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Au Venezuela, Nicolas Maduro sans opposition à la présidentielle

février 21, 2018

Angel Oropeza, le coordinateur du principal parti de l’opposition vénézuélienne, la MUD, lors d’une conférence de presse, le 21 février 2018 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

L’opposition vénézuélienne a exclu de participer au scrutin présidentiel du 22 avril en dénonçant un « simulacre d’élection », laissant la voie libre à une réélection du chef de l’Etat socialiste Nicolas Maduro, à la tête d’un pays au bord de l’implosion.

« Ne comptez pas sur l’Unité démocratique ni sur le peuple pour valider ce qui, jusqu’à présent, n’est qu’un simulacre frauduleux et illégitime d’élection présidentielle », a annoncé dans un communiqué la MUD, la principale coalition opposition.

Le scrutin du 22 avril « n’est qu’un show du gouvernement pour simuler une légitimité dont il ne dispose pas, tandis que les Vénézuéliens souffrent et agonisent », a ajouté Angel Oropeza, le coordinateur de la MUD au cours d’une conférence de presse.

Parmi les principales exigences des adversaires du gouvernement figurent la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « deuxième semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré « , le vote des Vénézuéliens de l’extérieur et un égal accès aux médias, selon le texte.

La MUD laisse la porte ouverte à une participation si ces conditions venaient à être acceptées par le camp présidentiel.

Nicolas Maduro, élu en 2013, fait face à un taux d’impopularité de 75%, en raison notamment de l’effondrement économique du Venezuela, un pays pétrolier frappé par de graves pénuries de médicaments et d’aliments.

Mais en avançant la date de l’élection présidentielle, qui s’était tenue jusqu’ici en fin d’année, le chef de l’Etat a réussi à déstabiliser l’opposition, déjà affaiblie et divisée. Désormais sans adversaire de poids, il semble assuré de décrocher un second mandat, jusqu’en 2025, selon les analystes.

Sous son air bonhomme et son imposante moustache brune, cet ancien chauffeur d’autobus de 55 ans, moqué et critiqué à ses débuts, tient fermement depuis 2013 les rênes de ce qui fut un riche pays pétrolier.

– ‘Coup de grâce’ –

L’héritier politique du défunt Hugo Chavez a réaffirmé mercredi qu’il cherchera la réélection avec ou sans opposition. Pour l’heure, il n’a face à lui que deux « petits » candidats déclarés: le pasteur évangélique Javier Bertucci et l’opposant Claudio Fermin, qui ne fait pas partie de la MUD.

« Maduro se trouve sans doute au moment où il est le plus faible, mais il puise sa force dans l’affaiblissement, les erreurs et le manque de cohésion et de cohérence de l’opposition. C’est ce qui lui donne de l’oxygène », déclare à l’AFP Félix Seijas, directeur de l’institut de sondage Delphos.

La décision de la coalition d’opposition de boycotter l’élection présidentielle intervient après deux semaines de débats et de consultations entre la vingtaine de partis qui la composent.

Une partie de la communauté internationale, notamment l’Union européenne et la Colombie, a prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de cette élection, que Washington juge « ni libre, ni juste ».

Mais l’unité qui avait fait la force de la MUD aux législatives de fin 2015, lui permettant de remporter une victoire historique qui avait mis fin à une hégémonie chaviste de près de vingt ans, n’est plus.

Certaines figures de l’opposition, comme l’ex-président du Parlement Henry Ramos Allup, ne cachent pas leurs ambitions présidentielles, tandis qu’un dissident du chavisme, Henri Falcon, semble décidé à participer au scrutin. Aucun des deux n’était présent mercredi à la conférence de presse.

« Si la MUD n’a pas de plan, si dans les deux prochains mois elle échoue à mobiliser la société civile, je pense qu’elle va disparaître », tranche M. Seijas.

Le camp présidentiel pourrait porter le « coup de grâce » à l’opposition, selon l’expression de Félix Seijas. Le chef de l’Etat a en effet appelé mercredi à avancer les législatives de 2020 au 22 avril prochain, alors que le Parlement est le seul organe de pouvoir contrôlé par l’opposition dans ce pays en crise.

Ce nouveau bouleversement du calendrier électoral devrait être proposé prochainement à l’Assemblée constituante, institution dotée de pouvoirs élargis et uniquement composée de fidèles du président.

Depuis l’arrivée de l’opposition aux manettes de l’Assemblée nationale, en janvier 2016, les chocs avec les autres pouvoirs – de l’exécutif au judiciaire en passant par l’autorité électorale – ce sont multipliés, accentuant la crise politico-économique dans ce pays au bord du gouffre. Une vague de manifestations quasi-quotidiennes entre avril et juillet s’est soldée par plus de 125 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2018 22h31)                

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Venezuela: l’opposition déboussolée après son exclusion de la présidentielle

janvier 26, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores (d), lors d’un rassemblement, le 23 janvier 2018 à Caracas / © AFP/Archives / JUAN BARRETO

Déjà divisée et affaiblie, l’opposition vénézuélienne se voit contrainte de se réorganiser après la décision de justice l’écartant de la course à la présidentielle, prévue d’ici fin avril, ouvrant la voie à la réélection de Nicolas Maduro.

Avec cette décision surprise, tombée dans la nuit de jeudi à vendredi, la Cour suprême de justice ordonne à l’autorité électorale d' »exclure la +Table de l’Unité démocratique+ (MUD) » du scrutin. La coalition de la MUD rassemble une trentaine de partis allant de la droite dure au centre.

La plus haute autorité judiciaire, accusée de servir le président socialiste, autorise en outre le Conseil national électoral (CNE) à repousser de six mois, soit après l’élection, l’inscription des principaux partis d’opposition. Ce processus était initialement prévu samedi et dimanche.

Parmi les formations écartées figurent D’abord la justice de l’ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles, Volonté populaire de la figure de l’opposition Leopoldo Lopez et Action Démocratique de l’ancien président du Parlement Henry Ramos Allup.

Capriles et Lopez ont été privés de leurs droits civiques et le second est également assigné à résidence, accusé d’avoir encouragé des manifestations antigouvernementales en 2014 qui ont fait 43 morts.

Impopulaire, à la tête d’un pays ruiné et cerné par les sanctions internationales, Nicolas Maduro avait déjà pris de court mardi l’opposition en avançant la date du scrutin, prévu fin 2018, et en se disant prêt à y participer.

« On va gagner l’élection présidentielle et on va le faire haut la main! », s’est félicité mercredi le chef de l’Etat lors d’un discours, fixant un objectif de 10 millions de voix. Le Venezuela compte quelque 19 millions d’inscrits sur les listes électorales.

– ‘Atteinte à l’équité’ –

« Le TSJ annule le ticket d’entrée de la MUD, la plus populaire de l’histoire du pays », a souligné auprès de l’AFP l’analyste politique Eugenio Martinez. Il faisait référence à la victoire de la coalition d’opposition aux élections législatives de fin 2015, qui avait déclenché une crise politique dans ce pays où toutes les institutions étaient jusqu’alors aux mains des chavistes, du nom de l’ex-président socialiste Hugo Chavez (1999-2013).

La France a condamné vendredi le sort réservé au camp antigouvernemental.

« En décidant d’exclure (..) la coalition d’opposition « Mesa de Unidad Democratica » (MUD), les autorités vénézuéliennes ont une nouvelle fois porté atteinte à l’équité de ces élections, après avoir modifié le calendrier électoral sans concertation avec l’opposition », a déploré le ministère français des Affaires étrangères.

La crise politique au Venezuela s’est doublée d’une grave crise économique, déclenchant des manifestations violentes contre le président Maduro qui ont fait 125 morts d’avril à juillet 2017. A la pénurie de médicaments et d’aliments, s’ajoute une inflation totalement hors de contrôle, attendue à 13.000% en 2018, selon les dernières prévisions du FMI, publiées jeudi.

Le 18 janvier, les 28 pays de l’UE ont donné leur feu vert à de nouvelles sanctions en réponse à la répression de l’opposition au Venezuela, les premières visant des responsables du régime de Nicola Maduro, dont le numéro deux du pouvoir et le ministre de l’Intérieur.

Qualifiant Maduro de « dictateur », les Etats-Unis, suivis par le Canada, ont gelé ses avoirs et interdit à leurs banques et à leurs citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien.

En Amérique latine, le Venezuela, autrefois soutenu par les gouvernements de gauche, tels que l’Argentine, le Brésil et le Pérou, apparaît bien seul après le virage régional à droite.

Cependant, malgré la levée de boucliers internationale et des voyants économiques au rouge vif, Maduro, 55 ans, tient bon, en partie grâce au soutien de puissants alliés, la Russie et la Chine, et à sa manne pétrolière.

Divisée et sans leader, l’opposition vénézuélienne se trouve désormais dos au mur avec la décision de la Cour suprême. La MUD, qui n’avait pas encore réagi vendredi, va devoir se réorganiser et de choisir sa stratégie, dans les urnes ou dans la rue.

« Le contrôle institutionnel de Maduro et son habilité à façonner le résultat des élections font des mouvements sociaux le principal catalyseur d’un éventuel changement de régime », souligne le cabinet d’analyse Eurasia group.

Romandie.com avec(©AFP / 26 janvier 2018 17h27)                

La Colombie prédit la chute imminente du Venezuela et réclame un plan « pour le jour d’après »

janvier 24, 2018

Davos (Suisse) – Le ministre des Finances colombien Mauricio Cardenas a prédit mercredi l’effondrement imminent de l’administration Maduro au Venezuela et réclamé un plan économique d’urgence pour « le jour d’après » avec la participation des institutions multilatérales.

« L’idée est de préparer un plan économique pour le Venezuela pour le jour d’après. Nous ne savons pas quand il va arriver mais cela devrait être prochainement au vu de la gravité de la crise », a déclaré à l’AFP M. Cardenas, venu participer au Forum économique mondial dans la très chic station de ski de Davos, en Suisse.

Le ministre plaide pour un plan incluant des institutions multilatérales, telles le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque de développement d’Amérique Latine (CAF).

« Nous devons être rapidement en mesure de recommencer à approvisionner le Venezuela en produits pharmaceutiques, à livrer des fournitures et des matières premières aux entreprises vénézuéliennes et cela ne peut pas s’improviser », a-t-il souligné.

Plus d’un demi-million de Vénézuéliens se sont réfugiés en Colombie, la plupart poussés par la crise qui secoue leur pays, ont annoncé vendredi dernier les autorités colombiennes, un chiffre en hausse de 62% sur les six derniers mois

« Tout cela se fait avec un grand sentiment de solidarité mais si la situation s’aggrave, cela va nous poser de grandes difficultés pratiques et budgétaires », a mis en garde le ministre colombien.

Depuis l’élection en 2013 du président vénézuélien, Nicolas Maduro, ce pays pétrolier est plongé dans une profonde crise politique et économique, avec une envolée de l’inflation et des pénuries de produits alimentaires et de médicaments.

L’Assemblée constituante vénézuélienne, acquise au président Maduro, a convoqué mardi une élection présidentielle anticipée, d’ici le 30 avril, à laquelle le chef de l’Etat socialiste entend bien se représenter afin de profiter d’une dynamique électorale favorable et des divisions de l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2018 11h37)                                            

Municipales au Venezuela: Madura dégage la voie avant la présidentielle

décembre 10, 2017

Photo de la présidence vénézuélienne montrant le président Nicolas Maduro votant lors d’un scrutin municipal à Caracas, le 10 décembre 2017 / © Venezuelan Presidency/AFP / HO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé dimanche que les principaux partis d’opposition seraient exclus de l’élection présidentielle de 2018, en raison de leur boycott du scrutin municipal organisé ce jour.

« Tout parti qui n’a pas participé aujourd’hui et qui a appelé au boycott des élections ne peut plus participer », a déclaré le dirigeant socialiste lors d’une conférence de presse, affirmant qu’il s’agissait là d’un « critère de l’Assemblée nationale constituante », intégralement composée de partisans du chef de l’Etat.

Le président s’exprimait à l’issue d’une journée électorale marquée par une participation apparemment faible, avec de nombreux bureaux de vote quasi-déserts, alors que la victoire de son camp semble presque assurée en l’absence des trois principaux partis d’opposition, ceux de Henrique Capriles, Leopoldo Lopez et Henry Ramos Allup.

Le vote, qui devait se terminer à 16H00 locales (20H00 GMT), n’était toujours pas clos vers 23H00 GMT, ce qui pourrait retarder les résultats, initialement attendus entre 02H00 et 04h00 GMT lundi.

« Nous devons nous préparer dès maintenant pour l’élection présidentielle », a déclaré le chef de l’Etat. Ce scrutin est programmé pour décembre 2018 mais sera sans doute avancé au premier trimestre selon nombre d’analystes.

Le vice-président Tareck El Aissami a déjà annoncé que M. Maduro, élu en 2013, briguerait un second mandat l’an prochain, malgré sa faible popularité, dans un contexte de grave crise économique et de réprobation de sa gestion de la crise politique par la communauté internationale.

Ces élections municipales lui servent de dernier test grandeur nature avant le rendez-vous de 2018.

« Le message est très clair, c’est par la voie du vote que nous voulons des solutions pour le pays », géant pétrolier ruiné notamment par la chute des cours du brut, a lancé M. Maduro.

La participation était faible dans la capitale Caracas et d’autres villes comme San Cristobal, frontalière avec la Colombie, ont observé des journalistes de l’AFP. Les élections municipales sont généralement peu populaires, et en 2013 seuls 42% des électeurs s’étaient déplacés.

Le politologue Luis Salamanca entrevoit ainsi une « victoire quasi-certaine du gouvernement, accompagnée d’une forte abstention ».

« Pour la participation, nous sommes en bonne voie », a cependant assuré le ministre de la Communication Jorge Rodriguez, également directeur de campagne du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) au pouvoir.

– L’opposition a déçu –

Près de 20 millions de Vénézuéliens étaient appelés aux urnes pour élire les maires de 335 villes pour quatre ans. Actuellement le PSUV en gouverne 242 et l’opposition 76 seulement, le reste étant aux mains d’indépendants.

Après la colère au printemps, avec trois mois de manifestations exigeant le départ du président Maduro et qui ont fait 125 morts, l’heure semble être au découragement dans le pays, face à une crise économique qui provoque de graves pénuries d’aliments et de médicaments, ainsi qu’une inflation galopante, attendue à plus de 2.300% en 2018 par le FMI.

Victor Torres, chauffeur à Macaraibo (nord-est), soupire: « je suis allé acheter l’autre jour une banane: elle coûtait le matin 1.900 bolivars, et 3.000 l’après-midi. On ne peut vivre ainsi. Les politiques me déçoivent ».

Car c’est aussi l’opposition qui a déçu: deux ans après sa victoire historique aux élections législatives, où elle avait remporté pour la première fois depuis 1999 la majorité au Parlement, elle se déchire entre partisans du dialogue et adeptes d’une ligne plus dure.

Et si les trois principaux partis de la Table de l’unité démocratique (MUD) ont renoncé à présenter des candidats aux municipales, certaines formations y participent de façon indépendante.

La coalition peine à se remettre de sa gifle électorale aux régionales d’octobre, largement remportées par le camp présidentiel malgré les nombreuses accusations de fraudes.

Les opinions négatives à son égard ont grimpé de 46,1 à 65,7%, selon un sondage Venebarometro réalisé entre octobre et novembre, pendant que la popularité du président Maduro remontait de 24,4 à 31,1%.

La MUD se rend compte aussi qu’aucune stratégie – confrontation dans la rue ou négociation – ne semble ébranler le chavisme (du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013), qui garde la mainmise sur la quasi-totalité des institutions.

Emblème de cette hégémonie: l’Assemblée constituante, aux pouvoirs très étendus, a confisqué ceux du Parlement, unique instance contrôlée par l’opposition.

Les maires élus dimanche devront d’ailleurs, pour pouvoir exercer leur mandat, prêter allégeance devant cette institution rejetée par une grande partie de la communauté internationale.

Romandie.com avec(©AFP / 11 décembre 2017 01h09)                

Nouvelles sanctions américaines contre le Venezuela déjà très fragile

novembre 9, 2017

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 17 octobre 2017 à Caracas / © AFP/Archives / FEDERICO PARRA

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi une nouvelle vague de sanctions contre le Venezuela visant cette fois 10 responsables soupçonnés notamment d’avoir sapé le processus électoral au moment où le pays est sous la menace d’un défaut de paiement.

« Les Etats-Unis ne vont pas rester sans réagir alors que le régime (du président Nicolas) Maduro continue de détruire l’ordre démocratique et la prospérité au Venezuela », a justifié le ministre américain du Trésor Steven Mnuchin à l’annonce de ces mesures.

Cette décision fait suite aux élections régionales du 15 octobre « marquées par de nombreuses irrégularités qui suggèrent fortement une fraude » électorale, qui a permis au parti de Nicolas Maduro de remporter ces échéances politiques, selon un communiqué du Trésor.

Washington assure qu’il poursuivra ses « efforts importants pour sanctionner les responsables du gouvernement vénézuélien qui sont complices des tentatives de Maduro de miner la démocratie, les droits de l’homme, d’inhiber la liberté d’expression ».

Parmi les Vénézuéliens visés figurent notamment Sandra Oblitas Ruzza, vice-présidente et un des responsables du conseil national électoral, Julian Isaias Rodriguez Diaz, ambassadeur vénézuélien en Italie ainsi qu’Ernesto Emilio Villegas Poljak, ministre de la Culture et ancien ministre de l’Information ou Jorge Elieser Marquez Monsalve, ministre du bureau de la présidence.

Washington les juge aussi responsables d’avoir censuré des médias ou de corruption dans les programmes alimentaires.

En conséquence des sanctions décidés jeudi, « tous les biens de ces personnes sont gelés et les citoyens américains ne sont pas autorisés à commercer avec eux ».

Ces sanctions s’ajoutent à celles décidées les 31 juillet et surtout le 24 août qui avaient pour objectif de couper les financements accordés au Venezuela en bloquant l’accès aux devises étrangères.

Washington avait alors jugé « inacceptable » le régime du président Nicolas Maduro qu’il avait qualifié de « dictateur ».

Les sanctions décidées jeudi interviennent alors que le Venezuela est dans une situation économique catastrophique. Le pays a de plus en plus de mal à s’acquitter de ses dettes. Et il est, depuis plusieurs jours, sous la menace réelle d’un défaut de paiement.

– Aide de la Russie ? –

Le Venezuela est riche en ressources pétrolières mais pauvre en liquidités. Ses réserves de devises sont de moins de 10 milliards de dollars (9,7 milliards) alors que sa dette extérieure s’élève à quelque 110 milliards, selon Capital Economics et à plus de 150 milliards, selon d’autres estimations.

Sous l’effet des précédentes sanctions américaines, le Venezuela, déchiré par une crise politique et qui a subi les chutes des cours du pétrole, n’est plus en mesure d’emprunter ou de vendre des obligations au sein du système financier américain. Il lui est ainsi quasiment impossible de sécuriser des financements.

Citgo, compagnie pétrolière vénézuélienne basée aux Etats-Unis, où elle a des activités de raffinage et dispose de stations-service, ne peut plus en outre rapatrier des dividendes ou des bénéfices à Caracas.

En d’autres termes, toutes les sources de financement potentielles ont été coupées à l’exception de celles émanant de la Russie et de la Chine, les deux plus gros créanciers du Venezuela.

Vendredi, l’association internationale des produits dérivés (ISDA) va se réunir à New York pour examiner la situation de l’entreprise pétrolière d’Etat vénézuélienne PDVSA, notamment les conséquences du non paiement le 2 novembre d’échéances sur sa dette.

Si l’ISDA l’autorise, les créanciers de l’entreprise pourront notamment faire jouer leurs CDS (credit default swaps) des produits dérivés qui les assurent contre un défault de paiement.

Le gouvernement de Maduro a de son côté convoqué une réunion de ses créanciers pour lundi en vue de restructurer sa dette, processus qui s’annonce des plus délicats, tout citoyen et toute banque américaine étant sous le coup de l’interdiction d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords proposés par le gouvernement vénézuélien ou de l’entreprise pétrolière d’Etat PDVSA.

Le ministre russe des Finances Anton Silouanov, cité par l’agence Interfax, a annoncé mercredi que la Russie et le Venezuela avaient conclu « un accord pour la restructuration » de la dette de ce dernier, sans donner de chiffres ni de modalités précises.

Le pays ruiné pourrait signer cet accord d’ici le 15 novembre mais il ne porterait que sur une petite partie de sa dette extérieure, quelque 9 milliards de dollars, offrant un court répit au Venezuela.

De son côté, Mauricio Macri, le président de l’Argentine, a exhorté jeudi les Etats-Unis à accentuer la pression sur le Venezuela en imposant un embargo sur les exportations de pétrole vers les Etats-Unis. « Je pense que nous devrions nous diriger vers un embargo total », a-t-il dit dans un entretien au Financial Times.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 23h45)                

L’ex-procureure dénonce la « mort du droit » au Venezuela et accuse Maduro

août 23, 2017

L’ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega à son arrivée à l’aéroport de Brasilia, le 23 août 2017 / © AFP / Sergio LIMA

L’ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega a dénoncé « la mort du droit » dans son pays lors d’une réunion du Mercosur mercredi à Brasilia, où elle a dit détenir « beaucoup de preuves » de la corruption du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Arrivée tard mardi en provenance de Colombie, première étape de sa fuite du Venezuela, Mme Ortega, dont M. Maduro réclame l’arrestation, s’est également dite menacée de mort.

L’opposante a profité de la tribune d’une réunion des procureurs des pays du Mercosur, le marché commun sud-américain, dans la capitale brésilienne, pour fustiger le pouvoir.

« Ce qui se passe au Venezuela, c’est la mort du droit. La stabilité de la région est en danger », a-t-elle affirmé.

M. Maduro, élu en 2013, est confronté depuis cinq mois à une vague de manifestations pour exiger son départ qui ont fait 125 morts, sur fond de naufrage économique.

L’ex-procureure, relevée de ses fonctions par le pouvoir, a fui vendredi le Venezuela, où elle se considère victime d’une « persécution politique », et, désormais, menacée physiquement.

« J’ai reçu des menaces sur ma vie et je (tiendrais) le gouvernement vénézuélien responsable si quelque chose devait arriver », a-t-elle affirmé.

Comme elle l’avait annoncé, elle a attaqué l’intégrité des hauts responsables de son pays.

« J’ai beaucoup de preuves (…) qui mettent en cause de nombreux hauts fonctionnaires vénézuéliens, y compris le président de la République », a lancé Mme Ortega.

Elle a affirmé détenir des preuves de paiements illégaux effectués par le groupe brésilien de BTP Odebrecht au bénéfice de responsables vénézuéliens, dont le président.

L’un des plus grands groupes de construction d’Amérique latine est au coeur d’un scandale de corruption qui a secoué tout le continent, avec la constitution d’un cartel ayant truqué des marchés de sous-traitance de la compagnie étatique Petrobras, distribuant des pots-de-vin à des hommes politiques.

« Beaucoup d’intérêts se liguent au Venezuela pour qu’il n’y ait pas d’enquête sur les faits de corruption », a déploré Mme Ortega.

– Soutien inconditionnel –

Le procureur général du Brésil a indiqué avoir personnellement invité à la réunion de Brasilia Mme Ortega, qui y a reçu le soutien inconditionnel de ses pairs.

« Nous te reconnaissons comme la procureure générale du Venezuela. Tu peux compter sur le soutien de tous les parquets de la région », a déclaré le procureur paraguayen Javier Díaz Verón, évoquant une « gifle à la démocratie » au Venezuela.

Le président socialiste Nicolas Maduro a annoncé mardi que Caracas allait officiellement réclamer l’arrestation de Mme Ortega, devenue une de ses principales opposantes.

« Le Venezuela va solliciter auprès d’Interpol une notice rouge contre ces personnes impliquées dans des délits graves », a-t-il déclaré.

Il faisait référence à Mme Ortega et à son mari German Ferrer, député chaviste (du nom d’Hugo Chavez qui fut président de 1999 à sa mort en 2013 et le mentor de Nicolas Maduro) passé à l’opposition.

Accompagnée de son époux, l’ex-procureure était arrivée le 19 août à Bogota, bravant une interdiction de sortie du territoire vénézuélien.

Mme Ortega n’a pas cessé de dénoncer la radicalisation du gouvernement vénézuélien ces derniers mois.

On ignorait quelle serait sa prochaine destination.

« Je continuerai de lutter et de parcourir le monde pour dénoncer ce qui se passe au Venezuela et les violations des droits de l’Homme », a-t-elle dit.

Largement isolé sur la scène internationale, le président Maduro compte toutefois encore un allié de poids: la Russie.

Mais comme la Colombie, le Brésil a condamné la gestion de la crise par M. Maduro, dont le pays a été suspendu du Mercosur lors d’une réunion récente à Sao Paulo. Le ministre des Affaires étrangères Aloysio Nunes a d’ailleurs reçu Mme Ortega mercredi.

Ancienne chaviste devenue dissidente, l’ex-procureure de 59 ans a été démise le 5 août par la toute nouvelle Assemblée constituante acquise au chef de l’État.

Dotée de super-pouvoirs, cette assemblée s’est également attribué vendredi l’essentiel des pouvoirs du Parlement, seule institution contrôlée par l’opposition.

Onze pays d’Amérique latine et le Canada ont récemment condamné la « rupture démocratique » au Venezuela, s’ajoutant aux critiques de Washington, de l’ONU et de l’Union européenne.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2017 18h15)                

États-Unis: Trump évoque une possible option militaire au Venezuela

août 12, 2017

Donald Trump (d) a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro (g), mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre « les armes à la main » à une agression américaine. / © AFP/Archives / FEDERICO PARRA, JIM WATSON

Donald Trump a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro, mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre « les armes à la main » à une agression américaine.

« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire », a lancé vendredi le président américain, lors d’un échange avec des journalistes dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il est en vacances.

Appelé à donner des précisions sur cette annonce, qui intervient dans une période d’extrême tension avec la Corée du Nord, le président américain est resté évasif.

« Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n’est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent », a-t-il simplement ajouté, entouré du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley.

Interrogé sur cette annonce, le Pentagone s’est borné à indiquer, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu’il n’avait « à ce stade » reçu aucune consigne sur ce dossier.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a qualifié d' »acte de folie » cette déclaration du président Trump.

En cas d’agression, « nous serons tous au premier rang pour défendre les intérêts et la souveraineté de notre Venezuela bien-aimé », a déclaré M. Padrino.

Washington et Caracas, qui n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s’étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l’industrie pétrolière.

Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu’ils ont qualifié de « dictateur ».

La réaction de Washington est survenue au lendemain de l’élection controversée de l’Assemblée constituante voulue par le président socialiste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts.

Rejetée par l’opposition et des pays occidentaux, cette assemblée l’a confirmé à l’unanimité dans ses fonctions de « président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela ».

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d’Etat étranger en exercice. M. Maduro est seulement le quatrième à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un groupe composé du président syrien Bachar al-Assad, du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et du président zimbabwéen Robert Mugabe.

– « Régime inacceptable » –

Une nouvelle série de sanctions américaines ont par ailleurs été adoptées cette semaine à l’encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d’une Assemblée constituante jugée « illégitime ».

« Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l’opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu’à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique », a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Jeudi, M. Maduro a dit souhaiter « une conversation » avec son homologue américain. « S’il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l’intéresse », a-t-il affirmé lors d’un discours devant l’Assemblée constituante.

M. Maduro souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu’elle se tienne à New York à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies à la mi-septembre.

La Maison Blanche a révélé que M. Maduro avait effectivement sollicité une conversation avec M. Trump vendredi, mais a implicitement indiqué que sa demande n’avait pas été acceptée.

« Les Etats-Unis se tiennent avec le peuple du Venezuela face à la répression permanente exercée par le régime Maduro. Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dès que la démocratie sera restaurée dans ce pays », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Tout en disant souhaiter avoir des relations « normales » avec les Etats-Unis, M. Maduro a averti jeudi M. Trump que son pays répondrait « les armes à la main » à une éventuelle agression et « ne se rendra jamais ».

Il intervenait devant les 545 membres de la nouvelle assemblée chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du président s’achevant en janvier 2019.

Les manifestations contre M. Maduro ont fait plus de 125 morts depuis début avril dans un contexte de grave crise économique et institutionnelle.

Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a annoncé vendredi que les chefs d’une attaque menée le 6 août contre une base militaire du nord du Venezuela avaient été capturés par les forces de sécurité. Ces deux hommes, un capitaine chassé de l’armée en 2014 et un lieutenant, recevront « un châtiment exemplaire », a promis le ministre.

La base avait été attaquée par une vingtaine d’hommes. Deux avaient été abattus et huit capturés.

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 14h34)

Venezuela: le Vatican estime que l’Assemblée constituante doit être suspendue

août 4, 2017

Rome – Le Saint-Siège a estimé vendredi que l’inauguration de l’Assemblée constituante, prévue le même jour par le président vénézuélien Nicolas Maduro mais vivement contestée par l’opposition, devait être « évitée ou suspendue ».

« Le Saint-Siège demande à tous les acteurs politiques, et en particulier au gouvernement, que soit assuré le plein respect des droits humains et des libertés fondamentales, ainsi que de la Constitution en vigueur », selon le texte publié au Vatican.

Il leur demande également « d’éviter ou suspendre les initiatives en cours comme la nouvelle Assemblée constituante, qui au lieu de favoriser la réconciliation et la paix, fomentent un climat de tension et d’affrontement ».

Le Vatican a aussi lancé « un appel vibrant à toute la société pour que soit évité toute forme de violence, en invitant en particulier les forces de sécurité à s’abstenir de l’usage excessif et disproportionné de la force ».

Il exprime « sa profonde préoccupation face à la radicalisation et l’aggravation de la crise » au Venezuela, marquée par l’augmentation des morts, des blessés et du nombre de détenus. Le pape François suit de près la situation et prie pour le pays, est-il précisé.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro doit inaugurer vendredi une Assemblée constituante qui lui est toute acquise, au milieu de polémiques sur sa légitimité et des contestations de l’opposition, qui a appelé à manifester à Caracas, faisant craindre de nouvelles violences.

L’Assemblée constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l’Etat. Elle aura pour mission de réécrire la Constitution du Venezuela de 1999, promulguée par Hugo Chavez.

Son élection dimanche, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international. Plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le président.

En juin dernier, la diplomatie vaticane avait estimé que le projet d’Assemblée constituante mettait en péril la démocratie dans le pays, dans une lettre à l’Organisation des Etats Américains.

Le pape a manifesté publiquement à plusieurs occasions sa grande préoccupation à propos du Venezuela.

Un dialogue politique entre pouvoir et opposition avait été entamé en octobre 2016 sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Mais la coalition de l’opposition vénézuélienne(MUD) avait gelé ces négociations en décembre, accusant le pouvoir de ne pas appliquer des accords déjà conclus sur un calendrier électoral et sur la libération d’opposants emprisonnés.

Fin avril, le pape avait assuré que le Saint-Siège était disposé à intervenir en tant que « facilitateur » face à la crise que traverse le Venezuela, mais dans « des conditions claires ». L’opposition s’y était refusée.

(©AFP / 04 août 2017 14h26)                                            

Crise au Venezuela: les États-Unis sanctionnent le « dictateur » Maduro

juillet 31, 2017

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 31 juillet 2017 à Caracas / © AFP / RONALDO SCHEMIDT

Les Etats-Unis ont traité lundi le président vénézuélien Nicolas Maduro de « dictateur » en le comparant aux dirigeants syrien Bachar al-Assad et nord-coréen Kim Jong-Un et lui ont imposé des sanctions sans précédent en riposte à l’élection dans le sang d’une Assemblée constituante.

« Les élections illégitimes d’hier confirment que Maduro est un dictateur qui méprise la volonté du peuple vénézuélien », a tonné le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin en annonçant devant la presse à la Maison Blanche un « gel » des « tous les avoirs » que possèderait le président du Venezuela aux Etats-Unis.

« Maduro n »est pas seulement un mauvais dirigeant, il est dorénavant un dictateur », a martelé aux côtés de M. Mnuchin le conseiller à la Sécurité nationale du président Donald Trump, le général H.R. McMaster.

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d’Etat étranger en exercice.

MM. Munchin et McMaster ont souligné que M. Maduro était seulement le quatrième président à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un « club exclusif » composé des présidents syrien Bachar al-Assad, nord-coréen Kim Jong-Un et zimbabwéen Robert Mugabe.

C’est la première fois que l’administration américaine qualifie aussi directement le chef de l’Etat vénézuélien de « dictateur ». Donald Trump avait estimé il y a quelques semaines que le socialiste Nicolas Maduro « rêvait d’être un dictateur » et la diplomatie américaine avait dénoncé dimanche un « pas vers la dictature » et « les architectes de l’autoritarisme » du régime de Caracas.

Interrogé sur la perspective d’un changement de régime à Caracas, le général McMaster a indiqué qu’il n’y avait pas de « coup d’Etat » en cours au Venezuela mais « une oppression brutale contre (son) peuple ».

« En prenant des sanctions contre Maduro, les Etats-Unis affirment clairement (leur) opposition aux politiques conduites par son régime et (leur) soutien au peuple vénézuélien qui cherche le retour pour son pays d’une démocratie pleine, entière et prospère », a ajouté le ministre Mnuchin.

Outre des sanctions visant le président Maduro – gel des avoirs et interdiction à tout ressortissant américain de commercer avec lui – « quiconque participerait à cette Assemblée constituante illégitime s’exposerait à d’autres sanctions américaines pour saper les processus et institutions démocratiques au Venezuela », a mis en garde le secrétaire au Trésor.

Le Trésor a également accusé Caracas, dans un communiqué, d' »atteintes de grande ampleur aux droits de l’homme (…) de mauvaise gestion de l’économie et (…) d’une corruption érigée en système ».

Le Venezuela était lundi plus divisé que jamais, au lendemain de l’élection dans le sang d’une toute puissante Assemblée constituante à la main du président Maduro, l’opposition majoritaire au Parlement assurant qu’elle continuerait à siéger.

Les Etats-Unis ont pris depuis longtemps fait et cause pour l’opposition vénézuélienne et ont imposé la semaine dernière des sanctions contre 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux. Le département d’Etat avait également ordonné jeudi aux familles de ses diplomates de quitter le pays.

Washington et Caracas, qui n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s’étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l’industrie pétrolière.

Interrogés sur des sanctions supplémentaires, notamment économiques, MM. Mnuchin et McMaster se sont bornés à dire que « toutes les options étaient sur la table » et que Washington « continuerait de surveiller la situation ». Le secrétaire au Trésor a toutefois précisé que l’administration Trump « ne ferait rien qui puisse affecter le peuple du Venezuela ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2017 23h08)                

Cuba écarte toute participation à une médiation au Venezuela

juillet 26, 2017

Pinar del Río (Cuba) – Les autorités cubaines ont rejeté mercredi toute participation à une médiation au Venezuela, proche allié de l’île communiste, arguant de la légitimité du président Nicolas Maduro, confronté depuis quatre mois à une vague de contestation ayant déjà fait une centaine de morts.

Le vice-président cubain Jose Ramon Machado a « catégoriquement rejeté les insinuations » de certains journaux étrangers sur l’éventualité d’une participation de Cuba à une médiation internationale entre M. Maduro et l’opposition vénézuélienne, dans un discours prononcé à Pinar del Rio (sud-ouest).

« Cuba réclame le respect absolu de la souveraineté » du Venezuela. « Ceux qui tentent depuis l’extérieur de donner des leçons de démocratie et de droits de l’homme, tout en encourageant la violence et le terrorisme, doivent laisser cette nation tranquille », a-t-il ajouté après avoir évoqué les « menaces de sanctions économiques des États-Unis » contre le gouvernement Maduro.

Dénonçant aussi des « manœuvres d’ingérence et déstabilisatrices » contre Caracas, M. Machado a jugé qu’il « appartient uniquement au peuple et au gouvernement (du Venezuela) de surmonter leurs difficultés », dans une allocution à l’occasion des cérémonies du 26 juillet, « jour de la rébellion nationale » qui commémore l’acte de naissance de la révolution castriste.

Ces festivités se tenaient pour la première fois en l’absence du père de la révolution Fidel Castro, décédé en novembre dernier. Il s’agissait également d’une dernière pour son frère cadet Raul Castro, qui ne s’est pas exprimé à cette occasion.

A 86 ans, son deuxième mandat touche à sa fin et il a déjà annoncé qu’il se retirerait à partir du 24 février prochain pour laisser la main à la nouvelle génération.

Au Venezuela, l’opposition a appelé à une grève générale de 48 heures mercredi et jeudi pour protester contre l’élection prévue dimanche d’une Assemblée constituante.

Les opposants voient dans ce projet de réécrire la Constitution un moyen pour M. Maduro de se cramponner au pouvoir, de contourner le Parlement élu, où l’opposition est majoritaire, et d’éviter l’élection présidentielle de fin 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juillet 2017 15h47)