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Niger, RDC, Tunisie… Qui sont les gagnants et les perdants de la crise ?

octobre 14, 2022

En Afrique, les déséquilibres macroéconomiques atteignent des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies. Pourtant, certains pays s’en sortent mieux que d’autres. Décryptage à la lumière du dernier rapport du FMI.

L’île de Mahé, aux Seychelles, en 2019. © Yasuyoshi Chiba/AFP

En 2022, en Afrique, la reprise économique a été brisée par le ralentissement mondial, par le durcissement des conditions financières et par la volatilité du prix des matières premières. En 2021 l’activité sur le continent avait rebondi, et le PIB avait crû de 4,7 %. Changement de décor en 2022, année pour laquelle le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une progression de +3,6% des revenus, soit un recul de 1 point de croissance sur un an.

Dans son rapport, le FMI observe une certaine hétérogénéité dans les trajectoires des pays de la région. Les estimations de 2022 ont été revues à la hausse pour l’Afrique du Sud grâce à la forte reprise de l’activité des services, et malgré l’impact des inondations, des coupures d’électricité et des grèves. En revanche, pour 33 des 44 pays passés au crible, la situation est bien moins favorable.

Les Seychelles (+10,9%) et le Malawi (+0,9%) occupent respectivement la première et la dernière place du podium. Entre les deux, le Nigeria et le Soudan du Sud (+6,1%), ainsi que la Guinée équatoriale, le Congo, le Rwanda et Maurice (+6%) s’en sortent bien. Le Gabon, le Mali (+2,5%) et la Centrafrique (+1,5%) peinent, pour leur part, à relancer leur économie.

Top 5  des taux de croissance les plus élevés en 2022

Taux de croissance du PIB
Taux de croissance du PIB

Les 5 taux de croissance les moins élevés en 2022

Taux de croissance Afrique bas © Taux de croissance du PIB. Source : FMI
Taux de croissance Afrique bas © Taux de croissance du PIB. Source : FMI

Le spectre du surendettement

S’agissant de la dette publique, 19 des 35 pays à faibles revenus sont en situation de surendettement ou de risque élevé dans ce domaine. À leur tête, la RDC (où la dette représente 85% du PIB), le Ghana (81,8%) et la Tunisie (80%).

L’endettement régional se rapproche désormais des niveaux observés au début des années 2000, avant l’adoption de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés. Toutefois, la composition de ces dettes est à présent différente. L’émergence de créances sous forme de fonds privés a, par ailleurs, « entraîné une hausse des coûts du service de la dette et engendré des risques de refinancement », note le Fonds.

Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB © Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB. Source : FMI
Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB © Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB. Source : FMI

Inflation grandissante

Sur le front de l’inflation et comparées aux projections publiées en avril 2022, les prévisions ont été significativement revues à la hausse. En glissement annuel, la médiane régionale a augmenté de près de 2 points, portant la prévision de la fin de 2022 à 8,7% en moyenne, avec un minimum de 6%, et un maximum 12,2% selon les pays. L’Angola constitue une exception notable : l’inflation y a diminué de plus de 3 points en raison de l’appréciation rapide du kwanza, associée à la hausse des prix du pétrole.

Taux d’inflation en Afrique subsaharienne
Taux d’inflation en Afrique subsaharienne

Pour l’institution de Bretton Woods, « une hausse du taux directeur pour faire face à la montée de l’inflation et aux pressions sur les taux de change peut s’avérer nécessaire dans les pays particulièrement touchés », comme le Zimbabwe et le Ghana.

À noter toutefois que ces hausses interviennent dans le contexte d’une reprise encore fragile et de besoins sociaux élevés. « Jusqu’à présent, la hausse de l’inflation était principalement due à des facteurs externes. À l’avenir, la demande devrait rester relativement faible, notamment en raison [des mesures] d’assainissement budgétaire », conclut le rapport.

Avec Jeune Afrique par Yara Rizk

Abdoulaye Maïga : le président Bazoum qualifié d’étranger, la junte joue avec le feu

septembre 28, 2022

L’ex-ministre centrafricain Adrien Poussou considère que le discours incendiaire du Premier ministre malien par intérim contre le président nigérien, porte les germes d’un prochain affrontement fratricide entre les deux pays.

Le Premier ministre de la République du Mali, Abdoulaye Maiga, à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 24 septembre 2022. © Eduardo Munoz/Reuters

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. » Voilà ce que l’on pourrait rétorquer au Premier ministre malien par intérim, Abdoulaye Maïga, qui a multiplié les critiques virulentes à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, notamment à l’égard du président nigérien, Mohamed Bazoum.

Le colonel Abdoulaye Maïga n’a pas été tendre avec ceux qui exigent un calendrier raisonnable pour la fin de la transition et indiquent la porte de sortie à la junte malienne. Il a ainsi tenu un discours au lance-flammes contre le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, auquel il a dénié la qualité de « chef d’État » ; contre le président bissau-guinéen et président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Umaro Sissoco Embaló ; et contre le président ivoirien Alassane Ouattara. Mais le Premier ministre malien a réservé sa charge la plus violente au président nigérien, Mohamed Bazoum, qualifié « d’étranger qui se réclame du Niger ». Un comble.

Son seul péché est d’avoir exhumé un secret de polichinelle : la montée en puissance des jihadistes depuis le retrait du Mali de la force française Barkhane, et le risque, réel, de voir la ville de Ménaka, frontalière de son pays, passer sous le contrôle des terroristes. À mots à peine couverts, Mohamed Bazoum a pointé l’incapacité de la junte malienne à obtenir des résultats probants en matière de sécurité, laquelle a servi de prétexte au double coup d’État. Il a également fustigé l’inefficacité des mercenaires de Wagner dans la lutte contre le terrorisme, en dépit de leur déploiement sur le terrain aux côtés des Forces armées maliennes (FAMA).

Surenchère langagière

On se souvient qu’en juillet 2021, le président nigérien avait vertement critiqué la propension des colonels maliens à renverser les régimes démocratiquement élus, après des revers militaires. « Il ne faut pas permettre que les militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front […], que les colonels deviennent des ministres ou des chefs d’État », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Emmanuel Macron. Des propos qui avaient suscité la « vive protestation » des autorités maliennes.

Manifestement, les critiques du président nigérien leur sont restées en travers de la gorge, et elles cherchaient l’occasion de lui rendre la pareille. En le qualifiant « d’étranger qui se réclame du Niger », Abdoulaye Maïga persiste dans la surenchère langagière à laquelle il nous a habitués, au mépris des sacro-saintes règles de bienséance qui caractérisent les relations entre les pays « frères » d’Afrique. Au-delà du fait que ce discours incendiaire va malheureusement à l’encontre des « solides relations d’amitié et de fraternité » entre les peuples nigérien et malien, il porte surtout les germes d’un prochain affrontement fratricide entre les deux pays.

Pseudo-nationalistes

On s’étonne que des gens qui se proclament panafricanistes à longueur de discours en soient réduits à traiter d’autres Africains « d’étrangers ». En vérité, le panafricanisme bruyant dont se targuent les militaires maliens, ainsi que leurs soutiens stipendiés par les Russes, se heurte ainsi à leur véritable nature : ce sont de pseudo-nationalistes assoiffés de pouvoir.

Nous sommes d’autant moins surpris que des sources bien informées nous ont indiqué qu’en prenant connaissance du communiqué final publié à l’issue du sommet extraordinaire de la Cedeao, le 22 septembre dernier à New York, le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, aurait exulté. Comme un caïd de cours de récréation, le président de la transition aurait été manifestement content d’apprendre l’annonce de la venue prochaine de trois chefs d’État pour tenter d’obtenir la libération des 46 soldats ivoiriens toujours détenus à Bamako.

Instabilité chronique

Ni la condamnation, « avec fermeté », de l’incarcération de ces militaires ivoiriens par la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de la Cedeao, ni la dénonciation du « chantage » exercé par les Maliens dans cette affaire, n’ont gâché son plaisir. Bien au contraire : le plus important pour lui, c’est que de vrais chefs d’État, qui n’ont pas eu besoin d’usurper la souveraineté nationale chez eux, feront le déplacement de Bamako pour le supplier de libérer les « militaires otages », selon la terminologie des officiels ivoiriens. Lui qui entend troquer son uniforme militaire contre un costume respectable de président élu à la faveur d’une farce électorale qu’il compte organiser à l’issue de la transition.

Les militaires au pouvoir au Mali oublient une chose : les pays de la Cedeao auxquels ils ont pris l’habitude de s’attaquer avec virulence ont suffisamment de leviers pour créer, et entretenir, une instabilité chronique au Mali. Parce que des  millions de Maliens vivent dans ces pays-là, le pouvoir malien aurait tort de considérer le refus de l’escalade des autres chefs d’État comme une faiblesse. Personne n’a intérêt à ce que la situation dégénère, ou se transforme en une guerre de pauvres.

Avec Jeune Afrique

Adrien Poussou

Par Adrien Poussou

Ancien ministre centrafricain de la Communication.

Niger : le redéploiement de l’armée française au cœur d’un débat au Parlement

avril 21, 2022

À l’heure où la France prépare le transfert du Mali au Niger d’une partie de l’opération « Barkhane », les députés nigériens débattront et voteront ce vendredi 22 avril.

La présidence nigérienne a décidé de porter la question de la présence des forces étrangères devant le Parlement.© DAPHNE BENOIT / AFP

Le résultat du vote laisse peu de place au doute, le parti au pouvoir du président Mohamed Bazoum disposant d’une écrasante majorité à l’Assemblée nationale. Mais à l’heure où la France prépare le transfert du Mali au Niger d’une partie de son dispositif de lutte antiterroriste au Sahel, son arrivée est déjà dénoncée par des ONG locales. « Le débat suivi d’un vote sur la présence des forces étrangères dans notre pays dans le cadre de la lutte contre le terrorisme se tiendra demain vendredi (22 avril) », a indiqué une source gouvernementale.

Mutualiser les forces face à une menace grandissante

Le document soumis aux députés, consulté par l’AFP, souligne que le Niger « est quasiment encerclé par les groupes terroristes. Malgré les efforts déployés pour contenir la menace aux abords de nos frontières, le bilan humain et économique est lourd ». Il ajoute que « l’évolution de la situation sécuritaire requiert un engagement commun des gouvernements de notre pays et d’autres nations pour une lutte efficace contre le terrorisme, dans le cadre de coopérations bilatérales ou multilatérales existantes ou futures ».

« Les forces spéciales des pays amis seront déployées » et « installées sur les territoires dans les pays membres de la Cedeao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) affectés par la menace », dont « le Bénin, le Ghana, le Niger et la Côte d’Ivoire », indique le texte.Si des forces spéciales étrangères de la France et des États-Unis sont déjà présentes au Niger qui s’est déclaré prêt à en accueillir d’autres, leur présence future n’a jamais été officiellement évoquée dans les trois autres pays.

En annonçant en février le retrait de leurs forces du Mali, la France et ses partenaires européens avaient souhaité rester engagés dans la région sahélienne et « étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest » pour contenir la menace djihadiste. Les « paramètres » de cette réorganisation seront arrêtés « d’ici juin 2022 », avaient-ils indiqué.

Le nord du Bénin et de la Côte d’Ivoire ont été la cible depuis 2020 d’attaques djihadistes meurtrières et la crainte est de les voir se multiplier et s’étendre à d’autres pays ouest-africains.Le document soumis aux élus précise qu’au Niger « qui abrite déjà des bases de forces étrangères, de nouvelles implantations seront créées plus près des théâtres des opérations » au Mali et « les lieux de stationnement, les modalités d’opérations » seront discutés « avec la hiérarchie militaire ».

Des oppositions

Dans un communiqué, les partis d’opposition ont estimé que la démarche du gouvernement vise « à contourner l’obligation de communiquer aux députés nationaux les textes relatifs aux accords de défense et de sécurité, au titre de la régularisation du redéploiement des forces Barkhane et Takuba au Niger ». Hassoumi Massoudou, ministre nigérien des Affaires étrangères, a récemment soutenu que son pays souhaitait « un accroissement de l’intervention de nos partenaires », car « avec le départ des forces françaises du nord du Mali, nous nous attendons à ce qu’il ait une plus grande pression des terroristes sur notre pays ». Dans sa lutte contre les mouvements djihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI), le Niger bénéficie du soutien de plusieurs pays occidentaux, dont la France et les États-Unis, qui ont des bases militaires à Niamey et dans la région d’Agadez (Nord). Mais des ONG nigériennes dénoncent cette présence de militaires étrangers qu’elles considèrent comme « des forces d’occupation » et « une menace pour la souveraineté du pays ».

Par Le Point avec AFP

Niger – Détournements au ministère de la Défense : « L’État fera toute la lumière sur ce qui s’est passé »

janvier 10, 2022
Le porte-parole du gouvernement nigérien et ministre de l’Élevage, Tidjani Idrissa Abdoulkadri. © DR

L’État vient de renoncer à se constituer partie civile dans l’une des procédures d’enquête sur les fausses factures qui ont éclaboussé le ministère de la Défense il y a deux ans. Une décision que le porte-parole du gouvernement a expliquée à JA.

L’affaire avait fait l’effet d’une bombe à Niamey. Réalisé à la demande du président Mahamadou Issoufou, un audit révélait en février 2020 l’existence d’un réseau de fausses factures, de surfacturations et de commandes payées mais non livrées d’une ampleur inédite au sein du ministère nigérien de la Défense. Même si le chiffre initial – proprement vertigineux – de 76 milliards de francs CFA (environ 116 millions d’euros) détournés du Trésor public a depuis été ramené après enquête à des proportions moins déraisonnables (12,1 milliards, soit 18,5 millions d’euros), le scandale, deux ans plus tard, demeure pendant devant la justice nigérienne.

Dans ce contexte, dont a hérité le président Mohamed Bazoum, l’ordonnance prise fin décembre par le doyen des juges d’instruction entérinant le renoncement de l’État à se constituer partie civile contre les auteurs présumés de ces malversations – ordonnance confirmée le 3 janvier par un communiqué de l’Agence judiciaire de l’État [AJE], établissement public relevant du ministère des Finances – ne pouvait que susciter des interrogations. Pour le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Élevage, Tidjani Idrissa Abdoulkadri, ce désistement n’est en rien synonyme d’impunité. Il s’en explique.

Jeune Afrique : L’État a décidé de retirer sa constitution de partie civile dans l’affaire dite des détournements au ministère de la Défense nationale. Pourquoi ?

Tidjani Idrissa Abdoulkadri : Cette décision a été prise car l’État a récupéré l’intégralité du montant des surfacturations, soit 12,1 milliards de francs CFA. Ce montant a été établi par l’enquête préliminaire de la direction de la police judiciaire qui a entendu toutes les personnes mises en cause.

Mais il faut bien comprendre que l’État ne se retire pas de cette affaire. Depuis l’ouverture d’une instruction, deux procédures se côtoient : l’action civile menée par l’AJE donc, et l’action publique soutenue par le procureur au nom de l’État. Comme cette dernière se poursuit, l’État reste dans le dossier.

Le matériel payé qui n’avait pas été livré a-t-il lui aussi été réceptionné ?  

Oui, l’État l’a reçu en intégralité.

Plusieurs personnalités, dont deux anciens ministres de la Défense et deux hommes d’affaires, sont cités dans ce dossier. L’audit de septembre 2019 évoquait l’existence d’un réseau délictueux avec de faux appels d’offres et des détournements de fonds publics. Pensez-vous qu’il soit encore possible de faire la lumière sur ces soupçons ? 

Nous sommes tout à fait décidé à ce que la vérité soit dite. L’État est résolu à faire la lumière sur ce qui s’est passé. Laissons le juge d’instruction poursuivre ses investigations.

C’EST LA PREMIÈRE FOIS, DANS CE GENRE DE DOSSIER, QUE L’ÉTAT RÉCUPÈRE DES SOMMES D’ARGENT DÉTOURNÉES

Mohamed Bazoum a fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa politique. Dans ce contexte, un procès où l’État serait sur les bancs des plaignants n’était-il pas souhaitable, ne serait-ce que pour l’exemple ?

Il n’y a aucun doute sur l’engagement et la détermination du président Bazoum à combattre la corruption et toute autre forme de détournement de deniers publics. À ce jour, plusieurs dossiers de malversations sont sur les bureaux de juges d’instruction.

Dans cette affaire [des détournements au ministère de la Défense, ndlr], l’État a été intégralement payé. Par ailleurs, nous faisions face à une question de droit : la notion de surfacturation n’étant pas considérée comme une infraction dans notre législation, nous prenions le risque d’être débouté. C’est pour cela qu’a été privilégiée l’option de se retirer de l’une des procédures. Mais, je le répète, une action publique est parallèlement en cours. Et l’État sera là jusqu’au terme de celle-ci, qui aboutira à la sanction pénale des auteurs de ces faits, ou d’autres que l’instruction révélerait.

L’exécutif est tenu par le principe de redevabilité, qui est un pilier de la bonne gouvernance sur lequel le président de la République a résolument engagé le gouvernement. Je crois que cette affaire prouve que l’État respecte son engagement de transparence. Cela mérite d’être souligné : c’est la première fois dans ce genre de dossier, et avant qu’il y ait un jugement, que l’État parvient à récupérer des sommes détournées.

Par Jeune Afrique

Macron mise sur Bazoum et fait du Niger le cœur du dispositif français au Sahel

juillet 9, 2021
Mohamed Bazoum et Emmanuel Macron, à l’Élysée, le 9 juillet 2021, lors de leur conférence de presse commune à l’issue du sommet virtuel du G5 Sahel.

Un mois après avoir annoncé la « transformation profonde » de la présence militaire française au Sahel, Emmanuel Macron a livré les grandes lignes du futur dispositif à ses homologues ouest-africains. Et Niamey y occupe une place centrale.

Quel sera le dispositif militaire français au Sahel après la fin annoncée de l’opération Barkhane ? De Paris à Bamako en passant par Niamey, la question a donné lieu à de nombreux débats et spéculations. Ce vendredi 9 juillet, à l’issue d’un sommet en visioconférence entre les chefs d’État du G5 Sahel et le président français, Emmanuel Macron a tranché : l’engagement de la France dans la zone sahélienne passera « d’une opération militaire à un dispositif de coopération », a-t-il affirmé depuis Paris, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue nigérien Mohamed Bazoum.

La présence de ce dernier, seul président du G5 Sahel à avoir fait le déplacement, ne devait d’ailleurs rien au hasard, tant le futur dispositif fait de Niamey le pilier principal de la stratégie sécuritaire française dans la Sahel.

Fermeture progressive

Emmanuel Macron a annoncé la fermeture progressive des bases militaires françaises dans le nord du Mali, un processus qui démarrera d’ici la fin de cette année. Les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou seront concernées « d’ici le début de l’année 2022 », a précisé le président français, confirmant les annonces de Florence Parly, sa ministre des Armées. La présence militaire française va en revanche s’appuyer sur une coopération militaire renforcée avec les armées nationales, notamment via la Task Force Takuba – qui aura sa base à Niamey – et le partenariat avec la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM).

LA NATURE DE NOTRE ENNEMI COMMANDE UNE AUTRE COOPÉRATION

Cette annonce intervient un mois après celle de la fin de l’opération Barkhane. Huit ans après son lancement, en août 2014, dans la continuité de l’opération Serval au Mali, l’opération extérieure française la plus importante du XXIe siècle a enregistré des résultats plutôt mitigés, selon de nombreux observateurs.

Le président français et son homologue nigérien avaient participé, plus tôt dans la journée, à un sommet du G5 Sahel organisé par visioconférence par le Tchadien Mahamat Idriss Déby et auquel étaient présents le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani et le Malien Assimi Goïta.

« Rationalisation » de l’engagement français

« Nous ne pouvons que souscrire avec ce que la France est en train de faire, nous concevons que cette voilure soit réduite », a commenté Mohamed Bazoum. « La nature de notre ennemi commande une autre coopération », a ajouté le président nigérien, évoquant une « rationalisation » de l’engagement français avec laquelle les pays du G5 Sahel sont « absolument d’accord ».

« Niamey sera très fortement musclée. Les forces françaises présentes dans le pays vont muscler le commandement actuel de la force Takuba. Les forces qui sont associées vont être intégrées à des unités de forces spéciales », a précisé pour sa part Emmanuel Macron. « Il est important qu’on ait une connaissance du terrain dans toutes les actions de coopération et de réassurance et d’avoir des forces qui savent travailler avec les armées sahéliennes », a-t-il ajouté.

Le dispositif qui prendra la suite de Barkhane – qui compte 5 100 hommes déployés dans la zone sahélienne – représentera à terme entre 2 500 et 3 000 hommes. Il s’appuiera en outre sur les forces françaises basées en Côte d’Ivoire. Le président français a d’ailleurs insisté sur le fait que le risque terroriste « se dissémine dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest » et concerne désormais tous les pays du Golfe de Guinée. Les forces françaises seront donc mobilisables pour être déployées dans l’ensemble de la région, et pourront y intervenir à la demande des pays partenaires.

IL NE FAUT PAS PERMETTRE QUE DES MILITAIRES PRENNENT LE POUVOIR PARCE QU’ILS ONT DES DÉBOIRES SUR LE FRONT

Interrogé sur la situation au Mali, où le colonel Goïta a mené deux coups d’État, contre Ibrahim Boubacar Keïta, puis contre Bah N’Daw, Mohammed Bazoum a assuré que les chefs d’État ouest-africains avaient été « intraitables sur la mise en œuvre les dispositions prises par la Cedeao ». Et d’ajouter : « Il ne faut pas permettre que des militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front où ils devraient être et que des colonels deviennent des ministres et des chefs d’États. Qui va faire la guerre à leur place ? »

Dans leur communiqué final, au ton sensiblement moins polémique, les chefs d’État du G5 Sahel ont affirmé avoir « pris note » de la décision du président français de « transformer le dispositif militaire français déployé au Sahel ». Une décision qui « s’inscrit dans le cadre des discussions conduites depuis le sommet de Pau, en janvier 2020, et poursuivies lors du sommet de N’Djamena, en février 2021″, précise le communiqué.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

Niger : Ouhoumoudou Mahamadou nommé Premier ministre

avril 4, 2021
Ouhoumoudou Mahamadou a été nommé Premier ministre par le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum.

Le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum, a nommé samedi Ouhoumoudou Mahamadou au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision publique.

Ouhoumoudou Mahamadou est l’ex-directeur de cabinet du président sortant Mahamadou Issoufou. « Mohamed Bazoum, président de la République a signé ce jour un décret au terme duquel M. Ouhoumoudou Mahamadou est nommé Premier ministre », a indiqué le secrétariat général du gouvernement dans un communiqué lu à la télévision publique.PUBLICITÉ

Le nouveau gouvernement sera formé « dans les prochains jours », selon une source officielle. Elu député aux législatives de décembre 2020, deux fois ministre (des Mines, de l’Énergie et de l’Industrie de 1991 à 1993, puis des Finances de 2011 à 2012), Ouhoumoudou Mahamadou, sexagénaire, « appartient à un premier cercle des fidèles » de l’ex-président Issoufou et « est très écouté par l’appareil du parti » au pouvoir depuis 2011, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), selon un de ses proches.

Continuité

« Il a tous les dossiers du régime Issoufou en tête. Mohamed Bazoum s’inscrit dans la continuité », estime un militant du PNDS.

Diplômé en économie, en gestion des entreprises et en comptabilité, Ouhoumoudou Mahamadou est un Haoussa de la région de Tahoua (sud-ouest, dont est également originaire Mahamadou Issoufou). En 2012, il avait dû quitter le ministère des Finances après un scandale lié à l’octroi irrégulier de marchés publics de plus de 10 milliards de francs CFA (15 millions d’euros). Il était devenu ensuite le patron de la Banque internationale d’Afrique (BIA-Niger), une des plus importantes du pays, avant de devenir en juin 2015 directeur de cabinet du président Issoufou.

Mohamed Bazoum, 61 ans, a été investi président vendredi. Il a été élu à l’issue du second tour de la présidentielle du 21 février avec plus de 55% des voix face à un ancien président, Mahamane Ousmane, qui n’a pas reconnu sa défaite.

Par Jeune Afrique avec AFP

Niger : la CNDH confirme des cas de viols par des soldats tchadiens du G5 Sahel

avril 4, 2021
Un soldat de l’armée malienne avec le G5 Sahel à Sevare, le 30 mai 2018.

Dans un rapport rendu public le 2 avril, la Commission nationale des droits humains (CNDH) du Niger a confirmé qu’une fillette et deux jeunes femmes avaient été violées par des éléments tchadiens du G5 Sahel au cours du mois de mars dans la région de Tillabéri.

Le 2 avril, la CNDH a publié les conclusions de son enquête de terrain au sujet des allégations de viols perpétrés par des soldats tchadiens du G5 Sahel dans le département de Tera, au Niger, où ceux-ci étaient cantonnés avant de rejoindre la zone dite « des trois frontières ». Après avoir rencontré les autorités administratives et judiciaires, les témoins et les victimes présumées, la CNDH a conclu au bien-fondé des accusations contre les militaires.

« Il y a eu effectivement des viols sur une fille mineure de onze ans en classe de CE2 et deux femmes mariées (dont une enceinte) âgées de 23 et de 32 ans, toutes les deux mères de plusieurs enfants », détaille le rapport, rédigé après deux jours d’investigation sur place. « Il faut souligner que, pour ces deux femmes, ces actes odieux ont été commis en présence de leurs maris sous menace d’arme à feu de leurs agresseurs », ajoute le document signé par Émérite Khalid Ikhiri, président de la CNDH.

« Traduire les coupables devant les juridictions compétentes »

Toujours selon la CNDH, plusieurs tentatives de viol sont également à déplorer sur au moins cinq autres femmes. Celles-ci « ont réussi à s’enfuir quand (les) hommes armés (se sont) introduits dans leurs maisons. « La mission a aussi fait le constat d’agressions et de confiscations de biens sur de paisibles citoyens », détaille encore la commission, qui appelle les autorités à « traduire les coupables devant les juridictions compétentes ».

La Force conjointe G5 Sahel (FC-G5S) a réagi samedi, affirmant avoir envoyé une mission spéciale dans la localité de Tera.

« Face à des faits d’une telle gravité, en lien avec les autorités nigériennes et tchadiennes, la FC-G5S a pris des mesures idoines », peut-on lire dans le communiqué. Les soldats incriminés ont été retirés des effectifs et rapatriés dans leur pays d’origine. La Force conjointe G5 Sahel a également initié des sanctions disciplinaires. 

Le ministère des Affaires étrangères tchadien a déclaré que les auteurs avaient déjà été arrêtés et qu’ils « subiront les sanctions qui s’imposent ».

Avec Mathieu Olivier

Niger : investi président, Mohamed Bazoum dénonce la « barbarie » des jihadistes

avril 2, 2021
Mohamed Bazoum, le président nigérien, ici lors d’un meeting, a été officiellement investi le 2 avril 2021 à la tête du pays.

Lors de son investiture, le nouveau président Mohamed Bazoum a dénoncé les « crimes de guerre » commis dans son pays par Al-Qaïda et l’État islamique au Grand Sahara, deux groupes dont il a jugé qu’ils menaient leurs attaques au Niger depuis des bases installées au Mali.

Premier passage de relais entre deux présidents démocratiquement élus depuis l’Indépendance, l’investiture de Mohamed Bazoum aurait pu être une fête. Mais pour ses premier mots en tant que président du Niger ce vendredi 2 avril au centre Mahatma Gandhi de Niamey, le successeur de Mahamadou Issoufou a tenu un discours au ton grave.

La cérémonie de prestation de serment du nouveau chef de l’État s’est en effet tenue dans un contexte de crise profonde pour le pays, deux jours après une « tentative de coup d’État » et alors que le Niger a été frappé par une série d’attaques sanglantes ciblant des civils attribuées à l’État islamique au Grand Sahara.

Kaboré, N’Daw, Faure, Déby…

Plusieurs chefs d’État africains avaient fait le déplacement, parmi lesquels le Malien Bah N’Daw, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Tchadien Idriss Déby Itno ou encore le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé était également présent. Le Premier ministre algérien, Abdelaziz Dkerad, avait lui aussi fait le déplacement, accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, représentait le président Emmanuel Macron lors de la cérémonie.

Le Niger est « confronté à l’existence de groupes terroristes dont la barbarie vient de dépasser toutes les bornes », a déploré le président nigérien. Des groupes qui « se livrent à des massacres de civils innocents à grande échelle, commettant à l’occasion de vrais crimes de guerre ».

Le Mali en tête de l’agenda

Mohamed Bazoum a estimé que les chefs de ces groupes « relevaient d’autres pays », assurant que « jamais aucun chef terroriste n’a fait cas de griefs contre [son] État, et encore moins formulé la moindre revendication en sa direction ».

Si le pays doit aussi faire face à Boko Haram dans ses zones frontalières du Nigeria, Bazoum a particulièrement insisté sur la situation sécuritaire dans « la zone des trois frontières », entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Assurant que les dirigeants de l’État islamique au grand Sahara étaient « des ressortissants du Maghreb » et que le groupe avait ses bases « en territoire malien, dans les régions de Ménaka et Gao », le président a dit sa certitude que le combat contre l’organisation « serait très difficile aussi longtemps que l’État malien n’aurait pas exercé la plénitude de sa souveraineté sur ces régions ».

« La situation du Mali a un impact direct sur la sécurité intérieure de notre pays, a-t-il affirmé. C’est pourquoi notre agenda diplomatique sera centré sur le Mali. »

Par Jeune Afrique – Avec AFP

Niger, Guinée, Côte d’Ivoire : trio de tête de la reprise pour la Banque mondiale

avril 2, 2021
Quartier du Plateau et pont Charles-de-Gaulle à Abidjan

Moins dépendants des matières premières et relativement épargnés par la nouvelle vague de coronavirus, les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest devraient dépasser les 6 % de croissance en 2021.

C’est un rapport 2021 « Africa’s Pulse » sur l’état de l’économie de l’Afrique subsaharienne mi-figue mi-raisin qu’a publié le 31 mars la Banque mondiale. Une fois encore, les pays qui dépendent le moins de l’exportation de matières premières devraient connaître une reprise certaine, à l’image de la Côte d’Ivoire (+6,2%), de la Guinée (+6,6 %) ou du Niger (+6,9 %).

Les pays très dépendants notamment du pétrole comme l’Angola ou confrontés à des difficultés économiques persistantes comme l’Afrique du Sud n’accélèreront guère.

Pour Pulse, la première vague de la pandémie a relativement épargné la région. En revanche, et malgré des programmes de soutien des États, la croissance s’y est évanouie pour la première fois depuis vingt cinq ans et a reculé de 2 % en 2020.

Reprise inégale

C’est moins catastrophique qu’en Europe ou en Amérique latine, parce que le virus s’y est propagé moins vite, parce que l’agriculture y a été porteuse et parce que les prix mondiaux des produits de base se sont redressés plus rapidement que prévu grâce à la reprise des achats chinois.

Reste qu’un champion comme le Rwanda a connu sa première récession en dix ans et que l’Afrique du Sud a plongé à – 7 %. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a calculé que de décembre 2019 à décembre 2020, les arrivées des touristes en Afrique subsaharienne avaient chuté de 78 %, mettant à mal les économies de Maurice, des Seychelles, du Cap Vert ou du Sénégal.

Le rapport estime que le pire est passé et table sur une reprise, mais il pense que celle-ci sera très inégale selon les pays, car l’arrivée de variants du coronavirus a augmenté de 40 % le nombre des infections dans la région.

Cette deuxième vague ne touche cependant pas tous les pays, ce qui explique que les prévisions donnent une fourchette de croissance en 2021 de +2,3 % à +3,4 %. Le Nigeria ou l’Angola risquent de connaître une convalescence molle, quand les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal, le Togo dépasseront les 4 %.

Dépendance aux délais de vaccination

Pour les autres, « une croissance de 4 % est atteignable, note le rapport, si les pays mettent en œuvre un ensemble de mesures favorables à des investissements soutenus et à la création d’emplois et permettent au taux de change de refléter les forces du marché et d’améliorer la compétitivité ».

Cela sera aussi fonction de l’allègement du fardeau de la dette qui se discutera durant la semaine du 5 avril, lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

Mais la vigueur et la généralisation du dynamisme économique dans toute l’Afrique subsaharienne dépendront surtout de la rapidité de la vaccination des populations qui compensera la fragilité des systèmes de santé et autorisera une franche reprise des activités.

Pour l’instant, les pays riches monopolisent les doses salvatrices qui arrivent au compte-goutte en Afrique. Comme l’a regretté Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dix pays se sont réservé 70 % des vaccins fabriqués dans le monde à ce jour… et ce ne sont pas des pays africains.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas

Niger: des dizaines de morts dans des attaques près de la frontière malienne

mars 16, 2021

La région de Tillabéri, située à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, est régulièrement victime d’attaques terroristes. Ce mardi, des groupes armés ont pris pour cible des villageois qui rentraient d’un marché local.

Des dizaines de personnes ont été tuées ce lundi au Niger dans une série d’attaques menées par des hommes armés près de Banibangou, dans la région de Tillabéri (Ouest) proche du Mali, ont indiqué mardi 16 mars à l’AFP des sources sécuritaires et des villageois.

«Une des attaques a eu lieu hier (lundi) dans l’après-midi et a visé un véhicule transportant des passagers sur l’axe Banibangou-Chinégodar et il y a eu une vingtaine de tués», a indiqué à l’AFP un habitant d’un village joint au téléphone. D’autres attaques visant des villages ont été perpétrées dans la soirée de lundi, faisant «une trentaine de tués», selon une source sécuritaire.

«Ce sont des gens qui étaient venus au marché de Banibangou et qui se dirigeaient vers Chinégodar», a affirmé un autre villageois sans avancer de bilan. Un élu local et une source préfectorale ont assuré «être au courant d’attaques», mais sans pouvoir donner de bilan ni les circonstances de ces attaques. D’autres attaques ciblant des villages ont été perpétrées dans la soirée de lundi vers 18H00 locales (17H00 GMT) par «des bandits armés», faisant «une trentaine de tués», selon une source sécuritaire. Ces attaques n’ont pas été confirmées par le gouvernement dans l’immédiat.

La zone des «trois frontières», un territoire instable

Banibangou abrite un des plus importants marchés hebdomadaires de cette zone, à proximité de la frontière malienne. Située dans la zone dite des «trois frontières» entre Niger, Burkina et Mali, la région de Tillabéri est depuis des années le théâtre d’actions sanglantes de groupes djihadistes et demeure instable malgré d’importants efforts pour tenter de la sécuriser.

Le 2 janvier, 100 personnes avaient été tuées dans les attaques de deux villages de la commune de Mangaïzé située dans cette région, un des pires massacres de civils au Niger, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Un an auparavant, le 9 janvier 2020, 89 soldats nigériens avaient été tués dans l’attaque du camp militaire de Chinégodar.

Et un mois plus tôt, le 10 décembre 2019, ce sont 71 soldats nigériens qui avaient péri dans une attaque à Inates, une autre localité de la région de Tillabéri. Ces deux attaques qui avaient traumatisé le pays avaient été revendiquées par des djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI).

Par Le Figaro avec AFP