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Centrafrique : calme précaire à Bangui, les chrétiens veulent désarmer les musulmans

mai 31, 2014
Des résidents musulmans en colère dans le quartier PK-5 à Bangui. © AFP

Des résidents musulmans en colère dans le quartier PK-5 à Bangui. © AFP

Un calme précaire régnait samedi matin à Bangui dont les habitants chrétiens réclament « le désarmement immédiat » du quartier PK-5 où vivent reclus les derniers musulmans de la capitale centrafricaine, inquiets pour leur sécurité et hostiles à la présidente Catherine Samba-Panza.

Plusieurs milliers de musulmans seulement se terrent encore dans le PK-5. L’immense majorité de la population musulmane a pris le chemin de l’exode vers le Tchad, le Nord et l’Est du pays pour fuir les exactions des milices chrétiennes anti-balaka, rivales de la Séléka, ex-rebelles musulmans dirigés par Michel Djotodia au pouvoir de mars 2013 à janvier dernier.

Les voitures et les boutiques ouvertes étaient rares samedi à Bangui, où des restes fumants de barricades jonchent la plupart des axes, stigmates des violences qui déchirent la ville depuis l’attaque sanglante mercredi de l’église Fatima au cours de laquelle 17 personnes ont été tuées. Entre 200 et 300 musulmans ont marché dans le calme samedi matin dans le PK-5 pour dire leur colère, a constaté l’AFP. Certains s’en prenaient à la présidente de transition Catherine Samba-Panza qu’ils accusent d’être la « mère » des anti-balakas. « Ban Ki-moon, nous voulons partir vers le nord pour rejoindre nos frères musulmans », pouvait-on lire sur une pancarte alors que de nombreux musulmans craignent de ne pouvoir se défendre si le quartier est désarmé.

Dans ce quartier du PK-5, beaucoup de « non à la France » sont tagués sur les murs. Signe de la confusion qui règne à Bangui, certains habitants applaudissaient les Français au passage de patrouilles de la force Sangaris, tandis que d’autres leur faisaient signe de partir, a constaté l’AFP. Cette hostilité se retrouve dans d’autres quartiers, majoritairement chrétiens de la ville, où des habitants criaient « voleurs de diamants », au passage des soldats Français, faisant référence à l’une des principales richesses minières du pays.

Près du PK-5, dans le quartier chrétien de Miskine, des jeunes huaient les blindés français samedi, demandant qu’on « réarmes les FACA », l’armée régulière qui était en place sous la présidence de François Bozizé, pour « laisser les Centrafricains régler les problèmes de la Centrafrique ».

« Nous observons une trêve »

Une grande majorité de la population est persuadée que l’attaque de Fatima, un « acte terroriste » selon la présidente Catherine Samba-Panza, a été menée par des ex-rebelles Séléka musulmans et planifiée à partir du PK-5. Vendredi, des milliers de Centrafricains ont manifesté pour demander le désarmement des musulmans et le départ du contingent burundais des forces africaines de la Misca qu’ils accusent d’avoir laissé faire le massacre de Fatima. Trois personnes ont été tuées et une dizaine blessées lors de ces manifestations.

« Nous avons manifesté pour demander le désarmement immédiat du PK-5, un quartier qui prend en otage toute la Centrafrique », a expliqué samedi à l’AFP Sergio Mescheba, un des organisateurs du « mouvement du 28 mai » qu’il présente comme un « mouvement citoyen » lancé après l’attaque de l’église Fatima. « Là nous observons une trêve pour respecter la période de deuil mais les manifestations repartiront dès lundi si les musulmans ne sont pas désarmés », menace-t-il. « Le problème n’est pas politique, un changement de gouvernement ne nous ramènera pas la paix », ajoute le responsable.

Alors que depuis quelques semaines Bangui semblait retrouver un début de normalité – du moins pendant la journée -, le massacre de l’église Notre-Dame de Fatima a servi de détonateur. Les forces française Sangaris et africaine Misca, massivement déployées dans la ville depuis la tuerie de Fatima, ont été toutes les deux prises pour cibles.

Et depuis cette attaque, Médecins Sans Frontières a reçu 27 blessés à « l’hôpital communautaire » qu’il gère. « C’est beaucoup alors qu’on s’était habitué à en recevoir 70 par mois en moyenne », selon un de ses responsables. La crise centrafricaine a pris un tour interconfessionnel en janvier, après le départ forcé du président Djotodia et de son mouvement, la Séléka. Après la mise en déroute de la Séléka, les populations musulmanes de Bangui, accusées de connivence avec la rébellion, ont été victimes de nombreuses exactions de la part des anti-balaka, conduisant la plupart d’entre eux au départ ou à l’exil.

Jeuneafrique.com

Violences en Centrafrique : Samba-Panza appelle au calme et décrète un deuil national de trois jours

mai 30, 2014

Au moins deux personnes sont mortes vendredi lors d’une manifestation organisée à Bangui. La présidente de la transition Catherine Samba-Panza a appelé les Centrafricains au calme et décrété un deuil national de trois jours après l’attaque contre une église, mercredi.

La Centrafrique traverse une nouvelle crise aigüe. Depuis le début de la matinée, vendredi 30 mai, des rafales sont entendues dans plusieurs quartiers de Bangui. Des barricades ont été érigées dans les rues de la capitale paralysée. Des marches rassemblant des milliers de personnes ont également été organisées lors desquelles deux personnes ont été tuées par balles, selon des témoignages de manifestants, confirmés par une source militaire. Au moins trois autres personnes ont été blessées par balle, dont deux grièvement, et ont été conduites à l’hôpital communautaire de Bangui.

La majorité de ces manifestants sont à l’heure actuelle rassemblés dans le quartier de Lakouanga, où une mosquée a été incendiée jeudi. Ils réclament le départ du contingent burundais et la démission de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza.

Selon une source sécuritaire française, la force Sangaris a été visée par des tirs. « Des groupes armés refusent de désarmer et s’en prennent à la Misca et à Sangaris », a indiqué cette source. « Nous essuyons des tirs sporadiques quand des véhicules de la force passent mais ces groupes armés ne tiennent pas de position », a-t-elle poursuivi.

Confrontée à une nouvelle crise majeure, Samba-Panza, qui a regagné Bangui jeudi après un tête à tête avec le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, s’est exprimée au palais de la Renaissance appelant ses concitoyens au calme. Elle a également décrété un deuil de trois jours pour rendre hommage aux victimes de l’attaque de l’église Notre-Dame de Fatima, point d’orgue d’une semaine de violences.

Pressions

Dimanche, trois jeunes musulmans du quartier Pk5 à Bangui sont enlevés puis mutilés. Les habitants du dernier bastion musulman de la capitale centrafricaine décident alors de répliquer. Lorsque, mercredi, un groupe d’anti-balaka infiltrés dans le camp de déplacés de l’église Notre-Dame de Fatima attaquent le PK5, des hommes en armes les attendent et les pourchassent jusque dans la cour de l’église. Le lourd bilan fait état d’au moins 15 morts dont un prêtre italien.

Certaines sources imputent ce regain de tensions à l’incertitude qui entoure le remaniement ministériel. Annoncé il y a plus d’un mois, le gouvernement tarde a être formé. « Certains pourrissent la situation pour mettre la pression en espérant obtenir un poste en retour », estime un conseiller de la présidente. À la demande de la communauté internationale, Catherine Samba-Panza a consulté ses pairs de la sous-région. Ces derniers ont demandé des ajustements, ce qui expliquerait en partie ce retard, poursuit le conseiller.

Dans le même temps, la présidente a d’ores et déjà annoncé à certains ministres, comme ceux de la Défense et de la Sécurité, qu’ils ne feraient pas partie de la nouvelle équipe.
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Jeuneafrique.com Par Vincent DUHEM

Bangui paralysée par des barricades et des tirs sporadiques

mai 29, 2014

Bangui – Bangui était paralysée jeudi en milieu de journée, avec des barricades érigées sur la plupart des axes routiers et des tirs sporadiques dans le centre-ville, au lendemain de l’attaque d’une église de la capitale centrafricaine dans laquelle une quinzaine de personnes ont péri.

Des tirs sporadiques étaient entendus en milieu de journée dans le centre-ville de Bangui, a constaté l’AFP. Des soldats de la force africaine Misca déployés dans le centre ont effectué des tirs de sommation pour disperser des jeunes qui tenaient des barricades, en vain.

La plupart des axes routiers de la capitale étaient coupés par ces barricades souvent constituées de blocs de béton, de pneus en feu et de morceaux de bois. Des colonnes de fumées noirâtres étaient visibles dans le ciel alors qu’un hélicoptère survolait la capitale.

Les rues étaient complètement désertées, bus et taxis ayant cessé de circuler. Les rares boutiques qui avaient ouvert en ce jour férié ont tiré leur rideau en raison de la tension qui régnait. La cathédrale de Bangui était au trois quart vide jeudi matin alors que plusieurs milliers de personnes s’y pressent normalement pour la messe de l’Ascension, a constaté l’AFP.

A Bea-rex, deux blindés de la force de la Misca étaient postés près de la barricade érigée par une centaine de jeunes et des troupes burundaises patrouillaient à pied dans le quartier dans la matinée.

C’est la première fois depuis plus d’un mois que des barricades sont érigées dans les rues de Bangui. Les jeunes qui les ont montées font valoir leur colère après l’attaque de l’église Notre-Dame de Fatima mercredi soir, au cours de laquelle une quinzaine de personnes, dont un prêtre, ont été tuées.

Nous sommes là depuis 04H00 du matin pour que les (militaires) Burundais quittent le quartier, nous sommes mécontents, a déclaré à l’AFP Henri-Morel Feiganazoui, un habitant de 28 ans qui accuse les soldats africains de la Misca d’avoir protégé les assaillants de l’église Fatima. L’information n’a pu être confirmée par aucune source indépendante.

Des renforts de Sangaris, la force française déployée en Centrafrique depuis décembre, et de la Misca ont été positionnés près du quartier PK-5, majoritairement musulman, de peur que des représailles ne visent ses habitants, selon une source militaire.

Plusieurs témoins ont raconté à l’AFP comment des hommes armés ont pénétré mercredi après-midi dans l’enceinte de l’église Notre-Dame de Fatima pour y lancer des grenades et tirer dans la foule des déplacés qui y étaient venu trouver refuge depuis plusieurs mois.

Une quinzaine de jeunes manifestaient jeudi matin dans le quartier PK-3 en brandissant des affichettes contre les Burundais. Contingent burundais OUT, on n’en veut plus, était-il écrit sur l’une d’entre elles.

Dans la capitale, où les violences interconfessionnelles qui déchirent le pays ont contraint de nombreux musulmans à fuir, un regain de tension très net se fait sentir depuis quelques jours, notamment aux abords du quartier musulman PK-5, a affirmé une source proche de l’armée française à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2014 14h01)

Vatican: Le pape critique les chrétiens « par intermittence »

octobre 13, 2013

Le pape François a déploré « la culture du provisoire ». Il a appelé les fidèles à ne pas être chrétiens « par intermittence », lors d’une messe sur la Place Saint-Pierre ornée de la statue originale de Notre-Dame de Fatima, arrivée la veille du Portugal.

La tendance à relativiser les choses « pénètre aussi dans la vie de la foi », a dit le pape devant une foule de 100’000 personnes, dont un millier de religieux. Et le pape d’inviter les fidèles à s’interroger: « suis-je un chrétien ‘par à-coups’, ou suis-je un chrétien toujours ? »

« Dieu nous demande de lui être fidèles chaque jour, dans nos actions quotidiennes », a exhorté le pape en citant la fidélité dans le mariage, où il peut être « facile » de se dire oui au début, mais plus difficile sur la durée.

« Pensons à toutes ces fois où nous nous sommes enthousiasmés pour quelque chose, pour une initiative, pour un engagement, mais ensuite, face aux premiers problèmes, nous avons jeté l’éponge », a ajouté le pape.

Trois mots-clés

Il a aussi encouragé les fidèles à suivre trois « mots-clés de la vie en commun: ‘Vous permettez, excusez-moi, merci' ». « Si dans une famille on se dit ces trois mots, la famille progresse ».

Pendant la messe, le pape a demandé à la Vierge d’aider les hommes à se « laisser surprendre par Dieu sans opposer de résistance, à lui être fidèles chaque jour ».

Avant d’enchaîner par la prière de l’Angélus, le pape a prononcé un « acte de confiance » à Marie, comme le fit notamment en octobre 2000 son prédécesseur Jean Paul II, qui vénérait la Vierge de Fatima.

La statue originale a été amenée du Portugal samedi et a fait un détour par la chapelle de l’ancien monastère sur la colline du Vatican où le pape émérite de 86 ans, Benoît XVI, vit retraité.

Romandie.com