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Est de la RDC: 80.000 déplacés en six jours de combats à Kizi

juillet 14, 2017

 

Des milices « d’autodéfense », opposées au régime de Kabila, et les forces militaires s’affrontent depuis début juin dans le Sud-Kivu.

Des militaires congolais en patrouille dans le village de Mboko, dans le Sud-Kivu, en novembre 2009. Crédits : ADIA TSHIPUKU/AFP

L’ONU a dénombré 80 000 personnes déplacées, en six jours, fuyant des violents combats entre une milice et l’armée congolaise dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l’AFP, mercredi 12 juillet, de l’ONU.

Le 29 juin, des combats ont éclaté entre l’armée congolaise et les miliciens Maï-Maï Yakotumba qui ont pris le contrôle de quatre localités en un jour avant d’en être délogés et repoussés cinq jours plus tard par les forces armées. Les deux parties avaient utilisé armes lourdes et légères, tuant au moins douze personnes.

« Plus de 80 000 personnes ont fui leur domicile suite aux combats entre l’armée et les Maï-Maï du 29 juin au 5 juillet dans le territoire de Fizi », a déclaré Maman Sidikou, chef de la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), lors d’une conférence de presse à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu.

« Nous sommes très inquiets pour ces gens qui sont jetés sur les routes, ces gens qui vivent avec la peur au ventre », a ajouté M. Sidikou, précisant que « la plupart de ces déplacés sans assistance sont regroupés essentiellement » sur trois sites.

Des « groupes d’autodéfense »

« Nous sommes très occupés par les abus contre les populations civiles », a indiqué M. Sidikou, qui a rappelé aux groupes armés, aux milices et aux forces de sécurité l’attachement de l’ONU « au respect de droits humains ». L’ONU estime à 3,7 millions de personnes le nombre de déplacés internes en RDC. Les Maï-Maï sont des « groupes d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique.

Pratiquement dépourvu d’infrastructures, le territoire de Fizi est une zone traditionnellement hostile au pouvoir de Kinshasa. Il a abrité pendant longtemps le maquis de Laurent-Désiré Kabila, qui avait fait tomber en 1997 le dictateur Mobutu Sese Seko.

Aujourd’hui, cette zone, où sont situées de nombreuses mines d’or, est le repaire des Maï-Maï Yakotumba, du nom d’un ancien officier de l’armée régulière qui s’est proclamé « général » et affirme vouloir chasser M. Kabila du pouvoir.

Certains experts soulignent de leur côté que cet ex-officier se contente surtout de contrôler divers trafics avec la Tanzanie à travers le lac Tanganyika, qui sert de frontière naturelle entre ce pays et la RDC.

La façade orientale de la RDC, particulièrement les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, est déchirée par des conflits armés, alimentés par des différends ethniques et fonciers depuis plus de vingt ans.

Le Monde.fr avec AFP

En RDC, quand une ville est gérée par des marchands, elle prospère et échappe à la guerre

mars 19, 2017

A Butembo, dix-sept grands commerçants ont fait fortune pendant la guerre du Congo. Ils règnent désormais sur cette ville du Nord-Kivu, loin de la politique et de Kinshasa.

Katembe Kahehero, l’un des millionnaires de Butembo, au Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Crédits : Le Monde Afrique
A Butembo, il n’y a que neuf kilomètres de routes asphaltées pour un million d’habitants, dont une poignée de millionnaires aussi puissants que discrets. Aucun de ces Congolais ne figure dans les classements africains de Forbes. Pourtant, la réputation de ces hommes d’affaires s’étend de Johannesbourg à Shenzhen, en passant par les grands ports d’Afrique de l’Est. Eux se contentent de régner sur cette ville poussiéreuse du Nord-Kivu rescapée de tant de guerres, ceinturée par des champs de café, de cacao et de collines toujours infestées de groupes armés. La frontière ougandaise est à 80 km et la capitale, Kinshasa, à plus de 1 600 km.

A Butembo n’est établie qu’une seule ethnie, les Nande. Et ce ne sont pas des hommes politiques qui gouvernent cette sorte de micro-Etat propret, mais le « G17 », un club de dix-sept grands commerçants transfrontaliers fortunés. « On n’attend rien des politiques et l’Etat a abandonné Butembo. On finance nous-mêmes la sécurité et les infrastructures comme l’université, la mairie, les monuments… On est sûr que les choses se font et on maîtrise les avancées », lâche d’une voix grave un certain Katembe Kahehero. De fait, la ville n’a jamais reçu un seul kilowatt de la société nationale d’électricité depuis l’indépendance, en 1960.

« Bolloré n’a jamais eu sa place ici »

Membre éminent du G17, M. Kahehero est un colosse de 60 ans qui reçoit dans un bureau donnant sur l’une des deux avenues asphaltées du centre-ville. Les jardins à la française des papiers peints rappellent au visiteur son attachement à l’ordre mais ne le mettent pas sur la piste de l’origine chinoise de sa fortune.

« Je suis le deuxième commerçant de Butembo et donc du Congo à avoir posé un pied en Asie, en 1983 », pavoise l’ancien marchand de café, aujourd’hui à la tête de plusieurs usines, d’une myriade de sociétés et d’un parc immobilier considérable dans les beaux quartiers de Kinshasa, où le prix du mètre carré est parfois aussi cher qu’à Londres.

De l’autre côté de la rue, son ami, concurrent et partenaire du G17 qu’on appelle du nom de son entreprise, Cetraca, a connu les mêmes débuts. Les aventures dans les cités industrieuses de Chine d’abord, puis dans les échoppes de Dubaï.

Katembe Kahehero, Cetraca et d’autres pionniers ont ouvert les routes commerciales reliant l’Asie à ce qui est alors le Zaïre, via les ports d’Afrique de l’Est. Ils ont acquis des dizaines puis des centaines de camions qui arpentent les routes d’Ouganda pour acheminer les marchandises jusqu’à Butembo où affluent des acheteurs en gros de toute la région.

Empire déclinant

« Bolloré n’a jamais eu sa place ici. On gère la logistique et on s’est organisé entre nous », lâche Cetraca, de son vrai nom Katembo Musavuli, avachi dans le fauteuil de son bureau enfumé où s’entassent des piles de papiers aussi jaunis que les murs. A 67 ans, cet homme madré se plaint de gérer un empire déclinant et s’inquiète de l’état de « Butembo Inc. ».

« Mes activités dans l’agriculture et l’élevage sont interrompues à cause de l’insécurité. Mes hôtels à Butembo et Kinshasa fonctionnent au ralenti. Mes usines sont à l’arrêt. Je me concentre sur la construction d’immeubles à Kinshasa », dit-il en regrettant son âge d’or, les années 1996 à 2002. Pour les autres, ce fut la période funeste de la deuxième guerre du Congo qui a engendré d’innombrables viols et massacres et provoqué la mort de plus de 4 millions de personnes, principalement de famine et de maladies, selon un rapport de l’International Rescue Committee.

Pendant ces années-là, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est ravagé, mais Butembo est épargnée. Les hommes d’affaires sont alors autant les obligés que les financiers d’Antipas Mbusa Nyamwisi, leader de la communauté nande et chef de milice soutenu par l’Ouganda. M. Mbusa Nyamwisi a été le chef de la diplomatie congolaise de Joseph Kabila, avant de se réfugier en Afrique du Sud. C’est aussi un vrai libéral : à l’époque où il administrait le territoire, plus de douanes, plus de taxes et beaucoup de profits. Les grands commerçants de Butembo sont alors pointés du doigt par l’ONU pour leur commerce d’or fourni par des groupes armés ainsi que pour le transport d’armes et de minerais. Les barons du G17 démentent, esquivent ou restent silencieux sur le sujet.

Osmose avec Dieu

« A Butembo, la paix et la sécurité s’achètent, car la région reste dangereuse, lâche froidement M. Kahehero. A 60 km plus au nord, à Béni, les populations sont terrorisées par de mystérieux massacreurs qui ont tué plus d’un millier de personnes depuis deux ans. « Pendant la grande guerre, on vivait mieux que maintenant, il y avait beaucoup de business et de cash. Aujourd’hui encore, on paie les rations des militaires qui nous ont protégés. »

Vue de Butembo, ville commerçante au nord du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.

Vue de Butembo, ville commerçante au nord du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Crédits : Le Monde Afrique

Au sortir de la guerre, Butembo voit apparaître de grands projets d’infrastructures et de jolies villas à plus de 500 000 dollars. Et si l’alliance des grands commerçants avec les chefs de guerre est éphémère, l’osmose avec Dieu, elle, est éternelle. Car l’autre pouvoir local est religieux. « Le secret de Butembo est un capitalisme un peu sauvage et une conscience commune, dit l’évêque Sikuli Paluku Melchisédech. Certains grands commerçants sont devenus riches par la fraude mais Dieu pardonne. Avec eux et nos frères protestants, on bâtit un autre modèle de développement, unique dans le pays ».

L’association de la foi et des affaires permet d’ériger, en 2003, l’université catholique du Graben, au milieu d’une forêt qui surplombe la ville. L’équipement a de quoi surprendre : un hôpital doté d’un centre cardiologique, des laboratoires de médecine et d’agriculture, un centre de recherche en pisciculture…

Attirées par le cash accumulé sous la guerre, les banques de Kinshasa se ruent sur Butembo. La Raw Bank, la première du pays, réduit les frais de dépôt et de retrait. « Une exception propre à Butembo et taillée sur mesure pour les commerçants nande », s’amuse un banquier de Kinshasa. Mais les hommes d’affaires locaux se piquent de créer leur propre établissement, « une banque du peuple nande ».

Minerai de contrebande

La Cruche Bank comptera parmi ses actionnaires une icône de la ville : l’abbé Malu Malu, président de la Commission électorale indépendante en charge d’organiser les premières élections libres de l’histoire du pays en 2006. Il ira chercher des investisseurs en Chine pendant que le G8 d’alors courtisera des Nigérians et des Iraniens pour réunir les 10 millions de dollars de capital exigé par la banque centrale. En vain. La banque est liquidée en 2007.

En parallèle, un contrat est signé avec un entrepreneur sud-africain pour la construction d’un aéroport et d’un barrage hydroélectrique nécessaire pour relancer l’industrie. Rien ne se fera. Au grand dam de Katembe Kahehero, qui a perdu un pactole dans cette affaire, de même que Katembo Musavuli qui, malgré l’absence d’aéroport, a tout de même réussi à créer une étonnante compagnie aérienne.

Cetraca Aviation transportait des voyageurs et, mais il ne le dira pas, du minerai de contrebande dans des Antonov décatis entre l’Ouganda et la RDC. Jusqu’à ce que les autorités congolaises lui retirent sa licence d’exploitation, en 2013. « J’ai vendu mes avions à Nairobi. Il y en a d’autres que j’ai abandonnés ou détruits », dit-il en faisant la moue du millionnaire en mal d’affaires. Avant de se ressaisir : « A Butembo, on ne rigole pas avec le business et on est les seuls à pouvoir concurrencer les Libanais à Kinshasa. On va se refaire, mais les temps sont durs, vraiment durs ».

Nouvelle génération d’hommes d’affaires

Alors que le reste de la RDC s’enfonce dans la crise économique, une nouvelle génération d’hommes d’affaires de Butembo s’efforce de prolonger le miracle de leur cité rurale, grâce au commerce. Le contexte n’est pas favorable : la valeur du franc congolais ne cesse de se déprécier face au dollar, l’inflation guette et les investisseurs sont suspendus à l’issue de l’interminable crise politique.

« Butembo souffre mais résiste, bien que l’activité soit réduite de 50 % par rapport au temps de la guerre, dit Polycarpe Ndivito, président de la branche locale de la Fédération des entreprises du Congo. Lui rêve de créer une « zone économique spéciale » à la fiscalité avantageuse.

En attendant, John Palos, 45 ans, et ses amis entrepreneurs et fils de millionnaires se démènent. « On sait s’adapter. Pas le choix. Tu sais, nos aînés nous conseillent mais ne nous font pas de cadeaux ! Pour être millionnaire, il fallait bénéficier d’allégement fiscal ou frauder la douane. Mais ça, c’était avant. Et nous, les jeunes, on innove et on bosse », dit-il entre deux appels reçus de Dubaï et de Nairobi.

Figure de proue de la nouvelle génération d’hommes d’affaires, « Palos » est le principal importateur et distributeur de motos chinoises Haojin, robustes et bon marché. Il en écoule près de 30 000 par an, dans toute la RDC. Avec ses dix camions, il importe aussi de Chine du wax (tissu) en grande quantité, des vélos, des produits électroménagers. Mais aussi des générateurs Jangfa, puissants et économes en kérosène, suffisants pour alimenter des petites usines, des moulins et des quartiers de la ville.

« Je vais te montrer un autre produit qui va me rendre encore plus riche », dit-il. Il pousse une porte dans sa maison natale transformée en bureaux et entrepôts. « Voilà, ceux-là viennent de Dubaï et coûtent entre 1 500 et 5 000 dollars. Ceux-là viennent de Chine et je les vends entre 500 et 1 000 dollars ». Dans ses mains, M. Palos tient des panneaux solaires de toute taille. « C’est le nouveau gros business à Butembo et je l’ai senti très tôt. Mes clients viennent des Kivu mais j’en exporte aussi dans les autres régions du pays », se réjouit-il.

Malgré les fortunes qu’ils ont amassées en temps de guerre, les membres vieillissants du G17 n’ont pas réussi à construire le barrage qui aurait pu enfin fournir de l’électricité à Butembo. Leurs enfants semblent s’être promis de faire mieux.

 

En RDC, des milices inspirées par Jésus-Christ, le foot et la guerre

février 9, 2017

Dans le Nord-Kivu, le groupe armé les « Corps du Christ » veut s’attaquer au président Kabila. Son chef, David Maranata, a été arrêté le 7 février mais ses fidèles, illuminés, ne déposent pas les armes.

Des casques bleus de l’ONU, à Beni, à l’est de la République démocratique du Congo, en octobre 2014. Crédits : ALAIN WANDIMOYI / AFP
La nuit tombe sur Butembo et, dans les jardins soignés d’un hôtel de la ville, un « prophète » fait son entrée. Il se prénomme Joseph Ki Sambwa, porte une chemise sale et des chaussures usées. Ces derniers temps, ce quadra erre de colline en colline dans cette région meurtrie du Nord-Kivu, frontalière de l’Ouganda. Il dort dans la forêt et avale des bières dans les bars discrets de cette ville de grands commerçants tournés vers l’océan Indien, ses ports kényans et tanzaniens. M. Ki Sambwa se cache à peine, entretient des relations avec des policiers et agit sous sa vraie identité.

Pourtant, il fait fonction de rapporteur général des Corps du Christ. Cette secte millénariste, devenue en octobre 2016 un intrigant groupe armé, est dirigée par un « prophète suprême » : David Maranata. Ce dernier, un ancien chauffeur de taxi trafiquant d’armes entre Butembo et la frontière ougandaise, est devenu pasteur. Il a été arrêté le 7 février 2017 par l’armée congolaise, non loin de Butembo, accusé de diriger un groupe criminel.

« On est armé de lance-pierres et on recourt d’abord à la Bible, à la force des ancêtres et aux esprits qui réclament que le sang coule pour changer le système politique qui tue les Congolais, proteste Joseph Ki Sambwa, avec des airs de prêcheur. Les politiciens créent le désordre. Il y a eu des millions de morts à l’est de la RDC depuis vingt ans. Notre mission sacrée est d’y mettre fin et de combattre pour créer un nouveau système qui obéira à la Bible. »

Mystico-politiques

A la fois secte religieuse priant sur des montagnes sacrées et milice de fidèles armés de lance-pierres, mais aussi de kalachnikov ou de lance-roquettes, les Corps du Christ ont démontré ces derniers mois leur capacité de nuisance lors d’affrontements avec les soldats de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), l’armée et la police congolaise. Un casque bleu sud-africain a perdu la vie en décembre. Nul ne sait bien combien ils sont.

Ces illuminés à la rhétorique mystico-politique sont le dernier symptôme d’une crise politique pour la direction du pays. Le président Joseph Kabila s’accroche au pouvoir après l’échéance de son deuxième et dernier mandat le 19 décembre 2016. Mais les Corps du Christ sont aussi l’une des multiples métastases des deux guerres qui ont ravagé l’est du pays entre 1996 et 2003.

Opportunistes, les Corps du Christ entendent profiter d’une exaspération des populations délaissées par l’Etat central, épuisées par les conflits et terrorisées par des massacres qui ont coûté la vie à plus de 1 000 innocents à Beni depuis octobre 2014.

« L’armée et l’ONU sont incapables de faire cesser les massacres de Beni. On va s’en occuper et on sait qu’il y a des massacreurs dans l’armée congolaise, on va les affronter, assure Joseph Ki Sambwa. Ensuite, on va s’occuper de Kinshasa, on veut mettre un terme à ce système politique et instaurer une théocratie. »

Les Maï-Maï, ces groupes d’autodéfense de l’est de la RDC, se sont multipliés au lendemain du génocide rwandais. L’arrivée de plus de deux millions de réfugiés au Congo – dont des militaires et des génocidaires devenus miliciens – avait déstabilisé la région et causé une multitude de conflits ethniques, fonciers, politiques et économiques. Milices, groupes rebelles et militaires, tous corruptibles, s’affrontent, s’allient, se trahissent depuis près de vingt ans.

Un drapeau et un hymne pour une théocratie rêvée

Cependant, les Corps du Christ augurent une nouvelle tendance de Maï-Maï « new age », toujours populistes et profondément anti-rwandais, mais qui prétendent se détourner de ces querelles ethniques pour voir plus loin. Cette année, les esprits et les prophètes ont la folie des grandeurs, disent vouloir s’attaquer au système Kabila et agrémentent leurs discours de politique nationale, vilipendant une « démocratie vérolée » qu’ils veulent remplacer par une théocratie à la suite d’une guerre forcément sainte. Ils ont déjà leur drapeau – douze étoiles encerclant la Bible –, leur hymne national en swahili et un programme politique simpliste. De quoi séduire une partie de la jeunesse des collines. Le scénario d’une révolte menée par des héros ordinaires des campagnes de l’est de la RDC touchés par la grâce divine ne laisse pas indifférent.

A plus de 150 km de Butembo, au bout d’une piste défoncée qui serpente dans les collines, d’autres chefs de guerre sont récemment sortis du maquis pour eux aussi menacer Kinshasa et les massacreurs de Beni. Dans la ville de Kirumba, réputée pour être un de ces épicentres de microgroupes armés, Muyisi Ousama prépare également sa « révolution ». Ce maquisard, soupçonné par l’ONU d’avoir perpétré des tueries de Hutu rwandais et congolais, responsables de la mort de son père, se vante d’avoir mis sur pied une grande coalition de milices unies derrière un même but.

« Forces surnaturelles »

« On ne croit plus en la politique qui a échoué et montré ses limites, dit-il. Plus de pardon. Désormais, il n’y a plus que la force qui peut marcher. Alors on fédère les groupes armés de la région. » Le voilà commandant opérationnel d’une nouvelle milice apparue en même temps que les Corps du Christ, dont il est proche. Il s’agit des Maï-Maï Mazembe, un nom octroyé par la population à la suite d’une bataille durant laquelle ils ont « dribblé » l’ennemi comme les joueurs du célèbre club de football congolais, le Tout Puissant Mazembe.

Muyisi Ousama dit être en contact avec la plupart des groupes armés de la région et disposer de milliers d’hommes et d’armes qu’il se refuse à montrer. Allié aux Corps du Christ, il se revendique lui aussi en mission au service de « forces surnaturelles », joue au professionnel de la guerre mais évolue dans une division d’amateurs, snobé par les responsables militaires de Kinshasa sereins tant ils savent comment manipuler ces groupes à des fins politiques ou économiques.

Mais les Maï-Maï Mazembe et les Corps du Christ préoccupent les cadres sécuritaires locaux et surtout les responsables d’une force de l’ONU critiquée par la population locale qui constatent que la popularité de ces nouveaux groupes grandit. A Beni et à Butembo, ils ont été acclamés par la foule lorsqu’ils ont défilé.

« Messages divins »

Et si, à leur insu, les Maï-Maï Mazembe et les Corps du Christ n’étaient que des marionnettes d’un pouvoir politique qui chercherait à empêcher la tenue d’élections en fabriquant le désordre ? Telle est la certitude d’un agent de renseignement local assez précis sur la coordination, pensée par des hauts responsables de l’armée congolaise, selon lui, entre ces deux groupes qui ont mené des opérations conjointes.

Une thèse partagée par un diplomate coutumier de la région. « Si ta femme décède et que ton voisin est plus préoccupé que toi, il y a un problème, lâche-t- il. Pourquoi ces nouveaux groupes sont soudainement si préoccupés que ça par des massacres en dehors de leurs zones, comme à Beni ? » Mais peut-être ce diplomate reste-t-il insensible aux « messages divins » reçus par ces drôles de « prophètes » mués en rebelles et apprentis politiciens.

Lire aussi :   Joseph Kabila n’est pas prophète en son Katanga natal

Muyisi Ousama s’en défend. Il cite des grands révolutionnaires et même Laurent-Désiré Kabila qui avait entrepris, avec sa rébellion, une longue marche de l’est vers Kinshasa pour renverser Mobutu Sese Seko et s’emparer du pouvoir, il y a vingt ans. Sauf que le père de l’actuel président, assassiné en 2001, avait le soutien de puissances régionales comme le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola.

Muyisi Ousama, lui, n’a pas de quoi se payer le taxi. Les esprits lui ont ordonné de faire la guerre, mais ne l’ont pas aidé à s’enrichir. A ses côtés, son adjoint, l’ancien militaire Augustin Mayonga, 52 ans, martèle que cette fois c’est la bonne, qu’il est venu le temps de la revanche des « enfants du terroir ». Quel est le nom de ce mouvement réunissant des milices locales sous leurs ordres ? « Notre coalition s’appelle Mouvement national pour la… libération. Euh non, pour la révolution, Mouvement national pour la révolution et ne soyez pas surpris si Muyisi Ousama devient ministre ou président. »

Est de la RDC : 13 civils tués dans l’attaque d’une localité au Nord-Kivu le jour de Noël

décembre 26, 2016

Goma (RD Congo) – Treize civils hutu ont été tués dimanche lors d’une attaque menée par une milice de l’ethnie nande sur la localité de Nyanzale, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris lundi de source officielle.

Trois miliciens nande ont été tués pendant l’intervention des Forces armées de la RDC (FARDC) pour mettre fin à la tuerie, a ajouté Alphonse Mahano, délégué local du gouverneur du Nord-Kivu.

L’attaque a eu lieu après l’attaque, jeudi, d’un groupe de maï-maï Nyatura (groupe d’autodéfense hutu) qui ont tué 13 civils nande dans une localité voisine, Bwalanda.

Autorités administratives et militaires se sont toutefois refusées à faire le lien entre les deux attaques.

Les victimes sont toutes hutu. Il y a une fillette de huit ans, un père de famille, le reste sont des femmes, s’est contenté de détailler à l’AFP M. Mahano.

Les maï-maï Mazembe [milice nande] et leurs alliés sont venus attaquer Nyanzale dimanche matin. L’armée est intervenue pour rétablir l’ordre, a déclaré le porte-parole local de l’armée, le major Guillaume Djike, selon qui les combats se sont déroulés entre 05H00 et 07H00 du matin. Six miliciens Mazembe ont été tués, a-t-il ajouté.

Nyanzale est une localité peuplée majoritairement de Hutu.

Au total, au moins 35 civils ont été tués au Nord-Kivu pendant le weekend de Noël. Dans le territoire de Beni (nord de la province), un massacre imputé par les autorités à une rébellion ougandaise musulmane a fait au moins 22 morts à Eringeti et dans ses environs.

L’antagonisme entre communautés hutu et nande est exacerbé depuis plus d’un an par une série d’attaques de villages par des milices de chaque camp dans une zone couvrant les confins des territoires de Rutshuru, Lubero et Masisi, dans le centre du Nord-Kivu.

Les Hutu, rwandophones, sont largement tenus pour des étrangers par les communautés se considérant comme autochtones dans cette région, comme les Nande ou les Hunde.

Cette querelle sur la nationalité se superpose à des conflits fonciers liés à une migration vers le nord de cultivateurs hutu contraints d’abandonner leur terre du Sud de la province pour des raisons économiques liées au prix du foncier ou sous la pression de grands propriétaires.

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2016 13h08)

Noël sanglant en RDC : 22 civils massacrés au Nord-Kivu

décembre 25, 2016

Goma (RD Congo) – Vingt-deux civils ont été massacrés à l’arme blanche samedi et dimanche, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

Le drame s’est produit à Eringeti et dans ses environs, dans le territoire de Beni, zone du nord du Nord-Kivu ensanglantée depuis plus de deux ans par une vague de massacres ayant fait plus de 700 morts, ont indiqué à l’AFP l’administrateur territorial, Amisi Kalonda, un porte-parole militaire et un militant associatif.

M. Kalonda a imputé l’attaque aux Force démocratiques alliées, rébellion ougandaise musulmane installée dans la région depuis plus de vingt ans et accusée par les autorités congolaises d’être responsables des tueries en série dans la région.

Les ADF ont encore endeuillé la population de Beni territoire à Eringeti et dans ses environs. Hier, ils ont tué dix civils à Eringeti, a déclaré à l’AFP M. Kalonda, joint par téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Douze autres corps ont été retrouvés [dimanche] dans des villages environnants par l’armée qui poursuivait les assaillants, a-t-il ajouté.

Selon lui, l’attaque a commencé en début d’après-midi samedi contre la ville d’Eringeti, déjà frappée par plusieurs massacres similaires.

Le mode opératoire, c’est toujours le même, a dit M. Kalonda : les victimes ont été tuées à l’arme blanche et à la machette.

Confirmant l’attaque, un porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC) a déclaré que l’armée avait tué quatre rebelles ADF. Le bilan est très lourd pour les civils, a ajouté l’officier sans donner de chiffre des victimes.

Les ADF ont attaqué Eringeti et ses environs, a déclaré pour sa part Teddy Kataliki, président de la Société civile du territoire de Beni, coalition d’associations locales.

Déjà hier, 10 corps ont été retrouvés, et aujourd’hui 12 autres corps de civils, a-t-il ajouté, estimant qu’il s’agissait d’un bilan encore provisoire.

Nous ne comprenons pas cette situation qui continue à endeuiller le territoire de Beni, a-t-il dit.

Joint vers 19h45 (17h45 GMT), il a fait état d’une autre attaque en cours contre la ville d’Oicha, plus au sud depuis 16h00 (14h00 GMT). Le capitaine Hazukay a confirmé que l’armée était en opération dans cette zone, et a refusé de donner plus de détails avant que celle-ci ne soit achevée.

Romandie.com avec(©AFP / 25 décembre 2016 20h01)             

RD Congo: 34 civils tués dans l’attaque d’un village hutu par des miliciens nande

novembre 27, 2016

Goma (RD Congo) – Trente-quatre civils ont été tués dimanche dans l’attaque d’un village hutu par des miliciens de l’ethnie nande dans l’Est de la République démocratique du Congo, selon un bilan officiel provisoire.

L’attaque a visé le village de Luhanga, dans le centre-est de la province du Nord-Kivu. Le bilan provisoire fait état de 34 civils tués, a déclaré à l’AFP Joy Bokele, administrateur du territoire de Lubero où s’est produite l’attaque.

Le village de Luhanga a été attaqué vers 5h00 du matin par des maï-maï Mazembe, a déclaré M. Bokele, joint par téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Ils ont commencé à attaquer la position des FARDC (l’armée congolaise). Pendant qu’ils attaquaient les FARDC, un autre groupe exécutait la population à l’arme blanche ou par balles, a-t-il ajouté.

Les maï-maï Mazembe sont un groupe d’autodéfense Nande. Un des assaillants a été tué, a encore déclaré M. Bokele.

Luhanga est situé dans le sud du territoire de Lubero, région où les tensions sont vives depuis un an entre d’un côté les Nande et les Kobo, et de l’autre les Hutu : des affrontements intercommunautaires liés à des querelles foncières y ont fait plusieurs dizaines de morts.

Romandie.com avec(©AFP / 27 novembre 2016 12h16)

Est de la RDC: deux personnes lynchées puis brûlées à Butembo

août 24, 2016

Butembo (RD Congo) – Deux personnes soupçonnées de vouloir rejoindre les auteurs d’une série de massacres dans la région de Beni, ont été lynchées puis brûlées mercredi par la population de Butembo, dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de sources locales.

Je condamne la mort de ces deux personnes lynchées puis brûlées par la foule, a déclaré à l’AFP Sikuli Uvasaka Makala, maire de la ville de Butembo dans la province du Nord-Kivu (est).

Ces gens ont été tués parce qu’ils tentaient de rejoindre les égorgeurs de Beni, a expliqué à l’AFP un jeune manifestant, sous couvert d’anonymat. Un autre a affirmé qu’ils venaient de Lubero, plus au sud, et transitent par Butembo pour Beni où ils tuent à la machette.

Selon des témoins, une forte tension a régné toute la journée à Butembo où des jeunes avaient barricadé les principales artères de la ville, procédant à des contrôles sur tous les véhicules en provenance des territoires du sud réputés zones d’action des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

L’armée est venue en renfort pour rétablir l’ordre, a déclaré à l’AFP le général Marcel Mbangu qui était à la tête d’un contingent d’une centaine de militaires venus de Beni et qui avaient procédé à des tirs de sommation pour disperser les manifestants.

Les deux personnes tuées ne sont même pas rwandophones: l’une est originaire de l’Ituri [nord-est], l’autre est de Bukavu, capitale de la province voisine du Sud-Kivu, a ajouté le général Mbangu.

Huit meneurs ont été arrêtés, selon un autre officier.

La ville de Butembo est située à une cinquantaine de kilomètres du territoire de Beni, théâtre depuis octobre 2014 d’une série de massacres ayant causé la mort de plus de 700 personnes, selon l’ONU. Ces massacres sont majoritairement imputés aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

Vous tuez des innocents, a lancé le maire, M. Sikuli, aux manifestants, les invitant à bannir la justice populaire, estimant que cela portait préjudice à la communauté nande.

Dans cette région, des affrontements entre communautés nande et hutu sont fréquents.

Les Nande accusent les Hutu congolais d’être complices des FDLR pour les chasser de leur territoire. Les Hutu congolais, qui ne nient pas être à la recherche de nouvelles terres agricoles, accusent les Nande de violer leur droit constitutionnel à s’installer où ils le veulent.

Opposés au pouvoir de Kigali, les FDLR, disséminés essentiellement au Nord et au Sud-Kivu, n’ont pas mené d’action militaire d’envergure au Rwanda depuis 2001, mais sont régulièrement accusés de commettre des atrocités contre les civils dans les zones sous leur contrôle.

L’est de la RDC est déchiré depuis plus de 20 ans par des conflits armés alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des ressources minières et des rivalités entre puissances régionales.

Romandie.com avec(©AFP / 24 août 2016 19h12)

Au lendemain du massacre de civils, division et colère en RDC

août 15, 2016

Le massacre de dizaines de civils dans la nuit de samedi à dimanche à Beni dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) attisait lundi la contestation contre le président Joseph Kabila. Le climat politique est tendu à quelques mois de la fin de son mandat.

Dimanche, un porte-parole de l’armée a imputé cette tuerie aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF). Ces derniers sont accusés d’être les principaux responsables d’une série de massacres qui ont fait plus de 650 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Joseph Kabila était lundi à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, où se tient une réunion de sécurité. Il devait ensuite se rendre à Beni. Le Premier ministre Augustin Matata devait faire de même, accompagné d’une délégation d’officiers militaires.

Selon un nouveau bilan donné lundi par la société civile de Beni, ville de la province du Nord-Kivu, ce sont 51 civils qui ont été « tués à la machette ». Un bilan contesté par les autorités.

Dimanche, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende avait annoncé un bilan officiel de 36 morts. Quelques heures plus tard, le maire de Beni évoquait 42 victimes. Interrogé lundi par l’AFP, M. Mende estimait que la société civile avançait un bilan qui « n’est pas objectivement vérifiable ».

Amers
Lundi, au premier des trois jours de deuil national décrété par le gouvernement, alors que les drapeaux étaient mis en berne, les Congolais se montraient amers.

Dès dimanche, une centaine d’habitants de Beni avaient exprimé leur colère en scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila qui avait promis, 72 heures plus tôt, de tout mettre en oeuvre pour « imposer » la paix et la sécurité à Beni.

Signe de défiance ultime, certaines familles ont même refusé de placer leurs défunts à la morgue, préférant « organiser leur deuil en privé et refus(ant) que le gouvernement les enterre alors qu’il ne les avait pas sécurisés de leur vivant », déclarait lundi à l’AFP Teddy Kataliko, membre de la coordination de la société civile de Beni.

« Il est temps d’agir »
Côté politique, l’ambiance n’était pas meilleure lundi, certains opposants réclamant la démission du pouvoir en place. Le Front citoyen 2016, une plate-forme opposée à tout report de la présidentielle – censée se tenir cette année, mais devenue hautement improbable – note « avec regret que le président Kabila et son gouvernement ont totalement échoué à ramener la paix dans cette région ». Par conséquent, conclut-il, le chef de l’État doit « démissionner ».

La plate-forme va encore plus loin. Elle suggère que M. Kabila « pourrait être le véritable responsable de l’insécurité » à Beni, afin de « pérenniser une terreur quasi-généralisée dans plusieurs coins du pays » alors que les « Congolais attendent la fin de son régime, et l’avènement de la première alternance démocratique au sommet de l’État ».

L’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, dénonce de son côté l' »inaction coupable de nos dirigeants », ajoutant sur Twitter: « Il est temps d’agir ».

Exilé à l’étranger depuis mai, officiellement pour s’y faire soigner, M. Katumbi, poursuivi par la justice congolaise, craint surtout pour sa sécurité. Les autorités congolaises ayant promis de l’arrêter dès son retour au pays.

Dans le clan présidentiel, on proteste contre ces mises en cause. « Instrumentaliser à des fins politiciennes la plaie fraîche que porte encore Beni est tout simplement déplorable », a déclaré sur Twitter le président de l’Assemblée nationale et chef de la Majorité présidentielle (MP), Aubin Minaku.

Condamnation
Les Etats-Unis condamnent « dans les termes les plus forts cette horrible attaque et (continueront) de soutenir tous les efforts pour mettre un terme aux violences en cours dans l’est du Congo », a déclaré lundi Elizabeth Trudeau, porte-parole du département d’Etat.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat s’achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l’opposition le soupçonne de manoeuvrer pour s’accrocher à son poste, quitte à reporter la présidentielle.

Le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) attribuent la succession de massacres de la région de Beni aux rebelles des ADF. Une thèse partiellement remise en cause par un récent rapport de l’Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.com avec(ats / 16.08.2016 03h12)

Au moins 15 morts dans des affrontements entre groupes armés dans l’Est de la RDC

février 8, 2016

Goma (RD Congo) – Quinze personnes au moins ont été tuées dimanche lors d’affrontements entre groupes armés dans une zone de l’Est de la République démocratique du Congo théâtre de vives tensions ethniques depuis plusieurs semaines, a-t-on appris lundi auprès des autorités locales.

Il y a eu des affrontements dans le village de Mukeberwa, dans la province du Nord-Kivu, selon les informations en ma possession, entre 15 et 30 personnes ont trouvé la mort, a déclaré à l’AFP Bokele Joy, administrateur du territoire de Lubero où ont eu lieu les combats.

L’administrateur a ajouté qu’il lui était difficile d’être plus précis sur le bilan car les affrontements ont eu lieu dans un zone où il n’y a ni FARDC (armée congolaise, NDLR) ni police nationale congolaise.

Selon lui, les combats ont été provoqués par l’attaque de miliciens maï-maï nande contre le village de Mukeberwa, tenu par des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Mukeberwa est situé aux confins des territoires de Lubero et de Walikale, dans le centre-est du Nord-Kivu, province déchirée par les conflits armés depuis plus de vingt ans.

Les maï-maï sont des milices d’autodéfense, souvent constituées selon des critères ethniques.

La tension est très vive entre communautés hutu congolaise et nande dans le sud du territoire de Lubero.

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, seize ou dix-sept Nande, parmi lesquels les deux femmes et la fille du mwami (chef coutumier) local, ont été tués dans un village de la région, Miriki, par de présumés rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Depuis lors, plusieurs personnes sont mortes lors d’échauffourées entre hutu et nande dans la zone.

Depuis plusieurs mois, les chefs nande de la région de Miriki s’opposent au retour de déplacés hutu congolais, qu’ils accusent de complicités avec les FDLR. Selon la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) et les autorités locales, le massacre de Miriki a exacerbé les tensions intercommunautaires dans la zone.

Romandie.com avec(©AFP / 08 février 2016 15h35)

RDC : enlèvement de trois membres de la Monusco dans le Nord-Kivu

avril 24, 2015

La Monusco près de Kibumba au Nord-Kivu le 23 avril 2015.
La Monusco près de Kibumba au Nord-Kivu le 23 avril 2015. © AFP/Federico Scoppa

Deux Congolais et un Zimbabwéen, membres de l’unité de la Monusco chargée du déminage et de la neutralisation des munitions non explosées, ont été enlevés jeudi au Nord-Kivu.

Selon une source onusienne, les trois employés de la Monusco, deux Congolais et un Zimbabwéen, faisaient route vers Rutshuru, à plus de 60 km au nord de Goma, quand ils ont été enlevés, jeudi 23 avril, vers 17h30 (15h30 GMT) à Kibumba, à une trentaine de kilomètres au nord de Goma.

« Nous ne savons pas où ils ont été emmenés », a-t-on ajouté de même source, sans préciser davantage les circonstances de l’enlèvement.

Parlant sous le couvert de l’anonymat, un officier de l’armée congolaise a indiqué avoir trouvé avec ses hommes vers 18h00 (16h00 GMT) « une voiture de la Monusco marquée UN-MAG (l’unité de la Monusco chargée du déminage et de la neutralisation des munitions non explosées ) » dans les environs de Kibumba.

« Le moteur tournait et la voiture était vide. Apparemment, ceux qui étaient dedans ont été enlevés », a-t-il ajouté.

Selon un responsable des forces de sécurité locales, le véhicule a été retrouvé entre Kibumba et Rugari, localité située à une dizaine de kilomètres au nord de Kibumba, sur la route de Rutshuru.

Incursion rwandaise ?

La nouvelle de l’enlèvement des trois membres de la Monusco survient alors que le chef du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, est en RDC. Il a notamment eu des discussions avec les autorités afin d’aplanir les divergences entre la mission onusienne et le gouvernement de Kinshasa.

Dans le même temps, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a déclaré jeudi à la presse avoir été informé de « l’infiltration d’une centaine de militaires rwandais » en territoire congolais du côté de Kibumba, localité frontalière du Rwanda.

Julien Paluku a également soutenu que cette incursion des troupes rwandaises en RDC ne serait que le point de départ d’une nouvelle rébellion, fomentée de l’extérieur, qui serait composée d’ex-combattants du M23 et de ceux du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, groupe armé jadis dirigé par le général « déchu » Laurent Nkunda).

À Kigali, l’on se dit surpris par ces « rumeurs ». Au ministère de la Défense, un conseiller affirme même « n’être pas au courant » d’une quelconque infiltration des troupes rwandaises sur le sol congolais…

Jeuneafrique.com avec AFP