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Venezuela: 16.900 militaires pour leur « loyauté » à Maduro

juillet 2, 2018

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez (D), lors d’une cérémonie à Caracas, le 15 mai 2018 / © AFP/Archives / Luis ROBAYO

Le gouvernement vénézuélien a promu lundi 16.900 militaires en reconnaissance pour leur « loyauté » au président socialiste Nicolas Maduro, qui a dénoncé plusieurs complots contre lui au sein de l’armée, son traditionnel soutien.

« Nous avons évalué la loyauté que chaque homme et chaque femme a mise dans ses mains, ses pensées, sa façon d’agir, dans chaque tâche réalisée à son grade », a déclaré le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, lors d’une cérémonie.

Le président Maduro a multiplié ces derniers mois les appels à l’armée à « serrer les rangs contre la trahison », dénonçant des plans pour diviser les militaires et provoquer sa chute alors que le pays pétrolier est plongé dans une grave crise politique et économique.

Le 24 mai dernier, quatre jours après sa réélection, contestée par une grande partie de la communauté internationale, le chef d’État avait annoncé l’arrestation d’un groupe de militaires accusés de conspirer contre le scrutin.

Selon Alfonso Medina, l’un des avocats de la défense dans cette affaire, huit militaires – dont deux généraux – et un civil ont été inculpés par un tribunal militaire pour trahison envers la patrie, appel à la rébellion et mutinerie.

L’ONG Foro Penal, qui défend des opposants accusés de délits politiques, a annoncé également le 20 juin que cinq militaires et trois civils avaient été condamnés à des peine de trois à six ans de prison, pour avoir participé à un complot putschiste dénoncé par le président Maduro en 2015.

Le général Padrino a précisé qu’au moment de choisir les militaires méritant d’être promus, il a été tenu compte de leur « rôle » dans la « stabilité institutionnelle du pays et la préservation de la démocratie et de la paix » lors de la vague de manifestations exigeant le départ du chef de l’État, qui ont fait 125 morts en 2017.

Autre critère des promotions attribuées: le « respect des droits de l’homme », a assuré le ministre de la Défense, alors que la violence de la répression a été dénoncée par plusieurs organismes internationaux.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h08)

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Maduro réplique à Trump et expulse ses représentants au Venuzuela

mai 22, 2018

El presidente de Venezuela, Nicolás Maduro, fue proclamado este martes oficialmente reelecto para gobernar hasta 2025 / © AFP / Federico PARRA

De nouvelles représailles de Washington étaient attendues après la décision du président vénézuélien Nicolas Maduro, réélu dimanche lors d’un scrutin très critiqué par la communauté internationale, d’expulser ses deux plus hauts représentants diplomatiques à Caracas, en réplique aux nouvelles sanctions des Etats-Unis.

« J’ai déclaré persona non grata le chargé d’affaires des Etats-Unis (Todd Robinson, ndlr) et j’annonce son départ dans les 48 heures », a déclaré le président socialiste, accusant M. Robinson de fomenter un complot militaire, économique et politique contre lui.

Nicolas Maduro a également ordonné l’expulsion du numéro deux de la mission diplomatique (les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010), Brian Naranjo, qu’il a accusé d’être le représentant local de la CIA.

Il réplique ainsi au décret signé lundi par son homologue américain Donald Trump, visant à réduire la capacité du Venezuela à vendre ses actifs.

Washington pourrait d’ailleurs ne pas en rester là, un responsable du département d’Etat ayant dit mardi que les Etats-Unis pourraient prendre des « mesures réciproques appropriées » une fois reçue la « notification de la part du gouvernement vénézuélien à travers les canaux diplomatiques » de l’expulsion de leurs deux diplomates.

Ces nouvelles sanctions américaines s’inscrivent dans le concert de critiques internationales après la victoire de M. Maduro, 55 ans, avec 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire, Henri Falcon, 56 ans, dans le contexte d’une abstention record de 54% et d’un boycott par l’opposition qui dénonçait une « supercherie ».

– « Irrégularités » selon l’UE –

Les résultats annoncés, qualifiés de « farce » par les Américains, ont été aussi rejetés par le Groupe de Lima, une alliance de 14 pays d’Amérique et des Caraïbes qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique. Ils ont rappelé dès lundi leurs ambassadeurs au Venezuela.

Mardi, Bruxelles a également haussé le ton: « L’Union européenne envisage des sanctions », a fait savoir la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, dénonçant de « nombreuses irrégularités signalées le jour du scrutin, y compris l’achat de votes ».

Face à ces critiques, Caracas reste inflexible et crie au complot.

« Nous n’avons jamais vu une attaque internationale aussi impitoyable que celle menée contre ce processus » électoral, a dénoncé mardi la présidente du Conseil national électoral (CNE), la chaviste Tibisay Lucena, à l’occasion de la cérémonie de proclamation officielle de l’élection de M. Maduro.

Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui fustigé « le lynchage politique et financier » du Venezuela par les Etats-Unis, où gouverne un « régime suprématiste, raciste et interventionniste (…) inspiré par les postulats néfastes du Ku Klux Klan ».

– Militaires arrêtés –

Mardi, la justice militaire vénézuélienne a emprisonné mardi onze officiers des forces armées vénézuéliennes, accusés d’avoir comploté des actions déstabilisatrices contre le président Maduro.

Ils ont été accusés de « mutinerie, d’incitation à la mutinerie, de crimes contre la discipline militaire et de trahison de la patrie », a déclaré à l’AFP l’avocate de l’ONG de défense des droits de l’homme Foro Penal, Maria Torres.

Selon l’ONG Justicia Venezolana, 92 militaires ont été arrêtés depuis 2003 pour conspiration, dont 34 en 2018.

Par ailleurs, une « procédure de sanction administrative » a été prise mardi à l’encontre du site web du prestigieux quotidien vénézuélien El Nacional, son directeur évoquant des « représailles politiques ».

La Commission nationale des télécommunications (Conatel) a ordonné au site web de « s’abstenir de publier des nouvelles et des messages qui pourraient menacer la tranquillité d’esprit des citoyens ».

Le Syndicat national des travailleurs de la presse dénonce l’escalade des « attaques » du gouvernement contre les médias, dans une « politique systématique d’accaparement et d’étouffement des espaces de liberté d’expression, de critique et de dissidence ».

Selon l’ONG Espacio Público, 51 médias ont cessé d’opérer au Venezuela l’année dernière –46 stations de radio, trois stations de télévision et deux journaux– en raison de sanctions, de problèmes économiques et du manque de fournitures comme le papier journal, monopole de l’État

– Débâcle économique –

Au plan économique, le Venezuela est dans la débâche: autrefois le pays le plus riche d’Amérique latine grâce à ses immenses réserves pétrolières, il n’est plus que l’ombre de lui-même, se débattant entre hyperinflation et graves pénuries d’aliments et de médicaments.

La crise a déjà fait fuir à l’étranger des centaines de milliers de Vénézuéliens, mais M. Maduro assure que la faute en revient à la « guerre économique de la droite », soutenue par Washington. Il promet une « révolution économique » porteuse de prospérité pendant son second mandat.

« Ce qui se profile à l’horizon, c’est un plus grand isolement diplomatique et commercial et plus de difficultés pour accéder au crédit et au financement », estime l’analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS Markit.

Les Etats-Unis agitent déjà la menace d’un embargo pétrolier, dont les conséquences seraient redoutables pour le Venezuela, qui leur vend un tiers de son brut et est classé en défaut de paiement partiel par les agences de notation.

« Le Venezuela commence déjà à subir un boycott économique de la part des Etats-Unis et de leurs alliés et cela va être fatal au maintien du régime », assure à l’AFP l’expert en relations internationales Carlos Romero.

Mardi soir, une des principales compagnies aériennes du pays, Aserca, a annoncé la cessation de ses activités, trois semaines après celle de la compagnie Santa Barbara, et suivant une longue liste de compagnies internationales qui ont cessé d’opérer au Venezuela.

Romandie.com avec (©AFP / 23 mai 2018 04h36)                

Les 14 pays du groupe de Lima rappellent leurs ambassadeurs

mai 21, 2018

Brasilia – Les 14 pays du Groupe de Lima ont annoncé lundi le rappel de leurs ambassadeurs du Venezuela où Nicolas Maduro a été réélu dimanche président, lors d’un scrutin dont « ils ne reconnaissent pas la légitimité ».

Le regroupement de pays — qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie et le Mexique — a annoncé dans un communiqué « l’abaissement du niveau de leurs relations diplomatiques avec le Venezuela (…) pour protester » contre ce scrutin « non conforme aux normes internationales d’un processus électoral (…) transparent et démocratique ».

Critiqué par la communauté internationale et considéré comme une « supercherie » par l’opposition, le scrutin de dimanche a permis au président Maduro, 55 ans, de se faire réélire jusqu’en 2025 avec 68% des voix.

Le Groupe de Lima a « réitéré son inquiétude face à l’approfondissent de la crise politique, économique, sociale et humanitaire qui a détérioré la vie au Venezuela et se reflète dans la migration en masse de Vénézuéliens vers nos pays ».

Les pays signataires ont prévu de convoquer dès la première quinzaine de juin une réunion au Pérou avec des autorités responsables de la migration « pour échanger les expériences et apporter une réponse » à ce problème.

Ils doivent également « coordonner des actions pour que les organismes financiers internationaux et régionaux n’octroient plus de prêts au gouvernement du Venezuela », considérant qu’il est « inconstitutionnel » que le pays « s’endette sans l’aval de son Assemblée nationale », à moins que les prêts ne servent à financer l’aide humanitaire.

Touché par l’effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d’un manque de devises qui l’a plongé dans une crise aiguë.

En cinq ans le PIB a fondu de 45% selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13.800%.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2018 13h15)                                                        

Venezuela: élection présidentielle le 20 mai

mars 1, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro présente son bulletin d’inscription à Caracas, le 27 février 2018 / © AFP / Carlos Becerra

Initialement avancée au 22 avril, l’élection présidentielle au Venezuela aura lieu le 20 mai, le chef de l’Etat sortant Nicolas Maduro briguant un second mandat de six ans, a annoncé la Commission électorale nationale (CNE).

La nouvelle date est le résultat d’un accord avec un adversaire de Nicolas Maduro visant à rassurer la communauté internationale.

« Je suis très heureux des accords qui ont été signés avec l’opposition parce que je veux aller vers un processus de réconciliation (…) Allons aux élections, j’ai dans mon coeur la certitude que nous allons gagner », a dit Nicolas Maduro dans un message sur Facebook.

Pressenti depuis plusieurs jours, après la révélation par le dissident chaviste Henri Falcon de négociations secrètes avec le gouvernement, l’accord inclut plusieurs garanties sur le scrutin.

« Nous proposons que soient organisées de façon simultanée les élections présidentielle » et des conseils législatifs régionaux, selon l’accord négocié, validé par le Conseil national électoral (CNE).

Le scrutin présidentiel, traditionnellement organisé en décembre, avait été avancé à avril par les autorités électorales. Une décision critiquée par une partie de la communauté internationale et la principale coalition d’opposition qui a choisi de boycotter l’élection.

– Apparence de légitimité –

Face au président Maduro, qui brigue un nouveau mandat pour rester au pouvoir jusqu’en 2025, se présentent Henri Falcon, militaire en retraite de 56 ans, et quatre candidats quasi-inconnus du grand public.

Sur Twitter, la coalition de l’opposition, la Table de l’unité démocratique (MUD), a rappelé que « l’opposition n’a signé aucun accord avec la CNE », faisant allusion à la candidature d’Henri Falcon qui contrarie sa décision de boycotter les élections.

La MUD avait refusé de présenter un candidat, arguant que le camp présidentiel ne lui avait pas apporté toutes les garanties nécessaires à l’organisation du scrutin.

La MUD réclamait notamment la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « second semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré », le vote des Vénézuéliens de l’étranger et un égal accès aux médias.

L’accord dévoilé jeudi inclut justement une requête auprès de l’ONU d’une mission d’observation électorale, la réalisation d’audits du vote, l’allongement du délai d’inscription sur les listes électorales pour les Vénézuéliens émigrés et l' »équité dans l’accès aux médias publics et privés, ainsi qu’aux réseaux sociaux » pendant la campagne.

« Cet accord confirme qu’au Venezuela on élit nos dirigeants et représentants avec les plus larges garanties constitutionnelles et démocratiques », a assuré Tibisay Lucena, présidente du CNE, institution accusée par l’opposition de soutenir le président Maduro.

Pour la politologue Francine Jacome, les autorités « cherchent à donner une apparence de légitimité à ce vote, surtout face à la communauté internationale ».

Plusieurs gouvernements d’Amérique latine, les Etats-Unis et l’Union européenne avaient questionné ces dernières semaines l’élection anticipée du 22 avril, dénonçant un manque de transparence et menaçant de ne pas reconnaître les résultats.

Pour Mme Jacome, « l’accord (noué avec M. Falcon) complique encore plus la stratégie (de boycott) de l’opposition », qui pourrait en outre perdre la majorité au Parlement, seule institution qu’elle contrôle, lors des législatives anticipées attendues cette année.

Mais si des gages ont été accordés, le CNE a aussi confirmé la fin jeudi du délai d’enregistrement des candidats, qui devraient donc se limiter aux six déjà inscrits.

« Il s’agit de garantir une élection sur mesure pour Maduro, à la carte. Cela reste un scrutin sans l’opposition qui lui fait concurrence, cela ne change pas », prévient le politologue Luis Salamanca.

Au final, « c’est un montage pour que cela ressemble à une élection démocratique ».

– Candidat sur-mesure –

Jeudi matin, la MUD, affaiblie par ses divisions internes et sa perte de crédibilité populaire, avait appelé Henri Falcon à retirer sa candidature, l’accusant de jouer « le jeu » de Maduro dans ses « velléités totalitaires ».

Car le candidat, accusé de traîtrise tant par le gouvernement que par l’opposition, sème le flou: militant socialiste pendant dix ans, il a claqué la porte du chavisme en 2010 en critiquant la révolution menée par Chavez. Puis il a viré de bord en devenant chef de campagne d’Henrique Capriles, défait de justesse face à Maduro à l’élection de 2013.

Pour l’instant, l’Institut vénézuélien d’analyses de données (privé) le crédite de 24% d’intentions de vote, contre 18% pour Maduro. Il se dit persuadé de remporter ce scrutin, en s’appuyant sur la forte impopularité du chef de l’Etat, jugé coupable du naufrage économique du pays pétrolier.

Mais les analystes estiment que ses chances réelles de succès sont infimes, faute de soutien de la MUD et face à l’hégémonie institutionnelle du gouvernement socialiste.

L’accord, selon Mme Jacome, « prouve que (les autorités) ont fabriqué un candidat d’opposition sur-mesure ».

Car les garanties négociées « sont des éléments cosmétiques », tranche Félix Seijas, directeur de la société de sondages Delphos.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mars 2018 01h32)                

Au Venezuela, Nicolas Maduro sans opposition à la présidentielle

février 21, 2018

Angel Oropeza, le coordinateur du principal parti de l’opposition vénézuélienne, la MUD, lors d’une conférence de presse, le 21 février 2018 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

L’opposition vénézuélienne a exclu de participer au scrutin présidentiel du 22 avril en dénonçant un « simulacre d’élection », laissant la voie libre à une réélection du chef de l’Etat socialiste Nicolas Maduro, à la tête d’un pays au bord de l’implosion.

« Ne comptez pas sur l’Unité démocratique ni sur le peuple pour valider ce qui, jusqu’à présent, n’est qu’un simulacre frauduleux et illégitime d’élection présidentielle », a annoncé dans un communiqué la MUD, la principale coalition opposition.

Le scrutin du 22 avril « n’est qu’un show du gouvernement pour simuler une légitimité dont il ne dispose pas, tandis que les Vénézuéliens souffrent et agonisent », a ajouté Angel Oropeza, le coordinateur de la MUD au cours d’une conférence de presse.

Parmi les principales exigences des adversaires du gouvernement figurent la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « deuxième semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré « , le vote des Vénézuéliens de l’extérieur et un égal accès aux médias, selon le texte.

La MUD laisse la porte ouverte à une participation si ces conditions venaient à être acceptées par le camp présidentiel.

Nicolas Maduro, élu en 2013, fait face à un taux d’impopularité de 75%, en raison notamment de l’effondrement économique du Venezuela, un pays pétrolier frappé par de graves pénuries de médicaments et d’aliments.

Mais en avançant la date de l’élection présidentielle, qui s’était tenue jusqu’ici en fin d’année, le chef de l’Etat a réussi à déstabiliser l’opposition, déjà affaiblie et divisée. Désormais sans adversaire de poids, il semble assuré de décrocher un second mandat, jusqu’en 2025, selon les analystes.

Sous son air bonhomme et son imposante moustache brune, cet ancien chauffeur d’autobus de 55 ans, moqué et critiqué à ses débuts, tient fermement depuis 2013 les rênes de ce qui fut un riche pays pétrolier.

– ‘Coup de grâce’ –

L’héritier politique du défunt Hugo Chavez a réaffirmé mercredi qu’il cherchera la réélection avec ou sans opposition. Pour l’heure, il n’a face à lui que deux « petits » candidats déclarés: le pasteur évangélique Javier Bertucci et l’opposant Claudio Fermin, qui ne fait pas partie de la MUD.

« Maduro se trouve sans doute au moment où il est le plus faible, mais il puise sa force dans l’affaiblissement, les erreurs et le manque de cohésion et de cohérence de l’opposition. C’est ce qui lui donne de l’oxygène », déclare à l’AFP Félix Seijas, directeur de l’institut de sondage Delphos.

La décision de la coalition d’opposition de boycotter l’élection présidentielle intervient après deux semaines de débats et de consultations entre la vingtaine de partis qui la composent.

Une partie de la communauté internationale, notamment l’Union européenne et la Colombie, a prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de cette élection, que Washington juge « ni libre, ni juste ».

Mais l’unité qui avait fait la force de la MUD aux législatives de fin 2015, lui permettant de remporter une victoire historique qui avait mis fin à une hégémonie chaviste de près de vingt ans, n’est plus.

Certaines figures de l’opposition, comme l’ex-président du Parlement Henry Ramos Allup, ne cachent pas leurs ambitions présidentielles, tandis qu’un dissident du chavisme, Henri Falcon, semble décidé à participer au scrutin. Aucun des deux n’était présent mercredi à la conférence de presse.

« Si la MUD n’a pas de plan, si dans les deux prochains mois elle échoue à mobiliser la société civile, je pense qu’elle va disparaître », tranche M. Seijas.

Le camp présidentiel pourrait porter le « coup de grâce » à l’opposition, selon l’expression de Félix Seijas. Le chef de l’Etat a en effet appelé mercredi à avancer les législatives de 2020 au 22 avril prochain, alors que le Parlement est le seul organe de pouvoir contrôlé par l’opposition dans ce pays en crise.

Ce nouveau bouleversement du calendrier électoral devrait être proposé prochainement à l’Assemblée constituante, institution dotée de pouvoirs élargis et uniquement composée de fidèles du président.

Depuis l’arrivée de l’opposition aux manettes de l’Assemblée nationale, en janvier 2016, les chocs avec les autres pouvoirs – de l’exécutif au judiciaire en passant par l’autorité électorale – ce sont multipliés, accentuant la crise politico-économique dans ce pays au bord du gouffre. Une vague de manifestations quasi-quotidiennes entre avril et juillet s’est soldée par plus de 125 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2018 22h31)                

Venezuela: l’opposition déboussolée après son exclusion de la présidentielle

janvier 26, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores (d), lors d’un rassemblement, le 23 janvier 2018 à Caracas / © AFP/Archives / JUAN BARRETO

Déjà divisée et affaiblie, l’opposition vénézuélienne se voit contrainte de se réorganiser après la décision de justice l’écartant de la course à la présidentielle, prévue d’ici fin avril, ouvrant la voie à la réélection de Nicolas Maduro.

Avec cette décision surprise, tombée dans la nuit de jeudi à vendredi, la Cour suprême de justice ordonne à l’autorité électorale d' »exclure la +Table de l’Unité démocratique+ (MUD) » du scrutin. La coalition de la MUD rassemble une trentaine de partis allant de la droite dure au centre.

La plus haute autorité judiciaire, accusée de servir le président socialiste, autorise en outre le Conseil national électoral (CNE) à repousser de six mois, soit après l’élection, l’inscription des principaux partis d’opposition. Ce processus était initialement prévu samedi et dimanche.

Parmi les formations écartées figurent D’abord la justice de l’ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles, Volonté populaire de la figure de l’opposition Leopoldo Lopez et Action Démocratique de l’ancien président du Parlement Henry Ramos Allup.

Capriles et Lopez ont été privés de leurs droits civiques et le second est également assigné à résidence, accusé d’avoir encouragé des manifestations antigouvernementales en 2014 qui ont fait 43 morts.

Impopulaire, à la tête d’un pays ruiné et cerné par les sanctions internationales, Nicolas Maduro avait déjà pris de court mardi l’opposition en avançant la date du scrutin, prévu fin 2018, et en se disant prêt à y participer.

« On va gagner l’élection présidentielle et on va le faire haut la main! », s’est félicité mercredi le chef de l’Etat lors d’un discours, fixant un objectif de 10 millions de voix. Le Venezuela compte quelque 19 millions d’inscrits sur les listes électorales.

– ‘Atteinte à l’équité’ –

« Le TSJ annule le ticket d’entrée de la MUD, la plus populaire de l’histoire du pays », a souligné auprès de l’AFP l’analyste politique Eugenio Martinez. Il faisait référence à la victoire de la coalition d’opposition aux élections législatives de fin 2015, qui avait déclenché une crise politique dans ce pays où toutes les institutions étaient jusqu’alors aux mains des chavistes, du nom de l’ex-président socialiste Hugo Chavez (1999-2013).

La France a condamné vendredi le sort réservé au camp antigouvernemental.

« En décidant d’exclure (..) la coalition d’opposition « Mesa de Unidad Democratica » (MUD), les autorités vénézuéliennes ont une nouvelle fois porté atteinte à l’équité de ces élections, après avoir modifié le calendrier électoral sans concertation avec l’opposition », a déploré le ministère français des Affaires étrangères.

La crise politique au Venezuela s’est doublée d’une grave crise économique, déclenchant des manifestations violentes contre le président Maduro qui ont fait 125 morts d’avril à juillet 2017. A la pénurie de médicaments et d’aliments, s’ajoute une inflation totalement hors de contrôle, attendue à 13.000% en 2018, selon les dernières prévisions du FMI, publiées jeudi.

Le 18 janvier, les 28 pays de l’UE ont donné leur feu vert à de nouvelles sanctions en réponse à la répression de l’opposition au Venezuela, les premières visant des responsables du régime de Nicola Maduro, dont le numéro deux du pouvoir et le ministre de l’Intérieur.

Qualifiant Maduro de « dictateur », les Etats-Unis, suivis par le Canada, ont gelé ses avoirs et interdit à leurs banques et à leurs citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien.

En Amérique latine, le Venezuela, autrefois soutenu par les gouvernements de gauche, tels que l’Argentine, le Brésil et le Pérou, apparaît bien seul après le virage régional à droite.

Cependant, malgré la levée de boucliers internationale et des voyants économiques au rouge vif, Maduro, 55 ans, tient bon, en partie grâce au soutien de puissants alliés, la Russie et la Chine, et à sa manne pétrolière.

Divisée et sans leader, l’opposition vénézuélienne se trouve désormais dos au mur avec la décision de la Cour suprême. La MUD, qui n’avait pas encore réagi vendredi, va devoir se réorganiser et de choisir sa stratégie, dans les urnes ou dans la rue.

« Le contrôle institutionnel de Maduro et son habilité à façonner le résultat des élections font des mouvements sociaux le principal catalyseur d’un éventuel changement de régime », souligne le cabinet d’analyse Eurasia group.

Romandie.com avec(©AFP / 26 janvier 2018 17h27)                

La Colombie prédit la chute imminente du Venezuela et réclame un plan « pour le jour d’après »

janvier 24, 2018

Davos (Suisse) – Le ministre des Finances colombien Mauricio Cardenas a prédit mercredi l’effondrement imminent de l’administration Maduro au Venezuela et réclamé un plan économique d’urgence pour « le jour d’après » avec la participation des institutions multilatérales.

« L’idée est de préparer un plan économique pour le Venezuela pour le jour d’après. Nous ne savons pas quand il va arriver mais cela devrait être prochainement au vu de la gravité de la crise », a déclaré à l’AFP M. Cardenas, venu participer au Forum économique mondial dans la très chic station de ski de Davos, en Suisse.

Le ministre plaide pour un plan incluant des institutions multilatérales, telles le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque de développement d’Amérique Latine (CAF).

« Nous devons être rapidement en mesure de recommencer à approvisionner le Venezuela en produits pharmaceutiques, à livrer des fournitures et des matières premières aux entreprises vénézuéliennes et cela ne peut pas s’improviser », a-t-il souligné.

Plus d’un demi-million de Vénézuéliens se sont réfugiés en Colombie, la plupart poussés par la crise qui secoue leur pays, ont annoncé vendredi dernier les autorités colombiennes, un chiffre en hausse de 62% sur les six derniers mois

« Tout cela se fait avec un grand sentiment de solidarité mais si la situation s’aggrave, cela va nous poser de grandes difficultés pratiques et budgétaires », a mis en garde le ministre colombien.

Depuis l’élection en 2013 du président vénézuélien, Nicolas Maduro, ce pays pétrolier est plongé dans une profonde crise politique et économique, avec une envolée de l’inflation et des pénuries de produits alimentaires et de médicaments.

L’Assemblée constituante vénézuélienne, acquise au président Maduro, a convoqué mardi une élection présidentielle anticipée, d’ici le 30 avril, à laquelle le chef de l’Etat socialiste entend bien se représenter afin de profiter d’une dynamique électorale favorable et des divisions de l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2018 11h37)                                            

Municipales au Venezuela: Madura dégage la voie avant la présidentielle

décembre 10, 2017

Photo de la présidence vénézuélienne montrant le président Nicolas Maduro votant lors d’un scrutin municipal à Caracas, le 10 décembre 2017 / © Venezuelan Presidency/AFP / HO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé dimanche que les principaux partis d’opposition seraient exclus de l’élection présidentielle de 2018, en raison de leur boycott du scrutin municipal organisé ce jour.

« Tout parti qui n’a pas participé aujourd’hui et qui a appelé au boycott des élections ne peut plus participer », a déclaré le dirigeant socialiste lors d’une conférence de presse, affirmant qu’il s’agissait là d’un « critère de l’Assemblée nationale constituante », intégralement composée de partisans du chef de l’Etat.

Le président s’exprimait à l’issue d’une journée électorale marquée par une participation apparemment faible, avec de nombreux bureaux de vote quasi-déserts, alors que la victoire de son camp semble presque assurée en l’absence des trois principaux partis d’opposition, ceux de Henrique Capriles, Leopoldo Lopez et Henry Ramos Allup.

Le vote, qui devait se terminer à 16H00 locales (20H00 GMT), n’était toujours pas clos vers 23H00 GMT, ce qui pourrait retarder les résultats, initialement attendus entre 02H00 et 04h00 GMT lundi.

« Nous devons nous préparer dès maintenant pour l’élection présidentielle », a déclaré le chef de l’Etat. Ce scrutin est programmé pour décembre 2018 mais sera sans doute avancé au premier trimestre selon nombre d’analystes.

Le vice-président Tareck El Aissami a déjà annoncé que M. Maduro, élu en 2013, briguerait un second mandat l’an prochain, malgré sa faible popularité, dans un contexte de grave crise économique et de réprobation de sa gestion de la crise politique par la communauté internationale.

Ces élections municipales lui servent de dernier test grandeur nature avant le rendez-vous de 2018.

« Le message est très clair, c’est par la voie du vote que nous voulons des solutions pour le pays », géant pétrolier ruiné notamment par la chute des cours du brut, a lancé M. Maduro.

La participation était faible dans la capitale Caracas et d’autres villes comme San Cristobal, frontalière avec la Colombie, ont observé des journalistes de l’AFP. Les élections municipales sont généralement peu populaires, et en 2013 seuls 42% des électeurs s’étaient déplacés.

Le politologue Luis Salamanca entrevoit ainsi une « victoire quasi-certaine du gouvernement, accompagnée d’une forte abstention ».

« Pour la participation, nous sommes en bonne voie », a cependant assuré le ministre de la Communication Jorge Rodriguez, également directeur de campagne du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) au pouvoir.

– L’opposition a déçu –

Près de 20 millions de Vénézuéliens étaient appelés aux urnes pour élire les maires de 335 villes pour quatre ans. Actuellement le PSUV en gouverne 242 et l’opposition 76 seulement, le reste étant aux mains d’indépendants.

Après la colère au printemps, avec trois mois de manifestations exigeant le départ du président Maduro et qui ont fait 125 morts, l’heure semble être au découragement dans le pays, face à une crise économique qui provoque de graves pénuries d’aliments et de médicaments, ainsi qu’une inflation galopante, attendue à plus de 2.300% en 2018 par le FMI.

Victor Torres, chauffeur à Macaraibo (nord-est), soupire: « je suis allé acheter l’autre jour une banane: elle coûtait le matin 1.900 bolivars, et 3.000 l’après-midi. On ne peut vivre ainsi. Les politiques me déçoivent ».

Car c’est aussi l’opposition qui a déçu: deux ans après sa victoire historique aux élections législatives, où elle avait remporté pour la première fois depuis 1999 la majorité au Parlement, elle se déchire entre partisans du dialogue et adeptes d’une ligne plus dure.

Et si les trois principaux partis de la Table de l’unité démocratique (MUD) ont renoncé à présenter des candidats aux municipales, certaines formations y participent de façon indépendante.

La coalition peine à se remettre de sa gifle électorale aux régionales d’octobre, largement remportées par le camp présidentiel malgré les nombreuses accusations de fraudes.

Les opinions négatives à son égard ont grimpé de 46,1 à 65,7%, selon un sondage Venebarometro réalisé entre octobre et novembre, pendant que la popularité du président Maduro remontait de 24,4 à 31,1%.

La MUD se rend compte aussi qu’aucune stratégie – confrontation dans la rue ou négociation – ne semble ébranler le chavisme (du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013), qui garde la mainmise sur la quasi-totalité des institutions.

Emblème de cette hégémonie: l’Assemblée constituante, aux pouvoirs très étendus, a confisqué ceux du Parlement, unique instance contrôlée par l’opposition.

Les maires élus dimanche devront d’ailleurs, pour pouvoir exercer leur mandat, prêter allégeance devant cette institution rejetée par une grande partie de la communauté internationale.

Romandie.com avec(©AFP / 11 décembre 2017 01h09)                

Nouvelles sanctions américaines contre le Venezuela déjà très fragile

novembre 9, 2017

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 17 octobre 2017 à Caracas / © AFP/Archives / FEDERICO PARRA

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi une nouvelle vague de sanctions contre le Venezuela visant cette fois 10 responsables soupçonnés notamment d’avoir sapé le processus électoral au moment où le pays est sous la menace d’un défaut de paiement.

« Les Etats-Unis ne vont pas rester sans réagir alors que le régime (du président Nicolas) Maduro continue de détruire l’ordre démocratique et la prospérité au Venezuela », a justifié le ministre américain du Trésor Steven Mnuchin à l’annonce de ces mesures.

Cette décision fait suite aux élections régionales du 15 octobre « marquées par de nombreuses irrégularités qui suggèrent fortement une fraude » électorale, qui a permis au parti de Nicolas Maduro de remporter ces échéances politiques, selon un communiqué du Trésor.

Washington assure qu’il poursuivra ses « efforts importants pour sanctionner les responsables du gouvernement vénézuélien qui sont complices des tentatives de Maduro de miner la démocratie, les droits de l’homme, d’inhiber la liberté d’expression ».

Parmi les Vénézuéliens visés figurent notamment Sandra Oblitas Ruzza, vice-présidente et un des responsables du conseil national électoral, Julian Isaias Rodriguez Diaz, ambassadeur vénézuélien en Italie ainsi qu’Ernesto Emilio Villegas Poljak, ministre de la Culture et ancien ministre de l’Information ou Jorge Elieser Marquez Monsalve, ministre du bureau de la présidence.

Washington les juge aussi responsables d’avoir censuré des médias ou de corruption dans les programmes alimentaires.

En conséquence des sanctions décidés jeudi, « tous les biens de ces personnes sont gelés et les citoyens américains ne sont pas autorisés à commercer avec eux ».

Ces sanctions s’ajoutent à celles décidées les 31 juillet et surtout le 24 août qui avaient pour objectif de couper les financements accordés au Venezuela en bloquant l’accès aux devises étrangères.

Washington avait alors jugé « inacceptable » le régime du président Nicolas Maduro qu’il avait qualifié de « dictateur ».

Les sanctions décidées jeudi interviennent alors que le Venezuela est dans une situation économique catastrophique. Le pays a de plus en plus de mal à s’acquitter de ses dettes. Et il est, depuis plusieurs jours, sous la menace réelle d’un défaut de paiement.

– Aide de la Russie ? –

Le Venezuela est riche en ressources pétrolières mais pauvre en liquidités. Ses réserves de devises sont de moins de 10 milliards de dollars (9,7 milliards) alors que sa dette extérieure s’élève à quelque 110 milliards, selon Capital Economics et à plus de 150 milliards, selon d’autres estimations.

Sous l’effet des précédentes sanctions américaines, le Venezuela, déchiré par une crise politique et qui a subi les chutes des cours du pétrole, n’est plus en mesure d’emprunter ou de vendre des obligations au sein du système financier américain. Il lui est ainsi quasiment impossible de sécuriser des financements.

Citgo, compagnie pétrolière vénézuélienne basée aux Etats-Unis, où elle a des activités de raffinage et dispose de stations-service, ne peut plus en outre rapatrier des dividendes ou des bénéfices à Caracas.

En d’autres termes, toutes les sources de financement potentielles ont été coupées à l’exception de celles émanant de la Russie et de la Chine, les deux plus gros créanciers du Venezuela.

Vendredi, l’association internationale des produits dérivés (ISDA) va se réunir à New York pour examiner la situation de l’entreprise pétrolière d’Etat vénézuélienne PDVSA, notamment les conséquences du non paiement le 2 novembre d’échéances sur sa dette.

Si l’ISDA l’autorise, les créanciers de l’entreprise pourront notamment faire jouer leurs CDS (credit default swaps) des produits dérivés qui les assurent contre un défault de paiement.

Le gouvernement de Maduro a de son côté convoqué une réunion de ses créanciers pour lundi en vue de restructurer sa dette, processus qui s’annonce des plus délicats, tout citoyen et toute banque américaine étant sous le coup de l’interdiction d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords proposés par le gouvernement vénézuélien ou de l’entreprise pétrolière d’Etat PDVSA.

Le ministre russe des Finances Anton Silouanov, cité par l’agence Interfax, a annoncé mercredi que la Russie et le Venezuela avaient conclu « un accord pour la restructuration » de la dette de ce dernier, sans donner de chiffres ni de modalités précises.

Le pays ruiné pourrait signer cet accord d’ici le 15 novembre mais il ne porterait que sur une petite partie de sa dette extérieure, quelque 9 milliards de dollars, offrant un court répit au Venezuela.

De son côté, Mauricio Macri, le président de l’Argentine, a exhorté jeudi les Etats-Unis à accentuer la pression sur le Venezuela en imposant un embargo sur les exportations de pétrole vers les Etats-Unis. « Je pense que nous devrions nous diriger vers un embargo total », a-t-il dit dans un entretien au Financial Times.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 23h45)                

L’ex-procureure dénonce la « mort du droit » au Venezuela et accuse Maduro

août 23, 2017

L’ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega à son arrivée à l’aéroport de Brasilia, le 23 août 2017 / © AFP / Sergio LIMA

L’ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega a dénoncé « la mort du droit » dans son pays lors d’une réunion du Mercosur mercredi à Brasilia, où elle a dit détenir « beaucoup de preuves » de la corruption du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Arrivée tard mardi en provenance de Colombie, première étape de sa fuite du Venezuela, Mme Ortega, dont M. Maduro réclame l’arrestation, s’est également dite menacée de mort.

L’opposante a profité de la tribune d’une réunion des procureurs des pays du Mercosur, le marché commun sud-américain, dans la capitale brésilienne, pour fustiger le pouvoir.

« Ce qui se passe au Venezuela, c’est la mort du droit. La stabilité de la région est en danger », a-t-elle affirmé.

M. Maduro, élu en 2013, est confronté depuis cinq mois à une vague de manifestations pour exiger son départ qui ont fait 125 morts, sur fond de naufrage économique.

L’ex-procureure, relevée de ses fonctions par le pouvoir, a fui vendredi le Venezuela, où elle se considère victime d’une « persécution politique », et, désormais, menacée physiquement.

« J’ai reçu des menaces sur ma vie et je (tiendrais) le gouvernement vénézuélien responsable si quelque chose devait arriver », a-t-elle affirmé.

Comme elle l’avait annoncé, elle a attaqué l’intégrité des hauts responsables de son pays.

« J’ai beaucoup de preuves (…) qui mettent en cause de nombreux hauts fonctionnaires vénézuéliens, y compris le président de la République », a lancé Mme Ortega.

Elle a affirmé détenir des preuves de paiements illégaux effectués par le groupe brésilien de BTP Odebrecht au bénéfice de responsables vénézuéliens, dont le président.

L’un des plus grands groupes de construction d’Amérique latine est au coeur d’un scandale de corruption qui a secoué tout le continent, avec la constitution d’un cartel ayant truqué des marchés de sous-traitance de la compagnie étatique Petrobras, distribuant des pots-de-vin à des hommes politiques.

« Beaucoup d’intérêts se liguent au Venezuela pour qu’il n’y ait pas d’enquête sur les faits de corruption », a déploré Mme Ortega.

– Soutien inconditionnel –

Le procureur général du Brésil a indiqué avoir personnellement invité à la réunion de Brasilia Mme Ortega, qui y a reçu le soutien inconditionnel de ses pairs.

« Nous te reconnaissons comme la procureure générale du Venezuela. Tu peux compter sur le soutien de tous les parquets de la région », a déclaré le procureur paraguayen Javier Díaz Verón, évoquant une « gifle à la démocratie » au Venezuela.

Le président socialiste Nicolas Maduro a annoncé mardi que Caracas allait officiellement réclamer l’arrestation de Mme Ortega, devenue une de ses principales opposantes.

« Le Venezuela va solliciter auprès d’Interpol une notice rouge contre ces personnes impliquées dans des délits graves », a-t-il déclaré.

Il faisait référence à Mme Ortega et à son mari German Ferrer, député chaviste (du nom d’Hugo Chavez qui fut président de 1999 à sa mort en 2013 et le mentor de Nicolas Maduro) passé à l’opposition.

Accompagnée de son époux, l’ex-procureure était arrivée le 19 août à Bogota, bravant une interdiction de sortie du territoire vénézuélien.

Mme Ortega n’a pas cessé de dénoncer la radicalisation du gouvernement vénézuélien ces derniers mois.

On ignorait quelle serait sa prochaine destination.

« Je continuerai de lutter et de parcourir le monde pour dénoncer ce qui se passe au Venezuela et les violations des droits de l’Homme », a-t-elle dit.

Largement isolé sur la scène internationale, le président Maduro compte toutefois encore un allié de poids: la Russie.

Mais comme la Colombie, le Brésil a condamné la gestion de la crise par M. Maduro, dont le pays a été suspendu du Mercosur lors d’une réunion récente à Sao Paulo. Le ministre des Affaires étrangères Aloysio Nunes a d’ailleurs reçu Mme Ortega mercredi.

Ancienne chaviste devenue dissidente, l’ex-procureure de 59 ans a été démise le 5 août par la toute nouvelle Assemblée constituante acquise au chef de l’État.

Dotée de super-pouvoirs, cette assemblée s’est également attribué vendredi l’essentiel des pouvoirs du Parlement, seule institution contrôlée par l’opposition.

Onze pays d’Amérique latine et le Canada ont récemment condamné la « rupture démocratique » au Venezuela, s’ajoutant aux critiques de Washington, de l’ONU et de l’Union européenne.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2017 18h15)