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L’OIAC appelle à ne pas sacrifier la lutte contre les armes chimiques sur l’autel des intérêts politiques

juillet 17, 2018

Photo prise le 16 janvier 2014 à Rome d’Ahmet Uzumcu, le directeur général sortant de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) / © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

Le directeur sortant de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a exhorté les nations à ne pas sacrifier au profit d’intérêts politiques à court terme un siècle d’efforts pour débarrasser le monde de ces armes toxiques.

Dans un entretien accordé à l’AFP à quelques jours de son départ et à un moment où ses experts sont au Royaume-Uni pour enquêter sur une attaque présumée à l’aide d’agents neurotoxiques, nommés Novitchok par Londres, Ahmet Uzumcu a appelé les Etats-membres de l’OIAC à surmonter leurs divisions.

La Convention sur les armes chimiques, qui interdit l’utilisation, la production et le stockage d’armes telles que le gaz moutarde, dispersé sur les tranchées de la Première Guerre mondiale puis dans la ville kurde de Halabja en 1988, est entrée en vigueur en 1997.

« La communauté internationale a mis plus de 100 ans pour arriver à ce stade » dans la lutte contre les armes chimiques. « Ce serait vraiment dommage d’en faire une victime d’intérêts politiques à court terme », a souligné M. Uzumcu, qui passera le témoin au diplomate espagnol Ferdinand Arias.

Lorsque ce diplomate turc chevronné a pris ses fonctions de directeur général en juillet 2010, l’OIAC était méconnue, s’employant dans la tâche ardue d’éliminer le stock mondial d’armes chimiques.

Au total, 193 pays ont adhéré à la convention et 96% des stocks déclarés ont été éliminés. Les 4% restants se trouvent aux États-Unis et devraient être détruits d’ici à 2023.

– De l’ombre à la lumière –

Malgré cela, la guerre civile en Syrie a donné lieu à des allégations répétées d’attaques à l’arme chimique contre des civils : 85 enquêtes ont été effectuées par les experts de l’OIAC et 14 d’entre elles ont permis de prouver l’emploi d’une telle arme.

Habitués à oeuvrer dans l’ombre, les enquêteurs de l’OIAC ont fini par attirer l’attention d’une communauté internationale anxieuse face à la recrudescence des recours aux armes chimiques, y compris sur le sol européen.

« Nous avons dû restructurer, revoir les priorités dans notre travail … nous avons dû préparer et former notre personnel pour aller en Syrie dans les zones de conflit », explique M. Uzumcu.

Même après « l’incident le plus traumatisant », lorsqu’une équipe de l’OIAC a été attaquée et prise en embuscade en mai 2014, les volontaires n’ont pas manqué, y compris au moment de constituer l’équipe qui s’est rendue en avril à Douma, en Syrie.

Dans un rapport intérimaire, les experts ont exclu l’utilisation de gaz sarin au cours d’une attaque qui a provoqué la mort d’une quarantaine de civils dans cette ville syrienne. Cependant, l’OIAC n’a pas pour le moment exclu la présence de chlore.

– « Noble cause » –

Les équipes sont motivées par « le sens du devoir : à leurs yeux, elles contribuent en fait à une noble cause, bannir les armes chimiques, empêchant ainsi leur utilisation et donc que des gens soient blessés », poursuit le diplomate turc.

Mais aujourd’hui, l’OAIC, qui a reçu en 2013 le prix Nobel de la paix pour son travail, est déchirée par les conflits entre l’Occident et la Russie, le principal allié de la Syrie.

« J’espère que cette division entre les Etats-membres sera très bientôt terminée et qu’ils seront à nouveau réunis comme c’était le cas » avant, a déclaré M. Uzumcu, avertissant que les armes chimiques étaient en pleine évolution.

Du gaz moutarde a été utilisé par le groupe État islamique et « les risques de prolifération sont élevés, nous devons en être conscients », a insisté le diplomate, faisant notamment allusion aux jihadistes qui rentrent dans leur pays.

– Tabou –

L’OIAC doit pouvoir aller plus loin et la communauté internationale en est consciente. Après un vote historique le mois dernier, cette organisation dont le siège est à La Haye est désormais habilitée à désigner ceux qui emploient des armes chimiques en Syrie.

Attribuer « la responsabilité est la clé », le premier pas vers la traduction en justice des coupables, selon M. Uzumcu.

Sinon, « nous ne pouvons pas assurer la dissuasion, nous ne pouvons pas empêcher d’autres utilisations, une culture de l’impunité serait extrêmement dangereuse pour l’avenir », a-t-il martelé, tandis qu’une équipe de l’OIAC se trouve au Royaume-Uni pour la deuxième fois cette année.

Arrivés dimanche, ces enquêteurs devaient prélever des échantillons de tissus de Dawn Sturgess, morte le 8 juillet. Elle et son conjoint, Charlie Rowley, qui se rétablit à l’hôpital, auraient été exposés au même poison que celui utilisé en mars à Salisbury contre un ancien espion russe et sa fille.

Préoccupé par les événements en Angleterre, le directeur sortant de l’OIAC a révélé la mise en place d’un petit groupe de travail pour en savoir plus sur cet agent innervant, du Novitchok selon le Royaume-Uni, si rare qu’il ne figure même pas dans les fichiers de cette organisation internationale.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juillet 2018 15h02)

Armes chimiques: la Russie s’attend à de nouvelles accusations de l’OIAC contre Damas

juin 22, 2018

Les immeubles détruits dans la ville de Douma reprise aux rebelles par le régime et où une attaque présumée chimique a eu lieu, le 17 avril 2018 dans la Ghouta orientale, en Syrie / © AFP/Archives / STRINGER

La Russie a accusé vendredi l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui cherche à renforcer ses pouvoir, de préparer un rapport « rempli de fausses preuves » accusant Damas de recours aux armes chimiques dans la Ghouta orientale en Syrie.

L’OIAC a annoncé en mai avoir fini de prélever des échantillons dans la ville syrienne de Douma, théâtre le 7 avril d’une attaque chimique présumée, et les conclusions de ses experts pourraient être rendues publiques prochainement, selon le directeur général de l’Organisation, Ahmet Üzümcü.

Cette attaque présumée, qui a fait au moins 40 morts, selon des secouristes, a été imputée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad et a déclenché des frappes de Washington, Paris et Londres contre des installations du pouvoir syrien. Pour leur part, Moscou et Damas ont dénoncé une « mise en scène ».

« Il est évident qu’un nouveau rapport accusateur, rempli de fausses preuves, est en train d’être préparé », a affirmé vendredi un haut responsable de l’armée russe, le général Igor Kirillov, lors d’une conférence de presse.

« La mission spéciale de l’OIAC mène son enquête comme elle l’entend », a assuré le général Kirillov, en estimant que cette enquête n’avait « rien à voir ni avec l’objectivité, ni avec l’impartialité ».

Cette déclaration intervient alors qu’une réunion spéciale de l’OIAC est prévue les 26 et 27 juin à La Haye, suite à la demande de Londres visant à renforcer les pouvoirs de l’institution.

La décision de donner aux experts de l’OIAC le pouvoir de nommer les responsables de toute utilisation future d’armes chimiques devrait notamment figurer à l’ordre du jour de la réunion.

A la mi-juin, l’OIAC a annoncé que du sarin et du chlore avaient été « très probablement » utilisés dans deux attaques dans le sud de la Syrie en mars 2017.

Aux yeux du général Kirillov, ces annonces « douteuses » visent à « renforcer l’argumentation tirée par les cheveux » des experts de l’OIAC avant la présentation du rapport sur l’attaque présumée à Douma.

Le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), le 4 avril 2018 à La Haye / © ANP/AFP/Archives / Bart Maat

Pour sa part, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a affirmé que des équipements servant à la fabrication des armes chimiques découvertes à Douma, dans l’ex-enclave rebelle de Ghouta orientale reprise par le régime syrien, avaient été fabriqués en Europe de l’Ouest.

« Cet équipement est venu aux mains de terroristes et combattants en provenance de l’Europe de l’Ouest », a-t-elle assuré, lors du briefing.

Fin avril, la Russie avait déjà affirmé avoir trouvé des cylindres contenant du chlore en provenance d’Allemagne et des « fumigènes » britanniques dans la Ghouta orientale.

Jeudi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a par ailleurs critiqué l’enquête de l’ONU accusant le régime syrien, dont Moscou est le principal allié, de « crimes contre l’humanité » pendant le siège de la Ghouta orientale.

La commission d’enquête de l’ONU « n’est pas allée sur place », a dénoncé M. Lavrov.

« Nous sommes en principe très sceptiques quant aux méthodes de ce type de travail, qu’il porte sur des crimes de guerre ou sur l’utilisation des armes chimiques », a déclaré M. Lavrov.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 12h36)

Skripal: l’OIAC confirme les découvertes de Londres sur l’identité du poison

avril 12, 2018

Londres (Royaume-Uni) – L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé jeudi les découvertes du gouvernement britannique sur l’identité de l’agent innervant utilisé en Angleterre pour empoisonner l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille.

« Les résultats de l’analyse menée par les laboratoires désignés par l’OIAC (…) confirment les découvertes du Royaume-Uni quant à l’identité de l’agent chimique toxique utilisé à Salisbury », indique l’OIAC dans un communiqué publié à Londres, soulignant la « grande pureté » de la substance. Londres a identifié la substance comme un agent innervant de la famille Novitchok et rendu Moscou responsable de l’attaque.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2018 13h09)