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États-Unis: Trump « Obamacare est mort »

octobre 16, 2017

Le président américain Donald Trump, le 16 octobre 2017 à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que la grande loi sur la couverture maladie de Barack Obama, qu’il n’est pas parvenu à abroger, appartenait néanmoins au passé en raison de ses défaillances.

« Obamacare, c’est fini, c’est mort, oublié », a déclaré le dirigeant à la Maison Blanche. « Il n’y a plus rien de tel qu’Obamacare. Je le dis depuis des années, le concept n’aurait jamais pu fonctionner, même dans ses meilleurs jours ».

Donald Trump se réfère apparemment au défaut le plus préoccupant de la grande réforme de 2010, l’augmentation du prix des assurances santé sur le marché dit « individuel », pour la minorité de personnes qui n’ont pas d’assurance par leur employeur ou par des programmes publics. Ces assurés reçoivent des aides et subventions pour financer le coût de leur couverture, mais un certain nombre d’entre eux ont néanmoins vu leurs dépenses augmenter depuis quelques années.

Les républicains, a dit Donald Trump, travaillent désormais à une solution « de court terme », à laquelle il prédit que les démocrates participeront car, selon lui, « la faute retombera sur eux pour le désordre ».

C’est un refrain du président américain que les problèmes supposés du système de santé, et notamment la hausse des coûts, seront politiquement mis au passif des démocrates, qui ont adopté Obamacare en 2010.

Mais les démocrates dénoncent ce qu’ils estiment être un « sabotage » progressif d’Obamacare par l’administration Trump, par la voie réglementaire puisque l’abrogation par le Congrès a échoué.

Un décret présidentiel a ainsi supprimé des subventions aux assureurs qui permettaient de réduire le coût des assurances et des soins pour les assurés les plus modestes. Une autre décision a ouvert la voie à une déréglementation des couvertures proposées, ce qui pourrait conduire au déremboursement de certains soins.

Donald Trump, lundi, a aussi critiqué le prix des médicaments aux Etats-Unis, plus élevés que dans d’autres pays riches.

« Comme d’habitude, le monde profite des Etats-Unis », a-t-il dit. « Les compagnies pharmaceutiques, franchement, s’en tirent en toute impunité ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 19h24)

États-Unis: Trump supprime des subventions santé pour les plus pauvres

octobre 13, 2017

Donald Trump le 12 octobre 2017 à Washington / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

L’administration de Donald Trump a annoncé jeudi la suppression d’un mécanisme de subventions créé par la loi santé de Barack Obama qui servait à faire baisser le prix des couvertures santé pour les Américains les plus modestes.

Le président américain s’est résigné à emprunter la voie réglementaire après s’être heurté à une impasse au Congrès, qui s’est révélé incapable de voter une abrogation de la grande loi démocrate du président Obama, « Obamacare ».

Son ministère de la Santé a donc annoncé la fin d’un dispositif qui compensait les assureurs privés à hauteur de 7 milliards de dollars en 2017 et 10 milliards prévus en 2018, des sommes dont la disparition pourrait être ressentie de façon importante par les assurés.

Mais on ignorait à partir de quand la mesure prendra effet, et si les tarifs 2018 des assurances seront affectés.

« Au lieu d’essayer de baisser les coûts des soins pour les Américains, on dirait que le président Trump va unilatéralement augmenter le prix des primes d’assurance », ont dénoncé les chefs de l’opposition démocrate du Congrès, Chuck Schumer et Nancy Pelosi. « Trump tentera de se défausser sur la loi santé d’Obama, mais toute la responsabilité lui revient, et il en paiera le prix ».

Le président républicain martèle qu’Obamacare, une réforme coûteuse mais qui a permis de réduire à un niveau bas historique le nombre d’Américains sans couverture maladie, s’écroulera sous son propre poids, critiquant notamment la hausse des prix des assurances pour les personnes qui s’assurent individuellement, sans passer par un employeur.

Cela représente une minorité de la population, mais ces assurés sont frappés de facto par des hausses importantes depuis plusieurs années, car Obamacare a imposé aux assureurs de nouvelles réglementations qui les forcent à couvrir un plus grand nombre de soins de base.

« Obamacare s’est révélée être une loi complètement défaillante », a déclaré le président républicain de la Chambre, Paul Ryan. « La Chambre continuera son travail avec l’administration Trump pour améliorer le système ».

Pour les démocrates, il ne s’agit rien de moins que d’un sabotage par petites touches de l’infrastructure mise en place par Obamacare. Ils dénoncent un détricotage motivé uniquement par des raisons politiques.

Jeudi, Donald Trump a également signé un décret ouvrant la voie à la création de couvertures exemptées des réglementations d’Obamacare, potentiellement de moindre qualité mais donc moins chères, par les compagnies d’assurance privées.

Cette décision ne devrait pas affecter le marché à court terme, mais accentue l’incertitude pour le secteur, qui ne sait d’une année sur l’autre comment évoluera l’environnement réglementaire.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 16h07)

États-Unis: les républicains renoncent à voter sur l’abrogation d’Obamacare

septembre 26, 2017

Le sénateur républicain Lindsey Graham à Washington, le 13 septembre 2017 / © AFP / JIM WATSON

La majorité républicaine du Sénat américain a renoncé mardi à voter cette semaine sur un projet d’abrogation partielle de la loi sur la couverture maladie de Barack Obama, faute de consensus au sein du parti et malgré la pression imposée par Donald Trump.

Les deux sénateurs coauteurs du projet de réforme l’ont annoncé à la presse au Capitole après une réunion de groupe, culmination de huit mois de tergiversations et de batailles internes au Congrès. Abroger « Obamacare » était l’une des grandes promesses électorales du parti républicain depuis l’adoption de la loi démocrate en 2010, un engagement repris par Donald Trump durant sa campagne.

« Nous avons décidé, puisque nous n’avons pas les voix, de reporter le vote », a déclaré Bill Cassidy, entouré de l’état-major républicain du Sénat.

« Nous y arriverons un jour », a ajouté son collègue Lindsey Graham.

Le chef de la majorité, Mitch McConnell, a immédiatement tourné la page et confirmé que la priorité était désormais la réforme des impôts désirée à la fois par les républicains du Congrès et par le président américain.

Les républicains n’avaient en réalité guère le choix après la défection annoncée de trois des 52 sénateurs de la majorité, sur un total de 100 sièges, ce qui empêchait mathématiquement un succès.

En juillet, une version précédente avait été rejetée par le Sénat, là encore en raison de défections, notamment de John McCain.

La nouvelle mouture de la réforme, dite Graham-Cassidy, n’aurait pas aboli entièrement Obamacare, mais aurait supprimé des pans entiers de la loi, ce qui aurait conduit, selon le Bureau du budget du Congrès, à la sortie de millions de personnes du système de couverture-maladie.

Romandie.com avec(©AFP / 26 septembre 2017 20h41)

Santé: les deux sénatrices républicaines qui tiennent tête à Trump

juillet 29, 2017

Le président américain Donald Trump entouré par les sénatrices républicaines Susan Collins (G) et Lisa Murkowski (D) le 27 juin 2017 à la Maison blanche à Washington / © AFP/Archives / NICHOLAS KAMM

Les projecteurs sont braqués depuis vendredi sur John McCain, dont le vote a fait dérailler la réforme de la santé voulue par Donald Trump. Mais deux autres sénatrices républicaines ont, dans son ombre, résisté à la pression présidentielle et également voté « non ».

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la chambre haute du Congrès était appelée à se prononcer sur une abrogation « a minima » d’Obamacare, l’emblématique loi sur le système de santé de Barack Obama, honnie des républicains qui promettent depuis 7 ans de s’en débarrasser.

Pour ce vote serré – la majorité républicaine au Sénat possède 52 sièges sur 100 -, plusieurs figures républicaines comme Rand Paul ou Lindsey Graham avaient fait part de leur réserves sur la direction que prenait le texte. Mais alors qu’ils semblaient céder aux demandes du président républicain, ce sont Susan Collins et Lisa Murkowski qui ont fait pencher la balance.

Sans les sénatrices respectivement du Maine et de l’Alaska, qui suivent ce dossier depuis des mois, l’arrivée théâtrale de John McCain, à 1H29 du matin vendredi pour afficher son désaccord pouce baissé, aurait été vaine.

Pour elles plus que quiconque, s’opposer à « Trumpcare » a été un combat. Les deux sénatrices ont fait l’objet de pressions directes et d’invectives de Donald Trump, ou de tentatives d’intimidation de ses partisans. Blake Farenthold, un élu républicain, aurait même voulu en venir aux mains avec elles, si elles n’étaient pas des femmes.

Des 52 sénateurs républicains, Susan Collins, 64 ans et Lisa Murkowski, 60 ans, sont les plus féroces opposantes au président Trump. Elles avaient également voté contre la nomination de la ministre de l’Education, Betsy DeVos, qu’elles jugeaient incompétente.

Même en dehors de l’hémicycle, elles dénoncent, lorsqu’elle en ressentent le besoin, les diatribes du milliardaire. Comme en juin, lorsque Donald Trump avait dénigré une présentatrice de MSNBC: « Arrêtez cela! », avait par exemple tweeté Mme Murkowski.

– ‘Fortes’ –

Sur la santé, les sénatrices estiment que le projet républicain menace de laisser, à ce stade et comme l’affirment d’ailleurs des projections officielles, des millions de familles américaines sans accès aux soins.

L’opposition de Susan Collins à la réforme de l’assurance maladie remonte à 2015, lorsqu’elle avait voté contre un projet semblable d’abrogation partielle d’Obamacare.

Avec sa collègue, elles sont les seules républicaines à s’être opposées à l’ouverture du débat cette semaine sur l’abrogation, provoquant la colère de Donald Trump.

Lisa Murkowski a « vraiment laissé tomber les républicains et notre pays hier », avait-il écrit sur Twitter.

Les intimidations ont depuis été crescendo. Le secrétaire à l’Intérieur, Ryan Zinke, a par exemple appelé, selon la presse, Mme Murkowski pour la prévenir que Washington était prêt à retirer son financement pour le forage pétrolier en Alaska, ainsi que pour certaines de ses politiques prioritaires.

Les propos ne sont pas tombés dans l’oreille d’une sourde, puisqu’elle préside la Commission du Sénat sur l’énergie et les ressources naturelles. Elle a donc immédiatement retardé plusieurs nominations de l’administration Trump en la matière pour les passer en revue.

Les prises de positions passionnées des deux sénatrices contre leur propre parti et face aux pressions leur a au moins valu le respect de leurs collègues de l’opposition.

« Merci d’être restées fortes tout du long », a par exemple tweeté le sénateur démocrate Michael Bennet.

La sénatrice Mazie Hirono a, elle, affirmé à CNN qu’elle s’était récemment entretenu avec Lisa Murkowski, qui lui a donné un conseil pour gérer les pressions: « Rendre coup pour coup ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 juillet 2017 16h32)                

États-Unis: « Obamacare » reste en place pour l’instant, Trump est furieux

juillet 18, 2017

Le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche à Washington, le 17 juillet 2017 / © AFP / Olivier Douliery

L’une des grandes promesses de campagne du président américain Donald Trump, l’abrogation d’Obamacare, était de facto morte mardi après que plusieurs sénateurs de la majorité ont annoncé leur opposition. L’échec est cinglant pour le dirigeant, six mois après son arrivée au pouvoir.

Le milliardaire est apparu résigné au blocage de la réforme républicaine du système de santé, déclarant que la loi démocrate de 2010 signée par son prédécesseur, à défaut d’avoir été démantelée, finirait de toute façon par mourir sous son propre poids.

« Laissons Obamacare s’écrouler, ce sera plus simple », a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. « Nous allons laisser Obamacare échouer, et ensuite les démocrates viendront à nous ».

Le président américain n’imaginait pas que tenir la promesse républicaine d’abroger la loi de 2010 s’enliserait jusqu’à l’été; en janvier, il tablait sur une abrogation rapide. Mais le plan imaginé par la majorité, à mi-chemin entre une abrogation et une réforme, s’est heurté à l’opposition conjointe de conservateurs et de modérés.

Lundi soir, la majorité a donc annoncé un plan B: voter une abrogation pure et simple de l' »Affordable Care Act », défiant les sénateurs du groupe de s’opposer à ce qu’ils ont toujours promis à leurs électeurs. Le Congrès aurait ensuite eu deux ans pour concocter une hypothétique réforme de l’assurance santé, sur des bases nouvelles.

Mais ce plan B a été torpillé dès mardi par au moins trois républicaines modérées, Susan Collins, Shelley Moore Capito et Lisa Murkowski, qui représentent chacune des Etats où l’accès aux soins en zones rurales risquait d’être réduit par une abrogation totale d’Obamacare.

« Je ne suis pas venue à Washington pour faire du mal aux gens », a déclaré la sénatrice Capito.

Face à ces défections, on attendait que l’homme fort du Sénat, Mitch McConnell, décide d’enterrer définitivement tout vote ou d’organiser un scrutin voué à l’échec.

Avec 52 membres sur 100, le groupe républicain ne peut se permettre que deux défections.

– Elections en 2018 –

Le projet de réforme républicain ne visait pas à abroger entièrement la loi de 2010, qui en sept ans est devenue une loi relativement populaire, au fur et à mesure que des millions de personnes en bénéficiaient.

L’architecture alors créée était plus ou moins conservée par leur plan afin d’éviter que des millions d’Américains ne se retrouvent soudainement sans assurance. Mais des coupes importantes dans le budget de la santé étaient néanmoins prévues, tout comme la suppression de protections pour les assurés.

Ce plan d’abrogation et de remplacement simultané n’a plu ni aux ultra-conservateurs, qui dénonçaient un « Obamacare light », ni aux républicains modérés, qui s’inquiétaient d’un retour en arrière trop brusque.

Quoiqu’il arrive désormais, la saga Obamacare illustre les dysfonctionnements de la relation entre la Maison Blanche et le Congrès. Le milliardaire républicain a souvent fait pression publiquement sur les parlementaires pour obtenir une victoire, quelle qu’elle soit, mais sans s’investir dans les détails de la réforme.

Sa proposition de laisser mourir Obamacare consiste à laisser les défaillances du marché de l’assurance santé privée s’accentuer, ce qui mettrait la pression, selon lui, sur les démocrates pour qu’ils s’entendent avec les républicains pour réparer le système.

Dans de nombreuses régions du pays, de grands assureurs se sont en effet retirés du marché dit « individuel », ce qui y fait augmenter le montant des primes d’assurances. Ce marché couvre les quelques dizaines de millions d’Américains qui ne sont pas assurés par leur entreprise ou par une couverture publique.

La logique de Donald Trump est toute politique: il est persuadé que face aux problèmes d’Obamacare, les électeurs sanctionneront les démocrates et non son gouvernement.

Le président a juré sa revanche aux élections législatives de novembre 2018, lors desquelles il vise une augmentation de la majorité sénatoriale à un niveau qui lui donnerait les coudées franches. « Il faut qu’on élise plus de républicains. Et il faut qu’on sorte ceux qui ont voté contre », a-t-il aussi menacé.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juillet 2017 20h28)                

États-Unis: Abroger « Obamacare », promesse de Trump, divise la majorité républicaine

juin 22, 2017

Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 22 juin 2017 / © AFP / NICHOLAS KAMM

Les alliés de Donald Trump sont repartis à l’offensive jeudi pour tenter d’abroger partiellement « Obamacare », la loi emblématique sur la santé de Barack Obama. Mais des conservateurs ont immédiatement annoncé leur opposition, menaçant de torpiller la réforme.

Après un passage de justesse en mai dernier à la Chambre des représentants, le projet républicain de réforme du système de santé doit franchir l’obstacle du Sénat, où la majorité républicaine est mince, avec 52 sièges sur 100.

Or le texte adopté par la Chambre est « dur » voire « méchant », selon le terme employé par le président américain, qui avait pourtant apporté un soutien sans équivoque à l’époque.

Jeudi matin, les chefs républicains du Sénat ont donc dévoilé une version légèrement amendée, censée ramener au bercail les élus modérés hésitants. L’objectif est de voter en fin de semaine prochaine.

Mais quatre sénateurs conservateurs, dont Ted Cruz et Rand Paul, ont fait savoir que cette nouvelle mouture n’était guère qu’un « Obamacare light », puisque certains pans de la loi de 2010 survivraient, notamment des subventions. Ils se sont toutefois dits prêts à négocier.

Le projet supprimerait l’obligation de s’assurer instaurée par Obamacare, au nom de la liberté individuelle. Des impôts et taxes créés pour financer la loi de 2010 seraient abrogés. Et les aides fédérales au système de santé seraient progressivement réduites, notamment à partir de 2021 pour l’assurance publique destinée aux plus pauvres, Medicaid, qui assure un Américain sur cinq.

« Il est temps d’agir car Obamacare est une attaque contre la classe moyenne », a déclaré le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, dénonçant le coût du système actuel.

« Obamacare est un désastre », a répété Donald Trump, en admettant qu’un peu de « négociations » était encore nécessaire.

– Réduire les coûts –

Des concessions ont été introduites pour décrocher le soutien des républicains modérés.

Il n’est plus question de permettre aux assureurs de faire payer plus aux personnes ayant des antécédents médicaux. Et les aides individuelles, bien que fortement réduites par rapport à Obamacare, le sont moins que ce que les républicains envisageaient au départ.

En revanche, nombre de réglementations actuelles disparaîtraient bel et bien, notamment l’obligation absolue et nationale de couvrir dix catégories de soins, dont la maternité ou l’hospitalisation. Pour les conservateurs, les assurés doivent pouvoir souscrire une couverture allégée, moins chère, s’ils le souhaitent, au lieu de payer pour des services dont ils n’ont pas besoin. C’est la condition, selon eux, pour faire baisser les coûts extravagants du système de santé américain.

Dans cette affaire, la négociation se déroule de facto entre républicains.

L’arbitre pourrait bien être le Bureau du budget du Congrès (CBO), qui doit estimer la semaine prochaine le nombre de personnes risquant de perdre leur couverture à cause de la réforme. Le CBO avait estimé que 51 millions de personnes de moins de 65 ans, sur 280, vivraient sans couverture en 2026 si la loi de la Chambre était adoptée… contre 28 millions d’aujourd’hui, un retour en arrière inacceptable pour les modérés.

Aux Etats-Unis, les plus de 65 ans sont couverts par une assurance publique (Medicare), et la moitié des Américains le sont par leur employeur. Les plus pauvres ont Medicaid, et le reste, entrepreneurs, salariés de petites entreprises ou encore clandestins, doivent s’assurer seuls. Obamacare les aidait à le faire.

Les démocrates, minoritaires, ne peuvent guère que dénoncer une réforme profitant aux plus fortunés, tandis que des millions de pauvres seraient boutés hors du gigantesque programme Medicaid, pilier de la protection sociale américaine dans le viseur de la droite.

« Cela donne une énorme baisse d’impôts aux riches, à l’industrie pharmaceutique et au secteur des assurances, sur le dos des soins de tout le monde », a dénoncé Barack Obama dans un long texte sur sa page Facebook.

En cas d’adoption, la Chambre et le Sénat devront harmoniser leurs versions, et revoter.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2017 23h27)                

États-Unis: Donald Trump promet l’échec de l’Obamacare après le retrait de sa réforme

mars 25, 2017

Le président américain Donald Trump, le 24 mars 2017 à la Maison Blanche à Washington / © AFP / MANDEL NGAN

Donald Trump est revenu à la charge samedi après l’échec cuisant de son projet phare de réforme de la santé, assurant que le système en place allait « exploser » et promettant aux Américains une nouvelle loi, sans concrétiser.

Après plusieurs heures de silence, le président américain s’est de nouveau tourné vers Twitter pour dénoncer la loi de son prédécesseur démocrate Barack Obama, détestée des républicains.

« Obamacare va exploser et nous nous rassemblerons tous et construirons ensemble une superbe loi de santé pour LE PEUPLE. Ne vous inquiétez pas! », a-t-il tonné, sans préciser de calendrier.

Mais le républicain apparaissait affaibli après le revers cinglant qu’il a subi avec le retrait vendredi au dernier moment du projet complexe de réforme du système de santé, faute d’un soutien suffisant dans ses propres rangs au Congrès.

Un sérieux camouflet pour ce président arrivé au pouvoir sur la promesse d’employer ses qualités de négociateur, mises à l’oeuvre pour bâtir sa carrière d’homme d’affaires, afin de faire passer ses projets à la Maison-Blanche.

Se disant « déçu » et « un peu surpris », Donald Trump a refusé vendredi d’accabler les élus républicains, reportant la faute sur la minorité démocrate.

Des arguments battus en brèche samedi par le Washington Post.

« La prochaine fois que quelqu’un assure qu’un homme d’affaires gérerait mieux le pays qu’un politique expérimenté, souvenez-vous de cette semaine passée », a ironisé le quotidien dans son éditorial, dénonçant une « débâcle ».

« M. Trump ne doit pas s’imaginer que les Américains en colère feront retomber la faute sur les démocrates, qui sont complètement bloqués hors du pouvoir, s’il préside pendant que le système s’effondre », poursuit le journal.

Signée en 2010, la loi dite « Obamacare » a étendu la couverture santé à des millions d’Américains mais se heurte à des problèmes de financement.

La réforme proposée par les républicains menaçait d’augmenter les coûts tout en faisant sortir quelque 24 millions de personnes du système d’assurance maladie d’ici à 2026.

Faire campagne, c’est facile

Donald Trump a promis dès vendredi de tourner la page, en s’attelant à une autre grande promesse de campagne: une profonde réforme fiscale.

« Je dirais que nous allons probablement commencer à y aller très, très fort avec les grosses coupes d’impôts et la réforme des impôts. C’est ce qui vient ensuite », a-t-il déclaré aux journalistes.

Il s’est rendu samedi dans son club de golf en Virginie, près de Washington, où il devait organiser des réunions, selon son entourage qui n’en a pas précisé la teneur.

Mais même s’il tente de passer rapidement à autre chose, l’échec de la réforme santé marque la deuxième fois que Donald Trump est forcé de reculer sur un grand projet en seulement neuf semaines au pouvoir, après le blocage par la justice de ses décrets migratoires.

Et cette déconvenue a fait éclater au grand jour la méconnaissance des rouages du pouvoir d’un président américain à la popularité historiquement basse à ce stade d’un mandat.

« Nous avons appris des choses sur des règles très obscures aussi bien au Sénat qu’à la Chambre », a-t-il reconnu vendredi. « Pour moi, ça a certainement été une expérience intéressante ».

Une déclaration candide saisie avec appétit par ses opposants et critiques.

Le New York Times dénonçait ainsi la précipitation des républicains, qui ont « expédié une parodie de loi sans passer par le processus laborieux des auditions et de la construction de coalitions ».

Puisqu’il permet de maintenir, pour l’instant, la loi introduite sous Barack Obama, « le résultat de vendredi est bon pour le pays, mais humiliant pour les dirigeants républicains », estime le journal, avant d’asséner: « Pour M. Trump, c’est un rappel assez brutal que faire campagne, c’est la partie facile ».

Décriée, voire moquée, par ses opposants, cette image de novice en politique ne marquera toutefois pas forcément un point négatif aux yeux de ses électeurs, qui avaient choisi un candidat qui avait fustigé régulièrement +l’establishment+ de la capitale et promis de « curer le marigot » de Washington.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mars 2017 18h18)

Santé: défaite de Trump obligé de retirer sa réforme de la santé

mars 24, 2017

 

Le président Donald Trump, le 13 mars 2017 à Washington / © AFPLe président Donal Trump/Archives / NICHOLAS KAMM

Le président Donald Trump a subi une lourde défaite politique vendredi après avoir demandé aux républicains de retirer le projet phare de réforme du système de santé, faute de majorité, selon une source au Congrès.

Le président de la Chambre des représentants et chef de file des républicains Paul Ryan « a parlé au président à 15H00 aujourd’hui et le président a demandé à (Paul Ryan) de retirer le projet de loi », a affirmé cette source.

Les 430 membres de la Chambre des représentants (193 démocrates et 237 républicains) devaient voter peu après 19H30 GMT. Mais le nombre de républicains ayant annoncé leur opposition dépassait la trentaine, ce qui assurait une défaite, la minorité démocrate étant totalement opposée.

Un rejet de ce qui a été l’une des principales promesses de la campagne présidentielle représente un énorme échec personnel pour Donald Trump, qui a bâti une bonne partie de son image sur ses talents de négociateur.

Il a mis tout son poids dans la balance, se rendant même personnellement au Congrès pour tenter de convaincre les républicains frondeurs pour qui la loi va, soit trop loin dans le démantèlement de la législation phare de l’ex-président Barack Obama soit pas assez, comme c’est le cas des ultra-conservateurs du Freedom Caucus.

La mine sombre, Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, avait à son point presse clairement laissé entendre que l’exécutif se préparait à un revers.

Donald Trump « a fait tout ce qui était possible » pour que la loi passe, avait-il affirmé.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2017 21h19)

États-Unis: Première résolution pour le démantèlement de l’Obamacare

janvier 12, 2017

Les républicains estiment que le processus d’abrogation pourrait prendre plusieurs mois. Donald Trump au contraire veut aller vite dans le démantèlement.

« Nous devons agir rapidement pour apporter un soulagement au peuple américain », a déclaré le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell.

« Nous devons agir rapidement pour apporter un soulagement au peuple américain », a déclaré le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell. © Mike Segar / Reuters / REUTERS
Le Sénat américain a adopté, jeudi 12 janvier, une première résolution destinée à commencer la procédure de démantèlement de l’Affordable Care Act, loi également connue sous le nom d’Obamacare.

Cette résolution demande aux commissions du Sénat et de la Chambre des représentants de rédiger un projet d’abrogation pour le 27 janvier. Les deux chambres du Congrès devront ensuite approuver le texte de loi avant que le démantèlement commence.

Les républicains, qui disposent de 52 élus sur 100 au Sénat, ont décidé de recourir à une procédure budgétaire particulière qui n’exige que la majorité simple et évite un accord bipartisan avec les démocrates. Cette résolution vise ensuite à empêcher l’utilisation par les démocrates de l’arme du filibuster (obstruction) qui permettrait de bloquer la procédure tant que la majorité ne dispose pas de soixante des cent voix au Sénat.

Lire aussi :   Trump fait pression sur les républicains pour abroger rapidement l’« Obamacare »

Priorité de Donald Trump

Les républicains entendent abroger l’Obamacare qui selon eux constitue une ingérence du pouvoir fédéral et souhaitent le remplacer par un transfert de compétences vers les Etats.

Mais le GOP estime que le processus d’abrogation pourrait prendre plusieurs mois et que la mise en place d’un système de substitution pourrait prendre encore plus de temps.

Le président élu Donald Trump souhaite voir l’Obamacare démantelé rapidement. Mercredi, lors de sa conférence de presse, il a déclaré que l’Obamacare a été un « désastre complet ».

Vingt millions d’Américains, qui ne bénéficiaient auparavant d’aucune couverture médicale, y ont désormais accès grâce à l’Obamacare. Entrée en vigueur le 1er janvier 2014, elle prévoit que tous les Américains doivent disposer d’une assurance maladie, organisant un accès universel aux soins de santé.

 

Le Monde.fr avec AP et Reuters

Trump envisage désormais de simplement « amender » l’Obamacare

novembre 11, 2016

Donald Trump, qui avait promis pendant sa campagne d’abroger purement et simplement la réforme de l’assurance maladie Obamacare, a indiqué pour la première fois qu’il envisageait d’en conserver certaines dispositions. Il s’exprimait dans un entretien publié vendredi.

« Obamacare sera soit amendée, soit abrogée, soit remplacée », a assuré le dirigeant populiste dans un entretien au Wall Street Journal.

Donald Trump songe notamment à conserver deux aspects de l’Affordable Care Act, la réforme phare du président sortant Barack Obama: l’interdiction faite aux assureurs de refuser un patient en raison de son état de santé et la possibilité pour des parents de faire bénéficier plus longtemps leurs enfants de leur couverture santé.

« J’aime beaucoup » ces deux dispositions, a-t-il dit au quotidien économique.

« Horrible chose »
Pendant la campagne, le magnat de l’immobilier avait pourtant tiré à boulets rouges sur cette réforme votée en 2010, assurant qu’elle était une « horrible chose » et lui promettant une mort certaine s’il accédait à la Maison Blanche.

Dans l’entretien, M. Trump a expliqué avoir infléchi sa position après sa rencontre jeudi à la Maison-Blanche avec le président Obama, qui lui aurait suggéré de conserver ces dispositions.

« Je lui ai dit que j’allais étudier ses suggestions, et par respect, je le ferai », a-t-il assuré.

Bête noire des républicains, la réforme Obamacare vise à réduire le nombre d’Américains dépourvus de couverture santé notamment en instituant un système de polices d’assurance subventionnées par l’Etat.

Romandie.com avec(ats / 11.11.2016 23h01)