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La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l’OIF

octobre 12, 2018
Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
© LUDOVIC MARIN Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé par consensus une nouvelle secrétaire générale à sa tête, vendredi. Au terme d’une réunion à huis clos, les États membres réunis à Erevan, en Arménie, ont donné leur aval à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

L’élection de Mme Mushikiwabo met un terme au mandat de Michaëlle Jean, dont la réputation a été ternie par la mise en lumière de dépenses de fonctions jugées extravagantes.

L’ancienne journaliste et politicienne canadienne avait livré la veille un ultime plaidoyer, lors du Sommet de la Francophonie, dénonçant entre les lignes le consensus autour de sa rivale.

Le régime rwandais a tour à tour été pointé du doigt par des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch pour la répression exercée contre les opposants politiques et l’important recul encaissé sur la question des droits et libertés.

Mme Jean a malgré tout vu ses chances s’envoler lorsque Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas sa candidature.

Celle qui est numéro deux du gouvernement de Kigali a réussi à obtenir le soutien de la France, principal bailleur de fonds de l’OIF, ainsi que l’appui d’une flopée de pays de l’Union africaine.

« L’épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi souligné le président français Emmanuel Macron, jeudi, au premier jour du sommet.

Outre la question des droits de l’homme, le Rwanda a aussi été l’objet de critiques en raison de la place qu’occupe le français au pays. L’anglais a pris le dessus en devenant la langue obligatoire à l’école. Par ailleurs, c’est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Le plurilinguisme n’est toutefois pas contraire à la défense du français, a estimé le président Macron. « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a-t-il lancé.

La nomination de Louise Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création, en 1970, mis à part une parenthèse canadienne.

L’Organisation internationale de la Francophonie réunit 84 États et gouvernements, dont 26 observateurs et quatre « membres associés ». L’Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

Selon l’OIF, 85 % des francophones en 2050 vivront sur le continent africain, soit un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd’hui.

Radio-canada.ca avec Agence France-Presse

Francophonie: critiquée sur les droits de l’Homme, l’Arabie saoudite retire sa candidature

octobre 11, 2018

Erevan – L’Arabie saoudite a retiré sa demande d’adhésion à la Francophonie après avoir suscité une levée de boucliers, accusée notamment de violations des droits de l’Homme, a annoncé jeudi l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’OIF devait étudier la candidature saoudienne jeudi après-midi, en pleines interrogations sur la disparition mystérieuse en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi très critique envers le pouvoir saoudien.

Le royaume a fait parvenir un courrier à l’OIF, au premier jour de son sommet à Erevan, demandant « le report » de la demande d’adhésion, a indiqué à l’AFP Bertin Leblanc, porte-parole du secrétariat de cette organisation.

Cette demande d’adhésion, en tant que simple membre observateur, donc sans droit de vote, avait suscité de vives critiques au sein de la Francophonie, visant le rapport lointain qu’entretient le pays avec la langue française mais également ses violations répétées des droits de l’Homme, selon des ONG.

L’OIF réunit 84 Etats et gouvernements « ayant le français en partage » mais qui comptent parfois peu de francophones, comme la Moldavie (2% de francophones), l’Egypte ou la Bulgarie (3% chacune), selon les derniers chiffres de l’OIF. L’Ukraine ou l’Uruguay ne comptent eux que 0,1% de locuteurs français chacun mais ils ne sont que pays « observateurs ». Actuellement, seul un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

Les Emirats arabes unis sont déjà un observateur de l’OIF, tandis que le Qatar est « membre associé », un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais sans cependant octroyer de droit de vote.

La candidature saoudienne avait déjà été déposée en 2016, mais l’OIF, déjà embarrassée, avait alors décidé de surseoir à sa décision, estimant le dossier incomplet. Une mission avait alors été envoyée sur place, notamment pour constater la situation du français dans le royaume. Son rapport, non diffusé, devait être discuté ce jeudi après-midi par l’OIF.

La candidature était soutenue par le Maroc et le Sénégal notamment, mais combattue par le Canada, deuxième bailleur de fonds de l’OIF, dont l’ambassadeur à Ryad a été expulsé début août après l’envoi d’un tweet du ministère canadien des Affaires étrangères appelant l’Arabie à remettre en liberté des militants des droits de l’Homme récemment arrêtés.

Après le retrait de l’Arabie saoudite, il reste à l’OIF à étudier les autres demandes d’adhésion: l’Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12% et 13% de francophones, selon l’OIF, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone mais entouré de pays francophones, et enfin la Louisiane.

L’Etat américain, qui porte le nom de l’immense colonie française qui s’étendait des Etats-Unis au Canada, compte 200.000 francophones selon un recensement de l’an 2000, sur 4,7 millions d’habitants. Il s’agit majoritairement de « cajuns », ces descendants des Acadiens, colons français de l’est du Canada qui avaient été chassés par les Anglais en 1755 lors du « Grand Dérangement ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h25)                                                        

Francophonie: Ottawa et Québec ne soutiennent plus Michaël Jean (Officiel)

octobre 9, 2018

Montréal – Le Canada et le Québec ont annoncé mardi qu’ils ne soutenaient plus la candidature de Michaëlle Jean à la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont elle est la secrétaire générale sortante, lors du prochain sommet de l’organisation.

La Canadienne, née en Haïti, ancienne gouverneure générale et ex-journaliste vedette, sera candidate à sa succession lors du prochain sommet de l’OIF jeudi et vendredi à Erevan. Elle sera opposée à Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, soutenue par la France et l’Union africaine.

La tradition veut que le choix soit fait par consensus, plutôt que par vote formel.

« Le Canada a décidé de se rallier au consensus, comme c’est la tradition, ça a toujours été la manière de faire, on ne va pas la changer », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale. « On a bien vu qu’elle (Michaëlle Jean) n’avait pas les appuis nécessaires, la suite lui appartient, il faut se rendre à l’évidence. »

« Pour ce qui est du poste de Secrétaire général, le Canada est prêt à se rallier au consensus, comme le veut la façon de faire en Francophonie », a confirmé dans un courriel à l’AFP Jérémy Ghio, porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie Mélanie Joly.

De son coté, François Legault, le nouveau Premier ministre élu du Québec, attendu mercredi à Erevan avec le Premier ministre fédéral Justin Trudeau, a lui aussi annoncé qu’il ne soutiendrait pas Mme Jean.

« Nous nous joindrons au consensus africain qui est plein de potentiel », a annoncé M. Legault dans un tweet. « Il est maintenant temps de laisser place à un nouveau style de gestion ».

François Legault, dirigeant du parti nationaliste Coalition Avenir Québec (CAQ), a été élu la semaine dernière à la tête de la province canadienne qui est avec le Canada le deuxième contributeur de l’OIF, derrière Paris.

M. Legault prend ainsi le contrepied de son prédécesseur, le libéral Philippe Couillard, qui avait émis des réserves sur la gestion de Mme Jean avant de finalement appuyer sa candidature.

Les médias québécois ont pointé les dépenses, qualifiées de « somptueuses », de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille, comme la rénovation de sa résidence officielle pour 500.000 dollars canadiens (plus de 335.000 euros).

Selon la presse québécoise, Paris aurait proposé à Ottawa de retirer la candidature de Mme Jean, en échange d’appuis aux Nations unies, où le Canada fait campagne pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité.

L’information a été démentie par le bureau du Premier ministre.

M. Trudeau a appelé plusieurs dirigeants africains à l’été 2017 pour tenter de les rallier à la candidature de Mme Jean, avant de renoncer in extremis faute de soutiens suffisants.

Le Canada a toutefois tenu à rendre hommage au travail de la secrétaire générale sortante.

« Nous saluons le travail de Mme Jean à la tête de la Francophonie, notamment en ce qui a trait à l’éducation des filles et à l’émancipation des femmes », a souligné le porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2018 22h15)                                                        

Francophonie: duel feutré à l’ONU entre Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo

septembre 28, 2018

Louise Mushikiwabo (g) et Michaëlle Jean, les deus femmes en lice pour prendre la tête de l’OIF. © Vincent Fournier pour J.A. / Jacques Torregano pour J.A.

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies qui vient de se clore à New York, Michaëlle Jean, soutenue par le Canada, et Louise Mushikiwabo, qui peut notamment compter sur la France et l’UA, ont rivalisé en coulisses à quelques jours du prochain sommet de l’OIF.

C’est à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, que s’est jouée, depuis le 24 septembre, la dernière étape du duel entre la Canadienne Michaëlle Jean et la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Toutes deux présentes, la secrétaire générale sortante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa rivale, ministre rwandaise des Affaires étrangères depuis 2009, ont profité de l’occasion pour évaluer les soutiens dont elles bénéficient auprès des 54 États membres de l’OIF.

Le Gabon apporte son soutien à Mushikiwabo

Louise Mushikiwabo, qui avait multiplié les déplacement depuis le début juillet, y a notamment rencontré ses homologues de Moldavie, d’Albanie, du Vanuatu ou encore de Sainte-Lucie. Le 26, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a organisé un cocktail en soutien de la candidate africaine. Plusieurs ministres des Affaires étrangères et représentants d’États membres de la Francophonie étaient présents.

Le même jour, au Gabon, visitant la scierie de Mevang (groupe Rougier), le président Ali Bongo Ondimba – par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) – a profité d’un échange avec la presse pour assurer la Rwandaise du soutien de son pays.

« S’agissant de l’élection du prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, le Gabon porte son choix sur la candidature rwandaise. Nous avons adopté à l’unanimité cette position commune lors du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu en Mauritanie en juillet dernier. Le Gabon, en tant que membre de l’UA, se conforme à cette position et confirme son soutien à la candidature du ministre des Affaires étrangères rwandais,  Mme Louise Mushikiwabo, qui est une candidate exceptionnelle et compétente. Elle a toute notre confiance. »

Un position réitérée deux jours plus tard par son ministre des Affaires étrangères, Régis Immongault, qui avait lui-même accompagné Louise Mushikiwabo en Roumanie et en Arménie fin août. Quinze jours plus tôt, c’est le chef de la diplomatie guinéenne, Mamadi Touré, qui s’était joint à elle au Laos, au Cambodge et au Vietnam.

Aucun ministre africain au cocktail de l’OIF

Michaëlle Jean, en sa qualité de secrétaire générale de l’OIF, a participé à la rencontre de haut niveau sur la situation au Mali, sous l’égide du président Ibrahim Boubacar Keïta et d’António Guterres. Elle a également participé à une réunion sur le thème de la scolarisation des jeunes filles organisée par le Niger, ainsi qu’à un événement organisé par l’OMS et présidé par Patrice Talon sur la problématique des médicaments de mauvaise qualité distribués en Afrique.

En revanche, l’invitation conjointe adressée par l’OIF, Madagascar et l’Arménie aux ministres des Affaires étrangères de la Francophonie semble avoir eu peu de succès, le 27 septembre. « Aucun ministre africain ni européen n’a répondu à l’invitation », assure un participant.

De son côté, le président Paul Kagame, présent à New York, a eu une séance de travail avec son homologue français Emmanuel Macron. Au menu des discussions, outre la candidature de Louise Mushikiwabo, les « crises dans la région », en particulier en RDC…

Jeuneafrique.com

Francophonie: la ministre rwandaise Louise Mushikiwabo envisage d’être candidate à la tête de l’OIF

mai 9, 2018

 

Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères, le 8 septembre 2011. © Vincent Fournier/JA

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, est fortement pressentie pour présenter sa candidature à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en octobre, face à Michaëlle Jean. Un scénario soutenu par l’Elysée.

Selon nos informations, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, envisage très sérieusement de présenter sa candidature en tant que secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lors du XVIIe sommet de l’organisation qui se tiendra les 11 et 12 octobre prochains à Erevan (Arménie). Une information confirmée à JA par plusieurs sources haut placées, à Paris et dans deux pays africains membres de l’OIF.

Initiative française

Élue à ce poste en novembre 2014, après avoir bénéficié de l’incapacité des pays africains de l’OIF à s’accorder sur une candidature commune, la Canadienne Michaëlle Jean est, depuis, loin de faire l’unanimité parmi les États membres.

Alors qu’elle devrait briguer un nouveau mandat de quatre ans lors du sommet d’Erevan, la France se serait donc mise à la recherche d’un possible challenger, susceptible de la détrôner dans cinq mois. Et c’est à l’initiative de Paris que le nom de la ministre rwandaise se serait retrouvé en haut de la liste.

Au vu des relations chaotiques qu’entretiennent Paris et Kigali depuis 24 ans, la stratégie peut surprendre. Mais plusieurs signaux tendent à montrer que depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée, en mai 2017, un certain réchauffement caractérise la relation bilatérale entre les deux États. Comme le révèle JA dans son dernier numéro, Paul Kagame se rendra prochainement à Paris pour assister à VivaTech, salon international consacré aux start-up (24-26 mai). Le chef de l’État rwandais ne s’est pas déplacé en France depuis 2015.

L’entremise de Rabat

Selon plusieurs sources, la proposition française n’a pas été formulée directement par Paris, mais via la diplomatie marocaine. Après un temps de réflexion, Paul Kagame y aurait donné une suite favorable. Fin avril, à Brazzaville, à l’occasion du Sommet pour la préservation et le développement du bassin du fleuve Congo, ce dernier aurait encore évoqué la question avec le roi Mohammed VI.

À Paris, une source bien informée confirme à JA qu’un accord sur la candidature de Louise Mushikiwabo existe désormais entre Emmanuel Macron et Paul Kagame. Disposant de solides appuis à travers le continent, la diplomatie rwandaise pourrait donc, avec l’aide de Paris, disposer de sérieux atouts face à la secrétaire générale sortante.

A 56 ans, Louise Mushikiwabo apparaît comme la numéro deux du régime rwandais. Issue de la société civile, ministre des Affaires étrangères sans discontinuer depuis 2009, elle présente un profil idéal pour la fonction.

Jeuneafrique.com

Un cadre de la Francophonie suspend après une tribune anti-CFA publiée sur « Le Monde Afrique »

décembre 8, 2017

L’économiste Kako Nubukpo est depuis plusieurs années l’une des figures de la contestation contre la monnaie des quinze pays d’Afrique francophone.

L’économiste togolais Kako Nubukpo. Crédits : CC 2.0

La tribune contre le franc CFA signée par le Togolais Kako Nubukpo le 30 novembre sur Le Monde Afrique en réponse aux propos tenus par Emmanuel Macron lors de son déplacement à Ouagadougou, le 28 novembre, aura été celle de trop. Le directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été officiellement suspendu de ses fonctions mardi 5 décembre par la secrétaire générale de l’institution, Michaëlle Jean. Une éviction qualifiée de « brutale » par M. Nubukpo qui, après avoir refusé de démissionner, s’est vu notifier une « suspension de fonctions à titre conservatoire ». Son salaire a été bloqué, son ordinateur et son adresse mail lui ont été retirés tout comme son badge lui donnant accès à l’immeuble de l’avenue Bosquet, dans le 7arrondissement de Paris où se trouve le siège de l’OIF.

La publication de cette tribune lui a été directement reprochée. L’économiste avait qualifié d’« imprécise, caricaturale et finalement déshonorante pour les dirigeants africains » la parole d’Emmanuel Macron après que celui-ci a déclaré devant les étudiants de l’université de Ouagadougou et le président burkinabé qui l’accompagnait que « le franc CFA est non-sujet pour la France ».

Les prises de position de M. Nubukpo ne sont pourtant pas nouvelles. Il a publié plusieurs ouvrages dont le dernier, Sortir l’Afrique de la servilité volontaire : à qui profite le franc CFA ? (Ed. La Dispute, 2016), a reçu un large écho médiatique. Il était déjà en poste à l’OIF.

« Débat sans tabou » ?

Cet ultime événement n’est cependant pas le seul à avoir provoqué sa chute. Agacé par les interventions répétées de Kako Nubukpo contre le carcan monétaire dont souffriraient les anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest et centrale, le président ivoirien Alassane Ouattara avait, en marge des assemblées générales des Nations unies de septembre, à New York, interpellé publiquement Michaëlle Jean sur les diatribes de son économiste. M. Ouattara est parmi les plus fervents défenseurs de la monnaie créée en 1945, aujourd’hui arrimée à l’euro. Dans sa lettre adressée mardi à l’économiste, l’OIF ne dissimule pas « les protestations des chefs d’Etat ».

Mme Jean, dont le mandat s’achève en 2018, aurait-elle interprété les remontrances de M. Ouattara comme un avertissement ? Il n’a également échappé à personne qu’Emmanuel Macron, en défendant l’avenir de la Francophonie à Ouagadougou, a gratifié Leïla Slimani du crédit d’en ouvrir « une nouvelle page », ne citant à aucun moment de son discours ni l’OIF ni Mme Jean. L’écrivaine a été nommée représentante personnelle du chef de l’Etat pour la Francophonie.

Pour justifier sa décision, l’OIF invoque vendredi dans un communiqué un manquement au « devoir de réserve » auquel était tenu M. Nubukpo en tant que fonctionnaire international. Un devoir qu’il n’aurait pas respecté en dépit de multiples avertissements.

Le départ de l’économiste, qui fut aussi ministre de la prospective du Togo et perdit son poste pour les mêmes raisons en 2015, intervient dans un contexte qui a évolué : le débat sur le CFA a gagné en visibilité depuis quelques mois. Des manifestations d’ampleurs variables ont été organisées en France et sur le continent. « Il est surprenant qu’à un moment où le président Macron invite à avoir ce débat sans tabou, l’institution dans laquelle il pourrait légitimement avoir lieu, cherche à l’étouffer », fait remarquer sans autre commentaire M. Nubukpo.

Lemonde.fr par Laurence Caramel

Conversation avec Michaëlle Jean: parcours d’une résistante

août 8, 2017

 

« Le Monde » organise dans le cadre du « Monde Festival » une rencontre avec Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) dimanche 24 septembre 2017 au Théâtre des Bouffes du Nord.

Michaëlle Jean, 27e gouverneure générale du Canada dans son bureau le 29 octobre 2014 à Ottawa. COLE BURSTON / AFP

Conversation avec Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) le dimanche 24 septembre 2017 de 17 h 30 à 18 h 30 au Théâtre des Bouffes du Nord. Une rencontre animée par Annick Cojean.

Elle n’a jamais été légère ni insouciante, comme le sont les enfants. Elle croit même avoir toujours été « adulte », tant ses parents – fervent militants contre la dictature des Duvalier en Haïti – ont élevé leurs deux filles dans une idée de résistance et de combat. Et avec une seule interdiction : l’indifférence. De cette enfance à Port-au-Prince, puis de son exil forcé au Canada où elle fut la première femme noire à présenter le journal télévisé, puis à être nommée gouverneure générale du pays. Cheffe de l’Etat, elle a gardé un esprit rebelle, un attachement viscéral aux droits humains, une sensibilité extrême à la situation des migrants. Des valeurs qu’elle défend aujourd’hui, à la tête de l’Organisation Internationale de la francophonie. Rencontre avec une femme engagée, entrée depuis l’enfance « en résistance ».

Intervenante :

Michaëlle Jean

Michaëlle Jean avait 11 ans lorsqu’elle a fui avec ses parents sa terre natale de Haïti, alors sous le joug de la dictature sanglante des Duvalier, pour se réfugier au Québec. Après 18 ans de journalisme au sein de la télévision publique où elle fut la première femme noire à présenter les nouvelles, elle a été nommée gouverneure générale du Canada, un poste qui la conduira à voyager sur tout le territoire et à mener de nombreuses missions diplomatiques. En 2014, elle a succédé au président sénégalais Abdou Diouf au secrétariat général de la francophonie.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr

Clôture du sommet de l’OIF à Antananarivo : le prochain aura lieu en Arménie

novembre 27, 2016

François Hollande et Hery Rajaonarimampianina, le 26 novembre au sommet de la Francophonie, à Antananarivo. © DR

La Tunisie, candidate à l’organisation du prochain sommet de la Francophonie en 2018, n’a pu l’emporter face à l’Arménie. Elle a toutefois obtenu d’accueillir celui de 2020. Les principaux enseignements du Sommet de Madagascar.

  • La Tunisie organisatrice du Sommet de la Francophonie en 2020

Le dépôt tardif de la candidature tunisienne à l’organisation du sommet ainsi que l’absence des deux têtes de son exécutif à Tana, n’ont pas permis à la Tunisie de remporter l’organisation du Sommet de la Francophonie en 2018 comme elle l’espérait. L’Arménie, qui a effectué une longue campagne et a dépêché son président sur place l’a emporté. Tunis obtient toutefois l’organisation de celui de 2020.

  • Une participation en berne, Hollande et Mohammed VI partent prématurément

Seuls dix-sept chefs d’État et de gouvernement étaient présents à l’ouverture du sommet. Parmi les absences les plus remarquées, celle du roi du Maroc, Mohammed VI, qui était en visite d’État à Madagascar mais a quitté Antananarivo au petit matin, le 26 novembre, avant même le début des travaux.

Le président français, François Hollande, a pour sa part écourté sa visite de plusieurs heures. Il n’a pas fait d’apparition au deuxième jour du sommet – il a privilégié d’autres événements à Antananarivo – et est reparti avant le déjeuner des chefs d’État.

  • L’adhésion saoudienne repoussée

La candidature de l’Arabie saoudite à un statut d’observateur de l’OIF n’a pas été retenue à Antananarivo. Une mission doit se rendre à Ryad d’ici à 2018 pour évaluer sa candidature. D’ici là, plusieurs États membres de l’organisation devraient continuer de l’appuyer, comme ce fut le cas du Sénégal et du Maroc lors de ce sommet.

« L’OIF a décidé d’être une organisation ouverte et donc elle doit jouer le jeu, expliquait le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, en marge de l’événement. L’Arabie saoudite est un pays membre de l’ONU, signataire de sa charte. On veut bien de son argent, de ses investissements, donc il faut être cohérent. Je pense qu’il y avait une majorité en sa faveur, mais nous avons privilégié le consensus. »

  • La réussite de l’organisation et le premier sommet de Michaëlle Jean

L’organisation du sommet d’Antananarivo n’a pas connu de couac majeur ce qui est une victoire pour le président malgache, Hery Rajaonarimampianina. « Madagascar a retrouvé sa place dans le concert des nations », a-t-il déclaré au cours de la conférence de presse finale. Jusqu’aux dernières semaines, la capacité d’organisation faisait l’objet de doutes, jusqu’au sein de l’OIF.

Sa secrétaire générale, Michaëlle Jean, a passé son premier sommet sans encombre. Cependant, il lui faudra encore faire des efforts pour convaincre les chefs d’État africains d’ici au prochain sommet. « Elle communique beaucoup, trop  même, regrette un diplomate africain. En séance, elle monopolise parfois la parole. Si les délégations parcourent des milliers de kilomètres, viennent ici à leurs frais, c’est pour pouvoir s’exprimer et être entendus. » Les plaies issues de son élection, lors du sommet de Dakar, ne sont pas encore refermées.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, envoyé spécial

Madagascar: À Antananarivo, le Qatar paie (enfin) son dû à la Francophonie

novembre 26, 2016

Le bureau océan Indien de l’OIF, à quelques mètres du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, à Antananarivo. © RIJASOLO/RIVA PRESS

L’émirat, qui n’avait jamais payé ses cotisations depuis son adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en 2012, a réglé les 3,3 millions d’euros qu’il devait. Mais d’autres pays ont toujours des arriérés de paiement.

« Le Qatar n’a pas tenu ses promesses ! » Au moment de quitter son poste, l’ancien administrateur général de l’OIF, Clément Duhaime, n’avait pas mâché ses mots contre l’émirat du golfe. Depuis son adhésion comme membre associé de l’organisation en 2012, il n’avait jamais réglé ses cotisations.

Menacé de ne plus pouvoir s’exprimer dans ses instances, l’émirat a finalement régularisé sa situation au cours du sommet de l’OIF à Antananarivo. Il a profité de la conférence ministérielle pour régler les 3,3 millions d’euros.

Pour l’OIF, c’est un soulagement. D’autant que d’autres membres sont également en retard de paiement. Au total, l’organisation, qui s’est dotée d’un budget de 72 millions d’euros pour 2017, accuse encore des arriérés de paiement de quelques 8 millions d’euros. C’est notamment le cas de la Grèce, qui a déjà 2,8 millions d’euros d’arriérés et n’a toujours pas réglé les 2,8 millions dus pour 2016… « Ils font vraiment ce qu’ils peuvent, mais ils ont de vraies difficultés financières », jugeait un cadre de l’organisation.

Des pays africains en retard de paiement

La Grèce est en effet astreinte à l’une des contributions les plus élevées de l’organisation. Celui-ci est en principe calculé en fonction du statut du pays (membre de plein droit, associé, observateur…) et de ses ressources. Principal contributeur, la France verse quant à elle 14,7 millions d’euros de contribution statutaire, suivie du Canada (10,2 millions), de la Suisse (3,9 millions) et de la Wallonie (3,8 millions). Tous sont à jour de leurs contributions et certains ajoutent des contributions volontaires substantielles.

Les contributions des pays africains sont en revanche modestes : la plus importante est celle du Maroc avec 146 000 euros prévus pour 2017. Malgré cela, certains États du continent ont accumulé des arriérés importants. C’est le cas de la Guinée-Bissau (735 000 euros), de la Centrafrique (603 000) ou encore de Sao Tome e Principe (508 000 euros). « Dans ce genre de situation, nous proposons des plans d’apurement mais, en cas de refus, nous sommes contraints d’adopter des sanctions graduées », explique un cadre de l’organisation. « D’abord, le pays membre ne peut plus présider de groupe de travail, ensuite il ne peut plus organiser d’événement de l’OIF sur son territoire. Si cela ne suffit pas, il n’est plus s’exprimer dans les instances. » Un accord d’apurement vient d’ailleurs d’être conclu avec les Comores, qui ont payé une partie des 832 000 euros dus.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet envoyé spécial

Sommet de Madagascar: Pourquoi la Francophonie ne fait plus recette

novembre 26, 2016

 

Du 14 au 16 novembre 1997, à Hanoi, au Vietnam, le premier et dernier Sommet de la Francophonie, en Asie, avait battu le record de la participation africaine. Pas un dirigeant francophone d’Afrique noire n’avait manqué à l’appel : même pas Denis Sassou Nguesso, qui venait d’accéder, quelques semaines, plus tôt, en octobre 1997, au pouvoir, après la déconfiture des miliciens de Pascal Lissouba et de Bernard Kolelas. A la tête d’une forte délégation, le nouveau président congolais, bien encadré par Jacques Chirac, avait voyagé à bord du Boeing 747 d’Air Gabon (Le perroquet Vert) aux côtés du couple présidentiel gabonais, avec Rodolphe Adada, nouveau ministre des Affaires étrangères et Jean Claude Gakosso, conseiller en communication.

Il faut, donc, dire, tout de suite, que l’argument de la distance utilisée par les organisateurs du 16e Sommet pour expliquer la désaffection des dirigeants africains, n’est pas du tout recevable. Parlant de Denis Sassou Nguesso, justement, il n’est pas présent à Madagascar pour d’autres raisons. Mieux, il a préféré faire passer son message (à qui vous savez) par le canal du président du Sénégal, Macky Sall, dont l’avion en partance pour Antananarivo, a fait escale, hier, dans la journée, à Brazzaville Maya Maya, pour permettre un petit entretien entre les deux présidents, avant de (ré)décoller, quelque temps plus tard. Un genre de petite discussion qu’on s’interdit au téléphone… Il y a deux ans, le président congolais n’avait pas beaucoup apprécié que son homologue du Sénégal abandonne, en chemin, le soutien de la candidature d’Henri Lopès au secrétariat général de la Francophonie. Très mécontent, Sassou avait quitté le Sommet avant la fin, pour se rendre à Cuba, qui vient de perdre son lider maximo (Fidel Castro).

Le président congolais n’est pas seul à avoir boudé ce Sommet. Pour d’autres raisons, les amis (personnels) de François Hollande, à savoir, le Guinéen, Alpha Condé et le Malien, Ibrahim Boubacar Keïta, sont, aussi, restés chez eux où ils pensent qu’ils ont mieux à faire. Le Sommet n’ayant pas d’enjeu (électoral comme à Dakar), le locataire de l’Elysée ne les a pas appelés en renfort.

Le président du Bénin, Patrice Talon, ne s’est pas déplacé, non plus. Homme d’affaires avisé, il sait que « Time is Money ». Ancien banquier, l’Ivoirien, Alassane Ouattara, est dans la même logique.

Quant au président, Paul Biya, du Cameroun, il s’est fait représenter par son chef de la diplomatie, Lejeune Mbella Mbella. Paul Biya ne participe à ce genre de réunion internationale que s’il est convaincu de l’intérêt de celle-ci. Il a horreur de se montrer en public pour rien. C’est dans sa culture d’ancien séminariste.

Le doyen des chefs d’Etat africains, l’Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est, aussi, resté, chez lui, à Malabo, après avoir accueilli, mercredi, 23 novembre, le Sommet Union africaine/Ligue arabe. Son refus d’y aller est un message, non pas à la Francophonie, mais, au président français. Ce dernier refuse de le recevoir, en France, depuis, bientôt, cinq ans, ce qui n’est le cas d’aucun autre président africain, même pas le Congolais de Brazzaville. D’autre part, il y a quelques semaines, l’avion présidentiel a été saisi par les huissiers français, à Lyon, alors qu’il est couvert par l’immunité diplomatique. En partance pour Genève, il a dû changer d’appareil. Le président équato-guinéen ne sachant pas faire semblant, il s’est dit que le président français n’aime pas le voir. Autant rester, tranquillement, chez lui, à Malabo, au lieu de le perturber par sa présence.

Joseph Kabila, le président rdcongolais, qui veut mourir au pouvoir, en suivant les mauvais exemples donnés par ses homologues de Brazzaville, de Bujumbura et de Kigali, est, également, absent à ce Sommet, comme eux.

Le succès de la Francophonie étant liée à l’envie des Africains d’y adhérer, on peut craindre quant à son avenir d’autant plus que cette organisation perd pied depuis le passage de l’Egyptien, Boutros Boutros-Ghali. Mal aimé des chefs d’Etat africains, mais, fortement, soutenu par Jacques Chirac, il avait été le premier à plomber l’organisation.

Par la suite, le Sénégalais, Abdou Diouf, est venu procéder à l’enterrement (première classe) de la Francophonie. Au siège de cette organisation, on parle beaucoup plus le wolof (qu’on aime bien) que le français. Pour montrer ce qu’il ne faut pas faire à ses frères chefs d’Etat d’Afrique, Abdou Diouf s’est autorisé un troisième mandat (controversé) auquel il n’avait pas droit. En tout, il a duré 12 ans (au lieu de 8) qui ont, complètement, laminé le peu de crédit qu’avait, encore, la Francophonie, en la politisant à l’extrême, alors qu’au départ, cette organisation ne peut être utile que si elle se recentre dans le culturel, l’éducation et la formation, les NTIC et tout ce qui va avec. Faire de la politique pour servir les intérêts du Quai d’Orsay et de l’Elysée, n’a pas aidé, d’autant plus que les Canadiens s’en désintéressent depuis le départ de Jean-Louis Roy. Ce désintérêt se confirme malgré la présence de Michaëlle Jean dont on ne connaît pas bien les grandes lignes de son action.

Bref, le président, Héry Rajaonarimampianina (notre photo), a réussi à tenir son pari : montrer que Madagascar, après ses coups d’état successifs, redevient un pays fréquentable. Même si le prix à payer s’est fait au détriment des Malgaches les plus démunis. On lui souhaite Très bon Sommet.

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