Posts Tagged ‘Novotel’

Disparus du Novotel d`Abidjan: un ex-homme fort de l`armée inculpé

août 19, 2011

Abidjan – Un homme fort de l`armée ivoirienne sous l`ex-président Laurent Gbagbo, l`ancien chef de la Garde républicaine, a été inculpé et placé en détention préventive pour l`enlèvement de quatre étrangers à l`hôtel Novotel d`Abidjan début avril, a annoncé jeudi le parquet.

« Le général (Brunot) Dogbo Blé, ancien commandant de la Garde républicaine, a été inculpé et placé en détention préventive » jeudi, a déclaré devant la presse le procureur d`Abidjan, Simplice Kouadio Koffi.

Treize personnes sont désormais inculpées dans cette affaire: quatre miliciens pro-Gbagbo, cinq officiers et deux soldats de la Garde républicaine, un officier des sapeurs-pompiers militaires et un commissaire de police, a-t-il précisé.

Pilier sécuritaire du régime Gbagbo, la redoutée Garde républicaine était accusée de nombreuses exactions.

Le directeur du Novotel, Stéphane Frantz di Rippel, Yves Lambelin, patron de Sifca, le plus grand groupe agro-industriel de Côte d`Ivoire, son assistant béninois Raoul Adeossi et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, avaient été kidnapppés le 4 avril dans Abidjan livrée aux combats.

Ils avaient été conduits au palais présidentiel où ils avaient été torturés puis tués, selon le gouvernement du nouveau président Alassane Ouattara, installé après l`arrestation le 11 avril de M. Gbagbo à l`issue de quatre mois de crise post-électorale, dont deux semaines de guerre.

Le corps d`Yves Lambelin est le seul à avoir été formellement identifié jusque-là, la mort des trois autres victimes ayant été établie sur la base de témoignages et d`indices.

AFP

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Abidjan: hommage au Français Yves Lambelin, tué après son rapt au Novotel

juillet 1, 2011

ABIDJAN – Un hommage a été rendu vendredi à Abidjan au Français Yves Lambelin, patron du groupe privé Sifca, tué après avoir été enlevé le 4 avril avec trois autres personnes au Novotel par des militaires fidèles à l`ex-président Laurent Gbagbo, a constaté une journaliste de l`AFP.

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées dans un stade du quartier chic de Cocody pour une cérémonie empreinte d`émotion, entre témoignages et musiques.

Des membres de sa famille et du personnel de Sifca étaient présents, de même que le ministre de la Justice Jeannot Kouadio Ahoussou et le président de la Commission « Vérité, dialogue et réconciliation », Charles Konan Banny.

Jean-Louis Billon, à la tête de Sifca, a dressé le portrait d`un ingénieur arrivé en Côte d`Ivoire en 1976, et qui « a passé 33 ans au service du groupe » (25.000 employés), en faisant un acteur majeur de l`agro-industrie.

« Sa disparition est révoltante, incompréhensible et injuste », « lui qui a tant fait pour ce pays », a-t-il lancé.
Après la levée de corps samedi, la dépouille devait être rapatriée en France.

Yves Lambelin avait été enlevé avec un autre Français, Stéphane Frantz di Rippel, directeur du Novotel, son assistant béninois Raoul Adeossi et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca.

Abidjan était alors en proie aux combats entre forces de Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril, et celles d`Alassane Ouattara, investi chef de l`Etat le 21 mai après des mois de crise post-électorale.

Neuf personnes ont été inculpées pour « enlèvement, séquestration et assassinat », a indiqué vendredi le procureur d`Abidjan, Simplice Kouadio Koffi, lors d`une conférence de presse.

Il s`agit de quatre miliciens, quatre militaires de la Garde républicaine et d`un commissaire de police.
Yves Lambelin et ses trois compagnons avaient été conduits au palais présidentiel, où ils avaient été torturés et tués avant d`être jetés dans la lagune, selon les enquêteurs ivoiriens.

Le corps d`Yves Lambelin est le seul formellement identifié, la mort des trois autres victimes ayant été établie sur la base de témoignages et d`indices.

AFP

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo est-il impliqué dans le rapt du Novotel ?

juin 24, 2011

Un corps identifié, un autre retrouvé et deux portés disparus. Onze semaines après le rapt du Novotel d’Abidjan, l’enquête progresse en Côte d’Ivoire. Et pour l’heure, tout mène à l’entourage proche de Gbagbo. Celui-ci est-il vraiment impliqué ?

Abidjan, le 4 avril 2011. Un commando d’une dizaine d’hommes armés conduits par le commissaire Ozé Logué fait irruption à l’hôtel Novotel. Ils cherchent des Blancs, principalement des Français. Ils en enlèvent deux : Stéphane Frantz di Rippel, directeur du Novotel du Plateau, et Yves Lambelin, président du conseil d’administration de Sifca, le premier groupe ivoirien, emmenant aussi de force le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, et le Béninois Raoul Adeossi, l’assistant de Lambelin. Le convoi se dirige vers le palais présidentiel, non loin de là. C’est dans ce dernier bastion de Laurent Gbagbo que le général Bruno Dogbo Blé a installé son quartier général.

Les choses vont très vite. Les otages sont divisés en deux groupes. D’un côté les Français, de l’autre le Malaisien et le Béninois. Ils sont « interrogés », c’est-à-dire torturés, puis exécutés sur l’ordre du colonel Ohoukou Mody, officier supérieur de la garde républicaine (GR). Ce dernier informe Dogbo Blé, patron de la GR.

Le général est catastrophé : « Nous sommes morts. Il n’était pas question de les tuer. » Il ordonne alors à ses hommes de faire disparaître les corps. Lestés avec des pierres, ils sont jetés dans la lagune qui jouxte le palais. Pas de chance : des pêcheurs assistent à la scène et se révéleront des témoins précieux pour les retrouver.

Coopératifs. Le 22 avril, en France, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour « enlèvement, séquestration et vol ». Parallèlement, la justice ivoirienne diligente une enquête. Le 20 mai, à la veille de l’investiture d’Alassane Ouattara, deux miliciens pro-Gbagbo soupçonnés d’avoir participé au rapt sont arrêtés. Un troisième est interpellé quelques heures plus tard. Les miliciens se montrent coopératifs. Leurs témoignages permettent de retrouver le corps d’Yves Lambelin. Un autre corps, découvert au même endroit, est en cours d’identification, selon Simplice Kouadio Koffi, le procureur. Il pourrait s’agir de Stéphane Frantz di Rippel. Le Malaisien et le Béninois sont officiellement portés disparus. Dans un pays qui sort de près de cinq mois d’une crise postélectorale meurtrière (plus de 3 000 morts, selon les chiffres officiels) où rares sont ceux qui ont retrouvé un proche porté disparu, cela n’augure rien de bon.

Les aveux des trois miliciens conduisent au palais présidentiel. Le commissaire Ozé Logué et le colonel Ohoukou Mody sont arrêtés. Quant au général Dogbo Blé, il est interrogé par les enquêteurs dans le camp militaire de Fofié Kouakou, à Korhogo (nord du pays), où il est détenu depuis son arrestation, à la mi-avril. Dogbo recevait directement ses ordres de Gbagbo. L’ex-chef de l’État, capturé le 11 avril à Abidjan et assigné à résidence à Korhogo, est-il impliqué dans le rapt ?

« Non, tranche Koné Katina, son porte-parole. Ces allégations mensongères sont dans le droit fil de la campagne de désinformation orchestrée depuis le second tour de l’élection présidentielle, qui, au mépris du droit constitutionnel ivoirien, a conduit au brutal changement de pouvoir le 11 avril. » Et de faire remarquer que le 4 avril, jour du rapt, « est aussi celui où le président Sarkozy allait lancer les hélicoptères de l’armée française contre les positions de l’armée régulière ivoirienne ». La remarque est logique. Qui avait intérêt à freiner l’élan de la force Licorne sollicitée par l’ONU pour détruire les armes lourdes du camp Gbagbo en se livrant à une prise d’otages (qui a mal tourné) de Français ? Certainement pas Ouattara…

Jeuneafrique.com par André Silver Konan

Les quatre disparus du Novotel d’Abidjan « achevés » par un policier(ministre)

juin 21, 2011

ABIDJAN – Les quatre personnes, dont deux Français, enlevées début avril au Novotel d`Abidjan, ont été « achevées par un commissaire de police » après avoir été torturées dans le palais présidentiel transformé en « mouroir », a affirmé mardi le ministre ivoirien de la Justice.

Après leur rapt le 4 avril dans Abidjan livrée aux combats, les quatre hommes ont été « conduits au palais présidentiel », alors tenu par les forces de l`ex-président Laurent Gbagbo, a confirmé Jeannot Kouadio Ahoussou au cours d`une conférence de presse.

Dans le palais qui était alors « un mouroir », « ils ont été (…) torturés, battus », et « un commissaire de police a achevé ces personnes », a poursuivi le ministre du nouveau président Alassane Ouattara.

Les victimes ont ensuite été « jetées derrière la clôture de la présidence, emballées dans des sacs en plastique noir avec lesquels on emballe des bananes », puis « jetées dans la lagune », a-t-il dit.

« Les ossements qui ont été retrouvés du côté de (la base navale de) Locodjro (à Abidjan), ce sont ces personnes », a affirmé M. Ahoussou.

« Sur ce dossier, le week-end dernier, on a arrêté deux autres officiers des FDS (Forces de défense et de sécurité, loyales à M. Gbagbo) qui ont participé » à ces meurtres, a-t-il souligné.

Selon le ministère, en plus du commissaire de police, quatre miliciens pro-Gbagbo, un commandant et deux colonels de la Garde républicaine (GR) ont été inculpés et placés en détention préventive.

Les quatre kidnappés étaient Stéphane Frantz di Rippel, directeur du Novotel, et un autre Français, Yves Lambelin, président de Sifca, première entreprise privée de Côte d`Ivoire, son assistant béninois Raoul Adeossi, et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca.

Abidjan était alors en proie aux combats entre forces de M. Ouattara et celles (notamment la GR) fidèles à M. Gbagbo, arrêté le 11 avril.

Le 10 juin, l`avocat de la famille de M. di Rippel avait indiqué, après des expertises médico-légales, que le corps d`Yves Lambelin avait été formellement identifié et non celui du directeur de l`hôtel, dont la mort a été établie sur la base de témoignages et d`indices.
AFP

Exclusif – Côte d’Ivoire : les ossements repêchés sont ceux d’Yves Lambelin

juin 10, 2011

Selon l’expertise française des ossements retrouvés à Abidjan, c’est bien le corps de Yves Lambelin qui a été identifié et non celui de Stéphane Frantz di Rippel. Le témoignage des supects arrêtés dans cette affaire fait état de l’exécution des quatre expatriés enlevés au Novotel en avril par des hommes en armes.

Les ossements repêchés à Abidjan le 31 mai dernier ne sont pas ceux de à Stéphane Frantz di Rippel, comme la plupart des médias – dont jeuneafrique.com – l’avaient annoncé. Selon des sources proches du dossier de l’enquête sur le rapt de quatre expatriés au Novotel d’Abidjan le 4 avril dernier, les expertises françaises menées à Bordeaux du ou des dépouilles retrouvées ont permis d’identifier avec certitude les restes du corps de Yves Lambelin, président français de la société ivoirienne Sifca.

Les expertises menées du côté ivoirien ne sont pas encore connues et les recherches des corps des trois autres personnes kidnappées continuent. Il s’agit du Français Stéphane Frantz di Rippel, le directeur du Novotel, du Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale du groupe Sifca, et du Béninois, Raoul Adeossi, assistant de M. Lambelin. Selon l’enquête menée en Côte d’Ivoire, leur piste s’arrêterait « aux portes de la présidence » qu’occupait Laurent Gbagbo, a déclaré le 29 mai le nouveau président Alassane Ouattara, dimanche dernier.

Exécutés le jour de leur enlèvement

« Certaines personnes ont été arrêtées : des miliciens qui ont été en contact avec ces quatre personnes. Leurs interrogatoires se poursuivent et nous continuons d’espérer », avait ajouté Ouattara. Apparemment les suspects ont avoué, selon une source proche de l’enquête : les quatre victimes auraient été exécutées par la même personne vers 18 heures le jour même de leur enlèvement.

C’est grâce à un pêcheur, qui, par hasard, a vu des hommes en armes jeter des sacs dans la lagune d’Abidjan et a aussitôt donné l’alerte, que le ou les corps sans vie ont été retrouvés, le 31 mai. Selon son témoignage, la scène s’est déroulée quelques jours après l’enlèvement, le 4 avril.

Jeuneafrique.com avec Beaudelaire Mieu

Côte d’Ivoire-Hommage au directeur du Novotel

juin 10, 2011

Les histoires d’hôtel se suivent et ne se ressemblent pas. Un collectif de journalistes français rend hommage dans une tribune sur Libération aux quatre disparus de l’hôtel Novotel d’Abidjan: «A vous 4 qui nous avez sauvé la vie».

Leur attitude a certainement sauvé la vie d’une quinzaine de journalistes présents dans l’hôtel. «Bouleversés» par la nouvelle de la mort de son directeur Stéphane Frantz di Rippel, dont le corps a été retrouvé le 2 juin 2011, ils ont tenu à le remercier.

Le jour de l’enlèvement, des hommes armés arrivent au 7e étage, là où se trouve le bureau du directeur. Celui-ci, alors qu’«on lui demande où sont les journalistes, répond qu’il n’y a pas de journalistes […] tandis qu’il fait passer à toute vitesse l’information selon laquelle il faut que chacun se planque dans les chambres», témoigne Maître Pierre-Olivier Sur, l’avocat de sa famille, selon le site SousLeManguier.

L’hôtel dit «du Plateau», situé dans le quartier d’affaires de la ville, héberge pourtant à ce moment-là 50 clients, dont une majorité de journalistes et quelques ressortissants étrangers. Parmi eux, «le Français Yves Lambelin, patron du premier groupe agroalimentaire ivoirien, Sifca, y a trouvé refuge un peu en catastrophe», racontent les journalistes. Lambelin tentera de venir en aide au directeur de l’hôtel lors de l’intervention du commando, et sera enlevé avec lui ainsi que deux collaborateurs béninois et malaisien: Chelliah Pandian et Raoul Adeossi.

Pour l’instant, aucune nouvelle des 3 autres disparus. «On craint qu’ils aient également été exécutés dans les heures qui ont suivi», avouent les journalistes. Stéphane Frantz di Rippel a en effet été «conduit au palais présidentiel occupé par Laurent Gbagbo, et […] interrogé, torturé, exécuté», a expliqué Maître Sur. Une enquête menée par les autorités françaises et ivoiriennes est en cours pour déterminer les causes de cet enlèvement.

Les journalistes saluent par cette tribune le courage du directeur, à la tête du 4 étoiles depuis quelques mois. Si «le risque est assumé par les reporters de guerre», lui «n’a pas demandé à gérer cette situation. Son professionnalisme lui commande d’improviser au mieux». Et c’est ce qu’il a fait.

Lu sur Libération, Souslemanguier

Source: SlateAfrique