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RDC : après son arrestation, Ne Muanda Nsemi transféré dans un centre psychiatrique

avril 26, 2020

Des portraits de l'ex-député Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement séparatiste Bundu Dia Kongo (BDK), exposés au siège de la police à Kinshasa en 2017.

Des portraits de l’ex-député Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement séparatiste Bundu Dia Kongo (BDK), exposés au siège de la police à Kinshasa en 2017. © JOHN WESSELS/AFP

 

Le gourou d’un mouvement politico-religieux arrêté vendredi a été transféré samedi dans un centre psychiatrique de Kinshasa en République démocratique du Congo afin de déterminer s’il a toutes « ses capacités mentales » pour répondre de ses actes.

L’ex-député Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement séparatiste Bundu Dia Kongo (BDK), a été arrêté vendredi lors d’un assaut contre sa résidence qui a fait au moins huit morts, selon la police.

« M. Ne Muanda Nsemi a été transféré au CNPP (Centre neuro-psychopathologique) sur réquisition du parquet qui demande à ce centre psychiatrique de déterminer s’il est en possession de toutes ses capacités mentales pour subir un interrogatoire », a déclaré un officier de la police de Kinshasa.

« Dans le cas où son état nécessiterait des soins appropriés, il sera gardé là-bas sous la responsabilité du parquet », a ajouté l’officier.

« Coup d’État divin »

Ex-professeur de chimie, Ne Muanda Nsemi s’était autoproclamé le 4 janvier président de la RDC au bénéfice, selon lui d’un « coup d’État divin », entre autres élucubrations.

Il est poursuivi pour « rébellion » « atteinte à la sûreté de l’État » et d’ »incitation à la haine tribale ».

Un élu du Kongo central, Fabrice Puela, a confirmé samedi soir que le gourou a été transféré vers « un hôpital », sans toutefois préciser lequel.

Vendredi, 168 adeptes du gourou ont été arrêtés lors de l’assaut contre sa résidence, selon les autorités.

Armes blanches et calibres de 12

« Nous avons obtenu ce soir la libération par la police de près de 160 adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK), notamment des femmes et des enfants », a ajouté l’élu du Kongo central, Fabrice Puela qui sortait des négociations avec le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

« Cependant, tous ceux qui étaient trouvés en possession d’armes blanches et des calibres 12, soit près de 120 adeptes, seront acheminés en prison et présentés à un juge », a-t-il ajouté.

Depuis le 13 avril, une vingtaine de personnes, adeptes et policiers, ont été tuées dans trois accrochages dans la province du Kongo-Central, le long de la RN1, une route d’une importance vitale pour Kinshasa la capitale aux dix millions d’habitants.

Partisans d’une scission de leur province, les séparatistes du « BDK » voulaient s’en prendre aux « non-originaires » du Kongo-Central, c’est-à-dire aux Congolais venus d’autres provinces.

Les Bundu Dia Kongo affirment vouloir reconstituer le royaume du Kongo tel qu’il existait au XVe siècle, avant la colonisation, de l’Angola au Gabon.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

RDC: Arrestation de Ne Muanda Nsemi à Kinshasa par la police après une brève résistance

avril 25, 2020

Après une courte résistance, Ne Mouanda Nsemi a été arrêté avec ses milices, le vendredi 24 avril 2020, par la police, puis conduit à la prison de Makala pour rejoindre Vital Kamerhe. Les deux hommes – l’un critiquant l’autre, il y a peu – tandis que Vital était en posture silencieuse muet comme carpe – auront du bon temps pour discuter politique et se partager un peu de Mpadi (foufou ya ma sangu) dit farine de maïs avec un peu de Matembele, feuilles de patates douces, afin de tenir le coup dans cette détention.

 

Avec Congofrance

RDC : retour sur la saga politico-judiciaire dans l’affaire Ne Muanda Nsemi

mai 11, 2019

Ne Muanda Nsemi (à gauche), aux côtés de Joseph Olenghankoy, président du CNSA, à Kinshasa le 6 mai 2019. © DR / Twitter Joseph Olenghankoy

 

Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, a été remis en liberté provisoire dans la soirée de vendredi. Il avait été incarcéré quelques heures plus tôt à la prison centrale de Makala de laquelle il s’était évadé en 2017.

Aussitôt entré, aussitôt sorti. Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, n’aura passé que quelques heures à la prison centrale de Makala, le temps d’obtenir une libération formelle. Le chef de la secte Bundu dia Kongo a formellement quitté la prison de Makala dans la soirée de vendredi. Il y avait été reconduit quelques heures plus tôt, après avoir passé près de deux ans de clandestinité. Ne Muanda Nsemi a été remis en liberté provisoire par le parquet général de la Cour de cassation.

Réapparu étonnement lors d’un point presse mardi 7 mai au siège du Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre 2016 (CNSA), des voix avaient alors exigé sa ré-incarceration. Le gouvernement avait d’ailleurs ordonné son arrestation immédiate.

Zacharie Badiengila s’était évadé de la prison de Makala le 17 mai 2017. Selon le bilan officiel, avec lui, 4000 autres prisonniers s’étaient aussi échappé dans cette évasion organisée par ses partisans. Ne Muanda Nsemi avait été arrêté en mars 2017 ,notamment pour atteinte à la sûreté de l’État.

Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a vivement réagi à sa remise en liberté vendredi soir. « Les racines du mal absolu du Congo qu’est l’impunité s’enfoncent un peu plus. Une ultime demande : assumez votre incapacité à tenir responsables les criminels, et arrêtez d’insulter la paix », dit le mouvement citoyen sur twitter.

Intervention de Félix Tshisekedi

Un responsable de la police expliquait à Jeune Afrique qu’ils avaient reçu l’ordre de tout faire en douceur, sans brutalité. « Pour répondre aux exigences de l’État de droit, il fallait que Ne Muanda Nsemi soit réincarcéré et respecte la procédure judiciaire », explique pour sa part le vice Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la sécurité Basile Olongo.

Vendredi dans la journée la présidente de l’Assemblée nationale Jeannine Mabunda qui a été reçue avec les autres membres du bureau de la chambre basse du Parlement par le président de la République, avait évoqué la question avec Félix Tshisekedi. Le président du CNSA Joseph Olenghankoy qui était à la manœuvre s’est félicité du dénouement du dossier comme les structures de la société civile, Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) et la Voix des sans voix (VSV).

« Je vous confirme que le leader de Bundu Dia Mayala, l’honorable Ne Muana Nsemi à quitté le lieu privatif de liberté au CPRK [Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, ndlr], il jouit d’une totale liberté de mouvement et de circulation. Remercions encore une fois le président de la république et les autorités du pays », a réagi Joseph Olenghankoy sur twitter.

Même si Zacharie Badiengila n’a encore rien dit de sa clandestinité, des sources au sein des renseignements militaires confiaient que ce dernier se trouvait entre la frontière de la RDC et l’Angola, précisément dans des zones non loin de FLEC, le Front de l’État du Cabinda, mais aussi à la frontière avec le Congo Brazzaville. Dans plusieurs vidéos tournées pendant sa clandestinité, Zacharie Badiengila avait appelé la population à la désobéissance civile face au régime de Joseph Kabila.

Jeuneafrique.com par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC: Ne Muanda Nsemi reste introuvable

août 19, 2017
Ne Muanda Nsemi, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo. © P.D.C Vision pour la R.D.C/Youtube/Capture d’écran

Évadé de la prison de Makala en mai, le député congolais, introuvable, continue de diriger ses adeptes et de défier le pouvoir.

Où se cache-t‑il ? Depuis son incroyable évasion le 17 mai, Ne Muanda Nsemi (« esprit créateur » en kokongo), de son vrai nom Zacharie Badiengila, reste introuvable. Le gourou de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo (BDK) continue pourtant à faire parler de lui à Kinshasa.

Le 7 août, comme il l’avait annoncé fin juin dans une vidéo diffusée sur YouTube, ses adeptes sont descendus dans les rues de la capitale et de certaines villes de son Kongo-Central natal pour exiger le départ du président Joseph Kabila, tentant au passage d’attaquer de nouveau la prison de Makala, à Kinshasa, et divers « sites stratégiques », notamment les installations de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).

Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi.

Une « tentative de coup d’État », selon la police, qui a arrêté une dizaine de makesa, les combattants de BDK, gourdins et grigris en main, rubans rouges sur la tête. « Nous avons affaire à des illuminés », commente un proche d’Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité.

Ne Muanda Nsemi, 71 ans, est officiellement à la tête de son mouvement depuis 1986. Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi. Il promet notamment à ses ouailles la résurrection du royaume Kongo tel qu’il s’étendait au XVe siècle, de la RD Congo au Gabon en passant par l’Angola et le Congo-Brazzaville.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région »

Le député de la Funa (district de Kinshasa) s’est-il retranché dans l’un de ces pays, où il revendique des adeptes ? « Si Ne Muanda Nsemi est aperçu chez nos voisins, il sera immédiatement arrêté », croit savoir une source gouvernementale congolaise.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région », ajoute-t‑elle. Sur ce point, le Rassemblement de l’opposition émet un doute car il soupçonne une instrumentalisation de BDK par le pouvoir.

Jeuneafrique.com par

RD Congo : comment Ne Muanda Nsemi s’est évadé de la prison de Makala

mai 23, 2017

Après l’attaque de la prison de Makala, à Kinshasa en RDC, le 17 mai 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Retour sur l’évasion massive qui a secoué la prison centrale de Makala, le 17 mai dernier, en RD Congo. Le prisonnier de marque Zacharie Badiengila, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, reste toujours introuvable.

À cette heure, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, reste introuvable. À l’issue d’un assaut lancé par ses adeptes contre la prison centrale de Makala, où il était détenu depuis mars, ce député national, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, a pu s’évader le 17 mai à l’aube. Selon une source du centre pénitentiaire de Kinshasa, l’opération débute vers 3 h 40 lorsqu’un groupe composé d’hommes et de femmes, rubans rouges sur la tête et autour des bras, pour certains armés de kalachnikovs, parvient à entrer dans la maison d’arrêt après avoir maîtrisé les gardiens. Une fois à l’intérieur, ils tuent « à la machette » deux geôliers, entre le bâtiment administratif de la prison et le pavillon 9, où sont détenues des femmes. Celles-ci sont sommées de quitter leurs cellules.

 

L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi

Même ordre intimé aux « pensionnaires » du pavillon 10, qui héberge des militaires poursuivis ou condamnés. Puis les assaillants incendient un véhicule et le bureau du directeur de la prison. « L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi », croit savoir notre source.

Des morts

Mais toujours pas de Ne Muanda Nsemi. Le commando poursuit sa recherche. Vers 5 heures, il atteint le pavillon 1, où sont incarcérées des « personnalités ». La voie est enfin libre, mais le gourou hésite à suivre ses ouailles. Celles-ci lui assurent alors qu’elles ont amené des grigris pour le protéger contre les balles. Lorsque Ne Muanda Nsemi se décide à partir avec ses hommes, un premier renfort de l’armée est déjà sur place. Un dernier accrochage a lieu à la sortie de la prison. « Il y a eu des morts », reconnaît-on au ministère de la Justice, sans avancer de chiffre.

Jeuneafrique.com

RDC : Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte Bundu Dia Kongo, s’évade de la prison de Makala

mai 17, 2017

Des patrouilles de police à Kinshasa, le 19 décembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Dans la nuit, une attaque contre la prison de Makala, la plus grande de Kinshasa, a permis l’évasion de Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo (BDK) et de dizaines d’autres prisonniers, selon le ministre de la Justice congolais, Alexis Thambwe Mwamba.

La prison de Makala, à Selembao, au sud de Kinshasa, a été attaquée dans la nuit du 16 au 17 mai. L’information a été confirmée ce matin sur les ondes de la radio Top Congo par le ministre de la Justice.

Selon Alexis Thambwe Mwamba, les partisans de Ne Muanda Nsemi, le leader de la secte Bundu Dia Kongo (BDK), seraient à l’origine de cette attaque qui a permis de faire évader leur chef, ainsi que des dizaines d’autres détenus parmi ses soutiens.

Pour le moment, la situation est sous contrôle, les forces de police sont à l’intérieur.

« Des miliciens de Ne Muanda Nsemi ont attaqué avec des armes de guerre la prison [de Makala] cette nuit, a plus précisément déclaré le ministre. J’attends les précisions quant à l’heure. Ils ont réussi à faire évader Ne Muanda Nsemi et plusieurs dizaines de prisonniers parmi lesquels plusieurs de ses adeptes. Pour le moment, la situation est sous contrôle, les forces de police sont à l’intérieur. »

 

Photo de BrazzaNews.
Ne Muanda Nsemi

Toujours d’après le ministre, les auteurs de l’attaque auraient grièvement blessé le chef des opérations de la police à l’intérieur de la prison, lequel a pu être évacué. Ils auraient également incendié le bureau du directeur et son véhicule.

Un recensement des prisonniers en cours

Dans la foulée de l’évasion, l’alerte a été lancée avec le signalement des prisonniers évadés. Un recensement est en cours pour identifier les fugitifs mais selon le ministre de la Justice congolais, «à première vue, les prisonniers emblématiques, à l’exception de Ne Muanda Nsemi, sont toujours dans le centre pénitentiaire. »

Plus grande prison de Kinshasa avec un effectif estimé à près de 7 000 personnes en 2015, Makala abritait jusqu’ici le député Ne Muanda Nsemi, dont la secte politico-religieuse BDK avait appelé à l’insurrection en République démocratique du Congo contre le président Joseph Kabila.

Début mars dernier, le député s’était rendu à la police avec son épouse après des accrochages avec les forces de l’ordre aux abords de son domicile.

Jeuneafrique.com par

RDC: reddition du député Ne Muanda Nsemi après des accrochages à Kinshasa

mars 3, 2017

Ne Muanda Nsemi

Kinshasa – La police congolaise a annoncé vendredi soir la reddition après plusieurs heures d’accrochages à Kinshasa d’un député, gourou d’une secte politico-religieuse ayant appelé à l’insurrection en République démocratique du Congo (RDC) contre le président Joseph Kabila.

« Ne Muanda Nsemi et son épouse viennent de se rendre à la police », a déclaré à l’AFP le colonel Rombaut-Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise.

Dans l’après-midi, de nouveaux accrochages avaient eu lieu autour du domicile du député Ne Muanda Nsemi,chef de la secte Bundu Dia Kongo(BDK), selon une journaliste de l’AFP.

Plusieurs dizaines de policiers antiémeutes, armés de fusils d’assaut, encerclaient sa résidence, mais ses partisans affirmaient qu’il ne se trouvait pas à l’intérieur.

« Honorable Ne Muanda Nsemi, laissez sortir les femmes et les enfants », criait un policier à l’aide d’un porte-voix. Près d’une dizaine d’hommes allaient et venaient au deuxième étage de cette résidence inachevée, lançant des pierres sur les policiers.

Selon plusieurs témoins de ce quartier du nord-est de Kinshasa, la police avait auparavant ouvert le feu plusieurs fois sur le bâtiment.

Depuis deux semaines, la police tentait de déloger les occupants retranchés dans cette résidence, pour y mener une « perquisition ».

« L’opération est en cours (…) il y a de la résistance mais nous comptons finir le travail et libérer toutes les personnes au plus tard demain (samedi) matin. Cette histoire a trop traîné », avait déclaré le colonel Mwanamputu.

L’officier a refusé de donner immédiatement le bilan global de l’opération.

Originaire du Kongo-central (ouest de la RDC) et député de Kinshasa, Ne Muanda Nsemi a appelé récemment sur internet à l’insurrection contre le pouvoir de M. Kabila, à qui il dénie la nationalité congolaise.

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été visée par une violente opération militaire, après avoir mené une série d’attaques contre des agents de l’État et avoir appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi avait amorcé un rapprochement avec M. Kabila à partir de fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu le 20 décembre.

Depuis janvier, ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières dans le Kongo-central.

Romandie.com avec(©AFP / 03 mars 2017 20h06)             

En RD-Congo, nouvelle opération de police contre la secte BDK

février 16, 2017

Des soldats l'Onu à Goma, en RDC. / PABLO PORCIUNCULA / AFP

Des soldats l’Onu à Goma, en RDC. / PABLO PORCIUNCULA / AFP

L’opération des forces de l’ordre contre la résidence appartenant au chef spirituel de la secte politico-religieuse BDK, dans le quartier Ma Campagne à Kinshasa, a entrainé, mardi 14 février, des accrochages entre la police et les adeptes présumés dudit mouvement « mystique ».

Selon un bilan provisoire, « 22 personnes ont été interpellées dont 8 blessés graves lors de heurts avec les forces de sécurité » a noté Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise. « Deux voitures ont été incendiées et six fusils-mitrailleurs saisis par les forces de l’ordre », a ajouté l’officier.

Des tirs nourris ont retenti pendant plusieurs heures autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, dont les abords ont été bouclés pour y « extirper les partisans du mouvement politico-religieux » en fin de matinée, selon le colonel Mwanamputu. Pendant ce temps, le chef spirituel Ne Muanda Nsemi se cacherait au Congo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.

Ne Muanda Nsemi a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste la nationalité congolaise, par le biais de vidéos publiées sur Internet : « Dans deux semaines, je vais frapper », menaçait-il sur les réseaux sociaux en lançant un « ultimatum d’une semaine au président Kabila pour quitter le pouvoir », alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier à Kimpese, à 200 kilomètres environ au sud-ouest de Kinshasa.

Un groupe d’opposition religieux

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) est un groupe d’opposition religieux à l’Ouest de la RD-Congo. Il prône la restauration de l’ex-royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Congo central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte a été réprimée au cours d’une opération militaire après une série d’attaques armées contre des agents de l’État menées par ses adeptes, qui appelaient la population locale à chasser les « non-originaires » de la province. Vingt-sept personnes au moins ont été tuées dans cette opération, selon le bilan officiel, une centaine selon l’ONU et une coalition d’ONG locales.

Depuis lors, la secte est officiellement interdite de fonctionnement sur toute l’étendue du territoire congolais. Il est reproché à la secte la rébellion vis-à-vis de l’autorité établie, l’intolérance religieuse, les atteintes à l’intégrité physique des tiers et le pillage des églises traditionnelles.

En décembre 2015, le président Joseph Kabila a gracié neuf membres de BDK qui avaient été condamnés à perpétuité. À la suite de cette mesure, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec Joseph Kabila avant de faire une volte-face brutale et de reprendre ses attaques contre le président. Le mandat de M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, est arrivé à échéance le 20 décembre 2016. Le chef de l’État se maintient néanmoins à son poste en vertu d’un arrêt contesté de la Cour constitutionnelle finalement avalisé par l’opposition dans un accord de cogestion temporaire du pays signé le 31 décembre.

La-croix.com par Jean-Paul Musangania (avec AFR)

RDC : huit blessés dans des affrontements entre des policiers et la secte Bundu Dia Kongo à Kinshasa

février 14, 2017

Opération de police en RDC en septembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Huit personnes soupçonnées d’appartenir à la secte politico-religieuse violente de Ne Muanda Nsemi ont été blessées lors de heurts avec les forces de l’ordre à Kinshasa, selon un « bilan partiel » communiqué à la presse mardi par la police congolaise.

Selon un journaliste de l’AFP, plusieurs dizaines de policiers anti-émeute armés de kalachnikovs ont donné l’assaut lundi soir dans le centre de la capitale contre une résidence soupçonnée d’abriter des hommes du groupe sécessionniste Bundu Dia Kongo (BDK).

Dans la soirée, des tirs d’armes automatiques ont été entendus dans un autre quartier et, mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte, dont les abords avaient été bouclés, selon des riverains.

D’ores et déjà, « 22 personnes ont été interpellées dont huit blessés graves », a indiqué à la presse le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, dans un message électronique.

Une autre personne a été blessée, deux voitures particulières ont été incendiées par les hommes de BDK, et six fusils-mitrailleurs saisis par les forces de l’ordre, a ajouté l’officier.

Cavale

Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd’hui au Kongo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.

Dans des vidéos publiées récemment sur internet, il a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d’une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait rwandais.

« Dans deux semaines, je vais frapper », menace-t-il dans le dernier de ces messages filmés, alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.

Connivence avec Kabila

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été réprimée au cours d’une violente opération militaire après avoir mené une série d’attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec Joseph Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP