Posts Tagged ‘Occident’

La Chine bouge, l’Occident ne sait plus sur quel pied danser

décembre 29, 2021
Un homme agite un drapeau chinois devant un groupe de soldats.

Des interprètes en uniformes militaires participent à une représentation du centième anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, à Pékin, le 28 juin 2021. Photo: Getty Images/Noël Celis

Pékin affirme sa puissance économique et militaire de façon chaque fois plus marquée. Les dirigeants chinois ne se gênent pas pour menacer ceux qui osent leur tenir tête, alors que les craintes d’une invasion de Taïwan augmentent. Quelles options pour les pays occidentaux face à cette Chine conquérante?

Une mobilisation plus agressive

Elbridge Colby a été sous-secrétaire adjoint à la Défense pour la stratégie et le développement des forces sous l’administration Trump (2017-2018). Il s’inquiète de l’influence grandissante de la Chine. L’objectif de la Chine est de devenir un hégémon, à tout le moins en Asie, et comme l’Asie représentera bientôt plus de 50 % du marché mondial, si elle atteint l’hégémonie en Asie, elle sera dominante dans le monde entier, affirme-t-il.

« Ce n’est pas simplement de l’ordre du possible, c’est plutôt hautement probable, à moins que nous prenions des mesures pour l’éviter. »— Une citation de  Elbridge Colby, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense

Militairement, cependant, les Chinois ne sont pas près de rattraper les Américains. Leur budget militaire (252 milliards de dollars américains) est le deuxième du monde, mais loin derrière celui des États-Unis (778 milliards).Un sous-marin avec des drapeaux chinois.

Un sous-marin nucléaire lanceur de missiles balistiques de l’armée chinoise lors d’une démonstration militaire en mer de Chine méridionale (archives). Photo: Reuters/ China Stringer Network

Les Américains ont une avance qualitative et quantitative très significative en matière de matériel militaire, croit Marc Julienne, chercheur, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Pékin fait toutefois du rattrapage accéléré. Les Chinois sont en train de construire un troisième porte-avions et disposent d’un impressionnant arsenal de missiles balistiques.

La menace est-elle réelle?

Washington en rajoute sans doute un peu afin de justifier sa politique envers Pékin, souligne Marc Julienne. De l’autre côté, la Chine le fait aussi, en tenant un discours de puissance dans lequel elle répète à qui veut l’entendre qu’elle est une grande puissance et qu’elle est en mesure de faire face à toute provocation, y compris sur le plan militaire, souligne le chercheur.

Si l’Occident veut empêcher la Chine de dominer la région, ce qu’elle tenterait actuellement de faire, il doit agir rapidement en collaborant avec des alliés régionaux tels que l’Inde, le Vietnam, la Corée du Sud et le Japon, pour établir un meilleur rapport de force, estime M. Colby. Actuellement, on parle beaucoup, mais on agit peu, déplore-t-il.

« On fait bien des déclarations sur la Chine, mais en réalité, notre position militaire est figée. Il y a plus de paroles que d’actions. »— Une citation de  Elbridge Colby, auteur de The Strategy of Denial: American Defense in an Age of Great Power Conflict

Les États-Unis devraient réduire au minimum leur présence militaire au Moyen-Orient et en Europe afin de se concentrer sur l’Asie, croit-il, tout en poussant les Japonais et les Taïwanais à augmenter leur propre budget de défense. Ce sont des choses que nous avons dit que nous allions faire, mais qui ne se produisent pas.Trois soldats américains courent en pointant leur fusil d'assaut dans les rues d'un village en Lituanie.

Les Européens devraient assumer une plus grande partie de leur défense au sein de l’OTAN pour que les Américains puissent déployer leurs troupes ailleurs, estime M. Colby. Photo : Reuters/ Ints Kalnins

Masser des troupes américaines dans la région ne risque-t-il pas, au contraire, de provoquer Pékin?

Fort possible, pense Marc Julienne, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’IFRI. L’émergence militaire et l’assurance stratégique de la Chine sont très préoccupantes. En revanche, je ne sais pas si la meilleure manière d’y répondre est une surenchère, notamment militaire.

Est-ce que la méthode américaine est la bonne, dans le sens où elle va permettre de rétablir un équilibre stratégique favorable aux États-Unis et de faire reculer la Chine dans ses ambitions et ses objectifs? J’ai peur, au contraire, que cela pousse la Chine à augmenter son développement militaire et à affirmer encore un peu plus sa puissance et sa coercition sur ses voisins.

« Sur la vision de la Chine, on peut assez facilement tomber d’accord. Mais sur la méthode à employer, je ne suis pas sûr du tout. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales

Une vraie coalition

Il faut parler aux voisins de la Chine pour exercer une pression politique dans le cadre de partenariats et d’organisations internationales, prône M. Julienne. Tout le contraire de ce qui a été fait avec AUKUS (une alliance entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis), un pacte négocié secrètement au nez et à la barbe des alliés qui risque de fragiliser les alliances existantes, dont l’OTAN, croit le chercheur.Scott Morisson, devant un lutrin. Sur des écrans placés de part et d'autre, Boris Johnson et Joe Biden.

Le premier ministre australien Scott Morisson, son homologue britannique Boris Johnson (à gauche) et le président américain Joe Biden (à droite) lors de l’événement virtuel où la nouvelle alliance AUKUS a été annoncée. Photo : La Presse Canadienne/AP/MickTsikas

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a parlé d’un coup de poignard dans le dos en référence à ce partenariat, qui implique le partage d’intelligence artificielle, de capacités cybernétiques et de technologies quantiques.

Outre la France, qui a perdu un contrat de sous-marins de près de 84 milliards de dollars, les pays de la région, comme l’Indonésie, les Philippines, Singapour, la Malaisie, mais aussi le Japon et la Corée du Sud, auraient dû être au courant avant l’annonce, estime-t-il.

« C’est un drôle de signal envoyé aux alliés des États-Unis, dont ils ont besoin dans la région indo-pacifique. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’IFRI

M. Julienne préconise plutôt une approche qui prend en compte la réalité de ces pays, très dépendants de la Chine sur le plan économique. Ils ne veulent pas avoir un choix de guerre froide entre la Chine et les États-Unis, puisqu’ils ont besoin de commercer avec la Chine et ont besoin des États-Unis comme partenaire de sécurité. Or on a le sentiment que l’approche américaine est un jeu à somme nulle : vous êtes avec nous ou contre nous.

La stratégie européenne, présentée cet automne, prend en compte les enjeux économiques, la gestion du changement climatique et les questions environnementales, pas seulement les aspects militaire et sécuritaire, avance M. Julienne.

« C’est une vision qui repose sur la paix, la coopération et le dialogue. Elle ne doit pas être naïve, mais elle est inclusive, c’est-à-dire qu’elle n’est pas fermée à la Chine. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’IFRI

Quel rôle pour le Canada?

Drapeaux canadiens et chinois.

Les relations entre le Canada et la Chine sont au plus bas depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, en décembre 2018. Photo: Associated Press/Fred Dufour

Elbridge Colby s’étonne de ne pas voir le Canada jouer un rôle plus important dans la lutte contre l’hégémonie chinoise.

Si vous regardez les Five Eyes [Alliance des Cinq yeux, qui inclut les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande], vous verrez que le Royaume-Uni et l’Australie sont très actifs, alors que du côté du Canada, il ne se passe pas grand-chose, note-t-il.

Le Canada a pourtant dû se frotter aux façons de faire chinoises avec la détention arbitraire, en 2018, de Michael Kovrig et de Michael Spavor, emprisonnés en Chine après l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, à la demande des autorités américaines.

Étant donné les engagements passés du Canada, son silence dans ce dossier est frappant, croit l’analyste. Il garde espoir que le pays s’engagera plus résolument dans la défense de nos intérêts.

« Si les États-Unis craignent la Chine, le Canada devrait certainement en avoir peur aussi. »— Une citation de  Elbridge Colby, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense

Le gouvernement libéral n’a pas encore fixé sa stratégie Asie-Pacifique, promise lors de la campagne électorale et attendue impatiemment par plusieurs secteurs.

Avec Radio-Canada par Ximena Sampson

Assad met en garde contre toute action de l’Occident en Syrie

avril 12, 2018

Damas (Syrie) – Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde jeudi contre toute action occidentale qui « déstabiliserait davantage » la région, après les menaces occidentales de frappes en Syrie en riposte à une attaque chimique présumée.

« Toute action ne contribuera qu’à déstabiliser davantage la région », a dit M. Assad en recevant à Damas Ali Akbar Velayati, émissaire du guide suprême iranien Ali Khamenei, selon les comptes de la présidence syrienne sur les réseaux sociaux.

Selon l’agence officielle iranienne Irna, M. Velayati, conseiller de M. Khamenei pour les questions diplomatiques, a déclaré au dirigeant syrien : « Comme par le passé, l’Iran fera bloc avec la Syrie en toutes circonstances. »

« La résistance de la Syrie face à l’une des guerres terroristes les plus dures qu’il soit et la foi de cette nation dans la victoire […] est un exemple que chaque nation peut suivre », a ajouté M. Velayati, selon Irna.

Une attaque chimique présumée samedi dans la ville de Douma, dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale, a été imputée au régime par des secouristes sur place qui ont fait état de dizaines de morts.

Le régime Assad et ses alliés, la Russie et l’Iran, ont nié toute attaque chimique dans cette ville, mais les Etats-Unis ont confirmé une telle attaque, accusé le régime et menacé de frappes de représailles en Syrie.

Lors de la rencontre à Damas, M. Assad et son hôte ont estimé que « les menaces de certains pays occidentaux concernant une agression contre la Syrie étaient basées sur des mensonges qu’ils ont eux-mêmes créés avec leurs agents, les groupes terroristes, après la libération de la Ghouta orientale », a rapporté la présidence.

Après une offensive destructrice lancée mi-février par le régime avec l’appui de Moscou, les groupes rebelles de la Ghouta ont accepté des accords d’évacuation négociés par la Russie et ont quitté le secteur, une nouvelle victoire pour le régime syrien dans la guerre qui ravage son pays depuis 2011.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2018 12h49)                                            

Erdogan accuse l’Occident de soutenir le terrorisme et les putschistes

août 2, 2016

Istanbul – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé mardi les Occidentaux de soutenir le terrorisme et les putschistes, dans l’attaque la plus virulente depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet.

Malheureusement, l’Occident soutient le terrorisme et se range aux côtés des putschistes, a déclaré le chef de l’Etat dans un discours à Ankara, en réponse aux critiques des Etats-Unis et de pays européens sur l’ampleur des purges qui ont suivi le putsch avorté.

Ceux que nous imaginions être nos amis prennent le parti des putschistes et des terroristes, a-t-il répété lors d’un forum économique organisé à la présidence.

Ce coup d’Etat n’était pas seulement un événement planifié de l’intérieur. Les acteurs ont agi dans le pays selon un scénario qui avait été écrit depuis l’étranger, a affirmé le chef de l’Etat, qui accuse le prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux Etats-Unis, d’être le cerveau du putsch. Ce dernier dément vigoureusement.

La Turquie réclame à Washington l’extradition du prédicateur.

Comment se fait-il, alors que nous sommes partenaires stratégiques, que je vous demande de livrer quelqu’un sur la base d’un document de sécurité nationale pour la Turquie et que vous continuiez à le cacher et à le protéger ?, a-t-il lancé à l’adresse des Etats-Unis.

Il a affirmé que Gülen tirait la majeure partie de ses revenus des Etats-Unis. Selon le président turc, le prédicateur gagnerait entre 200 et 300 millions de dollars (178 à 267 millions d’euros) uniquement grâce aux écoles gérées par des fondations qui lui sont liées, sans préciser si ce revenu était annuel.

Pour la première fois depuis le putsch, la Turquie a eu lundi ses premiers contacts de haut niveau avec les Etats-Unis, en recevant le chef d’état-major interarmées Joseph Dunford.

Les relations des deux partenaires clés au sein de l’Otan se sont aigries depuis la tentative de putsch.

Le chef de l’Etat turc s’est aussi insurgé contre la décision des autorités allemandes de lui interdire de s’adresser par un lien vidéo à ses partisans rassemblés dimanche à Cologne (ouest de l’Allemagne) pour soutenir la démocratie.

Il a reproché à Berlin d’avoir laissé récemment s’exprimer par vidéoconférence la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), que combat l’armée turque depuis l’expiration d’un cessez-le-feu en juillet 2015.

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne.

Le président turc a également défendu les mesures prises par son pays après le coup d’Etat raté et notamment l’état d’urgence qui respecte les procédures européennes.

Regardez ce qu’a fait la France: trois plus trois plus six, elle a déclaré un an d’état d’urgence, a-t-il lancé.

Ces déclarations interviennent à la veille d’une visite à Ankara du secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjørn Jagland.

Romandie.com avec(©AFP / 02 août 2016 15h23)

En Afrique du Sud, Robert Mugabe attaque l’Occident et les Nations unies

avril 9, 2015

Robert Mugabe lors de la célébration de ses 91 ans, le 28 février 2015.
Robert Mugabe lors de la célébration de ses 91 ans, le 28 février 2015. © Jekesai Njikizana/AFP

En Afrique du Sud pour une visite historique de deux jours sous le signe de l’économie, le président zimbabwéen et chef de l’Union africaine, Robert Mugabe, en a profité pour décocher quelques flèches à l’endroit de l’Occident et du Conseil de sécurité de l’ONU.

Robert Mugabe n’avait pas mis les pieds en Afrique du Sud depuis plus de 20 ans. Le président du Zimbabwe et de l’Union africaine s’y est rendu mercredi pour une première visite d’État depuis 1994, visant à renforcer les relations économiques entre les deux pays.

Lors de sa visite officielle, le chef de l’Union africaine a profité de sa tribune pour dénoncer le « pillage » des ressources naturelles par l’Occident. « Les intérêts étrangers ont un appétit insatiable pour les ressources africaines », a-t-il déclaré.

Robert Mugabe a également dénoncé la domination des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. « Seules la Chine et la Russie nous supportent », a-t-il dit avant d’ajouter qu’il s’agissait d’un « cirque ». Il a accusé particulièrement les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. « Ils perturbent le monde arabe et le déchirent », a-t-il lancé en citant la Libye et l’Irak en exemple.

Par ailleurs, Robert Mugabe a souligné que sa visite officielle à Pretoria était le symbole de la victoire de l’Afrique sur la colonisation. « Cette visite va assurément faire avancer les relations entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe pour le plus grand bénéfice des populations des deux pays », a déclaré Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud.

Aux prises avec une économie chancelante, le président zimbabwéen espère inciter des hommes d’affaires sud-africains à investir dans son pays. Des rencontres entre entrepreneurs zimbabwéens et sud-africains sont prévus à l’agenda jeudi.

Depuis son élection à la tête de l’Union africaine en février dernier, l’Afrique du Sud n’est pas le premier pays visité. En mars, Robert Mugabe s’est rendu en Algérie pour une visite d’État de trois jours à l’invitation du président algérien Abdelaziz Bouteflicka.

Jeuneafrique.com avec AFP