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France: Le maintien du référendum en Calédonie est une « déclaration de guerre » selon les indépendantistes

novembre 14, 2021

Le scrutin sur l’indépendance de l’archipel français doit se tenir le 12 décembre. Les indépendantistes demandent son report en raison de l’épidémie de Covid-19.

Des personnes font la queue pour voter lors du deuxième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, le 4 octobre 2020.
Des personnes font la queue pour voter lors du deuxième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, le 4 octobre 2020. THEO ROUBY / AFP

Voilà plusieurs semaines qu’ils réclamaient le report du troisième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie en raison de l’épidémie de Covid-19 qui touche désormais l’archipel français. En vain. Le maintien de la date du 12 décembre pour le référendum « s’apparente à une véritable déclaration de guerre contre le peuple kanak », a estimé, dimanche 14 novembre, le Parti de libération kanak (Palika), l’une des deux principales branches du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), parti indépendantiste.

« Cette décision inique relève de la provocation politique. Elle nous ramène à la case départ d’avant les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) et met à mal toute possibilité de dialogue sur l’avenir du pays », a déclaré dans un communiqué le bureau politique du Palika. « L’entêtement de l’Etat (…) pourrait engendrer une situation de tension dangereuse pour la paix civile », a encore prévenu le Palika, dont le chef de file, Paul Néaoutyine, est signataire de l’accord de Nouméa et président de la province Nord.

Le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Patrice Faure, a annoncé vendredi, lors d’un déplacement officiel dans un village géré par les indépendantistes, que le gouvernement avait pris la décision de maintenir le troisième et dernier référendum de l’accord de Nouméa au 12 décembre. Il a mis en avant « la situation sanitaire maîtrisée » avec des indicateurs favorables, après que Sébastien Lecornu, le ministre des outre-mer, a insisté sur le fait que « seul le critère sanitaire » serait pris en compte dans le choix de maintenir ou pas le vote.

Le résultat sera « légitime », déclare Sébastien Lecornu

Le résultat du référendum d’autodétermination sera bien « légitime » malgré la non-participation prévue des indépendantistes du FLNKS, a déclaré dimanche le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu.

M. Lecornu a déclaré à CNews et Europe 1 que « la non-participation est un droit en démocratie » mais qu’elle n’aura pas d’« impact juridique »« Le fait de ne pas participer n’emportera pas de doute sur la sincérité » du scrutin et cela « n’empêche pas qu’il soit légitime au sens juridique du terme », a-t-il souligné. Cependant « l’enjeu est de tirer les conclusions politiques » de cette non-participation.

Car le 13 décembre au matin, « 50 % de la population dira “l’affaire n’est pas terminée, l’autodétermination doit prospérer” », et l’autre partie de la population, les loyalistes, « diront “nous avons acquis le droit de rester dans la République” », a relevé M. Lecornu. « L’enjeu va être de trouver un chemin commun », selon lui.

L’ONU sollicitée

Les partis loyalistes réclamaient que le référendum se tienne à la date prévue du 12 décembre. En revanche, le FLNKS a fait savoir, depuis le 20 octobre, qu’il ne participerait pas à ce vote, dont il ne reconnaîtra pas le résultat s’il se tenait, arguant de l’impossibilité de « mener une campagne équitable » et d’une population kanak plongée dans le deuil – plus de 50 % des 272 morts sont d’origine kanak.

Le parti indépendantiste accuse l’Etat « d’avoir manqué à de nombreuses reprises à la neutralité requise » et « choisi de prendre fait et cause pour la droite coloniale ». Le Palika affirme enfin dans ce texte qu’il « saisira l’instance internationale de décolonisation de l’ONU pour dénoncer l’absurdité d’une consultation d’autodétermination sans le peuple colonisé ».

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa, qui prévoit la tenue de trois référendums, deux ont eu lieu en 2018 et 2020, avec pour résultat un rejet de l’indépendance à une majorité de 56,7 % puis 53,3 %.

Par Le Monde avec AFP

Peuples autochtones : le Congo représenté à l’inhumation des reliques du chef de guerre Kanak Ataï

octobre 1, 2021

Le drapeau congolais a flotté en terre calédonienne lors de l’inhumation, le 1er septembre, à Fonwhary, des reliques du chef de guerre autochtone de la Nouvelle-Calédonie, 143 ans après sa mort. Ataï avait été tué lors de la résistance Kanak contre les colonisateurs français en 1878.

Le CAPV lors de la marche/ Adiac

Le Congo a soutenu l’événement qui marque l’histoire des peuples autochtones de la Nouvelle-Calédonie à travers une marche organisée à Pointe-Noire par le CAPV, une association congolaise à base communautaire qui œuvre pour la promotion des peuples autochtones dans le domaine de l’éducation, de la santé et de développement. « Nous avons mobilisé les autochtones congolais et ceux du Kivu, en République démocratique du Congo, pour soutenir les obsèques du vaillant guerrier néo-calédonien, un autochtone qui a marqué l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Nous sommes très fiers d’avoir marqué la présence du Congo à travers notre drapeau: vert- jaune-rouge à l’occasion de cet événement», s’est réjoui Mesmin Oraire Oba, président du CAPV.

Dans l’enceinte du site, une dizaine de mâts était installée et les drapeaux de plusieurs pays levés dont celui du Congo. Une volonté de ce pays de remercier tous ceux qui ont soutenu la demande de restitution  des reliques. En prévision de cette commémoration, un mausolée avait été érigé au mois de juin, en mémoire du chef de guerre des peuples kanak, peuple autochtone de la Nouvelle-Calédonie, et de son sorcier guérisseur. Les deux hommes reposent désormais sur leur terre natale dépuis le 1er septembre, jour anniversaire de leur disparition.

Soulignons qu’après la restitution du crâne du chef de guerre Kanak en 2014, Cyprien Kawa, fils de Bergé Kawa, déclarait  que ce retour « est l’aboutissement d’un long combat qui a certes été porté par un clan mais qui aujourd’hui nous permet de rassembler tout le pays kanak et les Calédoniens« . Egalement présent aux obsèques d’Ataï, l’un des descendants du guerrier, Bergé Kawa, a exprimé sa joie. « On attendait ce moment depuis longtemps et c’est avec joie que nous accueillons cette journée », a-t-il dit.  Et d’ajouter : « J’ai voyagé dans le monde entier pour permettre à Ataï de revenir ici. »

Pour sa part,  Yvon Kona, le nouveau président du Sénat coutumier, a prononcé des paroles similaires et remercié l’État pour la reconnaissance de cet épisode. « Au fil des années, on a fini par s’accepter les uns et les autres. Au nom de cette terre et des propriétaires de ces terres, on vous dit merci. Merci pour le soutien et votre présence. Cela fait 143 ans que les ancêtres se sont battus pour cette reconnaissance », a-t-il assuré.

Signalons qu’ Ataï est le « grand chef » kanak de Komalé, près de La Foa. En 1878, il mène l’insurrection kanak contre les colonisateurs français. Après des victoires importantes qui inquiètent l’administration coloniale de la Troisième République, il est tué par un auxiliaire kanak missionné par les colons français et sa tête conservée au Musée de l’homme, à Paris, jusqu’à sa restitution en 2014.

Avec Adiac-Congo par Charlem Léa Itoua

Nouvelle-Calédonie: le troisième référendum fixé au 12 décembre 2021

juin 2, 2021
Nouvelle-Caledonie: le troisieme referendum fixe au 12 decembre 2021
Nouvelle-Calédonie: le troisième référendum fixé au 12 décembre 2021© AFP/Archives/Theo Rouby

Le troisième et ultime référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie, décisif pour le sort institutionnel du territoire, aura lieu le 12 décembre 2021, a annoncé le gouvernement mercredi, après une semaine de discussions entre loyalistes et indépendantistes à Paris.

Ce scrutin doit décider si le « Caillou » restera français ou deviendra indépendant. Sa date était une pierre d’achoppement entre les indépendantistes, qui plaidaient pour un référendum après la présidentielle de 2022, et les loyalistes, qui souhaitaient que l’échéance arrive le plus rapidement possible.

« Nous considérons que l’intérêt général commandait de faire cette consultation référendaire le plus rapidement possible (…) aussi le gouvernement de la République convoquera les électeurs de la liste électorale concernés par cette consultation le 12 décembre 2021 », a tranché le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu à l’issue du conseil des ministres.

« Cette date ne fait pas l’objet d’un consensus », a souligné M. Lecornu. « Néanmoins il y a une convergence des parties prenantes pour que la fin de cet accord de Nouméa soit sécurisé. Il apparaît que le faire le plus rapidement possible est une des manières, pas la seule, mais est une des manières de la sécuriser », a-t-il ajouté.

« Un comité des signataires se tiendra bientôt pour la préparation et le bon déroulement du troisième référendum », a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

Le ministre a également précisé le calendrier d’après référendum: « Que le oui l’emporte, que le non l’emporte », au lendemain de ce référendum, s’ouvrira une période « de convergence, de discussions et de stabilité » jusqu’au 30 juin 2023.

« Un chemin nouveau »

Si le oui l’emporte, « il faudra bien prendre ce temps jusqu’en 2023 pour clarifier le lien entre la République française et le nouvel État indépendant », a souligné M. Lecornu, en précisant qu’il y aurait alors « une première consultation référendaire pour que le nouvel État puisse arrêter sa constitution ».

De l’autre côté, si le non l’emporte, l’accord de Nouméa étant caduc, « il faudra bien dessiner un chemin nouveau pour les institutions de Nouvelle-Calédonie », a-t-il poursuivi.

« Et quoi qu’il arrive, il y aura une quatrième consultation référendaire », ou a-t-il corrigé, « une première consultation référendaire, d’une nouvelle ère post-Nouméa ».

L’Union calédonienne (UC), seule branche du FLNKS présente aux discussions, avait rappelé mercredi matin dans un communiqué que « la position de l’Etat ne nous engage pas, elle n’a pas été validée par notre délégation ».

La date du 12 décembre 2021, « c’est l’option qu’on ne souhaitait pas », a déclaré à la chaîne de télévision Caledonia Victor Tutugoro, un des chefs de file de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI, indépendantiste), l’autre composante du FLNKS, qui n’a pas voulu participer aux négociations.

« Un Etat acteur »

Pour la loyaliste Sonia Backès, présidente de l’Assemblée de la Province Sud, « c’est un bonne chose que le gouvernement ait pris sa responsabilité » en fixant la date, « on n’a pas eu souvent de gouvernements courageux capables de faire ça ». « On a eu en parallèle des discussions qui sont intéressantes pour la suite avec les indépendantistes (…) ce qui peut permettre de construire un projet de société quelque soit le résultat », a-t-elle déclaré à l’AFP.

« Cette déclaration marque le véritable retour de l’Etat dans le dossier calédonien (…) un Etat acteur, et non spectateur ou greffier du processus », ont pour leur réagi dans un communiqué les députés loyalistes Philippe Gomès et Philippe Dunoyer (Centre-droit).

Sébastien Lecornu a indiqué à des journalistes mercredi qu’il comptait continuer les rencontres avec les acteurs calédoniens pour mettre tous les sujets sur la table d’ici le troisième référendum, notamment le nickel, qui n’a pas fait l’objet de discussions cette semaine. « Le nickel c’est l’éléphant dans la pièce », a-t-il déclaré, alors que la cession de l’usine du sud de l’île a causé des mois de troubles après le deuxième référendum de 2020.

L’écart entre partisans et adversaires de l’indépendance s’est nettement resserré lors du deuxième référendum de 2020, par rapport au premier qui avait eu lieu en 2018. Les loyalistes ont reculé de 56,7 % à 53,3 %, tandis que les indépendantistes sont montés de 43,3 % à 46,7 %.

Par Le Point avec AFP

Nouvelle-Calédonie: Chute du gouvernement collégial après la démission des indépendantistes

février 3, 2021

NOUVELLE-CALÉDONIE: CHUTE DU GOUVERNEMENT COLLÉGIAL APRÈS LA DÉMISSION DES INDÉPENDANTISTES

© Reuters/Reuters Staff 

SYDNEY (Reuters) – Le gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie est tombé mardi après la démission des représentants indépendantistes au sein de l’exécutif qui ont dénoncé la persistance des problèmes économiques et le processus de vente d’une usine de nickel.

Le territoire français, constitué d’une dizaine d’îles dans le Pacifique du Sud, a été confronté à une flambée de violences en décembre en raison de ce processus de vente, qui prévoit la cession de l’usine de nickel du groupe brésilien Vale à un consortium calédonien et international, dans lequel figure le négociant suisse Trafigura.

Selon les indépendantistes du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS), qui disposaient de cinq postes au sein du gouvernement sur onze, le processus de vente « fait primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales ».

La Nouvelle-Calédonie est le quatrième plus gros producteur de nickel au monde, derrière l’Indonésie, les Philippines et la Russie. Le nickel est au coeur des enjeux politiques dans l’archipel où un référendum sur l’indépendance a vu la victoire du « non » l’emporter en octobre dernier.

Un premier référendum organisé en 2018 avait déjà marqué la défaite des partisans de l’indépendance.

La Nouvelle-Calédonie dispose d’une autonomie importante mais dépend largement de la France en ce qui concerne des sujets comme l’éducation et la défense.

L’accord de Nouméa conclu en 1998 permet la tenue d’un troisième référendum sur l’indépendance d’ici à 2022, à condition qu’un tiers des 54 membres du Congrès local se prononce en ce sens.

Les membres du FLNKS démissionnaires du gouvernement ont aussi dénoncé une « crise de confiance » et l’incapacité du gouvernement à fonctionner afin d’organiser ce nouveau référendum.

Leur démission marque la fin du gouvernement multipartite du président Thierry Santa au pouvoir depuis 18 mois. Un nouveau gouvernement devra être élu dans un délai de quinze jours par le Congrès.

L’Avenir en confiance (AEC), coalition des principaux partis non indépendantistes dont est issu le président du gouvernement, a fustigé la décision des indépendantistes, qui provoque selon eux une crise politique en pleine pandémie de coronavirus et sur fond de tensions économiques et sociales déjà très vives.

Avec Reuters par (Jonathan Barrett; Blandine Hénault pour la version français, édité par Jean-Michel Bélot)

Édouard Philippe salue «le processus fascinant» en cours en Nouvelle-Calédonie

juillet 3, 2020

L’ex-premier ministre Edouard Philippe, a salué vendredi, dans son discours de départ de Matignon, le «processus fascinant» de décolonisation en cours en Nouvelle-Calédonie, dont la population va se prononcer le 4 octobre, lors d’un nouveau référendum, sur l’accession à la pleine souveraineté du territoire.

Traditionnellement traité par Matignon, depuis Michel Rocard, la Nouvelle-Calédonie qui arrive au terme d’un long processus de décolonisation entamé en 1988, est considérée comme un dossier sensible. «Je voudrais saluer particulièrement les forces politiques de Nouvelle-Calédonie», a dit Edouard Philippe, qui a passé de longues heures avec elles à Matignon, lors des comités de signataires de l’accord de Nouméa (1998), pour discuter de l’avenir de ce territoire.

«Le processus extraordinaire qui a été engagé en Nouvelle-Calédonie, bien avant ce gouvernement et poursuivi par beaucoup de Premiers ministres depuis Michel Rocard, est un processus fascinant, difficile, complexe, incertain encore, mais il faut rendre hommage à nos concitoyens du Pacifique qui oeuvrent pour essayer de trouver la bonne solution, les bonnes solutions, pour cette île incroyablement attachante», a-t-il expliqué au nouveau Premier ministre Jean Castex.

Ce dernier devra prendre en charge l’organisation du référendum du 4 novembre prochain, après le premier, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du «non» à l’indépendance (56,7%).

Edouard Philippe s’est rendu deux fois en Nouvelle-Calédonie, dont la première fois en décembre 2017, où il était venu s’immerger pendant quatre jours pleins. Il avait marqué les esprits en évoquant son «respect» et son «humilité devant une histoire qui nous oblige», et par le temps qu’il avait pris à l’écoute de chacun et à la compréhension de la culture kanak.

Par Le Figaro avec AFP

Nouvelle-Calédonie: report du référendum sur l’indépendance

mai 30, 2020

Le Premier ministre Edouard Philippe a mis en avant des difficultés logistiques nées de la crise du Covid-19 pour justifier cette décision. Initialement prévu le 6 septembre, le scrutin est reporté au 4 octobre.

Une Calédonienne dépose son bulletin de vote dans l’urne lors du référendum sur l’avenir institutionnel du territoire, le 08 novembre dernier à Nouméa. Pascal Guyot/AFP

Edouard Philippe a proposé samedi de reporter au 4 octobre le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie initialement prévu au 6 septembre, en raison des difficultés logistiques nées de la crise du Covid-19, annonce un communiqué de Matignon. «Dans le souci de garantir le caractère irréprochable de l’organisation du référendum», le Premier ministre «propose que la date du référendum» sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, «initialement arrêtée au 6 septembre 2020, soit fixée au 4 octobre 2020», explique le communiqué.

Le gouvernement s’engage à ce que le calendrier global du processus de consultation ne soit pas modifié.

Edouard Philippe, Premier ministre

Car même si «les opérations de préparation du référendum ont été poursuivies» pendant la crise sanitaire, «un risque demeure sur l’encadrement des procédures de vote», explique Matignon. «Notre capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour» pour chaque arrivant en Nouvelle-Calédonie «n’est pas assurée», ajoute le communiqué.

Le Premier ministre a transmis un projet de décret avec cette nouvelle date aux présidents du gouvernement et du congrès de Nouvelle-Calédonie pour avis consultatif sous quinze jours. Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine de juin, l’État fixant la date du référendum. Dans des courriers au président du gouvernement, le loyaliste Thierry Santa (Avenir en Confiance, proche des Républicains), et au président du Congrès, l’indépendantiste kanak Rock Wamytan (UC-FLNKS), Edouard Philippe souligne qu’il s’agit d’«assurer le caractère irréprochable de l’organisation du référendum, afin que son résultat soit incontestable et incontesté».

Après le premier référendum, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du «non» à l’indépendance (56,7%), la date d’un deuxième référendum avait été fixée par le Premier ministre au 6 septembre 2020, moins de deux ans après le premier, comme prévu par l’accord de Nouméa qui organise la décolonisation progressive de l’archipel. Sujet hautement sensible, cette date avait été arrêtée après de longues heures de discussions entre leaders indépendantistes et non indépendantistes, en octobre dernier. Déjà à ce moment-là, la difficulté de faire venir les délégués de la commission de contrôle (des magistrats et des fonctionnaires de préfecture, tous volontaires, ndlr), avait conduit le Premier ministre à choisir le 6 septembre plutôt qu’une date fin août.

«Chevauchement»

A l’époque, les indépendantistes, convaincus que le temps leur permettra de gagner des voix, prônaient une date le plus tard possible, en novembre 2020, alors que l’Avenir en confiance, principale formation non indépendantiste, souhaitait un référendum dès juillet, arguant d’une économie locale «dans l’incertitude» en raison de ces scrutins. Mais le principal objectif était que le scrutin ne se télescope pas avec le calendrier des échéances électorales nationales (présidentielle), afin que la question de l’avenir politique de l’archipel n’en devienne pas un des enjeux.

La nouvelle date du 4 octobre «permet de conserver l’ensemble des alternatives possibles visant à éviter la concomitance des échéances électorales nationales du printemps 2022» et «à envisager une éventuelle troisième consultation en 2021 ou en 2022», garantit Edouard Philippe. «Le gouvernement s’engage à ce que le calendrier global du processus de consultation ne soit pas modifié», promet-il. Si le «non» à l’indépendance gagne à nouveau en 2020, un troisième référendum pourra ensuite avoir lieu d’ici 2022, en vertu de l’accord de Nouméa. Ces dernières semaines, les indépendantistes du FLNKS avaient officiellement demandé le report du référendum à fin octobre ou début novembre, afin d’«éviter un chevauchement» avec la campagne du second tour des municipales fin juin. Si Calédonie Ensemble, formation loyaliste de centre droit est favorable à un report, l’Avenir en Confiance y est opposé.

Grâce à une réduction drastique des vols internationaux et une quarantaine très stricte, la Nouvelle-Calédonie n’a comptabilisé que 18 cas de Covid-19

Par Le Figaro avec AFP

Nouvelle-Calédonie/Nouméa: un enfant a la jambe arrachée par un requin

mai 25, 2019

 

Un garçon âgé d’une dizaine d’années a eu la jambe arrachée ce samedi après-midi par un requin alors qu’il se baignait dans une baie du centre de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, ont rapporté les médias locaux.

L’enfant se baignait au bout d’un bateau avec sa sœur à Port du Sud, une marina de la baie de l’Orphelinat à Nouméa, quand il a été attaqué par un squale, qui lui a arraché une jambe et une partie de l’abdomen, selon des informations de Nouvelle-Calédonie la 1ère et de la radio RRB.

Le père aurait alors sauté à l’eau pour récupérer son enfant tandis que la fillette était parvenue à sortir des flots. Le jeune garçon grièvement blessé a été évacué vers le Centre hospitalier de Koutio. Selon des témoins, il s’agirait d’un requin bouledogue, qui continue de rôder dans cette zone où la baignade a été interdite.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : les loyalistes restent majoritaires au Congrès

mai 12, 2019

FRANCE-NCALEDONIA-OVERSEAS-POLITICS-VOTE

Ces élections, six mois après le « non » au référendum pour l’indépendance, redessinent en profondeur la carte politique, en particulier dans le camp loyaliste.

Les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont manqué leur pari aux élections provinciales qui se sont tenues dimanche 12 mai en Nouvelle-Calédonie. Mais il s’en est fallu de peu. Dynamisés par les 43,3 % recueillis par le « oui » à l’indépendance lors du référendum du 4 novembre 2018, ils espéraient, grâce à un mode de scrutin qui les avantage, faire basculer la majorité au Congrès. Ce dernier reste aux mains des loyalistes, qui conservent 28 sièges sur 54, tandis que les différentes composantes indépendantistes en totalisent 26.

Pour autant, ces élections, six mois après un référendum qui avait suscité surprise et inquiétude, voire peur, chez les partisans de la « Calédonie française », redessinent en profondeur la carte politique, en particulier dans le camp loyaliste. Elles marquent en effet un large succès pour la liste L’Avenir en confiance conduite par Sonia Backès, regroupant trois mouvances proches du parti Les Républicains en métropole : Les Républicains calédoniens, Le Rassemblement-Les Républicains et le Mouvement populaire calédonien. En obtenant 40,6 % dans la province Sud, la plus peuplée et la plus riche, elle décroche 21 sièges sur 40 à l’assemblée provinciale et envoie 16 représentants au Congrès.

Un succès qui s’est construit au détriment de Calédonie ensemble, la formation loyaliste modérée présidée par Philippe Gomès, favorable à une large autonomie, qui détenait jusqu’à présent les principaux postes de décision du territoire : la présidence du gouvernement (Philippe Germain), la présidence de la province Sud (Philippe Michel), les deux sièges de député (Philippe Gomès et Philippe Dunoyer) et un des deux sièges de sénateur (Gérard Poadja). Celle-ci subit un véritable effondrement.

Calédonie ensemble, qui détenait 15 sièges dans le Congrès sortant, n’en occupe plus désormais que 7. Cette élection voit en revanche l’émergence d’une liste présentée par L’Eveil océanien, s’adressant principalement aux communautés wallisiennes et futuniennes, qui, en rassemblant 8,6 % des suffrages dans la province Sud, obtient 2 sièges au Congrès.

51,8 % des sièges pour les loyalistes

Le revers est d’autant plus marqué pour la formation de Philippe Gomès que la liste conduite par Gérard Poadja dans la province Nord, où elle avait trois élus, ne parvient même pas à franchir la barre nécessaire de 5 % des inscrits pour avoir des élus, et disparaît de l’hémicycle de l’assemblée provinciale. C’est une liste conduite par le maire de Kouaoua, Alcide Ponga (non-indépendantiste), qui, en rassemblant 12,2 % des suffrages, récupère trois sièges.

Dans cette province largement acquise aux indépendantistes, que préside depuis vingt ans Paul Néaoutyine, l’homme fort du Palika, la concurrence est toujours aussi serrée entre celui-ci et l’Union calédonienne, présidée par Daniel Goa. Les deux principales composantes du FLNKS sont une nouvelle fois bord à bord : 38,5 % pour la liste de M. Néaoutyine, qui devrait conserver la présidence de la province, et 36 % pour celle de M. Goa.

Enfin, dans la province des îles Loyauté, les formations indépendantistes se répartissent la totalité des sièges. Les loyalistes ne sont pas parvenus à faire leur entrée dans l’assemblée provinciale.

Sous réserve de confirmation, les loyalistes devraient donc détenir 28 sièges sur 54 dans le prochain Congrès territorial, ainsi répartis : 16 pour L’Avenir en confiance, 7 pour Calédonie ensemble, 3 pour L’Eveil océanien et 2 pour Agissons pour le Nord. Les indépendantistes, ayant gagné un siège par rapport à l’assemblée précédente, en totalisent 26.

Matignon se félicite

La chef de file de L’Avenir en confiance, Sonia Backès, qui devient la principale actrice de la scène politique calédonienne, s’est félicitée de cette large victoire qui la met en position de force pour engager les discussions avec les indépendantistes et avec le gouvernement sur la sortie de l’accord de Nouméa, que cette mandature aura à négocier. « Il y avait pour nous deux enjeux : que les loyalistes conservent la majorité au Congrès et que l’on puisse avoir un changement. C’est pour nous la victoire de l’union », a déclaré la présidente des Républicains calédoniens, tout en tendant la main à ses « partenaires de Calédonie ensemble ».

Matignon a suivi avec attention ces élections désignant les responsables qui seront à la tête des institutions calédoniennes. « Je me félicite du déroulement de ces élections, a réagi le premier ministre, Edouard Philippe. Comme nous en avons convenu lors du dernier comité des signataires, en décembre 2018, le gouvernement va se rapprocher des responsables qui seront désignés dans les prochaines semaines pour reprendre le dialogue sur l’avenir du territoire. » Un avenir qui s’annonce toujours aussi incertain

 

Le Monde.fr par Patrick Roger

La Nouvelle-Calédonie choisit la France

novembre 4, 2018

La Nouvelle-Calédonie a fait le choix dimanche de rester dans le giron français, au terme d’un référendum d’autodétermination historique, consacrant selon le président Macron une « marque de confiance dans la République ».

Selon des résultats définitifs sur les 284 bureaux, le non à l’indépendance l’a emporté avec 56,4% des voix contre 43,6% pour le oui, un score en faveur du maintien nettement moins large que prévu par les sondeurs.

La participation a été massive, avec 80,63 % de votants, a indiqué le Haut-Commissariat.

Peu avant la proclamation définitive des résultats, Emmanuel Macron a exprimé son « immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique », en se félicitant d’une « marque de confiance dans la République française ».

« Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l’État que la majorité des Calédoniens ait choisi la France », a ajouté M. Macron dans une allocution télévisée depuis l’Élysée, en estimant qu’il n’y avait désormais « pas d’autre chemin que celui du dialogue ».

Le Premier ministre Édouard Philippe est attendu sur place lundi, en provenance du Vietnam.

Si le non à l’indépendance l’a emporté, le résultat a aussi été salué par les indépendantistes, qui s’estiment confortés par leur score, alors que les sondages tablaient sur une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%.

Fort de ce résultat supérieur à leurs attentes, les indépendantistes ont aussitôt réaffirmé leur volonté d’aller jusqu’au bout de l’accord de Nouméa (1998) et de demander l’organisation de deux autres référendums dans les quatre ans à venir, comme prévus par l’accord.

– Le oui « à deux doigts de la victoire » –

Pour Louis Mapou, chef du groupe UNI-FLNKS au Congrès, « les indépendantistes sont encore plus motivés qu’avant pour demander le 2e et 3e référendum. Dès demain on va préparer la mariée pour qu’elle soit encore plus belle en 2020 », a-t-il dit à l’AFP.

« Les Kanak ont pris conscience que c’était à eux de montrer leur détermination à être enfin libres. On est à deux doigts de la victoire, et il nous reste deux consultations à venir », a aussi souligné Alosio Sako, président du rassemblement démocratique océanien (FLNKS).

Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie Ensemble, le principal parti non indépendantiste, « continue de penser que c’est mieux si on peut se passer d’un deuxième et d’un troisième référendum » mais qu’il ne s’opposerait pas à l’accord de Nouméa, qui est « constitutionnalisé ».

« Est-ce que la Nouvelle-Calédonie a vraiment quatre ans à perdre ? », a de son côté demandé Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains au Congrès. Elle plaide pour « trouver une solution et remplacer ce deuxième et troisième référendum » afin de « stabiliser enfin la Nouvelle-Calédonie ».

Selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, il est « clair qu’on ne discute pas de la même manière quand on fait 43% plutôt que 30% ». « Cela va forcer les non indépendantistes à revoir leur copie », ajoute l’expert, qui explique ce score élevé par « une forte mobilisation jamais atteinte dans les communes indépendantistes de la Grande Terre ».

Alors que les différents responsables politiques ont salué la large participation et le déroulé du scrutin, plusieurs voitures ont été brûlées et deux « faits de caillassage » ont été signalés, selon le Haut-commissariat.

En amont du scrutin, les autorités craignaient qu’une victoire du non puisse inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements, alors que les inégalités entre les différentes communautés restent criantes.

– « L’assurance, la sécurité » –

Les électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d’importantes réserves de nickel, étaient appelés à dire s’ils voulaient ou non « que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ».

À la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car « c’est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire », a-t-il dit.

Cette consultation, prévue par l’accord de Nouméa, est destinée à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d’origine européenne, entamé avec les accords de Matignon de 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980, qui avaient culminé avec la prise d’otages et l’assaut de la grotte d’Ouvéa en mai 1988, qui avait fait au total 25 morts.

Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien au sein de la France. Ils mettent en avant la protection qu’elle apporte et son 1,3 milliard d’euros d’aides annuelles.

« Mon choix est un choix pour la France, pour les garanties qu’elle apporte. C’est l’assurance, la sécurité », expliquait Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans, dans le bureau de vote de l’école Candide-Koch à Nouméa.

Romandie.com avec(©AFP / (04 novembre 2018 14h33)                                                        

France ou Kanaky, la Nouvelle-Calédonie va faire son choix

novembre 3, 2018

Un enfant porte un drapeau indépendantiste calédonien lors d’un meeting du FLNKS à Nouméa, le 30 octobre 2018 / © AFP/Archives / Theo Rouby

La France ou la « Kanaky »? C’est le choix que font dimanche les électeurs de Nouvelle-Calédonie, petit territoire stratégique de 270.000 habitants dans le Pacifique, lors d’un référendum historique où les sondages prédisent la victoire du non à l’indépendance.

Près de 175.000 électeurs de cet archipel français colonisé en 1853 et disposant d’importantes réserves de nickel devront dire s’ils veulent « que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ».

Ce référendum, qui vient ponctuer 30 ans de décolonisation progressive, est attentivement surveillé par Paris, à 18.000 km de là, et Emmanuel Macron s’exprimera à la télévision à 13H00 dimanche (23H00 heures locales) à l’issue de la proclamation du résultat.

« Je ne prendrai pas parti dans ce référendum », avait déclaré le Président en mai lors de sa visite à Nouméa, soucieux de ne pas s’immiscer dans la campagne, ajoutant toutefois que « la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie ».

Ce référendum, prévu par l’accord de Nouméa signé en 1998, est destiné à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d’origine européenne, entamé avec les accords de Matignon en 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980 qui avaient culminé avec la prise d’otages et l’assaut de la grotte d’Ouvéa en mai 1988, faisant au total 25 morts.

Pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui arrive sur le Caillou dès le lendemain du scrutin, ce référendum marque « le début de la Nouvelle-Calédonie qui veut construire un avenir ».

Elie Poigoune est une figure historique de la cause kanak. S’il votera oui à l’indépendance, il veut toutefois garder des liens avec la France. Photographié le 1er novembre 2018 lors d’un entretien avec l’AFP. / © AFP / Theo Rouby

A la veille du scrutin, Nouméa et ses alentours, qui concentrent les deux tiers de la population, restaient particulièrement calme.

– « Campagne très calme » –

Si dans les provinces du Nord et des Iles loyauté, à majorité kanak, les partisans de l’indépendance ont pavoisé de leur drapeau routes et arbres, les pro-France affichent peu le fanion bleu-blanc-rouge.

Xavier Moutier, jeune Caldoche de 19 ans venu de Bourail (ouest), a exhibé le sien sur son pick-up. « Ils se gênent pas pour mettre leur drapeau kanak, il faut qu’on montre le nôtre, pour dire qu’on ne se laissera pas marcher dessus », dit-il.

Dans les rues, certains n’avaient toujours pas fait leur choix, comme Sholin, technicien de 21 ans, qui verra « le jour J ». Une autre électrice espère que « Dieu guide (son) choix ».

Nouvelle-Calédonie / © AFP / Selim CHTAYTI

« C’est un événement historique que tout le monde a souhaité, mais paradoxalement, l’enjeu a perdu de son intensité », note Pierre Christophe Pantz, docteur en géopolitique. « La campagne a été très calme, le référendum ne suscite pas d’engouement, les enjeux se sont banalisés », notamment parce que « les Calédoniens pensent que cela ne va pas changer leur quotidien », mais aussi parce que les sondages prédisent une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%.

Pour Paul Fizin, docteur en histoire, « si le taux d’abstention est fort, il mettra en évidence que le projet indépendantiste n’a pas irrigué dans toute la société ».

– Inégalités criantes –

Soumynie Mene, militante indépendantiste de 38 ans, juge « dommage que la population ne se sente pas concernée par un référendum qu’on prépare depuis 30 ans », jugeant qu’il est pourtant « temps de tourner la page de la colonisation ».

En cas de victoire du oui, le FLNKS a souligné qu’il ne souhaitait pas une rupture avec la France, mais une indépendance en partenariat avec la France, qui pourrait prendre la forme d’un Etat associé.

Calédonie: dernier meeting de campagne des indépendantistes / © AFP / Guillaume Bonnet, Farid Addala

Trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France, Calédonie ensemble (droite modérée), le Rassemblement LR et les Républicains calédoniens. Ils mettent en avant la protection de la France et les 1,3 milliard d’euros d’aides annuelles de la France. Ils espèrent que ce premier référendum sera aussi le dernier alors que l’accord de Nouméa prévoit la possibilité de deux autres consultations dans les quatre ans.

Pour Paul Fizin, en dépit de trente années de rééquilibrage économique et social en faveur du peuple premier, les inégalités restent criantes. Echec scolaire, chômage élevé, habitat précaire… « il y a encore des problèmes d’intégration et un sentiment d’injustice prégnant dans la société kanak », dit-il.

Une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, a sombré dans la délinquance. Les deux camps craignent leur réaction si le non l’emporte. Dans cette optique, la vente d’alcool dans les commerces a été interdite ce week-end, les effectifs de gendarmerie ont été renforcés et le camp S, prison de Nouméa, a renforcé sa capacité d’accueil.

Les états-majors politiques ont recommandé la discrétion à leurs militants. Mais rien ne dit que certains pro-français n’iront pas fêter ostensiblement leur victoire annoncée.

Romandie.com avec(©AFP / (03 novembre 2018 14h06)