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Le médecin de la secte d’un nazi au Chili n’ira pas en prison en Allemagne

septembre 25, 2018

Photo d’Hartmut Hopp prise au Chili le 12 août 1997 après son arrestation par la police chilienne / © AFP/Archives / STRINGER

La justice allemande a annoncé mardi son refus d’emprisonner un ancien médecin allemand de la Colonia Dignidad, la secte d’un vétéran nazi au Chili, malgré sa condamnation dans ce pays pour complicité de viols d’enfants.

Le tribunal régional de Düsseldorf a annulé ainsi le jugement d’une juridiction inférieure qui avait estimé en août 2017 que Hartmut Hopp, 74 ans, devait purger en Allemagne, où il s’est enfui, la peine de cinq de prison à laquelle il a été condamné en 2011 au Chili pour complicité de viols et de sévices sexuels sur des mineurs.

« Les faits constatés dans le jugement chilien ne suffisent pas, malgré l’ampleur des motifs de la décision, à remplir les conditions requises en droit allemand pour justifier de poursuites pénales contre Hopp », a estimé la cour, qui statuait en dernier ressort, selon un communiqué détaillant un arrêt rendu le 20 septembre.

Selon les juges, son « rôle dirigeant » et de médecin dans la secte de l’ancien caporal nazi Paul Schäfer, fondateur en 1961 de cette « colonie de la dignité », ne suffit pas à le rendre complice des crimes commis par Schäfer.

Pour la justice chilienne, à l’inverse, c’est grâce « au soutien de Hopp » que Schäfer a pu commettre ces sévices sexuels.

– Complice de Pinochet –

La justice chilienne avait condamné en 2011 le médecin allemand, réfugié dans son pays natal peu avant le verdict, à cinq ans et un jour de prison pour complicité dans quatre viols d’enfants de moins de 12 ans et d’abus sexuels à l’encontre de 16 mineurs.

Hartmut Hopp était le bras droit de l’ancien caporal nazi dans la « colonie de la dignité ». Ce lieu était présenté comme un village familial idyllique.

En réalité, Paul Schäfer a régné avec brutalité sur cette communauté allemande de quelques centaines de personnes, les soumettant à un traitement allant jusqu’à l’esclavage et multipliant les sévices sexuels sur les enfants.

Ce n’est qu’après sa fuite en 1997 que les Chiliens ont découvert que l’enclave allemande avait aussi été un enfer pour les opposants à la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), nombre d’entre eux y ayant été torturés ou ayant disparu là-bas.

Arrêté en 2005 en Argentine, Paul Schäfer est mort en prison en 2010. Et Colonia Dignidad a été transformé en un centre touristique et agricole, sous le nom de Villa Baviera.

– L’Allemagne a ‘détourné le regard’ –

L’histoire a été portée à l’écran en 2015 avec la Britannique Emma Watson (Harry Potter) et l’Allemand Daniel Brühl (Goodbye Lenin) en tête d’affiche.

Berlin a de son côté admis avoir fermé les yeux sur les agissements dans cette communauté et a ouvert les archives du ministère des Affaires étrangères pour la justice chilienne qui continue d’enquêter sur le sujet.

De longues années durant, des années 60 aux années 80, des diplomates allemands « ont au mieux détourné le regard », avait regretté en 2016 le chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier, devenu depuis président de l’Allemagne.

Même après la fin des exactions, les autorités allemandes n’ont pas fait preuve « de la détermination et de la transparence nécessaires pour identifier ses responsabilités et en tirer des leçons », avait-il jugé.

D’une manière générale, l’Allemagne a été critiquée pour le manque de zèle dont elle a fait preuve après la guerre pour pourchasser et traduire en justice les nazis qui avaient trouvé refuge en nombre en Amérique latine juste après la Seconde guerre mondiale.

Romandie.com avec(©AFP / (25 septembre 2018 15h12)

Allemagne: 70 ans après la fin de la guerre, l’ex-secrétaire de Joseph Goebbels parle

août 17, 2016

Brunhilde Pomsel fut l’une des secrétaires de Joseph Goebbels. Elle sera condamnée à cinq ans de prison à la chute de l’Allemagne nazie.

Brunhilde Pomsel fut l’une des secrétaires de Joseph Goebbels. Elle sera condamnée à cinq ans de prison à la chute de l’Allemagne nazie. CHRISTOF STACHE / AFP
Brunhilde Pomsel fut, pendant la seconde guerre mondiale, une des six secrétaires de Joseph Goebbels, ministre nazi de la propagande et l’un des plus puissants dirigeants du IIIe Reich. Plus de soixante-dix ans après la guerre, cette dame, âgée de 105 ans, a décidé de raconter son quotidien au cœur de la bureaucratie nazie dans un film, A German Life, diffusé récemment au festival du film de Munich :

Mais également dans un long entretien au Guardian. Pourquoi maintenant ? Parce qu’il lui reste « peu de temps à vivre » et qu’il était « important pour moi de reconnaître cette image dans le miroir, dans laquelle je peux comprendre ce que j’ai fait de mal ». « Mais il ne s’agit absolument pas de soulager ma conscience », ajoute-t-elle.

Un travail comme un autre. Brunhilde Pomsel se rappelle du moment où sa vie professionnelle a basculé. En 1942, elle avait 31 ans et travaillait comme secrétaire pour une radio. Elle était membre du parti nazi, comme à peu près 8 millions d’Allemands. Quelqu’un la recommande pour un poste au ministère de la propagande. Elle est « flattée » parce que ça veut dire « qu’elle était la dactylo la plus rapide de la radio ».

Pendant trois ans, elle se rend dans le magnifique bâtiment sur Unter den Linden pour un salaire, à l’époque faramineux, de 275 marks. « Si elle admet avoir été au cœur de la machine à propagande nazie (…) elle en parle, presque bizarrement, comme d’un travail comme un autre », écrit la journaliste Kate Connolly :

« Je ne faisais qu’écrire à la machine dans le bureau de Goebbels. »

Les Goebbels « ont toujours été très bons avec moi ». Une grande partie de la discussion tourne autour de la figure de Joseph Goebbels, un des nazis les plus enragés et les plus fidèles à Adolph Hitler. Brunhilde Pomsel en peint forcément une image différente, celle d’un homme « à l’élégance noble », qui faisait toujours très attention à la façon dont il était habillé. « Il avait toujours les costumes avec les meilleurs tissus » et « des mains très soignées, il devait probablement se faire une manucure chaque jour ».

« Il n’y avait rien de mauvais à dire sur lui », raconte-t-elle, jusqu’à ce qu’elle le voie, sur scène, faire un discours de propagande. L’homme courtois devient « un nain déchaîné ». Mais la secrétaire restera fidèle à son patron et à sa femme – « Ils ont toujours été très bons avec moi » – ainsi qu’à leurs enfants, qu’elle voyait de temps en temps au bureau. Lorsqu’elle apprend, le 1er mai, qu’ils se tous suicidés, elle est « stupéfaite ».

Lire aussi :   Hitler, le nazisme jusqu’à la dernière minute

« Nous n’étions au courant de rien, tout était gardé secret. » Après la fin de la chute de l’Allemagne nazie, la secrétaire sera condamnée à cinq ans de prison dans des camps tenus par les Russes. Elle redeviendra par la suite secrétaire dans une radio d’Etat, où elle connaîtra « une vie privilégiée avec un salaire bien payé et des voyages », selon le Guardian, jusqu’à sa retraite en 1971.

Plus de soixante-dix ans après, Brunhilde Pomsel jure toujours ne pas avoir été au courant de ce que perpétrait le régime.

« Je sais que personne ne nous croit jamais ces jours-ci, tout le monde pense que nous étions au courant de tout. Nous n’étions au courant de rien, tout était gardé secret. »

« Elle refuse d’admettre avoir été naïve de croire que les juifs qui étaient disparus avaient été envoyés dans des villages du Sudetenland pour repeupler la région », écrit la journaliste du Guardian. « Nous y croyions, nous l’avons gobé. C’était entièrement plausible », répond la vieille dame qui, comme pour tenter de se justifier, décrit « un pays entier qui était comme ensorcelé ».

« Les gens aujourd’hui qui disent qu’ils auraient tenu tête aux nazis, je pense qu’ils sont sincères en disant cela, mais croyez-moi, la plupart ne l’auraient pas fait. »

 
Lemonde.fr

L’ancien nazi Kepiro est mort

septembre 3, 2011

Le Hongrois Sandor Kepiro, suspecté de crimes de guerre nazis, est mort ce matin à l’hôpital de Budapest, a annoncé sa famille. Les causes de sa mort ne sont pas encore connues.

Sandor Kepiro, 97 ans, était considéré comme l’un des derniers criminels de guerre nazis présumés encore vivants. Il avait été acquitté en juillet dernier de l’accusation de complicité de crimes de guerre en Serbie en 1942, notamment contre des Juifs, par le tribunal de Budapest. Le Parquet avait requis une peine de prison ferme. La défense avait plaidé l’annulation du procès ou l’acquittement.

Sandor Kepiro était accusé de complicité de crimes de guerre commis lors d’une rafle entre les 21 et 23 janvier 1942 à Novi Sad, territoire aujourd’hui serbe, alors annexé par la Hongrie, alliée de l’Allemagne nazie: au moins 1200 civils – juifs et serbes – avaient péri lors de ce massacre. Il a toujours clamé son innocence. Le Centre Simon Wiesenthal avait placé Sandor Kepiro en tête de sa liste d’anciens nazis les plus recherchés.

Le Figaro.fr avec AFP et AP