Posts Tagged ‘nucléaire iranien’

Nucléaire iranien: Obama ordonne de préparer la suspension des sanctions

octobre 18, 2015

Washington – Le président américain, Barack Obama, a formellement demandé dimanche à son administration de préparer la future suspension des sanctions américaines contre l’Iran, en vertu de l’accord nucléaire signé le 14 juillet par Téhéran et les grandes puissances.

La journée de dimanche, qualifiée de journée de l’adoption, marque la fin de la période de 90 jours suivant l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution approuvant le pacte diplomatique.

Je vous demande par la présente de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire entrer en vigueur les engagements américains à l’égard des sanctions, a déclaré Barack Obama dans un mémorandum adressé aux responsables concernés de son administration (diplomatie, Trésor, Commerce, Energie).

L’Iran va devoir commencer à démanteler une grande partie de son infrastructure nucléaire, un processus de plusieurs mois au terme duquel les sanctions occidentales pourront être effectivement suspendues.

L’Union européenne devait annoncer dimanche des préparatifs similaires.

Ce jour est important pour nous tous, et une première étape cruciale dans le processus engagé pour que le programme nucléaire iranien soit exclusivement pacifique, a déclaré le secrétaire d’Etat John Kerry dans un communiqué.

Les directives du président Obama sont publiées pour que les gens sachent ce qui sera suspendu, a précisé samedi à des journalistes un haut responsable américain, sous couvert d’anonymat selon l’usage diplomatique.

Washington entend ainsi démontrer à Téhéran et ses partenaires sa détermination à remplir l’ensemble de ses engagements.

Aucune sanction n’est levée dimanche, a martelé un responsable américain.

La date de suspension effective des sanctions dépendra de la partie iranienne. On n’imagine pas que cela prenne moins de deux mois, a dit un autre responsable américain. Pour nous, il est important qu’ils le fassent bien plutôt que rapidement.

Mais les Iraniens ont tout intérêt à faire vite afin de récupérer les dizaines de milliards de dollars de fonds gelés dans les banques étrangères, et de redonner de l’air à une économie asphyxiée.

Romandie.com avec (©AFP / 18 octobre 2015 17h04)

Le Congrès américain, obstacle à l’accord sur le nucléaire iranien

juillet 14, 2015

Washington – Le Congrès américain n’a pas à approuver l’accord conclu mardi sur le nucléaire iranien, mais il a le pouvoir d’en bloquer l’application par Barack Obama, avec qui la majorité républicaine a promis d’en découdre.

Les sanctions américaines contre l’Iran ont souvent été adoptées à l’unanimité par les élus, mais leur suspension –contrepartie aux engagements iraniens dans le cadre de l’accord– divise profondément le Congrès.

Les adversaires de Barack Obama détiennent une majorité historique à la Chambre des représentants et au Sénat, et beaucoup considèrent que le président américain, obsédé par sa place dans l’histoire, a récompensé les ayatollahs en acceptant de lever le complexe système de sanctions américaines, sans obtenir le démantèlement de l’infrastructure nucléaire iranienne.

Inacceptable, a lâché le président de la Chambre des représentants, John Boehner: si l’accord est aussi mauvais que je le pense à cet instant, nous ferons tout pour l’arrêter.

Difficile à vendre, a dit le président de la commission des Affaires étrangères Ed Royce, qui mènera les débats dans la chambre basse du Congrès. Tout porte à croire que c’est un mauvais accord, a dit le sénateur John McCain.

Officiellement, ils promettent de donner sa chance à l’exécutif et d’étudier en détails les 109 pages du texte, au fil des auditions qui commenceront ce mois-ci.

Leur but, s’ils déterminent in fine que l’accord nucléaire est mauvais, sera de convaincre une partie de la minorité démocrate de voter avec eux, en septembre après les congés parlementaires d’août, une résolution interdisant à Barack Obama de lever la moindre sanction. Une majorité de deux tiers sera requise pour surmonter le veto que le président a déjà promis.

Ils ont initialement 60 jours pour voter, et jusqu’à 82 jours en cas de veto. Le compte à rebours commencera quand l’administration remettra au Congrès, sous cinq jours, les documents de l’accord.

– Objectif: un tiers du Congrès –

Les points d’interrogation de l’accord ne manquent pas, selon les élus. Les inspecteurs de l’AIEA auront-ils accès total aux installations iraniennes’ L’Iran dévoilera-t-il ses projets nucléaires militaires passés’ Les restrictions freineront-elles le développement de centrifugeuses avancées’ Comment l’Iran utilisera-t-il les nouveaux revenus dégagés par la suspension des sanctions’

Même chez les démocrates, on s’interroge sur cette manne financière. Le représentant Eliot Engel évoque la nécessité de légiférer pour empêcher l’Iran d’encore plus financer la Syrie de Bachar al-Assad ou le Hamas, la sécurité de l’allié israélien étant la priorité absolue de nombreux élus du Congrès.

La levée de l’embargo international de ventes d’armes à l’Iran, possible dans cinq ans selon l’accord, suscite le plus de remous. Une ligne rouge pour le sénateur démocrate Robert Menendez, qui craint la vente de systèmes de missiles russes S-300 à Téhéran.

Beaucoup d’élus voteront en fonction de leur parti, a fortiori car nous sommes en pleine période électorale, prédit toutefois Larry Hanauer, expert des sanctions au centre de réflexion Rand Corporation. Selon lui, un certain nombre devrait rester indécis jusqu’au vote, en septembre.

Le président américain n’a pas besoin de convaincre une majorité, mais il lui faudra plus d’un tiers des élus à la Chambre (146 sur 435, alors que les démocrates sont 188) et au Sénat (34 sur 100, le groupe démocrate comptant 46 membres). Or beaucoup de démocrates, tel le sénateur Chuck Schumer, se sont contentés de promettre un examen minutieux de l’accord, en réservant leur jugement.

Les plus fervents ont salué une victoire de la diplomatie et sous-entendu que le choix était entre cet accord et la confrontation militaire.

Personne ne peut croire que c’est vrai, a rétorqué Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine et homme fort du Sénat. La seule question valable: l’accord renforcera-t-il la sécurité de notre pays et de nos alliés’

Signe de la délicatesse politique du sujet, Hillary Clinton, secrétaire d’Etat de Barack Obama au début des contacts secrets avec Téhéran, a prudemment jugé, lors d’un passage au Capitole, que l’accord représentait une étape importante. Son rival républicain pour la Maison Blanche Jeb Bush a critiqué un accord dangereux, plein de défauts et myope.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2015 18h46)

Accord sur le nucléaire iranien: l’Otan salue une percée historique

juillet 14, 2015

Bruxelles – L’accord sur le programme nucléaire iranien scellé mardi entre Téhéran et les grandes puissances représente une percée historique, a estimé le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, appelant l’Iran à respecter ses engagements.

Je salue chaleureusement l’accord global auquel sont parvenus aujourd’hui l’Iran et la communauté internationale (…) Cet accord représente une percée historique qui, lorsqu’il sera entièrement mis en œuvre, renforcera la sécurité internationale, a déclaré dans un communiqué M. Stoltenberg.

Il est essentiel pour l’Iran de mettre en œuvre les dispositions de l’accord d’aujourd’hui, de remplir toutes ses obligations internationales et d’œuvrer pour la sécurité de la région et au-delà, a-t-il ajouté, en saluant la persévérance des parties.

Au terme de douze ans d’âpres négociations, l’accord conclu à Vienne prévoit que Téhéran limite ses ambitions nucléaires pendant plusieurs années, en échange d’une levée progressive et réversible des sanctions internationales.

Il a été conclu par les représentants de l’Iran et du groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2015 18h22)

Nucléaire iranien: Vive la France!, tweete le sénateur américain McCain

novembre 10, 2013

WASHINGTON – Deux influents sénateurs américains, dont le républicain John McCain, ont salué la France dimanche pour avoir bloqué la signature d’un accord sur le nucléaire iranien à Genève, mais des experts s’interrogeaient sur les motivations de Paris.

Vive la France, s’est écrié, en français dans le texte, le sénateur John McCain sur son compte Twitter. La France a eu le courage d’empêcher un mauvais accord sur le nucléaire iranien, a-t-il déclaré au lendemain de l’annonce d’un échec d’un accord entre l’Iran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).

Lors de trois jours d’intenses négociations à Genève, les Français ont plusieurs fois publiquement dénoncé les points de blocage et le manque de garanties dans l’accord intérimaire en préparation. Ces prises de position lui ont valu d’être accusée par l’Iran d’avoir joué les trouble-fête autour de la table des négociations.

Dieu merci pour la France, Dieu merci pour ce refus d’un accord, a lancé de son côté le sénateur républicain Lindsey Graham sur CNN.

Voilà des mots qu’on n’a pas entendus depuis bien longtemps, mais laissez-moi vous expliquer: ils (les Français) sont en train de très bien prendre la main au Proche-Orient, a-t-il ajouté.

Le sénateur Graham a expliqué qu’un texte bipartisane sur l’Iran était en préparation pour la semaine prochaine au Congrès, lequel a le pouvoir de décider les sanctions à l’encontre de l’Iran. Le Congrès a respecté jusqu’à présent la pause réclamée par le gouvernement américain, pour laisser le temps à la diplomatie avec l’Iran.

Notre but, a fait valoir le sénateur, est d’obtenir un accord sur le long terme. Nous ne voulons pas nous retrouver avec une Corée du Nord au Proche-Orient.

Le texte de la semaine prochaine au Congrès comportera quatre exigences, selon le républicain: l’arrêt de l’enrichissement (d’uranium), le démantèlement des centrifugeuses, l’arrêt de la construction d’un réacteur à plutonium et l’autorisation du contrôle par la communauté international de tout le cycle iranien (du combustible).

Si un accord remplissait ces quatre exigences, je serais satisfait, sinon le monde le regrettera, a-t-il fait valoir, rappelant l’inquiétude d’Israël face à la gestion du dossier iranien par l’administration Obama.

Mais des analystes à Washington s’interrogeaient dimanche sur les motivations de la diplomatie française.

Avec cette intervention de dernière minute, la France a une nouvelle fois fait la preuve qu’elle était devenue ces dernières années, le pays occidental le plus belliciste au Proche-Orient et dans les Etats voisins, a déclaré à l’AFP Hussein Ibish, expert auprès du Centre de réflexion American Task Force on Palestine. La France a poussé pour l’intervention en Libye, a envahi et sauvé le Mali, était la plus enthousiaste à l’idée de frapper la Syrie et sur l’Iran, c’est elle qui a refusé de signer un accord.

Pour Alireza Nader, expert auprès de Rand Corporation, l’initiative française n’a rien de nouveau. Les négociations précédentes entre l’Iran et le groupe des 5+1, dont la France fait partie, contenaient les mêmes demandes qu’aujourd’hui. Il est frappant de constater que beaucoup de personnes sont surprises. La question est plutôt de savoir pourquoi la France a-t-elle pris cette position à ce moment-là?.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2013 22h02)