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Nicaragua: répression d’une manifestation de l’opposition

septembre 15, 2018

Un manifestant nicaraguyaen s’oppose aux policiers anti-émeutes, à Managua le 15 septembre 2018 / © AFP / INTI OCON

Au moins deux personnes ont été blessées par balle samedi lors d’une attaque contre une manifestation de l’opposition au président nicaraguayen Daniel Ortega à Managua, ont déclaré des témoins.

Des hommes en moto, habillés en civil, ont ouvert le feu contre les manifestants dans le quartier de Ducuali, blessant une femme de 32 ans et un homme de 57.

« Il y avait trois personnes à moto qui ont commencé à tirer », a indiqué aux journalistes un jeune homme, le visage masqué, qui a tenté avec d’autres de rattraper les hommes armés.

La femme a reçu une balle dans la jambe et une autre balle a éraflé l’abdomen du second blessé, a précisé le témoin.

La police a de son côté accusé, dans un communiqué, les « groupes de terroristes putschistes », faisant allusion aux manifestants, d’avoir tiré sur la femme.

Les manifestants avaient réussi à contourner les tentatives de la police anti-émeutes pour bloquer leur marche dans plusieurs quartiers de la capitale.

Malgré l’attaque, ils ont poursuivi leur marche en criant « Liberté », exigeant la libération de centaines de « prisonniers politiques » et le départ du gouvernement de Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007.

Les Nicaraguayens manifestent contre le gouvernement depuis près de cinq mois, malgré la répression, qui a fait plus de 320 morts, 2.000 blessés, plus de 300 manifestants arrêtés et au moins 400 médecins et enseignants licenciés.

Déclenchée le 18 avril par un projet de réforme de la sécurité sociale, vite abandonné, la vague de protestation est d’une ampleur inédite au Nicaragua.

M. Ortega, ancien guérilléro de 72 ans, est accusé par ses opposants d’avoir mis en place une dictature marquée par la corruption et le népotisme avec son épouse et vice-présidente Rosario Murillo.

Romandie.com avec(©AFP / (16 septembre 2018 04h31)

Nicaragua: des milliers d’opposants réclament le départ d’Ortega

août 18, 2018

Manifestant anti-gouvernemental à Managua le samedi 18 août 2018 à Managua.n / © AFP / INTI OCON

Des milliers de Nicaraguayens ont défilé samedi à Managua pour demander le départ du président Daniel Ortega et la fin de la persécution et de l’emprisonnement de citoyens qui réclament de « vivre en liberté », quatre mois après le début de la crise qui a fait plus de 300 morts.

« Liberté, si le président ne part pas, nous le chasserons ! », ont scandé les manifestants qui ont défilé pacifiquement en brandissant des drapeaux nicaraguayens dans les rues du sud-ouest de la capitale et au son de chants révolutionnaires et des vuvuzelas.

« Nous voulons que Daniel Ortega s’en aille », a déclaré à l’AFP Juan Silva, 31 ans, le visage dissimulé derrière une écharpe.

« Nous défilons pour dire au gouvernement que nous nous opposons aux abus qu’il commet, que nous voulons vivre en liberté », a ajouté à ses côtés Maria Guevara, 49 ans.

La manifestation était organisée à l’appel de l’Alliance civique pour la justice et la démocrate, coalition d’opposition qui regroupe des étudiants, des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile, quatre mois jour pour jour après le début des marches antigouvernementales, le 18 avril.

Les manifestations de l’opposition ont commencé contre une réforme de la sécurité sociale – abandonnée depuis – pour se durcir ensuite et s’étendre à tout le pays en réaction à une violente répression, qui a fait plus de 300 morts.

En juillet, les forces anti-émeutes et paramilitaires ont repris par la force le contrôle de villes et artères occupées par les manifestants, avant qu’une vague de répression ne s’abatte sur les opposants.

Depuis, des milliers de Nicaraguayens ont fui le pays pour se réfugier notamment au Costa Rica voisin de peur d’être interpellés. Des centaines d’autres ont été arrêtés pour « terrorisme » et d’autres délits retenus par le parquet contre les participants aux manifestations.

Daniel Ortega, 72 ans, ex-leader de la révolution sandiniste au pouvoir de 1979 à 1990 avant de revenir en 2007, accuse ses opposants de faire partie d’un plan financé par les Etats-Unis pour s’emparer du pouvoir par la force. Le président assure que la situation du pays est redevenue « normale ».

« Rien n’est normal » au Nicaragua, ont répondu les manifestants samedi, qui comptent poursuivre la mobilisation en dépit des menaces jusqu’au départ du président.

Les opposants à Daniel Ortega l’accusent de corruption, de népotisme et d’avoir instauré une dictature avec son épouse Rosario Murillo, qui est vice-présidente. Ils demandent que l’ élection présidentielle prévue en 2021 soit avancée au mois de mars 2019, ce que refuse Daniel Ortega.

« Nous allons maintenir la pression malgré la répression. Rien ne nous arrêtera », a averti un manifestant disant se prénommer Juan.

Romandie.com avec(©AFP / (19 août 2018 03h10)

Nicaragua: nouvelles attaques des forces de l’ordre, 8 morts dont un enfant

juin 24, 2018

Un étudiant fait le guet sur une barricade dans la zone de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), où des heurts avec la police sont survenus, le 23 juin 2018 à Managua / © AFP / Marvin RECINOS

Au moins huit personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées dans des opérations samedi des forces de l’ordre et des groupes paramilitaires au Nicaragua, marquant un regain de la répression contre les opposants au président nicaraguayen Daniel Ortega.

Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril pour exiger le départ du président Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, dépasse les 200 morts.

Le dernier bilan de huit morts, dont sept à Managua et un dans la ville rebelle de Masaya, au sud de la capitale, a été communiqué à l’AFP par le Centre nicaraguayen des droits de l’Homme (CENIDH).

Dans la nuit de vendredi à samedi, et huit heures durant, les forces de l’ordre et groupes paramilitaires ont lancé une attaque contre des étudiants retranchés dans les locaux de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua, ainsi que dans six quartiers de l’est de la capitale, selon le témoignage d’étudiants, confirmé par des défenseurs des droits de l’Homme.

« Ils nous attaquent depuis une heure du matin. (…) Il y a aussi des franc-tireurs, nous sommes sur les barricades », a témoigné un jeune homme, le visage masqué par un foulard, dans une transmission en direct sur Facebook, où on le voit dans une tranchée avec d’autres jeunes tandis que l’on entend des tirs.

Un étudiant portant une cagoule se tient devant l’université UNAN, au sud-ouest de Managua, le 23 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

– « Ils tirent pour tuer » –

« Ils tirent pour tuer. Ils sont en train de massacrer le peuple, les jeunes. Nous sommes assiégés. C’est une guerre inégale », a-t-il ajouté.

Un autre jeune évoque le survol du campus universitaire par « quatre drones ». Pendant ces témoignages en direct sur les réseaux sociaux, des tirs se faisaient entendre. « Nous ne nous rendrons pas », criaient des jeunes.

Le CENIDH a précisé que deux des morts avaient été tués dans la zone de l’université UNAN. Quinze étudiants ont été blessés.

Rosario Sanchez pleure son petit-fils Teiler Lorio, 15 ans, mort pendant une opération des forces de l’odre à Managua, le 23 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

Plusieurs autres décès, y compris l’enfant mortellement touché par une balle perdue, ont été recensés dans d’autres quartiers, selon la même source.

« La police a tiré. Je l’ai vu: c’étaient des policiers et ils ont commencé à tirer (…) J’attends que justice soit faire », a affirmé à l’AFP la mère de l’enfant, Karina Navarrete.

Dans un communiqué, la police a imputé la responsabilité de ce décès aux « délinquants » qui occupent les quartiers.

La Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui a oeuvré depuis le début de la crise pour maintenir un dialogue entre le gouvernement et ses opposants, a mobilisé une délégation de quatre prêtres pour évaluer la situation.

Cette mère a perdu son bébé dans les violences au Nicaragua / © AFP / Inti Ocon, Luis Sequeira, Marvin Recinos, Myriam Adam

« Au nom de Dieu, nous demandons que cessent ces attaques, que cesse cette vague de violence, que cessent les morts », a déclaré le père Raul Zamora depuis l’université.

Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua et président de la CEN, a appelé le gouvernement et les groupes armés légaux et illégaux à ne plus ouvrir le feu. Personne ne doit « pointer son arme pour enlever la vie à un frère », a-t-il déclaré.

Une coalition de groupes d’opposition de la société civile, l’Alliance civique pour la Justice et la Démocratie, a annoncé suspendre une « marche des fleurs » en mémoire des victimes de la répression, programmée dans l’après-midi de samedi dans la capitale.

Ce groupe a toutefois appelé « tous les secteurs de la société à observer une grève de 48 heures » dans les jours à venir. Une grève générale avait déjà paralysé le Nicaragua le 14 juin.

L’Eglise appelle le président Ortega à organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021. L’ex-guérillero de 72 ans, au pouvoir depuis 2007 après l’avoir déjà été de 1979 à 1990, reste muet sur ce point.

« L’action répressive de l’Etat a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1.337 blessés », avait indiqué vendredi la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), ajoutant que plus de 500 personnes avaient été détenues au 6 juin.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 16h16)

Manifestations au Nicaragua: le bilan monte à 212 morts

juin 22, 2018

Manifestation antigouvernementale à Masaya, au Nicaragua, le 21 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

Le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales au Nicaragua est monté à au moins 212 morts, a annoncé vendredi la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).

« L’action répressive de l’Etat a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1.337 blessés », a indiqué la commission, en affirmant que plus de 500 personnes avaient été détenues au 6 juin.

La CIDH a conclu que « la violence étatique visait à dissuader la participation aux manifestations et à étouffer cette expression d’opposition politique », selon un rapport d’une centaine de pages présenté vendredi lors d’une session extraordinaire du Conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA), à Washington.

La Commission a appelé le gouvernement à « trouver une solution constitutionnelle, démocratique et pacifique à cette crise des droits humains ».

La vague de contestation, engagée pour dénoncer une réforme de la sécurité sociale qui a depuis été abandonnée, cible le chef de l’Etat Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, vice-présidente, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 18h27)

Nicaragua: nouvel assaut contre Masaya, l’Église craint « un massacre »

juin 21, 2018

Des manifestants contre le gouvernement brandissent leurs armes artisanales derrière une barricade à Managua, le 20 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

Les forces de l’ordre du Nicaragua ont lancé jeudi un nouvel assaut contre la ville de Masaya, déclarée en rébellion par ses habitants, et les évêques catholiques ont décidé de se rendre sur place « pour éviter un nouveau massacre ».

Alors que l’Église avait l’espoir de voir repartir le dialogue national, suspendu depuis lundi, l’annonce de cette offensive, qualifiée de « disproportionnée » par le secrétaire de l’Association nicaraguayenne (pour les) droits de l’homme (ANPD), Alvaro Leiva, a ravivé les craintes de violences.

« C’est incohérent de parler de dialogue et d’être en train d’assassiner le peuple à tour de bras », a dénoncé M. Leiva. « Je lance un appel au président (Daniel) Ortega pour qu’il arrête la tuerie contre le peuple de Monimbo », quartier indigène de Masaya ciblé selon lui par l’intervention.

Inquiète, l’Eglise catholique, qui avait appelé à une journée de prières, a annoncé qu’elle envoyait ses évêques sur place.

« Nous, les évêques de Managua, avons décidé d’aller ce matin par bus, avec tout le clergé, depuis Managua et jusqu’à Masaya et Monimbo, pour éviter un nouveau massacre, consoler et prier avec notre peuple », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

« Nous allons dans une mission de paix pour apporter du réconfort et arrêter la violence », a déclaré l’archevêque auxiliaire de Managua, Mgr Silvio Baez.

Depuis le 18 avril, quand ont éclaté les premières manifestations, le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh) a dénombré 187 morts et plus de 1.000 blessés.

– « Peur » –

Les violences sont quotidiennes dans le pays, le plus pauvre d’Amérique centrale, alors que les forces du gouvernement tentent de reprendre le contrôle des villes auto-déclarées en rébellion, notamment Masaya, commune de 100.000 habitants située à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale Managua et devenue l’épicentre des protestations.

Un homme passe à bicyclette devant des inscriptions « Ortega assassin » et « Notre lutte est juste », dans la ville de Masaya, le 20 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

« Nous vivons dans la peur. J’ai vu passer des camionnettes avec des civils armés de fusils AK-47 », a raconté à l’AFP Ivania Miranda, une habitante de 53 ans, alors que les violences ont provoqué ces derniers jours au moins 23 morts à Masaya, ainsi que des pillages et incendies.

Selon le leader étudiant Cristian Fajardo, des détonations ont été entendues dans le nord de la ville où « environ 500 hommes encagoulés et fortement armés sont en train d’avancer ».

Les habitants restaient enfermés chez eux pendant que des agents anti-émeutes et des hommes masqués et armés parcouraient les rues en tirant et en enlevant les barricades érigées par les riverains, selon des images diffusées par la télévision.

« La douleur au Nicaragua est grande, un peuple désarmé est en train d’être massacré. Les villes sont aux mains de bandits », a dénoncé Mgr Baez dans son homélie de jeudi.

Ailleurs dans le pays, d’autres offensives ont été signalées: ainsi, les cloches des églises ont sonné dans la nuit dans plusieurs villes comme Diriamba (ouest), pour alerter de la présence d’hommes armés tentant de démonter les barricades.

– Vers une guerre civile? –

Suspendu depuis lundi, le dialogue entre gouvernement et opposition semblait pourtant sur le point de reprendre, alors que l’exécutif a finalement invité, comme il l’avait promis, des organismes internationaux comme l’Union européenne ou le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme à venir enquêter sur les violences commises.

L’Eglise comme l’opposition appellent le président Ortega – un ex-guérillero de 72 ans au pouvoir depuis 2007 après l’avoir déjà été de 1979 à 1990 – à permettre l’organisation d’élections générales anticipées en mars 2019 (au lieu de fin 2021). Ce dernier reste muet sur ce point.

Un couple de manifestants s’embrasse, sur une barricade à Mangua le 20 juin 2018 / © AFP / MARVIN RECINOS

La vague de contestation, engagée pour dénoncer une réforme de la sécurité sociale qui a depuis été abandonnée, cible le chef de l’Etat et son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo: le couple est accusé de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

« Le peuple ne se rend pas », « Dehors Ortega », « Non à la dictature orteguiste », pouvait-on lire jeudi sur les murs de Masaya.

Le couple Ortega-Murillo accuse les rebelles d’être des « délinquants » et « vandales », coupables de « terrorisme » et de mettre à mal l’économie du pays.

De nombreux commerces sont fermés et des milliers de camions de marchandises restent bloqués sur les routes du Nicaragua.

« Nous allons vaincre le mal, la perversité, l’ignominie et l’abomination », a lancé Rosario Murillo, surnommée « La sorcière » par ses détracteurs.

« Nous voyons qu’il y a une volonté politique de l’Etat de pousser vers une guerre civile », s’inquiète Marlin Sierra, directrice exécutive du Cenidh.

Le département d’Etat américain a appelé à organiser des élections anticipées et dénoncé la répression par les forces de l’ordre, de même que l’ONU, le Parlement européen ou encore Amnesty international.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 19h45)

Au moins 8 morts dans des violences au Nicaragua

juin 16, 2018

A l’intérieur de la maison incendiée d’une famille dont six membres ont péri à Managua, le 16 juin 2018 / © AFP / INTI OCON

Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, selon la police, portant à plus de 178 le nombre de morts depuis le début des protestations antigouvernementales il y a deux mois au Nicaragua.

Six des nouvelles victimes sont des membres de la même famille dont le domicile a été incendié par un groupe d’hommes cagoulés qui ont lancé un cocktail molotov, et deux autres ont été attaquées alors qu’elles dégageaient une barricade dressée sur une route, a indiqué la police dans un communiqué.

L’opposition exige depuis deux mois le départ du président Ortega, 72 ans, « héros » de la révolution sandiniste qui a dirigé le pays de 1979 à 1990 après avoir évincé le dictateur Anastasio Somoza et qui est revenu au pouvoir depuis 2007.

Vendredi, le gouvernement et l’opposition ont trouvé un accord autorisant des observateurs des droits de l’homme à venir enquêter sur les violences.

Les représentants de l’opposition ont de leur côté accepté une demande clef du pouvoir du président Daniel Ortega : un plan visant à lever les blocages qui entravent les routes pour empêcher les forces anti-émeutes de passer, selon la conférence épiscopale, médiateur dans le conflit.

Son président, le cardinal Leopoldo Brenes, a indiqué que l’Eglise catholique avait demandé à Daniel Ortega d’avancer les prochaines élections générales à 2019, deux ans avant l’échéance prévue.

Le président n’a pas accédé à la demande, se contentant de répondre: « Nous réitérons notre volonté totale d’écouter toutes les propositions entrant dans un cadre institutionnel et constitutionnel ».

Un cycliste passe devant un graffiti réalisé au cours des manifestations contre le président Daniel Ortega, à Diriamba, à 40 km de Managua, le 124 juin 2018. / © AFP / MARVIN RECINOS

Le Nicaragua a basculé dans le chaos après la répression le 18 avril des manifestations contre l’insécurité sociale.

Des opposants ont dressé des barricades sur plus des deux tiers des routes du pays afin d’empêcher les forces anti-émeutes de passer.

Ces barrages routiers perturbent la livraison de marchandises et minent la commerce régional.

Si la crise se prolonge, l’ardoise pour le pays pourrait dépasser les 900 millions de dollars, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (Funides), qui calcule que le Nicaragua pourrait perdre jusqu’à 150.000 emplois d’ici la fin de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 23h14)

Nicaragua: les évêques ont une réponse d’Ortega, convoquent vendredi gouvernement et opposition

juin 13, 2018

Managua – Les évêques du Nicaragua ont annoncé mercredi soir avoir reçu une réponse du président Daniel Ortega à leur proposition de réformes, et ont demandé au gouvernement et à l’opposition de reprendre vendredi le dialogue pour trouver une issue à la crise politique, qui a fait plus de 150 morts.

« Nous avons reçu la réponse du président de la République à la proposition que (…) nous lui avons présentée lors de notre rencontre » de jeudi dernier, ont déclaré les évêques dans un communiqué.

« Nous convoquons une session plénière du Dialogue national pour vendredi 15 juin », a aussi annoncé la conférence épiscopale, qui y présentera la réponse apportée par l’ancien guérillero de 72 ans à son plan de démocratisation du système politique.

« Nous communiquerons à la communauté nationale et internationale, la proposition que nous fait le président et la lettre qu’il nous a envoyée avec sa signature », est-il ajouté.

Les évêques se sont posés en médiateur depuis mai, essayant de faire dialoguer le gouvernement et l’opposition – formée de représentants des étudiants, d’entreprises et de la société civile – qui manifeste depuis près de deux mois contre le président Ortega, à la tête du pays depuis 2007, après un premier passage de 1979 à 1990.

Ils avaient présenté jeudi dernier au chef de l’Etat une proposition de démocratisation du pays, prévoyant notamment d’anticiper l’élection présidentielle prévue en 2021 et d’instituer des réformes constitutionnelles, deux exigences clé des manifestants.

Face à l’absence de réponse du président, une coalition d’opposition a appelé à une grève générale jeudi.

Cette coalition est à la pointe des manifestations lancées le 18 avril et qui n’ont cessé de prendre de l’ampleur, malgré une féroce répression qui a fait 152 morts et 1.340 blessés, selon le dernier bilan du Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh).

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 21h31)                                                        

Au Nicaragua, trois semaines de colère populaire et 49 morts

mai 12, 2018

Des manifestants protestent contre la montée des prix, à Managua, au Nicaragua, le 11 mai 2018 / © AFP / DIANA ULLOA

Sous tension depuis plus de trois semaines, le Nicaragua continue de vivre au rythme des manifestations, qui ont fait au moins 49 morts, les propositions de dialogue du président Daniel Ortega n’ayant pas apaisé la colère.

Vendredi à l’aube, des affrontements entre la police et des étudiants, sur deux campus de la ville, ont fait deux morts et au moins dix blessés.

Les étudiants ont accusé le gouvernement d’avoir commandité une attaque par les forces de l’ordre et des civils armés contre ces deux campus, pour les déloger, car ils y sont retranchés depuis le début de la vague de contestation, le 18 avril.

Kevin Valle, 18 ans, a été tué par arme à feu, a confirmé le sous-directeur de la police, Francisco Diaz.

Angel Parajon a lui annoncé le décès de son fils Jimmy: « Il est mort à l’Upoli (l’Université polytechnique, bastion des étudiants contestataires, ndlr) d’une balle dans le cœur », a-t-il raconté, en larmes.

Ces nouveaux décès ont ravivé les tensions dans ce pays où des milliers de manifestants dénoncent depuis des semaines le manque de libertés individuelles et la confiscation du pouvoir par le président Ortega, au pouvoir de 1979 à 1990 puis depuis 2007.

Depuis le début des protestations, provoquées par une réforme des retraites (depuis abandonnée) mais désormais un mouvement plus large d’exaspération, le bilan est d’au moins 49 morts, selon les associations de défense des droits de l’homme.

Le chef de l’Etat, leader de la révolution sandiniste en 1979, a cependant fait un premier pas vers l’apaisement vendredi soir, en acceptant les deux conditions « préalables » à tout dialogue, posées par le Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui joue le rôle de médiateur.

La CEN a demandé la fin de la répression des manifestations et que la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) soit autorisée à enquêter sur les circonstances des décès.

« Assez de répression violente contre les étudiants au Nicaragua! », a lancé sur Twitter l’évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez.

« Rien de violent n’est durable. L’intimidation et l’agression ne sont pas le chemin » à suivre, a-t-il ajouté.

– « Qu’Ortega s’en aille » –

Vendredi, les étudiants de l’Université nationale autonome du Nicaragua (Unan) ont érigé des barricades avec des pavés pour empêcher la police d’accéder jusqu’à leur campus, après un assaut mené dans la matinée qui a fait quatre blessés, a raconté à l’AFP Yaritza, une des leaders du mouvement étudiant.

« Nous sommes tous tendus, nous n’avons pas dormi. A l’aube nous avons été attaqués par des groupes de civils avec des armes à feu, mais nous soupçonnons qu’il s’agissait de policiers déguisés en civils », a indiqué la jeune femme.

Des centaines d’étudiants d’autres universités ont manifesté vendredi près de l’Unan en soutien avec leurs camarades et aux cris de « Peuple, unis-toi! ».

Dans le reste du pays, de nombreuses routes restaient bloquées par d’autres groupes contestataires, selon la presse locale.

« Comment envisager un dialogue s’ils sont en train de tuer les gens? », s’offusquait, sur la route de San Pedro de Lovago (centre), un paysan qui s’est identifié comme Nemesio.

« Le gouvernement doit comprendre qu’il doit replier ses brigades anti-émeutes et ses bandes de sandinistes », a-t-il ajouté, avant de trancher: « Qu’Ortega s’en aille, car il ne peut pas gouverner le Nicaragua ».

A Managua, des commerçants du marché Oriental, le plus grand du pays, ont dû saisir des bâtons, des pierres et des machettes pour défendre leurs commerces de groupes armés, qu’ils ont accusés d’être envoyés par la police.

« Nous n’allons pas permettre plus de violence, ils veulent brûler le marché, saccager les magasins », a dénoncé à la télévision locale une commerçante qui s’est identifiée comme Azucena.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a demandé vendredi aux autorités du Nicaragua de lui donner accès au pays afin d’enquêter sur les morts et les violences commises ces dernières semaines.

Romandie.com avec (©AFP / 12 mai 2018 12h39)                

Manifestations au Nicaragua: plus de 20 morts, selon une ONG

avril 22, 2018

Affrontements entre étudiants et la police antiémeute à Managua, le 21 avril 2018 / © AFP / INTI OCON

Les violentes manifestations contre une réforme des retraites ont fait plus de vingt morts au Nicaragua, a affirmé dimanche l’ONG Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh).

Ces manifestations ont commencé mercredi dans plusieurs villes du pays. Elles rassemblent des opposants à une réforme du gouvernement du président Daniel Ortega visant à augmenter les contributions des employeurs comme des salariés et à réduire de 5% le montant des retraites pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

« Nous estimons que le nombre de morts dépasse vingt, mais nous sommes en train de vérifier car il y a beaucoup de désinformation. La situation est vraiment grave et réduit nos possibilités de confirmer », a déclaré à l’AFP la présidente du Cenidh, Vilma Nuñez.

Sollicités par l’AFP pour confirmer ce chiffre, ni le gouvernement, ni la police n’ont répondu. Le dernier bilan officiel faisait état de dix morts vendredi, tandis que quotidien La Prensa a fait état de plus de 30 morts, mais sans citer de source.

Samedi soir, de nouveaux affrontements entre jeunes manifestants et policiers antiémeutes ont éclaté à Managua après un discours télévisé du président Ortega. Les protestataires ont dressé des barricades dans les rues et lancé des pierres sur les policiers qui ont riposté à l’aide de gaz lacrymogènes.

Un caméraman nicaraguayen, Miguel Ángel Gahona, est décédé samedi dans la ville de Bluefields (est), après avoir été touché par des balles alors qu’il tournait des images d’affrontements entre manifestants et policiers, ont indiqué des sources syndicales.

Selon un communiqué officiel, un policier de 33 ans a été également été tué par un coup de feu dans le secteur de l’Université Polytechnique (UPOLI) à Managua.

Les opposants à la réforme des retraites ont annoncé une nouvelle marche en direction de l’UPOLI, point névralgique de la contestation, où des centaines d’étudiants se sont retranchés.

Il s’agit des manifestations les plus violentes au Nicaragua depuis l’arrivée au pouvoir de Daniel Ortega il y a onze ans.

Le président a lancé samedi un appel au dialogue, mais a affirmé que les manifestations étaient soutenues par des groupes politiques opposés à son gouvernement et financés par des organisation extrémistes des Etats-Unis, sans toutefois les identifier.

Leur but est de « semer la terreur, semer l’insécurité », « détruire l’image du Nicaragua » après « onze ans de paix » afin de « prendre le pouvoir », a-t-il martelé à la télévision nationale.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2018 16h51)                

Nicaragua: une victime d’exorcisme affamée puis brûlée vive

avril 26, 2017

Le pasteur jugé dans ce procès « nous a dit que nous ne devions pas aimer (Vilma Trujillo, la victime, ndlr) car elle était le diable en personne, qu’il fallait la brûler jusqu’à ce qu’il ne reste plus que sa tête », a raconté le cousin de la victime, Roberto Trujillo, devant un tribunal de Managua au deuxième jour du procès.

Le rite a eu lieu entre le 15 et 21 février à El Cortezal, petit village isolé du nord-est du pays.

Des témoins ont raconté que pendant cette période, la femme, mère de deux enfants, a été attachée, privée d’eau et de nourriture avant d’être condamnée au bûcher pour l’exorciser.

Elle est finalement décédée le 28 février dans un hôpital de Managua où elle avait été transportée. Son corps présentait des brûlures du deuxième et troisième degré après avoir été exposé à une température de 400 degrés, a indiqué le médecin légiste, Ricardo Larios.

La petite soeur de la victime, Marlene, a raconté mercredi au procès qu’elle avait vu Vilma, ligotée à un hamac, mais n’avait rien fait. « Ils ne me laissaient pas aller avec elle et le pasteur Juan Rocha a dit qu’il ne fallait pas y faire attention, (car) elle avait un démon » en elle.

Quand le père et le cousin de Vilma sont venus la chercher, dans la petite chapelle où elle avait été torturée et brûlée, « elle ne pouvait pas marcher », a raconté d’une voix faible le cousin, Roberto.

Son père a lui déclaré que le pasteur lui avait interdit de voir sa fille pendant les sept jours qu’a duré l’exorcisme. Il lui a ensuite affirmé qu’elle s’était brûlée elle-même.

Le juge Alfredo Silva a suspendu l’audience jusqu’au 2 mai pour permettre l’audition de nouveaux témoins.

Le ministère public accuse le pasteur Rocha, ainsi que quatre complices dont deux de ses frères, d’enlèvement et assassinat.

La-croix.com avec AFP