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Éthiopie : lancement de la production d’électricité du barrage sur le Nil

février 20, 2022
Le grand barrage de la Renaissance (Gerd), à Guba en Éthiopie, le 19 février 2022. © AFP

Après plus de dix ans de travaux et de controverses avec l’Égypte et le Soudan, l’Éthiopie a officiellement lancé dimanche 20 février la production d’électricité de son grand barrage de la Renaissance, sur le Nil Bleu.

C’est « la naissance d’une ère nouvelle », a lancé le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en présidant dimanche le lancement de la production du Grand Ethiopian Renaissance Dam (Gerd), projet controversé de plusieurs milliards de dollars. « C’est une bonne nouvelle pour notre continent et pour les pays en aval avec lesquels nous aspirons à travailler ensemble », a-t-il ajouté sur Twitter.

Accompagné de nombreux hauts responsables du pays, Abiy Ahmed a effectué une tournée dans la centrale électrique et a cliqué une série d’interrupteurs sur un écran électronique pour déclencher la production du barrage.

« Ce grand barrage a été construit par les Éthiopiens, mais au bénéfice de tous les Africains, pour que tous nos frères et sœurs d’Afrique en profitent », a affirmé un haut responsable participant à l’inauguration. « Cette journée, pour laquelle les Éthiopiens ont tant sacrifié, ont tant espérée, et pour laquelle ils ont tant prié, est enfin là », a-t-il ajouté.

Au lancement du projet, chaque fonctionnaire avait été appelé à contribuer au financement du barrage, à hauteur d’un mois de salaire. Par la suite, de nombreux emprunts publics avaient également sollicité les économies des Éthiopiens.

Tributaires du Nil

Dimanche, divers responsables éthiopiens ont loué les efforts d’Abiy Ahmed pour achever le financement d’un projet qui a longtemps frôlé l’échec. « Notre pays a tant perdu, surtout financièrement, en raison des retards de travaux », a souligné le directeur général du projet Kifle Horo, lors de ses remarques d’ouverture. En l’absence de comptabilité officielle précise, le coût total du projet a été estimé par les experts à 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros).

CETTE EAU GÉNÈRE DE L’ÉNERGIE PUIS CONTINUE DE COULER COMME AVANT VERS LE SOUDAN ET L’ÉGYPTE, CONTRAIREMENT AUX RUMEURS QUI AFFIRMAIENT LE CONTRAIRE

Le Gerd constitue, depuis le lancement du projet en 2011, un contentieux avec le Soudan et l’Égypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques. Le Caire invoque un « droit historique » sur le fleuve, garanti depuis un traité signé en 1929 entre l’Égypte et le Soudan, alors représenté par le Royaume-Uni, puissance coloniale. L’Égypte avait obtenu un droit de veto sur la construction de projets sur le fleuve.

En 1959, après un accord avec Khartoum sur le partage des eaux, l’Égypte s’était attribué un quota de 66 % du débit annuel du Nil, contre 22 % pour le Soudan. N’étant pas partie prenante de ces accords, l’Éthiopie ne s’est jamais considérée liée par eux et, en 2010, un nouveau traité signé par les pays du bassin du Nil, qui prend sa source en Ouganda, a supprimé le droit de veto égyptien et autorisé des projets d’irrigation et de barrages hydroélectriques.

« Comme vous le voyez, cette eau génère de l’énergie puis continue de couler comme avant vers le Soudan et l’Égypte, contrairement aux rumeurs qui affirmaient que les Éthiopiens voulaient bloquer l’eau pour les affamer », a affirmé Abiy Ahmed.

Saisies l’été dernier, les Nations unies (ONU) avait recommandé aux trois pays de poursuivre leurs pourparlers sous l’égide de l’Union africaine (UA). Le Caire et Khartoum, inquiets pour leur approvisionnement en eau avaient demandé à Addis Abeba de stopper le remplissage du barrage.

L’Éthiopie avait néanmoins procédé en juillet dernier à la seconde phase de remplissage du barrage, annoncé comme un des plus gros d’Afrique avec un objectif de production initiale de 6 500 mégawatts (MW), revu à la baisse à 5 000 MW, soit le double de la production actuelle de l’Éthiopie. Selon les médias d’État éthiopiens, la production initiale du Gerd est de l’ordre de 375 MW avec la mise en service d’une première turbine.

Situé sur le Nil Bleu, à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, le Grand barrage de la Renaissance est long de 1,8 km et haut de 145 mètres.

Avec Jeune Afrique

Soudan: 22 écoliers morts dans le naufrage d’une embarcation sur le Nil

août 15, 2018

Une photo prise le 15 août 2016 dans la capitale soudanaise Khartoum montre les rives du Nil dont le niveau de l’eau a augmenté après deux semaines de pluies diluviennes qui ont fait des victimes et provoqué des dégâts / © AFP/Archives / Ebrahim Hamid

Au moins 22 enfants soudanais se rendant à l’école sont morts noyés mercredi dans le naufrage de leur embarcation sur le Nil à quelque 750 km au nord de la capitale Khartoum, ont indiqué les médias officiels.

Les équipes de la Défense civile ont été dépêchés sur place et ont commencé à repêcher les corps, selon un communiqué et un témoin sur place.

Plus de 40 enfants de la région de Kneissa se trouvaient à bord de l’embarcation au moment du drame, a indiqué l’agence de presse soudanaise Suna, qui a fait état également de la mort d’une femme travaillant dans un hôpital, 23e victime du sinistre.

« Ce matin, 22 écoliers et une femme sont morts quand leur embarcation a coulé à Bouhayra alors qu’ils se rendaient à l’école depuis Kneissa », dans la région d’Abou Hamad dans l’Etat du Nil, a rapporté Suna, sans préciser le sort des autres enfants.

Mais selon le témoin, Ibrahim Hassan, neuf enfants ont survécu et les écoliers à bord de l’embarcation étaient âgés de 7 à 15 ans.

Les habitants des villages de la région se déplacent dans des embarcations en bois, souvent vétustes, pour passer d’un côté à l’autre du fleuve, et les écoliers parcourent plusieurs kilomètres à leur bord pour se rendre à l’école.

« L’accident a été provoqué par l’arrêt du moteur de l’embarcation à mi-chemin en raison d’un fort courant », a précisé Suna.

Joint par téléphone, un autre témoin a indiqué à l’AFP que « le bateau traversait le Nil du nord au sud, c’est-à-dire à contre-courant ». « Tout les familles de Kneissa sont en deuil », a dit ce témoins qui a requis l’anonymat.

Long de près de 6.700 km, le Nil est issu de la rencontre du Nil Blanc, qui prend sa source au lac Victoria, et du Nil Bleu, dont l’origine est le lac Tana, en Ethiopie. Les deux fleuves se rejoignent à Khartoum, puis le Nil traverse toute l’Egypte pour se jeter en Méditerranée.

– Ecoles fermées –

Soudan / © AFP / Vincent LEFAI

Les naufrages de ce genre sont rares au Soudan.

En août 2000, 50 élèves sont morts noyés dans l’accident le plus meurtrier du genre au Soudan, quand la barge en bois qui devait les conduire sur l’autre rive du Nil s’est retournée, à 350 km au sud-est de Khartoum.

L’agence Suna avait alors précisé que la petite embarcation était trop chargée, transportant en plus des écoliers une trentaine de sacs de patates douces et dix sacs de sorgho.

Et en septembre 2014, treize Soudanais avaient trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation au nord de Khartoum.

Le niveau des eaux du Nil Bleu est en hausse comme tous les ans pendant la saison des pluies en Ethiopie et des organismes d’aide de l’ONU mettent souvent en garde contre des risques de crue au Soudan entre juillet et novembre.

Mercredi, de fortes pluies se sont abattues sur Khartoum pendant plusieurs heures, inondant les rues et provoquant des coupures d’électricité dans la plupart des quartiers.

Les autorités de la capitale ont annoncé la suspension des cours jusqu’à la fin de l’Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice, le 25 août.

En août 2013, des inondations avaient fait 50 morts, la plupart à Khartoum. Des centaines de milliers de personnes avaient été affectées par ces inondations, les plus graves à toucher la capitale soudanaise en 25 ans selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / (15 août 2018 17h43)

Accident de bateau sur le Nil: le bilan monte à 36 morts

juillet 26, 2015

Le Caire – Au moins 36 personnes ont péri dans l’accident entre un navire de plaisance et un cargo mercredi soir sur le Nil, selon un nouveau bilan fourni dimanche par un responsable de la protection civile.

Un précédent bilan, publié vendredi, faisait état de 29 morts.

La collision s’est produite dans la zone de Waraq, un quartier pauvre de la banlieue nord du Caire. Les passagers célébraient des fiançailles à bord d’un petit bateau de plaisance lorsqu’il a été heurté par un cargo.

Nous avons repêché 36 cadavres, a indiqué à l’AFP le général Magdi al-Chalqami, responsable de la direction de la protection civile à Giza. Selon lui, les recherches des corps continuent et ont été étendues à d’autres provinces sur le Nil.

Le porte-parole du ministère de la Santé, Houssam Abdel Ghaffar, a indiqué pour sa part que 20 enfants, dont certains âgés de 4 ans, figuraient parmi les victimes.

Le capitaine du cargo et trois de ses aides, accusés par le parquet d’homicide involontaire et de ne pas avoir respecté les mesures de sécurité nécessaires, ont été placés en détention provisoire.

Dimanche, le gouvernement a pris une série de mesures pour faire régner la discipline sur le Nil, selon un communiqué.

Il est désormais interdit aux cargos de naviguer de nuit sur le Nil au Caire et dans ses environs jusqu’en septembre. Le gouvernement a en outre décidé de ne plus construire de mouillage sur les berges.

Il a également banni les enceintes trop puissantes équipant nombre de ces bateaux souvent vétustes, qui parcourent le Nil dans la capitale égyptienne, et sont très fréquentés pour les célébrations et les fêtes.

En avril 2011, 22 personnes étaient mortes quand leur ferry avait chaviré sur le Nil dans le sud de l’Egypte.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juillet 2015 15h12)