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Niger : Mamadou Tandja, le président qui en voulait trop

novembre 25, 2020
Mamadou Tandja, en août 2009, au lendemain de la victoire du oui au référendum constitutionnel dont il espérait qu’il lui ouvrait la voie à un nouveau mandat.

Décédé le 24 novembre des suites d’une longue maladie, l’ancien président Mamadou Tandja avait dirigé le Niger à coups de certitudes et d’une main de fer pendant onze ans. Jusqu’à être renversé.

De ses grandes envolées verbales, il n’était plus question depuis plusieurs années. Affaibli par la maladie, Mamadou Tandja recevait de moins en moins dans sa confortable résidence de Niamey. Il ne s’intéressait plus que de loin à la politique et aux destinées de son ancien parti, le Mouvement national pour une société du développement (MNSD), aujourd’hui dirigé par un Seini Oumarou dont il n’a, en réalité, jamais été proche.

L’ancien président ne l’a jamais caché : il aurait préféré voir l’ex-parti unique entre les mains de son ancien ministre Albadé Abouba. Il observait de loin les divisions entre ses ex-poulains, sans réellement tenter d’y mettre fin. Pour Mamadou Tandja, l’heure de la politique était passée, son quotidien étant davantage rythmé par les visites médicales (dont certaines en Allemagne) que par les joutes de partis.

En 2014 déjà, il avait été évacué d’urgence à bord d’un avion affrété par la présidence nigérienne vers l’hôpital Mohammed-V de Rabat, au Maroc. L’ancien chef de l’État souffrait alors des complications d’un cancer de la prostate. Il s’est finalement éteint à 82 ans, six ans plus tard, ce 24 novembre, à l’hôpital de référence de Niamey, où ses concitoyens sont entrés dans un deuil national de trois jours décrété par le président Mahamadou Issoufou.

Dieu, le peuple et le tazarché

Mamadou Tandja, l'ancien président nigérien, en mars 2009 à Niamey.

Fils d’un petit commerçant de Diffa, dans le sud-est du pays, Mamadou Tandja grandit en milieu haoussa avant de s’engager, très jeune, dans l’armée. Il y sert au côté d’un certain colonel Seyni Kountché, croyant fermement en un nationalisme intraitable. Homme de réseaux, proche de nombreux riches commerçants, dont il affirme parfois qu’il faut les « presser comme des citrons », il devient préfet en 1974 puis ministre de l’Intérieur, dirigeant notamment la répression de la révolte touarègue de 1990.

Candidat du MNSD pour la présidentielle de 1994, il y échoue au second tour face à Mahamane Ousmane. Partie remise. En 1999, après l’assassinat du général Ibrahim Baré Maïnassara arrivé au pouvoir trois ans plus tôt par un coup d’État, Mamadou Tandja retente sa chance. Sûr de lui et vainqueur au second tour face à Mahamadou Issoufou, il entame alors le premier de ses deux mandats, flanqué de Hama Amadou au poste de Premier ministre. Coupes budgétaires, contrôle des mutineries et des manifestations étudiantes, presse muselée… Les Nigériens découvrent alors la main de fer d’un Mamadou Tandja confortablement réélu – en dépit des suspicions de fraudes – en 2004.

À chacune de ses investitures, le président a été clair : il jure sur le Coran de respecter la Constitution, qui lui interdit de se présenter à un troisième mandat. Pourtant, le 5 mai 2009, coup de tonnerre : Tandja annonce vouloir modifier la Constitution par référendum afin de briguer un nouveau mandat. Au nom du « tazarché » [la continuité, en haoussa], du peuple et de Dieu, argue-t-il alors. « Mon serment coranique, c’est de ne jamais trahir mon peuple et de ne jamais travestir ses aspirations. Si j’avais refusé la demande des populations, j’aurais outrepassé ce serment et Dieu m’en voudrait. »

Lâché par les siens

Des membres de la junte militaire qui ont renversé Mamadou Tandja, salué par une foule de partisans, le 20 janvier 2020 à Niamey.

Seulement, rien ne se passe comme prévu. Les manifestations se multiplient et le fossé se creuse entre Tandja et ses concitoyens. Eux, de plus en plus déterminés, certains le soupçonnant même de préparer son fils pour une succession prévue en 2012. Lui, de plus en plus aveuglé, faisant montre en public d’une détermination sans faille. « Ne vous en faites pas. Ici, l’opposition a une vieille tradition, celle de marcher dans la rue tous les samedis parce que c’est un jour férié », ironise-t-il. « Je ne suis pas de ces chefs d’État à qui l’on dicte la conduite à tenir », clame-t-il encore devant la réticence de la communauté internationale.

Ironie du sort, c’est l’armée qui scelle le sort de celui qui y avait consacré tant d’années de sa vie. Le 18 février 2010, sur les coups de 13 heures, avec à sa tête (entre autres) le commandant Salou Djibo, une junte militaire baptisée « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » (CSRD) se présente à son bureau, où le président s’est réfugié. Muet, hébété, surpris par un assaut entamé deux heures plus tôt sur le palais présidentiel, Mamadou Tandja n’a d’autres choix que de rendre les armes. « On aurait dit un vieil officier muré dans ses certitudes, ne pouvant imaginer une seconde que ses “enfants” puissent le déposer », confie alors un des membres de la junte.

Isolé diplomatiquement, il a pourtant tout tenté, jusqu’à acheter les ex-rebelles touaregs et des généraux, en leur offrant villas et bonus. Mais il ne réussit qu’à vexer d’autres officiers, dont beaucoup s’attendent dès lors à faire partie d’une prochaine purge dans les rangs d’une Grande Muette qui porte de plus en plus mal son nom.

Début février 2010, il limoge même trente-sept éléments de sa garde présidentielle et annonce que les primes vont baisser. Pas de quoi s’assurer l’indéfectible loyauté de ceux, censés le protéger, qui se retournent finalement contre lui le 18 février. Seules les Forces nationales d’intervention et de sécurité (Fnis) auront tenté de le défendre. Mais cette ancienne garde républicaine, sous les ordres du ministre de l’Intérieur, Albadé Abouba, n’inversera pas le cours de l’histoire.

Dès 14 heures, le coup d’État est consommé, Salou Djibo s’imposant à la tête du CNRD. Mamadou Tandja, lui, est arrêté.

La prison, puis la retraite

Mamadou Tandja, le 4 août 2009, après avoir voté lors du référendum constitutionnel par lequel il espérait pouvoir briguer un troisième mandat.

Placé à l’isolement à la Villa verte, haut lieu du pouvoir durant les années Kountché, il est transféré en janvier 2011 à la prison civile de Kollo, à une trentaine de kilomètres au sud de Niamey. Mais il n’y passe que quelques mois.

Le 7 avril 2011, Mahamadou Issoufou est investi président et, un mois plus tard, le 10 mai, Mamadou Tandja sort de prison. Accusé de complicité de détournement de fonds, de délit de favoritisme et de violation du serment coranique pour avoir convoqué un référendum anticonstitutionnel, l’ancien président voit alors la chambre d’accusation de la cour d’appel de Niamey annuler toutes les poursuites engagées, les jugeant illégales.

Tandja se met alors prudemment en retrait, recevant tout de même à son domicile et laissant planer le doute sur un retour dans le grand bain politique. « Le jour où j’ai quitté le pouvoir, je leur ai laissé environ 400 milliards de francs CFA [près de 610 millions d’euros]. Aujourd’hui, dans notre Trésor, il y a des matins où vous ne trouverez que 3 millions. Ce sont tous des voleurs ! », lance-t-il devant des visiteurs en novembre 2013, s’attaquant à Mahamadou Issoufou et son gouvernement.

Une diatribe qui ne passe pas. Interrogé par les gendarmes sur la présumée disparition des fonds, Tandja tente de faire jouer son immunité d’ancien chef d’État, avant de finir par se rétracter publiquement. Si le pouvoir en reste là, Mamadou Tandja saisit l’avertissement.

En 2014, alors qu’éclate la querelle politique entre Mahamadou Issoufou et Hama Amadou, prélude à la bataille pour la présidentielle de 2016, l’ancien président conserve le silence. Il n’en sortira plus, affaibli par la maladie et quittant peu à peu la vie politique.

Ce 24 novembre, alors que la nouvelle de son décès atteignait les Nigériens, beaucoup se souviennent de son fervent « nationalisme », de son caractère de « bâtisseur » ou de son « austérité ». Certains notent enfin une ultime ironie du sort : l’homme du tazarché s’est éteint en cette fin d’année 2020 alors que son successeur, Mahamadou Issoufou, s’apprête à tenir sa promesse de respecter la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels. Un serment que lui-même avait tenté, malencontreusement, de briser. Un leg, bien involontaire, que l’enfant de Diffa laisse à la démocratie nigérienne.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Niger : l’ancien président Mamadou Tandja est décédé

novembre 25, 2020
Mamadou Tandja, ici en mai 2011 à Niamey après sa remise en liberté, est décédé le 24 novembre 2020 à l'âge de 82 ans.

Mamadou Tandja est décédé mardi 24 novembre à l’âge de 82 ans. L’ancien président nigérien avait dirigé le pays de 1999 à 2010, date de son éviction suite à un coup d’État.

Mamadou Tandja est décédé ce mardi 24 novembre, selon un communiqué de la présidence lu à la télévision publique nigérienne. L’ancien chef de l’État avait 82 ans.

Chef de l’ancien parti unique, le Mouvement national pour une société du développement (MNSD), Mamadou Tandja était devenu président en 1999. Il avait occupé le fauteuil présidentiel jusqu’en 2010, date à laquelle il avait été renversé par un coup d’État mené par Salou Djibo après avoir tenté de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

Incarcéré à la suite du coup d’État du 18 février 2010, il avait été libéré en mai 2011. Affaibli par la maladie depuis plusieurs années, il se tenait éloigné de la scène politique depuis plusieurs années.

« Le président de la République et le gouvernement ont le regret de vous annoncer le décès de son Excellence Tandja Mamadou, ancien président de la République du Niger, décès survenu ce jour 24 novembre à Niamey. Un deuil de trois jours sera observé sur toute l’étendue du territoire national », selon le texte, qui ne précise pas la cause de la mort.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Présidentielle au Niger : sa candidature rejetée, que va faire Hama Amadou ?

novembre 14, 2020
Hama Amadou, à Paris, le 15 septembre 2015.

La Cour constitutionnelle du Niger a annoncé vendredi 13 novembre la liste des candidatures validées pour l’élection présidentielle dont le premier tour doit avoir lieu le 27 décembre. Sans surprise, l’opposant Hama Amadou n’y figure pas.

L’issue ne faisait que peu de doutes. Certes, samedi 7 novembre, dans les travées du stade Seyni Kountché de Niamey, alors qu’Hama Amadou tenait un impressionnant meeting, ses partisans faisaient encore mine d’espérer.  Mais cela n’aura pas suffi : sa candidature pour la présidentielle a été rejetée par la Cour constitutionnelle.

« La Cour déclare inéligible à l’élection présidentielle Hama Amadou du Moden Fa Lumana », a annoncé vendredi 13 novembre le président de la Cour, Bouba Mahamane. Celui-ci, qui a fait l’annonce lors d’une audience au siège de son institution à Niamey, n’a pas explicité la raison de ce rejet.

Le couperet de l’article 8

L’explication est cependant connue de tous au Niger. Hama Amadou, ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale, avait été condamné en 2017 à un an de prison dans une affaire de « supposition d’enfants », dite des « bébés importés ». Une condamnation que l’intéressé a toujours qualifiée de politique.

Si Hama Amadou avait bénéficié en mars d’une grâce présidentielle alors qu’il purgeait sa peine, il n’en restait pas moins, selon la Cour constitutionnelle, concerné par l’article 8 de l’actuel code électoral. Or, celui-ci stipule que toute personne condamnée à au moins un an de prison ne peut être autorisée à se présenter à une élection.

Les avocats d’Hama Amadou ont ces derniers mois tout tenté pour échapper à l’invalidation de la candidature. Ils ont notamment mis en avant le fait que leur client n’aurait pas été déchu de ses droits civils et politiques par la justice. Une partie de l’opposition réclamait quant à elle une modification du code électoral. Mais la majorité présidentielle est restée sourde à leur revendication et la Cour a choisi de rejeter les arguments de l’opposant.

« Une décision politique »

« La Cour n’a fait que lire l’article 8. On ne peut pas modifier ou interpréter une loi en fonction de telle ou telle personne », se réjouit un cadre du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir). « C’est une décision politique à laquelle nous nous attendions », déplore un proche d’Hama Amadou. « La Cour a prouvé qu’elle n’était pas indépendante et qu’elle était sous l’influence du PNDS », ajoute notre source.

Hama Amadou, qui avait ces dernières semaines débuté une campagne remarquée pour la présidence, n’a pas encore officiellement réagi à son éviction, même si plusieurs faux messages lui étant attribués circulent sur les réseaux sociaux. Selon nos informations, l’ancien Premier ministre a quitté le Niger pour le Nigeria dans la matinée du vendredi 13 novembre, avant même la décision de la Cour.

Quid de la suite ?

À Niamey, sa prochaine première prise de parole est très attendue, à la fois par ses militants, ses alliés et ses adversaires. Faisant partie de la coalition de l’opposition Cap21 – qui regroupe les principaux opposants et qu’il espérait mener lui-même à la victoire -, Hama Amadou doit désormais choisir s’il soutient ou non un autre candidat.

IL N’A PAS LES MOYENS D’EMPÊCHER L’ÉLECTION DE SE TENIR

« Cela fait des mois que tous se demandent ce qu’il fera si son dossier n’est pas validé », explique un membre de la coalition. « On attend. Soit il conteste la décision et engage un rapport de force avec le PNDS pour continuer de jouer sa carte personnelle, soit il fait campagne avec l’opposition pour quelqu’un d’autre », détaille un autre opposant.

« Il a fait monter la pression ces dernières semaines pour effrayer la Cour, mais cela n’a pas fonctionné. Il n’a pas les moyens d’empêcher l’élection de se tenir », croit savoir notre source au PNDS. « Il y a un risque de tensions. Hama Amadou peut chercher à lancer un bras-de-fer avec le pouvoir, notamment à Niamey, où son parti est très présent, mais c’est un jeu dangereux », analyse cependant un diplomate en poste au Niger.

Trente candidatures validées

Ce même 13 novembre, la Cour constitutionnelle a également rejeté onze autres candidats, lesquels n’avaient pour la plupart pas pu prouver le bon versement de la caution de 25 millions de francs CFA requise pour chaque dossier. La Cour a en revanche validé trente candidatures.

L’ancien ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum (PNDS) – dont l’éligibilité était contestée par ses adversaires au motif qu’il ne pourrait pas prouver être né au Niger de parents nigériens – fait figure de favori. Salou Djibo, Seïni Oumarou, Mahamane Ousmane, Ibrahim Yacouba et Albadé Abouba seront ses principaux concurrents.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Niger: huit personnes dont six touristes français tuées dimanche par des hommes armés

août 9, 2020

Les assaillants venus à moto ont ouvert le feu dans la zone de Kouré.

Des soldats de l'armée nigérienne dans le désert de Iferouane. (Photo d'illustration)
Des soldats de l’armée nigérienne dans le désert de Iferouane. (Photo d’illustration) Souleymane Ag Anara / AFP

Huit personnes dont six Français et deux Nigériens ont été tuées dimanche par des hommes armés venus à motos dans la zone de Kouré au Niger qui abrite les derniers troupeaux de girafes d’Afrique de l’ouest, a-t-on appris de source officielle.

«Il y a huit morts : deux Nigériens dont un guide (touristique) et un chauffeur, les six autres sont des Français», a déclaré à l’AFP le gouverneur de Tillabéri, Tidjani Ibrahim Katiella. «Nous sommes en train de gérer la situation, on donnera plus d’informations après», a-t-il ajouté sans donné de détails sur les circonstances de l’attaque, ni sur l’identité des assaillants.

«L’attaque a eu lieu vers 11H30 (10H30 GMT) à 6 km à l’est de la localité de Kouré» qui se trouve à une heure de route de Niamey sur la route nationale numéro 1, a expliqué à l’AFP, de son côté, une source proche des services de l’environnement. «La plupart des victimes ont été abattues par balles et une femme qui a réussi à s’enfuir a été rattrapée et égorgée. Sur place, on a trouvé un chargeur vidé de ses cartouches», a relevé cette source. «On ne connait pas l’identité des assaillants mais ils sont venus à motos à travers la brousse et ont attendu l’arrivée des touristes. Le véhicule emprunté par les touristes appartient à l’ONG Acted».

Par Le Figaro avec AFP

Niger: les élections municipales repoussées au 13 décembre 2020

juillet 23, 2020

 

La Commission nationale électorale indépendante du Niger (Céni) a annoncé jeudi le report au 13 décembre 2020 des élections municipales et régionales, sans cesse repoussées depuis 2016, et qui avaient été initialement programmées le 1er novembre. «La Céni propose la date du 13 décembre 2020 qui répond à vos préoccupations et qui tient aussi compte de ses capacités logistiques et financières», a déclaré le président de la Céni Issaka Souna lors d’une rencontre avec les partis politiques.

Début juillet, Issaka Souna a soulevé un tollé parmi des partis d’opposition et d’autres proches du régime en annonçant que les municipales et régionales ne pouvaient se tenir que le 17 janvier 2021, en raison notamment de «retard» accusé dans la confection du fichier électoral biométrique. Ces partis exigeaient des municipales et régionales avant le premier tour de la présidentielle, couplé aux législatives, qui est fixé au 27 décembre 2020. Les scrutins municipaux et régionaux avaient initialement été fixés au 9 mai 2016, mais ont subi de nombreux reports que les autorités ont justifiés par «la saison des pluies» ou «la nécessité impérieuse» d’élaborer «un fichier électoral biométrique».

Pour permettre aux mairies de fonctionner, les mandats des élus locaux – élus pour cinq ans en 2011 – qui ont expiré depuis 2016, sont prolongés tous les six mois par le gouvernement, grâce à une loi votée par le Parlement. Depuis 2017, l’opposition refuse de siéger à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et conteste le nouveau code électoral élaboré, selon elle, sur une base «non consensuelle, sans sa participation», qui a été adopté en juin 2019 par le Parlement. Jeudi, l’opposition a encore réitéré son «exigence de la dissolution de la Céni». Un «dialogue» annoncé fin octobre 2019 par le pouvoir et l’opposition en vue «d’apaiser» le climat politique tendu n’a toujours pas commencé à six mois de la présidentielle.

Par Le Figaro avec AFP

Surfacturations au Niger : 50 millions d’euros détournés, selon l’audit définitif

juin 23, 2020

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a interrompu sa participation à la Conférence sur « la Paix Durable, la Sécurité et le Développement en Afrique » qui se tient en Égypte pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à Inates le 10 décembre 2019.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a interrompu sa participation à la Conférence sur « la Paix Durable, la Sécurité et le Développement en Afrique » qui se tient en Égypte pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à Inates le 10 décembre 2019. © DR / Twitter officiel de la présidence du Niger

 

Des surfacturations et des livraisons non effectuées d’équipements militaires ces dernières années ont coûté 32,6 milliards FCFA (50 millions d’euros) à l’Etat du Niger, a annoncé mardi le parquet de Niamey. Un chiffre inférieur de moitié à celui qui avait circulé jusqu’à présent.

L’affaire des surfacturations de matériel militaire à l’État fait grand bruit au Niger après la diffusion sur les réseaux sociaux d’extraits d’un rapport d’audit provisoire, qui chiffrait les irrégularités à plus de 76 milliards FCFA (plus de 116 millions d’euros) entre 2017 et 2019. Selon le communiqué du nouveau procureur de la République nigérien, Maman Sayabou Issa ce chiffre est issu « du rapport définitif » d’audit au ministère de la Défense du Niger.

« Ce rapport provisoire a fait l’objet de contradictions, lesquelles ont été intégrées dans un rapport définitif en date du 3 avril 2020 », explique le procureur. Le rapport définitif fait ressortir « un manque à gagner » de plus de 12 milliards FCFA (18,4 millions d’euros) au titre des surfacturations et de 18,5 milliards FCFA (28,3 millions d’euros) pour les matériels non livrés, détaille le procureur.

« Enrichissement illicite »

Le rapport provisoire avait annoncé 48,3 milliards FCFA (66 millions d’euros) de surfacturations et 27,8 milliards FCFA (42 millions d’euros) de matériel non-livré. Selon le parquet, le « dossier de la procédure » qui lui a été transmis « le 22 juin 2020 » pointe « des faits susceptibles de recevoir des qualifications pénales », tels que « faux et usage de faux en écriture publique et de commerce », « enrichissement illicite » ou « atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats devant les marchés publics ».

L’affaire remonte à fin février, lorsque le gouvernement avait annoncé qu’un audit demandé par le président Mahamadou Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées dans des achats d’équipements pour l’armée, qui combat depuis 2015 les jihadistes dans le sud-est et l’ouest du pays. Cet audit avait « passé au peigne fin un total de 177 dossiers dont les conditions de passation, d’exécution et de paiement pour certains d’entre eux » étaient « susceptibles de qualifications pénales ».

Le 15 mars, de violents heurts avaient opposé les forces de l’ordre et des manifestants demandant des sanctions dans ce scandale. Au moins trois figures de la société civile sont encore incarcérées. Le 10 juin, une influente journaliste-blogueuse nigérienne, Samira Sabou, a également été arrêtée, visée par une plainte pour diffamation du fils du président. Le scandale a d’autant plus choqué l’opinion que les soldats nigériens paient un lourd tribut dans la lutte contre les groupes jihadistes.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Niger : décès de Mohamed Ben Omar, le ministre de l’Emploi et du Travail

mai 4, 2020

Mohamed Ben Omar, ministre du Travail du Niger, décédé le 3 mai 2020.

Mohamed Ben Omar, ministre du Travail du Niger, décédé le 3 mai 2020. © Page Facebook de Mohamed Ben Omar

 

Le ministre de l’Emploi et du Travail du Niger, Mohamed Ben Omar, est décédé dimanche 3 mai à Niamey, à 55 ans. Il était entré en politique aux côtés de l’ancien président Ibrahim Baré Maïnassara.

Mohamed Ben Omar est décédé ce 3 mai, aux alentours de 16 heures (locale), à l’hôpital national de référence de Niamey, selon son parti, le Parti social démocrate (PSD), dont il était le fondateur. Les causes de la mort du ministre n’ont, pour le moment, pas été officiellement rendues publiques.

« C’est avec un cœur ému que je viens d’apprendre ce jour le rappel à Dieu du ministre de l’Emploi Mohamed Ben Omar », a aussitôt réagi le président nigérien Mahamadou Issoufou sur Twitter. « Je garde de lui le souvenir d’un homme intelligent, vif d’esprit et volontaire », a quant à lui déclaré le ministre Hassoumi Massaoudou.

Du syndicalisme étudiant au gouvernement

Né en 1965 à Tesker, dans la région de Zinder, Mohamed Ben Omar avait débuté ses études au collège de Gouré avant de poursuivre aux lycées de Maradi et de Diffa, où il obtient son baccalauréat en 1986.

Étudiant à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, où il s’engage avec ferveur dans le syndicalisme estudiantin, il y décroche une maîtrise en histoire et géographie, matières qu’il enseigne ensuite au collège et au lycée à Niamey et Diffa.

Engagé politiquement au sein du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP), le parti du président Ibrahim Baré Maïnassara (assassiné en 1999), il est nommé une première fois ministre conseiller auprès de ce dernier en 1998.

Plusieurs fois élu député, il figure à plusieurs reprises au gouvernement sous Mamadou Tandja, comme ministre chargé des Relations avec les institutions et porte-parole (2004-2007), puis ministre de la Communication (2007-2009).

Fondateur du Parti social démocrate en 2015, Mohamed Ben Omar avait rejoint l’alliance soutenant Mahamadou Issoufou, lequel l’a nommé en 2016, à l’occasion de son second mandat, ministre de la Recherche puis ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale. Mohamed Ben Omar était père de six enfants.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Coronavirus: un activiste nigérien en garde à vue après une fausse alerte

mars 6, 2020

Une figure de la société civile au Niger, Kaka Touda, a été arrêtée par la police après avoir annoncé sur Facebook la détection d’un «cas suspect» de coronavirus à Niamey, a appris vendredi 6 mars l’AFP auprès de son association.

Naka Touda a été «convoqué hier (jeudi) après-midi et placé en garde à vue à la police judiciaire, en lien avec une publication sur la détection d un de cas de coronavirus sur Facebook » à Niamey, a précisé Moussa Tchangari, le responsable de l’Association alternative espace citoyen (AEC), où milite Kaka Touda.

Ce dernier avait écrit sur sa page Facebook : «Dernière heure: un cas suspect (Italien) de coronavirus à l’hôpital de référence à Niamey. Service des urgences fermé personne ne sort». L’hôpital avait démenti l’annonce mercredi dans un communiqué, précisant «qu’aucun cas confirmé de coronavirus n’a été détecte au Niger». Kaka Touda avait aussitôt relayé le démenti.

Un porte-parole du ministère nigérien de la Santé a expliqué à l’AFP qu’un ressortissant italien avait effectivement été admis dans cet hôpital «par précaution» mas avait pu le quitter, les tests de coronavirus étant négatifs. Pour le moment, le Niger n’a recensé aucun cas sur son territoire. L’Algérie voisine, le pays le plus touché en Afrique à ce jour, a enregistré jusqu’à présent 17 cas de coronavirus, selon le ministère de la Santé

Par Le Figaro avec AFP

L’opposant nigérien Hama Amadou bientôt évacué en France

février 14, 2020

Hama Amad, à Paris en août 2015 (archives).

Hama Amad, à Paris en août 2015 (archives). © V.Fournier/JA

 

Hama Amadou a obtenu le 20 février l’autorisation d’être évacué vers la France pour y subir un contrôle de santé. Il doit prendre la direction de Paris dans les prochains jours, sitôt les formalités de départ remplies.

Le président du tribunal d’instance de Filingué a autorisé, ce jeudi 13 février, Hama Amadou à se faire évacuer vers la France pour un contrôle sanitaire. L’opposant nigérien, dont la demande avait été déposée par Me Boubacar Mossi, pourra se rendre à l’hôpital américain de Neuilly, où il s’était déjà fait soigner en 2016, dans un délai de quinze jours.

Passé cette période, Hama Amadou « est tenu de réintégrer l’établissement pénitentiaire » de Filingué, où il purge une peine d’un an de prison pour « supposition d’enfants ». Hama Amadou, exilé depuis mars 2016 après quatre mois de détention préventive dans l’affaire dite des bébés volés, était rentré au Niger le 14 novembre dernier, avant d’être placé en détention le 18 pour purger le reste de sa peine.

L’ancien président de l’Assemblée nationale n’exclut pas de se porter candidat à la prochaine présidentielle, dont le premier tour est prévu en décembre 2020. Le code électoral actuel interdit toutefois à toute personne condamnée à un an de prison au moins de se présenter à un scrutin.

L'ordre d’évacuation sanitaire de l'opposant nigérien Hama Amadou.
L’ordre d’évacuation sanitaire de l’opposant nigérien Hama Amadou. © DR

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

Une base militaire attaquée au Niger, au moins 25 soldats tués

janvier 9, 2020

Des assaillants soupçonnés d’appartenir à un groupe djihadiste ont tué jeudi 25 soldats et en ont blessé six autres dans une attaque menée contre un poste de l’armée du Niger dans l’ouest du pays, près de la frontière avec le Mali, a fait savoir le gouvernement dans un communiqué.

Soixante-trois assaillants sont également morts durant l’accrochage, survenue à Chinagodrar, à 200 km environ au nord de Niamey, précisent les autorités.

Cette attaque, qui n’a pas été revendiquée, s’inscrit dans un contexte de violences croissantes dues à des groupes liés à al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI), qui tentent de contraindre l’armée nigérienne de ses retirer des zones frontalières du Mali.

Le mois dernier, l’attaque d’une autre base militaire, à 150 km à l’ouest de Chinagodrar, a fait 71 morts parmi les soldats nigériens.

Par Le Figaro avec Reuters