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Niger : Ouhoumoudou Mahamadou nommé Premier ministre

avril 4, 2021
Ouhoumoudou Mahamadou a été nommé Premier ministre par le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum.

Le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum, a nommé samedi Ouhoumoudou Mahamadou au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision publique.

Ouhoumoudou Mahamadou est l’ex-directeur de cabinet du président sortant Mahamadou Issoufou. « Mohamed Bazoum, président de la République a signé ce jour un décret au terme duquel M. Ouhoumoudou Mahamadou est nommé Premier ministre », a indiqué le secrétariat général du gouvernement dans un communiqué lu à la télévision publique.PUBLICITÉ

Le nouveau gouvernement sera formé « dans les prochains jours », selon une source officielle. Elu député aux législatives de décembre 2020, deux fois ministre (des Mines, de l’Énergie et de l’Industrie de 1991 à 1993, puis des Finances de 2011 à 2012), Ouhoumoudou Mahamadou, sexagénaire, « appartient à un premier cercle des fidèles » de l’ex-président Issoufou et « est très écouté par l’appareil du parti » au pouvoir depuis 2011, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), selon un de ses proches.

Continuité

« Il a tous les dossiers du régime Issoufou en tête. Mohamed Bazoum s’inscrit dans la continuité », estime un militant du PNDS.

Diplômé en économie, en gestion des entreprises et en comptabilité, Ouhoumoudou Mahamadou est un Haoussa de la région de Tahoua (sud-ouest, dont est également originaire Mahamadou Issoufou). En 2012, il avait dû quitter le ministère des Finances après un scandale lié à l’octroi irrégulier de marchés publics de plus de 10 milliards de francs CFA (15 millions d’euros). Il était devenu ensuite le patron de la Banque internationale d’Afrique (BIA-Niger), une des plus importantes du pays, avant de devenir en juin 2015 directeur de cabinet du président Issoufou.

Mohamed Bazoum, 61 ans, a été investi président vendredi. Il a été élu à l’issue du second tour de la présidentielle du 21 février avec plus de 55% des voix face à un ancien président, Mahamane Ousmane, qui n’a pas reconnu sa défaite.

Par Jeune Afrique avec AFP

Niger : la CNDH confirme des cas de viols par des soldats tchadiens du G5 Sahel

avril 4, 2021
Un soldat de l’armée malienne avec le G5 Sahel à Sevare, le 30 mai 2018.

Dans un rapport rendu public le 2 avril, la Commission nationale des droits humains (CNDH) du Niger a confirmé qu’une fillette et deux jeunes femmes avaient été violées par des éléments tchadiens du G5 Sahel au cours du mois de mars dans la région de Tillabéri.

Le 2 avril, la CNDH a publié les conclusions de son enquête de terrain au sujet des allégations de viols perpétrés par des soldats tchadiens du G5 Sahel dans le département de Tera, au Niger, où ceux-ci étaient cantonnés avant de rejoindre la zone dite « des trois frontières ». Après avoir rencontré les autorités administratives et judiciaires, les témoins et les victimes présumées, la CNDH a conclu au bien-fondé des accusations contre les militaires.

« Il y a eu effectivement des viols sur une fille mineure de onze ans en classe de CE2 et deux femmes mariées (dont une enceinte) âgées de 23 et de 32 ans, toutes les deux mères de plusieurs enfants », détaille le rapport, rédigé après deux jours d’investigation sur place. « Il faut souligner que, pour ces deux femmes, ces actes odieux ont été commis en présence de leurs maris sous menace d’arme à feu de leurs agresseurs », ajoute le document signé par Émérite Khalid Ikhiri, président de la CNDH.

« Traduire les coupables devant les juridictions compétentes »

Toujours selon la CNDH, plusieurs tentatives de viol sont également à déplorer sur au moins cinq autres femmes. Celles-ci « ont réussi à s’enfuir quand (les) hommes armés (se sont) introduits dans leurs maisons. « La mission a aussi fait le constat d’agressions et de confiscations de biens sur de paisibles citoyens », détaille encore la commission, qui appelle les autorités à « traduire les coupables devant les juridictions compétentes ».

La Force conjointe G5 Sahel (FC-G5S) a réagi samedi, affirmant avoir envoyé une mission spéciale dans la localité de Tera.

« Face à des faits d’une telle gravité, en lien avec les autorités nigériennes et tchadiennes, la FC-G5S a pris des mesures idoines », peut-on lire dans le communiqué. Les soldats incriminés ont été retirés des effectifs et rapatriés dans leur pays d’origine. La Force conjointe G5 Sahel a également initié des sanctions disciplinaires. 

Le ministère des Affaires étrangères tchadien a déclaré que les auteurs avaient déjà été arrêtés et qu’ils « subiront les sanctions qui s’imposent ».

Avec Mathieu Olivier

Niger : investi président, Mohamed Bazoum dénonce la « barbarie » des jihadistes

avril 2, 2021
Mohamed Bazoum, le président nigérien, ici lors d’un meeting, a été officiellement investi le 2 avril 2021 à la tête du pays.

Lors de son investiture, le nouveau président Mohamed Bazoum a dénoncé les « crimes de guerre » commis dans son pays par Al-Qaïda et l’État islamique au Grand Sahara, deux groupes dont il a jugé qu’ils menaient leurs attaques au Niger depuis des bases installées au Mali.

Premier passage de relais entre deux présidents démocratiquement élus depuis l’Indépendance, l’investiture de Mohamed Bazoum aurait pu être une fête. Mais pour ses premier mots en tant que président du Niger ce vendredi 2 avril au centre Mahatma Gandhi de Niamey, le successeur de Mahamadou Issoufou a tenu un discours au ton grave.

La cérémonie de prestation de serment du nouveau chef de l’État s’est en effet tenue dans un contexte de crise profonde pour le pays, deux jours après une « tentative de coup d’État » et alors que le Niger a été frappé par une série d’attaques sanglantes ciblant des civils attribuées à l’État islamique au Grand Sahara.

Kaboré, N’Daw, Faure, Déby…

Plusieurs chefs d’État africains avaient fait le déplacement, parmi lesquels le Malien Bah N’Daw, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Tchadien Idriss Déby Itno ou encore le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé était également présent. Le Premier ministre algérien, Abdelaziz Dkerad, avait lui aussi fait le déplacement, accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, représentait le président Emmanuel Macron lors de la cérémonie.

Le Niger est « confronté à l’existence de groupes terroristes dont la barbarie vient de dépasser toutes les bornes », a déploré le président nigérien. Des groupes qui « se livrent à des massacres de civils innocents à grande échelle, commettant à l’occasion de vrais crimes de guerre ».

Le Mali en tête de l’agenda

Mohamed Bazoum a estimé que les chefs de ces groupes « relevaient d’autres pays », assurant que « jamais aucun chef terroriste n’a fait cas de griefs contre [son] État, et encore moins formulé la moindre revendication en sa direction ».

Si le pays doit aussi faire face à Boko Haram dans ses zones frontalières du Nigeria, Bazoum a particulièrement insisté sur la situation sécuritaire dans « la zone des trois frontières », entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Assurant que les dirigeants de l’État islamique au grand Sahara étaient « des ressortissants du Maghreb » et que le groupe avait ses bases « en territoire malien, dans les régions de Ménaka et Gao », le président a dit sa certitude que le combat contre l’organisation « serait très difficile aussi longtemps que l’État malien n’aurait pas exercé la plénitude de sa souveraineté sur ces régions ».

« La situation du Mali a un impact direct sur la sécurité intérieure de notre pays, a-t-il affirmé. C’est pourquoi notre agenda diplomatique sera centré sur le Mali. »

Par Jeune Afrique – Avec AFP

Niger, Guinée, Côte d’Ivoire : trio de tête de la reprise pour la Banque mondiale

avril 2, 2021
Quartier du Plateau et pont Charles-de-Gaulle à Abidjan

Moins dépendants des matières premières et relativement épargnés par la nouvelle vague de coronavirus, les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest devraient dépasser les 6 % de croissance en 2021.

C’est un rapport 2021 « Africa’s Pulse » sur l’état de l’économie de l’Afrique subsaharienne mi-figue mi-raisin qu’a publié le 31 mars la Banque mondiale. Une fois encore, les pays qui dépendent le moins de l’exportation de matières premières devraient connaître une reprise certaine, à l’image de la Côte d’Ivoire (+6,2%), de la Guinée (+6,6 %) ou du Niger (+6,9 %).

Les pays très dépendants notamment du pétrole comme l’Angola ou confrontés à des difficultés économiques persistantes comme l’Afrique du Sud n’accélèreront guère.

Pour Pulse, la première vague de la pandémie a relativement épargné la région. En revanche, et malgré des programmes de soutien des États, la croissance s’y est évanouie pour la première fois depuis vingt cinq ans et a reculé de 2 % en 2020.

Reprise inégale

C’est moins catastrophique qu’en Europe ou en Amérique latine, parce que le virus s’y est propagé moins vite, parce que l’agriculture y a été porteuse et parce que les prix mondiaux des produits de base se sont redressés plus rapidement que prévu grâce à la reprise des achats chinois.

Reste qu’un champion comme le Rwanda a connu sa première récession en dix ans et que l’Afrique du Sud a plongé à – 7 %. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a calculé que de décembre 2019 à décembre 2020, les arrivées des touristes en Afrique subsaharienne avaient chuté de 78 %, mettant à mal les économies de Maurice, des Seychelles, du Cap Vert ou du Sénégal.

Le rapport estime que le pire est passé et table sur une reprise, mais il pense que celle-ci sera très inégale selon les pays, car l’arrivée de variants du coronavirus a augmenté de 40 % le nombre des infections dans la région.

Cette deuxième vague ne touche cependant pas tous les pays, ce qui explique que les prévisions donnent une fourchette de croissance en 2021 de +2,3 % à +3,4 %. Le Nigeria ou l’Angola risquent de connaître une convalescence molle, quand les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal, le Togo dépasseront les 4 %.

Dépendance aux délais de vaccination

Pour les autres, « une croissance de 4 % est atteignable, note le rapport, si les pays mettent en œuvre un ensemble de mesures favorables à des investissements soutenus et à la création d’emplois et permettent au taux de change de refléter les forces du marché et d’améliorer la compétitivité ».

Cela sera aussi fonction de l’allègement du fardeau de la dette qui se discutera durant la semaine du 5 avril, lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

Mais la vigueur et la généralisation du dynamisme économique dans toute l’Afrique subsaharienne dépendront surtout de la rapidité de la vaccination des populations qui compensera la fragilité des systèmes de santé et autorisera une franche reprise des activités.

Pour l’instant, les pays riches monopolisent les doses salvatrices qui arrivent au compte-goutte en Afrique. Comme l’a regretté Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dix pays se sont réservé 70 % des vaccins fabriqués dans le monde à ce jour… et ce ne sont pas des pays africains.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas

Niger: des dizaines de morts dans des attaques près de la frontière malienne

mars 16, 2021

La région de Tillabéri, située à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, est régulièrement victime d’attaques terroristes. Ce mardi, des groupes armés ont pris pour cible des villageois qui rentraient d’un marché local.

Des dizaines de personnes ont été tuées ce lundi au Niger dans une série d’attaques menées par des hommes armés près de Banibangou, dans la région de Tillabéri (Ouest) proche du Mali, ont indiqué mardi 16 mars à l’AFP des sources sécuritaires et des villageois.

«Une des attaques a eu lieu hier (lundi) dans l’après-midi et a visé un véhicule transportant des passagers sur l’axe Banibangou-Chinégodar et il y a eu une vingtaine de tués», a indiqué à l’AFP un habitant d’un village joint au téléphone. D’autres attaques visant des villages ont été perpétrées dans la soirée de lundi, faisant «une trentaine de tués», selon une source sécuritaire.

«Ce sont des gens qui étaient venus au marché de Banibangou et qui se dirigeaient vers Chinégodar», a affirmé un autre villageois sans avancer de bilan. Un élu local et une source préfectorale ont assuré «être au courant d’attaques», mais sans pouvoir donner de bilan ni les circonstances de ces attaques. D’autres attaques ciblant des villages ont été perpétrées dans la soirée de lundi vers 18H00 locales (17H00 GMT) par «des bandits armés», faisant «une trentaine de tués», selon une source sécuritaire. Ces attaques n’ont pas été confirmées par le gouvernement dans l’immédiat.

La zone des «trois frontières», un territoire instable

Banibangou abrite un des plus importants marchés hebdomadaires de cette zone, à proximité de la frontière malienne. Située dans la zone dite des «trois frontières» entre Niger, Burkina et Mali, la région de Tillabéri est depuis des années le théâtre d’actions sanglantes de groupes djihadistes et demeure instable malgré d’importants efforts pour tenter de la sécuriser.

Le 2 janvier, 100 personnes avaient été tuées dans les attaques de deux villages de la commune de Mangaïzé située dans cette région, un des pires massacres de civils au Niger, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Un an auparavant, le 9 janvier 2020, 89 soldats nigériens avaient été tués dans l’attaque du camp militaire de Chinégodar.

Et un mois plus tôt, le 10 décembre 2019, ce sont 71 soldats nigériens qui avaient péri dans une attaque à Inates, une autre localité de la région de Tillabéri. Ces deux attaques qui avaient traumatisé le pays avaient été revendiquées par des djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI).

Par Le Figaro avec AFP

Tensions postélectorales au Niger : l’opposant Hama Amadou s’est rendu à la police

février 26, 2021
Mahamane Ousmane et Hama Amadou lors d’une rencontre de l’opposition à Niamey, le 5 octobre 2014.

Alors que les tensions se poursuivent après l’annonce des résultats de la présidentielle, Hama Amadou s’est présenté de lui-même à la police, à Niamey. Depuis le 23 février, 468 personnes ont été arrêtées et deux autres sont décédées dans des échauffourées dans la capitale.

Hama Amadou s’est rendu à la police, en début d’après-midi le 26 février. Soupçonné par les autorités d’incitation à la violence et d’avoir appelé ses partisans à manifester dans les rues de Niamey, l’opposant, principal soutien de Mahamane Ousmane, s’est présenté de lui-même à un commissariat de Niamey pour y être entendu, a appris Jeune Afrique. Il est accompagné de deux de ses avocats.

Depuis deux jours, les tensions se sont peu à peu intensifiées à Niamey, considérée comme un bastion de l’opposition. Les manifestations ont fait suite à l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle, lesquels ont donné Mohamed Bazoum vainqueur avec 55,75% des suffrages. Mais Mahamane Ousmane a rejeté ce verdict et revendique lui aussi la victoire, affirmant avoir comptabilisé 50,3 % des voix, selon les comptes de l’opposition.

Hama Amadou soupçonné d’ »appel au meurtre »

À Niamey, plusieurs bâtiments ont notamment été incendiés et les échauffourées entre les manifestants et la police – qui a répliqué à grand renfort de gaz lacrymogène – ont fait deux morts, selon le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a également annoncé jeudi 25 février avoir procédé à 468 arrestations depuis le 23 février, « y compris certains hommes politiques », selon les mots du ministre Alkaché Alhada.

D’après les autorités, l’une des personnes décédées a été victime d’une crise d’épilepsie pendant une manifestation, l’autre, un garde de corps de l’ancien Premier ministre Seini Oumarou, ayant été tuée par balle. Il y a eu « des dégâts, destructions d’infrastructures, de biens publics et privés », a précisé le ministre de l’Intérieur, qui avait pointé du doigt Hama Amadou, « principal responsable » et coupable selon lui d’ »appel au meurtre, à la violence », de « propos racistes inacceptables » et de « xénophobie ».

La France, la Cedeao et l’ONU appelle au dialogue

Parmi les personnes arrêtées figure l’ancien chef d’état-major des armées Moumouni Boureima, proche de Amadou Hama, accusé d’être un des « meneurs » des troubles qui ont émaillé l’annonce des résultats. Le 25 février, le domicile du correspondant de RFI, a également été incendié. La direction de RFI a estimé que son correspondant « a été visé en tant que journaliste » et « condamne cet acte liberticide et continuera de défendre la liberté d’informer ».

La France, la Cedeao et l’ONU ont quant à elles appelé au dialogue. Condamnant ces violences, Paris a appelé l’ensemble des parties au « dialogue » et « à recourir aux voies légales pour régler tout différend ». Dans un communiqué commun, la Cedeao et l’ONU « condamnent fermement les actes de violence » et « appellent toutes les parties prenantes à la retenue ». Lors d’une rencontre à Niamey avec les diplomates étrangers et les représentants des organisations internationales, le Premier ministre nigérien Brigi Rafini leur a demandé d’aider son pays au dialogue avec l’opposition « pour un Niger uni et sans fractures ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Niger : Mohamed Bazoum élu président face à Mahamane Ousmane

février 23, 2021
Mohamed Bazoum lors de la campagne pour la présidentielle 2020

Le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, a été élu lors du second tour de l’élection présidentielle, avec 55,75% des voix, selon les résultats provisoires de la Ceni. Il devance l’opposant Mahamane Ousmane.

Selon les résultats provisoires annoncés par la commission électorale nationale et indépendante (Ceni), Mohamed Bazoum a remporté le second tour de l’élection présidentielle, qui s’est tenu le 21 février dernier. Le candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir) a remporté 55,75 % des suffrages (2 501 459 voix).

L’ancien ministre de l’Intérieur devance l’opposant Mahamane Ousmane (44,25 % des suffrages et 1 985 736 voix), qui avait reçu le soutien de Hama Amadou, de Salou Djibo ou encore d’Ibrahim Yacouba. Mohamed Bazoum avait quant à lui bénéficié du ralliement, entre les deux tours, de Seini Oumarou et d’Albadé Abouba (8,95 % et 7,07 % des suffrages au premier tour).

Mohamed Bazoum l’aurait emporté largement dans les régions de Tahoua, Agadez et Diffa, et arrive également en tête à Maradi et, de justesse, à Zinder, où les scores sont cependant très serrés (340 397 voix contre 340 249). Mahamane Ousmane gagne quant à lui à Dosso et, surtout, dans les centres urbains de Tillabéri et Niamey.

Huit agents électoraux tués

Ces chiffres provisoires doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle, qui ne proclamera pas les résultats définitifs avant plusieurs semaines. La mission d’observation de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) a « exhorté tous les candidats en lice à respecter les résultats issus des urnes et à recourir aux procédures et aux voies légales pour le règlement de tout contentieux ».

« Si jamais les citoyens constatent que ces élections ont encore (…) été des élections truquées, je crains que la situation soit difficile à gérer », avait déclaré Mahamane Ousmane après avoir voté à Zinder le 21 février. Mardi 23 février, la direction de campagne de l’ancien président a encore contesté les résultats et dénoncé un « hold-up électoral ».Le scrutin s’est déroulé dans « des conditions satisfaisantes », a estimé quant à elle la CEN-SAD.

Le deuxième tour de cette présidentielle a cependant été endeuillé par la mort d’au moins huit agents électoraux – sept dans la région de Tillabéri, après l’explosion d’une mine, et un dans la région de Diffa.

Le ministre de l’Intérieur, Alkache Alhada, a dénoncé un « acte barbare », dont l’objectif est d’instaurer une « dictature moyenâgeuse ». « Nous ne céderons pas aux menaces terroristes », a ajouté le successeur de Mohamed Bazoum.

« Une victoire pour la démocratie nigérienne »

Ce scrutin marque la première transition pacifique entre deux chefs d’État démocratiquement élus au Niger, une promesse du président sortant. Mahamadou Issoufou, qui prépare aujourd’hui sa reconversion et la création d’une fondation, avait en effet assuré qu’il ne tenterait pas de modifier la limite constitutionnelle de deux mandats présidentiels.

« Je suis fier d’être le premier président démocratiquement élu de notre histoire à pouvoir passer le relais à un autre président démocratiquement élu », a-t-il déclaré après avoir voté dimanche 21 février. « C’est une victoire pour la démocratie nigérienne », se réjouit un ministre, contacté par Jeune Afrique.

BAZOUM DEVRA FAIRE DE LA PLACE AU GOUVERNEMENT POUR SES ALLIÉS, MAIS IL A LES COUDÉES FRANCHES »

Lors d’une visite à la présidence de la République, les représentants des missions d’observation électorale (notamment de l’Union africaine et de la Cedeao) ont félicité Mahamadou Issoufou « pour avoir pris la décision de ne pas se présenter à l’élection ». Ceci constitue « une leçon pour tous les leaders de l’Afrique », ont-ils affirmé.

« C’est surtout une victoire pour le PNDS », glisse un cadre du parti au pouvoir, qui rappelle que la formation du nouveau président élu a remporté 80 des 166 sièges mis en jeu lors des législatives organisées en même temps que le premier tour de la présidentielle, le 27 décembre dernier.

Un gouvernement début avril

« Bazoum a sécurisé sa victoire à la présidentielle en s’alliant avec Seini Oumarou et Albadé Abouba, mais le PNDS reste ultra-dominateur », analyse un politologue. « Il a concédé à Seini Oumarou la présidence de l’Assemblée et devra faire de la place au gouvernement pour ses alliés, mais il a les coudées franches », ajoute un cadre du parti au pouvoir.

Le PNDS se taillera donc logiquement la part du lion dans la future équipe gouvernementale. Selon nos sources, celle-ci ne sera pas dirigée par un Touareg, comme ce fut le cas sous Mahamadou Issoufou avec Brigi Rafini. La fonction devrait revenir à un membre de l’une des deux ethnies majoritaires, les Haoussas et les Djermas, Bazoum étant lui issu de la minorité arabe.

Selon nos informations, le nom du prochain Premier ministre devrait être annoncé le 4 avril prochain, jour de l’investiture du nouveau chef de l’État. La liste complète des ministres devrait quant à elle être connue le lendemain, 5 avril.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Présidentielle au Niger : un second tour entre Mohamed Bazoum et Mahamane Ousmane

janvier 2, 2021
Le candidat Mohammed Bazoum, dans un bureau de vote de Niamey lors de la présidentielle du 27 décembre 2020.

Selon les résultats annoncés le 2 janvier par la Commission électorale nationale indépendante, un second tour opposera le 20 février Mohamed Bazoum, en tête, à Mahamane Ousmane.

Selon les résultats rendus publics ce 2 janvier, Mohamed Bazoum, candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir), est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle du 27 décembre avec 39,33% des suffrages. L’ancien ministre de l’Intérieur affrontera lors d’un second tour, prévu le 20 février, l’opposant Mahamane Ousmane, arrivé en deuxième position avec 17% des voix.

L’ancien président avait reçu le soutien d’un autre prétendant, Hama Amadou, dont la candidature avait été invalidée par la Cour constitutionnelle début décembre. Suivent l’ex-Premier ministre Seini Oumarou, l’ancien ministre Albadé Abouba, et le patron du Mouvement patriotique nigérien Ibrahim Yacouba.

Le pari du coup K.O.

En campagne depuis de nombreux mois, Mohamed Bazoum n’avait pas caché son ambition de remporter la présidentielle dès le premier tour. Dès le lendemain du vote, ses proches au sein du PNDS pronostiquaient un « coup K.O. ». L’opposition voulait quant à elle croire à un second tour, en prévoyant de se rassembler pour y défaire le candidat du parti au pouvoir.

Le défi du coup K.O. était de taille. Mahamane Ousmane a en effet reçu le soutien de Hama Amadou et de son parti, le Mouvement démocratique nigérien. Plusieurs autres candidats ont en outre annoncé leur intention de se rassembler derrière le représentant de l’opposition le mieux placé en cas de second tour afin de barrer la route au PNDS, après les deux mandats consécutifs effectués par le président sortant Mahamadou Issoufou.

« Quel que soit le vainqueur, la victoire appartiendra au peuple nigérien. C’est un jour spécial pour le Niger qui va connaître pour la première fois de son histoire une alternance démocratique », avait souligné le président sortant, après avoir voté à l’hôtel de ville de Niamey le 27 décembre.

Satisfecit de la Cedeao

« Nous saluons et apprécions le travail acharné et la conduite pacifique des électeurs nigériens, des organisateurs électoraux, des partis politiques, de la société civile et des forces de sécurité dans le déroulement de cette élection dans des conditions sûres malgré les risques posés par l’insécurité et le COVID », a salué l’ambassade des États-Unis au Niger dans un communiqué, évoquant « des conditions calmes, pacifiques et ordonnées dans les bureaux de vote ».

Deux attaques meurtrières s’étaient produites à l’approche du scrutin : une dans l’Ouest (sept soldats tués le 21 décembre) où sévit régulièrement l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), et une dans l’Est, revendiquée par Boko Haram (34 morts le 12 décembre). Ces événements avaient fait craindre une montée de l’abstention à l’approche des opérations de vote.

« Le processus entourant les préparatifs des élections du 27 décembre 2020, la conduite de la campagne électorale, le processus électoral le jour du scrutin, ainsi que le tri, le comptage et la comptabilisation des bulletins de vote a été relativement libre, équitable, transparent et professionnel », a déclaré la mission d’observation de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Présidentielle au Niger : Hama Amadou appelle à voter pour Mahamane Ousmane

décembre 23, 2020
Mahamane Ousmane et Hama Amadou lors d’une rencontre de l’opposition à Niamey, le 5 octobre 2014.

Privé de présidentielle, Hama Amadou n’avait pas donné de consigne de vote. C’est désormais chose faite. Mardi, le parti de l’opposant nigérien a appelé à voter pour l’ancien président Mahamane Ousmane le 27 décembre.

À quelques jours de la présidentielle nigérienne prévue le 27 décembre, cette décision changera-t-elle la donne ? Dans un communiqué rendu public le 22 décembre, le bureau politique du Moden Fa Lumana, parti de l’opposant Hama Amadou, annonce « son soutien au candidat du Renouveau démocratique et républicain RDE-Tchanji, Mahamane Ousmane » et appelle ses militants et sympathisants à « se mobiliser massivement pour voter en sa faveur ».

Le 13 novembre, la Cour constitutionnelle avait invalidé la candidature de Hama Amadou. L’ex-Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale avait été condamné en 2017 à un an de prison dans une affaire de « supposition d’enfants « . S’il avait bénéficié, en mars dernier, d’une grâce présidentielle alors qu’il purgeait sa peine, il n’en restait pas moins, selon la Cour constitutionnelle, concerné par l’article 8 du code électoral qui stipule que toute personne condamnée à au moins un an de prison ne peut être autorisée à se présenter à une élection.

POSTED BY HAMA AMADOU POUR LA PRÉSIDENCE 2021 ON TUESDAY, DECEMBER 22, 2020

Hama Amadou a toujours qualifié cette condamnation de politique et l’invalidation de sa candidature a été un coup dur pour son parti, qui choisit donc de soutenir l’ancien président, Mahamane Ousmane.

Renversé par un coup d’État en janvier 1996, Mahamane Ousmane est l’un des opposants les plus expérimentés qui feront face à Mohammed Bazoum, le dauphin du président sortant, Mahamadou Issoufou, qui portera les couleurs du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS). Le Moden Fa Lumana présente en revanche des candidats aux législatives, organisées le même jour que la présidentielle, et appelle ses militants à voter pour ses listes du parti.

Raz-de-marée du PNDS aux municipales

L’autre scrutin auquel les Nigériens étaient invités à prendre part était les municipales. Repoussées à plusieurs reprises depuis 2011, celles-ci ont eu lieu le 13 décembre. D’après les résultats provisoires publiés mardi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni),  le Moden Fa Lumana a obtenu 268 sièges de conseillers municipaux sur les 4 246 sièges qui étaient en jeu.

Le PNDS, lui, arrive largement en tête avec 1 799 sièges. Il est suivi par le Mouvement national pour la société de développement (MNSD, 358 sièges), le parti du défunt Mamadou Tandja aujourd’hui dirigé par Seini Oumarou, et par le Mouvement patriotique pour la République (MPR) d’Albadé Abouba, qui a remporté 356 sièges.

Avec Jeune Afrique

Niger : Mamadou Tandja, le président qui en voulait trop

novembre 25, 2020
Mamadou Tandja, en août 2009, au lendemain de la victoire du oui au référendum constitutionnel dont il espérait qu’il lui ouvrait la voie à un nouveau mandat.

Décédé le 24 novembre des suites d’une longue maladie, l’ancien président Mamadou Tandja avait dirigé le Niger à coups de certitudes et d’une main de fer pendant onze ans. Jusqu’à être renversé.

De ses grandes envolées verbales, il n’était plus question depuis plusieurs années. Affaibli par la maladie, Mamadou Tandja recevait de moins en moins dans sa confortable résidence de Niamey. Il ne s’intéressait plus que de loin à la politique et aux destinées de son ancien parti, le Mouvement national pour une société du développement (MNSD), aujourd’hui dirigé par un Seini Oumarou dont il n’a, en réalité, jamais été proche.

L’ancien président ne l’a jamais caché : il aurait préféré voir l’ex-parti unique entre les mains de son ancien ministre Albadé Abouba. Il observait de loin les divisions entre ses ex-poulains, sans réellement tenter d’y mettre fin. Pour Mamadou Tandja, l’heure de la politique était passée, son quotidien étant davantage rythmé par les visites médicales (dont certaines en Allemagne) que par les joutes de partis.

En 2014 déjà, il avait été évacué d’urgence à bord d’un avion affrété par la présidence nigérienne vers l’hôpital Mohammed-V de Rabat, au Maroc. L’ancien chef de l’État souffrait alors des complications d’un cancer de la prostate. Il s’est finalement éteint à 82 ans, six ans plus tard, ce 24 novembre, à l’hôpital de référence de Niamey, où ses concitoyens sont entrés dans un deuil national de trois jours décrété par le président Mahamadou Issoufou.

Dieu, le peuple et le tazarché

Mamadou Tandja, l'ancien président nigérien, en mars 2009 à Niamey.

Fils d’un petit commerçant de Diffa, dans le sud-est du pays, Mamadou Tandja grandit en milieu haoussa avant de s’engager, très jeune, dans l’armée. Il y sert au côté d’un certain colonel Seyni Kountché, croyant fermement en un nationalisme intraitable. Homme de réseaux, proche de nombreux riches commerçants, dont il affirme parfois qu’il faut les « presser comme des citrons », il devient préfet en 1974 puis ministre de l’Intérieur, dirigeant notamment la répression de la révolte touarègue de 1990.

Candidat du MNSD pour la présidentielle de 1994, il y échoue au second tour face à Mahamane Ousmane. Partie remise. En 1999, après l’assassinat du général Ibrahim Baré Maïnassara arrivé au pouvoir trois ans plus tôt par un coup d’État, Mamadou Tandja retente sa chance. Sûr de lui et vainqueur au second tour face à Mahamadou Issoufou, il entame alors le premier de ses deux mandats, flanqué de Hama Amadou au poste de Premier ministre. Coupes budgétaires, contrôle des mutineries et des manifestations étudiantes, presse muselée… Les Nigériens découvrent alors la main de fer d’un Mamadou Tandja confortablement réélu – en dépit des suspicions de fraudes – en 2004.

À chacune de ses investitures, le président a été clair : il jure sur le Coran de respecter la Constitution, qui lui interdit de se présenter à un troisième mandat. Pourtant, le 5 mai 2009, coup de tonnerre : Tandja annonce vouloir modifier la Constitution par référendum afin de briguer un nouveau mandat. Au nom du « tazarché » [la continuité, en haoussa], du peuple et de Dieu, argue-t-il alors. « Mon serment coranique, c’est de ne jamais trahir mon peuple et de ne jamais travestir ses aspirations. Si j’avais refusé la demande des populations, j’aurais outrepassé ce serment et Dieu m’en voudrait. »

Lâché par les siens

Des membres de la junte militaire qui ont renversé Mamadou Tandja, salué par une foule de partisans, le 20 janvier 2020 à Niamey.

Seulement, rien ne se passe comme prévu. Les manifestations se multiplient et le fossé se creuse entre Tandja et ses concitoyens. Eux, de plus en plus déterminés, certains le soupçonnant même de préparer son fils pour une succession prévue en 2012. Lui, de plus en plus aveuglé, faisant montre en public d’une détermination sans faille. « Ne vous en faites pas. Ici, l’opposition a une vieille tradition, celle de marcher dans la rue tous les samedis parce que c’est un jour férié », ironise-t-il. « Je ne suis pas de ces chefs d’État à qui l’on dicte la conduite à tenir », clame-t-il encore devant la réticence de la communauté internationale.

Ironie du sort, c’est l’armée qui scelle le sort de celui qui y avait consacré tant d’années de sa vie. Le 18 février 2010, sur les coups de 13 heures, avec à sa tête (entre autres) le commandant Salou Djibo, une junte militaire baptisée « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » (CSRD) se présente à son bureau, où le président s’est réfugié. Muet, hébété, surpris par un assaut entamé deux heures plus tôt sur le palais présidentiel, Mamadou Tandja n’a d’autres choix que de rendre les armes. « On aurait dit un vieil officier muré dans ses certitudes, ne pouvant imaginer une seconde que ses “enfants” puissent le déposer », confie alors un des membres de la junte.

Isolé diplomatiquement, il a pourtant tout tenté, jusqu’à acheter les ex-rebelles touaregs et des généraux, en leur offrant villas et bonus. Mais il ne réussit qu’à vexer d’autres officiers, dont beaucoup s’attendent dès lors à faire partie d’une prochaine purge dans les rangs d’une Grande Muette qui porte de plus en plus mal son nom.

Début février 2010, il limoge même trente-sept éléments de sa garde présidentielle et annonce que les primes vont baisser. Pas de quoi s’assurer l’indéfectible loyauté de ceux, censés le protéger, qui se retournent finalement contre lui le 18 février. Seules les Forces nationales d’intervention et de sécurité (Fnis) auront tenté de le défendre. Mais cette ancienne garde républicaine, sous les ordres du ministre de l’Intérieur, Albadé Abouba, n’inversera pas le cours de l’histoire.

Dès 14 heures, le coup d’État est consommé, Salou Djibo s’imposant à la tête du CNRD. Mamadou Tandja, lui, est arrêté.

La prison, puis la retraite

Mamadou Tandja, le 4 août 2009, après avoir voté lors du référendum constitutionnel par lequel il espérait pouvoir briguer un troisième mandat.

Placé à l’isolement à la Villa verte, haut lieu du pouvoir durant les années Kountché, il est transféré en janvier 2011 à la prison civile de Kollo, à une trentaine de kilomètres au sud de Niamey. Mais il n’y passe que quelques mois.

Le 7 avril 2011, Mahamadou Issoufou est investi président et, un mois plus tard, le 10 mai, Mamadou Tandja sort de prison. Accusé de complicité de détournement de fonds, de délit de favoritisme et de violation du serment coranique pour avoir convoqué un référendum anticonstitutionnel, l’ancien président voit alors la chambre d’accusation de la cour d’appel de Niamey annuler toutes les poursuites engagées, les jugeant illégales.

Tandja se met alors prudemment en retrait, recevant tout de même à son domicile et laissant planer le doute sur un retour dans le grand bain politique. « Le jour où j’ai quitté le pouvoir, je leur ai laissé environ 400 milliards de francs CFA [près de 610 millions d’euros]. Aujourd’hui, dans notre Trésor, il y a des matins où vous ne trouverez que 3 millions. Ce sont tous des voleurs ! », lance-t-il devant des visiteurs en novembre 2013, s’attaquant à Mahamadou Issoufou et son gouvernement.

Une diatribe qui ne passe pas. Interrogé par les gendarmes sur la présumée disparition des fonds, Tandja tente de faire jouer son immunité d’ancien chef d’État, avant de finir par se rétracter publiquement. Si le pouvoir en reste là, Mamadou Tandja saisit l’avertissement.

En 2014, alors qu’éclate la querelle politique entre Mahamadou Issoufou et Hama Amadou, prélude à la bataille pour la présidentielle de 2016, l’ancien président conserve le silence. Il n’en sortira plus, affaibli par la maladie et quittant peu à peu la vie politique.

Ce 24 novembre, alors que la nouvelle de son décès atteignait les Nigériens, beaucoup se souviennent de son fervent « nationalisme », de son caractère de « bâtisseur » ou de son « austérité ». Certains notent enfin une ultime ironie du sort : l’homme du tazarché s’est éteint en cette fin d’année 2020 alors que son successeur, Mahamadou Issoufou, s’apprête à tenir sa promesse de respecter la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels. Un serment que lui-même avait tenté, malencontreusement, de briser. Un leg, bien involontaire, que l’enfant de Diffa laisse à la démocratie nigérienne.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier