retrouvé la trace d’une autre fiancée, qui ignorait tout de l’existence de Nafissatou Diallo. Leur relation a tourné court quand Amara Tarawally a demandé à cette mère célibataire de six enfants 17.000 dollars.

Lefigaro.fr par Constance Jamet

Affaire Nafissatou: stupeur au village

juillet 11, 2011

TCHAKULÉ (GUINÉE), ENVOYÉ SPÉCIAL -La route cahoteuse de Conakry a laissé la place à une piste de latérite ravinée par les orages d’hivernage, puis à un fouillis de broussaille. Remonter le fil de la vie d’émigrée de Nafissatou Diallo, la jeune Guinéenne qui, à New York, accuse Dominique Strauss-Kahn, conduit à une prairie verdoyante où bondissent des singes sauvages. Là, après douze heures passées à ruser avec les ornières, le pick-up s’immobilise au cœur du Fouta Djallon, le pays peul. Le bout du monde ? Oui. Le « Cœur des ténèbres » africain ? Non : des collines luxuriantes dévorées par les manguiers, les bananiers et parsemées de villages aux cases coiffées de chaume. Nulle trace d’un drame.

Pourtant, au bout du sentier qui descend vers le minuscule village de Tchakulé, au creux d’un vallon, Mamoudou Diallo, le seul frère de la jeune femme vivant dans la maison familiale, est effondré. « Je n’ai aucune nouvelle de ma petite sœur. On ne me dit rien et le peu que j’apprends me tue à petit feu. Je souffre beaucoup », répète ce quinquagénaire en boubou caramel, brandissant des prescriptions contre l’hypertension. La maison de crépi ocre et vert, l’une des rares construites en dur, ne possède ni l’eau ni l’électricité, mais elle a fière allure avec sa balustrade à colonnettes. Mamoudou Diallo l’a financée grâce à ses revenus d’émigré, au Gabon et en Angola.

Le jour où « c’est » arrivé à New York, il était parti à Labé, la ville voisine, pour acheter des cadeaux de baptême : ses deux épouses venaient d’accoucher à quelques jours d’intervalle. Le « problème » de sa sœur, il ne l’a appris qu’une semaine plus tard, quand des journalistes de Conakry ont débarqué à Tchakulé. Depuis lors, Mamoudou Diallo sent « Nafi » en danger et souffre de vivre en retrait du monde. Il a « 19 de tension » et ne peut plus grimper sur la colline d’où il pouvait capter un signal pour son téléphone portable. D’ailleurs, les numéros de sa sœur ne répondent plus. La radio, il dit avoir cessé de l’écouter depuis qu’elle donne de « mauvaises nouvelles ».

FRÈRE BLESSÉ

« Je ne peux pas quitter mon village, alors que le problème me concerne et que je devrais assister au procès », se désespère-t-il. Que dirait-il aux juges américains ? Qu’il est « impossible » qu’un membre de sa famille ait perçu de l’argent de la drogue. Et que, « si [sa] sœur avait voulu de l’argent [de DSK], elle n’aurait rien dit ».

Blessé, il l’est d’abord en sa qualité de frère. Il s’était réjoui de son départ, en 2002, au point de contribuer aux « 2 millions de francs CFA » (3 000 euros) qui avaient permis de lui offrir un « vrai visa américain », explique-t-il sans donner plus de détails sur le filon utilisé, « connu de tous à l’époque ».

Surtout, il se sent responsable de la moralité de Nafissatou, qu’il avait initiée au Coran. « A chaque fois qu’elle changeait de travail, elle me demandait mon avis par téléphone. S’il ne s’agissait pas de vendre de l’alcool, je lui donnais mon feu vert. » Que sa sœur ait pu se remarier sans son consentement dépasse son entendement : « Chez nous, tu ne t’adresses pas à la fille pour l’épouser, mais à son père. Or il est mort et m’avait désigné pour lui succéder. »

Vu de Guinée, Mamoudou Diallo pourrait ne vivre qu’un drame classique de l’immigration où les cultures s’écartèlent au point que de proches parents ne se comprennent plus.

TOUR POLITIQUE

Mais l’affaire est en passe de prendre un tour politique. Car Nafissatou est issue de la communauté peule, qui a souvent servi de bouc émissaire, en particulier lors de l’élection présidentielle de novembre 2010. Après cinquante-deux ans de dictature, elle a été remportée par le vieil opposant Alpha Condé, au prix d’une campagne anti-peule d’une rare violence.

A Tchakulé, Mamoudou Diallo se sent abandonné par le gouvernement guinéen. « Personne ne m’a contacté », se lamente-t-il. Son cousin Tidiane Diallo lâche : « Si Nafissatou avait été malinké ou soussou, le président s’en serait occupé. » Les propos du président guinéen mettant sur le même plan sa « grande tristesse » pour DSK du fait de « l’appartenance de [son] parti à l’Internationale socialiste » et son émotion de voir « une compatriote » en difficulté, ont choqué nombre de Guinéens. Ils reprochent à M. Condé d’avoir jugé plus important d’afficher sa proximité avec un puissant, que de mettre en œuvre sa promesse d' »apporter son assistance » à Nafissatou.

« Les Peuls pensent que Nafissatou est une victime ; les Malinkés que c’est une menteuse, résume un journaliste guinéen. L’affaire ajoute une goutte d’eau dans le verre des querelles ethniques déjà plein. » Tant que la justice américaine semblait avoir pris le parti de la femme de chambre, l’opposition guinéenne (largement peule) n’a pas cru utile d’intervenir.

Elle pourrait changer d’avis. Nafissatou Diallo risque d' »être utilisée pour conforter les campagnes racistes qui font de la femme peule une fille facile, incapable d’engendrer un chef », prévient Oury Bah, numéro deux du principal parti d’opposition, alors que des législatives à haut risque sont prévues en novembre.

DÉBAT SUR LA CONDITION DE LA FEMME AFRICAINE

Nafissatou est désormais devenue un emblème. « Si par malheur elle a menti, on ne prendra plus jamais au sérieux une Africaine qui se plaint d’avoir été violée », s’inquiète Chantal Colle, femme d’affaires et égérie de l’ancien régime. Ce doute expliquerait aussi pourquoi, le jour des révélations du New York Times, Makalé Traoré, ancienne directrice de campagne d’Alpha Condé, a renoncé à rendre public l’appel à « soutenir Nafissatou Diallo, une compatriote qui traverse une épreuve difficile ».

L’affaire DSK, en révélant l’ampleur du fossé entre la condition de la femme africaine et celle de sa compatriote émigrée, a ouvert un débat inédit en Guinée. Tandis que des étudiantes revendiquent publiquement le droit des femmes à choisir leur partenaire, d’autres femmes, nettement plus nombreuses, manifestent leur incompréhension : « Coucher avec un homme riche est largement considéré comme une chance, témoigne un fin observateur de la société guinéenne. Une femme m’a dit : ‘Si j’avais eu la chance de tomber sur ce Strauss-Kahn, je ne l’aurais pas crié sur les toits : je lui aurais plutôt fait construire des routes pour désenclaver mon village’. »

L’incompréhension manifestée par Yayi (nom modifié), femme de chambre au Novotel de Conakry, est d’un autre ordre. « Des clients ont tenté avec moi, témoigne-t-elle dans sa combinaison orangée rehaussée de motifs africains. Mais si on ne veut pas, ça ne se fait pas. Quand je travaille, la porte est grande ouverte. Et je ne leur donne même pas le temps de la fermer. D’ailleurs je suis pressée de terminer. J’ai 14 à 16 chambres à faire chaque jour. »

Philippe Bernard
Envoyé spécial LeMonde.fr

DSK: mobilisation politique pour Nafissatou Diallo

juillet 10, 2011

INFO LE FIGARO – Un sénateur démocrate, figure centrale de la communauté noire de Harlem, tiendra dimanche une conférence de presse pour demander la poursuite de l’enquête contre Dominique Strauss-Kahn.

Le soutien à la femme de chambre du Sofitel s’organise désormais sur un plan politique et religieux à New York. Dimanche, le sénateur Bill Perkins, un élu démocrate, figure centrale de la communauté noire de Harlem, organise une conférence de presse pour demander au procureur Vance de poursuivre l’enquête et d’aller jusqu’au procès contre Dominique Strauss-Kahn, selon les informations du Figaro. À ses côtés, se tiendront plusieurs leaders associatifs et responsables religieux comme l’imam de la grande mosquée de Harlem, Souleimane Konate, le révérend Curtis, de l’église baptiste, ainsi qu’un représentant de la communauté guinéenne.

«C’est une véritable coalition qui est en train de se monter pour exiger que la victime ait droit à un procès», a expliqué samedi au Figaro l’entourage du sénateur Perkins. Le 6 juillet, après l’annonce par l’accusation de ses doutes sur la crédibilité de Nafissatou Diallo, l’élu démocrate avait déjà écrit au procureur Vance, lui enjoignant de «protéger la plaignante et les autres femmes qui sont régulièrement victimes de faits similaires». Mercredi, lors de la réunion entre l’équipe du procureur et les avocats de DSK, quatre représentants d’une association de policiers noirs américains étaient venus manifester devant le tribunal de Manhattan contre la coloration «raciste anti-noire et anti-femme» que prenait, selon eux, l’affaire.

Ces différents signaux montrent que la défense de la femme de chambre du Sofitel a bien l’intention de maintenir la pression sur le procureur Vance dans une phase décisive du dossier. Et que l’affaire est désormais sortie du strict terrain judiciaire pour atteindre les sphères politiques et communautaires de New York.

Lefigaro.fr par Marie-Amélie Lombard

France : Tristane Banon va déposer une plainte pour tentative de viol contre DSK

juillet 4, 2011

L’avocat de Tristane Banon, David Koubbi, a annoncé que sa cliente déposera une plainte mardi contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol. Des faits qui remonteraient à 2003.

Depuis l’arrestation dans la nuit du 14 au 15 mai à New-York de l’ancien directeur général du Fonds monétaire international, ce qu’il convient d’appeler l’affaire Tristane Banon a refait surface dans les médias. Et elle devrait désormais faire irruption sur le terrain judiciaire.

Tristane Banon est une écrivain journaliste, fille d’Anne Mansouret, vice-présidente PS du conseil général de l’Eure. Elle avait révélé en février 2007 dans l’émission télévisée de Thierry Ardisson « 93, Faubourg Saint-Honoré » avoir été victime d’une agression à caractère sexuel de la part de Dominique Strauss-Kahn lors d’une interview en privé dans le cadre de la rédaction d’un livre. À l’époque, la mère de Tristane Banon avait dissuadé sa fille de porter plainte.

Si le nom de l’élu PS avait été rendu inaudible au moment de la diffusion de l’émission sur la chaîne de télévision Paris Première, il a été révélé au grand jour en mai suite à l’arrestation de DSK à New-York, où celui-ci a été accusé de viol sur une employée du Sofitel, Nafissatou Diallo.

Alors que l’affaire DSK a connu un rebondissement le 1er juillet qui a conduit à une libération sur parole de l’accusé, le dépôt de plainte de Tristane Banon pourrait bien relancer les tourments judiciaires de l’ex-candidat à la présidentielle française de 2012.

Jeuneafrique.com avec agences