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Francophonie : face au Covid-19, soyons solidaires… même par égoïsme !

janvier 8, 2022
Une livraison de vaccins Oxford/AstraZeneca au Sénégal dans le cadre de l’initiative Covax, le 3 mars 2021. © JOHN WESSELS/AFP

Équité vaccinale, migration, transition énergétique… Alors que les défis se multiplient, le Sommet Europe-Afrique de février 2022 doit permettre de transformer la relation entre les deux continents, en misant sur davantage d’entraide.

Depuis deux ans maintenant, la pandémie de Covid-19 secoue le monde, ébranlant nos certitudes et contraignant les dirigeants à revoir leurs priorités. Tous les pays sans exception, petits et grands, subissent les conséquences de l’une des plus grandes pandémies de l’époque moderne. Exacerbation des rivalités internationales, alliances inédites, conflits diplomatiques, récession économique, excès de communication et frustrations populaires… Cette crise aura bouleversé durablement le monde, bien au-delà des aspects sanitaires. Dire que la pandémie a infligé plus de dommages sociaux, économiques et structurels que toutes les guerres récentes serait un euphémisme.

Instincts primaires

À l’heure de la mondialisation, cette crise a été la première à affecter simultanément l’ensemble des sociétés et des économies, au Nord comme au Sud. Dans ce contexte, la tenue en février 2022 du Sommet Europe-Afrique m’inspire quelques réflexions. En tant que secrétaire générale de la Francophonie, une organisation multilatérale rassemblant 88 États et gouvernements membres, dont 30 d’Afrique et de l’Union européenne, il m’apparait comme un moment clé pour redéfinir en profondeur la relation entre les deux continents.

ALORS QUE LE MONDE NE CESSE DE PARLER DE SOLIDARITÉ, NOUS AVONS VU LES NATIONS SE REPLIER SUR ELLES-MÊMES

Pour beaucoup d’observateurs, la pandémie a été l’occasion d’une prise de conscience. Elle nous a mis face à nos instincts primaires. Alors que le monde ne cesse de parler de solidarité, très vite, nous avons vu les nations se replier sur elles-mêmes, réagir dans la panique et au détriment de toute stratégie collective. Le temps semble donc venu de revoir la notion même de solidarité.

La solidarité, cette valeur au cœur de la plupart des organisations internationales comme la Francophonie, est devenue au fil des ans un leitmotiv qui peine à se traduire par des actions concrètes et mesurables. Et si tout était une question d’approche ? La solidarité est associée à la notion d’aide, souvent perçue comme condescendante. Peut-être devrions-nous abandonner cette approche au profit de celle d’« intérêt partagé ». Soyons solidaires, soit, mais soyons-le par égoïsme et par intérêt ! Voyons dans les efforts de solidarité, une chance pour nous aider nous-mêmes. Car ce n’est que collectivement, que nous trouverons des solutions durables.

L’actualité de ces derniers mois illustre bien mon propos. D’abord, la question de l’équité vaccinale a suscité des élans de solidarité internationale, malheureusement entachés de tendances égoïstes et d’un manque total de transparence, y compris autour de l’initiative Covax et de la question du partage des brevets. Les chiffres sont parlants : « sur les 832 millions de doses de vaccin administrées, 82 % sont allées à des pays à revenu élevé ou intermédiaire, tandis que seulement 0,2% ont été envoyées aux pays à faible revenu ». C’est l’OMS qui le dit.

Et on s’étonne de voir des variants émerger de ces continents où les populations n’ont pu avoir accès aux vaccins ! On continue à fermer les frontières, à isoler les États, en sachant pertinemment que c’est là le meilleur moyen de réduire à néant tous les efforts déployés en matière de vaccination

Immigration et changements climatiques

Autre sujet brûlant au sommaire des discussions entre l’Europe et l’Afrique : les migrations. Quand admettrons-nous que cette question est la conséquence directe des réalités démographiques opposées de ces deux continents, l’un vieillissant et l’autre rajeunissant ? Le problème de l’immigration est en réalité une question d’emploi et de mobilité. Nous devrions privilégier une discussion franche et mettre en place ensemble des mécanismes légaux et régulés pour faire face à cette réalité qui ne fera que s’amplifier.

L’AVANTAGE DE L’AFRIQUE, C’EST DE PRIVILÉGIER UNE APPROCHE DE DÉVELOPPEMENT PLUS ATTENTIVE AUX ENJEUX CLIMATIQUES GLOBAUX

Enfin, et ce sera mon dernier exemple : la transition énergétique en réponse aux changements climatiques. Selon un rapport de la Banque mondiale en 2020, 42,8 % seulement de la population avait accès à l’électricité en Afrique en 2016. Ce qui représente 600 millions de personnes vivant sans électricité, en majorité dans les zones rurales. N’y a-t-il pas une incohérence profonde à demander à un continent d’améliorer un produit dont il manque, pour prévenir les conséquences d’un problème dont il n’est pas, ou très peu, responsable ? En d’autres termes, comment parviendrons-nous à relever le défi collectif de la transition énergétique sans pour autant contraindre des États à renoncer complètement aux énergies fossiles et durables dont ils ont cruellement besoin ?

L’avantage dont l’Afrique dispose aujourd’hui, c’est cette occasion unique, dans sa marche vers le développement, de ne pas commettre les mêmes erreurs que les pays développés et de privilégier une approche de développement plus attentive aux enjeux climatiques globaux. Sur cette question cruciale pour les générations à venir, je prône une transition progressive et adaptée aux réalités socio-économiques de chacun.

Des paroles aux actes

Ces réflexions entraînent une remise en question de la plus-value de nos organisations internationales. Quel avenir pour le multilatéralisme ? Cette interrogation est au cœur d’une multitude de tables-rondes et de groupes de réflexion. Mais les citoyens sont les premiers à se la poser, et avec raison. Nous assistons depuis quelques années à une augmentation croissante des « grands rendez-vous mondiaux », de sommets, de conférences de haut niveau, de forums, etc. Nous passons d’annonce en annonce et de résolution en résolution. La communication, amplifiée par la montée en puissance des réseaux sociaux, est malheureusement de plus en plus superficielle, et les médias s’intéressent davantage aux aspects « people », qu’au contenu réel des discussions. Quant à ces discussions, on peine à en voir la concrétisation, tant la succession des annonces est rapide.

NE LAISSONS PAS PASSER LA CHANCE UNIQUE QUE NOUS OFFRE CETTE CRISE DE REMETTRE LES COMPTEURS À ZÉRO

Mon espoir pour ce sommet Europe-Afrique est qu’il ne soit pas « business as usual ». Que ces deux continents, qui partagent une longue histoire commune, puissent se regarder dans les yeux et redéfinir en profondeur leur partenariat. Qui dit partenariat, dit contrat, et comme dans tout bon contrat, les deux parties doivent s’y retrouver. Gagnant-gagnant.

Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales, a dit avec une pointe d’humour qu’il était peut-être temps de « déconfiner » notre réflexion. Je pense, comme lui, que nous sommes à la croisée des chemins et qu’il est temps de repenser complètement nos modes de gouvernance, comme notre rôle envers les citoyens, de plus en plus dubitatifs et désabusés. Je conclurai en citant Winston Churchill, qui a dit après la Seconde Guerre mondiale « Don’t waste a good crisis ». En bon français, ne laissons pas passer la chance unique que nous offre cette crise de remettre les compteurs à zéro.

Comment regagner la confiance de nos citoyens ? Comment passer des paroles aux actes ? Comment redevenir les dirigeants dont nos peuples ont besoin ? Voilà les questions que je pose en cette fin d’année. Mon vœu pour 2022 est que nous puissions saisir cette crise comme une opportunité, la surmonter et en tirer les leçons qui s’imposent.

Louise Mushikiwabo

avec Jeune Afrique par Louise Mushikiwabo

Ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo a été élue secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en octobre 2018. Une fonction qu’elle occupe depuis janvier 2019.

Congo-Émulation : promouvoir le livre de la lauréate du Prix des 5 continents 2020

novembre 9, 2021

Un concours littéraire dénommé « Culture et mémoire » est organisé par l’Association culture Elongo (ACE), avec le concours de l’Agence d’information d’Afrique centrale (Adiac) et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Il s’inscrit dans le cadre de la promotion du livre Tous les enfants dispersés de Beata Umubyeyi Mairesse, lauréate du Prix littéraire des 5 continents 2020.

L’affiche du concours / Adiac

L’opération de promotion de la lauréate du prix littéraire des 5 continents 2020, Béata Umubyeyi Mairesse, a été lancée tout récemment dans cinq établissements (scolaires et universitaire) de Brazzaville, à savoir les lycées de la Révolution ; Nganga-Edouard ; Savorgnan-de-Brazza ; Joseph-Chaminade ; et la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) de l’Université Marien-Ngouabi.

Pour permettre un bon déroulement de l’opération, les documents ci-après ont été remis aux chefs desdits établissements : une charte du concours littéraire « Culture et mémoire » ; une fiche d’engagement à signer par les élèves ou étudiants participants ; un cahier de texte servant de registre de prêt du livre ; et huit exemplaires du roman.

Sur la tenue de ce jeu concours et de ce qui va se passer entre les dates du 25 octobre au 27 novembre, le secrétaire littéraire chargé des relations extérieures avec les clubs littéraires et associations de l’ACE, le Pr Omer Massoumou, explique: « L’organisation de ce concours littéraire « Culture et mémoire » répond à un double objectif : contribuer à la promotion du Prix littéraire des 5 continents 2020 ; apporter le livre auprès des élèves et étudiants congolais. De façon principale, la période indiquée est celle de la lecture par les lycéens et les étudiants du roman “Tous les enfants dispersés” de Beata Umubyeyi Mairesse. Par ailleurs, nous préparons également l’évaluation des lecteurs qui aura lieu dans la semaine du 22 novembre ainsi que l’émulation ».

Il convient, toutefois, de noter que le concours se tient déjà dans la mesure où les lecteurs s’investissent. Les acteurs des cinq établissements précités sont en train de lire, l’évaluation étant prévue pour la semaine du 22 novembre dans chaque établissement. Les deux meilleurs candidats seront récompensés.

S’agissant de l’implication des élèves du lycée et étudiants de la Flash dans le même concours, le Pr Omer Massoumou, secrétaire littéraire chargé des relations extérieures avec les clubs littéraires et associations, précise: « Si on avait plus d’exemplaires, on aurait même impliqué des collégiens. En fait, le livre reste un objet culturel que des anciens, des jeunes et des moins jeunes lisent. On a tous besoin de se frotter à ce type de texte littéraire. Le prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr, est par exemple attribué à un jeune qui a commencé à lire des livres importants très jeune ».

Quant aux prix (récompenses) aux lauréats, l’ACE n’aura pas beaucoup à offrir mais ce sera principalement des livres. Cependant, elle lance un appel aux opérateurs économiques qui souhaitent bien encourager des jeunes à s’associer à l’opération. Entendu que le jeu concours « Culture et mémoire » a vocation à être pérennisé pour favoriser le partage culturel francophone et le vivre-ensemble.

L’ACE, pendant cette phase de lecture du roman, souhaite avoir une médiatisation de l’activité (articles de presse, passage à la télévision, affiches…).

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Comment le Québec veut peser en Afrique

juin 13, 2021
Fresque géante, à Montréal, en hommage à Jackie Robinson, premier joueur noir à avoir évolué dans la ligue professionnelle nord-américaine de base-ball, de 1947 à 1956.

Après une année 2020 grippée par le virus, la diplomatie québécoise entend bien être présente à son rendez-vous avec l’Afrique à Djerba. De la présentation de sa stratégie à sa présence au Sommet de l’OIF, elle aura l’occasion de préciser son attachement au continent.

L’année 2021 sera-t-elle celle du passage à l’acte pour le Québec ? Pour cause de pandémie mondiale, les principaux rendez-vous fixés l’an dernier au continent par la diplomatie québécoise n’ont pu avoir lieu. Annoncée mi-2019, la première stratégie africaine depuis longtemps d’un gouvernement québécois est encore dans les cartons du ministère des Relations internationales et le XVIIIe Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), porte-voix sans égal de la province sur la scène extérieure, notamment en direction des pays du continent, a été décalé d’un an pour être reporté à la fin de cette année.

Malgré les aléas du calendrier, le Québec ne pourrait avoir finalement perdu que quelques mois sur son agenda si, comme l’affirme Nadine Girault, la ministre des Relations internationales, la vision africaine québécoise est bien « officiellement lancée au prochain trimestre ». Quelques semaines seulement avant les retrouvailles francophones de Djerba, ce pourrait être une belle occasion pour François Legault, Premier ministre depuis 2018, et son équipe, de « sortir du discours pour montrer concrètement comment il compte engager le Québec auprès de l’Afrique », s’impatiente un fin connaisseur de la diplomatie locale.

Faire entendre sa différence

Bien sûr, cette dernière ne peut opérer que dans les limites imposées par Ottawa, qui garde la haute main sur les relations extérieures de l’ensemble de la fédération canadienne, « mais elle a su faire preuve par le passé de suffisamment d’initiative pour s’en démarquer, notamment en direction du monde francophone », reprend notre expert. Surtout que domine le sentiment d’une certaine négligence du gouvernement canadien à l’égard de l’Afrique depuis l’éviction de Michaëlle Jean du secrétariat général de l’OIF au début de 2019. « Le Canada n’a d’ailleurs pas pu compter sur le soutien des pays africains pour se faire élire au Conseil de sécurité de l’ONU l’année dernière », rappelle notre observateur. Le Québec a donc tout intérêt à profiter des occasions qui se présentent pour faire entendre sa différence.

La province ne dispose évidemment pas de réseaux diplomatiques et d’affaires aussi denses que l’État fédéral. Mais avec 33 bureaux dans 18 pays, dont un certain nombre de délégations générales qui font office de quasi ambassades, elle a tissé sa toile à travers le monde comme seuls quelques Länder allemands ont su le faire. Et le Québec compte poursuivre son effort de représentation à l’étranger, comme semble le confirmer l’augmentation de 5 % du budget général affecté au ministère des Relations internationales en 2020. En Afrique, la province s’appuie sur deux délégations, à Rabat et Dakar, ainsi que sur un bureau à Abidjan. « Leurs missions restent essentiellement économiques », confirme un représentant du ministère.

L’OIF REPRÉSENTE LE PRINCIPAL OUTIL DE LA PROVINCE POUR « EXERCER SON INFLUENCE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE »

L’étendue de leurs mandats est néanmoins suffisamment large pour les autoriser à relayer les différents aspects du soft power québécois sur le continent, en matière de politique migratoire et culturelle ainsi que d’accès à l’enseignement. « Avec nos actions de solidarité internationale, ce réseau de représentations renforce notre positionnement en Afrique », estime Nadine Girault. Qui, pour compléter le trépied permettant de maintenir l’équilibre, cite « l’appartenance du Québec à la Francophonie ». L’OIF représente en effet le principal outil multilatéral dont dispose la province pour « exercer son influence sur la scène internationale », selon les propos de la ministre. Elle s’adresse directement à une audience équivalant à un tiers des membres des Nations unies, ce qui lui permet de tisser des relations bilatérales avec de nombreux pays, en particulier sur le continent.

De l’avis de certains responsables canadiens et québécois, l’OIF devrait pourtant rester concentrée sur les pays francophones, le français étant perçu comme le ciment de l’organisation. Pour ses bailleurs d’outre-Atlantique, la Francophonie doit se recentrer sur ses missions de base – comme le souhaite également le président français, Emmanuel Macron –, et ses pays membres veiller à la bonne gestion financière et administrative de son organisation. Ce qui n’empêche pas l’OIF de chercher à étendre son spectre à des missions plus politiques – observation de processus électoraux, respect de la vie démocratique… sous l’impulsion de Louise Mushikiwabo, sa secrétaire générale. Et sur ce point, là encore, Canadiens et Québécois marquent la même hésitation à voir l’organisation franchir le pas, sans s’y opposer vraiment non plus. Une absence de clarté dans le positionnement qui, du côté québécois, pourrait justement trouver quelques éléments de réponse dans la stratégie africaine à venir. À moins que cette vision ne souligne justement les limites mêmes du périmètre de la diplomatie provinciale en politique extérieure. Montréal pourra toujours se retrancher derrière Ottawa pour masquer un éventuel manque d’ambition en la matière.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Place aux Journées internationales de la Francophonie en Mauricie

mars 19, 2021

 

Trois-Rivières — Le coup d’envoi des Journées internationales de la Francophonie (JIF) en Mauricie a été donné, jeudi, avec le gala d’ouverture virtuel sous le thème «Fiers au cœur de la francophonie». L’événement a réuni des dizaines de personnes d’un peu partout dans le monde, dont les artistes Fred Pellerin, David Goudreault et Zachary Richard à titre d’invités d’honneur.undefined

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«Au-delà de la langue partagée par 300 millions de francophones, la francophonie c’est un partage de valeur humaniste, de paix, de solidarité, d’inclusion, d’équité et de promotion de la diversité dans tous les sens du terme», a souligné Sylvain Benoît, président du comité JIF en Mauricie.

Poésie, chants et témoignages de francophones d’un peu partout dans le monde étaient au programme de ce gala virtuel. Le conteur, écrivain et chanteur de Saint-Élie-de-Caxton, Fred Pellerin, a profité de l’occasion pour partager son amour de la langue française.

«C’est une belle occasion de se rappeler la fierté et le plaisir qu’il peut y avoir à la parler et à partager cette langue-là», a affirmé Fred Pellerin.

«Cette langue-là s’est moulé sur notre réalité, nos façons de faire, nos manières de voir le paysage qu’on regarde, c’est encore la meilleure langue pour dire ce que l’on est», a-t-il ajouté.

L’auteur, slameur et poète, David Goudreault, figurait également au tableau des invités d’honneur avec le chanteur Zachary Richard.

«Moi je l’aime mon français d’ici, mon français d’icitte, qu’il soit pur ou joual qu’il flirte avec le chiac ou qu’il soit soutenu dans nos grandes œuvres. On a un beau français. On a des choses à se dire, des choses à s’écrire, des choses à partager en performance scénique, cinéma, littérature… Alors, mangez-en du français», a lancé David Goudreault.

D’ailleurs, la trentaine de témoignages vidéo présentés sont disponibles sur le site web des Journées internationales de la Francophonie(JIF) en Mauricie.

«Ce sont plus de 35 vidéos provenant de 10 pays que nous avons reçus pour souligner les célébrations de la francophonie. La Mauricie rayonne à travers le monde», a dévoilé Sylvain Benoît.

En 2019, plus d’une trentaine d’activités avaient eu lieu dans huit municipalités de la région.

«L’année dernière, nous avons été freinés in extremis dans un élan créatif avec une programmation remarquable que nous avons dû annuler. Qu’à cela ne tienne, cette année comme vous tous, nous avons dû nous réinventer pour tout faire à distance et nous avons choisi de relever le défi», a indiqué Sylvain Benoît.

Au total 18 événements à distance sont prévus jusqu’au 28 mars.

Avec Audrey Tremblay – Le Nouvelliste 

Compétition: appel à candidatures pour le prix Richard Mille

novembre 14, 2020

Le Centre suisse d’études sur le Québec et la Francophonie(CEQF) a lancé le prix Richard Mille « la Francophonie en débat ».  Ce prix a pour but de soutenir la production et la diffusion d’œuvres en langue française, artistiques ou académiques de jeunes artistes ou de jeunes chercheuses et chercheurs dont l’âge varie entre 18 à 35 ans, domiciliés dans un pays membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le prix est financé par l’entreprise horlogère suisse Richard Mille et organisé par le CEQF. Il est décerné tous les deux ans par un jury international.

L’œuvre présentée par les candidats peut être une recherche inédite en sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, sciences politiques, littérature, études postcoloniales, etc.) ou une création artistique originale (texte littéraire, chanson, théâtre, production audiovisuelle, arts graphiques, etc.).  Elle doit aider à penser et à illustrer les relations, les échanges et les interactions à l’intérieur de l’espace francophone sur le plan culturel, historique, économique ou social.

 Le gagnant recevra 15000 francs suisses dont 5000 francs sont prévus pour présenter le prix au Québec le 23 juin 2021.

La première sélection aura lieu en janvier  tandis que la désignation du ou de la lauréat(e) sera organisée en mars 2021. Les candidats doivent envoyer leurs œuvres jusqu’ au 15 janvier 2021, par cette adresse ceqf@unifr.ch

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

Coopération culturelle : l’OIF prévoit de soutenir les artistes et écrivains congolais

octobre 27, 2020

En visite  à Brazzaville, la secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a eu, le 25 octobre, une séance de travail avec les artistes et  écrivains congolais.  

A travers les échanges inter actifs avec ses interlocuteurs, la secrétaire générale de l’OIF a voulu rendre hommage à la créativité culturelle  congolaise. Ces retrouvailles avaient pour objectif de trouver un terrain d’entente sur les activités prioritaires entre l’OIF et les femmes et les hommes de lettres et de culture congolaises.

Photo 1 : la SG de l’OIF échangeant avec les écrivains (crédit photo/ ADIAC)

La secrétaire générale de l’OIF  a déclaré:  « Je ne suis pas du tout étrangère ni à ce pays, ni à  sa richesse littéraire et culturelle. Depuis mon enfance, j’ai des liens personnels avec son monde littéraire, puisque le grand  écrivain congolais Tchicaya Utamsi était un ami de mon oncle qui était lui  aussi un grand écrivain rwandais, l’Abbé Alexis Kagamé. Ils ont fait beaucoup de bonnes choses ensemble sur le continent africain et même en Europe. Ce sont des hommes qui s’entendaient sur la nécessité de la présence littéraire et historique de l’Afrique sur l’échiquier mondial », a-t-elle témoigné.

Sur la revalorisation des langues africaines, la secrétaire générale  de l’OIF pense qu’il n’y a aucun doute dans son esprit et pour le mandat de la francophonie que la langue française qui est le ciment qui unit tous les membres de l’OIF, doit exister en coexistence harmonieuse et en complémentarité des langues nationales et locales.

La secrétaire générale de l’OIF a émis le voeu de voir son institution  collaborer avec les artistes et  écrivains congolais. De son côté, la  directrice de la langue française et de la  diversité culturelle, Nivine Khaled, a reconnu que le Congo Brazzaville est une terre riche en plumes, foisonnante d’artistes, terroir et réservoir des femmes et des  hommes qui savent écrire, sculpter, dessiner, peindre, chanter, danser et s’habiller.

Remerciant la secrétaire générale de l’OIF, le ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo,  a déclaré, « Brazzaville est une ville que vous connaissez  bien. Ici à Brazzaville, vous êtes chez vous. Brazzaville qui est le foyer de la littérature, de la francophonie, des arts plastiques est le berceau de la musique; parce qu’elle fait partie des villes créatives de l’Unesco  ».

 

Photo 2 : Fortuné Bateza lors de sa prestation (crédit photo/ ADIAC)

Photo 3 : remise du tableau de l’Ecole de peinture de Poto-Poto à la SG de l’OIF (crédit photo/ ADIAC

Intervenant à leur tour, les écrivains ont exprimé leur souhait de voir l’OIF accompagner les éditeurs et écrivains ; trouver des solutions pour permettre aux malvoyants de pouvoir transcrire les œuvres littéraires en écriture braille ; aider les jeunes filles à avoir accès aux livres et faciliter la diversité linguistique.

Le  ministre de la Culture et des Arts a remis à la secrétaire générale de l’OIF une oeuvre d’art de l’Ecole de peinture de Poto-Poto.

Avec Adiac-Congo par  Bruno Okokana

Congo/Célébration : la francophonie fête ses 50 ans le 20 mars prochain

mars 11, 2020

 

A dix jours de la célébration du cinquantenaire de la francophonie, la directrice de l’Institut français du Congo à Brazzaville, le directeur de la francophonie, la comédienne malienne et l’attaché de coopération à l’ambassade de France au Congo ont parlé, au cours d’une conférence de presse, tenue le 10 mars, du programme des activités ainsi que de l’historique de l’OIF.

 

 

Durant tout le mois de mars, le public brazzavillois aura droit aux douze évènements, notamment des spectacles, des concerts, du théâtre, de la comédie, des rencontres littéraires, projections, conférences et ateliers ; des journées portes ouvertes du département cours et certifications, le jeu concours « La chasse au trésor francophone de Brazzaville ».

La conférence sur « Histoire, enjeux et perspectives » sera animée par le vice-doyen de la Faculté des lettres, Arts et Sciences Humaines, Omer Massoumou, avec la participation des ambassadeurs de plusieurs pays francophones et du directeur général de la francophonie, le 24 mars à 10 heures.

A l’ouverture un focus culture sur l’action de l’OIF au Congo, avec les témoignages des lauréats congolais des derniers jeux de la francophonie, la clôture de ces 50 ans se fera avec le festival international des littératures et  arts francophones (Filaf).

La comédienne et bloggeuse malienne, Alima Togola, est en tournée qui lui a été accordée par l’Institut français de Paris, elle animera, le mercredi 11 mars, l’atelier blog, l’artiste livrera aussi un spectacle le jeudi 12 mars à 18 heures sur « Djon Be Sini Don ? » qui signifie en bambara : « qui connait l’avenir ? » Alima Togola parle de la condition féminine, tout en dénonçant les oppressions que subissent les femmes.

A partir de son expérience sur les réseaux sociaux, la bloggeuse anime un atelier sur le thème : « Au-delà des simples selfies, comment faire vivre une page personnelle et créer des vidéos originales avec son smartphone ».

Pour le directeur de la francophonie, correspondant national auprès de l’OIF, Jean Michel a fait l’historique de l’OIF, il a fait savoir que le concept de la francophonie remonte à 1880. C’est un géographe français, Onésime Reclus, qui fut le premier à faire usage de ce concept.

En 1998, l’ACCT a été remplacé par l’Agence inter gouvernementale de la francophonie (AIF). En 2002, on parle de l’OIF. La francophonie est l’ensemble des pays qui font usage de la langue française, elle regroupe 88 Etats parmi lesquels il y a également des pays non colonisés par la France.

 

Avec Adiac-congo.com par Rosalie Bindika

Guinée : à une semaine du scrutin, l’OIF retire son soutien au processus électoral

février 24, 2020

Un électeur dans un bureau de vote de Conakry, en 2015 (archives).

Un électeur dans un bureau de vote de Conakry, en 2015 (archives). © Youssouf Bah/AP/SIPA

 

L’organisation internationale de la Francophonie (OIF) a fait savoir lundi qu’elle ne pouvait plus « soutenir le processus électoral » du 1er mars en l’absence d’un consensus national sur le nombre d’électeurs.

La Francophonie aura attendu le dernier moment pour exprimer ses réserves vis-à-vis du processus électoral. Les Guinéens sont en effet invités à voter à la fin de la semaine, dimanche 1er mars, lors d’un double scrutin :  les législatives et le référendum constitutionnel.

La secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo avait envoyé à Conakry une mission d’assistance du 10 novembre 2019 au 7 février afin de procéder à la révision des listes électorales, sur demande de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). En l’absence de révisions du fichier, l’OIF refuse désormais de soutenir le processus électoral dans son ensemble.

Ce lundi, l’organisation a fait savoir par voie de communiqué ses réserves vis-à-vis du fichier électoral, audité en 2018 par l’OIF, les Nations unies et l’Union européenne. « Il est important de rappeler que le fichier électoral de 2015 comportait 2.490.664 électeurs problématiques qui continuent malgré tout de figurer dans la base de données actuelle », relève l’organisation dans son communiqué. « Au total, il s’avère que 98% de ces 2.490.664 électeurs ne disposent pas de documents permettant leur identification », ajoute le texte.

Communiqué prudent

Prudente, l’organisation indique toutefois que son rôle ne « consistait nullement en une quelconque validation ou invalidation du fichier électoral guinéen ». « Ce n’est pas notre rôle de dire ce que la Guinée doit faire ou ne pas faire », détaille une source de Jeune Afrique au sein de l’organisation. « Nous disons que c’est difficile de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée au vu de la confusion qui l’entoure. C’est problématique qu’on ait encore plus de deux millions d’électeurs pas identifiables ou décédés sur les listes. »

Une position de l’OIF que le vice-président de la Ceni, déjà fragilisée par des divisions internes, refuse de voir comme un désaveu. « L’OIF avait uniquement une mission d’assistance technique. Elle n’a pas à soutenir ou non notre processus électoral », tacle Bakary Mankaré, nommé par la mouvance présidentielle.

Il soutient d’ailleurs que 77% des recommandations de l’audit de 2018 ont été mises en œuvre. « Nous allons tirer les enseignements du rapport de mission de l’OIF », fait-il toutefois savoir, annonçant une « remise officielle » des conclusions de l’OIF le 16 mars prochain, soit deux semaines après le scrutin.

Cela fait pourtant des mois que l’envoyé spécial de Louise Mushikiwabo en Guinée, l’ancien ministre malien des Affaires Étrangères Tieman Coulibaly, effectue de nombreuses visites à Conakry dans le cadre de cette mission.

Nommé par la Secrétaire générale le 28 septembre 2019, il a, à plusieurs reprises, rencontré le président Alpha Condé, mais également Salif Kébé, les représentants de l’UE et de la Cedeao, ainsi que Fodé Oussou Fofana, le vice-président de l’UFDG, de l’opposant Cellou Dalein Diallo. « Nous exhortons toutes les parties à s’entendre sur un consensus », fait savoir l’OIF, à six jours du scrutin.

Avec Jeuneafrique par Marième Soumaré

La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l’OIF

octobre 12, 2018
Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
© LUDOVIC MARIN Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé par consensus une nouvelle secrétaire générale à sa tête, vendredi. Au terme d’une réunion à huis clos, les États membres réunis à Erevan, en Arménie, ont donné leur aval à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

L’élection de Mme Mushikiwabo met un terme au mandat de Michaëlle Jean, dont la réputation a été ternie par la mise en lumière de dépenses de fonctions jugées extravagantes.

L’ancienne journaliste et politicienne canadienne avait livré la veille un ultime plaidoyer, lors du Sommet de la Francophonie, dénonçant entre les lignes le consensus autour de sa rivale.

Le régime rwandais a tour à tour été pointé du doigt par des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch pour la répression exercée contre les opposants politiques et l’important recul encaissé sur la question des droits et libertés.

Mme Jean a malgré tout vu ses chances s’envoler lorsque Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas sa candidature.

Celle qui est numéro deux du gouvernement de Kigali a réussi à obtenir le soutien de la France, principal bailleur de fonds de l’OIF, ainsi que l’appui d’une flopée de pays de l’Union africaine.

« L’épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi souligné le président français Emmanuel Macron, jeudi, au premier jour du sommet.

Outre la question des droits de l’homme, le Rwanda a aussi été l’objet de critiques en raison de la place qu’occupe le français au pays. L’anglais a pris le dessus en devenant la langue obligatoire à l’école. Par ailleurs, c’est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Le plurilinguisme n’est toutefois pas contraire à la défense du français, a estimé le président Macron. « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a-t-il lancé.

La nomination de Louise Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création, en 1970, mis à part une parenthèse canadienne.

L’Organisation internationale de la Francophonie réunit 84 États et gouvernements, dont 26 observateurs et quatre « membres associés ». L’Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

Selon l’OIF, 85 % des francophones en 2050 vivront sur le continent africain, soit un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd’hui.

Radio-canada.ca avec Agence France-Presse

Francophonie: critiquée sur les droits de l’Homme, l’Arabie saoudite retire sa candidature

octobre 11, 2018

Erevan – L’Arabie saoudite a retiré sa demande d’adhésion à la Francophonie après avoir suscité une levée de boucliers, accusée notamment de violations des droits de l’Homme, a annoncé jeudi l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’OIF devait étudier la candidature saoudienne jeudi après-midi, en pleines interrogations sur la disparition mystérieuse en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi très critique envers le pouvoir saoudien.

Le royaume a fait parvenir un courrier à l’OIF, au premier jour de son sommet à Erevan, demandant « le report » de la demande d’adhésion, a indiqué à l’AFP Bertin Leblanc, porte-parole du secrétariat de cette organisation.

Cette demande d’adhésion, en tant que simple membre observateur, donc sans droit de vote, avait suscité de vives critiques au sein de la Francophonie, visant le rapport lointain qu’entretient le pays avec la langue française mais également ses violations répétées des droits de l’Homme, selon des ONG.

L’OIF réunit 84 Etats et gouvernements « ayant le français en partage » mais qui comptent parfois peu de francophones, comme la Moldavie (2% de francophones), l’Egypte ou la Bulgarie (3% chacune), selon les derniers chiffres de l’OIF. L’Ukraine ou l’Uruguay ne comptent eux que 0,1% de locuteurs français chacun mais ils ne sont que pays « observateurs ». Actuellement, seul un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

Les Emirats arabes unis sont déjà un observateur de l’OIF, tandis que le Qatar est « membre associé », un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais sans cependant octroyer de droit de vote.

La candidature saoudienne avait déjà été déposée en 2016, mais l’OIF, déjà embarrassée, avait alors décidé de surseoir à sa décision, estimant le dossier incomplet. Une mission avait alors été envoyée sur place, notamment pour constater la situation du français dans le royaume. Son rapport, non diffusé, devait être discuté ce jeudi après-midi par l’OIF.

La candidature était soutenue par le Maroc et le Sénégal notamment, mais combattue par le Canada, deuxième bailleur de fonds de l’OIF, dont l’ambassadeur à Ryad a été expulsé début août après l’envoi d’un tweet du ministère canadien des Affaires étrangères appelant l’Arabie à remettre en liberté des militants des droits de l’Homme récemment arrêtés.

Après le retrait de l’Arabie saoudite, il reste à l’OIF à étudier les autres demandes d’adhésion: l’Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12% et 13% de francophones, selon l’OIF, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone mais entouré de pays francophones, et enfin la Louisiane.

L’Etat américain, qui porte le nom de l’immense colonie française qui s’étendait des Etats-Unis au Canada, compte 200.000 francophones selon un recensement de l’an 2000, sur 4,7 millions d’habitants. Il s’agit majoritairement de « cajuns », ces descendants des Acadiens, colons français de l’est du Canada qui avaient été chassés par les Anglais en 1755 lors du « Grand Dérangement ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h25)