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Mali : trois camps de l’armée attaqués par des terroristes

avril 24, 2022

Les forces armées ont annoncé dimanche la mort de six soldats dans trois attaques simultanées de groupes « terroristes » ayant utilisé des « véhicules bourrés d’explosifs » contre trois camps des Fama dans le centre du pays.

Une colonne de pick-up des Forces armées maliennes (FAMA) qui participent à une opération militaire contre les groupes armés terroristes (GAT). © FREDERIC PETRY/Hans Lucas via AFP

Ces attaques ont fait « six morts » et vingt blessés dans les trois camps visés à Sévaré, Bapho et Niono par des « groupes armés terroristes qui ont utilisé des véhicules kamikazes bourrés d’explosifs », a affirmé l’armée malienne dans un communiqué.

Elles ont été revendiquées par la katiba du Macina du prédicateur peul Amadou Koufa, dans un message audio. « Ce dimanche matin, les moujahidines de la katiba de Macina ont frappé trois camps des Fama », citant Ségou, Bapho et Niono, selon ce message audio en langue bambara. « Nous avons frappé ces camps au même moment avec un intervalle de cinq minutes. [Outre les] morts, on leur a causé des dégâts matériels », ont ajouté les jihadistes.

Ségou, localité dans le centre du Mali, ne fait pas partie des camps ciblés cités par l’armée malienne qui a mentionné Sévaré parmi les camps attaqués, contrairement aux auteurs de la revendication.

Ces assauts ont aussi provoqué d’importants dégâts matériels. Selon des sources militaires, des bâtiments et des véhicules, dans le camp de Sévaré, ont été détruits et calcinés. Des débris jonchaient le sol où étaient visibles des traces de feu, et les vitres d’une église du voisinage ont été soufflées. À Bapho, un hélicoptère a été endommagé.

Des milliers de morts civils et de combattants

Plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n’a pas permis de régler, le Mali a connu deux coups d’État militaire depuis août 2020. Parties du nord du pays, les violences jihadistes se sont étendues vers le centre et le sud avant que le conflit ne se complique avec l’apparition de milices communautaires et de bandes criminelles. Ces rivalités ont fait des milliers de morts civils et de combattants, et le centre du Mali est actuellement un des principaux foyers de la crise sahélienne.

La junte, au pouvoir depuis 2020, s’est rapprochée de Moscou en même temps qu’elle se détournait de la France, engagée militairement dans le pays contre les jihadistes depuis 2013. Sur fond de crise diplomatique avec la junte, Paris avait annoncé en février le retrait de ses soldats déployés au Mali, l’opération devant s’achever cet été.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Mali : ce que l’on sait sur le charnier de Niono

mars 8, 2022
Patrouille de l’armée malienne entre Mopti et Djenne, en février 2020 © MICHELE CATTANI / AFP

Après la découverte d’au moins 35 corps calcinés près de Dogofry, au sud-ouest de Nampala, plusieurs sources locales accusent l’armée, qui mène des opérations avec les mercenaires russes de Wagner dans la région. Mais les Fama démentent.

Les images sont insoutenables. Au milieu de de la brousse, des corps calcinés, enchevêtrés, les mains parfois liées dans le dos. Plus loin, un autre corps, seul, lui aussi brûlé. L’homme qui filme avec son téléphone s’exprime en fulfulde puis en bambara. « Dieu est grand. C’est le travail de soldats. Ce sont des soldats qui sont responsables de ça. Dieu nous voit tous », souffle-t-il, horrifié.

Cette vidéo aurait été tournée le 2 mars dans la commune de Dogofry, à environ 80 km au sud-ouest de Nampala. En tout, 35 corps, brûlés la nuit précédente. La quasi-totalité de ceux qui ont été identifiés étaient des Peuls des environs. Un nouveau massacre contre cette communauté souvent assimilée par les Forces armées maliennes (Fama) aux groupes jihadistes qui écument le centre du pays.

« Montée de toutes pièces »

Dans un communiqué diffusé le 5 mars, l’état-major général des armées a évoqué une « vidéo montée de toutes pièces » circulant sur les réseaux sociaux et « faisant état d’une exécution sommaire collective des Fama sur des populations civiles dans le secteur de Diabaly dans la nuit du 1er mars au 2 mars ». « L’état-major général des armées se porte totalement en faux contre ces allégations qui sont de nature à jeter le discrédit sur les Fama, respectueuses des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Les Fama ne sauraient être responsables d’une telle abjection et ces informations constituent de la désinformation », poursuit le texte.

C’ÉTAIT DIFFICILE DE LES IDENTIFIER. MAIS CERTAINS ONT PU RECONNAÎTRE LEURS PARENTS

Selon plusieurs sources locales jointes par JA, plusieurs individus qui revenaient d’une foire avaient été arrêtées le 20 février par les militaires maliens dans les environs de Niono. D’autres interpellations avaient aussi eu lieu dans des villages aux alentours de Nampala. Est-ce ces personnes qui ont été tuées dans la nuit du 1er au 2 mars ? « Plusieurs corps étaient ligotés. C’était difficile de les identifier, confie un habitant. Mais certains ont pu reconnaître leurs parents. Il y avait parmi eux des personnes qui avaient été arrêtées plus tôt à Niono. »

Ces derniers jours, plusieurs autres civils peuls ont été arrêtés dans deux autres villages proches de Nampala. Selon un habitant de la zone, au moins sept personnes y auraient été tuées.

Accompagnés par des Russes ?

Plusieurs associations locales tentent désormais d’identifier les victimes et ont établi des listes de personnes disparues ou arrêtées ces dernières semaines. Les habitants des environs, eux, voudraient les enterrer dès que possible. Mais les associations leur demandent d’attendre l’arrivée d’enquêteurs. L’armée malienne a annoncé qu’elle allait investiguer. La Minusma aussi. La mission de l’ONU au Mali s’est déjà emparée de l’affaire et devrait communiquer ses conclusions dans les semaines à venir.

Si les Fama sont clairement pointées du doigt, certains suspectent aussi leurs nouveaux alliés de Wagner d’être liés à ces exactions. Selon nos informations, des mercenaires de la nébuleuse russe mènent des opérations conjointes avec les militaires maliens dans le cercle de Niono depuis fin janvier. « Les Fama sont accompagnées par des Russes dans la zone. Nous les voyons patrouiller ensemble », confirme une source locale.

Avec Jeune Afrique

Attaque d’une prison au Mali: 2 gardes blessés, des dizaines de prisonniers évadés, certains rattrapés

décembre 6, 2016

Bamako – Deux gardes maliens ont été blessés dans l’attaque d’une prison dans le centre du Mali, marquée par l’évasion de dizaines de détenus dont certains avaient été reconduits en cellule mardi, a appris l’AFP auprès d’un élu local, de l’armée et de sources de sécurité.

Selon ces sources, l’assaut a été donné dans la nuit de lundi à mardi contre la prison de Niono, à une centaine de kilomètres au nord de Ségou, le chef-lieu de région, et environ 350 km au nord-est de Bamako.

Deux membres de la garde nationale ont été blessés, et plusieurs dizaines de détenus se sont enfuis, ont indiqué un élu local, une source au sein de la gendarmerie, une source policière et un responsable militaire, s’exprimant tous sous couvert d’anonymat.

Plusieurs dizaines ont fui l’établissement qui comptait près de 90 prisonniers avant l’assaut. Mardi après-midi cependant, un petit groupe de prisonniers (était) à nouveau derrière les barreaux de gré ou de force, a déclaré le responsable militaire, sans autre précision.

Plus tôt mardi, l’élu local avait fait état d’au moins 47 prisonniers, dont un combattant jihadiste libérés par les assaillants, qui ont aussi gravement blessé deux membres de la garde nationale.

En milieu d’après-midi, le même élu a fait état de détenus réincarcérés, sans cependant être en mesure de se prononcer sur le nombre total de prisonniers avant l’attaque.

Au moins dix prisonniers sont revenus. Certains sont revenus d’eux-mêmes, d’autres ont été arrêtés, a-t-il ajouté. Une partie d’entre eux étaient à l’hôpital lors de l’attaque.

Selon la source policière, certains jihadistes portaient des tenues militaires, d’autres des boubous. Ils ont crié +Allah akbar (Dieu est le plus grand) ! +. Ils étaient très bien informés. Ils savaient même exactement où se trouvait leur combattant arrêté récemment.

Les assaillants avaient été vus trois semaines auparavant aux environs de la prison, d’après l’élu local, indiquant que ce sont des fidèles d’Amadou Koufa, prédicateur radical peul ayant fondé un mouvement armé allié au groupe jihadiste Ansar Dine.

La source policière a aussi affirmé que les assaillants étaient des hommes d’Amadou Koufa.

Ils ont fait le trajet de la forêt de Wagadou (à l’ouest, proche de la frontière avec la Mauritanie, NDLR), vers Niono en voiture, ensuite à moto et à pied. Ils sont repartis vers la forêt du Wagadou au nord de Niono, a précisé la source policière.

L’attaque, qui n’avait pas encore été revendiquée mardi après-midi, intervient presque un mois après un assaut similaire à Banamba (centre), à environ 140 km au nord-est de Bamako.

Les assaillants s’étaient rendus à la prison de Banamba, libérant une vingtaine de détenus, et avaient attaqué la gendarmerie et une banque.

D’après une source pénitentiaire, ils semblaient à la recherche d’un présumé jihadiste proche du groupe nigérian Boko Haram mais qui avait été transféré avant l’attaque vers un autre établissement.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères et depuis 2015, les attaques se sont étendues du Nord à d’autres régions du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 06 décembre 2016 18h02)