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Ghana : le président Akufo-Addo réélu, l’opposition conteste les résultats

décembre 10, 2020
Le président sortant Nana Akufo-Addo, arrive dans son bureau de vote, le 7 décembre 2020, à Accra, au Ghana.

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a été réélu mercredi à l’issue d’un scrutin extrêmement serré mais sa victoire est contestée par l’opposition qui dénonce une « attaque » à l’encontre de la démocratie.

Le chef de l’État, leader du Nouveau parti patriotique (NPP) a remporté 51,59% des voix contre 47,36% pour le candidat de l’opposition du Congrès national démocratique (NDC) John Mahama, a annoncé Jean Adukwei Mensa, présidente de la Commission électorale dans une vidéo diffusée en direct sur les réseaux sociaux.

Seules 515 524 voix séparent le président Akufo-Addo de son prédécesseur John Mahama, devenu chef de l’opposition en 2016.

Le NDC a aussitôt annoncé qu’il rejetait ce résultat.

« Les preuves accablantes disponibles nous empêchent d’accepter cette conclusion fallacieuse et précipitée », a déclaré Haruna Iddrisu, un parlementaire du parti tard mercredi lors d’une conférence de presse à Accra.

« Nous avons l’intention de prendre des mesures décisives et tangibles, concernant à la fois les résultats de la présidentielle et des élections parlementaires, pour renverser cette attaque éhontée et impudente de notre démocratie », a affirmé Haruna Iddrisu.

Le président appelle à la paix

« Je suis de nouveau profondément touché par la confiance que vous m’accordez et je ne la prends pas à la légère », avait auparavant déclaré le président sortant à une foule de partisans rassemblés devant chez lui après l’annonce des résultats.

LE MOMENT EST VENU DE S’UNIR, DE SE DONNER LA MAIN

Le président a aussi appelé à l’unité et à la paix au Ghana : « Le moment est venu, quelles que soient les affiliations politiques, de s’unir, de se donner la main et de se tenir côte à côte ».

Les résultats de la présidentielle ont été annoncés 48 heures après la fin du vote lundi, où plus de 17 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir entre douze candidats à la magistrature suprême.

Taux élevé de participation

Le taux de participation de cette élection est de 79%, selon la Commission électorale.

Les Ghanéens élisaient également lundi leurs 275 députés, mais les résultats de ces élections législatives n’ont pas encore été communiqués par la Commission. Les deux principaux camps contestent une partie des résultats provisoires.

Des dizaines de partisans réunis devant la résidence du chef de l’État ont laissé éclater leur joie à l’annonce des résultats.

LES GHANÉENS ONT VOTÉ LIBREMENT

Les élections s’étaient déroulées globalement dans le calme, même si 5 personnes ont été tuées dans des violences électorales depuis lundi, selon la police.

« Il s’agissait d’incidents isolés, même si certains sont tragiques », a affirmé mercredi le chef de la mission d’observation de l’Union européenne Javier Nart. « Les Ghanéens ont voté lundi librement », a-t-il insisté.

Toutefois, au lendemain du vote, l’entente cordiale entre les deux candidats qui ont signé un « pacte de paix » les engageant à ne cautionner aucune violence lors du vote et à la proclamation des résultats, s’était effritée et le ton s’était durci.

Mardi soir, John Mahama avait prévenu qu’il « résisterait à toute tentative de vol du scrutin » alors que la rumeur selon laquelle il avait concédé la victoire circulait depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux.

Vieux adversaires politiques

John Mahama a également assuré que son parti avait remporté la majorité au parlement, déclaration aussitôt démentie par le ministre de l’Information Kojo Oppong Nkrumah.

Ces deux vieux adversaires politiques s’affrontaient pour la troisième fois, avec lors des deux précédents scrutins des résultats également serrés.

Pour sa réélection, l’actuel chef de l’État a bénéficié d’un bilan plutôt positif sur le plan diplomatique et social avec la création de lycées gratuits et un meilleur accès à l’éducation pour tous.

Chômage des jeunes

Les quatre prochaines années, il aura pour mission de s’attaquer au chômage des jeunes, qui été l’un des enjeux centraux de cette campagne. Plus de la moitié des électeurs avaient moins de 35 ans.

Depuis les années 2000, le pays a connu une forte croissance économique. Mais certaines régions, notamment dans le Nord, continuent de vivre dans le plus grand dénuement. Par ailleurs, la crise provoquée par le coronavirus a durement touché le pays, dont la croissance cette année devrait tomber à 0,9%, selon le FMI, soit le taux le plus bas depuis plus de 30 ans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle au Ghana : la tension monte d’un cran entre Nana Akufo-Addo et John Mahama

décembre 9, 2020
Lors du dépouillement, à Accra, à l'issue de la présidentielle et des législatives du 7 décembre 2020.

Au moins cinq personnes ont été tuées dans des violences qui ont éclaté au Ghana au lendemain de la présidentielle et des législatives du 7 décembre.

La situation se tend au Ghana, alors que le pays attend toujours la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives, qui s’annoncent particulièrement serrés. Les services de sécurité ghanéens ont enregistré pas moins de 61 incidents électoraux et post-électoraux, sur l’ensemble du territoire, entre le lundi 7 et le mercredi 9 décembre. Des violences ont éclaté dans plusieurs régions du pays, dont certaines ont donné lieu à des échanges de tirs, a alerté la National Election Security Taskforce (NESF), en charge de sécuriser le processus électoral.

Au moins cinq personnes ont été tuées – deux dans la région d’Accra, deux dans la région de Bono Est et une dans le Nord – et une vingtaine d’autres blessées. Autant d’incidents qui « auraient pu être évités », insiste la NESF, qui promet « d’enquêter sur chacun d’eux ».

Vers un résultat serré

Ces violences interviennent alors que, le vote s’était déroulé dans le calme, lundi. Le scrutin avait même été salué comme un exemple à suivre en Afrique de l’Ouest par les observateurs internationaux. Mais les résultats s’annoncent serrés entre le président Nana Akufo-Addo, 76 ans, candidat pour le Nouveau parti patriotique (NPP), et son prédécesseur John Dramani Mahama, 62 ans, leader du Congrès national démocratique (NDC), principal parti d’opposition. Deux adversaires qui s’affrontent pour la troisième fois dans les urnes : en 2012, Dramani Mahama l’avait emporté avec 5,7 % des voix, avant que Akufo-Addo ne l’emporte à son tour en 2016 avec 53,8 % des suffrages.

La publication des premiers décomptes a donné lieu à une passe d’armes entre les deux candidats. La commission électorale, qui a publié les résultats de 7 régions sur 16 – un décompte partiel qui donne John Dramani Mahama en tête, devant Nana Akufo-Addo –, a appelé au calme et à la patience.

Mais le ton ne s’en est pas moins durci. Mardi soir, alors qu’une rumeur circulait sur les réseaux sociaux sur le fait qu’il aurait concédé sa défaite, John Dramani Mahama a prévenu qu’il « résisterait à toute tentative de vol du scrutin », accusant le chef de l’État sortant d’être « anti-démocratique ». Il a par ailleurs revendiqué la victoire de son parti aux législatives.

Une affirmation immédiatement démentie par le ministre de l’Information, Kojo Oppong Nkrumah. « Aucun candidat à ce stade ne devrait saper le travail de la commission électorale. C’est irresponsable et cela mettrait en danger la paix dans le pays », a mis en garde le ministre.

La Cedeao appelle à « préserver la paix »

Plus tôt dans la journée, la présidence avait de son côté publié des estimations de résultats portant sur 91 % des bureaux de vote, donnant Akufo-Addo vainqueur avec 52,25 % des voix, contre 46,44 % pour Dramani Mahama. Une initiative en contradiction avec le code électoral ghanéen, qui stipule que la commission électorale est la seule autorité habilitée à annoncer les résultats officiels et à proclamer le vainqueur.

Face à ces tensions, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a appelé les institutions à « poursuivre leur travail avec transparence et professionnalisme » et les deux candidats à « préserver la paix ». Trois jours avant le jour de vote, Akufo-Addo et Dramani Mahama avaient signé un « pacte de paix » dans lequel ils s’engageaient notamment à ne promouvoir aucune violence lors du vote et après la proclamation des résultats.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle au Ghana : comme un air de déjà-vu

décembre 6, 2020
Nana Akufo-Addo au Cap, en février 2019.

Le Ghana se prépare à choisir lundi son président, dans un scrutin qui s’annonce serré entre deux adversaires politiques de longue date qui se sont engagés à ne promouvoir aucune violence lors du vote et de la proclamation des résultats.

Les sons des vuvuzelas, ces trompettes sud-africaines bourdonnantes, et les chants de ralliement des partis politiques avaient envahi samedi Accra, où les deux principaux candidats devaient tenir leur ultime meeting en ce dernier jour de campagne des élections législatives et présidentielle de lundi 7 décembre.

Le président Nana Akufo-Addo, 76 ans, a rassemblé des centaines de partisans, portant des masques anti-Covid à son effigie, lors d’une tournée dans les principaux quartiers de la capitale et de ses environs. « C’est gagné d’avance. C’est clair. Regardez cette foule, ça dit tout, il y en aura pour quatre ans de plus pour Nana », s’exclamait Dauda Faisal, qui soutient le parti du président, le Nouveau Parti Patriotique (NPP).

L’adversaire du chef de l’État, l’ancien président désormais candidat de l’opposition et du Congrès national démocratique (NDC), John Dramani Mahama, a de son côté rencontré samedi matin les responsables des principaux syndicats du pays. Il leur a promis plus d’emplois, dans un contexte de faible croissance économique. John Dramani Mahama, 62 ans, devait organiser dans la soirée son dernier meeting à Accra.

Troisième round

Cette campagne a peu mobilisé en raison de la pandémie, mais aussi d’une certaine lassitude. Dans les rues d’Accra vendredi, seuls les drapeaux miniatures des principaux partis accrochés à des lampadaires rappelaient la tenue de scrutins présidentiel et législatif. Les t-shirts à l’effigie des candidats, habituellement portés en période électorale, sont restés dans les placards. Pas de grand meeting ou d’animation : les militants ont fait du porte à porte, et les électeurs ont été encouragés à se rendre aux urnes par SMS.

Il faut dire que cette élection a comme un air de déjà-vu. De fait, ces deux irréductibles adversaires s’affronteront lundi pour la troisième fois. En 2012, Dramani Mahama avait remporté le scrutin avec 50,7% des voix. Puis, en 2016, Akufo-Addo l’avait emporté avec 53,8%.

« Cette élection est celle des bilans », affirmait vendredi Bernard Twum-Ampofo, un fonctionnaire de la capitale. « Il faut comparer les bilans des deux principaux candidats et choisir le meilleur ». L’actuel président « a instauré la gratuité des lycées » et son prédécesseur « nous a donné les infrastructures », dit-il, précisant n’avoir pas encore fait son choix.

Onze autres candidats

Onze autres candidats – dont trois femmes – sont aussi en lice, mais leurs chances de l’emporter sont minimes, alors que les deux principaux partis dominent la vie politique depuis l’instauration de la démocratie, il y a 28 ans. « Lundi j’irai aux urnes, car le Ghana a besoin d’une troisième force, nous sommes fatigués de la politique du NDC et du NPP », affirme Gifty Inkoom, une étudiante-infirmière.

DEPUIS LES ANNÉES 2000, LE PAYS A CONNU UNE FORTE CROISSANCE, MAIS CERTAINES RÉGIONS VIVENT DANS LE PLUS GRAND DÉNUEMENT.

Les prétendants devront convaincre les 17 millions d’électeurs ghanéens, dont plus de la moitié a moins de 35 ans. Le chômage, les infrastructures, l’éducation et la santé sont les principaux enjeux.

Depuis les années 2000, ce pays riche en or, cacao et plus récemment en pétrole, a connu une forte croissance. Et le taux d’extrême pauvreté a été divisé par deux en moins de 25 ans. Mais certaines régions, notamment dans le Nord, continuent de vivre dans le plus grand dénuement, sans eau potable ou électricité.

Surtout, la crise provoquée par le coronavirus a durement touché le pays, dont la croissance cette année devrait tomber à 0,9 %, selon le FMI, soit le taux le plus bas depuis plus de 30 ans. Le président sortant a été salué pour sa gestion de cette crise, et il a tenu certaines de ses promesses, notamment sur l’éducation et l’accès à l’électricité. Mais il a déçu sur son engagement principal : lutter activement contre la corruption. En novembre, le procureur spécial anticorruption a démissionné, accusant Nana Akufo-Addo d’obstruction dans son travail.

Un « pacte de paix » signé

De son côté, John Dramani Mahama devra faire oublier les accusations de mauvaise gestion économique qui avaient empêché sa réélection. Cette année, il peut toutefois compter sur sa colistière, Jane Naana Opoku-Agyemang, une ancienne ministre de l’Éducation, réputée intègre et originaire du Centre, une région clé pour remporter le scrutin.

Jusqu’ici, le Ghana a toujours échappé aux violences post-électorales, contrairement à plusieurs de ses voisins ouest-africains. La campagne a toutefois été marquée par des accrocs, les opposants accusant notamment la commission électorale de manque de neutralité.

TOUT LE MONDE DÉSIRE QUE CETTE ÉLECTION SE DÉROULE BIEN. IL Y A DÉJÀ BEAUCOUP TROP DE POINTS CHAUDS À GÉRER DANS LA RÉGION »

Le président et son principal opposant ont signé vendredi un « pacte de paix » et se sont engagés à ne promouvoir aucune violence lors du vote de lundi et à la proclamation des résultats. « J’ai confiance dans le processus électoral, et je suis heureux de dire que nous accepterons le souhait du peuple ghanéen », a déclaré le président Nana Akufo-Addo, lors d’une cérémonie symbolique organisée à Accra. « La paix, l’unité et la sécurité doivent être notre première préoccupation », a-t-il ajouté.

Pour Kojo Asante, du Centre ghanéen pour le développement démocratique, les élections devraient se dérouler dans le calme. Il souligne également le nombre important d’observateurs internationaux et locaux prévus : « tout le monde désire que cette élection se déroule bien. Il y a déjà beaucoup trop de points chauds à gérer dans la région ».

 Par Jeune Afrique avec AFP

Le Ghana prêt à se rallier à l’eco après la réforme du franc CFA

décembre 30, 2019

Nana Akufo-Addo, président de la République du Ghana.

Nana Akufo-Addo, président de la République du Ghana. © John MacDougall/AP/SIPA/2019.

 

Deuxième PIB d’Afrique de l’Ouest, mais non membre de l’UEMOA, le Ghana a indiqué dimanche 29 décembre être déterminé à rejoindre les huit pays de la zone franc CFA dans l’utilisation de l’eco. Mais sans vouloir de parité fixe avec l’euro.

« Nous, au Ghana, sommes déterminés à faire tout ce que nous pourrons pour rejoindre les membres de l’Uemoa [Union économique ouest-africaine, NDLR], rapidement, dans l’utilisation de l’eco, qui, nous le croyons, nous aidera à lever les barrières commerciales et monétaires », a déclaré le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, dans un communiqué publié dimanche 29 décembre.

Pour un régime de change flexible

Si cette volonté se concrétisait, le Ghana, qui possède sa propre devise, le cedi, serait la première économie de la zone eco, devant la Côte d’Ivoire.

Dans son communiqué, le président du Ghana appelle cependant à l’abandon de la parité fixe à l’euro pour « l’adoption d’un régime de change flexible ».

Huit pays dans la future zone monétaire

L’Uemoa et la France ont signé le 21 décembre un accord pour une réforme en profondeur du franc CFA qui deviendra « l’eco » en 2020 mais restera arrimé à l’euro.

La zone regroupe pour l’heure le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, mais son ambition est d’intégrer davantage d’économies africaines pour peser dans les échanges économiques.

Par Jeuneafrique.com

Ghana: arrestation après un «complot» déjoué contre la présidence

septembre 24, 2019

 

Trois suspects au moins ont été arrêtés au Ghana, soupçonnés de fomenter un «complot» visant à déstabiliser le pouvoir à Accra, selon le ministre de l’Information Kojo Oppong Nkrumah.

«L’opération conjointe visait à neutraliser un complot élaboré visant la présidence dans le but ultime de déstabiliser le pays», a déclaré Kojo Oppong Nkrumah dans un communiqué publié lundi. Parmi les personnes arrêtées vendredi se trouve un médecin exerçant à l’hôpital de la Citadelle à Accra, dont les locaux auraient été utilisés pour fabriquer des armes destinées au complot présumé.

Les agences de sécurité ont surveillé les activités des suspects au cours des 15 derniers mois, a ajouté le ministre, précisant que certains avaient été en contact avec des militaires. «Nous détenons également des membres de l’armée et un officier en rapport avec ces complots», a déclaré mardi à l’AFP Kojo Oppong Nkrumah, joint au téléphone.

Il a assuré que «les agences de sécurité de l’Etat vont rester vigilantes et s’employer à préserver la sécurité publique et nationale». Le Ghana est considéré comme un îlot de stabilité dans une région instable et turbulente.

La nation ouest-africaine est dirigée par des gouvernements élus démocratiquement depuis 1992 et se prépare à organiser de nouvelles élections en fin d’année prochaine, lors desquelles l’actuel président Nana Akufo-Addo devrait briguer un second mandat. L’annonce des arrestations et du prétendu complot a surpris beaucoup de monde au Ghana, suscitant un certain scepticisme face aux explications peu claires du gouvernement.

Un analyste en sécurité, Festus Aboagyehe, se demandait sur quelle base se sont fondées les autorités pour conclure que les suspects planifiaient de «déstabiliser» le pays. «Les agences impliquées doivent être suffisamment professionnelles pour expliquer en quoi consiste exactement ce groupe», a déclaré à la presse locale cet officier retraité de l’armée. «Je ne comprends pas exactement ce que signifie  »viser la présidence »».

Par Le Figaro.fr avec AFP

« Il n’y aura pas de base américaine au Ghana », assure Nana Akufu-Addo

avril 6, 2018

 

Nana Akufo-Addo à Accra, le 9 décembre 2016. © Reuters

Au cœur d’une polémique qui enflamme le Ghana, le président Nana Akufo-Addo a assuré jeudi, lors d’une allocution à la télévision, que son pays ne signerait pas d’accord avec Washington en vue de l’installation d’une base militaire américaine.

Nana Akufo-Addo, au pouvoir depuis un an, a confirmé que les deux pays avaient reconduit un accord de coopération militaire, mais que le Ghana « n’offrait pas de base militaire aux États-Unis ». « Ils n’ont jamais fait une telle demande, et n’en feront pas », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il ne serait pas le président qui « ferait des concessions sur la souveraineté du pays ». « Je respecte la mémoire des patriotes, dont les sacrifices nous ont apporté notre indépendance et notre liberté », a-t-il ajouté.

Mouvement de protestation

Cette annonce intervient après une forte contestation populaire, menée par l’opposition, qui accusait le gouvernement d’avoir passer un accord avec Washington qui remettrait en cause la souveraineté nationale. La semaine dernière, des centaines de personnes sont descendues dans les rues d’Accra pour protester contre l’accord militaire passé entre Washington et Accra l’année dernière.

Le président Akufo-Addo a toutefois souligné les « difficultés pour maintenir la paix » et le besoin de « prudence », alors que plusieurs de ses voisins d’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso, Nigeria et Côte d’Ivoire) ont été la cible d’attentats revendiqués par différents groupes islamistes.

Durant les dix dernières années, les États-Unis ont étendu leur présence militaire en Afrique, dans le but affirmé de stopper la vague islamiste des groupes de l’État islamique, de Boko Haram et des Shebaabs en Afrique de l’Est.

Jeuneafrique.com

Ghana: les milices font pression dans un climat post-électoral tendu

avril 11, 2017

Le président Nana Akufo-Addo, après avoir prêté serment, sur la Place de l’Indépendance à Accra, le 7 janvier 2017 / © AFP/Archives / CRISTINA ALDEHUELA

Le pas décidé, sans que rien ne semble les inquiéter, une vingtaine de jeunes Ghanéens du groupe Delta Force ont envahi un tribunal, menaçant la juge et libérant 13 de leurs camarades. Une scène récente qui inquiète dans un contexte post-électoral tendu.

Les élections de décembre dernier se sont déroulées dans le calme, à l’image de ce pays cité en exemple démocratique en Afrique de l’Ouest. Mais ces milices, soutenues par des hommes politiques locaux, font pression pour obtenir des avantages après leur mobilisation pendant la campagne présidentielle.

Lundi, l’ONU a dénoncé la montée des violences perpétrées par ces gangs de jeunes Ghanéens des quartiers, et a exprimé sa « préoccupation ».

Le chef du bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, s’est dit « consterné » face aux « actes d’impunité » perpétrés par les Delta Force, réputés proche du parti au pouvoir, le New Patriotic Party (NPP).

« Ces actes répréhensibles (…) sont les derniers d’une série d’incidents similaires depuis la fin des élections de décembre 2016 », affirme-t-il dans un communiqué, dénonçant les milices affiliées aux deux principaux partis politiques ghanéens.

Fin mars, 200 membres des Delta Force ont envahi les bureaux du nouveau coordinateur sécuritaire pour la région d’Ashanti, l’ont frappé, refusant sa nomination, sous prétexte qu’il « n’avait pas participé à la lutte » du parti pour remporter les élections.

Le candidat du NPP, Nana Akufo-Addo, a été élu face au sortant John Dramani Mahama à la présidentielle de décembre.

« Il y a beaucoup de pression sur le gouvernement du NPP pour sévir face aux violences », a déclaré à l’AFP Kwesi Koomson, du cabinet de conseil en analyse de risques Africa Practice, affirmant que ces incidents suscitaient une gronde populaire dans le pays.

Ces groupes, estimés à une vingtaine sur l’ensemble du territoire ne sont pas nouveaux. « Aluta Boys » (hommes de la lutte), Pentagon, Al Qaeda ou Al Jazeera, ils sont issus de la majorité pauvre et peu éduquée.

– intimidations –

Leur influence date de la fin des années 1970, selon Dr Kwesi Aning, chercheur pour le Centre International pour la Paix de Kofi Annan.

Ils sont financés par des partis ou des hommes d’influence locaux pour assurer leur sécurité, et ont été plusieurs fois accusé de mener des attaques et des intimidations contre les opposants, notamment en période électorale.

M. Aning suspecte que ce dernier incident ne soit survenu parce qu’ils n’ont pas reçu ce qu’on leur avait promis pendant la campagne.

« Ils font le sale travail, dans l’espoir de bénéficier du nouveau jeu politique en place. Mais si vous ne tenez pas vos promesses, notamment d’emploi, ils se sentent lésés et ils répliquent », poursuit le directeur de recherche.

Ces gangs locaux ont été particulièrement actifs dans de nombreux pays de la région, réputés plus instables, comme la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d’Ivoire ou le Nigeria, conduisant à la formation de groupes armés et, parfois, à la guerre civile.

Il est très peu probable que le scénario se produise au Ghana, au climat politique traditionnellement calme. Mais le président Nana Akufo-Addo, en réponse aux remontrances des Nations unies, a promis de mettre fin à ces groupes, dont l’influence et l’impunité avec laquelle ils agissent ne cessent de grandir depuis le début des années 2000.

« Le président va devoir agir, et le seul moyen qu’il a de les combattre, c’est avec la police et l’armée. Cela peut engendrer de méchantes altercations », s’inquiète le Dr. Aning.

L’inspecteur de Police de Kumasi, Ken Yeboah, estime que les Delta Forces pourraient compter jusqu’à 1.000 membres, dispersés à travers la région d’Ashanti.

Ses hommes ont « déclaré la guerre contre les milices », assure-t-il à l’AFP, et 8 membres des Delta Forces ont été arrêtés et sont toujours incarcérés pour avoir aidé leurs camarades à s’enfuir, qui comparaissait devant la justice pour violences.

Les liens directs avec des politiciens n’ont jamais été directement prouvés, ni portés en justice, mais l’inspecteur assure que les jeunes « ont été utilisés (pendant la campagne qui a finalement porté leur parti au pouvoir), et maintenant ils se sentent négligés. »

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2017 16h31)

Ghana: le candidat de l’opposition remporte la présidentielle avec 53% des voix

décembre 9, 2016

Accra – Le chef de file de l’opposition ghanéenne Nana Akufo-Addo a remporté l’élection présidentielle contre le président sortant John Dramani Mahama, avec 53% des voix, a annoncé la Commission électorale du Ghana.

C’est mon rôle et mon privilège de déclarer Nana Addo Akufo Addo président de la république du Ghana, a annoncé Charlotte Osei, présidente de la Commission.

10,7 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, et Nana Akufo-Addo, qui se présentait pour la troisième fois à la fonction suprême a remporté le scrutin avec 53,3% des voix, contre 44,4% pour son adversaire, le président sortant.

Le président du Ghana, John Dramani Mahama, qui était en lice pour un second mandat, a appelé le chef de l’opposition pour le féliciter vendredi soir de sa victoire, a annoncé le porte-parole de son parti.

Oui, il a concédé sa défaite, a déclaré à l’AFP George Lawson, porte-parole du Nouveau congrès démocratique (NDC), alors que l’opposition fêtait déjà sa victoire dans les rues d’Accra, à coups de feux d’artifice.

Il a appelé pour concéder sa défaite et nous sommes extatiques, a confirmé la porte-parole du principal parti d’opposition, le Nouveau Parti Patriotique (NPP), Oboshie Sai Cofie.

Des centaines de partisans, tout habillés de blanc, se sont rassemblés devant la modeste résidence de M. Akufo-Addo, pour célébrer leur victoire, 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Le candidat du NPP avait déjà prononcé jeudi soir un discours triomphant s’affirmant vainqueur de l’élection présidentielle, alors que ni la Commission électorale, ni le parti du président sortant (NDC) n’avaient fait d’annonce officielle.

Je pense que les Ghanéens peuvent être extraordinairement fiers, a déclaré l’un des observateurs du scrutin, Johnnie Carson, de l’Institut national démocratique.

Le Ghana s’est distingué pendant ses 25 dernières années comme étant un pays d’intégrité et de transparence, a-t-il ajouté.

Le premier mandat de M. Mahama, figure charismatique et réputé proche du peuple, a été entaché par un ralentissement de la croissance et par des scandales de corruption au sein de l’administration.

Romandie.com avec(©AFP / 09 décembre 2016 23h00)