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France: Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelles, « quitte définitivement » la vie publique

novembre 24, 2021

L’annonce de l’ancien ministre de l’écologie a lieu la veille de la diffusion d’une enquête d’« Envoyé spécial » le mettant en cause. Il affirme que ces accusations sont « purement mensongères » et qu’il a « la conscience tranquille ».

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, visé par des accusations d’agressions sexuelles, a annoncé mercredi 24 novembre qu’il quittait « définitivement la vie publique ». La décision de l’ancien ministre de l’écologie survient à la veille de la diffusion d’une enquête de l’émission « Envoyé spécial » donnant la parole à des femmes l’accusant d’« agression sexuelle et de viol » remontant jusqu’à 1989.

« Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé M. Hulot sur BFM-TV, devançant la diffusion du documentaire télévisé. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il insisté, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».

« Dans la foulée, pas plus parce que ma conscience ne serait pas tranquille, je quitte définitivement la vie publique tout simplement parce que je suis écœuré, a ajouté l’ancien animateur télé. Je quitte mon engagement et je ne m’exprimerai plus. C’est trop lourd payé »« Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, qui est l’œuvre de ma vie », pour « les protéger des salissures que je vais me prendre dans les jours qui viennent », a-t-il également précisé. « Certains esprits malins vont prendre ça comme un indice de culpabilité. Non, c’est l’expression de mon écœurement », a ajouté M. Hulot, affirmant avoir « la conscience tranquille ».

D’après les questions mercredi du journaliste Bruce Toussaint et Franceinfo, le reportage en question doit être diffusé sur France 2 jeudi. Selon Nicolas Hulot, quatre ou cinq femmes porteraient des accusations contre lui, en plus de la petite-fille de François Mitterrand, dont la plainte pour viol avait déjà émergé il y a quatre ans. Il a affirmé ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices. « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte », a-t-il encore dit. « Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ?a réagi sur Twitter la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno. Ses propos sont intolérables. »

Accusations de quatre ou cinq femmes

Comme il l’avait fait en 2018 lors de la publication d’une enquête controversée du magazine Ebdo, qui a depuis cessé de paraître, relatant une plainte pour viol classée sans suite car prescrite, Nicolas Hulot se défend avant même la révélation des accusations émanant de quatre ou cinq femmes selon ses propos. Juste avant la parution, celui qui était alors ministre de la transition écologique et solidaire avait « pris les devants » en allant démentir, déjà sur BFMTV, tout comportement inapproprié et des rumeurs « ignominieuses ».

Une méthode de défense dénoncée par la Fondation des femmes qui réclame « un peu de décence »« C’est à nouveau une campagne de gestion de crise qui consiste à vouloir parler avant qu’on ait pu entendre ces femmes. Laissons-les parler, qu’il se taise pour qu’on puisse les écouter, a déclaré à l’AFP sa présidente Anne-Cécile Mailfert. Il parle de cauchemar, mais c’est après avoir été violé qu’on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire. »Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnésViolences sexuelles : « Ne pas forcer les témoignages », respecter la parole des victimes, et leur silence

Le parquet de Saint-Malo, tout comme Nicolas Hulot, avait confirmé la plainte pour viol déposée en 2008, mais classée sans suite, les actes dénoncés qui remonteraient à 1997 étant « prescrits ». Pascale Mitterrand, qui n’était pas nommée dans Ebdo, avait alors dit, par l’intermédiaire de ses avocats, n’avoir jamais souhaité médiatiser l’affaire.

« C’est le #metoo politique qui commence »

« C’est le #metoo politique qui commence. Ça bouge. Enfin. Enfin un homme politique est déstabilisé dans sa fonction et ça ne fait que commencer, a réagi auprès du Monde l’ancienne candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau. La chape de plomb était lourde sur le monde politique. Nicolas Hulot en est un des exemples. » Selon elle, « la parole des femmes va se libérer et (…) ça peut être violent ». Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, a également réagi à ce départ dans plusieurs tweets mercredi« Demain, dans “Envoyé spécial”, nous entendrons le témoignage de cinq femmes affirmant avoir été victimes de Nicolas Hulot. Je les crois, a-t-il écrit. Je mesure le courage qu’il a fallu à ces personnes pour briser la loi du silence. »

« Il faut aussi briser la complicité des personnes qui savaient et n’ont rien dit ou n’ont pas permis que les victimes soient entendues. J’invite donc les hommes et femmes politiques qui savent et se taisent à prendre enfin la parole », a-t-il poursuivi, rappelant que, « au vu des mises en cause, nous avions décidé il y a déjà plusieurs années qu’EELV ne pouvait pas inviter Nicolas Hulot — qui n’a jamais été membre de notre mouvement — à nos différents événements ». En déplacement à Saint-Etienne, la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, s’est dite « du côté de l’Etat de droit »« J’ai beaucoup d’amitié pour Nicolas Hulot et je comprends sa décision. Je ne me prononcerai pas sur une affaire sur laquelle je n’ai aucun élément, a-t-elle poursuivi. S’il y a des victimes et que leurs droits sont reconnus, ce sera salutaire pour la justice de notre pays. »

Interrogé à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal n’a pas souhaité « faire de commentaire », étant donné que l’ancien ministre « n’est plus membre du gouvernement ». De son côté, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme s’est refusée à commenter une affaire qui touche à la « question fondamentale » de la libération de la parole des femmes et s’est dite « résolue à poursuivre son action pour l’écologie et la justice sociale ».

Avec Le Monde

France: la démission de Hulot, symbole d’un « gâchis » pour les ONG

août 28, 2018

Paris – Voici des réactions d’ONG et de défenseurs de l’environnement à la démission de Nicolas Hulot, annoncée mardi.

– Florent Compain, président des Amis de la Terre

(sur Twitter)

« Démission de Nicolas Hulot ! Après un été qui nous a donné un avant goût de ce qui nous attend. Nous sommes d’accord sur le constat. Face au plus grand péril jamais connu pour l’homme, le gouvernement d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe est le problème et pas la solution. »

– Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France

(sur Twitter)

« Quel gâchis! Il aura essayé mais n’a jamais pu s’imposer dans un gouvernement pour lequel l’écologie n’est qu’un vernis. Alors que l’été a montré l’ampleur des dérèglements du climat, le gouvernement n’a pas le choix : avec ou sans Hulot, il doit faire de l’écologie une priorité ».

– Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH, ex-Fondation Nicolas Hulot)

« La lutte contre les conséquences du réchauffement climatique – singulièrement pour les plus démunis-, les combats pour un monde plus respectueux de l’autre et du vivant perdent leur seul défenseur au gouvernement. Triste journée. Sincérité de l’homme. Merci Nicolas Hulot d’avoir essayé ».

– Dominique Bourg, vice-président de la FNH et proche de Nicolas Hulot (sur Twitter)

« Enfin Nicolas Hulot a démissionné après des mois d’avancées en trompe l’oeil ! C’était nécessaire, bravo ! »

– Agir pour l’environnement (sur Twitter)

« Avec la démission de Nicolas Hulot de ce gouvernement productiviste, la communication plus verte que verte d’Emmanuel Macron a fait pschitt et le greenwashing de ce gouvernement apparaît désormais au grand jour. »

– Jean Jouzel, climatologue (sur France Inter)

« Je le regrette, mais je le comprends pour avoir rencontré Nicolas Hulot récemment. J’espérais qu’il pourrait rester au gouvernement, mais je comprends très bien qu’il y a très peu de choses qui se font. (…). Ce n’est pas son départ qui va changer les choses malheureusement.

– Corinne Lepage, ex ministre de l’Environnement

(sur Twitter)

« Nicolas Hulot quitte le gouvernement. Bravo et enfin. Il aura fallu la goutte d’eau des chasseurs pour faire déborder un vase plein depuis des mois qui marque la régression que j’avais soulignée à plusieurs reprises de l’environnement en France. »

– Fondation Brigitte Bardot (sur Twitter)

« Démission de Nicolas Hulot : constat d’échec sur toute la ligne, terrible gâchis qui envoie un signal inquiétant sur la politique défendue par le gouvernement aux bottes des lobbies pro chasse, pro agrochimie et contre toute forme d’évolution positive de la condition animale en France ».

– Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), à l’AFP

« Je ne suis pas surpris (par la démission de Nicolas Hulot), pour tout vous dire on s’était entretenu hier. Ce matin on a le sentiment d’être un peu orphelins. Soit le président entend le message de Nicolas Hulot, soit il persiste, et c’est très inquiétant. Rien n’a changé depuis 40 ans et le livre écrit par Robert Poujade (premier ministre de l’environnement en France) qui s’appelait +Le ministère de l’impossible+. La boucle est bouclée… »

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2018 08h23)                                                        

France: partira, partira pas… Cette question récurrente autour de Nicolas Hulot

juillet 3, 2018

Paris – Utile ou pas utile? Rester ou partir? Les avis déferlent sur l’action de Nicolas Hulot au gouvernement, au moment où approche l’échéance estivale que le ministre s’est lui-même fixée.

Cette semaine est importante. Le Premier ministre, Edouard Philippe, présente mercredi un plan biodiversité que son ministre de l’Ecologie souhaite « ambitieux », mais à la portée encore incertaine. Vendredi, Nicolas Hulot marquera le premier anniversaire de son plan climat, que les ONG jugent « loin du compte ».

Depuis sa nomination en mai 2017, la question de sa capacité à agir et à se maintenir n’a cessé de refaire surface, et faisait encore la une de la presse mardi.

« Cet été, on aura avec le président et le Premier ministre un moment de vérité », avait dit l’intéressé mi-mai, affirmant qu’il tirerait « les leçons » si « les conditions » de mise en place des politiques qu’il défend « ne sont pas remplies ».

Depuis, il est apparu particulièrement remonté, défendant vigoureusement son bilan. Lundi soir, il était plutôt rieur lors d’un « Facebook Live » avec le Premier ministre.

« On le sent plus enjoué qu’il n’a pu l’être à certains moments », note l’ex-députée européenne Sandrine Bélier, de l’ONG Humanité et Biodiversité, espérant y voir un signe d’avancée sur les dossiers encore attendus.

– Écolos impatients –

Mais au moment où les ministres vont passer leur grand oral auprès du premier d’entre eux (jeudi matin pour Hulot), d’autres défenseurs de l’environnement retiennent les concessions faites: accord commercial avec le Canada (Ceta), autorisation de raffinerie basée sur l’huile de palme, plans qualité de l’air n’empêchant pas le renvoi devant la justice européenne…

« Il faudrait qu’il parte car il est en train d’attaquer sa propre crédibilité pour la donner à un gouvernement qui a montré son vrai visage: agressif, ultralibéral », dénonçait dans Libération Claire Nouvian, de l’ONG Bloom.

La loi agriculture et alimentation, « c’est (le ministre de l’Agriculture) Stéphane Travert qui l’a gérée », dit à l’AFP Laurent Pinatel, de la Confédération paysanne, pour qui « on a une loi qui a occupé tous les acteurs agricoles pendant un an et qui ne va pas changer grand-chose au final ».

Mais « ce serait bien pire s’il n’était pas là », le défend Audrey Pulvar. « Je me pose toujours la question de savoir qui serait là s’il n’était pas là », a dit à l’AFP la présidente de la Fondation pour la nature et l’homme, l’ex-Fondation Hulot.

Parmi ses victoires, l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’inscription annoncée de l’environnement dans la Constitution, la concrétisation de six parcs éoliens en mer…

« Sans lui, nous n’aurions pas obtenu ce qu’on a obtenu », estime aussi Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, qui cite aussi les appels d’offres dans le solaire, les mesures pour l’éolien et la méthanisation. Mais « il faudra deux ou trois ans pour donner un jugement définitif, notamment » après la feuille de route énergétique de la France attendue prochainement.

– Soutien gouvernemental –

Hulot pointe aussi son rôle dans la décision d’interdire le glyphosate d’ici 2021, même s’il a échoué à la faire graver dans la loi. « Vous ne voyez que ce qu’il n’y a pas! », reproche-t-il aux journalistes. « Si on veut être objectif et ne pas décourager tout le monde, il faut aussi voir ce qu’il y a! »

Le gouvernement, lui, ménage son ministre. « Nicolas Hulot a toute sa place au gouvernement », a insisté mardi son porte-parole, Benjamin Griveaux, sur BFMTV.

« Son départ serait dommageable » pour le sommet de l’Etat, estime Jérôme Sainte-Marie, de PollingVox, à propos de ce ministre populaire qui permet à Emmanuel Macron d’adoucir son « image techno et d’homme des entreprises » et « de drainer de nouvelles catégories, moins urbaines, moins jeunes ».

« Et avant les européennes, (perdre Nicolas Hulot) redonnerait un peu d’allant à la gauche, » ajoute le spécialiste de l’opinion.

Mardi, le groupe des députés LREM lui a exprimé son soutien et 111 d’entre eux, son proche Matthieu Orphelin en tête, ont signé une tribune « L’écologie avance! »

Quant à la pétition pour « libérer » Hulot, lancée par des humoristes de France Inter, elle recueillait mardi 5.000 signataires.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2018 15h24)