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France/Hollande appelle au rassemblement et cite Mitterrand : «Le nationalisme, c’est la guerre»

mars 12, 2017

VIDÉO – «Attention!», a lancé le chef de l’État en déplacement à Libourne, en Gironde, samedi, mettant en garde contre la tendance au nationalisme et «toutes ses formes d’extrémisme, d’isolationnisme, de protectionnisme et d’égoïsme».

Hollande a convoqué Mitterrand, samedi à Libourne (Gironde), pour appeler la gauche au «rassemblement» et mettre en garde contre le nationalisme. Le président était en visite dans ce fief socialiste pour remettre les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Gilbert Mitterrand, l’un des deux fils de son prédécesseur.

«La gauche a d’autant plus de chance de gagner (…) lorsqu’elle est rassemblée, lorsqu’elle est unie, lorsqu’elle est capable d’aller au-delà de la diversité de ses sensibilités pour porter un projet commun», a affirmé le chef de l’État. «C’est cette méthode (…) qui demeure aujourd’hui essentielle: le rassemblement.»

Alors que les débats sur l’Europe sont au cœur de la campagne et que le Front national est parmi les favoris des sondages, François Hollande a par ailleurs mis en garde contre «le nationalisme», «avec toutes ses formes d’extrémisme, d’isolationnisme, de protectionnisme et d’égoïsme», rappelant aussi «l’engagement européen de François Mitterrand». Citant la célèbre formule de son prédécesseur, «le nationalisme c’est la guerre», le président Hollande a souligné qu’il «faut garder toujours dans son esprit cette phrase, qui n’est pas simplement rétrospective comme celle d’un homme qui a connu deux guerres, mais comme une phrase prophétique». «Attention!», a-t-il encore lancé.

«Le nationalisme, c’est la guerre!»

Cette phrase fut prononcée par François Mitterrand devant le Parlement européen, à Strasbourg, en janvier 1995. «Il faut vaincre ses préjugés», avait alors défendu le chef d’État. «Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre Histoire. Et pourtant, si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera, mesdames et messieurs: le nationalisme, c’est la guerre!» S’adressant aux députés européens, il avait conclu: «La guerre, ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir. Et c’est nous, c’est vous, mesdames et messieurs les députés, qui êtes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité, et de cet avenir.»

Comme François Hollande, plusieurs ministres du gouvernement ont repris cette citation ces derniers mois. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault l’a prononcée en février à la conférence de Munich. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll l’avait également citée quelques jours auparavant lors d’une interview. Autre personnalité à s’en être inspiré: Emmanuel Macron, candidat d’En Marche!, en décembre dernier.

Algérie : Belkhadem destitué de son poste de secrétaire général du FLN

janvier 31, 2013

 

Belkhadem faisait face à trois grands courants au sein du FLN. Belkhadem faisait face à trois grands courants au sein du FLN. © AFP

C’est une demi-surprise : Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir en Algérie, n’a pas remporté le vote de confiance qu’il avait sollicité à la réunion du comité central du parti, jeudi 31 janvier. Il se trouve donc relevé de ses fonctions mais le nom de son successeur n’est pas encore connu.

Il a joué mais il a perdu. Lors d’un vote de confiance, jeudi 31 janvier, Abdelaziz Belkhadem a trouvé sur son chemin 160 membres du Comité central du Front de libération nationale (FLN) qui se sont prononcés pour le relever de ses fonctions, contre 156 en sa faveur.

Engagé depuis plusieurs mois dans un bras de fer contre une partie du Comité central (CC), Belkhadem visait, initialement, à confondre ses contestataires avec un vote à main levée. Chiche, ont répliqué les dissidents, mais pour éviter toute opération d’intimidation, ceux-ci ont obtenu que le vote ait lieu à bulletin secret. Pris à son propre jeu, Blekhadem aura d’autant de mal à contester le vote qu’il avait fait appel à quatre huissiers de justice pour superviser le scrutin.

Longtemps considéré comme un proche du président Abdelaziz Bouteflika, Belkhadem a commencé à faire face à une dissidence dès qu’il a annoncé son intention de se porter candidat à l’investiture du FLN pour la présidentielle de 2014. Plusieurs voix parmi les plus influentes du parti ont fait part de leur refus d’un tel scénario. Toutefois, ces opposants se recrutaient dans des factions internes aux intérêts divergents. En fait, Belkhadem faisait face à trois grands courants.

Nationalisme contre fondamentalisme

Le premier se réclame d’Ali Benflis, prédécesseur de Belkhadem, tombé en disgrâce pour s’être présenté en 2004 contre Bouteflika. À sa tête : Abdelkrim Abada. D’autres reprochaient aussi à l’actuel secrétaire général des velléités « d’islamisation du FLN ».

« Pour réaliser ses objectifs, affirme Abdelaziz Ziari, ministre de la Santé et membre du Bureau politique, Belkhadem est prêt à sacrifier la ligne nationaliste de notre parti au profit du fondamentalisme. » mais Ziari n’est pas le seul ministre à être entré en rébellion contre Belkhadem. Sept autres membres de l’équipe d’Abdelmalek Sellal, dont le discret mais fort influent Abdelkader Messahel, ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines, ont officiellement demandé à Belkhadem de quitter la direction du parti. Ce courant était emmené par Amar Tou, ministre des Transport.

Lâchage de Bouteflika ?

L’officialisation de l’entrée en dissidence de ministres de la République a été perçu comme un lâchage de Belkhadem par Bouteflika. Quant au troisième courant à exiger la tête du secrétaire général, il est piloté par Amar Saïdani, ancien président de l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du parlement) et dénonce le « clientélisme et la gestion familiale du parti » par Belkhadem.

Pour arriver à leur fin, ces trois courants aux intérêts divergents se sont alliés et ont créé le Mouvement pour l’authenticité et le redressement du FLN, mouvement qui assure avoir eu la bénédiction de la majorité du Comité central. La vérité des urnes leur a donné raison.

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