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Nouvelle-Calédonie: le monde économique ne croit pas à l’indépendance

octobre 31, 2018

Les chefs d’entreprises sont plus inquiets de la situation « morose » que d’un risque imminent de rupture avec la France / © AFP/Archives / Fred PAYET

A quatre jours du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, les chefs d’entreprises sont plus inquiets de la situation « morose », de la chute des cours du nickel et des appétits chinois dans la région, que d’un risque imminent de rupture avec la France.

« Je ne pense pas que le oui va passer », pense comme d’autres Benjamin Morlat, 28 ans, dans son atelier de menuiserie où il emploie trois personnes à Ducos. « Le 5 novembre on ira travailler comme d’habitude », assure-t-il, les sondages donnant la victoire du « non » à l’indépendance dimanche.

« L’indépendance n’est pas un sujet de conversation des chefs d’entreprises. Aujourd’hui le sujet majeur c’est de savoir comment on remplit nos cahiers de commandes, comment on garde nos salariés », explique Chérifa Linossier, présidente de la Confédération des PME (CGPME) de Nouvelle-Calédonie.

« La situation est morose », constate-t-elle, évoquant la forte hausse des non-renouvellements de CDD, le manque de stratégie de développement économique du gouvernement calédonien et la récente entrée en vigueur d’une TVA locale à cinq taux qui « sème la pagaille » dans les entreprises.

« On a hâte que cette échéance électorale se passe. Elle a gelé les investissements et les intentions des chefs d’entreprises, qui n’ont plus de visibilité », abonde Daniel Ochida, président du Medef Nouvelle-Calédonie.

Il souligne que « dans certains secteurs d’activité, on craint, en cas d’indépendance, l’arrêt des subventions de la France », qui représentent 13% du PIB (1,3 milliard d’euros). Selon lui, « la plupart des chefs d’entreprises souhaitent qu’on continue avec la France, pour ne pas bouleverser l’économie ».

Après plusieurs années d’euphorie économique, exaltée par la construction de deux usines de nickel, l’économie calédonienne est en berne depuis 2012, en raison notamment de l’effondrement des cours et du ralentissement de la commande publique. Ce repli a mis en lumière l’extrême dépendance de la Nouvelle-Calédonie à son industrie minière, qui représente 20% de ses emplois directs et indirects et 90% de ses exportations.

Les cours du nickel ont été divisés par deux entre 2011 et 2016, piétinant aujourd’hui autour des 12.000 euros la tonne. Si en 2007, le nickel a rapporté 200 millions d’euros aux caisses du territoire, ce chiffre est depuis tombé à zéro.

– « Menace » chinoise –

Pour Catherine Ris, professeur d’économie à l’université de Nouvelle-Calédonie, « on n’est pas sorti de la mono-industrie du nickel. Au contraire on s’est spécialisé davantage dans cette activité ».

La Nouvelle-Calédonie / © AFP /

Elle souligne que comparés aux autres territoires ultramarins, la Nouvelle-Calédonie dispose d’un tissu développé de PME, mais elle pointe du doigt une économie « imprégnée d’une grande dépendance aux subventions publiques ».

Patron d’une entreprise de BTP, un secteur concerné au premier chef, Daniel Ochida affirme que le bâtiment a perdu 2.500 emplois depuis 3-4 ans et que la tendance va se poursuivre. Selon le Medef, le BTP a besoin de 80 à 90 milliards de travaux par an, mais seulement 20 milliards seraient prévus en 2019.

Même s’il ne croit pas à une victoire de l’indépendance dimanche, il redoute les appétits de la Chine, hégémonique dans la région selon les termes employés par Emmanuel Macron lors de sa visite en mai, qui s’implante dans la région et qui a notamment largement investi au Vanunatu voisin.

« Ce n’est pas une menace à prendre à la légère », estime Daniel Ochida. « La Chine a la Nouvelle-Calédonie dans son viseur pour ses réserves de nickel », qui représentent un quart des ressources mondiales d' »or vert ».

Chérifa Linossier partage ses craintes. « C’est une guerre commerciale. Même avec la France et l’Europe je ne pense pas que l’on soit armé face à une Chine qui investit chaque année 3.000 milliards de dollars dans le Pacifique ».

« Il y a un côté pervers dans l’intervention de la Chine qui n’octroie pas des financements ou des subventions comme les bailleurs de fonds habituels (Australie, UE, France), mais les place sous sa coupe avec des prêts généreux », dénonce un haut fonctionnaire spécialiste de la région.

Par ce biais, dit-il, Pékin tente de récupérer les voix des micro-états du Pacifique à l’ONU pour limiter la reconnaissance de Taïwan sur la scène internationale.

Romandie.com avec(©AFP / (31 octobre 2018 12h06)

Dans les quartiers de Nouméa, « payer ses factures » préoccupe plus le référendum

octobre 6, 2018

Michèle Wenima, une mélanésienne qui élève ses cinq enfants seule, le 2 octobre 2018 dans la cité de Tindu, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie / © AFP / Theo Rouby

« Pour nous, ce qui compte d’abord, c’est pouvoir payer les factures », tempête Olivia Bodem. Le 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie choisit son avenir lors d’un référendum d’autodétermination. Mais dans les quartiers populaires de Nouméa, c’est la vie chère qui préoccupe les habitants.

Responsable de l’antenne du Secours catholique de Tindu, une cité aux immeubles couverts de graffitis tapie au fond d’une zone industrielle, cette mère de famille joviale ne décolère pas contre « ce pays de monopoles où on ne peut rien faire à cause des prix ».

« Je ne voyage jamais, je ne fais jamais de shopping et les loisirs se résument à bavarder sous les arbres. On mange du riz, des sardines et du poulet. Mais attention pas du poulet local inabordable, non on prend des cartons de 10 kilos de poulet congelé, importé du Brésil ou de je ne sais où », poursuit la quadra.

Assise à ses côtés, Michèle Wenima, mélanésienne menue aux boucles poivre et sel, raconte qu’elle ne met jamais les pieds « aux rayons boucherie ou poissonnerie » et que dans son petit appartement où elle vit avec deux de ses filles « il n’y a que des matelas et trois chaises ».

Un sac contenant quelques produits alimentaires, le 2 octobre 2018 en Nouvelle-Calédonie / © AFP / Theo Rouby

Grâce à une aide au logement et une indemnité pour incapacité de travail, elle obtient chaque mois 120.000 CFP (1.000 euros). Mais dans un territoire où, selon une récente étude de l’UFC-Que Choisir, le panier de la ménagère est 2,24 fois plus cher qu’en métropole, elle rogne sur tout.

« Je ne vais en centre-ville que pour aller chez le docteur. Un aller-retour en bus coute 420 francs (3,5 euros) », témoigne cette ancienne femme de ménage, qui a vécu un an dans sa voiture avec ses cinq filles, après que son mari, alcoolique, l’ait « mise dehors ».

– « Hommes politiques bien gras » –

Un client dans un supermarché où le rayon boucherie (au fond) est pratiquement vide, le 2 octobre 2018 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie / © AFP / Theo Rouby

A un mois du référendum sur l’indépendance, ces habitantes des quartiers périphériques de Nouméa pensent que le scrutin intéresse « surtout nos hommes politiques qui eux sont bien gras ».

Le 4 novembre, 174.154 électeurs de Nouvelle-Calédonie décideront du maintien ou pas de l’archipel au sein de la République française.

Mais ce matin, les conversations sont centrées sur le supermarché du coin et ses promotions « de malbouffe ou sans intérêt »: les packs de sodas (4,10 euros pour 6 cannettes), les biscuits (2 euros le paquet) et les croquettes pour chiens.

Des immeubles de la cité de Tindu, le 2 octobre 2018 à Nouméa, en Nouvelle Calédonie / © AFP / Theo Rouby

En revanche, les haricots verts s’affichent à 7 euros le kilo, les quatre yaourts à 4,20 euros, tandis qu’une minuscule tranche de mimolette de 135 grammes est à 3 euros et la plaque de chocolat à 7 euros.

« C’est quand même incroyable qu’ici en Nouvelle-Calédonie, le seul fruit que je donne à mes enfants soit des pommes importées au rabais d’Australie et de Nouvelle-Zélande », s’exaspère Olivia.

Les enquêtes statistiques font état d’un coût de la vie qui est, comparé à la métropole, 35% plus élevé en Nouvelle-Calédonie en raison de la fiscalité protectionniste, la mainmise sur le commerce de quelques grandes familles, les marges élevées, l’étroitesse du marché et les coûts liés à l’insularité.

Une femme regarde la télévision dans son appartement de la cité de Tindu, le 2 octobre 2018 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie / © AFP / Theo Rouby

Le vote d’une loi anti-trust, la toute récente création d’une Autorité de la concurrence et la réforme, depuis le 1er octobre, de la fiscalité indirecte doivent tenter de faire baisser les prix. Mais jusqu’alors les consommateurs n’ont rien vu.

Ces niveaux de prix sont aussi le reflet d’une société calédonienne très inégalitaire où les 10% des ménages les plus aisés disposent d’un revenu 7,9 fois plus élevé que les 10% les plus modestes, contre 3,6 fois en métropole.

De sorte que les acteurs économiques ont tendance à adapter leurs prix à cette clientèle captive de nantis, au détriment des populations à faible revenu.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 13h09)

« Saint-Louis, une histoire calédonienne »: le visage d’une tribu kanak

mars 11, 2018

Le documentaire sur la tribu kanak de Saint-Louis sera diffusé mercredi 14 mars à 20 h 50 sur France Ô et en avant-première dès dimanche sur le Monde.fr.

De la route qui relie Nouméa à Mont-Dore, distantes d’une vingtaine de kilomètres dans le Grand Sud de la Nouvelle-Calédonie, la seule image que l’on aperçoive de la tribu kanak de Saint-Louis, c’est le clocher de la mission, construite dans les années 1860. La rocade, sur laquelle circulent plus de vingt mille véhicules par jour, traverse de part en part le territoire de la tribu. Les jeunes de Saint-Louis savent qu’ils disposent là d’un moyen de pression stratégique, parce que, comme le raconte Ambrosio Kamodji, qui fut le premier bachelier de la tribu et est aujourd’hui éducateur spécialisé, « quand ils bloquent, ça bloque tout ».

La RP2 est souvent le théâtre de violences. Organisées ou plus ou moins spontanées, collectives et revendicatives ou simplement délictuelles. Fin 2016, à la suite de la mort d’un des leurs, William Decoiré, tué par un gendarme à un barrage routier au volant d’une voiture volée, de violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre s’y déroulèrent pendant plusieurs semaines. Il fallut plusieurs jours pour déblayer les dizaines de carcasses de voitures brûlées. Les gendarmes ont dit avoir agi en « légitime défense ». Le parquet avait classé l’affaire, attisant la violence des jeunes. Une enquête a finalement été ouverte et, tout récemment, l’association William, qui se bat pour « obtenir la vérité », a obtenu qu’une reconstitution soit organisée, ce que les autorités avaient toujours refusé.

Référendum en novembre

Ben Salama et Thomas Marie, les auteurs du documentaire « Saint-Louis, une histoire calédonienne », projeté mercredi 14 mars à 20 h 50 sur France Ô et dont Le Monde est partenaire (il est diffusé en avant-première sur le site du monde.fr entre le 11 et le 14 mars), peuvent à juste titre estimer que leur travail, qui a réclamé près de deux mois de contacts préalables puis de tournage sur place, y aura contribué. Mais, pour les jeunes de la tribu, la mort de William Decoiré reste une blessure, qui parfois peut virer à la « haine ».

Il ne s’agit pas pour les réalisateurs de « réhabiliter » Saint-Louis, cette tribu urbanisée, gagnée par les faubourgs de Nouméa, la pieuvre tentaculaire en constante expansion, mais d’en montrer un visage plus contrasté. De se plonger dans ses contradictions. Saint-Louis a mauvaise réputation. Pour un jeune Kanak à la recherche d’un emploi, c’est une tache sur le CV. Aussi, quand une jeune fille de la tribu obtient une bourse pour aller poursuivre des études supérieures en métropole, c’est un événement partagé par toute la famille, et un véritable déchirement. De même que l’on perçoit bien ses interrogations, alors qu’elle manifeste avec les indépendantistes, sur l’avenir d’une Kanaky indépendante, sur laquelle la population calédonienne va avoir à se prononcer au début du mois de novembre.

« Saint-Louis, c’est les Etats-Unis de la Kanaky »

Les éléments les plus radicaux, eux, farouchement indépendantistes, assurent qu’ils n’iront pas voter, car ils ne se retrouvent pas dans ceux qui les représentent et expriment même parfois une forme de rejet. Saint-Louis, comme l’explique justement le titre du documentaire, est un concentré de l’histoire calédonienne et de ses contradictions, de la religion, de la politique et de la coutume. « Saint-Louis, c’est les Etats-Unis de la Kanaky », assume fièrement Marie-Luce Wemoadjou, une « ancienne », rappelant la tradition d’accueil de la tribu. Mais c’est aussi là qu’eurent lieu au début des années 2000 de violents affrontements intercommunautaires, chassant les Wallisiens de leur quartier de l’Ave Maria.

Saint-Louis a mauvaise réputation, et elle n’est pas forcément usurpée. Pour la majeure partie de la population, elle rime avec caillassage, violence, délinquance, malgré tous les efforts déployés ces dernières années par la municipalité de Mont-Dore et les services de l’administration territoriale. Et pourtant, le documentaire s’achève sur la « fierté » des jeunes de la tribu d’accueillir, à l’occasion des journées du patrimoine, des « étrangers » pour leur faire découvrir leur territoire et leurs réalisations. De quoi, le temps d’une journée, pouvoir espérer en un « destin commun ».

Lemonde.fr par Patrick Roger

Canada/Nouvelle-Calédonie: Anthony Kavanagh victime d’une embolie pulmonaire

décembre 19, 2017
Anthony Kavanagh victime d'une embolie pulmonaire© Jobboj92/Wikimedia Anthony Kavanagh victime d’une embolie pulmonaire
 

MONTRÉAL – L’humoriste Anthony Kavanagh a été victime d’une embolie pulmonaire à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, où il devait se produire, le forçant à reporter plusieurs dates de spectacle au Québec.

Son attachée de presse, Sylvie Savard, a assuré lundi soir qu’il était maintenant hors de danger.

L’humoriste devra toutefois être au repos pendant plusieurs semaines.

Anthony Kavanagh devra donc reporter plusieurs représentations qui devaient avoir lieu au début de l’année au Québec.

Le promoteur Evenko informe les spectateurs de conserver leurs billets, qui seront valides pour les nouvelles dates.

Selon la Chaire de transfert de connaissances, éducation et prévention en santé respiratoire et cardiovasculaire de l’Université Laval, une embolie pulmonaire survient lorsqu’une partie du flot sanguin menant au poumon est bloquée. La plupart du temps, l’obstruction est causée par un caillot qui s’est formé dans une jambe et qui s’est détaché.

Selon la chaire de recherche, l’immobilisation prolongée, une chirurgie récente, la grossesse, la prise d’hormonothérapie, ainsi que la présence d’autres maladies telles qu’une insuffisance cardiaque ou un cancer, sont des facteurs de risque.

Voici les dates reportées:

— Le spectacle prévu le 4 janvier à Saint-Jean-sur-Richelieu aura lieu le 14 juin 2018

— Le spectacle prévu le 6 janvier à Valleyfield sera présenté le 6 mai 2018

— Le spectacle prévu le 9 janvier à la Salle André-Mathieu à Laval est reporté au 5 mars 2018

— Le spectacle prévu le 10 janvier à la Salle Albert-Rousseau à Québec sera présenté le 20 mars 2018

— Les spectacles prévus les 12 et 13 janvier au Théâtre St-Denis à Montréal auront lieu les 6 et 7 avril 2018

La Presse canadienne

Séisme de magnitude 7,0 au large de la Nouvelle-Calédonie

novembre 19, 2017

Nouméa – Un puissant séisme de magnitude 7,0 s’est produit lundi au large de l’archipel français de Nouvelle-Calédonie, dans l’océan Pacifique, provoquant la frayeur des habitants mais pas de dégâts notables, selon les autorités locales.

Une alerte au tsunami a été lancée concernant les bandes côtières des îles Loyauté, à l’est de la Grande Terre, et de l’île des Pins, au sud, selon la sécurité civile française. Les sirènes se sont déclenchées sur toutes les îles Loyauté et sur l’île des Pins.

« Des mouvements anormaux du niveau de la mer de 30 centimètres à un mètre d’amplitude pourraient être observés », a indiqué dans un communiqué la direction de la sécurité civile.

Le centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique a émis un avertissement, en précisant que des vagues de tsunami pourraient se produire dans une zone de 300 kilomètres incluant la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.

Toutefois, un résident de Port Vila, capitale du Vanuatu, a déclaré à l’AFP que les autorités locales n’avaient émis aucun avertissement.

Le séisme a eu lieu lundi à 09h44 heure locale (dimanche 22h44 GMT). Il s’est produit à environ 85 kilomètres à l’est des côtes des îles Loyauté et à 25 kilomètres de profondeur, selon l’institut géologique américain (USGS).

L’USGS, qui avait dans un premier temps évalué la magnitude du séisme à 7,3, l’a ensuite révisée à 7,0. L’institut américain a enregistré une dizaine de secousses dans cette région dans la nuit de dimanche à lundi.
Selon de premières informations, le séisme n’a pas fait de dégâts, même s’il a été fortement ressenti par la population.
« Il y avait déjà eu une secousse hier soir, puis à 2 heures et à 6 heures du matin, et une plus forte dans la matinée. Les véhicules stationnés ont bougé et tout le monde est sorti des locaux », a indiqué à l’AFP un fonctionnaire de l’antenne de la province des îles Loyauté à Maré.
Le tremblement de terre a également été ressenti à Nouméa, principale ville de la Nouvelle-Calédonie, suscitant de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.

« J’ai cru que je faisais un malaise, j’ai eu très peur et j’ai quitté l’immeuble sur le champ », a déclaré à l’AFP l’employé d’une société de production dont le siège est au centre-ville.

« Il y a une forte activité depuis trois semaines. Ils ont dû avoir très peur à Maré », qui compte 5.650 habitants, a déclaré à l’AFP Pierre Lebellegard, sismologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
« C’est quelque chose qui revient régulièrement tous les dix ou quinze ans. C’est la plaque australienne sur laquelle on se trouve qui passe sous la plaque Pacifique », a-t-il ajouté.

La région située entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu, à 600 kilomètres plus à l’est, fait partie de la Ceinture de feu du Pacifique, l’une des zones d’activité sismique les plus intenses de la planète.

Cette secousse intervient après une série de séismes qui ont touché les îles Loyauté ces dernières semaines, dont un qui a atteint une magnitude de 6,8 fin octobre.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 02h08)                                            

Nouvelle-Calédonie: le haut-commissariat précise les moyens affectés à la sécurité et la justice

novembre 4, 2017

 

Nouvelle-Calédonie : le haut-commissariat précise les moyens affectés à la sécurité et la justice

De nouveaux moyens vont être alloués à la sécurité et à la justice en Nouvelle-Calédonie@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
Création d’une brigade motorisée, d’une antenne de prévention de la délinquance juvénile, renforcement des effectifs de la prison de Nouméa… La Nouvelle-Calédonie va bénéficier de moyens supplémentaires pour renforcer la sécurité et la justice sur l’île.

Le haut-commissariat à Nouméa (préfecture) a précisé samedi l’affectation des moyens supplémentaires pour la sécurité et la justice en Nouvelle-Calédonie, où aura lieu dans un an un référendum sur l’indépendance, dans un communiqué samedi.

Des enjeux sécuritaires.

Alors que la Nouvelle-Calédonie s’émancipe progressivement, elle est confrontée à des problèmes d’insécurité, alimentés notamment par une consommation massive d’alcool dans certaines composantes de la population. Le ministère de l’Intérieur va faire « des efforts » pour renforcer la sécurité en Nouvelle-Calédonie durant l’année 2018, avait annoncé le ministre Gérard Collomb vendredi, à l’issue d’une réunion « sécurité-justice » qui s’est tenue à son ministère en présence notamment des délégations calédoniennes qui ont participé jeudi à Matignon au XVIe comité des signataires de l’accord de Nouméa.

Une sécurité routière renforcée.

Alors que la route tue sur le Caillou quatre fois plus qu’en métropole, la création d’une brigade motorisée de la gendarmerie à Koné (Nord) et l’apport de « l’expertise » de l’État aux collectivités locales pour mettre en œuvre « des mesures plus contraignantes » ont été annoncées.

Création d’une antenne de la brigade de prévention de la délinquance juvénile.

En ce qui concerne la délinquance des mineurs, en constante hausse, une antenne de la brigade de prévention de la délinquance juvénile va également être installée à Koné tandis qu’une « unité canine légère » sera créée au sein de la direction de la sécurité publique. « Afin de mieux anticiper les dérives urbaines et autres phénomènes de bande, le service du renseignement territorial sera renforcé », ont en outre indiqué les trois ministères (Intérieur, Justice, Outremer) concernés par cette réunion.

Renforcement des effectifs de la prison.

Dans le domaine de la justice, les effectifs de l’unique prison de Nouméa vont être renforcés et les conditions de construction d' »une structure éducative contenante » vont être définies dans le cadre des assises de l’Outre-mer. Enfin, le financement d’une enquête sur les violences faites aux femmes, autre sujet de préoccupation selon les dernières statistiques de la délinquance, a a été annoncé.

Europe1.fr

A Nouméa, Manuel Valls face aux urgences de la Nouvelle-Calédonie

avril 29, 2016

Manuel Valls en visite officielle à Nouméa, vendredi 29 avril.

Manuel Valls en visite officielle à Nouméa, vendredi 29 avril. THEO ROUBY / AFP
Pour la première journée de son déplacement en Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls a été confronté, vendredi 29 avril, aux deux problèmes les plus sensibles dans l’archipel : l’avenir politique et institutionnel calédonien – alors qu’un référendum sur l’indépendance du « Caillou » doit être organisé avant novembre 2018 – et la crise économique du nickel, véritable poumon financier et social local.

Devant le Congrès de Nouvelle-Calédonie, qui réunit l’ensemble des forces politiques insulaires, le premier ministre s’est bien gardé néanmoins, vendredi matin, de prendre position au nom de l’Etat français concernant l’avenir institutionnel de cette collectivité d’outre-mer qui bénéficie déjà d’un statut juridique particulier depuis les accords de Nouméa signés en 1998.

Mais la situation politique calédonienne menace grandement l’issue du référendum et jusqu’à son organisation proprement dite. Les forces indépendantistes kanaks et les loyalistes sont divisés, y compris au sein de chaque camp. Au regard des résultats des derniers scrutins provinciaux, les non indépendantistes sont majoritaires dans l’archipel, et beaucoup craignent qu’un éventuel rejet de l’indépendance en 2018 ne coupe de nouveau l’île en deux et relance les tensions entre communautés.

« La méthode Rocard »

Dans ce contexte, le premier ministre a rappelé que « le temps est compté, novembre 2018 c’est déjà demain ». Si M. Valls assure que « l’Etat assumera pleinement son rôle » dans la perspective du référendum, il a surtout invité tous les protagonistes calédoniens à préparer déjà l’après, quel que soit le résultat de la consultation populaire. « Tout le monde le sait, tout le monde le dit, tout le monde interpelle l’Etat. Mais tout le monde est-il prêt à assumer la part de risque qui lui revient ? A dépasser les bornes de ses intérêts à court terme ? A déployer la pédagogie nécessaire pour tuer toute tentation de pédagogie ? », s’est-il interrogé.

Se prévalant de « la méthode Rocard », son mentor politique et l’artisan comme premier ministre, des accords de Matignon en 1988, M. Valls, accompagné de son conseiller Yves Colmou, ancien collaborateur de Michel Rocard à l’époque, a prôné « le compromis du rééquilibrage » et « la recherche du consensus » entre indépendantistes et non indépendantistes. « Ceux qui ont eu le courage de la main tendue furent toujours reconnus au bout du compte par les électeurs », a-t-il expliqué, faisant référence à l’ancien député non indépendantiste Jacques Lafleur et à l’ancien leader kanak Jean-Marie Tjibaou, les deux pères des accords de 1988, sur les tombes desquels il devait se recueillir durant sa visite.

Vingt-cinq ans après les « événements » et les violences communautaires entre caldoches et kanaks, le premier ministre refuse que le débat sur l’avenir institutionnel calédonien ne réveille les anciennes haines. Surtout, il souhaite que les élections présidentielle et législatives de 2017 ne viennent pas polluer le climat politique sur le Caillou. « Ne jouons pas la montre ! On ne sait pas ce qu’il se passera en 2017, mais il ne faut pas imaginer que tel ou tel changement, s’il y a changement, pourrait venir au secours de telle ou telle thèse », a-t-il prévenu. Plusieurs élus membres du parti Les Républicains parient en effet sur une victoire de la droite en 2017 pour empêcher la tenue du référendum et favoriser le statu quo.

« Il faut dépolitiser le dossier calédonien »

L’affaire vire au casse-tête pour le gouvernement, qui souhaite réunir à Paris un nouveau comité des signataires des accords de Nouméa « avant la fin de l’année ». En privé, M. Valls reconnaît que l’hypothèse d’un nouvel accord pour redonner du temps à chaque partie, est impossible. « Les indépendantistes ne sont pas d’accord et exigent le respect des accords de 1998 », explique-t-il. « Il faut dépolitiser le dossier calédonien et faire en sorte que personne ne se sente humilié et que tout le monde trouve sa place à l’issue du référendum qui aura lieu quoi qu’il arrive », décrypte son entourage à Matignon.

Quelques heures plus tard, le premier ministre s’est également exprimé sur la situation particulièrement inquiétante que connaît la Nouvelle-Calédonie au travers de la crise économique qui frappe son industrie du nickel, principale pourvoyeuse d’emplois locaux. C’était l’autre étape clé du déplacement du chef du gouvernement, particulièrement attendu par les dirigeants du secteur, mais aussi par les syndicats et les employés. En raison d’un cours très bas depuis plusieurs mois, l’industrie calédonienne du nickel est confrontée à de graves difficultés. « Oui, la situation est grave, oui, le secteur du nickel est plus que jamais fragile », a reconnu M. Valls.

Il a exhorté chacun à « faire des efforts » afin d’éviter des plans sociaux. Visitant l’usine centenaire de la Société Le Nickel (SLN), dans le quartier de Doniambo, véritable ville d’acier dans la ville de Nouméa, il a pointé les devoirs de ses actionnaires. « Ils ont reçu des dividendes lorsque les cours du nickel étaient au plus haut, ils doivent prendre leurs responsabilités en assurant la trésorerie de l’entreprise maintenant qu’ils sont au plus bas », a-t-il expliqué.

Alors que la société Eramet, maison-mère de la SLN, dont l’Etat français est actionnaire, a déjà débloqué 150 millions d’euros, M. Valls a demandé à l’autre actionnaire, la STCPI, entité qui rassemble les trois provinces territoriales calédoniennes, de mettre aussi la main au portefeuille pour « couvrir les besoins de financement jusqu’en 2018 et passer la crise ». Le premier ministre a proposé à la STCPI une aide de l’Etat, sous forme d’un prêt, « qui pourrait aller jusqu’à 200 millions d’euros », et il s’est engagé à ce que Paris « puisse apporter une garantie sur le financement bancaire » d’une nouvelle centrale à Doniambo, l’actuelle devant être « impérativement remplacée à l’horizon 2020 ».

Pour le premier ministre, avenir politique et avenir économique de la Nouvelle-Calédonie sont intimement liés. Mais, dans les deux cas, le temps presse. « L’avenir institutionnel et l’avenir du nickel se jouent dans les prochains mois », a alerté M. Valls.

Lemonde.fr par  Bastien Bonnefous (Nouméa, envoyé spécial)

Nouvelle Calédonie: Attaque mortelle de requin

mai 10, 2015

Un homme d’une cinquantaine d’années est décédé dans le sud de la Nouvelle-Calédonie après avoir été mordu à plusieurs reprises par un requin, a annoncé dimanche la gendarmerie. L’homme était parti en croisière avec des amis dans le sud de l’archipel.

Alors qu’il nageait à une quinzaine de mètres du bateau, il a été attaqué et mordu à plusieurs reprises aux bras et aux jambes par un requin bouledogue selon les premiers éléments. Ses amis lui sont d’abord venus en aide puis la victime a été prise en charge par une équipe médicale du Samu dépêchée par hélicoptère.

Mais l’homme n’a pas survécu aux blessures infligées par le squale. Il s’agit de la première attaque de requin cette année en Nouvelle-Calédonie.

Romandie.com

Conte : Les chasseurs indésirables du Mont Panié

mars 21, 2014

Il était une fois, sur le Mont Panié, en Nouvelle-Calédonie, un peuple venait d’Australie, en canoë, avec leurs chiens, pour chasser le cagou et le notou, deux espèces d’oiseaux rares du monde, qui font l’honneur et la fierté du pays des Kanaks.

Dans la vaste forêt humide composée d’essences naturelles et végétales, les oiseaux vivaient en parfaite harmonie avec les populations des villages. Nombreux étaient des symboles des anciens, sortes de totems, qui imposaient respect et dignité. Ces différentes incarnations étaient préservées. L’unique occasion où l’on pouvait les tuer était lors des cérémonies des cultes où ils constituaient des offrandes sacrifiées, au buisson ardent. La cendre récupérée était répandue dans les villages, les forêts, les roches noires et les rivières aux pentes escarpées et saccadées. Elle était aussi versée dans les cascades pour parler à l’union sacrée des esprits des pierres et des eaux. Des esprits, qui par leur présence, bénissaient la végétation pour une production abondante.

Voilà qu’un jour, au moment où le chef de la tribu de Gööpä(Gohapin) comptait des notous dans le ciel, il vit et lit un signe étrange de son âge sur ces gros pigeons, totems puissants des anciens, qui lui tenaient souvent compagnie. Troublés, nombreux ne voulaient plus l’approcher au moindre sifflement d’appel. Les oiseaux devinrent méfiants. Très apeurés. Peu confiants. Le tissu du lien d’affection établi avec les hommes était déchiré. Rompu. Même le breuvage dans lequel ils étanchaient leur soif et se baignaient souvent n’était plus un réservoir de bonté, sinon un récipient de méchanceté.

Ils ne s’arrêtaient plus dans la cour du chef. Ils filaient à toute vitesse, bruissant les feuilles des arbres qui se détachaient des manches des branches par leur passage violent et affolant.

Peu après, il entendit, au loin, des bruits de coups de feu qui secouaient la grande forêt, sans arrêt. Son retentissement interpella sa conscience. Les arbres préhistoriques comme le tamanou, le hou et le kaori, hurlèrent et vocifèrent leur colère. Il fit traversé par un courant d’énergie corporelle qui lui produisit des frissons sur toute sa peau.

Pendant que le soleil, du haut de la voûte céleste, descendait la curiosité de ses rayons sur le plateau terrestre, passant, à travers, la cime des arbres. Un oiseau, prit son courage de toutes ses ailes puis vint se poser sur son épaule. Il était maculé de sang. Blessé à la patte, son sang imprimait une grande empreinte sur sa chemise. Il le prit dans ses mains, le conduisit dans le hameau de la cuisine où il prit la cendre qu’il pulvérisa de quelques jets de sa salive. Il ajouta au mélange un peu de sel qu’il badigeonna à sa plaie. Il pansa celle-ci avec un vieux chiffon de sa vieille culotte avant de le placer dans la cage de fortune pour son séjour de convalescence afin de le surveiller jusqu’à la guérison.

Les coups de feu reprirent d’intensité et de violence en éclatant. Les oiseaux perturbés dans leur tranquillité, continuaient de s’éparpiller, de planer à la ronde, battant de l’aile pour signaler le danger. Ne pouvant plus supporter le vacarme assourdissant et le préjudice causé à ce totem important et puissant de la Nouvelle-Calédonie. Pris de colère, il convoqua un conseil des chefs traditionnels de tous les villages.

Quand ceux-ci arrivèrent, il leur montra les taches de sang du notou et son bandage dans la cage. Il envoya des agents de renseignements pour vérifier ce qui se passait dans la réserve faunique des oiseaux sauvages.

Arrivés sur les lieux, ils furent repoussés par des aboiements de chiens. Ils virent dans la gueule des canidés, ces compagnons des chasseurs, de nombreux cagous. Des proies qu’ils ramenaient auprès de leurs maîtres respectifs. D’aucuns étaient attrapés à la course parce qu’ils étaient essoufflés car volant à basse altitude, d’autres récupérés après avoir été mortellement touchés par les balles de petits calibres.

Très admirés et respectés, ces beaux oiseaux, au plumage gris bleu dont le chant fait lever le soleil, est un don des dieux.

Après avoir recueilli tous les renseignements lapidaires des émissaires, le chef de la tribu de Gohapin, furieux, organisa les villages de son autorité en commandement pour aller batailler.

Selon leur taille graduelle des plus petits au plus grands, il les disposa en colonne de trente fantassins, constitués de ses imminents guerriers et tireurs d’élites munis de flèches empoisonnés et incendiaires. Il les instruisit que la guerre qu’ils vont livrer consiste d’une part à préserver la nature qui a été violée par des chasseurs venus d’ailleurs, sans autorisation, de pénétration du territoire réservé. Un territoire qui comprend des espèces sacrées, interdites à la chasse mais qui ont été sauvagement tuées et massacrées pour un commerce illicite. D’autre part, il leur dit que les totems des anciens ont été chassés maladroitement. Cette violation des symboles ancestraux méritent réparation, au prix de repousser ces envahisseurs indésirables jusqu’à leur dernier retranchement.

Avançant pieds nus, les farouches guerriers avaient des muscles dissuasifs; le torse bombé, traversé de motifs faits d’une poudre d’écorce de toumanou et d’argile de couleur rouge. Ils progressèrent silencieusement, à pas feutrés, avec leurs arcs posés à l’épaule prêts pour le combat. Surpris, les envahisseurs chargèrent leurs fusils et envoyèrent leurs chiens pour les mordre. Malheureusement tous les chiens furent tués à l’aide d’une poudre magique tenue à la main, pulvérisée dans leur naseau, laquelle, à chaque aboiement, rendaient les canidés aveugles. Ceux-ci affolés, courraient dans tous les sens et se jetèrent du haut des pentes jusqu’à la mer.

La riposte au fusil ne tarda pas. Les chasseurs indésirables utilisèrent et vidèrent toutes leurs cartouches. Fatigués, ils commençaient à replier. Mais les Kanaks s’étaient sérieusement préparés, avec leurs amulettes attachées avec des bouts de bois de toumanou, qui les rendaient puissants. Les cartouches de leurs calibres rebondissaient sur leur corps. Ils étaient invulnérables. La surprise de leur invincibilité était grande aux yeux de leurs adversaires. La peur brisait la supériorité des armes modernes devant les flèches artisanales adroitement utilisées et appliquées.

Ayant constaté que leurs munitions se vidaient de leur boite. Ils commençaient à jeter un à un leur fusil.

Dès lors, ils recoururent à leurs pratiques magiques enseignées par les aborigènes d’Australie. En porte-voix, ils poussèrent des cris de lions, de panthères et de tigres pour effrayer les Kanaks. En vain! Les combats doublaient d’ampleur et de frayeur. Ils coururent tous dans la maison avec leur toison rouge pour un rassemblement rapide afin d’asseoir une nouvelle stratégie. Dans le secret de la concertation, ils burent une potion magique, mangèrent une tête écrasée d’abeilles. Ils se transformèrent en abeilles, passant par la porte arrière pour la forêt puis les attaquèrent en les piquant. Ceux-ci dansaient à chaque piqûre des insectes. Ils s’induisirent de miel et furent invincibles à toutes leurs piqûres. Cette intelligence de transformation dura le temps d’un orage sauvage dans le maquis.

Les Kanaks repartirent à la charge et les affrontèrent sans armes. Ils utilisèrent des flèches mais elles glissaient sur leur corps. Au regard de leur résistance farouche, ils prirent, cette fois-ci, des flèches incendiaires qui les brûlaient. Ils se replièrent dans leur maison d’occupation. Leurs adversaires, sous le feu du combat, changèrent de stratégie et se transformèrent en fourmis qui se faufilaient sous les feuilles mortes des arbres qui jonchaient le sol. De leurs mandibules, les bêtes au ventre bedonnant, aux pinces crochues, firent danser les Kanaks pour les distraire et mieux les atteindre.

Par une inspiration ancestrale, le chef du peloton des Kanaks prit sa salive du bout de l’index, la mélangea d’un peu de terre et se frotta les yeux. Il eût l’intelligence d’instruire ses troupes à vaincre ses ennemis. Ils brûlèrent les feuilles mortes, ils s’enfuirent et se réfugièrent dans leur maison qui fût aussi incendiée. Ils n’eurent pas le temps de la métamorphose pour changer et de retrouver leur enveloppe corporelle.

Dans la débandade, en qualité de fourmis, elles trouvèrent refuge dans des népenthès. Ne sachant pas qu’ils sont friands d’insectes et surtout des fourmis, elles furent dévorées par ses plantes carnivores qui exhibent des belles urnes ouvertes pour attraper leur proie.

C’est ainsi que les Kanaks vinrent à bout des indésirables venus chasser dans la forêt de la Grande Terre en Nouvelle-Calédonie. Ils réussirent, par cette belle victoire, à préserver leur faune composée d’oiseaux précieux du cagou mais aussi de leur totem du notou.

© Bernard NKOUNKOU