Posts Tagged ‘Nord-Kivu’

RDC : ce que l’on sait de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur d’Italie

février 23, 2021
Des soldats de la paix de l’ONU surveillent la zone où le convoi a été attaqué, à Nyiragongo, province du Nord-Kivu, le 22 février 2021.

Luca Attanasio, son garde du corps et son chauffeur ont été attaqués par des hommes armés alors qu’ils faisaient partie d’un convoi du PAM qui faisait route près de Goma, dans le Nord-Kivu.

L’attaque a eu lieu dans la matinée du 22 février, autour de 10 heures, à une dizaine de kilomètres de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu. Le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) faisait route vers Rutshuru, sur la route du parc des Virungas, lorsqu’il a été pris d’assaut. Selon le gouverneur de la province, Carly Nzanzu Kasivita, les assaillants étaient au nombre de six.

Selon l’agence onusienne qui a réagi dans un communiqué, « la délégation se rendait de Goma à Rutshuru pour visiter un programme d’alimentation scolaire du PAM lorsque l’incident a eu lieu ». Le convoi a été arrêté au niveau du lieu-dit « Trois antennes », rapporte de son côté le Baromètre sécuritaire du Kivu, projet conjoint de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui observe l’activité des nombreux groupes armés dans l’est du pays.

Assaillants inconnus

Le déroulé des évènements reste flou, mais il semble que la Jeep dans laquelle se trouvait l’ambassadeur d’Italie a d’abord été arrêtée par des tirs de sommation avant d’être attaquée. Les assaillants auraient alors tenté de kidnapper les membres du convoi.

Alerté, un contingent de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui patrouillait près du lieu de l’attaque avec une unité des Forces armées de la RDC (Fardc), est alors intervenu. Des tirs ont été échangés et le garde du corps du diplomate, Vittorio Iacovacci, ainsi que le chauffeur congolais du véhicule du PAM, Mustapha Milambo, ont péri sur place. Gravement touché à l’abdomen et transféré vers un hôpital, Luca Attanasio a perdu la vie quelques instants plus tard.

LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE EST EN DEUIL POUR CES SERVITEURS DE L’ÉTAT QUI ONT PERDU LEUR VIE DANS L’EXERCICE DE LEURS FONCTIONS

Plusieurs questions subsistent. Selon le PAM, l’attaque s’est produite sur une route sur laquelle le convoi été autorisé à circuler sans escorte. « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi, ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays », a néanmoins affirmé en fin de journée le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité dans un communiqué.

L’identité des assaillants n’est pas encore connue, mais une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique évoque la responsabilité de « certains éléments des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] ». La zone dans laquelle l’attaque a eu lieu est toutefois le repère de plusieurs autres groupes armés, y compris des milices Nyatura et des membres de l’ex-M23.

Le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu évoque la présence de 122 groupes armés distincts dans l’est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika). Ce chiffre est en baisse par rapport à la dernière recension, qui se focalisait uniquement sur le Kivu. Pourtant, le nombre de civils tués dans cette région en proie à l’insécurité depuis plus de vingt-cinq ans est en nette augmentation depuis la fin de 2019.

« Attaque lâche »

Arrivé en RDC en tant que chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Luca Attanasio, 43 ans, était en poste depuis octobre 2019.

Sa mort, ainsi que celles de son garde du corps et de son chauffeur, ont provoqué une vague de réactions tant en RDC qu’en Europe. Le président italien, Sergio Mattarella, a dénoncé une « attaque lâche ». « La République italienne est en deuil pour ces serviteurs de l’État qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions », a-t-il ajouté.

Les autorités congolaises ont, quant à elles, réagi par la voix de la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui a promis que la RDC « mettrait tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre ». Accompagnée du secrétaire général aux Affaires étrangères, Dominique Kilufya, la cheffe de la diplomatie congolaise a rendu visite à l’épouse et aux enfants de l’ambassadeur.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

Meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en RDC : le Mouvement des Indignés relève l’urgence de la mise en place d’une force neutre

février 22, 2021

Pour ce mouvement citoyen, c’est la présence des armées étrangères et des mouvements rebelles dans cette partie du pays qui y intensifie les tueries, qui vont jusqu’à atteindre les diplomates en visite régulière dans le coin.

Photo: l’ambassadeur Lucca Attanasio/Adiac.

S’appuyant sur le meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en République démocratique du Congo (RDC), Luca Attanasio, dans le Nord-Kivu, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) appelle à la mise en place urgente d’une force neutre dans cette partie du pays.

Ce mouvement dit, par ailleurs, regretter que rien ne soit fait pour mettre fin à l’insécurité dans la région. Le Miss-RDC, qui dénonce l’insécurité et les tueries des populations civiles dans cette partie du pays, rappelle-t-on, mène des plaidoyers qui appellent notamment le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à réaliser ses promesses de campagne dont l’installation de son Etat-major dans l’est du pays, afin de mettre fin à cette situation chaotique qui dure depuis plus de deux décennies. Ce mouvement citoyen et d’autres  organisations demandent le départ de la mission onusienne, la Monusco, qu’ils accusent de complicité ou de passivité dans la situation d’insécurité dans cette partie de la RDC.

Dans ses plaidoyers, le Miss-RDC recommande également la purge au sein de l’armée afin d’y extirper les officiers affairistes et tous ceux qui sont impliqués dans la situation d’insécurité dans l’est du pays.

Le mouvement s’attend donc à ce que le meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC conduise les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre une fois pour toute, une décision en vue d’enrayer l’insécurité dans cette partie du pays. « Cela doit être la goutte d’eau qui déborde le vase », indique un autre activiste de mouvement citoyen.

Dans une courte vidéo, la ministre congolaise en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui s’est rendue à la résidence de l’ambassadeur Lucca Attanasio pour réconforter sa famille, a fait une promesse ferme du gouvernement congolais de tout mettre en œuvre pour découvrir les auteurs de ce meurtre. « C’est avec peine et beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du jeune ambassadeur Italien ici chez nous en RDC dans un convoi du PAM. Je promets au gouvernement italien que le gouvernement de mon pays mettra tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre », a-t-elle déclaré.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC-Rwanda : le chef militaire des FDLR, Sylvestre Mudacumura, tué dans le Nord-Kivu

septembre 18, 2019

Des soldats des Forces armées de la RDC, lors d’une opération contre les rebelles rwandais des FDLR, en février 2015 dans le Sud-Kivu. © Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

 

Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2012, le chef militaire des rebelles hutus des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), Sylvestre Mudacumura, a été tué dans la nuit de mardi à mercredi dans la chefferie de Bwito, dans le Nord-Kivu, selon plusieurs sources sécuritaires congolaises.

Fin de cavale pour Sylvestre Mudacumura. Visé par un mandat d’arrêt internationale de la CPI depuis le 13 juillet 2012 pour des crimes de guerre commis entre janvier 2009 et septembre 2010 dans les Kivus, la mort du chef militaire des rebelles FDLR a été confirmée par des sources sécuritaires congolaises.

Il a été tué dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre au cours d’un raid dont les circonstances restent floues. « Il a été neutralisé avec ses lieutenants par les forces armées », affirme à Jeune Afrique le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, niant par la même occasion des rumeurs faisant état de l’intervention de la milice NDC-R (Nduma Defense of Congo-Rénové) du général Guidon Shimiray Mwissa dans cette opération.

Né au Rwanda, cet ex-garde du président Juvénal Habyarimana et ancien gradé des Forces armées rwandaises (FAR) , impliquées dans les massacres commis lors du génocide des Tutsi au Rwanda, a été tué dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru proche du Parc National des Virungas, fief depuis plusieurs années des FDLR.

Les FDLR en difficulté

Après la mort en avril dernier, en Allemagne, de son chef politique Ignace Murwanashyaka, où encore l’extradition vers Kigali de deux de ses cadres arrêtés en RDC en décembre, le mouvement rebelle, en difficulté depuis plusieurs mois dans les Kivus, subit là un nouveau coup dur, qui intervient après plusieurs affrontements avec les FARDC et des mouvements rebelles locaux.

« La neutralisation de Sylvestre Mudacumura est une bonne nouvelle pour l’armée Congolaise, car il était à la tête de la branche radicale [des FLDR] qui s’est opposée au rapatriement volontaire au Rwanda. Sa neutralisation est un signal fort pour les autres rebelles qui hésitent à se rendre », s’est félicité le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise.

Fin novembre 2018, les autorités congolaises avait annoncé la fin du rapatriement des combattants rwandais du FDLR cantonnés depuis quatre ans dans des camps en RDC, et la fermeture de tous les camps de transit. La capacité de force de frappe des FDLR et le nombre de combattants restant actifs est incertain, alors que plusieurs dissidences ont éclaté au sein du mouvement.

Kigali accuse toujours les FDLR de mener des attaques sur son territoire, notamment celle qui a frappé le district de Rubavu, le 9 décembre 2018, et d’entretenir des contacts à Kampala. Un discours alimenté par Kinshasa qui, dans un lettre adressée à Leïla Zerrougui en janvier dernier, avait accusé les rebelles du FDLR de « comploter avec d’autres groupes rwandais, dont le parti de l’opposition Rwanda National Congress (RNC) du général Kayumba Nyamwasa, pour déstabiliser le pouvoir de Paul Kagame depuis le territoire congolais ».

Jeuneafrique.com par Romain Gras 

 

Est de la RDC: trois personnes tuées par balles dans une manifestation

août 19, 2019

 

Trois personnes ont été tuées lundi par balles par la police lors d’une manifestation contre l’insécurité dans une région de l’est de la République démocratique du Congo, où des tueries sont quasi quotidiennes, a-t-on appris d’un responsable local.

«Il y avait une manifestation au cours de laquelle trois personnes viennent de mourir : un jeune garçon d’environ 25 ans a reçu une balle au niveau de l’abdomen, il est mort à l’hôpital; un pygmée a été atteint par balle, il est mort sur place; un enfant a été atteint aussi par balle et est aussi décédé», a déclaré à l’AFP Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni dans la province du Nord-Kivu. Cet incident a eu lieu à Oicha, cité située à 30 km au nord de la ville de Beni. Les manifestants protestaient contre une attaque survenue la veille et attribuée aux milices ougandaises musulmanes des Forces démocratiques alliées (ADF), au cours de laquelle deux personnes avaient été tuées.

«La police a dispersé les manifestants par des tirs à balles réelles et du gaz lacrymogène, pour l’instant le bilan est de trois morts dont une femme pygmée», a accusé Noella Katongerwaki, présidente de la société civile du territoire de Beni. Les activités sont «paralysées dans la cité d’Oicha. Nous demandons à l’armée de faire son travail. Nous ne pouvons pas comprendre que notre armée n’arrive toujours pas à nous sécuriser contre les ADF», a ajouté un autre activiste, Janvier Kasairio.

Présents dans l’est de la RDC depuis 1995, les miliciens des ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) d’être responsables de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Par Le Figario.fr avec AFP

RDC: tout débat sur les massacres à Beni étouffé, accuse un groupe d’élus

avril 20, 2018

Kinshasa – Un groupe d’élus de la province troublée du Nord-Kivu a accusé l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public, sur les massacres des civils dans la région de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, dans un communiqué transmis vendredi à l’AFP.

Le 16 avril, une plénière avait été convoquée à la chambre basse pour débattre d’une motion contre le ministre de la Défense congolais sur « l’incapacité du gouvernement de la République à mettre fin aux massacres des populations civiles à l’Est du pays », selon ce communiqué signé par douze députés d’opposition et un de la majorité présidentielle.

L’examen de cette question avait alors été bloqué par l’intervention d’une élue de la majorité, soutenue par ses collègues, évoquant le « secret défense ».

« Le fait pour l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public sur le massacre des populations congolaises notamment à Beni, Lubero, Rutshuru, renforce le sentiment d’abandon total d’une partie du peuple congolais livré à l’holocauste des tueurs sans foi ni loi par les plus hautes institutions de la République », ont écrit les 13 élus.

Comme sur les réseaux sociaux et dans quelques médias congolais, ces élus accusent également le président Joseph Kabila d’avoir épinglé les membres de la communauté Nande – tribu majoritaire dans la région de Beni – d’être responsable de l’incendie, en décembre, de sa résidence de Musienene dans cette zone.

« Faux! », a rétorqué Yvon Ramazani, l’un des conseillers en communication du président Kabila « présent à cette rencontre » entre le chef de l’État et des députés de la majorité du début de semaine, interrogé par l’AFP.

« Il n’était pas question d’attaque contre les Nande, le président a plutôt dit: +Nous nous battons contre les ADF et vous voulez vous-mêmes créer vos milices pour vous défendre, au lieu de laisser l’armée faire son travail, vous compliquez la situation+ », a poursuivi M. Ramazani.

Pour le président Kabila, « les miliciens qui ont brulé Musiemeni ne sont pas venus d’ailleurs » mais sont bien des enfants de la ville, a cependant ajouté M. Ramazani.

Ces propos « plantent le décor d’un amalgame ethniciste dangereux qui peut avoir des conséquences génocidaires dramatiques sur terrain », ont noté les députés de la région de Beni.

Ils « opposent l’armée nationale à une communauté ethnique » et « sont de nature à susciter une révolte de l’opinion congolaise contre [les] Nande », ont-ils craint, alors que le « peuple meurtri de Beni a toujours eu l’impression de faire l’objet d’une action punitive et destructive de la part du régime en place ».

L’est de la RDC est déchiré par des conflits armés depuis 23 ans, des dizaines de groupes armés locaux et étrangers y sont encore actifs.

Parmi eux, les ADF, rebelles ougandais musulmans. Ils sont accusés par la Mission de l’ONU en RDC et le gouvernement congolais d’être responsables d’une série de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Cette version a été remise en cause en 2015 par un rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York, selon lequel les responsabilités sont partagées entre les ADF, mais aussi d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2018 19h13)                                            

RDC: Une base de la Monusco attaquée dans le Nord-Kivu après des combats entre armée congolaise et rebelles ADF

octobre 9, 2017

Image mise à disposition par la Monusco présentant des Casques bleu du Guatemala en opération à Sake, dans le Nord-Kivu, le 5 juillet 2017. © Photo : MONUSCO

 

Un Casque bleu a été tué ce lundi dans l’attaque d’une base de la Monusco à Beni. L’attaque survient au lendemain de combats ayant opposé dimanche 8 octobre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux Forces démocratiques alliés (Allied Democratic Forces, ADF), accusée par les autorités d’être à l’origine de la disparition, samedi, d’une vingtaine de civils.

Un Casque bleu a été tué et douze autres blessés ce lundi 9 octobre dans l’attaque par les ADF d’une base des Nations unies située dans le territoire de Beni, a fait savoir la Mission des nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

La veille, dimanche 8 octobre, des combats à l’arme lourde et légère ont opposé les Forces armées de la RDC aux Forces démocratiques alliés dans le même territoire de Beni, l’une des entités administratives du Nord-Kivu.

Rebelles islamistes ougandais présents dans l’est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) d’être responsables de tueries qui ont fait plus de 700 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Une vingtaine de disparus

Samedi 7 octobre, les ADF avaient attaqué une dizaine de taxis-motos sur la route entre les localités de Kamango et de Mbau. Une vingtaine de personnes sont depuis portées disparues sans que l’on sache si elles sont décédées ou toujours détenues par les ADF.

Un représentant de la société civile, Teddy Kataliko, évoque précisément le chiffre de 22 personnes portées disparues, plus dix rescapés dont sept femmes et trois hommes sur cet axe Mbau-Kamango. Selon RFI, ces vingt-deux personnes, parmi lesquelles une femme, auraient été égorgées par les ADF.

Jeuneafrique.com

 

RDC : inquiétudes dans le Nord-Kivu après l’annonce de la fermeture de cinq bases de la Monusco

juillet 19, 2017

Les Casques bleus patrouillent à Buniyampuli, dans l’est de la RDC. © Flickr/Monusco

La Monusco a annoncé mercredi la fermeture d’ici fin juillet de cinq de ses bases fixes au Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Une décision commandée par le nouveau mode opérationnel des Casques bleus, mais qui est loin de rassurer tout le monde.

Côté Monusco, on se veut plutôt rassurant. Son nouveau dispositif opérationnel ne serait justifié que pour des raisons d’efficacité. « Il comprend des patrouilles longues distances, des patrouilles de démonstrations de présence, la surveillance aérienne et un déploiement rapidement en cas d’incident de sécurité », explique la mission onusienne dans un communiqué rendu public, le 18 juillet, à Kinshasa.

Mais ce « changement de mode opérationnel » passe aussi par la fermeture à partir du 31 juillet de cinq bases fixes dans les territoires de Walikale (Walikale centre et Bunyapuri), de Masisi (Masisi centre et Nyabiondo) et de Lubero (Luofo). Toutefois, la Monusco « [veille] à continuer à remplir son mandat, c’est-à-dire qu’elle poursuit le soutien aux autorités congolaises dans la protection des civils », assure son représentant, Maman Sidikou.

Risque de recrudescence de l’insécurité ?

Côté société civile, c’est l’inquiétude. « Plusieurs ONG du Nord-Kivu estiment en effet que la Monusco ne devrait pas fermer ses bases fixes dans ces zones », soutient Juvénal Munubo, élu de Walikale, l’un des trois territoires concernés, qui dit « joindre sa voix à celle des militants de la société civile locale ».

« S’il est vrai que les rebelles rwandais des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda, NDLR] ont été repoussés vers le nord-est, il existe encore des groupes armés, surtout des Maï-Maï Guidon ou Sheka, actifs dans cette partie du pays », rappelle le député, membre de la commission en charge de la défense et de la sécurité au sein de l’Assemblée nationale.

« Avec cette fermeture annoncée des cinq bases fixes de la Monusco, je crains une recrudescence de l’insécurité dans le Nord-Kivu, prévient Juvénal Munubo. Il s’observe en effet une absence d’autorité de l’État dans plusieurs endroits de la région et ce sont ces bases qui faisaient offices d’une certaine présence d’une autorité. »

Jeuneafrique.com par

RDC: deux prêtres enlevés par des hommes armés dans le Nord-Kivu

juillet 17, 2017

Des soldats des FARDC, à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, en janvier 2014. © Joseph Kay/AP/SIPA

 

Deux prêtres ont été enlevés dans la nuit de dimanche à lundi par des hommes armés dans l’est de la République démocratique du Congo. Si l’évêque du diocèse de Beni-Butembo évoque la piste d’un groupe de Maï-Maï, les autorités locales ne privilégient aucune piste pour l’instant.

« Le curé Charles Kipasa et le vicaire Jean-Pierre Akili de la paroisse Marie reine des Anges de Bunyuka ont été enlevés dans la nuit de dimanche à lundi par des Maï-Maï qui les ont conduits vers le graben [les montagnes, NDLR]. Ils ont emporté aussi deux véhicules et deux motos », a affirmé à l’AFP Mgr Paluku Sikuli, évêque du diocèse de Beni-Butembo dont dépendaient les deux prêtres catholiques.

Les autorités civiles locales confirment l’enlèvement, mais restent plus prudentes sur l’identité supposée des ravisseurs. « Je confirme l’enlèvement de deux prêtres de la paroisse catholique de Bunyuka par des personnes armées inconnues », a déclaré Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Beni, qui assure que les « services de défense et de sécurité sont à pied d’œuvre pour les retrouver ». Il a par ailleurs précisé que les ravisseurs ont abandonné deux véhicules derrière eux.

Violences intercommunautaires

L’identité des ravisseurs n’est pour l’instant pas officiellement connue, et aucune revendication de l’enlèvement n’a été faite. Cependant, les deux prêtres enlevés dans la nuit de dimanche à lundi sont de l’ethnie Nande, ce qui pourrait accréditer la thèse d’un nouvel épisode dans les violences intercommunautaires récurrentes dans cette région de l’est de la RD Congo entre Nande, Kobo et Hunde d’une part, et Hutu de l’autre.

Cet enlèvement intervient alors que la province du Nord-Kivu est le théâtre d’un regain de violences armées depuis la mi-juin. Plusieurs attaques meurtrières ont été menées dans la région, notamment contre les forces armées congolaises, par un groupe armé non identifié formellement.

L’ampleur et la multiplicité des attaques récentes menées par ces hommes armés a même poussé le gouverneur de la province à lancer un véritable cri d’alarme, le 28 juin dernier. « Une nouvelle guerre se profile à l’horizon », avait alors prévenu Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, qui jugeait alors que les attaques répétées, jusque dans les faubourgs de la ville de Beni, « dépassent de loin la capacité des présumés Maï-Maï ».

Les enlèvements sont un phénomène courant dans cette province de l’est de la RD Congo. Mais l’enlèvement de religieux reste relativement rare. En 2012, trois prêtres assomptionnistes avaient été enlevés près de Beni par des hommes armés, désignés alors comme des membres des ADF, l’Alliance des Forces démocratiques, un groupe armé venu d’Ouganda au milieu des années 1990.

Est de la RDC: 80.000 déplacés en six jours de combats à Kizi

juillet 14, 2017

 

Des milices « d’autodéfense », opposées au régime de Kabila, et les forces militaires s’affrontent depuis début juin dans le Sud-Kivu.

Des militaires congolais en patrouille dans le village de Mboko, dans le Sud-Kivu, en novembre 2009. Crédits : ADIA TSHIPUKU/AFP

L’ONU a dénombré 80 000 personnes déplacées, en six jours, fuyant des violents combats entre une milice et l’armée congolaise dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l’AFP, mercredi 12 juillet, de l’ONU.

Le 29 juin, des combats ont éclaté entre l’armée congolaise et les miliciens Maï-Maï Yakotumba qui ont pris le contrôle de quatre localités en un jour avant d’en être délogés et repoussés cinq jours plus tard par les forces armées. Les deux parties avaient utilisé armes lourdes et légères, tuant au moins douze personnes.

« Plus de 80 000 personnes ont fui leur domicile suite aux combats entre l’armée et les Maï-Maï du 29 juin au 5 juillet dans le territoire de Fizi », a déclaré Maman Sidikou, chef de la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), lors d’une conférence de presse à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu.

« Nous sommes très inquiets pour ces gens qui sont jetés sur les routes, ces gens qui vivent avec la peur au ventre », a ajouté M. Sidikou, précisant que « la plupart de ces déplacés sans assistance sont regroupés essentiellement » sur trois sites.

Des « groupes d’autodéfense »

« Nous sommes très occupés par les abus contre les populations civiles », a indiqué M. Sidikou, qui a rappelé aux groupes armés, aux milices et aux forces de sécurité l’attachement de l’ONU « au respect de droits humains ». L’ONU estime à 3,7 millions de personnes le nombre de déplacés internes en RDC. Les Maï-Maï sont des « groupes d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique.

Pratiquement dépourvu d’infrastructures, le territoire de Fizi est une zone traditionnellement hostile au pouvoir de Kinshasa. Il a abrité pendant longtemps le maquis de Laurent-Désiré Kabila, qui avait fait tomber en 1997 le dictateur Mobutu Sese Seko.

Aujourd’hui, cette zone, où sont situées de nombreuses mines d’or, est le repaire des Maï-Maï Yakotumba, du nom d’un ancien officier de l’armée régulière qui s’est proclamé « général » et affirme vouloir chasser M. Kabila du pouvoir.

Certains experts soulignent de leur côté que cet ex-officier se contente surtout de contrôler divers trafics avec la Tanzanie à travers le lac Tanganyika, qui sert de frontière naturelle entre ce pays et la RDC.

La façade orientale de la RDC, particulièrement les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, est déchirée par des conflits armés, alimentés par des différends ethniques et fonciers depuis plus de vingt ans.

Le Monde.fr avec AFP

En RDC, quand une ville est gérée par des marchands, elle prospère et échappe à la guerre

mars 19, 2017

A Butembo, dix-sept grands commerçants ont fait fortune pendant la guerre du Congo. Ils règnent désormais sur cette ville du Nord-Kivu, loin de la politique et de Kinshasa.

Katembe Kahehero, l’un des millionnaires de Butembo, au Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Crédits : Le Monde Afrique
A Butembo, il n’y a que neuf kilomètres de routes asphaltées pour un million d’habitants, dont une poignée de millionnaires aussi puissants que discrets. Aucun de ces Congolais ne figure dans les classements africains de Forbes. Pourtant, la réputation de ces hommes d’affaires s’étend de Johannesbourg à Shenzhen, en passant par les grands ports d’Afrique de l’Est. Eux se contentent de régner sur cette ville poussiéreuse du Nord-Kivu rescapée de tant de guerres, ceinturée par des champs de café, de cacao et de collines toujours infestées de groupes armés. La frontière ougandaise est à 80 km et la capitale, Kinshasa, à plus de 1 600 km.

A Butembo n’est établie qu’une seule ethnie, les Nande. Et ce ne sont pas des hommes politiques qui gouvernent cette sorte de micro-Etat propret, mais le « G17 », un club de dix-sept grands commerçants transfrontaliers fortunés. « On n’attend rien des politiques et l’Etat a abandonné Butembo. On finance nous-mêmes la sécurité et les infrastructures comme l’université, la mairie, les monuments… On est sûr que les choses se font et on maîtrise les avancées », lâche d’une voix grave un certain Katembe Kahehero. De fait, la ville n’a jamais reçu un seul kilowatt de la société nationale d’électricité depuis l’indépendance, en 1960.

« Bolloré n’a jamais eu sa place ici »

Membre éminent du G17, M. Kahehero est un colosse de 60 ans qui reçoit dans un bureau donnant sur l’une des deux avenues asphaltées du centre-ville. Les jardins à la française des papiers peints rappellent au visiteur son attachement à l’ordre mais ne le mettent pas sur la piste de l’origine chinoise de sa fortune.

« Je suis le deuxième commerçant de Butembo et donc du Congo à avoir posé un pied en Asie, en 1983 », pavoise l’ancien marchand de café, aujourd’hui à la tête de plusieurs usines, d’une myriade de sociétés et d’un parc immobilier considérable dans les beaux quartiers de Kinshasa, où le prix du mètre carré est parfois aussi cher qu’à Londres.

De l’autre côté de la rue, son ami, concurrent et partenaire du G17 qu’on appelle du nom de son entreprise, Cetraca, a connu les mêmes débuts. Les aventures dans les cités industrieuses de Chine d’abord, puis dans les échoppes de Dubaï.

Katembe Kahehero, Cetraca et d’autres pionniers ont ouvert les routes commerciales reliant l’Asie à ce qui est alors le Zaïre, via les ports d’Afrique de l’Est. Ils ont acquis des dizaines puis des centaines de camions qui arpentent les routes d’Ouganda pour acheminer les marchandises jusqu’à Butembo où affluent des acheteurs en gros de toute la région.

Empire déclinant

« Bolloré n’a jamais eu sa place ici. On gère la logistique et on s’est organisé entre nous », lâche Cetraca, de son vrai nom Katembo Musavuli, avachi dans le fauteuil de son bureau enfumé où s’entassent des piles de papiers aussi jaunis que les murs. A 67 ans, cet homme madré se plaint de gérer un empire déclinant et s’inquiète de l’état de « Butembo Inc. ».

« Mes activités dans l’agriculture et l’élevage sont interrompues à cause de l’insécurité. Mes hôtels à Butembo et Kinshasa fonctionnent au ralenti. Mes usines sont à l’arrêt. Je me concentre sur la construction d’immeubles à Kinshasa », dit-il en regrettant son âge d’or, les années 1996 à 2002. Pour les autres, ce fut la période funeste de la deuxième guerre du Congo qui a engendré d’innombrables viols et massacres et provoqué la mort de plus de 4 millions de personnes, principalement de famine et de maladies, selon un rapport de l’International Rescue Committee.

Pendant ces années-là, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est ravagé, mais Butembo est épargnée. Les hommes d’affaires sont alors autant les obligés que les financiers d’Antipas Mbusa Nyamwisi, leader de la communauté nande et chef de milice soutenu par l’Ouganda. M. Mbusa Nyamwisi a été le chef de la diplomatie congolaise de Joseph Kabila, avant de se réfugier en Afrique du Sud. C’est aussi un vrai libéral : à l’époque où il administrait le territoire, plus de douanes, plus de taxes et beaucoup de profits. Les grands commerçants de Butembo sont alors pointés du doigt par l’ONU pour leur commerce d’or fourni par des groupes armés ainsi que pour le transport d’armes et de minerais. Les barons du G17 démentent, esquivent ou restent silencieux sur le sujet.

Osmose avec Dieu

« A Butembo, la paix et la sécurité s’achètent, car la région reste dangereuse, lâche froidement M. Kahehero. A 60 km plus au nord, à Béni, les populations sont terrorisées par de mystérieux massacreurs qui ont tué plus d’un millier de personnes depuis deux ans. « Pendant la grande guerre, on vivait mieux que maintenant, il y avait beaucoup de business et de cash. Aujourd’hui encore, on paie les rations des militaires qui nous ont protégés. »

Vue de Butembo, ville commerçante au nord du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.

Vue de Butembo, ville commerçante au nord du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Crédits : Le Monde Afrique

Au sortir de la guerre, Butembo voit apparaître de grands projets d’infrastructures et de jolies villas à plus de 500 000 dollars. Et si l’alliance des grands commerçants avec les chefs de guerre est éphémère, l’osmose avec Dieu, elle, est éternelle. Car l’autre pouvoir local est religieux. « Le secret de Butembo est un capitalisme un peu sauvage et une conscience commune, dit l’évêque Sikuli Paluku Melchisédech. Certains grands commerçants sont devenus riches par la fraude mais Dieu pardonne. Avec eux et nos frères protestants, on bâtit un autre modèle de développement, unique dans le pays ».

L’association de la foi et des affaires permet d’ériger, en 2003, l’université catholique du Graben, au milieu d’une forêt qui surplombe la ville. L’équipement a de quoi surprendre : un hôpital doté d’un centre cardiologique, des laboratoires de médecine et d’agriculture, un centre de recherche en pisciculture…

Attirées par le cash accumulé sous la guerre, les banques de Kinshasa se ruent sur Butembo. La Raw Bank, la première du pays, réduit les frais de dépôt et de retrait. « Une exception propre à Butembo et taillée sur mesure pour les commerçants nande », s’amuse un banquier de Kinshasa. Mais les hommes d’affaires locaux se piquent de créer leur propre établissement, « une banque du peuple nande ».

Minerai de contrebande

La Cruche Bank comptera parmi ses actionnaires une icône de la ville : l’abbé Malu Malu, président de la Commission électorale indépendante en charge d’organiser les premières élections libres de l’histoire du pays en 2006. Il ira chercher des investisseurs en Chine pendant que le G8 d’alors courtisera des Nigérians et des Iraniens pour réunir les 10 millions de dollars de capital exigé par la banque centrale. En vain. La banque est liquidée en 2007.

En parallèle, un contrat est signé avec un entrepreneur sud-africain pour la construction d’un aéroport et d’un barrage hydroélectrique nécessaire pour relancer l’industrie. Rien ne se fera. Au grand dam de Katembe Kahehero, qui a perdu un pactole dans cette affaire, de même que Katembo Musavuli qui, malgré l’absence d’aéroport, a tout de même réussi à créer une étonnante compagnie aérienne.

Cetraca Aviation transportait des voyageurs et, mais il ne le dira pas, du minerai de contrebande dans des Antonov décatis entre l’Ouganda et la RDC. Jusqu’à ce que les autorités congolaises lui retirent sa licence d’exploitation, en 2013. « J’ai vendu mes avions à Nairobi. Il y en a d’autres que j’ai abandonnés ou détruits », dit-il en faisant la moue du millionnaire en mal d’affaires. Avant de se ressaisir : « A Butembo, on ne rigole pas avec le business et on est les seuls à pouvoir concurrencer les Libanais à Kinshasa. On va se refaire, mais les temps sont durs, vraiment durs ».

Nouvelle génération d’hommes d’affaires

Alors que le reste de la RDC s’enfonce dans la crise économique, une nouvelle génération d’hommes d’affaires de Butembo s’efforce de prolonger le miracle de leur cité rurale, grâce au commerce. Le contexte n’est pas favorable : la valeur du franc congolais ne cesse de se déprécier face au dollar, l’inflation guette et les investisseurs sont suspendus à l’issue de l’interminable crise politique.

« Butembo souffre mais résiste, bien que l’activité soit réduite de 50 % par rapport au temps de la guerre, dit Polycarpe Ndivito, président de la branche locale de la Fédération des entreprises du Congo. Lui rêve de créer une « zone économique spéciale » à la fiscalité avantageuse.

En attendant, John Palos, 45 ans, et ses amis entrepreneurs et fils de millionnaires se démènent. « On sait s’adapter. Pas le choix. Tu sais, nos aînés nous conseillent mais ne nous font pas de cadeaux ! Pour être millionnaire, il fallait bénéficier d’allégement fiscal ou frauder la douane. Mais ça, c’était avant. Et nous, les jeunes, on innove et on bosse », dit-il entre deux appels reçus de Dubaï et de Nairobi.

Figure de proue de la nouvelle génération d’hommes d’affaires, « Palos » est le principal importateur et distributeur de motos chinoises Haojin, robustes et bon marché. Il en écoule près de 30 000 par an, dans toute la RDC. Avec ses dix camions, il importe aussi de Chine du wax (tissu) en grande quantité, des vélos, des produits électroménagers. Mais aussi des générateurs Jangfa, puissants et économes en kérosène, suffisants pour alimenter des petites usines, des moulins et des quartiers de la ville.

« Je vais te montrer un autre produit qui va me rendre encore plus riche », dit-il. Il pousse une porte dans sa maison natale transformée en bureaux et entrepôts. « Voilà, ceux-là viennent de Dubaï et coûtent entre 1 500 et 5 000 dollars. Ceux-là viennent de Chine et je les vends entre 500 et 1 000 dollars ». Dans ses mains, M. Palos tient des panneaux solaires de toute taille. « C’est le nouveau gros business à Butembo et je l’ai senti très tôt. Mes clients viennent des Kivu mais j’en exporte aussi dans les autres régions du pays », se réjouit-il.

Malgré les fortunes qu’ils ont amassées en temps de guerre, les membres vieillissants du G17 n’ont pas réussi à construire le barrage qui aurait pu enfin fournir de l’électricité à Butembo. Leurs enfants semblent s’être promis de faire mieux.