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Tunisie : l’animateur Ben Gharbia et l’humoriste Lahrissi arrêtés pour offense au président

mars 13, 2015

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 31 décembre 2014 à Tunis.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 31 décembre 2014 à Tunis. © AFP

Moez Ben Gharbia, un animateur vedette de la télévision tunisienne, et Wassim Lahrissi, célèbre humoriste, ont été arrêtés vendredi pour offense au président Béji Caïd Essebi.

Les animateur et humoriste tunisiens Moez Ben Gharbia et Wassim Lahrissi ont été arrêtés vendredi 13 mars pour offense au chef de l’État Béji Caïd Essebi. Il s’agit des premières arrestations du genre depuis l’élection d’Essebsi en décembre 2014. « Le parquet a décidé de les placer en détention », a déclaré le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti, indiquant qu’ils avaient « commis une offense au chef de l’État ».

Selon lui, les deux hommes ont été arrêtés pour avoir commis une « offense au chef de l’État, une escroquerie et s’être indûment attribués des titres ». « On n’entre pas dans les détails de l’affaire car c’est ce qu’exige le bon déroulement de l’enquête », a-t-il ajouté, ne précisant pas si les délits dont sont accusés les deux hommes ont été commis dans le cadre de leurs activités médiatiques. Ils resteront en détention jusqu’au début de leur procès, le 25 mars.

Pas de réaction de la présidence

Selon la radio Mosaïque FM, qui emploie Wassim Lahrissi – surnommé Migalo – comme imitateur et humoriste, ce dernier se serait fait passer pour le chef de l’État lors d’un entretien téléphonique avec un homme d’affaires tunisien. Cet homme d’affaires aurait précédemment demandé à Moez Ben Gharbia d’intercéder en sa faveur auprès du président Caïd Essebsi. Les responsables de la radio n’ont pas souhaité dans l’immédiat commenter cette affaire.

Moez Ben Gharbia était un présentateur star de l’une des principales télévision privées du pays, Ettounsiya. Il a depuis quitté cette chaîne et prépare le lancement de la sienne. L’offense au chef de l’État est passible de trois ans de prison (article 67 du code pénal), l’usurpation de titres de deux ans (article 159) et l’escroquerie de cinq ans (article 291).

La présidence tunisienne n’a pas réagi dans l’immédiat à l’arrestation des deux hommes. Béji Caïd Essebsi, 88 ans, a été élu en décembre à la présidence. Ce vétéran de la scène politique tunisienne avait notamment servi comme ministre de l’Intérieur du père de l’indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, et brièvement comme président du parlement sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali. Il s’est toujours engagé à respecter la liberté d’expression acquise depuis la révolution de 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP