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Yémen: les forces anti-rebelles lancent l’offensive sur un port stratégique

juin 13, 2018

Un soldat des forces pro-gouvernementales yéménites, le 7 juin 2018 près de la ville d’Aj Jah, dans la province de Hodeida (ouest) / © AFP/Archives / NABIL HASSAN

Des forces progouvernementales, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, ont lancé mercredi leur offensive sur le port stratégique de Hodeida (ouest), avec l’objectif d’en chasser les rebelles Houthis et de modifier le rapport de force dans le conflit qui ravage le Yémen.

Dans un pays à la population exsangue, une quinzaine d’ONG internationales ont exprimé leur vive inquiétude face à cet assaut sur une cité de 600.000 habitants. Dans une lettre, elles ont exhorté le président français Emmanuel Macron à faire pression sur Ryad et Abou Dhabi, et jugé « inconcevable » de maintenir la conférence humanitaire sur le Yémen prévue fin juin à Paris.

Au terme d’un ultimatum ayant expiré mardi soir, l’offensive a débuté mercredi à 13H15 (10H15 GMT), après avoir reçu le « feu vert » de la coalition, ont indiqué à la mi-journée à l’AFP des responsables des forces pro-gouvernementales ayant requis l’anonymat.

Les troupes progressent en direction de l’aéroport, situé au sud de Hodeida, d’après les mêmes sources, qui sont présentes sur le terrain à Al-Jah, à 30 km environ au sud-est de la ville.

Dix-huit raids aériens ont été menés contre des positions des Houthis au cours des heures précédentes pour préparer l’offensive, ont-elles ajouté.

La chaîne Al-Massirah, contrôlée par les rebelles, avait rapporté des raids aériens en matinée « sur des fermes » en périphérie de Hodeida.

Selon des sources médicales, 22 combattants rebelles et trois soldats des forces progouvernementales ont été tués ces dernières 24 heures.

– « Sécurité maritime » –

A l’aube, l’agence officielle émiratie WAM avait rapporté une accélération des préparatifs « en vue de libérer Hodeida ».

D’importants contingents des forces anti-rebelles « ont atteint la périphérie de la ville » et des systèmes d’armes sophistiqués sont acheminés, avait ajouté WAM, citant une source militaire.

Le grand port de Hodeida, sur la mer Rouge, constitue un enjeu stratégique d’une guerre qui dure depuis plus de trois ans: il est le point d’entrée d’une bonne partie des importations et de l’aide humanitaire internationale destinée à la population yéménite.

Avant le lancement de l’offensive, mardi soir, le gouvernement yéménite avait affirmé que « tous les moyens pacifiques et politiques pour écarter les miliciens Houthis du port » avaient « été épuisés ».

« La libération de Hodeida est vitale à la lumière de la menace croissante que les miliciens Houthis, soutenus par l’Iran, font peser sur la sécurité maritime en mer Rouge, par où passent environ 15% du commerce international », a argué sur twitter l’ambassadeur saoudien à Washington, Khaled ben Salmane, un des fils du roi.

– « Hodeida en otage » –

Le contrôle des territoires au Yémen au 12 juin / © AFP / Valentina Breschi

Les Emirats arabes unis, qui apportent un soutien essentiel au sol à des forces yéménites hétéroclites, avaient donné jusqu’à mardi soir à l’ONU pour trouver une solution et contraindre les Houthis à abandonner le contrôle de Hodeida sans combattre.

Alors que cet ultimatum expirait, Anwar Gargash, ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, a publié une série de tweets tard mardi soir affirmant que les Houthis ne pouvaient plus « tenir Hodeida en otage pour financer leur guerre » et « détourner » l’aide humanitaire internationale.

« La libération de la ville et du port créera une nouvelle réalité et amènera les Houthis aux négociations », a-t-il assuré en promettant que « les Emirats arabes unis et la coalition continueront à accélérer le flot d’aide humanitaire ».

Mardi soir, l’homme fort des Emirats, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, a reçu à Abou Dhabi le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, alors que les relations entre les autorités émiraties et M. Hadi, qui vit en exil à Ryad, s’étaient détériorées ces derniers mois.

Plus tôt, le président français Emmanuel Macron avait appelé les « parties prenantes » dans le conflit au Yémen à la « retenue » et à la « protection des populations civiles », lors d’un échange téléphonique avec Mohammed ben Zayed.

Cet entretien s’est déroulé notamment « dans la perspective de l’organisation à Paris fin juin d’une conférence humanitaire » sur le Yémen, a ajouté l’Elysée.

A la lumière des derniers évènements à Hodeida, une coalition de 14 ONG a pour sa part demandé l’annulation de cette conférence co-présidée par Ryad.

Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef, s’est déclarée « profondément inquiète » et a appelé à la protection des quelque 300.000 enfants qui vivent à Hodeida et dans les environs.

L’ONU a retiré son personnel international de Hodeida lundi et, mardi, la représentante de l’Unicef, Meritxell Relano, a indiqué que son agence avait « prépositionné » dans la ville plus de 20.000 trousses d’hygiène.

Les forces anti-rebelles n’ont remporté aucune victoire militaire majeure depuis la reprise de cinq provinces du sud et de la ville d’Aden mi-2015 grâce à l’intervention de la coalition commandée par l’Arabie saoudite.

Les rebelles Houthis, originaires du nord du pays, contrôlent par ailleurs toujours la capitale Sanaa.

Depuis 2015, la guerre au Yémen a fait près de 10.000 morts, plus de 55.000 blessés et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 13h33)

Syrie: Assad déterminé à poursuivre l’offensive dans le Ghouta

mars 4, 2018

Un secouriste des Casques blancs emmène des enfants hors de la localité de Hammouriyé, dans la Ghouta orientale, le 4 mars 2018 / © AFP / ABDULMONAM EASSA

L’offensive contre la partie rebelle de la Ghouta orientale « doit se poursuivre », a prévenu dimanche le président syrien, après deux semaines de bombardements meurtriers pour les civils et des combats au sol qui lui ont permis de reprendre plus du quart de l’enclave.

D’après l’ONU, un premier convoi d’aide humanitaire devrait entrer lundi dans le dernier fief rebelle aux portes de Damas, dont les quelques 400.000 habitants sont assiégés depuis 2013 et subissent de graves pénuries de nourriture et de médicaments.

« L’opération doit se poursuivre, parallèlement à la possibilité donnée aux civils de rejoindre les territoires » du régime, a affirmé Bachar al-Assad, dont les forces ont entamé le 18 février une campagne aérienne d’une rare violence, prélude à une offensive terrestre en cours.

Le régime a fait dimanche sa première annonce officielle concernant cette opération au sol, qui se déroule malgré la trêve quotidienne de cinq heures (07H00-12H00 GMT) observée depuis mardi à l’initiative de son grand allié russe.

L’armée syrienne a « progressé sur plusieurs fronts », a dit une source militaire citée par l’agence officielle Sana, alors que depuis plusieurs jours déjà les combats sur le terrain s’étaient intensifiés.

Les forces du régime ont ainsi capturé des secteurs dans l’est et le sud-est de l’enclave, jusqu’à prendre le contrôle de « plus de 25% » du fief rebelle, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les forces syriennes se trouvaient dimanche à trois kilomètres seulement de Douma, la grande ville de la Ghouta, cible de raids aériens, et ont pris pied dans le centre de l’enclave, d’après l’Observatoire.

– ‘Beaucoup de peur’ –

Malgré la trêve quotidienne, 34 civils ont été tués dimanche dans des bombardements du régime, 690 depuis le début de la campagne, selon l’OSDH.

« Il n’y a aucune contradiction entre la trêve et les combats », a estimé dimanche le président syrien.

Cette trêve devait permettre l’évacuation de civils et blessés et l’entrée d’aide humanitaire dans un secteur touché par des centaines de cas de malnutrition.

« Un convoi de 46 camions transportant des aides médicales et de la nourriture pour 27.500 personnes » devrait finalement se rendre lundi dans la Ghouta, a annoncé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU.

Au total, « 70.000 personnes dans le besoin » doivent bénéficier de ces aides, et un deuxième convoi doit être envoyé jeudi.

Dimanche, un correspondant de l’AFP a pu voir des habitants, femmes et enfants, jetés sur les routes par les frappes sur la localité de Beit Sawa, emportant de maigres biens sur des motos ou des camionnettes.

« Tout le monde est sur les route, il y a des destructions partout », lâche Abou Khalil, 35 ans, portant dans ses bras une petite fille blessée à une joue. « De nombreuses familles sont sous les décombres, les secouristes sont débordés ».

Dans les hôpitaux, les mêmes drames sont filmés au quotidien par les correspondants de l’AFP, avec des enfants en pleurs, des petits au visage ensanglanté, des hommes au crâne bandé et parfois couverts de poussière.

« Il y a beaucoup de peur, on ne peut que s’attendre à une catastrophe humanitaire », proclame Bachir, 25 ans, à Douma.

– ‘Responsabilité écrasante’ –

La Syrie est ravagée depuis 2011 par une guerre complexe qui a fait plus de 340.000 morts. Grandement fragilisé, le régime d’Assad est parvenu à reprendre la main grâce à l’appui militaire de la Russie en 2015, mais aussi de l’Iran.

Le pouvoir contrôle désormais plus de la moitié du territoire et reste déterminé à reconquérir l’intégralité du pays.

Le scénario dans la Ghouta orientale n’est pas sans rappeler celui de 2016 à Alep (nord), où les rebelles avaient dû abandonner leurs fiefs après un siège et des bombardements dévastateurs du régime et de Moscou.

La Maison Blanche, qui a condamné l’offensive « soutenue par la Russie et l’Iran », a ainsi accusé Moscou et Damas d’utiliser « la même combinaison de mensonges et d’usage non discriminé de la force pour isoler et détruire Alep en 2016 ».

Malgré l’adoption fin février d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui réclame un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, les puissances internationales se sont révélées impuissantes face au bain de sang.

Pour la Première ministre britannique Theresa May et le président américain Donald Trump, le régime syrien et la Russie ont « la responsabilité écrasante de la souffrance humaine déchirante » dans la Ghouta orientale, a indiqué Londres dans un communiqué.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a « fortement engagé » son homologue iranien Hassan Rohani « à exercer les pressions nécessaires sur le régime syrien pour mettre un terme aux attaques indiscriminées contre les populations », lors d’un entretien téléphonique. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, est arrivé dimanche soir à Téhéran, où il doit notamment évoquer la situation en Syrie.

Romandie.com avec(©AFP / 04 mars 2018 23h33)

Congo: l’offensive généralisée de Jean-Jacques Bouya

janvier 21, 2018

« On m’accuse d’avoir volé ! Tout ce que je fais, le président le sait. Les gens racontent n’importe quoi! Quand je fais une importante transaction en Chine au nom de l’Etat, je n’ai qu’une petite partie. Le président même sait comment les choses se passent.

Je sais que le président fait tout ça pour calmer les choses. Sauf s’il veut me sacrifier. Et pourtant mon petit frère Kiki a fait pire », aurait dit Jean Jacques Bouya, en privé, au sortir de la séance de questions orales des députés aux membres du gouvernement. «  Cet Ibovi là, a t-il poursuivi, il se prend pour qui ? Un pauvre type comme ça ! Vraiment mes parents du Nord là hein! On verra son cas! », nous a soufflé à l’oreille un proche de Bouya qui a entendu son chef maugréer.

Le ministre de l’Aménagement du territoire, chargé des Grands Travaux était visiblement remonté. Il y voit un complot ourdi par les réseaux Okemba et Denis Christel Sassou Nguesso contre lui, « le grand bâtisseur », tel il aime à se faire appeler. Ce n’est donc pas pour rien que ses chiens de garde, Parfait Iloki et André Ondélé, ont été chargés d’engager, en sourdine, une campagne anti JDO et Denis Christel Sassou Nguesso, à travers les réseaux sociaux, la presse nationale et internationale, surtout auprès des journalistes qui sont souvent passés à la caisse des Grands Travaux pour des interviews payantes accordées à Jean Jacques Bouya.

D’ores déjà, certaines informations intox contre Okemba et Kiki que m’a fait parvenir un ami pour un relais, sont, après vérification, l’oeuvre des communicants de Bouya. « La fake news selon laquelle Okemba a échappé à un assassinat est sortie des laboratoires de Iloki parfait et André Ondélé ».

Les personnes a qui ils ont envoyé cette fake news m’ont imprudemment contacté pour en faire un relais. J’ai décliné l’offre en constatent qu’était cousue de fil blanc. Apparemment, Jean Jacques est disposé à faire le grand déballage s’il continue à faire l’objet de ce que lui-même appelle « calomnie ».

Ce n’est pas seulement sur le plan de la communication que Bouya a investi. En interne, des millions de FCFA (le montant est inconnu) ont été mobilisés pour graisser la patte à tous ceux qui ont une réelle influence sur la gestion des dossiers se rapportant aux crimes économiques. Qu’il s’agisse de la DGST ou du Parquet.

Jean Didier Elongo, l’un des hommes écrans de Bouya dans ses tours de passe passe aux Grands Travaux, garde le contact avec ces gens pour ne pas être surpris par une interpellation inopinée. Des gens des services sont payés pour renseigner constamment Bouya et Elongo. Comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres. »

Rien de grave pour l’instant, c’est le code qu’ils auraient confié à Jean Didier Elongo pour le rassurer. À demain pour la suite, notamment le désengagement de Beijing qui refuse de garantir les investissements chinois au Congo, à cause de Bouya.

http://www.zenga-mambu.com par Elie SMITH

Obama: Mossoul sera une bataille difficile

octobre 18, 2016

Washington – Le président américain Barack Obama a averti mardi que l’offensive lancée pour reconquérir Mossoul, dernier grand fief des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Irak, serait difficile, assurant que l’aide à la population civile était aussi une priorité absolue.

Mossoul sera une bataille difficile. Il y aura des avancées et des revers, a-t-il prévenu lors d’une conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

Je suis convaincu que l’EI sera vaincu à Mossoul et que cela marquera un nouveau pas vers sa destruction totale, a-t-il ajouté.

Le début des opérations pour libérer Mossoul est un grand pas en avant, a-t-il encore dit, reconnaissant toutefois l’immense défi humanitaire qu’elles présentent.

En plus de faire disparaître l’EI, nous nous concentrons sur la sécurité et l’aide humanitaire pour les civils qui échappent aux combats, ce sera une priorité absolue pour nos deux gouvernements, a assuré Barack Obama.

Les habitants fuient, il va y avoir des déplacements significatifs. Tout cela a été pris en compte dans le processus de planification de la coalition, en coordination avec les Nations unies et les grandes organisations humanitaires, a dit le président américain.

Et nous avons donc conçu des plans et des infrastructures pour faire face à la crise humanitaire potentielle, aussi élaborés que les plans militaires, a-t-il souligné.

Des dizaines de milliers de combattants irakiens ont été mobilisés pour reprendre Mossoul au groupe Etat islamique. Une offensive d’une ampleur sans précédent qui fait craindre un exode de civils alors que quelque 1,5 million de personnes vivent encore dans la ville. Les combattants irakiens sont appuyés par des bombardements aériens de la coalition internationale antijihadistes menée par les Etats-Unis.

L’offensive sur Mossoul permettra de chasser (l’EI) des quartiers habités et nous les détruirons et nous les vaincrons afin qu’ils ne soient plus en position de mener des attentats terroristes contre nos citoyens ou nos amis et alliés, ou contre des innocents en Irak et en Syrie, a martelé Barack Obama.

Romandie.com avec(©AFP / 18 octobre 2016 19h13)

Syrie: Al-Qaïda lancera une offensive d’ici 48H, après le retrait russe

mars 15, 2016

Beyrouth – Les jihadistes du Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, vont lancer une offensive dans les 48 heures en Syrie, d’où la Russie, alliée du régime, est en train de retirer ses troupes.

Il est clair que la Russie a subi une défaite, et dans les prochaines 48 heures, le Front al-Nosra va lancer une offensive en Syrie, a affirmé mardi à l’AFP via Skype un commandant de ce groupe sur le terrain.

 En raison des frappes russes en Syrie depuis le 30 septembre, Al-Qaïda allié à des groupes islamistes a perdu de nombreux secteurs dans la province de Lattaquié (ouest) ainsi qu’une grande partie de la province d’Alep (nord).

Nous ne sommes pas engagés par le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 février à l’initiative de la Russie et des Etats-Unis, a par ailleurs rappelé le commandant qui s’exprimait sous couvert de l’anonymat.

Les Russes se sont retirés car ils soutenaient le régime mais ce dernier s’est avéré incapable de garder les territoires conquis, a-t-il ajouté.

Romanie.com avec(©AFP / 15 mars 2016 11h37)

Congo/Débat constitutionnel : L’offensive médiatique de Charles Zacharie Bowao

mars 20, 2015

Charles Zacharie Bowao.

Ancien ministre délégué chargé de la coopération, puis ancien ministre à la présidence de la République, chargé de la défense nationale, membre du bureau politique du P.c.t (Parti congolais du travail), professeur des Universités, Charles Zacharie Bowao est, depuis son séjour en France, ces dernières semaines, dans une sorte d’offensive médiatique sur la question constitutionnelle, dans le but de convaincre le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, à ne pas céder à la tentation de changer la Constitution, pour se maintenir au pouvoir.

Après une longue interview au magazine «Afrique Asie», dans son édition de mars 2015, il a été, mercredi 18 mars dernier, l’invité de R.f.i-Afrique, en martelant que «le changement de la Constitution est illégal».

Charles Zacharie Bowao a choisi le terrain médiatique pour poursuivre le combat déclenché, en novembre 2014, au sein du bureau politique du P.c.t, contre le changement de la Constitution. Il s’explique sur tout: sa lettre ouverte au président de la République, qui, selon lui, est «comme la meilleure expression intellectuelle de cet engagement citoyen». «Je suis satisfait de l’intérêt qu’elle continue de susciter sur la place publique», ajoute-t-il; sur l’affaire des explosions du 4 mars 2012: «On a cherché à faire de moi non pas un fusible, ce que j’aurais bien compris, mais un bouc-émissaire, et cela je ne pouvais l’accepter. Je me suis publiquement défendu. Je ne pouvais pas laisser faire un complot qui pouvait avoir raison de ma vie. J’ai été inculpé à tort dans cette triste affaire. Heureusement, la Cour suprême m’a mis hors de cause, dans le fond comme dans la forme. Le procès s’est déroulé sans que je ne sois concerné à un titre ou à un autre»; son éviction du gouvernement, la refondation du P.c.t, etc.

Mais, analysant la situation créée par le débat sur la Constitution, Charles Zacharie Bowao dégage trois hypothèses qui peuvent subvenir:

«La première est: le président décide le passage en force, crée les conditions pour aller au référendum et gagne. Cela signifie que toutes les institutions s’effondrent. Il y aura nécessairement une période de transition au cours de laquelle il lui faudra regagner une légitimité dans le cadre de cette nouvelle Constitution. Quel est le génie politique qui pourrait le faire passer d’une Constitution d’où il a tiré sa légitimité vers une autre légitimité tirée d’une nouvelle Constitution, tout en gardant un consensus politique? Je n’y crois pas. D’où une période de troubles. Les Congolais ne sont pas aussi résignés qu’on le croit.
Deuxième hypothèse: le peuple met en déroute le processus conduisant au référendum. Par conséquent, le président doit démissionner, puisqu’il aura engagé sa responsabilité. Il faut, ensuite, environ quatre-vingt-dix jours pour organiser les élections, ce qui ne sera pas possible. Il faut, donc, négocier une période de transition.

Dernière hypothèse, le peuple s’enflamme et chasse le président. Ceux qui arrivent s’appuient sur la Constitution pour négocier le tournant politique. Comme au Burkina, on peut opter pour une charte…

Dans tous les cas, le Congo aura perdu sa crédibilité sur tous les plans: interne et international. On n’a pas besoin d’un tel recul».

L’ancien ministre de la défense pense que l’alternance est possible au Congo: «Il y aura inévitablement quelqu’un, pourvu que les règles du jeu soient consensuelles et que la culture démocratique fasse le reste. Des talents et des intelligences foisonnent dans ce pays. Les hommes de caractère, compétents et libres ne manquent pas».

Mais, il met en garde contre une dégénérescence de la situation actuelle qui met le président de la République au centre de tout: «Si nous ne gérons pas bien la période qui s’annonce, un recul en arrière n’est pas impossible. On peut avoir des problèmes, mais peut-être pas comme en 1997. Je crois qu’il y aura un autre type de discours et de réflexe qui l’emportera sur le scepticisme çambiant. Je suis optimiste quant à notre capacité à dépasser l’incertitude politique et le soupçon de modernité dans lequel baigne le pays, pour négocier à haute échelle les défis d’humanité qu’impose la temporalité. Le Congo est à la croisée des chemins. Denis Sassou-Nguesso est un homme seul face à son peuple, un président seul face à la République, un mythe seul face à l’Histoire, une légende seule face à l’avenir. À lui de savoir et savoir-faire. Sa sortie intelligemment négociée est une promesse à tenir, qui fait signe à la capacité des Congolaises et des Congolais à se projeter dans un avenir épanoui».

Sur Radio France internationale, il conseille au président de la République «d’entrer dans l’histoire par la grande porte»: «Qu’est-ce qu’il faut selon vous pour éviter au Congo une nouvelle crise politique? Il faut très peu de choses. Le président de la République se remet au-dessus de la mêlée, et il dit clairement aux Congolais, aux Congolaises qu’il respectera la Constitution. Ça veut dire: ne pas se donner une démarche qui, demain, nous amène au changement de la Constitution.

Deuxième chose, puisque nous avons fait le point des élections précédentes et que nous sommes tombés d’accord qu’il y a un problème avec le fichier électoral, qu’il y a un problème de gouvernance des élections, en tant que président de la République, il appelle les différents partis pour s’accorder sur la manière de tirer les leçons et il entreprend le processus qui devra aboutir demain à l’élection apaisée du nouveau président de la République en 2016. Il entre dans l’histoire par la grande porte, ça va le hisser au niveau où il mérite d’être».

Lasemaineafricaine.net par Joël NSONI

Libye : violents combats autour du complexe fortifié de Mouammar Kaddafi

août 23, 2011

Raids aériens, roquettes, artillerie lourde, fusils mitrailleurs… les combats de mardi matin autour de la résidence fortifiée de Mouammar Kaddafi, dans les quartier de Bab-al-Aziziya (centre-nord), sont les plus violents depuis le début de l’offensive rebelle sur Tripoli. Les avions de l’Otan ont intensifié leurs raids ces derniers jours.

Situé non loin de l’hôtel Rixos où sont logés les journalistes étrangers, le complexe est bombardé de manière plus intense depuis quelques jours par les avions de l’Otan. Vers 9 heures du matin GMT (11heures locales) une forte explosion a créé un mouvement de panique parmi une trentaine de reporters internationaux qui se sont réfugiés au sous-sol.

L’hôtel Rixos au coeur des combats

En signe d’encouragement aux rebelles, les mosquées de la ville diffusaient les appels Allah Akbar (Dieu est grand). Le CNT a indiqué dans la matinée qu’une attaque était prévue à Bab al-Aziziya, avec des chars saisis au régime. Les renforts sont venus par la mer de l’enclave de Misrata, à 214 km plus à l’est. Des affrontements ont également lieu dans d’autres quartiers, non loin de l’hôtel Rixos. Des soldats du régime sont postés autour de l’établissement, et des échanges de tirs à l’artillerie lourde étaient entendus. L’eau et l’électricité étaient toujours coupées à l’hôtel. Elles n’y ont été rétablies qu’une heure pendant la nuit. Mouammar Kaddafi est toujours introuvable, mais son fils Seif el-Islam a fait une apparition nocturne à Bab al-Aziziya pendant la nuit devant des journalistes.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye: les rebelles gagnent du terrain à Brega et près de Misrata

août 12, 2011

Les rebelles libyens gagnent du terrain dans l’Est, où ils sont aux portes de Brega, et ont lancé une offensive dans l’Ouest pour mettre fin aux tirs de roquettes contre leur enclave de Misrata, presque six mois après le début de la révolte contre Mouammar Kadhafi.

Les divisions au sein de la rébellion ont cependant été une nouvelle fois illustrées avec une déclaration vendredi à Benghazi d’une vingtaine de brigades contre le ministre rebelle de la Défense, Jallal al-Digheily, qu’elles tiennent pour indirectement responsable de la mort du général Abdel Fatah Younès.

L’assassinat le 28 juillet de cet ancien pilier du régime rallié à la rébellion suscite d’intenses spéculations sur l’identité des meurtriers, le rôle du Conseil national de transition (CNT, organe politique des rebelles) ou l’existence d’une possible « cinquième colonne » pro-Kadhafi.

Suite à cet assassinat, le CNT a limogé mardi son bureau exécutif, qui fait office de gouvernement par intérim, et doit nommer un nouveau bureau dans les prochains jours.

Du côté du régime libyen, les forces loyales au colonel Kadhafi ont tellement diminué qu’elles ne peuvent plus « mener une offensive crédible », a estimé le chef des opérations militaires de l’Otan en Libye, le Canadien Charles Bouchard, dans un entretien accordé jeudi à l’AFP.

Et après plusieurs mois de sur-place, « les forces anti-Kadhafi vont de l’avant pour arrêter cette violence contre la population », a-t-il assuré. « On voit des changements » sur les trois fronts: Brega à l’est, Misrata à l’ouest, le djebel Nefoussa au sud-ouest de la capitale.

A Brega, les rebelles assurent que la conquête de cette cité pétrolière, poste avancé des pro-Kadhafi à 240 km au sud-ouest de Benghazi, n’est plus qu’une « question de jours ».

Mercredi, les combattants rebelles étaient dans les faubourgs de la zone résidentielle de la ville, selon un journaliste de l’AFP. Jeudi soir, après une journée de combats, les rebelles ont affirmé avoir pris le contrôle de l’un des trois quartiers de cette zone.

« Chaque jour, nous gagnons du terrain », a assuré Fawzi Bukatif, ingénieur civil devenu l’un des principaux chefs militaires de l’insurrection, tout en précisant qu’il valait « mieux aller doucement pour épargner des vies, sécuriser méthodiquement notre progression ».

La ville de Brega s’étend sur une dizaine de kilomètres d’est en ouest, le long de la route côtière. Les forces pro-Kadhafi ont aménagé de solides lignes de défense, avec des centaines de mines et un ingénieux réseau de tunnels souterrains où chars et véhicules peuvent échapper aux frappes de l’Otan.

Outre la maîtrise des installations pétrolières aujourd’hui à l’arrêt, l’objectif pour les combattants rebelles de l’Est est surtout de « soulager les autres fronts de Misrata et du djebel Nefoussa en retenant et en affaiblissant ici le maximum de forces de Kadhafi », selon M. Bukatif.

Dans l’Ouest, les combattants de Misrata, enclave rebelle à 200 km à l’est de Tripoli, ont lancé jeudi une offensive sur Touarga, à une quarantaine de kilomètres au sud, pour mettre fin aux tirs de roquettes des pro-Kadhafi qui continuent de terroriser les habitants.

La cité portuaire, qui comptait 500. 000 habitants avant le début de la révolte mi-février, tente de se relever après les violents combats qui avaient duré des mois au printemps, jusqu’à ce que les rebelles parviennent à desserrer l’étau mi-mai, grâce aux frappes de l’Otan.

Le long de la rue de Tripoli, l’axe principal de la ville qui a longtemps été la ligne de front, aucun bâtiment n’est intact sur deux kilomètres, et les bas-côtés sont encombrés de carcasses de conteneurs, de chars ou de voitures.

A Benghazi, les rebelles ont récupéré un avion-cargo, propriété du régime de Kadhafi mais saisi par les Emirats arabes unis, et ont annoncé qu’ils allaient l’utiliser pour acheminer l’aide humanitaire depuis l’étranger.

Sur le front diplomatique, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a fait part jeudi de son inquiétude concernant le nombre « inacceptable » de civils tués dans le conflit libyen, y compris à la suite de frappes de l’Otan.

M. Ban a appelé « toutes les parties à faire preuve d’extrême prudence dans leurs actions, afin de réduire à l’avenir les pertes de vies civiles », selon un communiqué.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : Les rebelles avancent vers Tripoli, Kaddafi s’adresse à ses partisans

juillet 9, 2011

Les rebelles ont progressé vers le centre de Zliten, à l’est de Tripoli, vendredi, au troisième jour de leur offensive sur deux fronts, mais l’Otan a averti que les forces de Mouammar Kaddafi se réarmaient et se regroupaient.

Le dirigeant libyen a assuré de son côté que son régime ne tomberait pas et appelé l’Alliance atlantique à cesser ses frappes, dans un message à ses partisans.

Quelques heures plus tard, dans la nuit de vendredi à samedi, deux puissantes explosions ont été entendues à Tripoli, a constaté un journaliste de l’AFP, qui n’était pas en mesure de déterminer dans l’immédiat les cibles visées.

Les insurgés ont déclenché mercredi leur offensive, repoussant les forces loyalistes de plusieurs kilomètres et s’emparant du hameau de Goualich, non loin de Roujbane, dans les montagnes berbères au sud de la capitale libyenne, bastion du régime. Ils ont parallèlement lancé une deuxième attaque, cette fois à partir de la ville côtière de Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli.

Les rebelles ont affirmé, dans un communiqué, avoir avancé vendredi en direction du centre de Zliten, à 150 km à l’est de la capitale libyenne, après des combats qui ont fait cinq morts et 17 blessés dans leurs rangs.

Les insurgés ont dit n’être qu’à un peu plus d’un kilomètre du centre-ville et avoir libéré plusieurs familles qui étaient emprisonnées par les loyalistes et ont « subi des tortures ».

« Le régime en Libye ne tombera pas »

Néanmoins, tout en confirmant que les insurgés avaient pris l’initiative dans l’Ouest et étaient « capables de lancer des attaques couronnées de succès », l’Otan a souligné que les loyalistes étaient en train de se regrouper, de se réarmer et de contre-attaquer.

Ceux-ci tiennent encore les villes de Zawiyah et Zouwarah, à l’ouest de Tripoli, a indiqué l’Alliance atlantique.

La rébellion avait affirmé dimanche se préparer à repousser la ligne de front davantage vers la capitale libyenne, où des milliers de partisans du colonel Kaddafi ont prié vendredi sur la place Verte, appelant à la mobilisation pour combattre les « forces croisées » et à libérer les cités occupées par les rebelles.

S’en est suivie une manifestation au cours de laquelle ont été scandés des slogans à la gloire du « Guide de la révolution » qui a assuré dans la soirée que son régime ne serait pas renversé.

« Le régime en Libye ne tombera pas. Il repose sur le peuple et non sur Kaddafi. L’Otan se trompe si elle croit pouvoir faire tomber le régime dans ce pays », a affirmé le dirigeant libyen dans un message diffusé devant des milliers de ses partisans à Sebha, à 750 km au sud de Tripoli et fief de la tribu dont il fait partie. Il a par ailleurs exhorté l’Otan à cesser ses frappes et à laisser les Libyens régler « tout seuls » leurs problèmes.

Après avoir pris le contrôle fin juin d’un important dépôt de munitions à plus de 120 km au sud de Tripoli, les insurgés cherchent désormais à faire sauter deux verrous stratégiques : Bir Al-Ghanam qui leur permettrait d’être à portée de canon de Tripoli, puis Gharyane où sont basées les garnisons de l’armée protégeant la capitale.

L’Alliance atlantique a annoncé avoir intensifié ses bombardements dans l’Ouest, avec des objectifs situés entre les montagnes au sud de Tripoli, et Misrata.

Jeudi, trois canons anti-aériens et un centre de commandement et de contrôle ont été visés, près de la capitale libyenne, d’après le dernier compte-rendu de l’Otan.

Une correspondante de l’AFP a été témoin vendredi d’une frappe aérienne près de Goualich, toujours aux mains des rebelles, qui lui ont raconté que les loyalistes avaient en vain tenté jeudi soir une percée vers ce hameau.

Allègement des sanctions internationales

Dans le même temps, des diplomates ont annoncé à Benghazi, fief de la rébellion dans l’Est, que l’ONU discutait avec le régime et la rébellion des moyens d’alléger les sanctions internationales imposées à la Libye, de crainte d’une pénurie notamment de fournitures médicales.

Des responsables des Nations unies bien informés ont déclaré que des discussions entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence de l’ONU, et des représentants du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion, ainsi que du régime du colonel Kaddafi s’étaient déroulées la semaine dernière à Genève, en vue d’établir la liste des domaines qui pourraient être exemptés de sanctions.

Des organisations chargées de l’aide humanitaire dans le pays ont signalé des pénuries de produits de base comme les vaccins, dont les stocks tant dans les régions de l’Ouest contrôlées par les forces loyalistes que dans celles de l’Est aux mains des rebelles ont fondu en près de cinq mois de guerre.

Jeuneafrique.com avec AFP

Les rebelles libyens à 50 kilomètres de Tripoli

juillet 6, 2011

Les insurgés libyens ont pris mercredi le hammeau de Goualich, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tripoli, obligeant ainsi les troupes de Kaddafi à battre en retraite. Des mercenaires venant de plusieurs pays du continent ont été capturés.

Les rebelles libyens ont lancé mercredi matin une offensive vers Tripoli. Après quelques heures de combat intense, ils prennaient le hammeau de Goualich, situé à seulement 50 kilomètres au sud de la capitale libyenne. Les troupes du régime de Mouammar Kaddafi ont été forcé de battre en retraite sous les tirs d’artillerie, de canons et de mortiers. Plusieurs mercenaires ont été capturés, dont certains, installés à l’arrière de pick-ups, ont déclaré venir du Ghana et du Mali.

En début d’après-midi, la rébellion fouillait les maisons du hameau de Goualich, situé dans le désert, tandis que quelques coups de feu claquaient au loin, sans qu’il soit possible de préciser s’il s’agissait de tirs de joie ou de combats isolés.

« Feu vert de l’Otan »

« Nous attendions avant de lancer cette attaque, nous avons finalement eu le feu vert de l’Otan ce matin [mercredi] et l’offensive a commencé », a déclaré un membre du comité révolutionnaire de Zenten, au sud de Tripoli.

Dès mercredi matin, des avions de l’Otan survolaient la zone, sans pour autant bombarder.

Quarante-huit heures plus tôt, la rébellion avait annoncé son intention de lancer une grande offensive sur le front ouest pour récupérer les territoires situés au Sud de Tripoli. Elle espérait ainsi se positionner à portée de canon de la capitale. Ce sera le cas s’ils parviennent à prendre le carrefour stratégique de Bir Al-Ghanam.

C’est justement en soutien des groupes rebelles en mesure de progresser sur ce front, que la France avait procédé à des largages d’armes et de munitions, selon les informations du quotidien français Le Figaro. Paris affirme avoir maintenant cessé ses livraisons d’armes.

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, s’était pourtant dit défavorable à une telle offensive mardi lors d’une conférence de presse à Paris, doutant des capacités militaires des rebelles. « Nous ne sommes pas aujourd’hui dans un système stabilisé, centralisé, obéissant dans toutes ses implications sur le terrain à une autorité unique ».

Jeuneafrique.com avec AFP