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Des élus en colère en RDC: le nombre de morts a doublé en un an d’état de siège

avril 29, 2022
Des elus en colere en RDC: le nombre de morts a double en un an d'etat de siege
Des élus en colère en RDC: le nombre de morts a doublé en un an d’état de siège© AFP/Archives/ALEXIS HUGUET

Des élus sont en colère et la mesure fait de plus en plus débat. Au cours de l’année écoulée, selon des experts, plus de 2.500 civils ont été tués dans deux provinces de l’est de la République démocratique du Congo placées sous état de siège, près du double des tueries enregistrées un an avant.

Entre avril 2020 et mai 2021, 1.374 civils avaient été tués dans des attaques attribuées principalement aux groupes armés Forces démocratiques alliées (ADF) et Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), actifs dans le Nord-Kivu et en Ituri, indique Reagan Miviri, du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

De mai 2021 à avril 2022, au moins 2.563 civils sont morts dans les deux provinces, selon le KST, un groupe de chercheurs présents dans les zones de conflit de l’est de la RDC.

Le Nord-Kivu et l’Ituri sont placés sous état de siège depuis le 6 mai dernier, une mesure qui a donné les pleins pouvoirs aux officiers de l’armée et de la police pour gérer l’administration et mener la guerre contre la centaine de groupes armés qui sévissent dans l’est congolais depuis plus d’un quart de siècle.

Pour le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, l’état de siège et les opérations de l’armée ont permis de « réduire la zone d’action des forces négatives ». Par conséquent, a-t-il déclaré mardi à RFI, les autorités envisagent « une requalification de la zone (où la mesure sera maintenue), étant donné que les exactions se font dans des zones précises ».

Sous ce régime, l’armée a multiplié les offensives contre des fiefs des groupes armés: environ 600 affrontements répertoriés entre mai 2021 et avril 2022, après quelque 400 entre avril 2020 et mai 2021, selon des statistiques du KST.

« Les rebelles ADF ont été chassés de nombreux bastions où s’organisaient des entraînements, l’endoctrinement et des attaques contre des positions de l’armée et des civils », note le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole de l’armée dans la région de Beni (Nord-Kivu).

Fin novembre, l’armée ougandaise est entrée en RDC pour participer à la traque des ADF, présentés par l’organisation Etat islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale, accusés de massacres en RDC depuis les années 90 et de récents attentats jihadistes sur le sol ougandais.

Problème d’effectifs

Mais cet optimisme n’est pas partagé par tout le monde. « Au lieu de contenir les violences, les frappes des armées congolaise et ougandaise ont eu comme effet l’élargissement du périmètre d’action des ADF, qui part désormais de la frontière ougandaise jusqu’à l’ouest de la route nationale 4 », analyse M. Miviri du KST.

En plus de la région de Beni, leur zone habituelle d’exactions, les ADF ont massacré des civils dans les territoires de Djugu et Irumu en Ituri.

Des miliciens Codeco se sont quant à eux attaqués à de nombreux déplacés et à des humanitaires. Et les rebelles du M23 (Mouvement du 23 mars), défaits en 2013, ont relancé les hostilités contre l’armée au Nord-Kivu.

« Cela fait trois mois que les frappes des armées ougandaise (UPDF) et congolaise (FARDC) contre les positions des ADF ont cessé », s’étonne auprès de l’AFP Jules Masumbuko, un habitant de Beni.

Profitant des trêves, les groupes armés « se réorganisent et reprennent des espaces perdus, parce qu’il se pose un problème d’effectifs au sein de l’armée congolaise », estime M. Miviri, bien que l’armée ait toujours affirmé avoir déployé plus de 20.000 hommes dans ces zones déstabilisées de l’est.

Les militaires sont également accusés d’abuser de leurs pouvoirs en faisant taire toutes les voix discordantes. Pendant la période, 13 militants pro-démocratie et deux chanteurs ont été condamnés par des tribunaux militaires à de lourdes peines pour avoir été contre l’état de siège, alors qu’au moins un élu a passé plusieurs jours en détention.

Face à ce tableau, cinq élus du Nord-Kivu et de l’Ituri ont soumis à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à mettre fin à l’état de siège.

Pour marquer clairement leur opposition aux reconductions répétitives de cette mesure par l’Assemblée, les élus des deux provinces boycottent les séances au cours desquelles cette prolongation est examinée.

Pour eux, « la mutualisation des forces et des moyens militaires des FARDC et de l’UPDF démontre que l’état de siège ne se justifie plus », explique en colère Thadée Katembo, un élu de Lubero au Nord-Kivu.

« Il n’est pas nécessaire qu’on garde les militaires à la tête de nos provinces, avec ce résultat mitigé au bout d’une année », tempête de son côté le député Grégoire Kiro, un élu de Beni, reprochant aux chefs militaires de privilégier la collecte des impôts et taxes au détriment des questions de sécurité.

Par Le Point avec AFP

Dans l’est de la RDC, plusieurs villages passent sous le contrôle du M23

avril 10, 2022

Après des affrontements avec l’armée congolaise dans la région de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont occupé plusieurs localités avant d’annoncer qu’ils s’en retiraient.

Un soldat des FARDC, le 3 avril 2022, à 70 km de Goma, dans l’est de la RDC. © Guerchom NDEBO / AFP

« Il y avait des affrontements assez violents autour de la centrale ce matin », dans la zone du parc des Virunga. « La ligne de front est à Matebe », dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu, a déclaré une source au sein de cette réserve.

« Les rebelles du M23 occupent Gisiza, Gasiza, Bugusa, Bikende-Bugusa, Kinyamahura, Rwambeho, Tshengerero, Rubavu et Basare », ils tiennent toujours « Runyoni et Tchanzu », a ajouté Nestor Bazirake, rapporteur des organisations de la société civile du groupement (un groupe de villages) de Jomba.

L’armée contrôle la cité de Bunagana et le pont Rwanguba, a-t-il indiqué, ajoutant que par « peur » de nouvelles attaques rebelles, « les habitants ont fui vers l’Ouganda, Kiwanja et Rutshuru centre », deux localités congolaises.

« Les habitants ont peur »

La situation était plutôt « calme » dans la localité voisine de Kabindi, mais « les habitants ont peur, certains passent la nuit dans des écoles et d’autres dans la forêt », a témoigné un habitant, Jean de Dieu Uwimana, joint au téléphone depuis Goma, capitale provinciale.

Puis le M23 a annoncé avoir pris la « décision de se retirer, une fois de plus, de ses positions nouvellement conquises (…) pour permettre la prise en charge de ses préoccupations à travers un dialogue franc et fructueux avec le gouvernement » congolais, indique-t-il dans un communiqué.

LE M23 N’A JAMAIS EU L’INTENTION DE FAIRE DES CONQUÊTES DES ESPACES POUR LES ADMINISTRER, A AFFIRMÉ LE MOUVEMENT REBELLE

Le M23 « n’a jamais eu l’intention de faire des conquêtes des espaces pour les administrer, notre seule motivation est le règlement pacifique de la crise » qui l’oppose au gouvernement de Kinshasa, ajoute-t-on. Il n’était toutefois pas établi à la mi-journée dimanche que le retrait de la dizaine de villages concernés était effectif.

Le mouvement rebelle a aussi exprimé « son intention de remettre au comité international de la Croix-Rouge tous les [militaires] de l’armée nationale capturés sur la ligne de front en vue d’une prise en charge appropriée ».

Les combats entre l’armée et le M23 avaient repris mercredi après quelques jours d’accalmie. Dans une vidéo daté de vendredi, le porte-parole du M23 a indiqué que le mouvement rebelle avait « riposté vigoureusement » contre l’offensive de l’armée.

LE M23 REPROCHE AUX AUTORITÉS DE KINSHASA DE NE PAS AVOIR RESPECTÉ DES ENGAGEMENTS SUR LA DÉMOBILISATION DE SES COMBATTANTS

Issu d’une ancienne rébellion tutsi congolaise, le M23, aussi appelé « Armée révolutionnaire congolaise », avait été vaincu en 2013 par les FARDC mais il est réapparu en fin d’année dernière, reprochant aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Les 28 et 29 mars, il était sorti de ses bastions d’altitude pour venir attaquer des positions de l’armée.

Après deux jours de violents combats, qui avaient provoqué la fuite de plusieurs dizaines de milliers de villageois vers le centre de Rutshuru et vers l’Ouganda, les rebelles avaient déclaré un « cessez-le-feu unilatéral », en affirmant souhaiter « un règlement pacifique de la crise qui (les) oppose au gouvernement ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo-RDC/Nord-Kivu: le président Denis Sassou N’Guesso octroie 84 tonnes de vivres aux sinistrés de Goma

juin 21, 2021

Après le Kenya, c’est au tour du Congo Brazzaville de voler au secours des sinistrés  de l’éruption volcanique de Goma. La ministre des Affaires sociales, Irène Marie-Cécile Mboukou, a fait, le 20 juin, le déplacement de Goma en République démocratique du Congo (RDC) pour porter assistance aux sinistrés de l’éruption volcanique.

Le 20 juin dans la soirée, le directeur de cabinet adjoint du chef  de l’Etat, Olivier Mondonge, et le conseiller spécial du chef de l’Etat chargé de la couverture maladie universelle, Dr Roger Kamba, ont accueilli à Goma Mme Irène Marie-Cécile Mboukou, ministre des Affaires sociales et actions humanitaires du Congo Brazzaville qui a accompagné la deuxième cargaison des vivres, révèle un bulletin de la cellule de communication de la Présidence RD-congolaise publié le même jour.

Dépêchée par le gouvernement  pour accompagner la deuxième cargaison de vivres, Irène Marie-Cécile Mboukou a été accueillie par le directeur de Cabinet adjoint du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Olivier Mondonge et le Conseiller spécial du chef de l’Etat chargé de la Couverture maladie universelle, Roger Kamba.

Après le Kenya, le Congo vole au secours des sinistrés de l’éruption volcanique de Goma. « La République du Congo et la RD Congo sont des frères, ce qui touche à l’un, affecte l’autre », a souligné la ministre des Affaires sociales, porteuse d’un message personnel du président à son homologue.

L’avion-cargo affrété par le gouvernement de la République du Congo a atterri en fin de journée à l’aéroport de Goma. Après la remise symbolique de ce don aux autorités congolaises, Mme Mboukou  a déclaré : « La République  du Congo  et la République Démocratique  du Congo sont des pays frères, ce qui touche à l’un affecte l’autre ». Et d’ajouter : «  Par ce geste, le président Denis Sassou N’Guesso a voulu manifester sa solidarité envers le peuple frère de la RDC  et soutenir son homologue et frère, Félix-Antoine Tshisekedi ».

Présent à Goma dans le cadre de sa tournée humanitaire et sécuritaire, le président Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a dépêché Olivier Mondonge et Dr Roger Kamba. Ce dernier a exprimé toute sa gratitude au président Denis Sassou N’Guesso pour sa sollicitude paternelle. La ministre Irène Marie-Cécile a été aussi porteuse d’un message personnel du président Sassou N’Guesso à son frère et homologue, le président Félix Tshisekedi.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC/Nord-Kivu: Assassinat d’un journaliste dans l’exercice de son métier

mai 13, 2021

L’ONG de défense et de promotion de la liberté d’information dont le bureau de coordination est basé à Goma appelle la nouvelle autorité provinciale à ne ménager aucun effort pour qu’une enquête minutieuse et urgente soit diligentée.

Dans une correspondance adressée, le 12 mai, au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, avec copie pour information au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa) proteste vigoureusement contre l’assassinat de Barthélémy Kubanabandu Changamuka, journaliste à la radio communautaire de Kitchanga (Racoki FM) émettant à Kitchanga dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu. Cette ONG dit attendre du gouverneur militaire de cette province de diligenter une enquête minutieuse et urgente après cet assassinat. « Point n’est besoin de rappeler que la protection des personnes et de leurs biens est l’apanage de l’Etat dont vous êtes le représentant. Tuer un journaliste de sang-froid constitue un défi contre l’autorité de l’Etat, surtout en cette période où l’état de siège est en vigueur dans la province du Nord-Kivu », a fait savoir l’Olpa dans la lettre signée par son secrétaire exécutif Alain Kabongo.

Le journaliste assassiné

L’organisation, qui condamne avec la dernière énergie cet assassinat, appelle les nouvelles autorités installées dans la province de ne ménager aucun effort pour qu’une enquête minutieuse et urgente soit diligentée pour que les auteurs de cet acte ne jouissent pas de l’impunité.

Ce présentateur de l’émission «Sécurité alimentaire » diffusée sur les antennes de Racoki, a rappelé l’Olpa, a été tué, le 9 mai, à son domicile par des individus armés non autrement identifiés qui l’ont criblé de plusieurs balles. « Ils se sont accaparés de son téléphone portable, avant de disparaître dans la nature. Cet acte ignoble s’est produit peu après le retour de Barthélémy Kubanabandu Changamuka à sa résidence après avoir présenté son émission sur l’obésité alimentaire », a expliqué l’ONG.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : ce que l’on sait de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur d’Italie

février 23, 2021
Des soldats de la paix de l’ONU surveillent la zone où le convoi a été attaqué, à Nyiragongo, province du Nord-Kivu, le 22 février 2021.

Luca Attanasio, son garde du corps et son chauffeur ont été attaqués par des hommes armés alors qu’ils faisaient partie d’un convoi du PAM qui faisait route près de Goma, dans le Nord-Kivu.

L’attaque a eu lieu dans la matinée du 22 février, autour de 10 heures, à une dizaine de kilomètres de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu. Le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) faisait route vers Rutshuru, sur la route du parc des Virungas, lorsqu’il a été pris d’assaut. Selon le gouverneur de la province, Carly Nzanzu Kasivita, les assaillants étaient au nombre de six.

Selon l’agence onusienne qui a réagi dans un communiqué, « la délégation se rendait de Goma à Rutshuru pour visiter un programme d’alimentation scolaire du PAM lorsque l’incident a eu lieu ». Le convoi a été arrêté au niveau du lieu-dit « Trois antennes », rapporte de son côté le Baromètre sécuritaire du Kivu, projet conjoint de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui observe l’activité des nombreux groupes armés dans l’est du pays.

Assaillants inconnus

Le déroulé des évènements reste flou, mais il semble que la Jeep dans laquelle se trouvait l’ambassadeur d’Italie a d’abord été arrêtée par des tirs de sommation avant d’être attaquée. Les assaillants auraient alors tenté de kidnapper les membres du convoi.

Alerté, un contingent de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui patrouillait près du lieu de l’attaque avec une unité des Forces armées de la RDC (Fardc), est alors intervenu. Des tirs ont été échangés et le garde du corps du diplomate, Vittorio Iacovacci, ainsi que le chauffeur congolais du véhicule du PAM, Mustapha Milambo, ont péri sur place. Gravement touché à l’abdomen et transféré vers un hôpital, Luca Attanasio a perdu la vie quelques instants plus tard.

LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE EST EN DEUIL POUR CES SERVITEURS DE L’ÉTAT QUI ONT PERDU LEUR VIE DANS L’EXERCICE DE LEURS FONCTIONS

Plusieurs questions subsistent. Selon le PAM, l’attaque s’est produite sur une route sur laquelle le convoi été autorisé à circuler sans escorte. « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi, ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays », a néanmoins affirmé en fin de journée le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité dans un communiqué.

L’identité des assaillants n’est pas encore connue, mais une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique évoque la responsabilité de « certains éléments des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] ». La zone dans laquelle l’attaque a eu lieu est toutefois le repère de plusieurs autres groupes armés, y compris des milices Nyatura et des membres de l’ex-M23.

Le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu évoque la présence de 122 groupes armés distincts dans l’est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika). Ce chiffre est en baisse par rapport à la dernière recension, qui se focalisait uniquement sur le Kivu. Pourtant, le nombre de civils tués dans cette région en proie à l’insécurité depuis plus de vingt-cinq ans est en nette augmentation depuis la fin de 2019.

« Attaque lâche »

Arrivé en RDC en tant que chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Luca Attanasio, 43 ans, était en poste depuis octobre 2019.

Sa mort, ainsi que celles de son garde du corps et de son chauffeur, ont provoqué une vague de réactions tant en RDC qu’en Europe. Le président italien, Sergio Mattarella, a dénoncé une « attaque lâche ». « La République italienne est en deuil pour ces serviteurs de l’État qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions », a-t-il ajouté.

Les autorités congolaises ont, quant à elles, réagi par la voix de la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui a promis que la RDC « mettrait tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre ». Accompagnée du secrétaire général aux Affaires étrangères, Dominique Kilufya, la cheffe de la diplomatie congolaise a rendu visite à l’épouse et aux enfants de l’ambassadeur.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

Meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en RDC : le Mouvement des Indignés relève l’urgence de la mise en place d’une force neutre

février 22, 2021

Pour ce mouvement citoyen, c’est la présence des armées étrangères et des mouvements rebelles dans cette partie du pays qui y intensifie les tueries, qui vont jusqu’à atteindre les diplomates en visite régulière dans le coin.

Photo: l’ambassadeur Lucca Attanasio/Adiac.

S’appuyant sur le meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en République démocratique du Congo (RDC), Luca Attanasio, dans le Nord-Kivu, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) appelle à la mise en place urgente d’une force neutre dans cette partie du pays.

Ce mouvement dit, par ailleurs, regretter que rien ne soit fait pour mettre fin à l’insécurité dans la région. Le Miss-RDC, qui dénonce l’insécurité et les tueries des populations civiles dans cette partie du pays, rappelle-t-on, mène des plaidoyers qui appellent notamment le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à réaliser ses promesses de campagne dont l’installation de son Etat-major dans l’est du pays, afin de mettre fin à cette situation chaotique qui dure depuis plus de deux décennies. Ce mouvement citoyen et d’autres  organisations demandent le départ de la mission onusienne, la Monusco, qu’ils accusent de complicité ou de passivité dans la situation d’insécurité dans cette partie de la RDC.

Dans ses plaidoyers, le Miss-RDC recommande également la purge au sein de l’armée afin d’y extirper les officiers affairistes et tous ceux qui sont impliqués dans la situation d’insécurité dans l’est du pays.

Le mouvement s’attend donc à ce que le meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC conduise les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre une fois pour toute, une décision en vue d’enrayer l’insécurité dans cette partie du pays. « Cela doit être la goutte d’eau qui déborde le vase », indique un autre activiste de mouvement citoyen.

Dans une courte vidéo, la ministre congolaise en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui s’est rendue à la résidence de l’ambassadeur Lucca Attanasio pour réconforter sa famille, a fait une promesse ferme du gouvernement congolais de tout mettre en œuvre pour découvrir les auteurs de ce meurtre. « C’est avec peine et beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du jeune ambassadeur Italien ici chez nous en RDC dans un convoi du PAM. Je promets au gouvernement italien que le gouvernement de mon pays mettra tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre », a-t-elle déclaré.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC-Rwanda : le chef militaire des FDLR, Sylvestre Mudacumura, tué dans le Nord-Kivu

septembre 18, 2019

Des soldats des Forces armées de la RDC, lors d’une opération contre les rebelles rwandais des FDLR, en février 2015 dans le Sud-Kivu. © Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

 

Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2012, le chef militaire des rebelles hutus des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), Sylvestre Mudacumura, a été tué dans la nuit de mardi à mercredi dans la chefferie de Bwito, dans le Nord-Kivu, selon plusieurs sources sécuritaires congolaises.

Fin de cavale pour Sylvestre Mudacumura. Visé par un mandat d’arrêt internationale de la CPI depuis le 13 juillet 2012 pour des crimes de guerre commis entre janvier 2009 et septembre 2010 dans les Kivus, la mort du chef militaire des rebelles FDLR a été confirmée par des sources sécuritaires congolaises.

Il a été tué dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre au cours d’un raid dont les circonstances restent floues. « Il a été neutralisé avec ses lieutenants par les forces armées », affirme à Jeune Afrique le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, niant par la même occasion des rumeurs faisant état de l’intervention de la milice NDC-R (Nduma Defense of Congo-Rénové) du général Guidon Shimiray Mwissa dans cette opération.

Né au Rwanda, cet ex-garde du président Juvénal Habyarimana et ancien gradé des Forces armées rwandaises (FAR) , impliquées dans les massacres commis lors du génocide des Tutsi au Rwanda, a été tué dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru proche du Parc National des Virungas, fief depuis plusieurs années des FDLR.

Les FDLR en difficulté

Après la mort en avril dernier, en Allemagne, de son chef politique Ignace Murwanashyaka, où encore l’extradition vers Kigali de deux de ses cadres arrêtés en RDC en décembre, le mouvement rebelle, en difficulté depuis plusieurs mois dans les Kivus, subit là un nouveau coup dur, qui intervient après plusieurs affrontements avec les FARDC et des mouvements rebelles locaux.

« La neutralisation de Sylvestre Mudacumura est une bonne nouvelle pour l’armée Congolaise, car il était à la tête de la branche radicale [des FLDR] qui s’est opposée au rapatriement volontaire au Rwanda. Sa neutralisation est un signal fort pour les autres rebelles qui hésitent à se rendre », s’est félicité le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise.

Fin novembre 2018, les autorités congolaises avait annoncé la fin du rapatriement des combattants rwandais du FDLR cantonnés depuis quatre ans dans des camps en RDC, et la fermeture de tous les camps de transit. La capacité de force de frappe des FDLR et le nombre de combattants restant actifs est incertain, alors que plusieurs dissidences ont éclaté au sein du mouvement.

Kigali accuse toujours les FDLR de mener des attaques sur son territoire, notamment celle qui a frappé le district de Rubavu, le 9 décembre 2018, et d’entretenir des contacts à Kampala. Un discours alimenté par Kinshasa qui, dans un lettre adressée à Leïla Zerrougui en janvier dernier, avait accusé les rebelles du FDLR de « comploter avec d’autres groupes rwandais, dont le parti de l’opposition Rwanda National Congress (RNC) du général Kayumba Nyamwasa, pour déstabiliser le pouvoir de Paul Kagame depuis le territoire congolais ».

Jeuneafrique.com par Romain Gras 

 

Est de la RDC: trois personnes tuées par balles dans une manifestation

août 19, 2019

 

Trois personnes ont été tuées lundi par balles par la police lors d’une manifestation contre l’insécurité dans une région de l’est de la République démocratique du Congo, où des tueries sont quasi quotidiennes, a-t-on appris d’un responsable local.

«Il y avait une manifestation au cours de laquelle trois personnes viennent de mourir : un jeune garçon d’environ 25 ans a reçu une balle au niveau de l’abdomen, il est mort à l’hôpital; un pygmée a été atteint par balle, il est mort sur place; un enfant a été atteint aussi par balle et est aussi décédé», a déclaré à l’AFP Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni dans la province du Nord-Kivu. Cet incident a eu lieu à Oicha, cité située à 30 km au nord de la ville de Beni. Les manifestants protestaient contre une attaque survenue la veille et attribuée aux milices ougandaises musulmanes des Forces démocratiques alliées (ADF), au cours de laquelle deux personnes avaient été tuées.

«La police a dispersé les manifestants par des tirs à balles réelles et du gaz lacrymogène, pour l’instant le bilan est de trois morts dont une femme pygmée», a accusé Noella Katongerwaki, présidente de la société civile du territoire de Beni. Les activités sont «paralysées dans la cité d’Oicha. Nous demandons à l’armée de faire son travail. Nous ne pouvons pas comprendre que notre armée n’arrive toujours pas à nous sécuriser contre les ADF», a ajouté un autre activiste, Janvier Kasairio.

Présents dans l’est de la RDC depuis 1995, les miliciens des ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) d’être responsables de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Par Le Figario.fr avec AFP

RDC: tout débat sur les massacres à Beni étouffé, accuse un groupe d’élus

avril 20, 2018

Kinshasa – Un groupe d’élus de la province troublée du Nord-Kivu a accusé l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public, sur les massacres des civils dans la région de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, dans un communiqué transmis vendredi à l’AFP.

Le 16 avril, une plénière avait été convoquée à la chambre basse pour débattre d’une motion contre le ministre de la Défense congolais sur « l’incapacité du gouvernement de la République à mettre fin aux massacres des populations civiles à l’Est du pays », selon ce communiqué signé par douze députés d’opposition et un de la majorité présidentielle.

L’examen de cette question avait alors été bloqué par l’intervention d’une élue de la majorité, soutenue par ses collègues, évoquant le « secret défense ».

« Le fait pour l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public sur le massacre des populations congolaises notamment à Beni, Lubero, Rutshuru, renforce le sentiment d’abandon total d’une partie du peuple congolais livré à l’holocauste des tueurs sans foi ni loi par les plus hautes institutions de la République », ont écrit les 13 élus.

Comme sur les réseaux sociaux et dans quelques médias congolais, ces élus accusent également le président Joseph Kabila d’avoir épinglé les membres de la communauté Nande – tribu majoritaire dans la région de Beni – d’être responsable de l’incendie, en décembre, de sa résidence de Musienene dans cette zone.

« Faux! », a rétorqué Yvon Ramazani, l’un des conseillers en communication du président Kabila « présent à cette rencontre » entre le chef de l’État et des députés de la majorité du début de semaine, interrogé par l’AFP.

« Il n’était pas question d’attaque contre les Nande, le président a plutôt dit: +Nous nous battons contre les ADF et vous voulez vous-mêmes créer vos milices pour vous défendre, au lieu de laisser l’armée faire son travail, vous compliquez la situation+ », a poursuivi M. Ramazani.

Pour le président Kabila, « les miliciens qui ont brulé Musiemeni ne sont pas venus d’ailleurs » mais sont bien des enfants de la ville, a cependant ajouté M. Ramazani.

Ces propos « plantent le décor d’un amalgame ethniciste dangereux qui peut avoir des conséquences génocidaires dramatiques sur terrain », ont noté les députés de la région de Beni.

Ils « opposent l’armée nationale à une communauté ethnique » et « sont de nature à susciter une révolte de l’opinion congolaise contre [les] Nande », ont-ils craint, alors que le « peuple meurtri de Beni a toujours eu l’impression de faire l’objet d’une action punitive et destructive de la part du régime en place ».

L’est de la RDC est déchiré par des conflits armés depuis 23 ans, des dizaines de groupes armés locaux et étrangers y sont encore actifs.

Parmi eux, les ADF, rebelles ougandais musulmans. Ils sont accusés par la Mission de l’ONU en RDC et le gouvernement congolais d’être responsables d’une série de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Cette version a été remise en cause en 2015 par un rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York, selon lequel les responsabilités sont partagées entre les ADF, mais aussi d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2018 19h13)                                            

RDC: Une base de la Monusco attaquée dans le Nord-Kivu après des combats entre armée congolaise et rebelles ADF

octobre 9, 2017

Image mise à disposition par la Monusco présentant des Casques bleu du Guatemala en opération à Sake, dans le Nord-Kivu, le 5 juillet 2017. © Photo : MONUSCO

 

Un Casque bleu a été tué ce lundi dans l’attaque d’une base de la Monusco à Beni. L’attaque survient au lendemain de combats ayant opposé dimanche 8 octobre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux Forces démocratiques alliés (Allied Democratic Forces, ADF), accusée par les autorités d’être à l’origine de la disparition, samedi, d’une vingtaine de civils.

Un Casque bleu a été tué et douze autres blessés ce lundi 9 octobre dans l’attaque par les ADF d’une base des Nations unies située dans le territoire de Beni, a fait savoir la Mission des nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

La veille, dimanche 8 octobre, des combats à l’arme lourde et légère ont opposé les Forces armées de la RDC aux Forces démocratiques alliés dans le même territoire de Beni, l’une des entités administratives du Nord-Kivu.

Rebelles islamistes ougandais présents dans l’est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) d’être responsables de tueries qui ont fait plus de 700 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Une vingtaine de disparus

Samedi 7 octobre, les ADF avaient attaqué une dizaine de taxis-motos sur la route entre les localités de Kamango et de Mbau. Une vingtaine de personnes sont depuis portées disparues sans que l’on sache si elles sont décédées ou toujours détenues par les ADF.

Un représentant de la société civile, Teddy Kataliko, évoque précisément le chiffre de 22 personnes portées disparues, plus dix rescapés dont sept femmes et trois hommes sur cet axe Mbau-Kamango. Selon RFI, ces vingt-deux personnes, parmi lesquelles une femme, auraient été égorgées par les ADF.

Jeuneafrique.com